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Mi Ré Do l’Assistant Musical Outil Pédagogique

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1 Mi Ré Do l’Assistant Musical Outil Pédagogique
année 2012 Outil Pédagogique Auteur : Antoine Mirété Diaporama interactif sur les Compositeurs Sommaire

2 SOMMAIRE 1/4 Humour ! A . E F . M N . V W . X Les Instruments Albeniz
Albinoni Auric Bach Balakirev Bartok Beethoven Bellini Berg Berio Berlioz Bernstein Adam de la Halle Bizet Boucourechliev Boccherini Boieldieu Borodine Boulanger Boulez Brahms Britten Bruch Bruckner Busoni Buxtehude Bloch Byrd Chausson Franck Chabrier Charpentier Cherubini Chopin Chostakovitch Cimarosa Constant Corelli Couperin Dallapiccola Cage Debussy Dufay D’Indy Donizetti Dowland Dukas Dunstable Duruflé Dutilleux Dvorak Eisler Elgar Enesco Delibes Chef ?! Micro ?! Clarinette ?! Cor ?! Flûte ?! Harpe ?! Timbales ?! Trombone ?! Alto ?! Tuba ?! Trompette ?! Violon ?! Contactez moi A . E F . M N . V W . X Les Instruments Quitter

3 SOMMAIRE 2/4 A . E F . M N . V W . X Les Instruments Gounod Janacek
Machaut Mozart Feldman Ferneyhough Frescobaldi Gabrieli Geminiani Gershwin Gesualdo Gibbons Glazounov Glinka Gluck Gossec Fauré Harvey Grieg Haendel Halévy Haydn Henry Henze Hindemith Holst Honegger Hummel Ibert Granados Khatchatourian Jolivet Josquin des prés Kabalevski Kodaly Kreisler Lalo Lassus Ligeti Liszt Lully Lutoslawski Janequin Massenet Marin Marais Martinu Mascagni Méhul Mendelssohn Messager Messiaen Meyerbeer Milhaud Monteverdi Moussorgski Mahler Falla A . E F . M N . V W . X Les Instruments Quitter

4 SOMMAIRE 3/4 A . E F . M N . V W . X Les Instruments Nono Ockeghem
Offenbach Orff Pachelbel Paganini Palestrina Penderecki Pergolèse Poulenc Pousseur Praetorius Nielsen Prokofiev Ravel Purcell Rachmaninov Rameau Reich Respighi Rimski-Korsakov Rodrigo Rossini Roussel Saint-Saens Salieri Puccini Sarasate Schoenberg Scarlatti Schaeffer Schmitt Schubert Schumann Sibelius Skriabine Smetana Spohr Stamitz Stockhausen Satie Strauss Johann Tchaïkovski Stravinsky Suppé Tartini Telemann Tippett Torelli Varèse Verdi Villa-Lobos Vivaldi Strauss Richard A . E F . M N . V W . X Les Instruments Quitter

5 SOMMAIRE 4/4 A . E F . M N . V W . X Les Instruments INTRODUCTION
Weill Widor Wieniawski Wolf Xenakis Webern Wagner Weber Cor Accordéon Basson Clarinette Flûte Guitare Hautbois Percussion Piano Trompette Violon Violoncelle INTRODUCTION A . E F . M N . V W . X Les Instruments Quitter

6 un peu d'humour ! Sommaire Quitter

7 Adam de la Halle ( Arras v. 1237-v
Adam de la Halle ( Arras v. 1237-v. 1287 ), également appelé Adam le Bossu, trouvère picard, auteur d'une œuvre poétique importante pour le théâtre profane du Moyen Age et l'un des créateurs de l'ars nova. Adam composa, vers 1276, le Jeu de la feuillée, pièce dramatique où se succèdent scènes satiriques, burlesques et féeriques, qui préfigure, par l'intervention de la folie, la sottie, genre qui n'apparaîtra qu'au XVe siècle. D'un type différent, le Jeu de Robin et de Marion, vraisemblablement antérieur au Jeu de la feuillée, est la mise en scène d'une pastourelle, où interviennent le chant et la danse, sans accompagnement musical. Influencés par le Jeu de saint Nicolas ( v. 1200 ) de Jean Bodel qui accentuait le processus de laïcisation du théâtre, les « jeux » d'Adam constituent dans l'histoire du théâtre français les deux plus anciens exemples de théâtre d'inspiration entièrement profane. Adam fut également novateur dans le domaine de la musique en introduisant la polyphonie dans ses motets et ses rondeaux, ces derniers constituant un des chefs-d'œuvre de la musique du XIIIe siècle. Sommaire Quitter

8 ALBENIZ Sommaire Quitter

9 Isaac Albéniz, ( 1860-1909 ), l'un des principaux compositeurs espagnols du XIXe siècle.
Né à Camprodón, en Catalogne, il fut un enfant prodige du piano. Il quitta la maison paternelle à l'âge de treize ans, travaillant comme pianiste itinérant en Amérique latine. Il étudia ensuite au Conservatoire de Bruxelles ( ), puis à Budapest où il rencontra le pianiste et compositeur hongrois Franz Liszt ( 1880 ). Il s'installa à Paris en 1893, accueilli par le compositeur français Vincent d'Indy. Son chef-d'œuvre est la suite pour piano Iberia ( ), d'une grande virtuosité. Sommaire Quitter

10 Un extrait de l’Adagio en SOL mineur pour cordes et orgue
Tomaso Albinoni, ( ), compositeur et violoniste italien, connu surtout pour sa musique instrumentale et son célèbre Adagio. C'est à Venise, sa ville natale, qu'il vécut et produisit la plupart de ses opéras (une cinquantaine). Ses œuvres instrumentales, firent l'admiration de Jean-Sébastien Bach. Elles comprennent des sonates à trois instruments, des concertos pour 1 et pour 2 hautbois et le concerto pour violon soliste ( 1710 ). Un extrait de l’Adagio en SOL mineur pour cordes et orgue Sommaire Quitter

11 Georges Auric, ( ), compositeur français membre du groupe des Six, né à Lodève, dans l'Hérault. Il reçut un enseignement musical au Conservatoire de Paris et à la Schola cantorum. Auric était le plus jeune des Six, groupe formé en réaction contre la suprématie de compositeurs comme Claude Debussy et Vincent d'Indy. La musique d'Auric pour la comédie-ballet les Fâcheux de Molière, a été sa première œuvre saluée par la critique. Il composa de la musique pour plusieurs films réalisés par le poète, peintre et metteur en scène Jean Cocteau, dont le Sang d'un poète ( 1930 ), la Belle et la Bête ( 1935 ) et Orphée ( 1949 ). Auric a également écrit des musiques pour des films américains, Moulin-Rouge ( 1953 ) et Roman Holiday ( 1953 ). Sommaire Quitter

12 Jean Sébastien BACH Sommaire Quitter

13 Jean-Sébastien Bach, ( ), organiste et compositeur allemand de l'époque baroque, maître du contrepoint et du choral, l'un des plus grands génies et compositeurs de l'histoire de la musique occidentale. Johann Sebastian Bach est né le 21 mars 1685, à Eisenach, ville de Thuringe, d'un père musicien, Johann Ambrosius Bach ( ). Celui-ci lui enseigna, dès son plus jeune âge, les instruments à corde et son oncle Johann Cristoph Bach, organiste de la ville d'Eisenach, lui apprit l'orgue. Orphelin à l'âge de neuf ans, il fut élevé par son frère aîné, Johann Christoph, organiste à Ohrdruf, qui lui enseigna le clavecin et la composition. En 1700, il entra à la maîtrise de Saint-Michel de Lunebourg où il travaille la composition avec l'organiste Georg Böhm ( ). Il subit également l'influence des musiciens français comme l'organiste et claveciniste virtuose Louis Marchand ( ) auteur de superbes Pièces de clavecin ( ) et de Couperin le Grand alors qu'il fréquentait la cour de Celle, proche de Lunebourg. En 1703, à l'âge de dix-huit ans, il est engagé pour occuper l'orgue d'Arnstadt où il composa sa première cantate ( 1704 ). Il demanda un congé pour aller étudier avec Dietrich Buxtehude, célèbre organiste et compositeur allemand d'origine danoise, qui était alors à Lübeck et dont la musique d'orgue eut une influence puissante sur celle de Bach. À son retour, il perdit sa tribune à Arnstadt et s'installa alors à Mühlhausen comme organiste de l'église Saint-Blaise ( 1707 ). Il se maria alors avec sa cousine Maria Barbara Bach ( ), dont il eut sept enfants. Suite page suivante … Sommaire Quitter

14 Jean-Sébastien Bach quitta Mühlhausen pour exercer à la cour du duc de Weimar la fonction d'organiste, de violon solo et de compositeur ( ). Il composa alors de nombreuses œuvres pour orgue, Toccata en ré mineur, en ré majeur ( 1709 ), Alla breve en ré mineur ( 1709 ), Grande passacaille en ut mineur ( 1716 ), mais aussi des pièces et des concertos pour clavecin. Suite à des tensions avec le duc Wilhelm Ernst, Bach quitta la cour de Weimar pour celle du prince Léopold d'Anhalt-Köthen ( ). De véritables liens d'amitié s'établirent entre le prince Léopold et Bach qui se trouvait alors dans d'excellentes conditions matérielles pour composer. De cette période datent ses Suites anglaises ( ), ses Suites françaises ( 1722 ); des Partitas ( ), des ouvertures pour orchestres, les Six Concertos brandebourgeois ( 1721 ) et son premier livre du Clavier bien tempéré ( 1722 ). En 1721, un an après la mort de sa femme Maria Barbara, Bach se remaria avec la fille d'un trompettiste, Anna Magdalena Wilcken ( ), elle-même chanteuse à la Cour et dont il eut treize enfants. En 1723, il quitta la cour de Köthen, vraisemblablement parce qu'il n'y avait qu'un rôle de compositeur profane et, en tant que luthérien, désirait composer de la musique d'église. Il obtint la fonction de cantor à l'église Saint-Thomas de Leipzig, mais fut soumis à l'autorité du Conseil de la Ville, qui l'obligea à fournir des œuvres pour les quatre églises de la ville, chaque semaine et lors de chaque fête. De plus, il souffrit de voir ses compositions interprétées par les élèves peu appliqués de la Thomasschule et par un orchestre médiocre. Il écrivit alors près de 300 cantates, dont 200 seulement nous sont parvenues. Suite page suivante … Sommaire Quitter

