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Préparation au concours de lINP Archéologie BRÈVE HISTORIOGRAPHIE FRANÇAISE DES ÉTUDES GÉOHISTORIQUES Magali Watteaux UMR 7041 – Équipe Archéologies environnementales.

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1 Préparation au concours de lINP Archéologie BRÈVE HISTORIOGRAPHIE FRANÇAISE DES ÉTUDES GÉOHISTORIQUES Magali Watteaux UMR 7041 – Équipe Archéologies environnementales Michelet – 18/01/2011

2 Introduction : définition des mots clés Le « milieu » : notion datant du début du XXe. Désigne les conditions climatiques, la géomorphologie et les sols, lhydrographie et les formations végétales. « Lenvironnement » vient de langlais « environment ». Avant les années 50, on le traduisait par « milieu ». Généralisation du terme à partir des années 70. Définition : « le monde biophysique transformé par lhomme » (Cyria Emelianoff, Dictionnaire de la Géographie et de lEspace des sociétés (p. 317). La « nature » englobe lensemble de ce qui existe en dehors de laction humaine, tout ce qui, dans lunivers, se produit spontanément : eau, terre, feu, atmosphère, métal, minerai, pierre, végétal, faune, ressources + biologie humaine. Lhomme entretient des rapports avec cette nature. De ces rapports, lune des plus apparentes synthèses est le « paysage ». Le « paysage » : terme complexe et flou employé dans différentes disciplines pour exprimer différents objets. Polysémie excessive qui témoigne dun très large intérêt. Au sens coutumier = ensemble des formes et des modelés visibles à la surface du sol. La 1 ère définition du paysage appartient cependant dabord au vocabulaire artistique. Il désigne en effet un genre pictural qui naît en Occident aux environs des XVe-XVIe.

3 Ambrogio Lorenzetti : Effetti del Buon Governo in campagna (Effets du bon gouvernement à la campagne), 1337–1340, Salle de la Paix du Palais Publique, Sienne

4 Giorgione : La tempête (1505), Galleria dell'Accademia, Venise

5 Les 4 dimensions du paysage : le paysage réel ou visible qui mêle éléments naturels et anthropiques. les interactions homme/milieu : contraintes et exploitation du milieu. objet de discours (usage intellectuel) = paysage du savant (géographe, historien, archéologue, sociologue, esthétique…). appréciation des utilisateurs de ce paysage = le paysage pensé, vécu, imaginé. Les 5 facteurs qui construisent le paysage : les éléments « naturels » constituant lécosystème les facteurs technologiques/économiques (= agro-systèmes) les facteurs socio-juridiques les facteurs politiques les facteurs culturels « le paysage est le miroir des relations anciennes et actuelles de lhomme avec la nature qui lenvironne » (B. Lizet et F. de Ravignan, Comprendre un paysage, guide pratique de recherche, Paris, Inra, 1987)

6 A – Lhéritage vidalien et braudélien : temps long et fixité des paysages 1. Le paysage : fondement de lEcole Française de Géographie 1.1. Apparition du paysage en géographie à la fin du XIXe siècle 2 nde moitié XIXe : développement du goût du paysage concret multiplication des récits de voyage et des collections de guides de voyage. après la défaite de 1871, mise en avant de la beauté des régions de France pour le public et les scolaires afin de développer lattachement à la patrie idéalisée. + découverte de nouveaux territoires (colonisation). Le développement de la géographie à cette période est porté par une demande sociale avide de paysages variés et nouveaux. Élisée Reclus, Géographie Universelle ( ) : il inaugure une géographie littéraire qui allie description des paysages + recherche dexplication des structures qui les sous-tendent = un des précurseurs de lÉcole Française de Géographie.

7 1.2. Paul Vidal de la Blache et le « possibilisme » de Lucien Febvre Une lecture française des relations sociétés-milieux Une description pseudo-paysagère Le paysage est profondément ancré dans la géographie régionale PVDLB ( ) : 1 er géographe universitaire français et fondateur de la géographie française moderne (fondateur des Annales de Géographie, 1891). distanciation davec les thèses des géographes naturalistes allemands (Humbolt, Ritter, Ratzel) déterminisme géographique moins simpliste promis à un grand avenir. schéma vulgarisé et amplifié par Lucien Febvre (historien) : le « possibilisme » = déterminisme relatif. le paysage est le point de départ de toute analyse géographique car il permet de caractériser les régions géographiques. PVDLB, 1903, « Le tableau de la géographie de la France » : monumental tableau géographique, exhaustif et littéraire en introduction au manuel Lhistoire de France dErnest Lavisse. Échelle monographique pour caractériser les régions et expliquer ce quon voit bloque toute tentative de conceptualisation du paysage.

