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Guy Drudi Service daide et de liaison La Maisonnée.

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1 Guy Drudi Service daide et de liaison La Maisonnée

2 Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Les jeunes de seconde génération observent comment la société québécoise accueille leurs parents. La qualité de cet accueil sera déterminante pour leur participation civique et leurs stratégies de mobilité sociale et professionnelle. Conclusion du Mémoire de La Maisonnée à la Commission de consultation sur les pratiques daccommodements reliées aux différences culturelles. (2007)

3 Le choc discriminatoire: historique, définition et pertinence. Le profilage racial et choc discriminatoire: témoignages. Limpact du choc discriminatoire sur le sentiment dappartenance à la société québécoise. Pistes dintervention pour contrer les impacts du choc discriminatoire. Conclusion Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Plan de la communication

4 En 1996, une étude de lIndice sur les producteurs de comportements racistes lors de linsertion à lemploi des jeunes travailleurs. Le cas des jeunes Québécois dorigine haïtienne. Les jeunes québécois dorigine haïtienne identifient la discrimination des jeunes en tant que membres dun groupe ethnique minoritaire tandis que les jeunes de groupes ethniques minoritaires visibles non noirs considèrent quil sagit de rejet de profils individuels. Ce constat sapplique également pour les jeunes travailleurs de la première et de la seconde génération, quel que soit leur niveau de scolarité. Les jeunes québécois dorigine haïtienne nés au Québec ont le sentiment de faire face au scepticisme de certains employeurs qui continuent de les associer à une culture et un pays étranger où ils nont jamais mis le pied. Ils sentent que les employeurs refusent de les prendre au sérieux. Ce constat est confirmé par les employeurs qui affirment privilégier lembauche de personnes qui leur ressemblent. Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Le choc discriminatoire: historique du concept.

5 Ce quils ont en commun Connaitre les procédures demploi Dêtre jeunes et sans expérience dans un marché demploi fermé Dêtre dans une situation de vive concurrence. Dêtre prêts aux efforts pour réussir De devoir ressembler à lemployeur De devoir exceller De comprendre lutilité dun réseau de références De ne pas être sur la même longueur donde que les employeurs. Convaincre lemployeur de leur faire une place. Un sentiment de solitude Tourner en rond Ce quils ont de différents Faire face à des attitudes différentes alors que lon tente de se conformer aux règles Fournir le double defforts pour être considéré sur un pied dégalité Pallier le manque dacclimatation des employeurs avec la différence ethnoculturelle Faire face à la fermeture des équipes de travail Compenser le fait dêtre haïtien. Gagner la confiance comme étranger Rompre les préjugés 5 Lindice (1996) étude des producteurs de comportements racistes lors de linsertion à lemploi des jeunes travailleurs. Le cas des jeunes québécois dorigine haïtienne

6 De part et dautre, jeunes travailleurs et employeurs perçoivent quil existe une place hiérarchique pour chacun. Au haut de la pyramide, les blancs du groupe démographique majoritaire, les individus des groupes ethniques minoritaires non visibles, les individus de groupes minoritaires visibles non noirs, les noirs les antillais, haïtiens et jamaïcains. Les jeunes travailleurs fonctionnent avec une conscience de cette hiérarchie perçue. Pour les jeunes travailleurs des groupes minoritaires visibles qui veulent se faire embaucher, il nest pas suffisant de devenir des compétences égales. Ils disent se heurter à cette exigence dêtre véritablement intégrés, cest-à-dire dans le vocabulaire des employeurs, devenir blancs. Pour compenser de ne pas être blancs, ils développent une deuxième peau en tissant des réseaux de relations signifiantes pour les employeurs. Ils doivent commencer à le faire le plus tôt possible, au moment de leurs études. Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Lindice (1996) étude des producteurs de comportements racistes lors de linsertion à lemploi des jeunes travailleurs. Le cas des jeunes québécois dorigine haïtienne.

7 Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Le choc discriminatoire Le choc discriminatoire est de se sentir: différencié (distancé, mis à lécart) Infériorisé (jugé moins performant, moins compétent, inadéquat) Sur la seule base de son appartenance à un groupe: lorigine ethnique ou nationale, la race, la couleur, la religion, la langue, le sexe. Sans égard à son adaptation fonctionnelle, sociale et culturelle à lenvironnement; Sans égard à sa maîtrise des référents ou des codes culturels de la société daccueil.

