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La politique budgétaire en zone euro Coordination et stabilisation Claudia Hulbert, Rayann Koudaih et Mathilde Pak 22 février 2012 1.

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1 La politique budgétaire en zone euro Coordination et stabilisation Claudia Hulbert, Rayann Koudaih et Mathilde Pak 22 février

2 Plusieurs États membres plusieurs politiques budgétaires Une Banque centrale une politique monétaire Plusieurs instruments de politique budgétaire possibles pour stabiliser lactivité des arbitrages à faire entre ces instruments 2 La zone euro cest :

3 La coordination des politiques budgétaires en zone euro est- elle désirable ? Rayann Koudaih La coordination entre politique budgétaire et politiques budgétaires en zone euro est-elle désirable ? Claudia Hulbert Les règles, les stabilisateurs et les politiques discrétionnaires sont-ils favorables à la stabilisation en zone euro ? Mathilde Pak 3 Questions

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5 A quoi sert la coordination budgétaire? 1.Biens publics: favoriser et organiser la production des biens publics européens dans le but de préserver le marché unique (climat mondial, stabilité financière…) 2.Externalités : une politique budgétaire expansionniste affecte le pays voisin par 3 canaux: Echanges commerciaux Taux dintérêt Taux de change Effet positif: effet revenu et importation passe par le marché des biens Effet négatif passe par le marché des capitaux : augmentation du taux dintérêt de la zone euro Leffet net des spillovers est ambigu ce qui pourrait conduire à dire que les effets sont négligeables

6 Partage de variables imposé par lunion monétaire: (inflation, BOP, taux de change) dont les canaux de transmission sont différents selon les pays Nécessité de coordination car ces variables affectent les investisseurs et la crédibilité de la zone Ex: Inflation de la zone euro affectée par les politiques budgétaires La coordination budgétaire confère une responsabilité collective aux gouvernements et décharge la BCE dun risque de politique économique

7 Etat de la coordination en Europe Coordination budgétaire superficielle: échanges et accords informels Traité de Maastricht et PCS fondements légaux pour une coordination budgétaire et renforcent la coordination budgétaire-monétaire Mais pas de mécanismes institutionnels pour une coordination formelle Eurogroup: forum informel

8 Modèle de coordination et spillovers budgétaires Deux pays, deux biens Stabilisation monétaire et budgétaire de CT à travers la demande agrégée 3 effets externes de politique budgétaires: -Effet direct de demande agrégée -Effet indirect de taux dintérêt -Effet de taux de change réel

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10 Dans chaque pays, lagent représentatif consomme: - Des biens domestiques avec une part de revenu - Des biens étrangers avec une part de revenu Fonctions de perte des agents représentatifs

11 3 joueurs: -Gouvernement domestique -Gouvernement étranger -BCE Traité: -BCE stabilise les prix PUIS les gouvernements stabilisent au niveau national avec leur politique budgétaire -BCE: pas darbitrage entre production et inflation en cas de choc doffre ni entre inflation et déficits nationaux -BCE seule stabilise linflation

12 Fonctions de perte des gouvernements Fonction de perte de la BCE

13 3 régimes Régime 1: pas dintéraction: chaque joueur mène sa politique optimale en prenant la politique de lautre comme donnée Régime 2 et 3: Politiques nationales centralisées: minimisation de la somme des fonctions de perte des deux gouvernements Régime 2: Institution centralisée et BCE prennent leurs décisions simultanément : équilibre de Nash décision budgétaire commune prise après le choc Régime 3: Institution centralisée joue en premier: équilibre de Stackelberg décision budgétaire commune définie en amont

14 Réponses optimales Non-coordination: r=N Coordination Nash: r=C Coordination Stackelberg: r=S Non coordination: une politique budgétaire autonome hausse de la demande hausse des prix réaction de la BCE hausse de i Coordination free-riding budgétaire-monétaire

15 Analyse du modèle 1 er cas: Réponse optimale de la BCE est passive (i=0) Pas deffet sur linflation La stabilisation devient la responsabilité des gouvernements

