La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

Par Jocelyne Saint-Arnaud Ph.D. Université de Montréal.

Présentations similaires


Présentation au sujet: "Par Jocelyne Saint-Arnaud Ph.D. Université de Montréal."— Transcription de la présentation:

1 Par Jocelyne Saint-Arnaud Ph.D. Université de Montréal

2 Introduction En 2004, 80 à 85 % des Canadiens sont favorables à une aide à mourir en fin de vie (L.-M. Rioux-Soucy, Le Devoir, 3 mai, 2004) Entre 1990 et 2009, lopinion des Québécois a peu changé concernant leuthanasie: 84% en faveur dune légalisation pour la personne qui le demande en toute lucidité 83% en faveur dune légalisation pour une personne qui la demandé dans un testament biologique 70% sont en faveur dune légalisation dans le cas dune décision commune du md et de la famille pour une personne non lucide (La Presse, 4 nov. 2009) J.Saint-Arnaud 23 octobre 20102

3 Introduction (suite) La population québécoise nest toutefois pas prête à accepter leuthanasie quand il ny a pas de souffrances (54,9%), quand il y a un espoir de guérison (71,7%), lors de souffrances psychologiques ou morales continues (62,4%) ou quand le grand âge est en cause (63,7%) (I. Marcoux, 2007) Les omnipraticiens: 52 % pensent que leuthanasie est pratiquée au Qc 74% sont favorables à leuthanasie 71,3% sont prêts à y avoir recours si décriminalisée J.Saint-Arnaud 23 octobre 20103

4 Introduction (suite) Pour les mds spécialistes québécois: 81% disent que leuthanasie est pratiquée au Qc 91% leuth. devrait provenir dune décision conjointe entre le md et le pt. 72% la réanimation devrait être discutée avec les proches si le pt na pu être consulté 20% ne la pratiquerait pas si légalisée 95% la sédation palliative fait partie des soins de fin de vie: euth. pour 48% vs 46% que ce nen est pas (L.-M. Rioux-Soucy, LeDevoir, 9 février 2009). J.Saint-Arnaud 23 octobre 20104

5 Besoins et préférences Les préférences énoncés dans les sondages néquivalent pas aux besoins de ceux qui ont répondu au sondage, ni de la population en général. Actuellement les besoins des Québécois en matière deuth. ne sont pas connus, entre autres parce quil est difficile de mener des études empiriques sur des actes illégaux. 5J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

6 Euthanasie: historique Étymologiquement bonne mort La pratique de leuthanasie et surtout du suicide euthanasique est admise dans lAntiquité gréco- romaine Condamnée dans le Serment dHippocrate : «Je ne remettrai à personne du poison, si on men demande, ni ne prendrai linitiative dune pareille suggestion» (Hippocrate, 1526/1994) Condamnée par les religions judéo-chrétiennes et lislam J.Saint-Arnaud 23 octobre 20106

7 Euthanasie: historique Remise à lhonneur par Francis Bacon dans The Advancement of Learning (1605) Reproche aux mds de sintéresser plus à laspect curatif de lintervention quau soulagement de la douleur et à laccompagnement du mourant. Leuthanasie implique une préparation de lâme et exige des médecins quils utilisent leur art pour favoriser une mort douce. J.Saint-Arnaud 23 octobre 20107

8 Euthanasie: historique Thomas More dans Utopia (1615) reprend lidée Quand la maladie incurable saccompagne datroces souffrances, les prêtres et les magistrats offrent au malade la possibilité de choisir entre la vie et la mort. Suicide par arrêt dalimentation ou euthanasie par injection dun narcotique J.Saint-Arnaud 23 octobre 20108

9 Euthanasie: historique Idée refait surface au début du XXième siècle avec les premières sociétés pour la mort dans la dignité Promoteur : Glanville Williams en 1936 en Angleterre, membre de la Société Exit Fondation de The Euthanasia Society of America en 1938 Dans lombre après la guerre. On reproche aux Nazzis davoir pratiqué des euthanasies sur des Juifs et des handicapés physiques et mentaux J.Saint-Arnaud 23 octobre 20109

10 Euthanasie: historique Fin des années 1950 et début des années 1960, lÉglise catholique se prononce quant à la moralité de la cessation ou à labstention de moyens extraordinaires et les adeptes de leuthanasie se servent de la position de Pie XII pour faire avancer la cause. Des auteurs comme G. Williams, J. Fletcher, J. Rachels, vont considérer que si larrêt de traitement maintenant les fonctions vitales est moralement acceptable, leuthanasie active directe lest aussi. J.Saint-Arnaud 23 octobre