8 Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Variables reliées au choc discriminatoire Être né à létranger. Être différent physiquement (couleur de la peau). Posséder un accent différent. Être dune langue maternelle différente. Avoir un patronyme de consonance autre. Être issue de religion différente. Ne pas avoir dancêtre québécois. A. Ledoyen, (1992), Montréal au pluriel.

9 Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Conséquences du choc discriminatoire Le terme de choc est approprié si lon considère les réactions émotives et physiques des victimes qui se sont senties discriminées en raison de leur appartenance à un groupe. Le choc discriminatoire se manifeste particulièrement dans les secteurs de l'emploi, du logement, de l'éducation et des services publics, en particulier la sécurité publique. Affaiblissement des structures des familles immigrantes: Absence de réussite sociale des parents Encadrement des jeunes Transmission de modèles à suivre. Les enfants se recréent une famille à lextérieur du foyer: Tensions importantes dans la famille Éclatement de la famille. Lintervention des services sociaux dans la famille: Suppléance au manque dencadrement des jeunes. Stigmatisation des enfants comme étant toujours des étrangers: Difficultés dintégration similaires à leurs parents Absence dintégration sociale réussie.

10 Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Conséquences du choc discriminatoire(suite) Marginalité des réseaux de support des jeunes issus de limmigration Exclusion de la vie sociale active et participative des jeunes issus de limmigration et des minorités visibles: École, Emploi, Mobilité sociale Mobilité professionnelle. Disqualification et peu despoir de rattraper le peloton formé par les jeunes du groupe majoritaire. Développement de structures marginales de soutien social qui amplifient lécart ressenti entre eux et le groupe majoritaire. Le choc discriminatoire engendre un malaise identitaire qui peut occasionner un repli identitaire et une rupture avec la société daccueil.

11 Dautres recherches confirment les conséquences du choc discriminatoire que vivent les jeunes de communautés ethnoculturelles, dont celle de lInstitut interculturel de Montréal sur le malaise identitaire. Ces recherches font ressortir que les jeunes des familles immigrantes, quils soient nés au Québec ou quils aient immigré, se retrouvent souvent dans une situation de malaise ou de conflit au niveau identitaire. Ne pouvant nier quils ont une origine autre et que leur famille est différente des familles québécoises de souche, ils tentent de se faire accepter de leurs pairs en cherchant à être comme eux, ce qui peut entrer en contradiction avec les valeurs des parents. En même temps, limage que la société québécoise leur renvoie est celle de létranger (malgré que certains soient nés au Québec), ce qui peut être ressentie comme une source de discrimination et dinjustice. Le fossé sagrandit entre les immigrés dun côté et la société daccueil dun autre côté ce qui les met en situation de « choc discriminatoire » vis-à-vis de la communauté majoritaire par leur faible participation aux sphères économiques et politiques significatives, par le sentiment de rejet que vivent de nombreux immigrés et le réflexe de repli sur soi que ce sentiment provoque chez certains. Institut Interculturel de Montréal (2005) « Malaise identitaire : un facteur à apprivoiser dans lintervention auprès des jeunes des communautés ethnoculturelles » Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Conséquences du choc discriminatoire: le malaise identitaire.

12 Le choc discriminatoire sapparente à un stress post traumatique dû au fait que la victime ne sattend pas à être discriminée. La personne qui ressent le choc discriminatoire peut être la victime elle-même de la discrimination ou le témoin dune discrimination survenue à un proche. Face au choc, les symptômes d'hypervigilance et de suractivation physiologique se produisent comme s'il fallait réagir, se protéger et prévenir tout autre danger. Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Choc discriminatoire et stress post traumatique

13 Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars La difficulté de contrer les effets du choc discriminatoire. La condition de noir simpose à vous et vous rattrape par le collet au moment où vous ny pensez plus. Ce nest pas déviter le fait dêtre noir, cest déviter le souci de lêtre, cest-à-dire de lutter contre les difficultés qui sont associées à cela.» Parvenir à considérer quêtre noir ne compte pas plus quune autre caractéristique physique, la couleur des cheveux ou la couleur des yeux. Pap Ndiaye, (2008)La Condition noire. Essai sur une minorité française.