16 Les politiques budgétaires sont substituables mais free- riding

17 2 ème cas: La BCE réagit avec un β élevé (réaction faible)

18 3 ème cas: La BCE réagit avec un β faible (réaction forte) Les politiques budgétaires deviennent complémentaires

19 4 ème cas: La BCE réagit avec un β entre-deux Les externalités sont neutralisées

20 Etude des réactions face aux chocs Chocs doffre et de demande symétriques Chocs doffre et de demande asymétriques Pas de corrélation entre chocs doffre et de demande

21 Choc négatif symétrique de demande Choc négatif de demande: baisse de la P° et des prix (sans arbitrage) Politiques budgétaire et monétaire expansionnistes Problème de responsabilité de stabilisation à partager: free- riding En général, la coordination vise à supporter la charge de stabilisation par les gouvernements par rapport à une non- coordination La coordination peut être contre-productive (dépend du type de gouvernement)

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23 Gouvernement représentatif Stackelberg meilleur régime Politiques budgétaires moins expansionnistes que sous Nash Importance des engagements ex-ante pertes sociales moindres Gouvernement libéral: moins dattention accordée à linflation mais plus au déficit structurel Nash meilleur régime en termes de perte sociale Inflation est pas un objectif des gouvernements donc BCE plus active à ce niveau là La BCE ne compense pas complètement les effets des politiques budgétaires sous-optimales

24 Choc négatif symétrique doffre Choc doffre baisse de la P° et hausse des prix Conflit entre politiques budgétaires et politique monétaire BCE contraction monétaire Gouvernements: arbitrage Même problème de free-riding

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26 Gouvernement représentatif Politique monétaires et budgétaires sont restrictives car les gouvernements sintéresse cette fois-ci à linflation BCE : free-riding Stackelberg est productif car: anticipation de la réaction de la BCE moins dexpansionnisme avec une perte sociale moindre Gouvernement libéral Politique expansionniste pour relancer la production Nash est contre-productif car: coordination budgétaire est plus prononcée (pas de free-riding entre les gouvernements) mais la réaction de la BCE est plus prononcée aussi Stackelberg est productif car: anticipation de la réaction de la BCE moins dexpansionnisme avec une perte sociale moindre

27 Chocs asymétriques doffre et de demande Résultats sont opposés pour les deux pays Inflation moyenne non affectée doù BCE passive BCE passive Nash et Stackelberg sont les mêmes Non-coordination politique budgétaire expansionniste/restrictive excessive pour compenser lexternalité de la politique (inverse) de lautre pays Coordination politique budgétaire modérée et donc un déficit budgétaire proche de la cible

28 La coordination des politiques budgétaires est-elle désirable en union monétaire? Coordination plus efficace sous le régime de Stackelberg (anticipation de la réaction de la BCE) il faut une information parfaite Coordination est plus efficace en cas de chocs asymétriques Mais nécessité de coordination institutionnelle engagements plus crédibles

29 La coordination entre politique budgétaire et politiques budgétaires en zone Euro est-elle désirable?

30 La coordination du policy mix en zone euro : ancienne littérature

31 Le problème de lindépendance de la Banque Centrale Premier argument en défaveur de la coordination : mise en péril de lindépendance de la Banque Centrale Or cette indépendance permet de lutter contre le biais inflationniste (Barro et Gordon, 83, Rogoff, 85) La BCE est très réticente à toute forme de coopération avec les gouvernements nationaux du fait de cet argument

32 Limpact du policy mix sur la demande agrégée en union monétaire Von Hagel et Mundschenk (2002) A long terme, la courbe OG est verticale ; la Banque Centrale peut donc choisir librement le taux dinflation dans lunion monétaire sans influer sur le niveau doutput (que ce soit dans les différents pays ou au niveau agrégé). A court terme cependant, un pays peut être tenté de réaliser une politique budgétaire expansionniste pour influer positivement sur son niveau doutput : la courbe DG du pays se déplace vers la droite.