8 2. Le « passif » de lhéritage vidalien en géographie et en histoire 2.1. Prédominance des études géomorphologiques, régionales et ruralistes domination du dogme vidalien jusque dans les années létude des paysages nest abordée que sous langle géomorphologique. la tonalité ruraliste et régionale lemporte également : nombreuses thèses à la mode vidalienne sur les régions françaises. valorisation du cadre monographique. mais chez les historiens, le cadre géographique régional ne servait quà dire lhistoire qui sy était déroulée = tableaux introductifs. en plaçant le paysage au cœur de la géographie, un rapprochement sest opéré avec lhistoire puisque le paysage est aussi un produit des hommes.

9 1931 Les historiens étudient surtout les parcellaires et les systèmes agraires. Par la suite, ils approfondiront ces axes détude et peu le paysage en lui-même. Cest une des conséquences du possibilisme qui, postulant quil nexiste pas de déterminisme naturel, a permis de considérer lespace comme une variable non pertinente et un cadre neutre.

10 1983 La seule synthèse sur lhistoire du paysage… …par un géographe

11 2.2. Lespace selon Braudel : temps long et fixité du cadre géographique Lhéritage vidalien est particulièrement important en histoire car : double formation des historiens en géographie. Lucien Febvre a opté pour les méthodes de lEcole Française de Géographie. Les Annales ont été une tribune pour la diffusion des grandes thèses de géographie vidalienne. Fernand Braudel en particulier a occupé une place charnière entre la géographie et lhistoire : opposition du « temps long » au « temps court » de lévènementiel. grand intérêt porté à la géographie. Directeur des Annales et disciple de Febvre. Il affirme que la géographie est au cœur même de lhistoire. mais cest un espace assujetti au temps car il permet dintroduire le « temps long» en histoire : la géographie « aide à retrouver les plus lentes des réalités structurales » (« Histoire et sciences sociales. La longue durée », Annales ESC, 4, oct-déc. 1958, pp ) les cadres géographiques sont des « prisons de longue durée ».

12 B – Les années : rejet viscéral du paysage 1. Avènement de la « nouvelle géographie » néo-positiviste 1.1. Les origines de la nouvelle géographie Les prémices de la New geography viennent dAllemagne et des USA. Elles sont dessence sociologique et économique : réflexion sur le phénomène urbain (école de Chicago au début XXe) et théorisation sur les localisations humaines, à partir de modèles économiques réinterprétés au regard des nouvelles problématiques. Les modélisations économiques des fondateurs de lanalyse spatiale : modèle des places centrales : Christaller (1933), Lösch (1940), Isard (1956), von Thünen (1826), Thiessen (1911). modèles de localisation des activités : von Thünen (1875), Weber (1909). modèles de gravité : Reilly (1931), Carrothers (1956). modèle des hiérarchies dont la loi rang-taille : Zipf (1949), Auerbach (1913). modèles de diffusion : Sauer (1952), Hagerstrand (1953).

13 Lhexagone français daprès R. Brunet, «Structure et dynamique de lespace français : schéma dun système », Lespace géographique, 1973, n° 2, p nouveaux concepts danalyse spatiale : réseaux, flux, proximité, polarité… - expérimentation de nouveaux outils : analyses quantitatives grâce à linformatique… - expérimentation de nouveaux modes de représentation : chorèmes, modèles, systèmes… - réévaluation de champs détude jusqualors laissés de côté : géographie urbaine, industrielle, sociale, politique, espace vécu/espace perçu.

14 1.2. Élaboration de nouveaux concepts pour la recherche des lois fondamentales de lorganisation de lespace Effervescence néo-positiviste et nomothétique : on pense quil est possible, en perfectionnant la méthode hypothético-déductive, de découvrir des lois mathématiques de lorganisation de lespace : Les formes spatiales élémentaires sont donc considérées comme universelles et transhistoriques. Élaboration de modèles spatiaux mettant au jour les lois fondamentales de lorganisation de lespace. Espace ni géométrique ni naturel mais mathématique et constitué de formes et de structures récurrentes, quelles que soient les sociétés étudiées. Opposition totale à la tradition idiographique de lécole vidalienne.