14 Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Il sent quil est à part, mais il ne comprend pas ce qui le met à part, il nest sûr que dune chose: cest quaux yeux des autres, quoi quil fasse, il est et restera juif. Jean-Paul Sartre. Réflexion sur la question juive.

15 Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Le profilage racial et le choc discriminatoire. Les cas de profilage racial procèdent de la logique du choc discriminatoire. Les cas de profilage racial représentent des fragmentations du discours entre « nous » vs « eux ». Un crime individuel commis par un Blanc= Pathologie individuelle. Un crime individuel commis par une personne des groupes racisés = Empreinte culturelle et collective. Turenne Michèle (2006). Prouver le profilage racial : perspectives pour un recours civil. CDPJQ.

16 Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Conseil interculturel de Montréal. Avis sur le profilage racial. En 2006, lenquête du CiM constate que les principales victimes et présumées victimes du profilage racial sont les jeunes de deuxième génération issus de limmigration, principalement des minorités visibles, nés à Montréal et perçus par la population et les forces de lordre comme étant liés à des activités criminelles.

17 Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars « Paroles de femmes et dhommes montréalais dici et dailleurs» Donner la parole et un visage aux victimes ou présumées victimes du profilage racial. Sensibiliser les personnes concernées par la problématique du profilage racial sur les expériences vécues par les victimes et les séquelles qui en résultent pour elles-mêmes et leur entourage. Maintenir un mode de veille en matière de profilage racial en collaboration avec la Ville et les partenaires du milieu. Affirmer la volonté des victimes de contribuer, comme Montréalais et Montréalaises à part entière, à la vie collective et au développement de Montréal.

18 Cette expérience crée une rupture dans litinéraire des individus et dans le développement de leur identité. Cette rupture qui introduit une discontinuité dans leurs rapports à la société daccueil et dans leur sentiment de sécurité et dappartenance à leur milieu de vie. Le profilage racial crée chez les victimes un stress post-traumatique qui donne lieu à des comportements qui peuvent contribuer à nourrir et maintenir les pratiques dexclusion de la société à leur endroit. Ainsi, le profilage racial est un acte raciste particulièrement insidieux et violent. Il communique à la victime quelle est la principale responsable de son interpellation. Ce faisant, le profilage racial opère un renversement cognitif qui fait de la victime lagent de son exclusion, par ses attitudes et comportements en voulant faire valoir ses droits. Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars « Paroles de femmes et dhommes montréalais dici et dailleurs»

19 Giliane « Après mon interpellation, jétais dabord sur le choc et, puis après, cétait la colère et lindignation… Je rejoue la scène dans ma tête continuellement pour essayer de voir : Quest ce que jai fait de mal ? Jai dû dire quelque chose de mal ? Faire quelque chose de mal ? Pour que lon me traite de la sorte. Cet incident ma fait réaliser que je peux avoir totalement raison dans une histoire ou totalement tort, ça ne fait rien. Limportant, cest que je suis noire et il faut faire attention… Depuis, les années ont passées… Maintenant, je pense que lanxiété est le seul sentiment qui me reste. » Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars témoignages

20 La CSDM reconnaît son rôle dans la formation de lidentité montréalaise, qui concilie pluralisme et spécificité de la culture québécoise, et dans la préservation de la langue française et de la culture québécoise. En effet, pour les élèves nouvellement immigrés, jeunes et adultes, ainsi que leurs parents, létablissement scolaire est un lieu privilégié dintégration dans la langue commune, facilitant ainsi leur évolution et leur participation démocratique dans la société daccueil. Cette diversité engendre la nécessité, pour la Commission, de développer davantage des pratiques qui traduisent les valeurs éducatives de respect de lautre dans sa différence, daccueil de la pluralité, de maintien de rapports égalitaires entre les personnes et de rejet de toute forme dexclusion ou de violence. Ce faisant, elle crée les conditions les conditions optimales dune intégration scolaire et sociale des élèves, elle crée un milieu harmonieux pour ses élèves et son personnel. CSDM (2005). Politique interculturelle de la Commission scolaire de Montréal. Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars La politique interculturelle de la Commission scolaire de Montréal.