11 Terminologie selon Fletcher Euthanasie active volontaire directe: acte de mort choisie et exécutée par le patient utilisant une surdose de médicament qui a été mise à sa disposition Euthanasie passive volontaire directe: acte de mort choisie par le patient mais exécuté par un tiers (surdose) qui en a reçu le mandat dans le cas où le patient devient comateux ou trop atteint pour le faire lui-même Euthanasie passive volontaire indirecte: ibid au point 2 mais avec des moyens indirects (soulagement de la douleur) Euthanasie passive involontaire directe: acte qui met fin à la vie dune personne par compassion sans demande du patient Euthanasie passive involontaire indirecte: acte qui consiste à cesser ou à ne pas entreprendre un ou des traitements de maintien de la vie. J.Saint-Arnaud 23 octobre

12 Terminologie Euthanasie active directe: provoquer intentionnellement la mort dune personne pour mettre fin à ses souffrances Euthanasie active indirecte: hâter la mort en augmentant les doses de narcotiques nécessaires pour soulager la douleur Euthanasie passive: ne pas entreprendre ou cesser un traitement de maintien des fonctions vitales extraordinaires ou disproportionnés J.Saint-Arnaud 23 octobre

13 Religion catholique La Congrégation pour la doctrine de la foi nutilise pas le terme euthanasie passive. Pour elle, larrêt de traitement devenu disproportionné et le soulagement de la douleur conformément aux pratiques médicales admises ne constituent pas de leuthanasie. Dans le cas du soulagement de la douleur, on a crû pendant longtemps quil abrégeait la vie et on justifiait cela par le principe du double effet. J.Saint-Arnaud 23 octobre

14 Le principe du double effet Énonce les conditions pour quun acte ayant un effet bon et un autre mauvais soit moralement acceptable: lacte qui a donné lieu à leffet mauvais doit être bon ou indifférent; lagent vise directement leffet bon de lacte, tolérant seulement leffet mauvais; leffet bon ne doit pas être obtenu par leffet mauvais; il y a une raison proportionnellement sérieuse pour justifier lapparition de leffet mauvais (May, 1978) Il sagit deuthanasie chaque fois que la mort est envisagée comme fin et comme moyen. J.Saint-Arnaud 23 octobre

15 Quelques définitions Aide au suicide: acte qui consiste à aider une personne à se donner la mort en lui fournissant les moyens Euthanasie: acte qui consiste à mettre fin intentionnellement à la vie dune personne, autre que soi, pour abréger ses souffrances Dépénaliser: retirer les articles du Code criminel qui condamnent les pratiques deuthanasie et daide au suicide Institutionnaliser : mettre en place des pratiques deuthanasie et daide au suicide dans nos institutions et les encadrer par des règles institutionnelles Légaliser: encadrer les pratiques deuthanasie et daide au suicide dans une loi 15J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

16 Base éthique La moralité de leuthanasie repose sur la moralité du suicide. Les théories éthiques classiques condamnent le suicide et leuthanasie, notamment la théorie de la loi naturelle (Aristote et Thomas dAquin) et la théorie déontologique kantienne. Léthique de situation, une théorie bioéthique et lutilitarisme considèrerent que le suicide et leuthanasie sont éthiquement acceptables quand certaines conditions sont remplies. 16J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

17 Au nom du principe de lamour dautrui (agapê), une personne pourrait juger que leuthanasie est une solution moralement acceptable à titre exceptionnel (Fletcher, 1954). Si le bien le plus haut est lintégrité personnelle et le bien- être, alors leuthanasie quelle soit directe ou indirecte est moralement acceptable. Les fonctions supérieures qui caractérisent lhumain valent plus que la vie biologique et les fonctions qui y sont rattachées. Cela justifie un contrôle de la mort au même titre que nous contrôlons la naissance. Le situationnisme peut être critiqué à laide des théories éthiques classiques 17J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010 Le situationnisme de Fletcher

