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Chapitre 4 Les échanges extérieurs Mario Fortin MBA pour cadres Université de Sherbrooke Automne 2011.

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1 Chapitre 4 Les échanges extérieurs Mario Fortin MBA pour cadres Université de Sherbrooke Automne 2011

2 4.1 La balance des paiements

3 La balance des paiements La balance des paiements est le document statistique qui comptabilise le flux des transactions entre les agents résidents dun pays (particuliers, entreprises, gouvernements) et les non résidents pendant une période de temps (trimestre, année). Par convention les transactions qui produisent une entrée de devises y sont inscrites sous forme dun crédit (+) et celles produisant une sortie de devises sont enregistrées sous forme dun débit (-). Les transactions économiques et financières étant inscrites en partie double, la balance des paiements est en principe toujours équilibrée. En pratique, on réconcilie le résultat net en appliquant une divergence statistique résultant des erreurs et omissions. La définition donnée par lINSEE se trouve à paiements.htm paiements.htm

4 Principaux postes de la balance des paiements Dans la comptabilité européenne et du FMI, les principaux postes de la balance des paiements sont le compte courant, le compte capital et le compte financier. 1 Les recettes du compte courant proviennent des exportations de biens et de services, des revenus produits par les actifs des résidents à létranger et des transferts (Ex. dons) reçus des non résidents. Les dépenses du compte courant sont les importations, les revenus payés aux non résidents sur leurs placements dans léconomie domestique ainsi que les transferts payés aux non résidents. Le compte capital enregistre les recettes et dépenses sur les actifs physiques tandis que les compte financier enregistre les recettes et dépenses sur les actifs financiers. Si le compte courant est en déficit, cela doit donner lieu à un surplus du compte capital (acquisitions dactifs physiques) ou du compte financier (emprunts). 1 En Amérique du Nord, le compte financier (investissements de portefeuille) fait partie du compte capital. Le compte capital correspond donc à la somme des investissement directs (capital physique) et du compte financier de sorte que le solde du compte capital est linverse du solde du compte courant.

5 Déficit de la balance des paiements On utilise souvent le terme déficit de la balance des paiements en dépit de son impossibilité comptable. Dans les faits ce déficit réfère à deux situations différentes, toutes deux formellement incorrectes. La plus commune est dappeler « Déficit de la balance des paiements » ce qui, dans les faits, est un déficit du compte courant. Si les recettes courantes sont moindres que les déboursés courants, le pays doit alors emprunter des devises pour couvrir le déficit courant, ce qui augmente son endettement international. Un déficit du compte courant nest si bon ni mauvais dans le court terme mais peut devenir problématique sil se poursuit trop longtemps avec une ampleur démesurée. Le raisonnement pour un pays nest pas différent ce celui pour un individu. Il peut être sain demprunter temporairement, mais si on emprunte de manière excessive sans accumuler suffisamment dactifs les charges de remboursement peuvent compromettre la consommation future. Lautre notion du déficit de la balance des paiements vient lorsquon oublie les opérations de la banque centrale. Le déficit de la balance des paiements apparaît alors lorsque les réserves internationales en devises augmentent.

6 Balance des paiements du Canada, 2010 Compte courant RecettesPaiements Solde Biens et services Revenus de placements Transferts Total du compte courant Compte capital et financier ActifsEngagementsSolde Compte financier (flux net) Compte capital (entrées/sorties) Divergence statistique (erreurs / omissions) Source : et

7 La contrainte agrégée de financement Les échanges extérieurs sont liés à la dépense intérieure par une contrainte agrégée de financement. Rappelons que selon lapproche par la demande finale le PIB est la somme des dépenses finales soit Y = C + I + G + X – IM Mais le revenu national ne peut être utilisé que pour consommer, payer des taxes (T) ou épargner (E). On a donc lidentité C + I + G + X – IM C + T + E DOM En simplifiant C et en réarrangeant, on obtient la contrainte agrégée de financement (G - T) + (I - E DOM ) (IM – X) La somme du déficit budgétaire et de lexcédent de linvestissement privé sur lépargne privée est donc nécessairement égale au déficit du compte courant.