15 2. Remise en cause et rejet de lÉcole Française de Géographie Roger Brunet : chef de file de la nouvelle géographie française Un point de vue radicalement différent sur la nature de lespace critique de la survalorisation du paysage-objet dans la géographie vidalienne alors que la nature principale du paysage serait celle dun paysage-perçu et vécu. dénonciation de la superficialité du paysage : notion molle et concept flou, rejeté au profit du terme « espace ». dénonciation de la partialité du paysage = vision partielle et ponctuelle dun territoire qui ne permet pas den déduire des généralités. description géographique vidalienne est superficielle et inexacte Rejet de lapproche historique des paysages en rejetant lapproche vidalienne, les nouveaux géographes rejettent aussi lapproche historique qui forme selon eux un écran à la reconnaissance des systèmes spatiaux. Roger Brunet : les formes historiques sont « passives » dans la constitution de lespace.

16 3. Larchéologie spatiale dans le sillage de la nouvelle géographie 3.1. Bref historique issue de la New Archaeology anglo-saxonne des années , elle- même inspirée de la New Geography. étude des répartitions dune série dobjets, de structures, dun pavage ou dun réseau de sites par lapplication de modèles spatiaux inspirés des modèles économiques et sociologiques repris par la New Geography. 2 ouvrages clés : - David L. CLARKE, Spatial Archaeology, Academic press, Londres, Ian HODDER et Clive ORTON, Spatial analysis in archaeology, Cambridge University Press, Cambridge-Londres-New York, 1976

17 Polygones de Thiessen Théorie des places centrales de Christaller En France : une archéologie spatiale moins développée que dans les pays anglo- américains en raison de lhéritage vidalien. Elle est plutôt le fait de protohistoriens. Zadora-Rio (Elisabeth), « Les terroirs médiévaux dans le Nord et le Nord-Ouest de lEurope » dans Guilaine (Jean) (dir.), Pour une archéologie agraire. Armand, Colin, Paris, 1991, pp

18 3.2. Larchéologie spatiale depuis les années les analyses spatiales sont de plus en plus répandues : cf. nombreux exemples dans Temps et espaces de lhomme en société (2005)

19 …mais, lexpression darchéologie spatiale nest plus vraiment répandue et signale la fin de sa mode – du moins sous cette expression – et plus largement de la New archaeology depuis les années Exemple : Des oppida aux métropoles (1998) : travail darchéologie spatiale mais les auteurs préfèrent parler de « techniques de lanalyse spatiale » (p. 10). Labaissement de larchéologie spatiale au rang de simple méthode danalyse témoigne de la reformulation voire du désintérêt et même de lopposition ferme quelle a suscités après les années 1970.

20 C – Depuis la fin des années 1970, renouveau généralisé des études sur les paysages 1. Contexte socio-économique : une prise de conscience environnementale renouveau du paysage comme objet scientifique dans les SHS et SVT + apparition des problématiques environnementales… liés à une forte prise de conscience environnementale dans le monde occidental… issue des conséquences néfastes sur lenvironnement de laccélération du processus durbanisation et du développement technologique. Développement dun mouvement écologique politico-social. Le paysage revient sur le devant de la scène scientifique et lenvironnement y fait son apparition. Recherche qui sinsère dans le cadre dune réflexion plus vaste et transdisciplinaire sur les choix daménagement, dans une optique de durabilité et de protection des paysages.

21 2. Réhabilitation du paysage comme objet scientifique en géographie 2.1. Remise en question de la New Geography et de la New Archaeology remise en question des approches mathématiques de la nouvelle géographie. les géographes redécouvrent limportance des héritages et lintérêt de létude conjointe des milieux naturels et espaces sociaux. idem pour la critique de la New archaeology à partir des années 1980 : on lui reproche de ne pas assez mettre laccent sur le social, le culturel et le symbolique. Les paysages sont dorénavant vus comme lexpression de significations culturelles particulières. aujourdhui la Landscape Archaeology travaille majoritairement selon cette approche. Optique parallèle à la Social Archaeology depuis les années 1980 : les vestiges matériels sont interprétés comme le reflet dune réalité sociale pleine de sens que les archéologues ont la charge de décrypter.