18 La théorie bioéthique de Englehardt (1986) Dans une société pluraliste, on ne peut pas se référer à une échelle de valeurs canonique. La liberté est à la base de lentente contractuelle qui lie les êtres humains entre eux. Seul postulat éthique reconnu : le respect mutuel qui implique de respecter ses engagements et de ne pas utiliser les autres sans leur consentement. Lêtre humain a un droit à la mort, mais il doit respecter les engagements quil a pris envers les autres; une personne qui na pas dengagements envers dautres personnes peut moralement se donner la mort ou autoriser quelquun dautre à le faire. La théorie de Englehardt peut être critiquée par lapproche par principes puisquelle donne priorité au respect de lautonomie de la personne sur les principes de bienfaisance, non-malfaisance et justice (Beauchamp et Childress, 2008) 18J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

19 Lutilitarisme Pour lutilitarisme classique ou lutilitarisme appliqué à lacte, le suicide et leuthanasie peuvent être moralement acceptables sil en résulte plus de conséquences positives que de conséquences négatives pour toutes les personnes affectées par laction. Peu de personnes sont placées dans de telles conditions: il sagirait de personnes seules, qui nont plus de famille, ni damis, autrement la souffrance des proches apporterait plus de torts à un plus grand nombre de personnes que le bénéfice retiré par la personne qui sest enlevée la vie parce quelle représentait un trop lourd fardeau pour elle ou pour toute autre raison. 19J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

20 Lutilitarisme (suite) Pour lutilitarisme appliqué à la règle, dont un représentant contemporain est Richard Brandt, un changement au Code criminel actuel devrait apporter plus de bénéfices que de torts à lensemble de la population en comparaison avec la loi actuelle qui condamnent leuthanasie et laide au suicide ou avec labsence de loi. Pour vérifier cela, il sagit de prévoir et dévaluer les impacts dune future loi dépénalisant et légalisant les pratiques euthanasiques. 20J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

21 Que conclure des arguments invoqués? Pour Fletcher, la décision repose sur la conscience individuelle, on pourrait en conclure quun loi ne peut régir les consciences et que ce qui peut être moralement acceptable au niveau dune éthique individuelle à titre exceptionnel, nest pas nécessairement acceptable du point de vue de léthique sociale. Pour Englehardt, la décision repose sur un droit à la liberté. Mais dans un monde pluraliste dont il se réclame, la liberté ne peut pas être érigée en absolu J.Saint-Arnaud 23 octobre

22 Que conclure des arguments invoqués? Nous adoptons ici le point de vue de Brandt, en y ajoutant limportance quun réel besoin soit démontré. Pour que laide médicale au suicide et leuthanasie puissent être acceptables du point de vue dune éthique sociale, il faudrait: démontrer lexistence dun besoin réel montrer quil existe plus de bénéfices que de torts pour lensemble de la population à modifier la loi. 22J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

23 Pour démontrer lexistence dun réel besoin Il faudrait mener une étude par questionnaire, adressée à tous les médecins, mais particulièment aux médecins de soins palliatifs, pour connaître combien ils reçoivent de demandes dans une année, de qui elles proviennent (patients ou familles), quel est létat de santé de la personne en cause, quelles raisons sont invoquées pour justifier une telle demande, combien de médecins répondent positivement à ces demandes, combien y auraient répondu positivement si leuthanasie était décriminalisée et légalisée. J.Saint-Arnaud 23 octobre

24 Pour faire lévaluation des bénéfices par rapport aux torts Il faut répertorier les risques et les bénéfices anticipés pour toutes les personnes en cause, ceci de manière théorique, analyser les résultats détudes évaluatives et autres études empiriques dans les pays ou états qui ont légalisé ces pratiques de manière à vérifier si des dérives se manifestent. Réserves: les conséquences positives et négatives ne sont pas toutes connues à lavance et elles dépendent en partie du contexte. J.Saint-Arnaud 23 octobre

25 Anticipation des bénéfices et des torts en cas dinstitutionnalisation des pratiques euthanasiques Bénéfices anticipésTorts anticipés Plus grande liberté pour celui qui veut bénéficier de ces pratiques Personnes vulnérables qui se sentent un fardeau pourraient y avoir recours Il est serait libéré du fardeau des moyens Dérives anticipées : des personnes lucides et aptes aux personnes atteintes mentalement, aux mineurs et aux bébés handicapés; demandes par la famille du patient apte Impunité pour les aidants dans laide au suicide et pour les acteurs dans leuthanasie Passage rapide à lacte euthanasique par manque de formation et de connaissan- ces en soulagement de la douleur et en soins palliatifs Coûts des traitements abaissésPlus grand désinvestissement dans les soins palliatifs 25J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