15 C'est à cette période que Bach composa ses plus beaux chefs-d'œuvre,
ses Passions selon saint Jean ( 1722 ) et selon saint Matthieu ( 1729 ), des Motets ( ), la Messe en si mineur ( 1733 ), l'Oratorio de Noël, constitué de six cantates ( 1734 ), 21 Chorals ( 1739 ), son second livre du Clavier bien tempéré ( ). Il composa aussi les Variations Goldberg ( 1742 ), les Variations canoniques ( 1747 ), l'Offrande musicale ( 1747 ) et l'Art de la fugue ( ).En 1747, il se rendit en compagnie de son fils Wilhelm Friedemann ( ) à la cour de Prusse pour y voir son second fils Carl Philipp Emanuel Bach, claveciniste depuis Il donna des concerts devant Frédéric II, dont il reçut les éloges pour ses improvisations. Pendant la dernière année de sa vie, Bach souffrit de troubles oculaires et mourut le 28 juillet 1750, après avoir subi sans succès une opération.L'œuvre de Bach s'inspire de traditions musicales d'Allemagne du Nord et du Sud, de France et d'Italie et en restitue une formidable synthèse.Bach fut essentiellement un autodidacte de la composition. Sa principale méthode d'apprentissage fut, comme c'était l'usage à son époque, de copier sur ses cahiers, la musique de différents compositeurs. Ainsi, Bach recopia-t-il intégralement l'œuvre du compositeur français Nicolas de Grigny ( ) et transcrivit Couperin. Il puisa dans la tradition de l'Allemagne du Nord, grâce à l'enseignement qu'il reçut de Georg Böhm, à Lunebourg, et de Buxthude à Lübeck. Bach subit aussi l'influence des compositeurs de l'Allemagne du Sud par le biais de l'enseignement de son frère aîné Johann Christoph qui était un élève de Johann Pachelbel. Enfin, Bach transcrivit pour le clavecin ou l'orgue les concertos de Vivaldi et du compositeur italien Benedetto Marcello ( ). Suite page suivante … Sommaire Quitter

16 Il poursuivit cet exercice sa vie durant et réalisa souvent des arrangements d'œuvres composées par d'autres compositeurs. Il utilisait ainsi toutes les ressources du langage musical disponible à l'époque baroque et pouvait combiner les motifs rythmiques des danses françaises, la grâce des mélodies italiennes et la complexité du contrepoint allemand dans une même composition. Le contrepoint constitue la base de la grammaire musicale de Bach. Une mélodie implique pour Bach un ensemble de mélodies indépendantes ou complémentaires. En imaginant des lignes mélodiques intriquées, Bach pouvait exprimer la texture complexe d'une fugue à plusieurs voix avec un instrument à mélodie unique, comme le violon ou le violoncelle. Dans chacune de ses œuvres, il établit un ensemble de combinaisons contrapuntiques qui caractérisent son style, parfaitement illustré avec l'Art de la fugue ( 1749 ). Ainsi, Bach développait un thème en l'associant à un autre, créant ainsi une union ou une opposition d'où résulte un troisième thème. Bach s'attachait à donner une transcription musicale symbolique à chaque idée ou image d'un texte religieux, en infléchissant la mélodie ou l'harmonie. Ainsi, chaque mot devait avoir son sens retranscrit musicalement. La musique est dès lors intimement liée au texte, l'ennoblissant admirablement grâce à son expressivité et son intensité spirituelle. Suite page suivante … Sommaire Quitter

17 Bach exprima à travers toutes ses compositions sa foi luthérienne, ce qui fit écrire à l'un de ses élèves, Gottlieb Ziegler : « Pour le jeu du choral, mon professeur, le maître de chapelle Bach, me l'enseigna de telle sorte que je ne joue pas les chorals simplement tels quels, mais d'après le sentiment indiqué par les paroles. » Alors qu'il était cantor à Leipzig, Bach composa près de deux cents chorals, œuvres au cœur de l'office luthérien. La cantate de l'office liturgique du dimanche est toujours construite sur le thème d'un choral qui sert de sujet au chœur initial. En effet, la plupart des cantates s'ouvrent sur une partie pour chœur et orchestre, se poursuivent avec une alternance de récitatifs et d'arias pour voix seules et accompagnement et se concluent sur le chant du même choral basé sur un simple hymne luthérien. Il nous reste deux cents cantates d'église alors qu'il aurait, d'après son fils Carl Philipp Emanuel Bach, composé cinq années de cantates pour tous les dimanches et fêtes de l'année, soit cinq cycles. Dans les Passions, le récitatif représente l'évangéliste et tient donc une place importante dans l'œuvre. Il a un caractère méditatif ou de commentaire. Le texte se fonde sur l'Évangile que retranscrit Bach avec beaucoup de lyrisme. Dans ses Passions, Bach se servait de deux chœurs plus un chœur d'enfants, de deux orchestres et de deux orgues, chaque élément répondant à l'autre. Ainsi Bach composa 166 chorals, 202 cantates, 2 oratorios de Pâques ( 1735 ) et de Noël (1734), les Passions de Saint-Jean ( 1722 ) et de Saint-Matthieu ( 1729 ), la Messe en si mineur ( 1732, 1737, 1749 ), 4 Messes brèves ( 1735 ), le Magnificat ( 1723 ) et 7 motets ( ). Suite page suivante … Sommaire Quitter

18 Bach composa des œuvres pour orgue tout au long de sa vie et fit de nombreuses improvisations sur cet instrument, ce qui lui valut les louanges de Frédéric II à Potsdam. Outre ses 166 chorals, l'œuvre pour orgue comprend 27 Préludes, Fantaisies, Toccatas et Fugues, compositions brillantes qui marquent l'influence qu'exercèrent sur Bach les organistes de l'Allemagne du Nord mais aussi, par la suite, d'Italie. Il composa aussi 6 Concertos, 6 Sonates en trio ( 1727 ), une Grande Passacaille en ut mineur ( 1716 ) et des pièces diverses. Son œuvre pour clavier est constituée principalement par le Clavier bien tempéré ( ) qui réunit deux fois 24 Préludes et Fugues et constitue une sorte de « manifeste » de la part de Bach qui joue de la modulation à l'infini. Bach écrivit encore pour le clavier trois recueils de Suites françaises ( 1722 ), anglaises ( ) et allemandes ( ), qui portent le titre de Partitas, un Concerto italien ( 1735 ), 16 Concertos transcrits d'après Vivaldi ( 1710 ), les Variations Goldberg ( 1742 ) et des pièces diverses. Bach écrivit ses œuvres pour orchestre alors qu'il était à Köthen et qu'il disposait d'un orchestre de 17 musiciens. Il écrivit tout d'abord ses quatre Suites pour orchestres ou Ouvertures ( ). Il réalisa une commande du margrave de Brandebourg avec 6 Concertos brandebourgeois ( 1721 ). Il composa par la suite 14 Concertos pour un, deux, trois, quatre clavecins et orchestre de 1727 à Enfin, son œuvre pour orchestre comprend aussi 4 Concertos pour un et deux violons et des concertos divers pour hautbois et violon, flûte, violon et clavecin.  Bach écrivit deux œuvres à la fin de sa vie qui sont la consécration et la synthèse de tout son art, l'Offrande musicale ( 1747 ), série de canons et fugues sur un même thème, et l'Art de la fugue ( 1749 ), resté inachevé, comprenant une série de 17 fugues, là encore sur un thème unique. L'œuvre de Bach, dans son ensemble, constitue le fondement de toute la musique occidentale moderne. Sommaire Quitter

19 un peu d'humour ! Sommaire Quitter

20 Mili Alekseïevitch Balakirev, ( ), pianiste, chef d'orchestre et compositeur russe membre du groupe des Cinq, né à Nijni-Novgorod, et formé dans sa ville natale ainsi qu'à l'université de Kazan. Il se rendit à Saint-Pétersbourg à l'âge de dix-huit ans, où il se lia d'amitié avec le compositeur russe Mikhail Glinka. En 1861, Balakirev, avec quatre autres compositeurs, créa le groupe des Cinq. Sous l'influence de Balakirev, les Cinq brisèrent les formes musicales en vigueur, utilisant des mélodies traditionnelles russes dans leurs compositions et des contes populaires comme thèmes de leurs opéras. Les quatre autres membres étaient Modest Moussorgski, Nikolaï Rimski-Korsakov, Alexandre Borodine et César Cui. En 1862, Balakirev contribua à la fondation de l'École libre de musique de Saint-Pétersbourg et en 1869, est devenu directeur de la Chapelle impériale et la Société impériale de musique. Parmi ses compositions, on trouve les poèmes symphoniques Tamara et Russie, ainsi que la fantaisie pour piano Islamey, l'une des œuvres les plus brillantes et les plus difficiles du répertoire de cet instrument. Il a également écrit pour le piano et la voix. Sommaire Quitter

21 BARTOK Sommaire Quitter

22 Béla Bartók, ( ), pianiste et compositeur hongrois marqué par la musique traditionnelle des Balkans et de Hongrie, et l’un des principaux compositeurs de la musique moderne. Né le 25 mars 1881 à Nagysentmiklós en Transylvanie ( aujourd’hui en Roumanie ), Béla Bartók étudia à Presbourg ( aujourd’hui Bratislava, Slovaquie ) et à Budapest, où il enseigna le piano à l’Académie royale ( ) puis travailla pour l’Académie des sciences ( ), qui lui demanda d’entreprendre le classement des chants populaires hongrois. En 1940, après le pacte que son pays passa avec Hitler, il émigra aux Etats-Unis. Chargé par la Columbia University de New York d’établir un recueil de musique serbo-croate ( ), il eut dans ce pays une vie difficile : il y rencontra peu de succès, donna peu de concerts et eut peu d’élèves. Influencé par le romantisme de Franz Liszt, sensible notamment dans la Symphonie Kossuth ( 1903 ), et par l’impressionnisme de Claude Debussy, dont le style se retrouve dans Image ( 1911 ), la musique de Bartók traduisit surtout un effort de synthèse et d’assimilation des influences traditionnelles. Avec son ami le compositeur Zoltán Kodály, il recueillit et analysa de façon systématique la musique traditionnelle hongroise et celle d’autres peuples. Cette collaboration aboutit à la production de douze volumes contenant des milliers de chansons traditionnelles hongroises et roumaines, ainsi que plusieurs centaines de chants de Turquie et d’Afrique du Nord, où il entreprit de nombreux voyages consacrés à la collecte de chansons. Suite page suivante … Sommaire Quitter