22 Patrice BRUN défend larchéologie spatiale (sous le nouveau titre darchéologie « des réseaux locaux ») et dénonce les excès de cette critique : « En somme, il serait plus juste dinverser, ou presque, la proposition : le modèle dominant nest pas, ou na été quun court moment, celui que lon dénonce et que lon qualifie de progressiste, matérialiste, centraliste, déterministe, scientiste et, pour finir, spatialiste. Le modèle qui domine depuis un quart de siècle est, tout au contraire, particulariste, relativiste, « déconstructionniste », symboliste, tout entier érigé contre une chimère : une caricature de la modernité. On en confond les étapes historiques. On ignore sans vergogne la profusion des écrits montrant la très claire conscience, chez les progressistes aussi, du potentiel de destruction que revêt toujours le progrès technique. On caricature les travaux des évolutionnistes en leur prêtant abusivement une conception unilinéaire de lévolution vers davantage de complexité organisationnelle. On décrète que le rôle de la distance et de la densité sociale ne peut avoir été déterminant et, par conséquent, que les configurations spatiales de sites ne peuvent être des révélateurs fiables de lorganisation sociale. De façon étonnante, ces jugements de valeur à lemporte-pièce, ne sont pourtant appuyés sur aucune validation. Cela ne veut pas forcément dire quils sont entièrement faux, ce qui nous ferait sombrer dans une opposition binaire aussi sommaire que celle dans laquelle les postmodernes se sont enferrés. Cela signifie quil importe dorénavant de mettre en œuvre une procédure dévaluation de la représentativité sociale de lorganisation spatiale des sociétés. » (Texte diffusé pour la préparation dune journée de travail à Nanterre en 2009)

23 2.2. Le rôle moteur de la biogéographie les propositions nouvelles, dès les années 1970, viennent de la géographie physique et surtout des biogéographes. biogéographie = branche à la croisée des sciences naturelles, de la géographie physique, pédologie et écologie qui étudie la vie à la surface du globe par des analyses descriptives et explicatives de la répartition des êtres vivants. Georges Bertrand est lun des premiers à avoir développé lapproche systémique et revalorisé le paysage en géographie. + promotion de la pluridisciplinarité entre historiens, géographes et archéologues. il a développé une vision globale du milieu autour du concept de géosystème : le « potentiel écologique » (combinaison des données physico-chimiques) « lexploitation biologique » (les écosystèmes) « lutilisation anthropique » Le paysage est conçu comme résultant de lintégration de tous ces rapports. Alain Roger : chef de file dun courant esthétisant et culturaliste selon lequel létude paysagère des écologues et biogéographes = la « morphologie de lenvironnement », parce que le paysage nexiste que dans linteraction entre la subjectivité de lobservateur et les objets concrets.

24 2.3. Développement des approches économique, sociale et historique G. Bertrand, 1973 : les recherches sur le paysage « sont encore mal dégagées de leur gangue biogéographique » et il formule le vœu quelles se rapprochent « des préoccupations économiques et sociales » afin de « mieux poser les problèmes de lutilisation [du milieu] par les sociétés humaines ». (cité dans G. Rougerie et N. Beroutchavili, Géosystèmes et Paysages. Bilan et méthodes, Armand Colin, Paris, 1991, p. 81)

25 G. Bertrand, 1975 : « Pour une histoire écologique de la France rurale – Limpossible tableau géographique » dans Duby (G.) et Wallon (A.) (dir.), Histoire de la France rurale, t. I. Des origines à 1340, Seuil, Paris, 1975, pp = 1 er temps fort de louverture vers lhistoire. En 1995, il parle de « révolution copernicienne » à ce propos (dans Brunel et Moriceau, Lhistoire rurale en France, p. 68). Refus du tableau géographique introductif traditionnel : « le tableau géographique a été à la fois la conséquence et la cause dune conception bloquée des rapports de lhomme et du milieu » puisquil ne peut retenir, par essence, que les traits généraux et permanents au détriment des dynamismes de toutes sortes qui caractérisent lhistoire rurale (p ). Critique du possibilisme qui nest que « lapplication littéraire dun principe philosophique vague » et « une forme "scientifique" du laxisme » (p. 51). Critique de la prédominance de lapproche économique et juridique dans les travaux des historiens.