26 Contexte de la pratique euthanasique dans les Pays-Bas Les pratiques euthanasiques existaient dans les Pays-Bas avant que lAssociation royale médicale hollandaise, la Commission détat sur leuthanasie et le gouvernement hollandais définissent des balises pour la pratique en Les médecins qui respectaient les balises pouvaient invoquer la force majeure en cas de poursuite judiciaire. Depuis 1991, les médecins doivent rapporter les cas deuthanasie et daide au suicide, mais aussi les cas de soulagement de la douleur et darrêt de traitement entraînant la mort. Un rapport au coroner des actes deuthanasie et daide au suicide est obligatoire depuis Leuthanasie et laide médicale au suicide ont été dépénalisées en 2001 (révision des articles 293 et 294 du Code pénal). Elles ont été légalisées en 2002 par le Euthanasia Act. Les médecins qui suivent les règles ne sont pas poursuivis en justice. 26J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

27 Balises pour la pratique en 1984 Le patient doit être apte et demander la mort à plusieurs reprises. Deux médecins doivent juger la demande comme étant raisonnable. Un md peut refuser mais doit référer le cas. Le patient doit subir des souffrances intolérables qui ne peuvent être soulagées. La souffrance peut être physique ou mentale et la personne ne doit pas nécessairement être en phase terminale. Tous les traitements possibles doivent avoir été éliminés sur une base médicale ou avoir été refusés par le patient. Leuthanasie doit être pratiquée par un md après consultation dun autre md. Le md doit informer le coroner local dun décès par euthanasie. (Horgan, 1991) 27J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

28 Rapport au coroner (o bligatoire depuis 1994) Le résumé du dossier, lindication que le patient était très souffrant et quaucun autre choix ne se présentait Les moments où la demande a été faite Le compte rendu des discussions avec la famille Le compte rendu de la consultation dun autre médecin La date et lheure de leuthanasie, de même que les substances utilisées Le nom des témoins 28J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

29 Critères de pratiques médicales euthanasi- ques selon la loi du 12 avril 2001 aux Pays-Bas dépénalisant leuthanasie «Le médecin : a)a acquis la conviction que le pt a formulé sa demande librement, de façon mûrement réfléchie et constante; b) il a acquis la conviction que les souffrances du pt étaient sans perspectives damélioration et insupportables; c) il a informé le pt de sa situation et de ses perspectives; d) il est parvenu, en concertation avec le patient et compte tenu de la situation de ce dernier, à la conviction quaucune autre solution nétait envisageable; e) il a consulté au moins un autre médecin indépendant qui a examiné le patient et sest fait une opinion quant aux critères de minutie visées aux alinéas a) à d); f) il a pratiqué linterruption de la vie avec toute la rigueur médicalement requise (medical due care).» 29J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

30 Loi sur les pompes funèblres du 12 avril 2001 «Le md qui a pratiqué une interruption de la vie ou aidé un pt à se suicider doit faire rapport au md légiste de la commune qui le communique à la Commission régionale de contrôle de leuthanasie. Cette dernière fait rapport au ministère public dans le cas des médecins qui nont pas rempli les critères de minutie décrits aux alinéas a) à d) de la loi. Le md peut accepter une demande dun mineur âgé de 16 à 18 ans à la condition que ses parents y soient associés et des mineurs de 12 à 16 ans à la condition que les parents y consentent. Les personnes devenues inaptes peuvent accéder à leuthanasie si le md a estimé quelles ont pu évaluer raisonnablement leur situation et à la condition davoir rédigé une demande écrite à ce sujet. Le md est tenu aux critères de minutie stipulés plus haut.» (Conseil dEurope, retiré le 15 février 2010)http://www.senat.fr/lc/lc109/lc1092.html 30J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

31 Les pratiques euthanasiques aux Pays-Bas Les discussions sur leuthanasie ont lieu sur un période allant de quelques jours à quelques années selon la structure suivante: requête verbale initiale déclaration écrite répétition de la requête verbale et de la déclaration écrite consultation dun second médecin indépendant précision de la date à laquelle aura lieu leuthanasie euthanasie proprement dite (Norwood et al, 2009) 31J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