23 Bartók intégra rarement les chansons traditionnelles directement dans ses compositions, mais, comme dans les Danses populaires roumaines ( ) ou dans Mikrokosmos ( ), il assimila leurs caractéristiques dans un style très personnel, fait de gammes, de contours mélodiques et d’une puissance motrice reprenant les rythmes distinctifs de la musique traditionnelle des Balkans et de Hongrie.Pianiste brillant, il fut toujours très sensible aux couleurs du piano comme à celles de l'orchestre. Il écrivit de nombreuses études pour le piano. Les six volumes de Mikrokosmos, se composant de cent cinquante-trois pièces progressives pour piano, constituent une synthèse de son développement musical. Les Six Quatuors à cordes ( ) renouvellent un genre que Beethoven et Schubert avaient déjà porté à un haut degré de perfection. Bartók, alliant des mélodies marquées par leur inspiration populaire à un travail d’élargissement des harmonies, composa une musique fascinante, qui surprend. Parmi les autres compositions de Bartók figurent des œuvres vocales comme Vingt Chansons populaires hongroises ( 1911 ), la pantomime le Mandarin merveilleux ( 1919 ), des compositions pour piano comme l’Allegro barbaro ( 1911 ) et les Trois Concertos ( 1926, 1931, 1945 ), l’opéra le Château de Barbe-Bleue ( 1911 ), le ballet le Prince de bois ( ), des œuvres pour orchestre comme Concerto pour violon et orchestre ( ) et Concerto pour orchestre ( 1943 ), qui constitue, avec la Musique pour cordes, percussion et célesta ( 1936 ) et le Divertimento pour orchestre à cordes ( 1939 ), son œuvre la plus jouée.  Étranger aux écoles de son temps, Béla Bartók a suscité un mouvement d’intérêt pour les traditions populaires, qui a nourri la musique du XXe siècle. Sommaire Quitter

24 BEETHOVEN Sommaire Quitter

25 Ludwig van Beethoven, ( ), compositeur allemand, une des figures marquantes du classicisme. Né à Bonn, Beethoven grandit dans un environnement stimulant, bien que pas toujours heureux. Les signes précoces de son talent musical furent exploités de façon assez rude par son père, chanteur dans la chapelle de la cour du prince - électeur de Cologne. Il effectua au printemps 1787 un bref voyage à Vienne, où il rencontra Mozart. Sa mère mourut peu après son retour et bientôt l'alcoolisme de son père l'obligea à assurer lui-même l'entretien de la famille ( notamment de ses deux frères cadets ). Ses premières compositions furent écrites sous la tutelle de son maître Christian Gottlob Neefe ( ), organiste à la cour depuis 1782.S'en détache en particulier la Cantate sur la mort de l'empereur Joseph II( 1790 ). En novembre 1792, Beethoven se rendit une nouvelle fois à Vienne pour y étudier avec Joseph Haydn, dont il avait fait quelques mois plus tôt la connaissance à Bonn. Il ne devait plus quitter la capitale autrichienne. Il se forma également auprès du compositeur Johann Georg Albrechtsberger ( ) et d'Antonio Salieri, et s'imposa, notamment dans les milieux aristocratiques, par ses exécutions et ses improvisations au piano, composant beaucoup pour cet instrument ( sonates et concertos ). Sa première symphonie ne fut jouée qu'en 1800, et la même année fut terminée la série de six quatuors à cordes opus 18. C'est dans ces genres réputés difficiles que Haydn s'était particulièrement illustré et que Beethoven prit la relève. Les œuvres composées ensuite, dans les premières années du XIXe siècle, montrent qu'il avait parfaitement assimilé le style classique viennois, qu'il mena vers de nouveaux horizons. La période s'étendant de la symphonie n° 3 ( Eroica ), commencée en 1803, créée en privé en 1804 et en public en 1805, à la symphonie n° 8 ( 1812), est souvent qualifiée de « décennie héroïque » de Beethoven. Suite page suivante … Sommaire Quitter

26 La surdité croissante qu'il avait remarquée pour la première fois en 1789 suscita chez lui un sentiment d'isolement social de plus en plus fort. À l'automne de 1802, il rédigea son célèbre Testament de Heiligenstadt, lettre adressée à ses deux frères mais qui ne fut jamais envoyée : on le retrouva dans ses papiers après sa mort. Il en alla de même de la fameuse Lettre à l'immortelle bien-aimée ( 1812 ). Le mystère de l'identité de sa destinataire semble avoir été levé dans les années 1970 par le musicologue américain Maynard Solomon. Il s'agirait d'Antonie Brentano, épouse d'un marchand de Francfort et mère de quatre enfants. Pour d'autres, il s'agirait de Joséphine de Brunsvick, issue d'une famille aristocratique et qui, quelques années auparavant, avait apparemment répondu à l'amour du compositeur. De toute sa vie, Beethoven ne se lia cependant jamais définitivement avec une femme. Beethoven atteignit le sommet de sa gloire vers 1814, année aussi bien de la troisième et dernière version de Fidelio opéra chantant à la fois la liberté et l'amour conjugal que du congrès de Vienne. Après la mort de son frère cadet Casper Carl, en 1815, il mit toute son énergie dans une lutte juridique coûteuse avec sa belle-sœur pour obtenir la tutelle de son neveu Karl, né en La mère de Karl bénéficia tout d'abord d'un jugement favorable, mais Beethoven obtint finalement la tutelle. Il n'était cependant pas la personne idéale pour assumer un tel rôle, et Karl fit une tentative de suicide en 1826. Devenu totalement sourd vers 1818, Beethoven communiqua dans ses dernières années au moyen de ses Carnets de conversation sur lesquels les visiteurs écrivaient ce qu'ils avaient à dire, lui-même répondant oralement. Ils ont été en très grande partie conservés et constituent, de même que les esquisses qu'il laissa pour un grand nombre d'œuvres, une source précieuse de renseignements. Mais son « ami et confident » Anton Schindler n'hésita pas à falsifier certains passages des Carnets. Dans les années 1820, la gloire de Rossini porta ombrage à celle de Beethoven. La création de la Neuvième Symphonie en mai 1824 n'en fut pas moins un grand triomphe personnel. Beethoven mourut à Vienne, et plusieurs milliers de personnes suivirent son convoi funéraire. Suite page suivante … Sommaire Quitter

27 Beethoven a composé neuf symphonies, sept concertos ( cinq pour piano, un pour violon et violoncelle ), seize quatuors à cordes ( auxquels il faut ajouter la Grande Fugue ), trente-deux sonates pour piano, dix sonates pour piano et violon, et cinq sonates pour piano et violoncelle, un opéra ( Fidelio ), deux messes, plusieurs ouvertures, des musiques de scène ( dont celle pour Egmont de Goethe ), un ballet ( les Créatures de Prométhée ), de nombreuses séries de variations pour piano ( dont les Variations Diabelli ), des lieder, etc. Il mena à son terme le « style classique » de Haydn et de Mozart, mais avec une exaltation des sentiments personnels inconnue avant lui et qui le fit qualifier de « romantique ». En réalité, notamment par son côté tribun et par son idéalisme, Beethoven fut un vrai fils de la Révolution française : on ne trouve pas chez lui le repli sur soi si caractéristique d'une partie de la génération romantique en Toujours est-il que la postérité devait donner à son œuvre les prolongements artistiques et humains les plus variés. Dans ses premières années viennoises, Beethoven oscilla en quelque sorte entre la tentation mondaine et la poursuite des idéaux de Haydn et de Mozart. Les grandes œuvres de la « décennie héroïque » relèvent très nettement de la seconde tendance, qu'elles soient particulièrement vastes comme la symphonie n° 3 ( Eroica ) ou le Cinquième Concerto pour piano ( 1809, dit de l'Empereur ), ou de structure plus condensée comme la symphonie n° 5 ( 1808 ) ou la sonate Appassionata ( 1804 ), ou plus détendue, comme la symphonie n° 6, dite Pastorale ( 1808 ). L'achèvement de la symphonie n° 8 ( 1812 ) et, la même année, la fin des espoirs d'une relation heureuse avec l'immortelle bien-aimée, laissèrent Beethoven dans une grande incertitude musicale et humaine. Les quelques ouvrages des années immédiatement postérieures cycle de mélodies An die ferne Geliebte ( « À la bien-aimée lointaine », 1816 ), la Sonate pour piano en la majeur opus 101 ( 1816 )  adoptent une tournure expérimentale tout en retrouvant les structures plus lâches des années C'est dans de telles pages que Beethoven paraît le plus proche de la génération romantique naissante. En 1818 cependant, la vaste Sonate en si bémol majeur, opus 106 ( Hammerklavier ), d'une longueur et d'une difficulté inégalées, renoua avec les structures serrées du style « héroïque ». Suite page suivante … Sommaire Quitter

28 Les œuvres de la dernière période de la vie de Beethoven se définissent toutes par un caractère individuel que les compositeurs suivants ont admiré mais rarement pu imiter. La Neuvième Symphonie et la Missa solemnis reflètent sa vision globale d'une humanité idéalisée prenant racine dans une divinité suprême plutôt que dans la doctrine catholique romaine. Le style tardif de Beethoven se manifeste aussi dans les trois dernières sonates pour piano opus 109 à 111 ( ) et dans les cinq derniers quatuors à cordes ( ), qui furent d'abord jugés inaccessibles avant d'être considérés comme une des plus hautes manifestations de l'esprit humain. Un des legs de Beethoven fut le changement de l'image du compositeur, jadis considéré comme un artisan travaillant sur ordre de l’église ou d'un aristocrate protecteur ( rôle qu'à leurs débuts, Haydn et Mozart avaient adopté d'assez bon cœur ), désormais ( du moins en principe ) artiste indépendant vivant de sa production, sorte de grand - prêtre laïque. Son influence musicale fut à la fois vaste ( rares furent au XIXe siècle et au début du XXe siècle les compositeurs qui ne se réclamèrent pas d'une façon ou d'une autre de lui ) et assez limitée ( une quelconque imitation directe était hors de question ).Par beaucoup d'aspects, Franz Schubert, son contemporain à Vienne après 1815, lui tourna le dos. Johannes Brahms ne fit quant à lui jouer sa première symphonie qu'à quarante ans passés : l'exemple de Beethoven s'était révélé paralysant. De Richard Wagner il n'existe aucune symphonie de maturité : c'est dans ses opéras qu'il paya sa dette à Beethoven. Franz Liszt paya la sienne dans son unique sonate pour piano, de structure absolument radicale. Pour la symphonie et le quatuor à cordes, ce n'est que dans les dernières années du XIXe siècle et dans les premières du XXe, avec Bruckner, Mahler et l'opus 7 de Schoenberg, que l'héritage de Beethoven fut pleinement assumé. Suite page suivante … Sommaire Quitter