26 G. Bertrand, 1978 : « Larchéologie du paysage dans la perspective de lécologie historique », dans Archéologie du paysage, Actes du colloque tenu à Paris, E.N.S., mai 1977, Caesarodunum, Tours, 1978, pp = 2 e temps fort, cette fois-ci en direction de larchéologie. Sa manière de considérer le paysage est considérablement élargie en direction de la société, de la subjectivité, du culturel, etc. G. et Cl. Bertrand, 1991 : « La mémoire des terroirs » dans Guilaine (J.) (dir.), Pour une archéologie agraire, Armand Colin, Paris, 1991, pp « larchéologie agraire apparaît de plus en plus comme une "discipline dinterface" entre les sciences de la nature et les sciences sociales. » (p.17) il incite pour ce faire les archéologues à passer de léchelle du site à celle de lhorizon géographique infini. Le concept de paysage redevient fédérateur en géographie et devient un lieu de rencontre avec les autres disciplines dont larchéologie qui sapproprie à la même époque ce nouveau champ.

27 3. Le « boom » des études archéologiques sur les paysages et lenvironnement développement de lintérêt archéologique porté aux paysages à la fin des années jusquà cette date, les fouilles sont ponctuelles et les archéologues français se préoccupent peu de lenvironnement du site. le développement de certaines techniques et sciences (photographie aérienne, de la photo-interprétation, de la télédétection, de la prospection géophysique, des sciences paléonaturalistes, etc.) va permettre dy remédier. Depuis, recherche du « contexte » Naissance de « larchéologie du paysage » à la française Raymond Chevallier (archéologue aérien) lance lexpression dans un article de 1976 : « Le paysage, palimpseste de lhistoire pour une archéologie du paysage ». + organisation dun colloque fondateur Archéologie du paysage, en 1977 à Paris. R. Chevallier promeut lapproche archéologique : elle peut selon lui reconstituer la dimension historique des paysages en révélant ce qui a disparu et qui nest donc plus fonctionnel (fossile) à partir dune observation directe (du sol ou davion) ou indirectement, par la cartographie, liconographie et les textes. En particulier, larchéologie aérienne est primordiale dans cette ouverture du champ dinvestigation car elle offre un effet de recul essentiel.

28 Ferme indigène – Picardie. © Agache Villa – Picardie. © Agache « Paysage-palimpseste » Conception stratigraphique du paysage Volonté de dater les formes fossiles et de restituer le paysage à telle ou telle époque

29 Georges Bertrand, bien quil saffirme confiant dans la fortune future de cette « expression heureuse » en 1978, sinterroge sur la pertinence du terme paysage : « Le paysage nest donc pas un concept, tout au plus une notion foisonnante que chacun a cru pouvoir utiliser à sa façon et sous des acceptations diverses. Il fait depuis quelques années fonction dauberge espagnole. Il en est devenu confus, puis insignifiant et enfin transparent ! Les archéologues vont-ils, après dautres chercheurs, augmenter encore cette incohérence et cette ambiguïté ? » (Bertrand 1978, p. 133). succès de lexpression mais, finalement, peu de chercheurs ont réellement souhaité se placer sous cette bannière, la plupart préférant des intitulés plus limités, liés à divers fondamentaux, géologique (géoarchéologie), écologique (archéobotanique, chrono-écologie), géographique (archéogéographie), géohistorique et politique (chorématique historique, archéohistoire), entre autres. Même Raymond Chevallier, en 2000 : « géotopographie archéologique » Discipline qui na pas réussi à rassembler les suffrages malgré le succès de lexpression dans son sens banal. aujourdhui, au travers de ce quen disent les manuels darchéologie, la définition semble, malgré tout, toujours mal établie et floue, cette fois en raison dun rapprochement avec larchéologie de lenvironnement.

30 3.2. Le programme PIREN/CNRS : élaboration dune écologie historique ou écohistoire : lancement de lAction thématique programmée « Histoire de lenvironnement et des phénomènes naturels » devenue Programme scientifique du PIREN/CNRS (Programme interdisciplinaire de recherche sur lenvironnement). Définition dune nouvelle discipline : lhistoire de lenvironnement ou « écologie historique » ou « écohistoire ». premiers résultats présentés par Robert Delort lors du colloque en 1991 Pour une histoire de lenvironnement (1993). Les auteurs y posent comme principes de base : la variabilité extrême des facteurs de lenvironnement limportance de laction humaine sur lenvironnement (depuis des millénaires) limportance du passé pour la connaissance de lavenir larchéologie préhistorique apparaît plus avancée que les archéologies protohistoriques et historiques. chapitres les mieux documentés : lhistoire récente du fait climatique et les formes du relief. Encore beaucoup de chemin à parcourir…