32 Quelques statistiques sur les pratiques deuthanasie aux Pays-Bas 80% des euthanasies sont pratiquées à domicile Entre 2001 et 2005, il y a eu une baisse statistiquement significatives du recours à laide au suicide (0,2% en 2001 et 0,1% en 2005) et à leuthanasie (2,6% des décès en 2001 et 1,7% en 2005). La décision la plus importante en fin de vie est le soulagement de la douleur, 24,7% en 2005 par rapport à 20,1% en On note aussi une augmentation du recours à la sédation profonde et continue (8,2% en 2005, alors que combinée à dautres méthodes, elle correspond à 5,6% des morts en 2001). (van der Heide et al, 2007) 32J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

33 Facteurs associés à la baisse du recours à leuthanasie et à laide médicale au suicide Augmentation du recours au soulagement de la douleur et à la sédation profonde et continue (9% des cas de SPC avaient fait des demandes deuthanasie, Rietjens et al, 2008). 20,2% des personnes atteintes de sclérose latérale amyotrophique ont choisi leuthanasie ou le suicide assisté entre par rapport à 16,8% dentre elles entre Sajoute à cela, 14,8% qui choisissent la sédation profonde et continue. (Maessen et al, 2009) À partir des années 2000, des études ont montré que les vertus des opioïdes pour abréger la vie ont été surestimées (van der Heide et al, 2007; Maltoni et al, 2009; Reuzel et al, 2008). Les comités de révision ont réprouvé lusage des opioïdes pour écourter la vie par euthanasie (van der Heide et al, 2007). Ceux qui le font (16,2% en 2005) sont considérés comme faisant de la mauvaise pratique et ayant besoin de formation (van der Heide et al, 2007; Reuzel et al, 2008). 33J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

34 Facteurs associés à la baisse du recours à leuthanasie et à laide médicale au suicide Les actes deuthanasie sont maintenant davantage définis par les moyens utilisés (relaxants musculaires et de barbituriques: 99%, plutôt que par lintention: 54% (Buiting et al, 2010). On peut y voir une influence des comités de révision. Les règles ne sont pas suivies par tous les mds 20% des actes deuthanasies et daide médicale au suicide ne sont pas rapportés en ,4% des décès par euthanasie concerne des personnes qui ne lavaient pas demandée; dans 20% de ces cas, lintervention navait pas été discutée avec la famille Dans 12,3% des décès, un md indépendant na pas été consulté (van der Heide et al, 2007) Les mds catégorisent les interventions de fin de vie en fonction de leur intention de les rapporter ou non (Buiting et al, 2010) 34J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

35 Facteurs associés à la baisse du recours à leuthanasie et à laide médicale au suicide Avant la loi, 80% des raisons invoquées pour ne pas déclarer des cas deuthansaie ont trait à des poursuites judiciaires à éviter au médecin ou à la famille (van der Maas et al, 1996); en 2005, on invoque: une absence de perception quun acte interrompant la vie avait été posé (76,1%); des doutes à leffet davoir bien respecté les critères de minutie (9,7%); les actes interrompant la vie relèvent dune entente privée entre le md et son pt (6,6%)(Buiting et al, 2010) Avant la loi, 3% des médecins indiquaient quils avait pratiqué des euthanasies sur des personnes atteintes de démence; en 2005, aucun cas nest déclaré. (Hertogh, 2009) 1% des bébés de moins de 12 mois ont été euthanasiés de et après la loi, doctobre 2005 à septembre 2006, un cas deuthanasie est recensé dans 10 unités de soins intensifs concernant 359 bébés. (Verhagen et al, 2009) 35J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

36 Des dérives sont-elles perceptibles? Elles sont perceptibles dans la loi: avant la légalisation de leuthanasie, les personnes inaptes et les mineurs ny avaient pas accès. Le Protocole de Groningen (2005) proposé par lAssociation des pédiatres néerlandais autorise leuthanasie des nouveaux-nés. Il est difficile de connaître la nature des dérives dans la pratique, puisque les statistiques ne concernent que les cas rapportés ou mal rapportés et que les résultats détudes peuvent être biaisés par le facteur de désirabilité ou parce que limpunité nest pas garantie aux participants. Selon ten Have (2005), la pratique se justifiait au départ par le respect de lautonomie de la personne, mais elle renforce maintenant le pouvoir médical par le recours au critère de souffrance réelle ou anticipée. De plus, la souffrance morale et le mal de vivre font maintenant partie des critères daccessibilité à leuthanasie. Selon le même auteur, il y a négligence des autres options: soins palliatifs et soulagement de la souffrance, y inclus la formation dans ces domaines. 36J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