29 SES PRINCIPALES OEUVRES
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30 un peu d'humour ! Sommaire Quitter

31 BELLINI Sommaire Quitter

32 Vincenzo Bellini, ( ), compositeur italien, l'un des maîtres du bel canto, auteur de Norma. Né à Catane, en Sicile, il fut élève du conservatoire de musique de Naples. La première de son premier opéra, Adelson e Salvina, en 1825, lui amena l'appui de Domenico Barbaja, directeur de l'Opéra de Naples, le San Carlo, et de la Scala de Milan. Barbaja commanda à Bellini deux opéras : Bianca e Fernando pour le Teatro San Carlo en 1826 et Il Pirata pour la Scala en Ces deux opéras remportèrent un vif succès, tout comme La Straniera ( L'Étrangère, 1829 ) et Capuleti ed i Montecchi ( 1830 ). En 1831 furent créés les deux opéras les plus célèbres de Bellini, la Somnambule et son chef-d'œuvre, Norma, qui lui valurent une renommée internationale. Ces opéras furent suivis, en 1833, par une œuvre moins reconnue, Beatrice di Tenda, et, en 1835, par son œuvre ultime, Puritani. Bellini était un artiste méticuleux et perfectioniste. Il composait pour des chanteurs qui étaient les maîtres du bel canto, un style de chant qui donnait la primeur à l'agilité vocale et à la précision. Il était très soucieux des liens entre texte et musique et choisissait ses livrets avec soin. Ses opéras, souvent d'inspiration romantique, doivent leur force dramatique à des mélodies simples, belles, unanimement admirées pour leur pureté. Sommaire Quitter

33 Alban Berg, ( ), compositeur autrichien, élève d'Arnold Schoenberg, auteur de Wozzeck.Né à Vienne le 9 février 1885, il fut l'élève d'Arnold Schoenberg, pionnier du système dodécaphonique. La musique de Berg se caractérise par une utilisation nuancée et personnelle de ce système.  La première œuvre terminée sans la supervision de Schoenberg fut les Altenberg Lieder ( 1912 ), d'après des esquisses poétiques du poète Peter Altenberg. On y remarque l'influence de compositeurs romantiques comme Richard Wagner et Gustav Mahler. Dans ses Trois Pièces pour orchestre, écrites en 1914 à l'occasion du quarantième anniversaire de Schoenberg, il développe une idée de son maître, celle d'écrire « une suite de pièces de caractère pour orchestre ». Son opéra Wozzeck, inspiré par le drame de Georg Büchner, fut représenté pour la première fois en Wozzeck est devenu le symbole de l'opéra expressionniste et un témoignage du premier après-guerre. Un deuxième opéra, Lulu, inachevé, fut édité à titre posthume. Sa dernière œuvre achevée est le concerto pour violon À la mémoire d'un ange, hommage à la mémoire de Manon Gropius, fille de l'architecte allemand Walter Gropius et d'Alma Mahler, veuve de Gustav Mahler. La partition est construite à partir d'une séquence à douze tons, d'une mélodie populaire autrichienne et d'un cantique du XVIIe siècle qui avait déjà été utilisé par Jean-Sebastian Bach dans sa Cantate, BWV 60. Sommaire Quitter

34 Luciano Berio, ( ), compositeur italien de musique électroacoustique. Né à Oneglia, en Italie, Berio a étudié la musique avec son père, qui était organiste, avant de s‘inscrire dans une école de musique à Milan. En 1950, il a épousé la soprano américaine Cathy Berberian, qui a été par la suite l‘interprète privilégiée de son œuvre. En 1951, il partit aux États-Unis pour étudier avec Luigi Dallapiccola, chef de file de l'avant-garde italienne. Ce séjour l‘aida à élargir le champ de ses perspectives musicales en électroacoustique. En 1954, après son retour en Italie, il participa à la fondation du célèbre centre de musique électronique de Milan, le Studio di fonologia musicale, qu‘il dirigea de 1954 à Entre 1965 et 1972, il enseigna à la Juilliard School de New York et, de 1976 à 1979, collabora régulièrement avec l‘Ircam à Paris. En 1988, il fonda le studio de musique électronique Tempo Reale à Florence.  De 1958 à 1988, Berio composa une série de onze Sequenze, œuvre pour instrument solo. Ces Sequenze ont eu pour les instrumentistes une grande importance dans l‘établissement d‘un répertoire expérimental. En 1969, il composa Sinfonia, qui a mis en lumière une autre de ses préoccupations : la fabrication d‘une œuvre qui fonctionnerait simultanément à différents niveaux  psychologique, sensuel, artistique. On peut apprécier le résultat tangible de ses recherches dans le scherzo, où il cite, en toile de fond, un mouvement de la Deuxième symphonie de Mahler, à laquelle s'ajoute un collage de fragments chantés et parlés par huit chanteurs solistes, et de brèves interventions de l‘orchestre. Ce souci de niveaux fonctionnant simultanément trouve sa pleine expression dans les opéras de Berio. Dans la Vera Storia ( 1978, sur un livret d‘Italo Calvino ), la seconde moitié de l‘œuvre illustre le même texte que la première, alors que le décor, les personnages, ainsi que la structure musicale changent totalement. La seconde moitié peut donc être considérée comme un commentaire de la première ou comme une lecture différente de celle-ci   Les autres opéras majeurs de Berio sont Opera ( 1970 ) et Un Re in ascolto ( 1983 ). Sommaire Quitter

35 BERLIOZ Sommaire Quitter

36 Hector Berlioz, ( ), compositeur français qui exerça une influence déterminante sur l'art symphonique et lyrique et qui fut l'une des figures marquantes du romantisme musical. Né à La Côte-Saint-André, dans l'Isère, le 11 décembre 1803, Louis Hector Berlioz commença l'étude de la musique à douze ans. Il se rendit à Paris en 1821 pour y faire des études de médecine, qu'il abandonna pour se consacrer à la composition. Sa première œuvre importante, la Messe solennelle, date de 1825, ainsi que la Révolution grecque, inspirée par le soulèvement des Grecs contre la domination ottomane. Il entra alors au conservatoire de Paris où il étudia la composition auprès de Jean-François Lesueur, et le contrepoint et la fugue auprès d'Anton Reicha. Après trois tentatives infructueuses, il remporta le grand prix de Rome avec la Mort de Sardanapale, créée à Paris en 1830. La même année, Berlioz écrivit la Symphonie fantastique, créée au conservatoire de Paris en décembre 1830 et qui connut un immense succès. L'œuvre, sous-titrée Episodes de la vie d'un artiste, en rupture avec le schéma traditionnel des symphonies, est structurée comme un drame en cinq mouvements, qui sont intitulés respectivement « Rêveries et Passions », « Un bal », « Scène aux champs », « Marche au supplice » et « Songe d'une nuit de sabbat », chacun d'eux évoquant une attitude émotionnelle et représentant des variations d'une « idée fixe » ( motif récurrent ). D'une forme révolutionnaire, la Symphonie fantastique mettait Berlioz au tout premier rang du romantisme européen. Grâce à la modernité de son orchestration, à la force expressive des couleurs et timbres et à l'utilisation très personnelle du contrepoint, le jeune compositeur signa ici, à vingt-sept ans, un chef-d'œuvre de l'histoire musicale du XIXe siècle, dépassant le modèle romantique beethovenien. L'obtention du grand prix de Rome, en 1830, permit à Berlioz de s'installer en Italie, où il composa deux ouvertures, le Roi Lear ( 1831 ) et Rob Roy ( 1832 ). Son monodrame lyrique pour soli, chœur et orchestre, intitulé Lélio ou le Retour à la vie ( 1831 ), fut conçu comme une continuation de la Symphonie fantastique. Il écrivit sur une commande de Paganini Harold en Italie ( 1834 ) pour alto solo et orchestre, inspiré d'un poème de George Byron. Suite page suivante … Sommaire Quitter

37 De 1834 à 1837, Berlioz travailla à l'opéra Benvenuto Cellini, créé sans succès à l'Opéra de Paris en Parallèlement, il devint critique musical au Journal des débats de 1833 à 1863 et, à partir de 1834, à la Gazette musicale. Berlioz, qui aborda la direction d'orchestre en 1835, dirigea un grand nombre de ses œuvres par la suite. En 1837, il composa, sur commande du gouvernement, la Grande Messe des morts ( Requiem ), pour laquelle il exigea un effectif choral et instrumental exceptionnel. En 1839, il obtint le poste de bibliothécaire au conservatoire de Paris et fut nommé chevalier de la Légion d'honneur. Il acheva cette même année sa symphonie dramatique Roméo et Juliette, d'après Shakespeare. L'année suivante, répondant à une commande du gouvernement, il dirigea sa Symphonie funèbre et triomphale, pour le dixième anniversaire des Trois Glorieuses. En 1845, Berlioz remania une œuvre de jeunesse, les Huit Scènes de Faust, d'après Goethe, qui devint la Damnation de Faust, « légende dramatique » créée sous sa direction à l’Opéra-comique, sans grand succès. À partir de 1847, il connut un grand succès en Europe, notamment en Russie, en Angleterre ( 1848 ), à Weimar (1852), sur l'invitation de Franz Liszt, à Berlin, à Vienne et à Prague. À Paris, il dirigea l'oratorio l'Enfance du Christ ( 1854 ), accueilli par un triomphe, son Te Deum ( 1855 ) et l'Impériale ( 1855 ) pour la remise des prix par Napoléon III lors de l'Exposition universelle. Pour diriger l'Impériale, Berlioz requit 1 200 instrumentistes, d'importants chœurs et un orchestre de musique militaire. Il poursuivit son travail de critique et de musicologue, publiant un Traité d'instrumentation et de chef d'orchestre ( 1843 ) et l'Art du chef d'orchestre ( 1856 ). Suite page suivante … Sommaire Quitter

38 Un musicien incompris dans son pays
Berlioz se consacra ensuite avec génie à l'art lyrique. Cependant, ses opéras les Troyens à Carthage ( , représenté en 1863 ), tiré de l'Énéide de Virgile, Beatrix et Benedict ( 1862 ), d'après Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, ne rencontrèrent à Paris qu'un accueil réservé voire hostile, tandis que ses œuvres connaissaient un triomphe à l'étranger. La Damnation de Faust remporta un immense succès à Vienne en Incompris de la plupart de ses contemporains, Berlioz mourut frappé de congestion cérébrale le 8 mars 1869, à Paris. Romantique et dramatique, l'œuvre de Berlioz révèle un talent poétique et visionnaire. Décrié par certains de ses contemporains, il exerça une influence notable sur les plus grands compositeurs de son temps, notamment Richard Wagner, Franz Liszt et le groupe des Cinq en Russie. Sommaire Quitter