31 Discipline qui « émarge à de très nombreuses disciplines » (Beck et Delort 1993, p. 14), lécohistoire ou histoire de lenvironnement ne réussit guère à sextraire de lambiguïté générale, en ce qui concerne les appellations. Elle néchappe pas au terme-valise denvironnement dont les auteurs mesurent pourtant lanachronisme. 2001

32 3.3. Larchéologie agraire française : un développement tardif développement tardif en France alors quelle existe depuis le début du Xxe en Grande- Bretagne, en Allemagne, au Danemark et aux Pays-Bas. le colloque de 1977 sur larchéologie du paysage, en parallèle au développement des différentes méthodes de prospection, a surtout généré des études sur lévolution de loccupation du sol et non sur les paysages en eux-mêmes. colloque clé = Jean Guilaine (dir.), Pour une archéologie agraire. A la croisée des sciences de lhomme et de la nature (1991). Les contributions se répartissent entre : les archéologues et létude du monde rural : techniques, outillage, façons culturales, terroirs, paysages ruraux, etc. les naturalistes et létude de lanthropisation du milieu : pédologie, palynologie, géoarchéologie, archéolozoologie, etc. Il reste cependant à mettre en œuvre, des vœux mêmes de J. Guilaine, une étude plus globale, sur le fonctionnement des sociétés, au-delà de la simple reconnaissance de vestiges. 3 domaines en matière dhistoire rurale et agraire où les avancées apportées par larchéologie sont les plus significatives : les productions, loutillage et les techniques agricoles ; lenvironnement par le biais de la restitution des paysages (rivages, forêts, reliefs, cours deau, etc.) ; létude des parcellaires anciens.

33 3.4. Lémergence des archéologies du paléoenvironnement

34 4. Une proposition récente de réorganisation du champ du savoir géohistorique : larchéogéographie 4.1. Historique et définition filiation de loption « archéogéographie » du DEA Archéologie environnementale de Paris 1 impulsion de Gérard Chouquer, historien antiquisant, DR au CNRS + professeur à Coimbra Archéologie + géographie = les 2 socles disciplinaires de base Sources de plusieurs origines : documents planimétriques : cartes, plans et photos aériennes données paléonaturalistes documents écrits : archives médiévales et modernes, cadastres données archéologiques

35 . org www. Un site web

36 Ouvrages « fondateurs » de la discipline archéogéographique

37 Ouvrages formalisant la discipline archéogéographique

38 Discipline héritière des divers courants de la géographie historique et de la géohistoire, ou encore de larchéologie du paysage, mais elle sen différencie en postulant la crise des objets géohistoriques et la nécessité de leur recomposition. Constat : malgré laccumulation des nouvelles données, les objets, récits et cadres interprétatifs traditionnels ne changent pas. Résistance des « grands objets » de la géographie historique et de lhistoire. Propositions de réorganisation des savoirs à partir dune « archéologie du savoir » (Michel Foucault) Exemples la planification antique (Chouquer, Favory) les formes agraires protohistoriques (Chouquer) la modélisation des formes agraires médiévales : bocage/openfield/Méditerranée (Lavigne, Watteaux), forme radio-concentrique (Chouquer, Watteaux) les territoires antiques et médiévaux : le domaine royal (Buscail), la cité antique (Chouquer, Favory, Lopes), la paroisse et seigneurie médiévale (Zadora-Rio, Buscail), etc. la morphologie des espaces irrigués historiques de Méditerranée (Gonzalez Villaescusa) 4.2. Les enjeux de larchéogéographie a)Décomposition des objets « installés » et aujourdhui en crise a) Décomposition des objets « installés » et aujourdhui en crise

39 Autre aspect = étude de la dynamique des planimétries (voirie, habitat, parcellaires), de loccupation du sol et leurs hybridations avec loro- hydrographie et la végétation. on étudie moins ce que les choses ont été, parce que cet objectif paraît de plus en plus délicat à atteindre, que ce que les choses sont devenues. Travail sur la mémoire des formes. // réflexion de larchéologue Laurent Olivier (Le sombre abîme du temps, 2008). + étude des parcellaires planifiés antiques (Chouquer, Favory, Brigand…), médiévaux (Lavigne, Abbé, Watteaux, Brigand), modernes (Chouquer). b) Recomposition : définition de nouveaux objets et paradigmes :

40 centurie La centuriation antique La centuriation antique Les aménagements des périodes médiévale et moderne participent à la construction et à la résilience des centuriations antiques. La forme quasi parfaite dune centuriation « romaine » visible sur une carte nest pas leffet dune remarquable conservation mais leffet dune construction de lobjet dans la durée.