37 Ce quon peut en conclure de lexpérience des Pays-Bas La loi ne rend pas les pratiques plus transparentes, au contraire. Les médecins gardent le contrôle sur leur pratique. Ils rapportent les cas quils veulent bien rapporter. Les révisions se font en rétrospective, les pratiques non conformes à la loi ne peuvent être arrêtées avant le décès des personnes en cause. Les règles administratives régissent une pratique qui selon plusieurs relève de la relation privée du médecin avec son patient. Les familles participent aux discussions et les médecins ne pratiqueront pas une euthanasie demandée par le patient à lencontre des familles. 37J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

38 Que veulent les personnes en fin de vie? Ce nest pas tant la mort que les gens craignent, mais la douleur et la souffrance quelles anticipent dans les heures ou les jours qui précèdent la mort. Morts vécues difficilement: Décisions de traitements pas claires, non discutées avec le md, qui se prennent en situation de crise, empreintes démotions; les patients veulent savoir à quoi sattendre, être rassurés sur le fait quil ne souffriront pas, que le md ne les abandonnera pas, quil les accompagnera jusquau bout (Steinhauser et al, 2000) J.Saint-Arnaud 23 octobre

39 Quest-ce quune bonne mort? Selon Vig et Pearlman (2004) Bonne mortn=14Mauvaise mortn=14 Dans son sommeil14Douloureuse12 Rapide11Prolongée11 Sans douleur11Dans la dépendance8 Sans souffrance5Souffrante7 Inattendue3Fardeau pour les autres5 Paisible3À bout de souffle4 En paix avec Dieu3Sans être en paix avec Dieu3 J.Saint-Arnaud 23 octobre

40 Le contexte des soins de fin de vie au Québec Les urgences sont la porte dentrée pour une hospitalisation menant au décès dans 78,7% des cas et dans 85, 45% des cas pour les personnes de 85 ans et plus 47,6% des décès sont survenus dans des lits de courte durée 26,5% des personnes décédées ont eu accès à des soins palliatifs (INSP, 2006) Il y a donc un besoin urgent de soins et de lits de soins palliatifs dans tous les types dinstitutions. J.Saint-Arnaud 23 octobre

41 Le contexte des soins de fin de vie au Québec On a les moyens de prolonger la vie par toutes sortes de manières: RCR, greffes dorganes, dialyse rénale, stimulateur cardiaque, chirurgies cardiaques, assistance respiratoire, alimentation entérale et parentérale, médicaments qui pallient les insuffisances organiques… On réanime des personnes de tous âges et de toutes conditions On installe des gastrostomies et des jéjunostomies à des personnes atteintes de démence dans les derniers stades de leur maladie J.Saint-Arnaud 23 octobre

42 Le contexte juridique Le contexte juridique et la pratique du consentement libre et éclairé, de même que la pratique du consentement substitué incitent les médecins non seulement à consulter les familles du patient inapte, mais encore à répondre à leurs demandes. On a tendance à offrir tout ce qui est possible de faire sans restriction et à laisser le patient ou sa famille faire le choix. Certains choix correspondent à de lacharnement thérapeutique auxquels les médecins se sentent obligés de répondre positivement surtout sils saccompagnent de menaces de poursuites judiciaires. J.Saint-Arnaud 23 octobre

43 Le contexte des soins de fin de vie au Québec Il manque de personnels (médecins et infirmières) formés au soulagement de la douleur et de programmes adéquats pour effectuer cette formation (Saint-Arnaud et al, 2007) Carences dans la formation des médecins, des pharmaciens et des infirmières (MSSS, 2004, 2006) dans le domaine des soins palliatifs et de la fin de vie et même parmi ceux qui interviennent dans ces domaines. La limite des ressources influent sur linterdisciplinarité dans les hôpitaux et dans les unités de soins palliatifs. J.Saint-Arnaud 23 octobre

44 44 Groupe de travail sur lanalyse de situations de décès reliés à lutilisation danalgésiques opiacés (21 juin 2006): Constats Évaluation de la douleur pas faite de manière systématique avant linstauration de lanalgésie Instauration ou poursuite de lanalgésie sur une base subjective Puissance de lhydromorphone sous-estimée (doses initiales trop élevées ou grands écarts entre les doses permettant au personnel soignant daugmenter considérablement les doses sans en aviser le md) Aucun protocole de surveillance nétait appliqué (sauf dans un cas), pas de protocoles dintervention en cas de dépression respiratoire Évaluation de la douleur et de la sédation nont pas été faites avec des outils de mesure dans presque tous les cas. J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