8 Fonds prêtables dune grande économie ouverte Lorsquun pays échange avec les autres, lépargne domestique peut être placée à létranger. Il y a alors sortie de capitaux (les créances nettes envers létranger augmentent). À linverse, la demande domestique de fonds prêtables peut être comblée par de lépargne étrangère. Il y a alors entrée de capitaux (ce qui fait augmenter la dette étrangère nette du pays). Lépargne totale disponible est donc la somme de lépargne domestique S Dom et de lépargne étrangère nette S étr. Si S étr > 0 alors il y a entrée de capitaux. Si S étr < 0, il y a sortie de capitaux. À léquilibre S Dom +S étr = I + (G - T). Comme on peut faire appel à lépargne étrangère en plus de lépargne domestique, loffre totale dépargne est plus élastique et les taux dintérêt varient moins.

9 Offre de fonds prêtables dune grande économie ouverte (USA)

10 Offre de fonds prêtables en économie ouverte

11 1. À partir de la figure de la page précédente, quel serait leffet dune augmentation des taux dintérêt étrangers sur le marché des fonds prêtables américains? Identifiez bien quelle courbe se déplace et de combien? Quel serait leffet sur les entrées nettes de capitaux? 2. Toujours en utilisant la figure de la page précédente, quarriverait-il si la Banque de réserve fédérale (le FED) achetait des titres sur les marchés financiers? (Attention : lachat de titres est une offre dépargne!) 3. Certains pays de la zone euro ont un endettement tel quon craint quils fassent défaut sur leur dette souveraine (garantie par le gouvernement). Comme dautres pays de la zone euro aident les pays en quasi- défaillance, cela rend les marchés réticents à prêter dans la zone euro. Comment cela affecte-t-il loffre et la demande de fonds prêtables et les taux dintérêt ? 4. Nest-ce pas paradoxal? Alors quon dit que lemprunt public fait monter les taux dintérêt, ces derniers ont baissé alors que les états font des emprunts records pendant la crise. Discutez. Questions

12 Le déficit du compte courant est financé par des emprunts internationaux Nous avons vu que E Dom +E étr = I + (G - T), ce qui implique que => E étr = (I – E Dom ) + (G - T) Mais (G - T) + (I - E DOM ) (IM – X) Donc E étr = (IM – X) soit le déficit du compte courant. On peut présenter de deux manières lexistence dun déficit du compte courant. –1. La demande intérieure (C + I + G) dépasse la capacité de production domestique ce qui force à faire appel aux ressources étrangères pour répondre à cette demande. –2. La demande intérieure dépasse le revenu, ce qui force à faire appel à lemprunt international pour financer lexcédent de la dépense sur le revenu.

13 Le cas dune petite économie ouverte Si le pays considéré est peu important par rapport au reste du monde (Ex. le Canada qui représente 2% de la production mondiale), lépargne mondiale est gigantesque par rapport à léconomie domestique. Loffre totale dépargne peut alors être considérée comme parfaitement élastique, soit une droite horizontale. Alors les taux dintérêt deviennent insensibles à la demande de fonds prêtables.

14 4.2 Les gains du commerce international

15 Commerce international et avantage comparatif Les pays commercent entre eux lorsque le coût des biens à létranger est différent du coût de production domestique. Le coût étant toujours un coût dopportunité, il doit sentendre comme la quantité dun bien auquel on renonce pour obtenir davantage dun autre bien. Le coût relatif des biens transigés au niveau international est mesuré par le rapport des prix des biens. Ex. Si le pétrole coûte $80 le baril et un ordinateur $800, on peut échanger 10 barils de pétrole pour un ordinateur. Chaque pays tend à se spécialiser dans les produits où il a un avantage comparatif, soit les biens qui ont un faible coût dopportunité (théorie de Ricardo). Le coût relatif des biens est mesuré par la pente de la courbe des possibilités de production (CPP) lorsquils sont produits de façon domestique.