39 BERNSTEIN Sommaire Quitter

40 Leonard Bernstein, ( ), compositeur, chef d'orchestre et pianiste américain. Né à Lawrence Massachusetts ), il étudia à l'université Harvard et au Curtis Institute of Music de Philadelphie. Il étudia la composition auprès de Walter Piston et, après y avoir été encouragé par Dimitri Mitropoulos, la direction d'orchestre auprès de Fritz Reiner et de Serge Koussevitzky. En 1943, Bernstein fit ses débuts en tant que chef d'orchestre. Il eut brièvement l'occasion de diriger l'orchestre philarmonique de New York en remplacement de Bruno Walter, souffrant. Par la suite, il dirigea en titre le New York City Center Orchestra pendant la période , enseigna au Berkshire Music Center ( ) et à Brandeis University ( ), puis dirigea le New York Philharmonic Orchestra ( ), avec lequel il réalisa de nombreux enregistrements, en tant que chef d'orchestre et pianiste solo. Lorsqu'il prit sa retraite en 1969, le titre de « chef d'orchestre lauréat » lui fut décerné à vie. Il joua un rôle important dans l'établissement de la popularité moderne de Gustav Mahler ( en procédant au premier cycle complet d'enregistrements de ses symphonies ) et de Charles Ives, dont la 2e symphonie avait été donnée pour la première fois en 1952. Les compositions éclectiques et passionnées de Bernstein furent créées dans une grande variété de formes; elles incluent trois symphonies écrites pour des comédies musicales : On the Town ( 1944 ), Wonderful Town ( 1953 ) et West Side Story ( 1957 ). Il a également composé l'opérette Candide ( 1956 ); l'opéra Trouble in Tahiti ( 1952 ), plus tard repris dans A Quiet Place ( 1984 ); Chichester Psalms ( 1965 ), pour chœur et orchestre; les ballets Fancy Free ( 1944 ) et The Dybbuk Variations ( 1974 ); une messe ( 1971 ) pour « chanteurs, danseurs et instrumentistes » ; et le cycle de chansons Arias and Barcarolles ( 1989 ). En 1985, il se vit décerner le prix Grammy Lifetime Achievement Award. Bernstein est l'auteur d'un certain nombre d'ouvrages dont The Joy of Music ( 1959 ); Young People's Concerts for Reading and Listening ( 1962, révisé en 1970 ), adaptation d'un spectacle télévisé du même nom; The Infinite Variety of Music ( 1966 ); et The Unanswered Question : Six Talks at Harvard ( 1976 ), recueil de conférences qu'il avait données à Harvard. Sommaire Quitter

41 Georges Bizet, ( ), compositeur français, dont la postérité a retenu deux œuvres écrites à la fin de sa vie, la suite d’orchestre l’Arlésienne et l’opéra Carmen. Né dans une famille de musiciens  son père, Adolphe Bizet, était professeur de chant et compositeur, sa mère, Aimée Delsarte, pianiste , Georges Bizet obtint en 1852 un premier prix de piano au Conservatoire de Paris. Il travailla la composition dans la classe de Jacques Halévy et sous la direction de Charles Gounod. Il épousa en 1869 Geneviève Halévy qui, des années plus tard, servit de modèle à Marcel Proust pour le personnage de la duchesse de Guermantes.    Bizet chercha sans cesse à se perfectionner, allant jusqu’à détruire des œuvres comme la Guzla de l’Émir ( 1862 ), un opéra en un acte, parce qu’elles ne répondaient pas à ses ambitions musicales. Dès sa Symphonie n° 1 en ut majeur ( 1855 ), chacune de ses œuvres, notamment ses pièces pour piano (nocturnes, valses), ses mélodies ( Chanson d’avril, Chanson de la rose ), ses opérettes ( le Docteur miracle, 1856 ; Malbrough s’en va-t-en guerre, 1867 ), ses opéras ( Don Procopio, 1859 ; les Pêcheurs de perles, 1863 ; la Jolie Fille de Perth, 1866 ; Djamileh, 1871 ), marqua une étape nouvelle qui inaugurait une technique inédite et des perspectives plus vastes. Musique de scène, composée pour accompagner le drame d’ Alphonse Daudet, l’Arlésienne ( 1872 ) connut un échec lors de ses premières représentations. La formule du drame musical ne touchait plus le public qui attendait davantage d’action et moins de paroles. Cependant Bizet trouva dans ce travail l’occasion d’approfondir les relations entre le texte et la musique. De plus, le nombre restreint de musiciens dans l’orchestre l’obligea à soigner particulièrement ses effets. Encouragé par Massenet, l’un de ses pairs, à ne pas abandonner son œuvre, Bizet tira de sa partition une suite d’orchestre qui s’imposa rapidement par la beauté de ses thèmes et la qualité de son orchestration. Suite page suivante … Sommaire Quitter

42 La gloire posthume Comme l’Arlésienne, Carmen ( 1875 ) fut d’abord accueillie froidement. Halévy et Meilhac avaient écrit le livret à partir d’une nouvelle de Mérimée. S’ils avaient su tirer du personnage de Carmen un véritable mythe, la musique de Bizet leur était restée étrangère. Ils la jugeaient étourdissante et trop complexe. Seul Théodore de Banville eut, dès les premières représentations, l’intuition de la grandeur de cet opéra. Il publia dans le National, le 8 mars 1875, un article de fond, dans lequel il analysait la transformation des conventions lyriques à l’œuvre dans Carmen : le réalisme de la passion, la fonction dramaturgique de la musique, qui devenait un véritable porte-parole des tourments et emportements des personnages. Le succès n’arriva qu’après la mort du compositeur, le 2 juin Les musiciens les plus célèbres rendirent hommage à son œuvre inventive : Wagner vanta la qualité des idées musicales de Bizet et Tchaïkovski déclara que Carmen traduisait « les efforts de toute une époque musicale » et qu’il était persuadé que dans dix ans ce serait « l’opéra le plus populaire ». Cette prédiction se réalisa en effet. Dépassant les limites du monde occidental, Carmen triompha en Chine et au Japon, et c’est l’opéra le plus joué aujourd’hui. Il fut adapté au cinéma par Cécil B. DeMille et par Charlie Chaplin et Roland Petit en tira un ballet.La musique de Bizet a inspiré des pianistes prestigieux, dont Ferrucio Busoni, qui reprit dans sa Sixième sonatine ( 1920 ), sous forme de fantaisie, les thèmes de Carmen. Nietzsche, pour sa part, exprima son enthousiasme au sujet de l’opéra de Bizet par cette phrase : « Cette musique me semble parfaite » Sommaire Quitter

43 Ernest Bloch, ( ), compositeur américain d'origine suisse, célèbre pour ses œuvres fondées sur des thèmes empruntés à la musique juive et qui exerça une grande influence sur la musique américaine en tant que pédagogue. Né à Genève, Bloch étudia le violon avec l'artiste belge Eugène Ysaye et la composition avec, entre autres, le compositeur et pédagogue suisse Emile Jaques-Dalcroze. Abandonnant sa carrière européenne d'enseignant et de chef d'orchestre, il se rendit aux États-Unis en 1916 et acquit la nationalité américaine en En 1917, il commença à enseigner à la David Mannes School of Music ( aujourd'hui Mannes College of Music ) de New York. Il fonda le Cleveland Institute of Music en 1920, qu'il dirigea jusqu'en 1925 avant d'assumer la direction du Conservatoire de San Francisco de 1925 à Au cours de la décennie suivante, il travailla en Europe. De 1940 à 1952, il fut professeur de musique à l'université de Californie à Berkeley. Les compositions les plus achevées de Bloch sont celles qui explorent le langage chargé d'émotions de la musique traditionnelle hébraïque, mais toute sa musique est marquée par une grande intensité de sentiments et par une rare complexité technique. Parmi ses œuvres principales figurent l'opéra Macbeth ( 1910 ), la symphonie Israel ( 1915 ), la rhapsodie hébraïque pour violoncelle et orchestre Schelomo ( 1916 ), une œuvre pour violon et piano Baal Shem ( 1925 ; nouvelle version, 1941 ) ; le Concerto Grosso, pour cordes et piano ( 1925 ) ; le Service sacré, une musique pour le service du sabbat ( ) ; Voice in the Wilderness, pour violoncelle et orchestre ( 1937 ) et cinq quatuors à cordes ( entre 1916 et 1956 ). Bloch eut parmi ses élèves les compositeurs américains Roger Sessions, George Antheil et Randall Thompson. En 1942, il fut le premier musicien à recevoir la médaille d'or de l'American Academy of Arts and Letters. Sommaire Quitter

44 Luigi Rodolfo Boccherini, ( 1743-1805 ), compositeur italien connu pour sa musique de chambre.
C'est l'un des premiers virtuoses du violoncelle. Né à Lucques et formé à Rome, il fit un bref passage dans l'orchestre du compositeur italien Giovanni Battista Sammartini avant d'être nommé compositeur de l'infant don Louis d'Espagne et compositeur de la chambre du roi de Prusse Frédéric-Guillaume II. La majorité de ses plus de trois cent cinquante œuvres sont des trios, des quatuors et des quintettes pour cordes. Ses compositions, caractérisées par une grande élégance et par le raffinement du style léger du post-baroque populaire à cette époque, donnent une place importante au violoncelle. Le quintette en mi majeur ( op. 13 n° 5, également numéroté op. 11 ) est particulièrement connu pour son menuet. Ses œuvres pour violoncelle incluent six sonates pour violoncelle et basse continue et quatre concertos. Il composa également deux opéras et une messe. Sommaire Quitter

45 François Adrien Boieldieu, ( 1775-1834 ) compositeur français, célèbre auteur d'opéras-comiques.
Né à Rouen, il fit jouer dans sa ville natale la Fille coupable ( 1793 ), puis s'installa à Paris, où il débuta avec la Famille suisse ( 1797 ). Sa production instrumentale (sonates, concerto pour piano, concerto pour harpe) cessa dès lors pratiquement. Après le succès du Calife de Bagdad ( 1800 ) et de Ma tante Aurore ( 1803 ), il devint directeur de la musique à l'Opéra impérial à Saint-Pétersbourg, durant sept années calmes mais improductives ( ). De retour en France, il donna Jean de Paris ( 1812 ) et, en 1817, succéda à Méhul comme professeur au Conservatoire de Paris. Son chef-d'œuvre, la Dame blanche ( 1825 ), est un sommet non seulement de l'opéra-comique français, dont il constitue la dernière manifestation d'envergure, mais aussi du romantisme légendaire et féerique, souvent inspiré par le Moyen Âge et illustré également par le célèbre compositeur allemand Carl Maria von Weber, des années 1820. Sommaire Quitter