45 45 Constats (suite) Pas de suivi des signes vitaux, ni de mesure de saturométrie La surveillance représente le principal problèmes dans 8 cas sur 12. Changements dordonnances fréquents et non justifiés par évaluation de la douleur, pics ou durée daction de lanalgésique Sur les 12 cas, 3 erreurs sont survenues dans ladministration des médicaments. Deux dentre elles: 10mg dhydromorphone injectable au lieu de 1mg de morphine et 1mg dhydromorphone La médication concommitante a pu potentialiser leffet des opiacés et occasionner la dépression respiratoire Dans la majorité des cas, la dépression respiratoire est survenue avec des doses thérapeutiques J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

46 Devons-nous institutionnaliser les pratiques euthanasiques au Québec? Le manque daccès à des soins palliatifs, le manque de personnel qualifié pour donner des soins globaux, le manque de connaissances en soulagement de la douleur, font en sorte quil serait très risqué dintroduire la possibilité dun recours aux pratiques euthanasiques actuellement au Québec. Le soins palliatifs ne sont pas nécessairement contraires aux pratiques euthanasiques. Cependant, ils représentent un besoin plus criant pour lensemble de la population, même si les demandes euthanasiques atteignaient des chiffres semblables à ceux des Pays-Bas ou de la Belgique J.Saint-Arnaud 23 octobre

47 Ce quon ne peut en conclure À la lumière de cet exposé, nous ne pouvons conclure quil y aurait des bénéfices pour la population en général et pour la pratique médicale au Québec à dépénaliser et à légaliser leuthanasie. Je reprends les recommandations de ten Have (2005) aux pays qui nont pas légalisé ces pratiques: Améliorer les unités de soins palliatifs et les services de consultation; Augmenter les services à docimicile et les options dhébergement; Revoir la formation médicale, de même que les programmes de formation destinés aux patients. Pour en savoir plus: J. Saint-Arnaud, La décriminalisation, la légalisation et linstitutionnalisation des pratiques deuthanasie: analyse de la question en fonction des théories et des principes éthiques, de lexamen des dérives possibles selon la pratique légalisée dans les Pays-Bas et enfin, du contexte des soins de fin de vie au Québec, Mémoire présenté à la Commission parlementaire sur le droit de mourir dans la dignité, Québec, 17 février 2010 disponible sur le site de lAssemblée nationale: Ceux qui veulent recevoir ce powerpoint mécrive à : 47J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

48 Bibliographie Buiting H.M., van der Heide A., Onwuteake-Philipsen B.D., Rurup M.L., Rietjens J.A.C., Boorsboom G., van des Maas P.J. & J.J.M. van Delden, Physicians labelling of end-of-life practices : A hypothetical case study, Journal of Medical Ethics, 36, 2010, p Conseil dEurope, Études de législation, retirés du site le 15 février Fletcher J., Euthanasias, in Morals and Medicine, Princeton: Princeton Univeristy Press, 1954, p Forh A.,The double effect of pain medication : Separating myth from reality, The Journal of Palliative Medicine, 1, 1998, p ; Hertogh C.M.P.M, The role of advances directivesas an aid to communication and shared decision-making in demantia. Journal of Medical Ethics, 35, 2009, p Lebacqz K. & H.T. Englehardt Jr, Suicide and the patients right to reject medical treatment. Dans D. J. Horan et D. Mall (dir.), Death, dying, and euthanasia, Frederick, MD : Alethia Books, 1980, p Maessen M, Veldink J.H., Onwuteaka-Philipsen B.D., de Vries J.M., Wokke J.H.J., van der Wal G., & L.H. Van den Berg, Trends and deternimants of end-of-life practices in ALS in the Netherlands. Neurology, 73, 2009, p J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