16 Prix domestique et prix international Le Canada produit du blé à un coût relativement faible et son offre est montrée par O D. Compte tenu de la demande domestique D D le prix dautarcie serait de 100$ le boisseau. Sur le marché mondial, étant donné loffre mondiale O M et la demande mondiale D M le prix est de 150$. Étant donné que le prix mondial est plus élevé, cela justifie que la production domestique augmente jusquau point Q 1 tandis que la consommation domestique diminue jusquau point Q 0. Les exportations sont alors de Q 1 - Q 0. Les consommateurs sont appauvris puisque leur surplus diminue (la surface sous la demande et supérieure à 150$ est plus petite que celle supérieure à 100$). Par contre les producteurs domestiques voient leur surplus augmenter (la surface supérieure à loffre et sous 150$ est plus grande que celle sous 100$). Comme les gains des producteurs sont plus grands que les pertes des consommateurs le pays dans son ensemble senrichit.

17 Les gains venant des exportations

18 Si le prix mondial diminue il vaut mieux importer Supposons que loffre mondiale augmente tellement que le prix mondial baisse à 75$. Alors le prix mondial devient inférieur au prix dautarcie. Suite à la baisse de prix mondial, la consommation domestique augmente au point Q 0 tandis que la production domestique diminue jusquau point Q 1. La consommation domestique étant supérieure à la production domestique, le pays importe Q 0 – Q 1. Le pays continue de tirer des gains du commerce international puisque. En effet par rapport à la situation dautarcie, le gain de surplus du consommateur est plus grand que la perte de surplus du producteur. Si on imposait un tarif à limportation suffisant pour que le prix des biens importés soit de 100$, on pourrait cesser dimporter. Les producteurs domestiques gagneraient mais les consommateurs domestiques perdraient davantage que ce que les producteurs gagnent. Le protectionnisme appauvrit le pays qui le pratique.

19 Les gains venant des exportations

20 La courbe des possibilités de consommation Pour maximiser les possibilités de consommation dun pays, ce dernier doit répartir sa production de telle sorte que le coût dopportunité domestique est égal au rapport des prix internationaux. La figure suivante montre les possibilités de production de pétrole et de biens manufacturés ainsi que les possibilités de consommation (CPC) avec échange international. La figure illustre que les possibilités de consommation sont maximales si on produit au point A (Ex. au point B elles sont moindres) Si le point C représente la combinaison optimale dans la consommation, le pays est exportateur de pétrole et importateur de produits manufacturés. Le gain du commerce est mesuré par laugmentation de ses possibilités de consommation.

21 Les gains du commerce international

22 Une hausse du prix du pétrole améliore les CPC du Canada Si le prix du pétrole augmente à 100 $ le baril, les exportations de pétrole permettent dacheter plus de biens industriels puisquil faut dorénavant seulement 8 barils de pétrole pour acheter un ordinateur. Les possibilités de consommation accrues permettent de réaliser un gain de termes déchange correspondant à 2 barils de pétrole par ordinateur consommé. Sur la figure suivante cela se manifeste par le fait que la consommation passe du point C au point E. Par contre, les pays importateurs de pétrole vont devoir moins consommer. En effet, ils obtiennent dorénavant seulement 8 barils de pétrole pour chaque ordinateur exporté, perdant ainsi 2 barils par rapport à ce quils obtenaient auparavant. La hausse du prix du pétrole réduit leurs termes de léchange.

23 Gain des termes de léchange des exportateurs de pétrole

24 On doit modifier la production pour gagner davantage Lanalyse précédente suppose quon ne change pas la production domestique de pétrole et de biens industriels. Si on maintient la production au point A, le coût dopportunité domestique des biens industriels est plus faible que le prix international. Afin de maximiser les possibilités de consommation il faut réduire la production industrielle et augmenter la production de pétrole. Le point F représente la production optimale et si on le choisit, on atteint le point G.