46 Alexandre Borodine, ( 1833-1887 ) chimiste et compositeur russe, membre du groupe des Cinq.
Il fut l'un des premiers compositeurs russes à jouir d'une vraie renommée internationale. Né à Saint-Pétersbourg, il y fit des études de chimie et de médecine à l'Académie médico-chirurgicale et publia d'importants articles scientifiques. En 1872, il participa à la fondation d'une école de médecine pour femmes. La composition était pour lui un passe-temps. Pourtant, il commença assez tôt l'étude de la musique et composa un concerto pour flûte dès l'âge de treize ans. Quelques années plus tard, il adhéra au cercle de musique du compositeur russe Mili Balakirev et devint l'un des membres du groupe des Cinq (avec Balakirev, Cui, Moussorgski, et Rimski-Korsakov), un groupe de musiciens qui défendait la culture et la conscience nationale russe. Il composa sa première œuvre célèbre, la 1re Symphonie en mi bémol entre 1862 et En 1869, il commença l'écriture de l'opéra le Prince Igor, dont le livret s'inspire d'une épopée, le Dit de la bataille d'Igor. Il le laissa inachevé mais en réutilisa les parties terminées dans sa Symphonie en si mineur ( ). Il reprit l'écriture du Prince Igor mais mourut avant de l'avoir terminé. L'opéra fut achevé et monté par les compositeurs Nikolaï Rimski-Korsakov et Alexandre Glazounov. Citons, parmi les œuvres importantes de Borodine, les Bogatirs ( opéra, 1867 ), Dans les steppes de l'Asie centrale ( poème symphonique, 1880 ), deux quatuors à cordes ( 1879 et 1881 ) et plusieurs mélodies. Sommaire Quitter

47 André Boucourechliev, ( 1925- ), compositeur et musicologue français d'origine bulgare.
Installé à Paris en 1949, il travailla au studio di Fonologia de la RAI ( ), à Milan, et s'imposa avec Grodek ( 1963 ), œuvre pour soprano, flûte et 3 percussions d'après Georg Trakl, puis avec la série des cinq Archipels, composée d'Archipels I.IV et d'Anarchipel ( ). En 1978 fut créé à Avignon son opéra le Nom d'Œdipe. Assistant d'Olivier Messiaen au Conservatoire de Paris ( ), il enseigna la musicologie à l'université d'Aix-en-Provence ( ) et publia Schumann ( 1956 ), Beethoven ( 1963 ), Igor Stravinsky ( 1982 ), Essai sur Beethoven ( 1991 ), le Langage musical ( 1993 ) et Dire la musique ( recueil d'articles, 1994 ). Il composa récemment les Cheveux de Bérénice ( Genève 1988 ), Quatuor III ( 1993 ) et Trois fragments de Michel-Ange pour soprano, flûte et piano ( 1995 ). Sommaire Quitter

48 Nadia Boulanger, ( ) professeur, compositeur et chef d'orchestre français, qui influença de nombreux compositeurs de renom, en particulier américains. Née à Paris, elle fut l'élève du compositeur français Gabriel Fauré. En 1918, après la mort de sa sœur Lily, qui était aussi un compositeur doué, elle cessa de composer et se consacra à l'enseignement. Nadia Boulanger a donné des cours au Conservatoire de Paris ( de 1909 à 1924 et après 1946 ), à l'École normale de musique à Paris ( ) et au conservatoire américain de Fontainebleau, qu'elle dirigea en Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle enseigna dans divers collèges américains et compta parmi ses élèves de nombreux compositeurs, notamment Elliott Carter, Aaron Copland, Walter Piston, Roger Sessions et Virgil Thomson. Elle eut également pour élèves les compositeurs français Jean Françaix et Michel Legrand, et le compositeur anglais sir Lennox Berkeley. En tant qu'enseignante, elle n'imposait aucun style de composition spécifique. Sa démarche consistait, au contraire, à identifier et à développer chez chacun de ses élèves son style propre en les soumettant à un large éventail d'influences esthétiques, une approche qui se reflète dans la diversité des styles de ceux qui suivirent son enseignement. En tant que chef d'orchestre, elle fut parmi les premiers à remettre au goût du jour la musique baroque, dont celle de Monteverdi dans les années 1930, et la première femme à diriger de grands orchestres comme la Royal Philarmonic Society de Londres ( 1937 ), l'Orchestre symphonique de Boston ( 1938 ) et l'Orchestre philharmonique de New York ( 1939 ). Sommaire Quitter

49 BOULEZ Sommaire Quitter

50 Pierre Boulez, ( ) compositeur et chef d'orchestre français contemporain, fondateur de l'IRCAM. Né le 26 mars 1925 à Montbrison, il étudia au Conservatoire de Paris, où son professeur le plus marquant fut Olivier Messiaen. En 1948, Boulez devint directeur musical de la compagnie Renaud-Barrault au théâtre Marigny à Paris. Pendant les années 1950, il composa un grand nombre de pièces très complexes, s'appuyant sur le système dodécaphonique ( Structures , pour 2 pianos, ) et devint l'un des principaux compositeurs étendant les principes sériels à tous les paramètres de la musique : dynamique, rythme, timbre, ainsi que hauteur sonore. Lors des séminaires d'été organisés chaque année à Darmstadt, il exerça une profonde influence (avec Karlheinz Stockhausen) sur la musique avant-gardiste européenne de l'après-guerre, contribuant à la création d'un nouveau langage fait de techniques et de gestes musicaux. Outre plusieurs compositions pour piano, ses œuvres comprennent notamment Le Visage nuptial pour chœur et orchestre ( ), Le Soleil des eaux pour soli, chœur et orchestre ( 1948 ), Polyphonie X pour 18 instruments (1951), Le Marteau sans maître pour contralto et six instruments ( ), un cycle de chansons orchestrales Pli selon pli ( ), Domaines ( 1968 ), pour clarinette solo et 21 instruments.  Dans les années 1960, il s'est fait connaître en tant que chef d'orchestre « invité » de l'orchestre de Cleveland. Il a été chef et directeur musical du New York Philharmonic ( ) et de l'orchestre de la BBC ( ). Sa direction d'orchestre a toujours été axée sur sa propre œuvre et sur celle de ses contemporains, mais il est également connu pour ses interprétations du répertoire standard, en particulier de Stravinsky et Debussy. En 1976, il a dirigé la production du centenaire du cycle Der Ring des Nibelungen de Wagner à Bayreuth.  Depuis les années 1970 Boulez assume d'importantes responsabilités dans la vie musicale française : en 1974, il a fondé à Paris l'Institut de recherche et de coordination acoustique musique (IRCAM), l'un des studios de musique électronique les plus avancés du monde, qu'il dirigera jusqu'en En 1976 il a été nommé à la tête d'un prestigieux groupe instrumental français, l'Ensemble Inter Contemporain. Sommaire Quitter

51 un peu d'humour ! Sommaire Quitter

52 BRAHMS Sommaire Quitter

53 Johannes Brahms, ( ), compositeur allemand, l'un des plus grands maîtres de la musique du XIXe siècle, dont l'œuvre associe classicisme et romantisme. Né à Hambourg le 7 mai 1833, Johannes Brahms étudia le violon et le violoncelle avec son père, contrebassiste à l'orchestre de la Société philharmonique de Hambourg. Il apprit le piano avec le professeur Otto Cossel et joua en public, à l'âge de dix ans, dans un ensemble de musique de chambre. Il commença à composer ( deux Sonates pour piano, op. 1 et op. 2, Gesänge op. 3 ) sur les conseils du professeur de musique Eduard Marxsen. Pour gagner sa vie, Brahms joua du piano dans les tavernes et brasseries de la ville. En 1853, Brahms partit pour une tournée de concerts, en tant qu'accompagnateur du violoniste hongrois Eduard Reményi ( ). Au cours de cette tournée, il rencontra Joseph Joachim, un autre violoniste hongrois qui l'introduisit à Düsseldorf auprès de Robert Schumann. Après cette rencontre, Schumann nota dans son journal intime : « Visite de Brahms, un génie !!! » et rédigea un article élogieux pour la revue Neue Zeitschrift für Musik ( « Nouveau Journal pour la musique » ), paru en octobre Brahms s'attacha d'une affection profonde à Schumann et à sa femme Clara Schumann, pianiste célèbre dont il reçut toujours de nombreux encouragements. Des biographes prétendent que Brahms était profondément amoureux de Clara, mais il ne la demanda jamais en mariage après la mort de Schumann, en 1856, et il resta célibataire.Tout en se consacrant à ses travaux de composition, Brahms continua à effectuer des tournées dans les grandes villes d'Allemagne. En 1857, il obtint le poste de maître de chapelle de la cour du prince de Lippe-Detmold, qu'il conserva jusqu'en Il voyagea ensuite pendant plusieurs années en Allemagne et en Suisse. Suite page suivante … Sommaire Quitter

54 Le compositeur se rendit à Vienne en 1863 pour s'y installer définitivement. Il occupa la fonction de chef d'orchestre de la Singakademie ( « Académie chorale » ), poste qu'il quitta un an plus tard pour se consacrer exclusivement à la composition. En 1872, il accepta la direction de la Gesellschaft der Musikfreunde ( « Société des amis de la musique » ). Mais, en 1875, il démissionna de ce poste pour à nouveau se consacrer à la composition. Opposé aux innovations de Liszt et de Wagner qui rompaient avec les règles du classicisme musical, Brahms fut la cible de nombreuses attaques de la part des partisans du «!modernisme!» de ces deux compositeurs romantiques. Il mourut d'un cancer du foie, et une grande foule assista à son enterrement.   Brahms composa la Sonate op. 5 pour clavier d'inspiration romantique en 1853 et ses Quatre Ballades op. 10 avant de se lancer dans l'écriture de la musique de chambre avec le Trio pour piano et cordes op. 8 ( 1854 ).La première œuvre majeure qu'il présenta au public fut le Concerto en ré mineur pour piano n° 1, qu'il donna à Leipzig en Cette composition, imprégnée d'un romantisme exacerbé, subit un échec. Brahms composa à cette même époque trois autres œuvres majeures, les Variations et Fugue sur un thème de Haendel pour piano, op. 24 ( 1861 ), le Sextuor à cordes op. 18 ( ) ainsi que deux Quatuors pour piano et cordes, op. 25 et 26 ( ). En avril 1868, Brahms créa son Requiem allemand, qui obtint un succès considérable. Cette partition est composée de sept parties établies par Brahms à partir de textes de la Bible traduits par Luther et dont le sujet est centré sur la Résurrection. Chaque partie a un caractère propre. Ainsi les 1er, 2e, 4e et 7e mouvements sont des parties chorales, alors que les mouvements 3 et 6 sont pour baryton solo et le 5e pour soprano solo. Par la suite, Brahms composa des œuvres dans la même veine que son Requiem allemand, le Schicksalslied ( Chant du destin ) op. 54 ( 1871 ), le Gesang der Parzen ( Chant des Parques, 1882 ) sur un poème de Goethe, et Nänie ( ) sur un texte de Schiller. Suite page suivante … Sommaire Quitter