21 La CSDM a mis en place des pistes daction totalisant 1M$ pour assurer lopérationnalisation de sa politique interculturelle. Ces pistes daction se réfèrent directement aux trois orientations de la politique interculturelle qui sont elles-mêmes reliées aux trois orientations du plan stratégique de la Commission, à savoir : Orientation 1. Soutien pour la réussite et lintégration des élèves jeunes et adultes. Orientation 2. Appui sur un personnel représentatif de la population scolaire et formé à la dimension interculturelle. Orientation 3. Accroissement des liens entre lécole, les familles et la communauté dans toute sa diversité. Les interventions prévues sont : Développer des services de francisation et dintroduction à la vie culturelle et scolaire québécoise aux parents et aux élèves. (Orientations 1 et 3) Former le personnel à linterculturel (Orientation 2) Créer un comité interculturel dans les établissements (Orientations 1 et 3) Mettre en place des mesures de soutien aux élèves de laccueil et du post accueil (Orientation 1) Développer des outils et modalités de communication appropriés avec les parents (Orientation 3) Mettre en place des cours de langues (Orientations 1, 2 et 3) Réviser la politique de la langue notamment au regard de la traduction et de linterprétariat (Orientation 3) Mettre en valeur le patrimoine culturel du Québec (Orientation 1 et 3) Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars La politique interculturelle de la Commission scolaire de Montréal.

22 Le profilage racial peut se manifester en milieu scolaire dans lapplication ciblée des codes de vie et autres règlements scolaires par les membres du personnel et de la direction dune école à légard des jeunes des groupes racisés. La société québécoise est ainsi faite. Quand les enfants noirs atteignent lâge de 10 ans, ils ont perdu tout espoir. Les personnes sont affectées sur les plans affectif, psychologique et social. Les impacts sur plusieurs aspects de leur vie se manifestent par une perte de confiance en soi, un affaiblissement du sentiment dappartenance citoyenne. Il semblerait en effet que les règles en vigueur dans lécole soient parfois appliquées de manière plus stricte, et donc disproportionnée, à lendroit des élèves des minorités racisées Il semblerait quil nest pas rare, dans ces établissements, que les élèves de certaines minorités racisées fassent lobjet dune surveillance et dune sévérité plus strictes de la part des surveillants ou des professeurs. Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec. Document de consultation sur le profilage racial. Mars Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars À lécole

23 Certains enseignants et membres du personnel scolaire semblent moins motiver et soutenir les élèves de minorités racisées pour les amener à se dépasser lorsquils présentent des difficultés dapprentissage. Autrement dit, il semblerait que des préjugés ou des généralisations abusives puissent parfois conduire certains membres du personnel enseignant et spécialisé à investir moins defforts pour soutenir, encadrer, et éventuellement « récupérer », les élèves en difficulté de certaines minorités racisées, en particulier ceux issus des communautés noires. Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec. Document de consultation sur le profilage racial. Mars Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars À lécole

24 Certains enseignants leur ont dit : « En Haïti, lécole cest pas fort, donc ici vous ne réussirez pas», « Ça ne donne rien parce que vous nirez pas au cégep », « Ça ne vaut pas la peine parce que vous ne poursuivrez jamais vos études », « Ça ne vaut pas la peine parce que vous autres, les Haïtiens, vous nêtes pas capables den donner plus. » Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec. Document de consultation sur le profilage racial. Mars Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars témoignages

25 Les classes d'accueil ont pour but de sensibiliser les étudiants immigrants à la langue française et à la culture québécoise afin de leur permettre une intégration facile et rapide aux classes régulières françaises. Cette organisation des classes d'accueil n'est pas un système parallèle au système régulier. Cun système de transition dans lequel l'objectif à atteindre est la compétence orale et écrite en français. Rose-Hélène Arseneault et Anne-Marie Lortie. Revue des sciences de l'éducation, vol. 2, n° 1, 1976, p Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Les classes daccueil

26 La Commission souligne que les intervenants scolaires ne laissent pas aux parents issus des groupes racisés la place qui leur revient dans les décisions relatives au choix des parcours scolaires qui soffrent à leur enfant. Dans plusieurs cas, les classes daccueil représentent la première porte dentrée dans la société québécoise, non seulement pour les jeunes issus de limmigration, mais également pour leurs parents. En effet, le réseau scolaire constitue souvent, avec le marché du travail, lun des principaux canaux dintégration à travers lesquels les familles immigrantes se familiarisent avec les différents aspects de leur société daccueil. Les classes daccueil ont pour but de faciliter lintégration des élèves allophones nouvellement arrivés au Québec à la fois sur le plan scolaire, linguistique et social. Or, on constate quon noffre pas toujours à ces élèves un cadre correspondant à leur profil et qui leur permettrait de poursuivre leur scolarisation en classe régulière sans retard scolaire. Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars CPDPJQ (2011). PROFILAGE RACIAL ET DISCRIMINATION SYSTÉMIQUE DES JEUNES RACISÉS. Rapport de la consultation sur le profilage racial et ses conséquences.