41 La forme radio-quadrillée La forme radio-quadrillée : fusion dun réseau routier radial à grande échelle et de trames parcellaires « quadrillées » à petite échelle. Lexemple de Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne) daprès lanalyse dun cliché IGN de 1956 (G. Chouquer)

42 Les réseaux de formations Les réseaux de formations Région de Beaugency (Loire et Loir-et-Cher). S. Robert.

43 Les corridors hydro-parcellaires Les corridors hydro-parcellaires associant des éléments anthropiques et naturels en fonction du rapport à leau. Sorigny (Indre-et-Loire) C. Pinoteau

44 Les réseaux physiques réguliers ou régularités organiques Les réseaux physiques réguliers ou régularités organiques Analyse de R. Gonzales Villaescusa. La huerta de Murcie dans les environs de Era Alta (Espagne). R. Gonzales Villaescusa

45 Les villages-rûs Les villages-rûs Les Maillys (Côte-dOr) M. Foucault

46 Les corridors fluviaires Les corridors fluviaires Tours. H. Noizet

47 Du « paysage-palimpseste » à la « transformission » Du « paysage-palimpseste » à la « transformission » La coupe de Pierrelatte (Drôme) : une coupe heuristique pour larchéogéographie

48 : La coupe de Pierrelatte en plan : transmission de la forme en plan au-delà du modelé et des hiatus sédimentaires (UCHRONIE) 5 dimensions à restituer : profondeur latitude longitude hauteur dynamique Transformission Mot créé à partir de transformation et de transmission. Permet de décrire la double action de transformation dans le temps des réalités géographiques et de transmission de certains caractères de ces réalités donnant limpression dune pérennité de la forme.

49 Conclusions 1/ Il existe une relation indéniable entre les recherches menées sur les paysages et les paléoenvironnements et le contexte socio-économique dans lequel elles sinscrivent. 2/ La dimension spatiale des objets étudiés par les historiens et archéologues est longtemps restée « soumise » à celle du temps. Mais cette vision fixiste et déterministe du milieu est depuis ces dernières années sérieusement « écornée » par lassociation entre larchéologie et les SVT et par la démarche systémique et interdisciplinaire. 3/ Si lon dresse un bilan, on observe une multitude dintitulés sinscrivant dans ce large champ de recherche sur loccupation du sol et les paysages. Cf. tome 2 du Traité darchéogéographie. Larchéologie des disciplines géohistoriques (Chouquer et Watteaux), à paraître chez Errance. Ce champ représente un axe majeur de la connaissance mais il est encore imparfaitement conçu car il n'est pas structuré : 150 intitulés différents de la fin du XIXe à nos jours ! Fragmentation qui caractérise en réalité une phase démergence dun champ scientifique très riche.

50 Archéologie et espaces, (colloque de 1989, Fiches et Van der Leeuw 1990) - archéologie et espaces (titre) - landscapes (p. 9) - analyse régionale (p. 25) - landscape archaeology (p. 35) - occupation du sol (p. 47) - organisation des espaces (p. 71) - espace géographique (p. 87) - géographie historique (p. 87) - approche régionale (p. 157) - territoires (p. 183) - prospection régionale (p. 285) - analyse de lespace du passé (p. 299) - archéologie et histoire du paysage (p. 363) - géographie historique de lespace rural (p. 363) - paysage rural (p. 383) - analyse spatiale (p. 503) « Après écoute des communications et lecture des contributions, nous voudrions développer quelques réflexions sur le thème de ces rencontres : archéologie des espaces, expression juste et plus riche que la traduction littérale de langlais archéologie spatiale, qui est trop proche de lexpression méthodologique analyse spatiale, avant tout synchronique, ou dautres formules comme archéologie extensive, trop générique, archéologie du terroir, trop rustique et archéologie du paysage trop descriptive. » (Fiches et Van der Leeuw 1990, p. 503) Les éditeurs scientifiques souhaitaient tenir compte de « lévolution récente de la discipline (...) une pratique archéologique qui ne peut plus se réduire à la fouille, (...) qui devient archéologie extensive, archéologie du terroir ou du paysage » (Fiches et Van der Leeuw 1990, p. 6).


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