25 Gains de spécialisation

26 4.3 Choix du régime de change et zones monétaires

27 Une seule monnaie réduit les coûts déchange Chaque pays a une monnaie. Il peut arriver quil soit le seul pays à lutiliser (ex. Canada et dollar canadien) ou quil partage sa monnaie avec plusieurs pays (ex. Euro). Une monnaie est comme une langue : les deux permettent déchanger. Si on est seul à parler une langue, on ne peut pas échanger dinformations. Parler plusieurs langues est un obstacle aux échanges et à la compréhension car il faut alors payer des coûts de traduction. Lorsque tous les pays ont leur propre monnaie, les échanges internationaux sont plus coûteux car il faut payer des frais de change. Sil ny avait quune seule monnaie sur la planète, les échanges internationaux seraient moins coûteux car il ne serait pas nécessaire deffectuer dopérations de change. En outre, le risque de change serait éliminé.

28 Les objectifs recherchés par un régime de change Un régime de change idéal devrait procurer les trois avantages suivants : ajustements, confiance et liquidité. Lajustement peut être vu comme la possibilité de poursuivre une politique macroéconomique indépendante face à une conjoncture domestique changeante. La confiance est la certitude de préserver la valeur externe de la monnaie. La liquidité est la possibilité daccéder aux marchés internationaux des capitaux afin de rendre possible un surplus ou un déficit du compte courant. Or, en raison de la possibilité dattaques spéculatives sur la monnaie, les trois objectifs ne peuvent pas être atteints simultanément. On appelle parfois ceci limpossible trinité. Tout régime de change est le résultat dun compromis le plus satisfaisant possible. Limage suivante, tirée de Krugman 1, montre quels sont les compromis découlant de différentes options monétaire. 1 Krugman, P. The Eternal Triangle,

29 Les types de régime de change et leurs avantages

30 Bretton Woods (change fixe) Dans les accords de Bretton Woods établis en 1944, le dollar US était convertible en or (35$ US = 1 once dor) et les autres monnaies étaient maintenues à taux fixe avec le $US. Ce système a été aboli en 1971 car la création monétaire américaine a été trop abondante. Depuis, le $US sest fortement dévalué par rapport à lor (page suivante). La poussée récente du prix de lor jusquà 1400$/once reflète lanticipation que linflation soit une solution possible à la crise dendettement public. En change fixe, un pays ayant un surplus du compte courant fait face à une forte demande pour sa devise. Pour éviter lappréciation, il se voit dans lobligation daccumuler des réserves en devise, ce qui mène à anticiper une appréciation de la devise qui accentue la demande pour la monnaie. Leffet boule de neige finit par forcer lappréciation. À linverse, un déficit du compte courant conduit à anticiper la dépréciation de la devise, accentuant les sorties de capitaux et forçant finalement la dépréciation. On peut éviter cette instabilité en contrôlant les mouvements de capitaux, mais on perd alors la liquidité. Avec limportance grandissante des mouvements de capitaux, cette option est de plus en plus difficile à retenir.

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32 Union monétaire vs change flexible Pour éviter toute anticipation de mouvements dans la valeur du change, on peut opter pour lunion monétaire et complètement abandonner sa monnaie. On obtient alors la complète confiance et la liquidité mais on perd toute capacité dajustement. À lopposé, si on tient à préserver la liquidité et la capacité dajustement, on optera pour un change flexible. Dans ce cas toutefois, la valeur future de la monnaie nest pas garantie et le taux de change peut connaître dimportantes fluctuations à court terme. Le change flexible est relativement intéressante pour un pays ayant la possibilité de donner confiance en la valeur future de sa monnaie ou qui fait face à des grands besoins dautonomie monétaire. Lunion monétaire est relativement intéressante pour un pays ayant de la difficulté à donner confiance en la valeur de sa monnaie ou ayant peu besoin dune politique monétaire autonome.