27 Lors des consultations, des organismes venant en aide aux élèves en difficulté scolaire ont dénoncé la ségrégation des classes daccueil au sein de certaines écoles. Ils ont déploré le fait que les classes daccueil étaient mises à part, parfois dans une section isolée de létablissement. Selon la Commission, on peut en effet douter quune telle configuration physique puisse favoriser lintégration sociale et scolaire de ces élèves. « Les classes daccueil ne semblent pas priorisées en termes de ressources. Les enseignants ne reçoivent pas de support, se découragent et reportent leur sentiment dimpuissance et déchec sur leurs élèves […]. » La Maisonnée La Commission souligne que les intervenants scolaires ne laissent pas aux parents issus des groupes racisés la place qui leur revient dans les décisions relatives au choix des parcours scolaires qui soffrent à leur enfant. Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars CPDPJQ (2011). PROFILAGE RACIAL ET DISCRIMINATION SYSTÉMIQUE DES JEUNES RACISÉS. Rapport de la consultation sur le profilage racial et ses conséquences.

28 LA MAISONNÉE a regroupé les obstacles à lintégration scolaire des élèves qui fréquentent les classes daccueil en huit catégories : Formation du personnel. Plusieurs professeurs ont une méconnaissance des cultures, des valeurs ainsi que du parcours migratoire des jeunes de leurs classes. Application des règlements du code de vie On sanctionne plus rapidement les élèves des classes daccueil, car il y a moins de soutien scolaire et lon craint de perdre le contrôle si un jeune ne se conforme pas rapidement. Matériel scolaire On a observé des stéréotypes discriminatoires à lintérieur du matériel scolaire. Dans un exercice, on demande de combiner deux listes de mots. Dans la première colonne on avait les verbes travailler et dormir et dans la seconde colonne, les mots nègre et mexicain. Ainsi, lélève devait composer les expressions « travailler comme un nègre» et « dormir comme un mexicain». Pour la seconde expression, il y avait même une caricature dun personnage qui dormait avec un sombrero. Cela contribue à la reproduction des stéréotypes et des préjugés qui sont à la base du profilage racial. Des enfants ont été choqués par cet exercice. Le matériel scolaire est souvent désuet et infantilisant et les outils dapprentissage peu rigoureux : ex. un texte écrit en joual incompréhensible pour les élèves. Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars La Maisonnée(2010). Pour un sentiment dappartenance et une participation à la société en tant que citoyen à part entière : une école libre de discrimination et de profilage racial.

29 Localisation des classes daccueil Situées dans laile des classes de cheminement particulier, il contribue à stigmatiser les jeunes comme ayant des problèmes de fonctionnement scolaire. Lorsque ces classes sont dans laile des classes régulières, la performance des élèves est améliorée. Soutien scolaire au personnel enseignant Les classes daccueil ne semblent pas priorisées en termes de ressources. Les enseignants ne reçoivent pas de support, se découragent et reportent leur sentiment dimpuissance et déchec sur leurs élèves. Activités parascolaires Peu de jumelage des jeunes en classe daccueil avec les jeunes des classes régulières. Limités aux activités sportives, telles que le soccer ou le basket, les jeunes des classes daccueil sont absents des activités socioculturelles telles que le théâtre et la musique. Les parents ne sont pas informés que lécole peut défrayer une partie des coûts en cas dincapacités financières de leur part. Communication avec les parents Les professeurs ne tissent pas beaucoup de liens avec les parents. Ils éprouvent de la difficulté à communiquer avec eux, car plusieurs parents ne parlent pas le français. Souvent perçus comme non scolarisés parce quils sexpriment difficilement en français, les parents ne reçoivent pas linformation pour comprendre ce qui se passe à lécole. Les élèves qui parlent langlais, attendent de terminer leur secondaire ou davoir atteint 16 ans pour sorienter vers le secteur anglophone et fréquenter les cours aux adultes. Les parents disent quil y a plus de services et defforts pour intégrer leurs enfants. Passerelles vers léducation aux adultes Lâge est un facteur qui oriente un élève vers léducation aux adultes. Dès quil atteint 16 ans révolus, selon sa performance, il peut être orienté vers léducation aux adultes à moins dêtre en mesure de terminer son secondaire à 18 ans. Les jeunes qui transfèrent aux adultes ne reçoivent pas dinformation sur ce qui est prévu pour eux. La majorité des élèves transférés proviennent des minorités noires et des latino-américains. Il y a une surreprésentation des élèves si lon compare avec la démographie à Montréal Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars La Maisonnée (2010) Pour un sentiment dappartenance et une participation à la société en tant que citoyen à part entière : une école libre de discrimination et de profilage racial.