55 Jusqu'en 1873, Brahms écrivit principalement pour le piano, instrument qu'il connaissait le mieux, et pour chœurs et orchestre. En 1873, il produisit les Variations sur un thème de Haydn, arrangées pour orchestre. Démontrant une maîtrise croissante de la grande forme orchestrale, ces Variations annoncent déjà ses plus grandes œuvres. Ses chefs-d'œuvre sont la grandiose Symphonie n° 1 en ut mineur ( 1876 ), la plus délicate et mélodieuse Symphonie n° 2 en ré majeur ( 1877 ), l'Ouverture du Festival académique ( 1880 ), comportant des chansons d'étudiants allemands, la sombre Ouverture tragique ( 1881 ), la poétique Symphonie n° 3 en Fa majeur ( 1883 ) et la Symphonie n° 4 en mi mineur ( 1885 ), avec son final brillant et débordant de sentimentalité. Toutes ces œuvres laissent apparaître une structure issue de la tradition classique viennoise. Contrairement à ses contemporains, Brahms évitait l'exploitation de nouveaux effets harmoniques et de nouvelles couleurs sonores. Il s'attachait surtout à la création d'une musique caractérisée par l'unité, n'utilisant des effets nouveaux ou inhabituels que pour améliorer les nuances structurelles internes. Ainsi, ses meilleures œuvres ne contiennent aucun passage superflu!; chaque thème, chaque figure, chaque modulation est implicite dans tout ce qui l'a précédé. Le classicisme de Brahms était un phénomène unique en son temps, aux antipodes des tendances de la musique de l'époque, en particulier telle qu'elle était représentée par Richard Wagner. Toutefois, bien que Brahms fît revivre une tradition à laquelle aucun compositeur important n'avait adhéré depuis Ludwig van Beethoven, il ne se trouvait pas complètement isolé de son propre milieu, et la gamme des émotions enflammées de l'esprit romantique transparaît dans sa musique. Suite page suivante … Sommaire Quitter

56 SES PRINCIPALES OEUVRES
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57 BRITTEN Sommaire Quitter

58 Benjamin Britten, ( ), compositeur britannique dont les opéras figurent parmi les œuvres lyriques de langue anglaise les plus achevées du XXe siècle. Né le 22 novembre 1913 à Lowestoft ( Suffolk ), il étudia au Royal College of Music de Londres. De 1939 à 1942, il vécut au Canada et aux États-Unis où il composa un concerto pour violon ( 1939 ) et la Sinfonia da requiem en Son premier opéra, Peter Grimes ( 1945 ), d'après une pièce du poète anglais George Crabbe, connut un grand succès. Il fut suivi de The Rape of Lucretia (le Viol de Lucrèce, 1946 ), d'Albert Herring ( 1947 ), de Billy Budd ( 1951 ), d'après une nouvelle de l'écrivain américain Herman Melville, de Gloriana ( 1953 ), écrit à l'occasion du couronnement d'Élisabeth II, The Turn of the Screw ( le Tour d'écrou, 1954 ), d'après un roman de l'écrivain américain Henry James et A Midsummer Night's Dream ( le Songe d'une nuit d'été, 1960 ), d'après Shakespeare. Parmi ses derniers opéras, citons Owen Wingrave ( 1971 ), d'après une nouvelle de James, et Death in Venice ( Mort à Venise, 1973 ), inspirée du roman de l'écrivain allemand Thomas Mann. Britten a qualifié certaines de ses compositions tardives d'opéras de chambre, car elles ne nécessitent que douze instrumentistes.  Britten a également composé d'autres formes de musique, comme ses morceaux de type cantate qu'il appelait paraboles pour l'église, dont Noye's Fludde ( l'Arche de Noé, 1958 ) The Prodigal Son ( le Fils prodigue, 1968 ). Son War Requiem ( 1962 ) est une œuvre chorale sur des vers du poète britannique Wilfred Owen. De plus, il a composé de la musique de scène pour le théâtre et le cinéma, des cycles de mélodies et de la musique pour les enfants, dont The Young Person's Guide to the Orchestra ( 1946 ), variations et fugues sur un thème de Purcell. Le style de Britten s'étend de la tonalité lyrique la plus simple à l'atonalité complexe mais très efficace sur le plan dramatique.  En 1947, il fonda le festival d'Aldeburgh avec le ténor anglais sir Peter Pears, devenu depuis un centre permanent de concerts et d'enseignement. En 1976, Élisabeth II l'a élevé au rang de pair d'Angleterre. Il mourut à Aldeburgh le 4 décembre 1976. Sommaire Quitter

59 Max Bruch, ( 1838-1920 ), chef d'orchestre et compositeur allemand.
Né à Cologne, il étudia la musique à Francfort et à Cologne. Il dirigea le Liverpool Philharmonic et le Breslau Orchesterverein, et il fut maître de musique au Hochschule für Musik de Berlin. On retiendra de son œuvre la Fantaisie écossaise, pour violon et orchestre, le Concerto en sol mineur pour violon, et Kol Nidrei ( 1881 ) pour violoncelle et orchestre, inspiré de mélodies hébraïques, ainsi que ses quatuors à cordes. Sommaire Quitter

60 BRUCKNER Sommaire Quitter

61 Anton Bruckner, ( 1824-1896 ), compositeur et organiste autrichien,
né à Ansfelden. Originaire d'une famille paysanne, Bruckner fut un véritable autodidacte de la composition musicale. Sa première œuvre, un requiem, date de Profondément religieux, il fut organiste au monastère de Saint-Florian, près d'Ansfelden, en 1851 et, de 1856 à 1868, organiste à la cathédrale de Linz. Pendant son séjour à Linz, il étudia quelque temps avec le spécialiste du contrepoint Simon Sechter, un Viennois, et composa trois de ses principales œuvres chorales : la Messe n° 1 en ré mineur ( 1864 ), la Messe n° 2 en mi mineur ( 1866 ) et la Messe n° 3 en fa mineur ( 1867 ), ainsi que sa Symphonie n° 1 en ut mineur ( 1866 ). En 1861, il obtint le titre de « maître de musique » à Vienne. De 1868 à 1892, il fut organiste à la cour et professeur au conservatoire de Vienne. Il a composé huit autres symphonies et de nombreuses œuvres sacrées, orchestrales, chorales, ainsi que des pièces pour orgue et pour piano. À sa mort, il travaillait à sa Symphonie n° 9 en ré mineur. Parce qu'il était influencé et soutenu par le compositeur allemand Richard Wagner, il déclencha l'hostilité des musiciens et critiques antiwagnériens de Vienne. Cependant, à la fin de sa vie, Bruckner fut reconnu par l'Autriche, qui le couvrit d'honneurs et lui attribua une rente.  Bruckner a contribué à l'évolution de la forme sonate en élargissant la thématique des premiers mouvements de ses symphonies. Il a également amplifié la portée globale de la symphonie, en utilisant une structure beaucoup plus étendue qu'auparavant. Son orchestration se caractérise par l'intervention alternée de familles complètes d'instruments, créant des effets de type choral qui montrent l'influence tant de Wagner que de son propre instrument, l'orgue. Sommaire Quitter

62 BUSONI Sommaire Quitter

63 Ferruccio Benvenuto Busoni, ( ), pianiste et compositeur italien, qui s’opposa à l’esthétique des romantiques comme à celle de l’impressionnisme musical et qui fonda le « nouveau classicisme ». Né à Empoli, Ferrucio Benvenuto Busoni fut initié à la musique par ses parents avant d’étudier la composition en Autriche et en Allemagne et d’enseigner le piano et l’écriture musicale à Berlin, Helsinki, Moscou et Boston. Depuis son premier concert, donné à l’âge de sept ans, jusqu’à ses dernières prestations, au cours desquelles il forçait l’admiration de ses élèves par ses gammes ou arpèges, qu’il pouvait jouer dans tous les tons et avec toutes les nuances, Busoni consacra sa vie au perfectionnement de la technique pianistique.  Maître du clavier, dans la lignée de Franz Liszt, Busoni déconcerta la plupart des critiques parce qu’il ne cherchait pas à exprimer des sentiments. On le trouvait impressionnant, mais peu émouvant. Il mit au point une technique pianistique particulière, grâce à laquelle toutes les notes étaient détachées, comme si la main survolait le clavier. Ainsi les différentes parties musicales ressortaient avec une grande netteté, chacune selon sa dynamique. Le piano devenait sous ses doigts une réplique d’orchestre. Aucun témoignage direct ne subsiste des interprétations virtuoses de Busoni, mais sa « technique volante » fut abondamment décrite et commentée, ainsi que le fait qu’il cherchait à créer un effet polyphonique aussi bien dans les œuvres de Bach que dans celles de Chopin ( qui en devenaient méconnaissables ). Parmi les pianistes contemporains, Glenn Gould élabora un jeu très proche de celui de Busoni.  Avec l’Ébauche d’une nouvelle esthétique musicale ( 1907 ), Busoni réussit le tour de force de publier une œuvre théorique qui anticipait quelques-uns des traits les plus caractéristiques de l’évolution du goût et des conceptions musicales de la période contemporaine. Se livrant à une critique du « bon goût », il incitait les pianistes à supprimer tous les éléments de jeu pouvant engendrer une sensation agréable pour les oreilles et les invitait à multiplier les dissonances. Dans ses recherches sonores, il explora les modes et la polytonalité, et annonça l’introduction des micro-intervalles (quarts et sixièmes de ton) ainsi que la transformation du piano en un instrument de percussion. Busoni conçut une machine à produire des sons, le « dynamophone », dont un exemplaire fut réalisé à titre expérimental aux États-Unis, et déclara que l’usage de nouvelles machines serait un élément décisif de l’évolution musicale de ce siècle. Suite page suivante … Sommaire Quitter

64 Sans prendre complètement le parti de la modernité, Busoni était à la recherche d’un art « à la fois ancien et nouveau », qu’il nomma « nouveau classicisme » ou « jeune classicisme » ( pour le distinguer du néoclassicisme ). L’ouverture de son Turandot ( 1917 ) offre une illustration de ce mouvement. Busoni y utilise une écriture faite de plans sonores hétérogènes, qui s’enchaînent avec pour seule transition une note tenue par l’orchestre. Des motifs rythmiques, repris en écho d’un instrument à l’autre, ou en ostinato par les basses, caractérisent chaque moment. Les thèmes s’effacent derrière cette pulsation, jusqu’à se réduire parfois à des gammes ou à des cellules répétées comme des pas de danse. Il composa dans cet esprit d’autres œuvres lyriques, notamment Arlecchino ( 1917 ) et Doktor Faust ( 1925 ), ainsi que des pièces pour orchestres de chambre, dont la Fantasia contrapuntistica ( ) qu’il remania plusieurs fois, avant de l’adapter pour deux pianos ( 1922 ).  Ferrucio Busoni laissa à la postérité des œuvres peu connues du public, mais il demeure une référence mythique pour les pianistes et pour les artistes contemporains qui proclament avec lui que le devoir du créateur est « d’établir des lois, non pas de les suivre ». Sommaire Quitter