33 La confiance dans la monnaie et la crédibilité de la banque centrale La crédibilité de la politique monétaire est la confiance que les actions attendues de la banque centrale ne seront pas compromises par des politiques de court terme. Lorsque la banque centrale subit des interventions politiques, cela fait perdre confiance en la valeur future de la monnaie car on tend alors à créer trop de monnaie. Cela survient lorsquun gouvernement central a un problème dendettement tel que les marchés financiers perdent confiance dans la capacité de remboursement (crise de dette souveraine). Le gouvernement peut alors demander à sa banque centrale dacheter les titres, ce qui exacerbe la création monétaire et tend à dévaluer la monnaie. Des pays ayant un problème chronique de crédibilité peuvent abandonner leur monnaie (et importer la crédibilité de la banque centrale externe).

34 Zone monétaire optimale Le besoin de conduire une politique monétaire distincte apparaît lorsque le pays connaît une conjoncture interne différente de celle des autres pays. Si un groupe de pays connaît des fluctuations du PIB fortement corrélées, il est peu coûteux de choisir une union monétaire. En effet, la politique monétaire commune convient à tous et lajustement nest plus nécessaire. Lorsquun groupe de pays partage un cycle économique commun, on dit quil forme une zone monétaire optimale. Louest du Canada est très riche en hydrocarbures tandis que le centre (Québec et Ontario) a une structure économique axée sur la transformation. Lest et louest du pays ont des cycles économiques différents de sorte que le Canada ne constitue pas une zone monétaire optimale. Le Canada étant exportateur de ressources et les USA importateurs, les deux pays nont pas un cycle économique coïncident. LEurope nest pas une zone monétaire optimale.

35 Le prix du pétrole et le taux demploi du Canada par rapport au taux demploi aux États-Unis

36 Mécanismes dajustement dans une union monétaire qui nest pas optimale Si les pays en union monétaire connaissent des cycles économiques différents, il faut que dautres mécanismes dajustement suppléent à lincapacité de modifier les conditions monétaires. Si les salaires sont très flexibles léconomie tend à rester près du plein emploi car la courbe OA se déplace rapidement et léquilibre est près de Y n. Si les salaires sajustent lentement, il est nécessaire de permettre à la main dœuvre de se déplacer entre les pays membres de lunion monétaire. Ex : en dépit dune baisse de plus de 10% des emplois en Nouvelle Angleterre entre 1989 et 1993, le retour au plein emploi y fut rapide car il y a beaucoup de mobilité de la main dœuvre à lintérieur des États-Unis.

37 La migration vers lOuest du Canada saccélère lorsque le prix des matières premières est élevé

38 4.4 Les déterminants de la valeur dune monnaie : le cas du dollar canadien

39 Le dollar canadien et la théorie macroéconomique Dans les années 50, le Canada faisait figure de paria sur la scène économique mondiale. Il était en effet le seul pays a être en régime de change fixe, à un moment où tous les pays liaient la valeur de leur monnaie au dollar US, lui-même lié à lor selon une parité de 35 $US pour une once dor. Lorsque Robert Mundell obtient le Prix Nobel en économie, Krugman suggéra de regarder cette reconnaissance comme un Nobel canadien. 1 En effet, les travaux en économie monétaire ouverte de Mundell pendant les années 60 visaient à expliquer leffet de la politique monétaire canadienne en taux de change flexible plutôt que fixe, puis à comprendre pourquoi le Canada semblait incapable dêtre en change fixe avec les États-Unis. Ces travaux sont aujourdhui universellement enseignés sur lefficacité de la politique monétaire et budgétaire selon les régimes de change. 1.

40 Valeur du dollar canadien en $US

41 Le Canada est un pays de ressources naturelles Le Canada a un énorme territoire et une faible population. Sa dotation en ressources naturelles par habitant est parmi les plus élevées au monde (comparable à celle de lAustralie). Ayant de vastes plaines fertiles, de gigantesques forêts et dabondantes ressources minérales, le Canada a un avantage comparé dans la production de ressources. Cet avantage comparé ne signifie pas quon ne produit pas dautres choses. En fait la très grande partie du PIB canadien vient de la production de services. Cependant produire des biens manufacturiers ou des services implique une perte de production de matières première relativement plus importante quailleurs sur le globe. Conséquence nette, le Canada est un exportateur net de matières premières et un importateur net de biens manufacturiers. Les États-Unis ont eux aussi une très forte dotation en ressources mais leur population est dix fois plus importante. Conséquence : ils importent des matières premières.