33 La Banque Centrale augmente alors le taux dintérêt, déplaçant la courbe DG de lunion ainsi que les courbes nationales vers la gauche. On revient au niveau agrégé initial, mais la répartition de loutput entre pays est différente. Limpact du policy mix sur la demande agrégée en union monétaire

34 Léquilibre non coopératif A court terme, la politique monétaire comme la politique budgétaire affectent donc la demande agrégée. De façon anticipée et en labsence de coordination, on peut assister à un équilibre non coopératif qui peut être sous-optimal. Nous allons présenter un modèle qui expose cette problématique.

35 Monetary-fiscal policy interactions and commitment versus discretion in a monetary union, Dixit and Lambertini, European Economic Review, 2001 Modèle de type Barro-Gordon (83) Union monétaire de n pays n autorités fiscales distinctes Une unique autorité monétaire (banque centrale commune)

36 Les hypothèses du modèle Output : Niveau commun dinflation : Fonction de perte des autorités fiscales :

37 Fonction de perte de la Banque Centrale : Anticipations du secteur privé : Timing du modèle On considère que la Banque Centrale est plus conservatrice que les autorités fiscales : Les hypothèses du modèle

38 Politiques discrétionnaires et équilibre de Nash non coopératif Chaque autorité minimise sa fonction de perte en prenant la stratégie de lautre comme donnée. Les caractéristiques de cet équilibre sont les suivantes : Loutput est supérieur, et les prix inférieurs, aux valeurs idéales de chaque autorité. Cette situation est indésirable notamment du fait dune augmentation de la dette future et des taux dintérêt. Il y a une course non-coopérative entre autorités monétaire et budgétaires : ces dernières tentent datteindre un niveau doutput supérieur à la valeur idéale de la Banque Centrale ; en parallèle, la BC tente dobtenir un niveau dinflation inférieur à celui souhaité par les autorités budgétaires.

39 Les politiques restent discrétionnaires, mais lune est annoncée avant lautre Dans le cas du leadership de la Banque Centrale : les auteurs montrent que linflation atteinte est supérieure à la moyenne des valeurs idéales des autorités dans lUnion. Il en va de même dans le cas du leadership des autorités fiscales. Politiques discrétionnaires et équilibre avec leadership

40 La Banque Centrale annonce sa cible en début de jeu et sy tient. Les anticipations du secteur privé sont donc égales à cette cible. Les auteurs montrent que lon retrouve exactement la même situation que dans le cas du leadership des autorités monétaires. La présence de discrétion dans les politiques budgétaires annule totalement les bénéfices de lengagement de la Banque Centrale. Ceci peut expliquer lintérêt de la mise en œuvre de mesures institutionnelles comme le Pacte de Stabilité et de Croissance. Cas du Commitment de la Banque Centrale

41 Objectifs communs Si les autorités fiscales et budgétaires ont les mêmes objectifs, cest-à-dire si alors on obtient : Loutput et linflation idéaux sont atteints quelque soient les poids accordés à ces objectifs par les différentes autorités, quelque soit lordre du jeu, et pour des politiques discrétionnaires ou pas. Conclusion des auteurs : dans le cas de lEMU, il est plus important datteindre une convergence sur les objectifs que de mettre en œuvre une politique conservatrice de la BCE (en terme de poids associé à linflation ou dengagement).

42 La coordination du policy mix est-elle désirable? Dixit et Lambertini (2003b) : la coordination du policy mix permet datteindre loptimum social. Mais dans leurs articles de 2001 et 2003a, ils montrent que lon peut atteindre cet optimum sans coordination, par le biais dune convergence sur les objectifs. Si ni la coordination, ni la convergence des objectifs ne sont possibles, alors on peut se placer dans un équilibre de Stakelberg donnant le leadership aux autorités fiscales (Dixit et Lambertini, 2003b). Van Aarle, Engwerda et Plasmas (2001) montrent que la BC a intérêt à ne pas mettre en œuvre de coopération (que ce soit entre autorités fiscales, ou entre celles-ci et la BC). Il vaut mieux laisser à la Banque Centrale un fort degré dindépendance.