30 La Commission rapporte que les individus racisés sont souvent exclus du « nous » dans les représentations du groupe majoritaire et ils sont plus susceptibles dêtre tenus à lécart de la vie citoyenne ou, lorsquils sy insèrent, ils doivent surmonter des obstacles supplémentaires pour accéder aux mêmes chances que les personnes non racisées. Dans cette logique, quoi quils fassent ou disent, les membres des minorités racisées seront traités ou jugés en fonction dune différence assignée à laquelle ils sont toujours ramenés. Cela a pour effet de compromettre non seulement leur confiance dans les institutions, mais aussi leur estime de soi et leur sentiment dappartenance à la société québécoise. Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars CPDPJQ (2011). PROFILAGE RACIAL ET DISCRIMINATION SYSTÉMIQUE DES JEUNES RACISÉS. Rapport de la consultation sur le profilage racial et ses conséquences.

31 Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Lintervention des ONG auprès des jeunes issus de limmigration et de leurs familles. Les jeunes vivent une marginalisation qui les exclut à la fois de leur communauté d'origine et de la majorité avec laquelle ils partagent le pays de leur naissance. Isabelle Taboada-Leonetti (1994), « Intégration et exclusion dans la société duale : le chômeur et l'immigré», Lien social et politique, Vol. 31, no. 71, Les jeunes se rendent compte de leur marginalité à lâge adulte. Cela produit une insécurité identitaire, une dissonance mentale qui implique une confusion de lappartenance identitaire. Ils intériorisent la stigmatisation de leur communauté par la société daccueil et répliquent en utilisant comme moyen de défense que tous les professeurs sont racistes. Ural Manço (2012) Affaires didentité? Identités à faire.

32 Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Pistes daction pour les ONG Offrir un espace de réparation pour construire leur estime de soi et favoriser leur participation dans la société. Médiation sociale. Mobiliser la population et les décideurs sur la nécessité de limiter les conséquences du choc discriminatoire afin de favoriser la participation des jeunes à leur milieu. Mobilisation sociale. Générer des évaluations formatives sur les interventions réalisées pour développer nos compétences spécifiques dans ce domaine. Recherche sociale.

33 Guy Drudi, La Maisonnée, 29 mars Les jeunes ressentent quils ne sont pas "nuls", parce quils ne parlent pas, au départ, le français. Ils retrouvent lestime deux-mêmes à travers lexpression corporelle, danse, théâtre, musique et chant, peinture, écriture, poésie et prose, contes et cultures et histoires, montage et bricolage artistique, etc. Ils deviennent plus aptes et mieux préparés à souvrir à une nouvelle langue, à une nouvelle culture et, dune manière plus générale, à la société québécoise. Programme Prévention jeunesse de La Maisonnée.

34 Conclusion « Ne parler dintégration que pour dire aux nouveaux venus quils doivent prendre leur place dans la société telle quelle était avant eux est plus près de lexclusion que dune véritable intégration. Celle-ci nexiste que quand lensemble qui reçoit sait gérer sa propre transformation, comme une famille sadapte à larrivée dun nouvel enfant. Ce qui suppose quelle ait confiance en elle, en sa capacité dadaptation, et quelle trouve positive larrivée du nouveau venu.» Alain Touraine, « Vraie et fausse intégration». Le Monde, 29 janvier Guy Drudi La Maisonnée, 29 mars


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