42 Solde commercial du Canada par produits en millions de dollars Solde net Produits de l'agriculture et de la pêche Produits énergétiques Pétrole brut Gaz naturel Autres produits énergétiques Produits forestiers Biens et matières industriels Machinerie et équipement Machines industrielles et agricoles Aéronefs et autre matériel de transport Autres machines et matériel Produits de l'automobile Voitures particulières et châssis Camions et autres véhicules automobiles Pièces de véhicules automobiles Autres biens de consommation Transactions commerciales spéciales Rajustements non répartis

43 Comment échanger avec des monnaies différentes? Pour échanger les biens et services entre des pays utilisant des monnaies différentes, il faut tout dabord échanger les monnaies. Lorsque Domtar vend aux États-Unis du papier fabriqué au Canada, lacheteur américain doit acheter des $CAN quil paie en vendant des $US. Les exportations canadiennes créent une demande de $CAN et une offre de $US. Lorsque Future Shop importe des États-Unis un ordinateur, il doit acheter les $US quil paie en $CAN. Les importations canadiennes créent une demande de $US et une offre de $CAN. Lorsque vous allez en touriste aux USA pour devez acheter des $US (et vendre des $CAN). Lorsque des épargnants américains achètent des actifs au Canada (actions, immeubles, obligations), ils doivent les payer en $CAN. Les placements des étrangers au Canada créent une demande de $CAN. Lorsque des épargnants canadiens placent aus USA (actions, immeubles, obligations), ils doivent les payer en $US. Les placements des canadiens aux USA créent une offre de $CAN.

44 Loffre et la demande de $CAN Marché du $ canadien - Exportations - Placements au Canada Demande de $C Importations Placements à létranger Offre de $C

45 Le taux de change et la compétitivité internationale Lorsque le $CAN sapprécie, les biens canadiens deviennent plus coûteux pour les étrangers. Cela réduit la quantité demandée de biens destinés à lexportation et fait décroître la quantité demandée de $CAN. Parallèlement, les biens produits à létranger deviennent moins coûteux pour les canadiens qui en importent alors davantage. La quantité offerte de $CAN doit donc augmenter pour acheter plus de biens étrangers. Dans un marché libre, la valeur du $CAN sajuste pour que loffre et la demande ségalisent. Si la demande (loffre) augmente, le $C sapprécie (se déprécie).

46 Léquilibre du marché du change

47 Ce qui fait augmenter la demande de $CAN La valeur des exportations augmente si : –Les produits canadiens deviennent plus populaires à létranger (Ex. Les exportations de bois augmentent); –Le prix des biens exportés saccroît (Ex. le prix du pétrole augmente) Lorsque les taux dintérêt augmentent au Canada, cela suscite plus dachats de titres canadiens de la part des non-résidents. Ceux-ci doivent donc acheter plus de $CAN afin dacquérir davantage dactifs. Lorsque cela survient, la demande de $CAN saccroît ce qui fait apprécier le $CAN.

48 Augmentation de la demande de $CAN

49 Ce qui fait augmenter loffre de dollar canadien Les importations augmentent si : - les produits étrangers deviennent plus populaires au Canada (Hollywood nous vend son Blockbuster de lété). Remarquez que les voyages à létranger sont semblables à une importation; - le prix des biens importés est plus élevé; Les canadiens placent davantage aux USA lorsque les américains accroissent leurs taux dintérêt. Lorsque cela survient, loffre de $CAN saccroît ce qui le fait déprécier.