43 Lambertini et Rovelli (2001) montrent quune telle coopération, bien que souhaitable, nest pas possible dans le cadre de lEMU et impliquerait des changements institutionnels. Toutes ces considérations, associées à celle de lindépendance de la Banque Centrale, nous amènent à conclure que la littérature « ancienne » semble en majorité ne pas aller dans le sens dune coordination du policy-mix en union monétaire, mais plutôt dans celui de propositions institutionnelles. La coordination du policy mix est-elle désirable?

44 La coordination du policy mix en zone euro : nouvelle littérature

45 La littérature plus récente sur le policy mix sest surtout concentrée sur le cas dun pays, mais tire parfois des conclusions pour lEMU. Elle reprend les grandes lignes des équilibres de Nash non coopératifs et équilibres de Stakelberg vus ci-dessus, souvent dans le cadre de modèles micro-fondés.

46 Kirsanova et Stein (2005), The Interactions Between Fiscal Policy and Monetary Policy Intègrent la question de lévolution de la dette correspondant aux différents équilibres (coopératif, Nash, Stakelberg). Si la BC et lautorité monétaire agissent de façon coordonnée, alors la situation est optimale en termes doutput et dinflation. Laccumulation de dette est une marche au hasard. Dans le cas dun équilibre de Nash non coopératif : situation sous-optimale, la dette devient trop importante. Cas où lautorité fiscale est un leader au sens de Stakelberg : en anticipant les actions de la BC, elle ne cherche pas à atteindre un output élevé. On parvient alors à une situation très proche de celle de la coordination. Les préférences des autorités fiscales nimportent pas. Implications pour le RU et pour lEurope

47 Stehn et Vines (2008) montrent dans un modèle Néo Keynésien que le leadership des autorités fiscales permet déviter léquilibre de Nash non coopératif, sous-optimal, uniquement en présence dune taxation forfaitaire. Lambertini (2006) montre que le 2 nd best peut être atteint si les autorités monétaires comme budgétaires sengagent. Le leadership budgétaire fait mieux que léquilibre de Nash mais est sous-optimal. Blake et Kirsanova (2010) montrent, dans un modèle dynamique à horizon infini, que léquilibre de Nash non coopératif est associé à la plus forte variance de linflation et de loutput.

48 Conclusion Malgré les interactions entre politiques budgétaire et monétaire, le principe dindépendance de la banque centrale dans lEMU et le désir de la BCE de conserver cette indépendance rendent la coopération impossible. Nous avons cependant montré quen labsence de coordination, le risque de parvenir à un équilibre de Nash sous-optimal était fort. De plus une politique budgétaire discrétionnaire peut anéantir les bienfaits du commitment monétaire. Deux solutions ont été proposées par la littérature pour pallier à ces problèmes : – La convergence des objectifs entre autorités monétaire et budgétaires – Une position de leadership pour les autorités budgétaires.

49 En zone Euro cependant on peut douter que ces solutions soient efficaces : – la convergence dobjectifs entre un grand nombre de participants paraît très improbable – Des autorités budgétaires non coordonnées entre elles ne peuvent pas vraisemblablement jouer le rôle de leader. Cest pourquoi la résolution du problème des interactions entre politiques monétaire et budgétaire en zone euro semble devoir passer par une voie institutionnelle. Conclusion

50 Bibliographie Adam, K., and Billi, R. (2005), Monetary and Fiscal Interactions with Commitment and the Value of Monetary Conservatism, ECB WP Van Aarle, Engwerda et Plasmans (2001), Monetary and fiscal policy interaction in the EMU : a dynamic game appraoch, CESIFO WP Blake and Kirsanova, (2011), Inflation Conservatism and Monetary-Fiscal Policy Interactions, International Journal of Central Banking Dixit, A. and L. Lambertini (2001a), Monetary-Fiscal Policy Interactions and Commitment versus Discretion in a Monetary Union, European Economic Review Dixit, A. and L. Lambertini (2003a), Symbiosis of Monetary and Fiscal Policies in a Monetary Union, Journal of International Economics Dixit, A. and L. Lambertini (2003b), Interactions of Commitment and Discretion in Monetary and Fiscal Policies, American Economic Review von Hagen et Mundschenk (2002), Fiscal and Monetary Policy Coordination in EMU, Oesterreichische Nationalbank WP