49 , Maltoni M., Pitturi C., Scarpi E., Pîccini L., Martini F., Truci P., Montanari L., Nanni O., & D. Amadori, Palliative sedation therapy does not hasten death : Results from a prospective multicenter study, Annals of Oncology, 20, 2009, Marcoux I., Dans quelles conditions est-il acceptable ou non de mourir par euthanasie? Frontières, 20(1), 2007, p Institut national de santé publique (INSPQ), Soins palliatifs de fin de vie au QuébecPolitique en soins palliatifs de fin de vie, Québec: Gouvernement du Québec, MSSS, MSSS, Les accidents évitables dans les prestations des soins de santé. Rapport du groupe de travail sur lutilisation des opiacées en milieu hospitalier, juin MSSS, Politique en soins palliatifs de fin de vie, Québec: Gouvernement du Québec, May W.E. Double effect. Encyclopedia of Bioethics, W.T. Reich (ed.), New York: The Free Press, 1978, tome 1, p Norwood F., Kimsma G., & M. P. Battin, Vulnerability and the «slippery slope» at the end-of-life : A qualitative study of euthanasia, general practice and home death in The Netherlands, Family Practice, 26(6), 2009,p , p. 478 Reuzel R.P.B., Hasselaar G.J., Vissers K.C.P.,. van der Wilt G.J., Groenewoud J.M.M., & B.J.P. Crul, Inappropriateness of using opioids for end-stage palliative sedation : A Dutch study, Palliative Medicine, 22, 2008, p Rietjens J., van Delden J., Onwuteaka-Philipsen B., Buiting H., van des Maas P., & A. van der Heide, Continuous deep sedation for patients nearing death in the Netherlands : Descriptive study, British Medical Journal On Line, article accepté le 15 février 2008 et retiré du site BMJ.com le 8 février Rietjens J.A.C, Buiting H.M., PasmanH.R.W., van der Maas P.J., van Delden J.J.M., & A. van der Heide, Deciding about continuous deep sedation : Physicians perspectives. A focus group. Palliative Medicine, 23, 2009, p. 415 Rioux-Soucy L.M., Les omnipraticiens aussi sont favorables à leuthanasie, Le Devoir, 30 octobre 2009 dans le journal Le Devoir, retiré le 9 février 2009 du site : 49J.Saint-Arnaud 23 octobre 2010

50 Rioux-Soucy L.-M., Le Québec serait mûr pour un débat sur leuthanasie, Le Devoir, 14 octobre Rioux Soucy L.-M., Lentrevue - La mort devant soi, Le Devoir, 3 mai 2004 récupéré le 9 février 2010 sur le site Saint-Arnaud, J., Gratton F., Hudon F. et M. Routhier, Soins palliatifs et fin de vie: létat de la question au Québec, Frontières, 20 (1), 2007, p Saint-Arnaud, J. Enjeux éthiques soulevés par la décriminalisation de laide au suicide et de leutahanasie. Frontières, 8 (1), 1995, Saint-Arnaud, J. Léthique de la santé: guide pour lintégration de léthique dans les pratiques infirmières. Montréal, Gaëtan Morin, Rachels J., The End of Life: Euthanasia and Morality, Oxford, Oxford University Press, Sondage Crop-La Press, Montréal,La Presse, 4 novembre 2009, p. A23 Steinhauser K.E., Clipp E.C., McNeilly M., Christakis N.A., McIntyre L.M., & J.A. Tulsky. In search of a good death: Observations of patients, families and providers. Annals of Internal Medicine, 132 (10), p ten Have H., End-of-life decision making in the Netherlands, End-of-life Decision Making. A Cross- National Study, in R.H. Blank & J.C. Merrick (eds), Cambridge (Mass.) : The MIT Press, 2005, p van der Heide A., Ontwuteaka-Philipsen B.D., Rurup M.L., Buyiting H.M., van Delden J.J.M. et al., End-of-life practices in the Netherlands under the euthanasia Act, The New England Journal of Medicine, 356 (19), 2007, p J.Saint-Arnaud 23 octobre

51 van der Maas P.J., van der Wal G., Haverkate H., & al, Euthanasia, physician assisted suicide, and other medical practices involving the end of life in the Netherlands, , The New England Journal of Medicine, 335, 1996, p Verhagen A.A.E., Dorscheidt J.H.H.M., Engels B., Hubben J.H., et P.J. Sauer, end-of-life decisions in Dutch neonatal intensive care units, Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine, 163 (10),p Williams G., The Sanctity of Life and the Criminal Law. New York: Knopf, J.Saint-Arnaud 23 octobre


Télécharger ppt "Par Jocelyne Saint-Arnaud Ph.D. Université de Montréal."

Présentations similaires


Annonces Google