50 Augmentation de loffre de $C

51 Valeur du dollar canadien en $US

52 Taux de change fixe Un pays adopte un taux de change fixe lorsque lautorité monétaire sengage à acheter ou à vendre nimporte quelle quantité de monnaie nationale à un taux de change ciblé. Habituellement, une marge de fluctuations est tolérée autour de la cible quon appelle cours pivot. Les achats nets de la devise nationale par lautorité monétaire sont payés en devises étrangères, ce qui fait diminuer les réserves de devises. Les ventes nettes font pour leur part augmenter les réserves de devises. Le change fixe étant potentiellement instable, on tend à opter soit pour lunion monétaire soit pour un Currency board (caisse démission). Dans ce régime, la convertibilité à taux fixe est absolue et la création monétaire est assortie dune réserve en devises égale à 100% de lémission de monnaie. (Ex. Argentine entre 1991 et 2002).

53 Taux de change fixe Les achats nets sont possibles tant que le pays dispose de réserves internationales de devises. Lorsque ces réserves sépuisent, il doit cesser les achats et la monnaie se déprécie.

54 Taux de change fixe Les ventes nettes font augmenter les réserves internationales de devises. Elles font aussi augmenter loffre de monnaie domestique. Si des problèmes dinflation en résultent, le pays doit cesser ces achats et la monnaie sapprécie (ex. : Chine)

55 Le différentiel dinflation avec les autres pays affecte le taux de change En change flexible, le taux de dépréciation de la monnaie tend à suivre le différentiel dinflation. Lexplication est la suivante. Supposons quen 1975, une auto coûte 5000 $CAN à fabriquer au Canada et 5000 $US à fabriquer aux USA. Si 1$C=1$US, les manufacturiers canadiens sont compétitifs. Supposons quentre 1975 et 1990, linflation salariale excédant les gains de productivité a fait augmenter les coûts unitaires de 100% aux USA et de 150% au Canada. Alors en 1990, la même automobile coûte $US aux USA et $12500 $CAN au Canada. Pour être aussi compétitif quen 1975, il faut que 12500$CAN vaille 10000$US et donc 1$CAN = (10000/12500)$US = 0,80 $US. Lexcès dinflation salariale est compensé par une dépréciation nominale.

56 Le taux de change réel Le taux de change réel θ exprime le rapport entre les prix domestiques et les prix internationaux. Cest une mesure de la compétitivité internationale de la production domestique. Pour que la comparaison des prix domestiques et internationaux soit valide il faut cependant exprimer les prix dans la même monnaie. Si E est la valeur du $C en $US, le taux de change réel θ = P etr /(E×P). La compétitivité internationale augmente avec θ, soit avec une hausse des prix étrangers (P etr ), une baisse des prix domestiques (P) ou une hausse du taux de change nominal (dépréciation de la monnaie). Si la monnaie domestique se déprécie de 1% en même temps que les prix augmentent de 10%, le taux de change réel est inchangé et la compétitivité demeure la même.

57 La demande domestique influence le taux de change Un travailleur autonome exigera-t-il un salaire élevé sil a la possibilité dêtre salarié. Cela dépend sil a déjà beaucoup de contrats à réaliser. Sil est très occupé, il exigera un salaire élevé car il lui reste peu de temps libres. Son temps est rare et vaut beaucoup. Sil a très peu de travail, il acceptera un salaire moindre car labondance de son temps en réduit la valeur marginale. Pour un pays, travailler à son compte équivaut à répondre à la demande domestique (C + I + G) alors quêtre salarié (travailler pour autrui) équivaut à exporter (satisfaire EX - IM). Lorsque la demande domestique C + I + G est forte cela tend à favoriser un taux de change réel élevé. En effet, les travailleurs étant très occupés à produire les biens et services demandés par les canadiens ont peu de temps disponible pour exporter. Leur temps étant précieux, il demande un prix plus élevé pour exporter. Sortir de la récession demande souvent un taux de change réel fort. Cest une partie de la course vers le fond que se livrent les pays actuellement.

58 Fin du chapitre


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