51 Kirsanova et Stein (2005), The Interactions Between Fiscal Policy and Monetary Policy, Oxford Review of Economic Policy. Lambertini (2006), Monetary-Fiscal Interactions with a Conservative Central Bank, Scottish Journal of Political Economy Lambertini et Rovelli (2001), Independent or Coordinated? Monetary and Fiscal Policy in EMU, WP Rogoff, K. (1985), The Optimal Degree of Commitment to an Independent Monetary Target, Quarterly Journal of Economics Stehn et Vines (2008), Strategic Interactions between an Independent Central Bank and a Myopic Government with Government Debt, IMF WP Bibliographie

52 Règles, stabilisateurs et politiques discrétionnaires 52Mathilde Pak - 22 février 2012 Sont-ils favorables à la stabilisation en zone euro ?

53 53 Introduction Faits stylisés Idée de départ : mettre en place des règles pour assurer la stabilisation de lUEM sur le moyen terme ; puis laisser jouer les stabilisateurs automatiques plutôt que les politiques discrétionnaires, pour lisser les fluctuations Les stabilisateurs sont contra-cycliques : –Ex des impôts : en période de crise, ils baissent et en période de forte croissance, ils augmentent ; –Ex des allocations chômage en période de crise, elles augmentent et en période de forte croissance elles sont moins importantes Mais avec la crise : recours intensif à des mesures discrétionnaires

54 54 Introduction Questions Pour stabiliser lactivité, doit-on accorder une place plus importante aux stabilisateurs automatiques ou aux politiques discrétionnaires ? Quels sont leurs avantages et quels sont leurs coûts ? Comment améliorer leur efficacité ?

55 55 Introduction Plan 1.Avant 2008 : règles et stabilisateurs vs. discrétion 2.Avant 2008 : critique des règles et des stabilisateurs 3.Après 2008 : retour de la politique discrétionnaire ?

56 56 1. Avant 2008 : règles et stabilisateurs vs. discrétion Règles vs. discrétion Dixit et Lambertini (2001) La discrétion budgétaire « détruit lengagement monétaire de la Banque Centrale. Ceci peut expliquer lintérêt de la mise en œuvre de règles imposées au comportement budgétaire.

57 Stabilisateurs automatiques Pas de décision politique à prendre Réaction quasi-immédiate aux fluctuations économiques Réversible Contracycliques Politiques discrétionnaires Résultent dun changement délibéré de politique budgétaire Longs délais de mise en place Non automatiquement réversible Ciblage précis difficile distorsions Sujettes à la capture par des intérêts spécifiques Avant 2008 : règles et stabilisateurs vs. discrétion Stabilisateurs vs. discrétion

58 58 1. Avant 2008 : règles et stabilisateurs vs. discrétion Donner plus dimportance aux stabilisateurs ? van den Noord (2000) : dans les années 90, les stabilisateurs automatiques ont eu tendance à réduire la variabilité conjoncturelle Est-ce souhaitable daugmenter la taille des stabilisateurs ?

59 59 1. Avant 2008 : règles et stabilisateurs vs. discrétion Modélisation : effet des stabilisateurs sur l'économie Modèle DA-OA (Buti et van den Noord, 2004) Côté demande : équation de type IS Côté offre : fonction doffre de Lucas-Phillips Hypothèses : : le déficit est réduit à sa composante conjoncturelle : Règle de Taylor : les agents anticipent que linflation a atteint sa cible avant la réalisation des chocs

60 60 1. Avant 2008 : règles et stabilisateurs vs. discrétion Résolution du modèle : En cas de choc de demande temporaire : des stabilisateurs automatiques importants sont bénéfiques pour la stabilisation de la production et linflation En cas de choc doffre temporaire : des stabilisateurs automatiques forts réduise la variabilité de la production mais implique une déviation plus grande de la cible pour linflation Modélisation : effet des stabilisateurs sur l'économie

61 61 1. Avant 2008 : règles et stabilisateurs vs. discrétion En cas de choc doffre permanent (i.e. qui affecte la production potentielle) : Des stabilisateurs automatiques importants ont des effets déstabilisants aussi bien sur la production que sur linflation Modélisation : effet des stabilisateurs sur l'économie

62 62 1. Avant 2008 : règles et stabilisateurs vs. discrétion t a jusquà présent été considéré comme donné. Mais, le choix du degré dimportance des stabilisateurs automatiques peut entrer progressivement dans la conception des systèmes dimposition et de sécurité sociale Plus la préférence pour la stabilisation de la production ( ) est importante, plus t* est important. Un petit pays (caractérisé par un faible ), bénéficiera moins de la stabilisation assurée par les autorités monétaires et choisira davoir des stabilisateurs automatiques importants. Modélisation : effet des stabilisateurs sur l'économie

63 63 1. Avant 2008 : règles et stabilisateurs vs. discrétion Modélisation : lissage des chocs par les stabilisateurs Source : Buti et van den Noord (2004) QUEST : niveau de lissage très différent selon les pays si choc de demande ; niveau de lissage faible et peu variable entre les pays si choc doffre Les stabilisateurs automatiques sont moins efficaces pour lisser les chocs doffre que ceux de demande

64 64 2. Avant 2008 : critiques des règles et des stabilisateurs Problèmes liés aux règles Buiter (2003), Ten Commandments for a Fiscal Rule in the E(M)U Les 10 commandements : simplicité; assure la solvabilité de lÉtat; être appliquée aux APU et aux BC(E); neutralité à légard de la taille du secteur public; éviter les comportements procycliques des instruments de politique (laisser jouer librement les stabilisateurs); avoir du sens sur le long terme; permettre des différences entre les structures économiques et les conditions initiales; avoir du sens au niveau de chaque État membre et au niveau de lUEM dans son ensemble; crédibilité; application de façon impartiale et systématique Étude sur 3 règles : le PSC, les règles dor et dinvestissement soutenable du Royaume-Uni et la règle déquilibre permanent de Buiter et Grafe Échec des 3 règles par rapport au 8 ème commandement

65 65 2. Avant 2008 : critiques des règles et des stabilisateurs Une solution : un marché des permis de déficit Casella (1999), Tradable Deficit Permits: Efficient Implementation of the Stability Pact in the European Monetary Union Principe basé sur le modèle du marché des permis démission : –3% PIB de déficit autorisé dans toute la zone euro –répartition de permis que les pays peuvent séchanger Avantages : –flexibilité –adapter la règle du PSC aux différentes situations des pays –incitation à réduire le déficit en-dessous des 3% de PIB Critiques et limites : –estimation quantitative du prix déquilibre du marché des permis –substitution des dettes publiques si elles sont sans risque, mais quen est-il si elles comportent des risques de défaut systémique ? –ça ne résout pas le problème de la mise en application

66 66 2. Avant 2008 : critiques des règles et des stabilisateurs Est-il souhaitable daugmenter la taille des stabilisateurs ? Buti et al. (2003), Automatic Fiscal Stabilisers in EMU: A Conflict between Efficiency and Stabilisation? Il existe un taux dimposition critique, au-delà duquel les propriétés de stabilisations des stabilisateurs automatiques ont des effets pervers. Le principal déterminant de ce taux critique est la taille de léconomie : un grand pays peut avoir une charge fiscale importante, sans mettre en péril les propriétés de stabilisation des stabilisateurs automatiques.

67 67 3. Après 2008 : retour de la politique discrétionnaire ? Une bonne gestion de la relance discrétionnaire A partir de 2008, face à une activité en baisse, un commerce mondial en panne, des restrictions daccès au crédit, une perte de confiance des ménages et des entrepreneurs, les gouvernements ont mis en place des plans de relance budgétaire. Le débat nest plus : stabilisateurs vs. discrétion. Mais plutôt : comment bien gérer la relance budgétaire discrétionnaire ? –durée des plans de relance ? –sur quoi intervenir ? –privilégier loffre ou sur la demande ? –mesures permanentes ou temporaires ?

68 68 3. Après 2008 : retour de la politique discrétionnaire ? Revoir les stabilisateurs Baunsgaard et Symansky (2009) Automatic Fiscal Stabilizers: How Can They Be Enhanced Without Increasing the Size of Government? Changements de politique en matière dimpôts et de dépenses : –passer de déductions fiscales à des crédits dimpôt uniformes et remboursables, pour des activités socialement valorisées Conception de règles budgétaires qui évitent le recours à des actions discrétionnaires qui compenseraient les stabilisateurs automatiques –règle déquilibre budgétaire structurel Automatiser la réponse budgétaire discrétionnaire : –exonération fiscale temporaire sur lIRP ou réduction temporaire du taux de TVA pendant les périodes de récession –cf. aussi Fischer et Justo (2011)

69 69 Conclusion Avant 2008 : on considérait que les stabilisateurs étaient plus efficaces que les politiques discrétionnaires pour stabiliser léconomie : ils agissent rapidement pour lisser les différents chocs économiques et ils sont en outre réversibles. Mais déjà avant la crise, on observait un impact moins important des stabilisateurs économiques. Par ailleurs, les stabilisateurs sont moins efficaces face à des chocs doffre. Enfin, augmenter les stabilisateurs économiques entraîne une hausse de la taille de lÉtat et cette hausse peut nuire aux propriétés de stabilisation des stabilisateurs. Avant la crise

70 70 Conclusion Au moment de la crise : retour des politiques discrétionnaires de relance. Une nouvelle littérature en faveur du recours aussi bien aux stabilisateurs quaux politiques discrétionnaires : augmenter lefficacité des premiers sans augmenter la taille de lÉtat, combinaison des deux, meilleure gestion des politiques discrétionnaires. Mettre en place des règles budgétaires adaptées pour assurer la soutenabilité des finances publiques en sortie de crise. Après la crise

71 71 Bibliographie Baunsgaard, T. et Symansky, S. A. (2009) Automatic Fiscal Stabilizers: How Can They Be Enhanced Without Increasing the Size of Government?, IMF Staff Position Note, septembre Boone, L. et Pisani-Ferry, J. (2009), « Politique budgétaire : Stabilisateurs ou politique discrétionnaire ? » dans Pierre Dockès et Jean-Hervé Lorenzi (eds), Fin de monde ou sortie de crise, Perrin Buti, M., Martinez-Mongay, C., Sekkat, K. et van den Noord, P. (2003), Automatic Fiscal Stabilisers in EMU: A Conflict between Efficiency and Stabilisation?, CESifo Economic Studies, Vol. 49, janvier Buti, M et van den Noord, P. (2004), Fiscal policy in EMU: Rules, discretion and political inentives, Directorate-General for Economic Affairs Economic Papers, No. 206, Brussels: European Commission, juillet Buiter, W. H. (2003), Ten Commandments for a Fiscal Rule in the E(M)U, janvier

72 72 Bibliographie Casella, A. (1999), Tradable Deficit Permits: Efficient Implementation of the Stability Pact in the European Monetary Union, NBER WP 7278, août Debrun, X. et Kapoor, R. (2010), Fiscal Policy and Macroeconomic Stability: Automatic Stabilizers Work, Always and Everywhere, IMF Working Paper No. 10, mai Fischer, J. et Justo, I. (2011), Government fiscal and real economy responses to the crisis: automatic stabilisers versus automatic stabilisation, Fiscal policy: lessons from the crisis, Banca dItalia Workshops and Conferences, No.6, février van den Noord, P. (2000), The Size and Role of Automatic Fiscal Stabilisers in the 1990s and Beyond, OECD Economics Department Working Papers, No. 230, OECD Publishing

73 Règles, stabilisateurs et politiques discrétionnaires 73Mathilde Pak - 22 février 2012 Sont-ils favorables à la stabilisation en zone euro ? Merci pour votre attention !


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