65 Dietrich Buxtehude, ( v.  ), organiste et compositeur allemand d'origine danoise, l'un des plus grands compositeurs d'orgue de l'école allemande du XVIIe siècle, qui influença Jean-Sébastien Bach.  Fils d'un organiste d'église, Dietrich Buxtehude devint organiste de la Marienkirche à Lübeck, en Allemagne, en Il instaura une manifestation annuelle, les Abendmusiken ( « concerts du soir » ), pendant la période qui précède Noël. Ses plus importantes compositions comprennent des toccatas, des préludes et des fugues. Elles influencèrent en particulier Jean-Sébastien Bach, qui, en 1705, parcourut plus de 320 km pour entendre les Abendmusiken. Buxtehude composa également plus de cent cantates, dont Membra Jesu nostri, des suites pour clavier et des sonates pour instruments à cordes.     Sommaire Quitter

66 William Byrd, ( v.  ), célèbre compositeur de la période élisabéthaine. Il fut organiste à la cathédrale de la ville de Lincoln, où il naquit vraisemblablement, de 1563 à 1572, date à laquelle il devint organiste de la chapelle royale. En 1575, la reine Elisabeth I offrit à Byrd et à son ancien professeur Thomas Tallis le monopole de l'émission et de la vente des partitions et du papier à musique. À la mort de Tallis en 1585, il en devint l'unique propriétaire. Catholique dans une Angleterre résolument protestante, il fut néanmoins vénéré de ses compatriotes. Il mourut le 4 juillet 1623, à Stondon, Essex. Il se distingua par son aisance et excella dans pratiquement tous les genres de composition, aussi bien pour chœur que pour orchestre. Il composa six services anglicans et environ soixante motets, mais ses œuvres pour l'Église catholique sont à n'en pas douter les plus belles. L'ampleur et l'intensité de son œuvre restent inégalées dans l'histoire de la musique anglaise. En 1575, il publie avec Tallis les Cantiones sacrae, puis seul, deux autres volumes de Cantiones ( 1589 et 1591 ) et deux recueils de Gradualia, ( 1605, 1607 ), contenant des motets spécialement destinés à la messe. Il fut l'un des premiers à composer des fantaisies pour viole. Il écrivit plus de cent quarante pièces pour virginal ( épinette en usage en Angleterre à l'époque ) qui donnèrent naissance à l'école anglaise d'épinette. Ces œuvres furent retranscrites dans son manuscrit My Lady Nevells Booke ( 1951 ) et dans l'anthologie Fitzwilliam Virginal Book ( v.  ). Ses partitions pour chœur, et en particulier pour soliste et viole, ont traversé les siècles. À l'instar de ses compatriotes musiciens, il écrivit dans un langage harmonique et stylistique assez conventionnel en comparaison des changements qui s'opéraient alors en Italie. Il fut l'un des premiers à s'intéresser au madrigal italien. Cependant, il fit preuve d'un talent accompli dans l'écriture de la polyphonie. Sommaire Quitter

67 CAGE Sommaire Quitter

68 John Milton Cage, ( ), compositeur américain, qui exerça une profonde influence sur la musique et la danse d'avant-garde. Né le 5 septembre 1912 à Los Angeles, John Milton Cage étudia avec les compositeurs américains Henry Cowell et Adolph Weiss, ainsi qu'avec le compositeur d'origine autrichienne Arnold Schoenberg. Il s'établit à New York en Influencé par le bouddhisme zen, Cage utilisa souvent le silence comme élément musical, en le ponctuant de sons composés d'entités suspendues dans le temps, pour réaliser une musique parfaitement aléatoire. Dans Music of Changes (1951), pour piano, la combinaison des sons se produit dans un ordre déterminé par des jets de pièces de monnaie. Dans 4’33” (1952), les exécutants ne doivent produire aucun son avec leur instrument, la musique étant constituée par les bruits ambiants. À l'instar de Theatre Piece (1960), où musiciens, danseurs et mimes exécutent une série d'actions aléatoires, 4’33” efface les frontières séparant la musique, les sons et les phénomènes non musicaux. Dans les pièces de Cage pour piano préparé, comme Amores (1943), des objets étrangers placés entre les cordes modifient le son du piano. Cage a composé des musiques de ballet pour le chorégraphe américain Merce Cunningham. Il a écrit plusieurs ouvrages dont Silence (1961), Empty Words (1979) et X (1983). Sommaire Quitter

69 FRANCK Sommaire Quitter

70 César Franck, ( ), compositeur et organiste français, marqué par Berlioz et le romantisme, dont le style et les méthodes de composition influencèrent l'évolution de la musique française et en particulier les œuvres de ses élèves Vincent D'Indy et Ernest Chausson.  César Auguste Franck est né à Liège en Pianiste précoce, il effectua dès l'âge de onze ans une tournée de récitals. Après avoir étudié à Liège, il entra au Conservatoire de Paris où, de 1837 à 1842, il développa de grands dons d'organiste et de compositeur. Avant d'être nommé professeur au Conservatoire en 1872, il donna des leçons privées. De 1858 à 1890, il fut aussi titulaire de l'orgue de l'église Sainte-Clothilde où tout Paris vint l'entendre. Franck adopta la nationalité française en Certains de ses élèves au Conservatoire, comme Vincent D'Indy ou Ernest Chausson, devinrent des musiciens importants. César Franck mourut à Paris en 1890, des suites d'un accident de rue.  L'œuvre de Franck se caractérise par l'emploi de formes classiques comme la symphonie ou la sonate, mais largement imprégnées d'influences romantiques. Sa musique alterne la plus grande religiosité et un remarquable sens dramatique. Il a pratiqué la forme cyclique, où un même thème réapparaît sous différentes formes tout au long d'une partition, en évoluant comme dans un cycle. Cette technique, qui rappelle celle du leitmotiv de Wagner et encore davantage celle que Beethoven avait utilisée dans ses derniers quatuors à cordes, provient surtout de l'influence de Berlioz.  Négligée de son vivant, l'œuvre de Franck fait désormais partie du répertoire des organistes et des orchestres les plus prestigieux. Sa Symphonie en ré mineur (1888), la plus célèbre, a servi de modèle à la musique française de la fin du XIXe siècle. Parmi ses autres compositions majeures figurent son oratorio les Béatitudes (1879), trois poèmes symphoniques, les Variations symphoniques (1885) pour piano et orchestre et la Sonate pour piano et violon (1886). Son œuvre pour orgue et harmonium fut importante, notamment les Six Pièces pour grand orgue (1862) et les Trois Chorals (1890). Sommaire Quitter

71 Alexis Emmanuel Chabrier, ( ) compositeur français d'opéras et de mélodies marqué par Wagner. Il a laissé une œuvre pleine d'humour, de vivacité et de rythmes, riche en couleurs. Autodidacte, Chabrier est né à Ambert, en Auvergne. Ayant occupé pendant dix-huit ans un petit poste de fonctionnaire, il choisit de consacrer sa retraite à la composition. Marqué par Wagner, il composa Gwendoline en 1886 pour en arriver à des opéras plus légers comme le Roi malgré lui ( 1887 ) ou, auparavant, l'Étoile ( 1877 ), et à des suites pour orchestre pittoresques comme España ( 1883 ) et la Joyeuse Marche ( 1888 ). Il composa aussi des mélodies pour chant et piano, des œuvres pour piano seul et des œuvres chorales. Son style, sa fantasie influencèrent des musiciens comme Satie ou Ravel. Sommaire Quitter

72 Marc-Antoine Charpentier, ( v
Marc-Antoine Charpentier, ( v.  ), compositeur français, grand maître de la musique sacrée au XVIIe siècle. Parti en Italie pour étudier la peinture, Charpentier y rencontra le compositeur Carissimi dont il devint l'élève pendant trois ans à Rome. Auprès de lui, il étudia particulièrement le contrepoint, la polyphonie, le dialogue à deux chœurs, le style et la forme des histoire sacrées dont Carissimi était le créateur. De retour en France en 1662, Charpentier interpréta les œuvres de son maître dans les milieux italianisants de la capitale. À partir de 1772, il composa la musique de trois pièces de Molière, alors fâché avec Lully, le Malade imaginaire, le Mariage forcé, la Comtesse d'Escarbagnas. Charpentier poursuivit sa collaboration avec le Théâtre français jusqu'en 1685 avec Polyeucte, Médée et Andromaque de Pierre Corneille, Circé, l'Inconnu, la Pierre philosophale de Thomas Corneille. En 1679, il fut chargé par le Grand Dauphin de composer des messes pour la chapelle de Saint-Germain, et en 1680, devint le maître de musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise et cousine de Louis XIV, pour qui il écrivit principalement des cantates et des pastorales. Charmé par ses œuvres, Louis XIV lui versa une pension en 1683, alors qu'il était malade. En 1684, Charpentier devint maître de musique chez les jésuites de Saint-Paul-Saint-Louis. Il composa et fit interpréter dès lors ses œuvres religieuses au collège des jésuites de Clermont. Charpentier réalisa également des commandes pour l'Académie française, l'Académie royale de sculpture et de peinture et pour l'abbaye de Port-Royal. De 1698 à sa mort, en 1704, il occupa le poste de maître de musique de la Sainte-Chapelle.  La musique de Charpentier joue des modulations, des mélodies amples, dont le relief souligne les contrastes verbaux. Avec Orphée descendant aux Enfers ( 1683 ), Charpentier donna un caractère profane à ses cantates et des formes spécifiques que reprirent ses successeurs, Nicolas Bernier ( ), claveciniste, organiste et maître de musique à la Sainte-Chapelle à Paris, auteur de motets et de nombreuses cantates profanes et André Campra. Son opéra Médée ( 1693 ) est d'une grande richesse harmonique. Dans ses nombreuses compositions religieuses, Te Deum, Magnificat, douze messes, vingt-huit Leçons de ténèbres, de nombreux hymnes, psaumes, antiennes, répons, litanies, Charpentier s'attache particulièrement à exprimer musicalement les nuances subtiles du texte sacré, ce qui rend sa musique très riche. Sommaire Quitter

73 Ernest Chausson, ( ), compositeur français, dont l’œuvre marque le passage entre le romantisme de César Franck et l’impressionnisme de Claude Debussy. Né à Paris, Amédée-Ernest Chausson fit des études de droit, avant d’entrer, en 1879, au Conservatoire, où il fut l’élève des compositeurs Jules Massenet et César Franck. Ce dernier influença particulièrement l’œuvre de Chausson qui comprend des opéras, de la musique chorale, des chansons, de la musique de chambre, de la musique sacrée et des compositions pour orchestre et piano. Ses œuvres de jeunesse doivent également beaucoup à Claude Debussy, dont il fut un ami proche, et à Richard Wagner, dont il découvrit les opéras à Munich et à Bayreuth au début des années 1880, et dont l’influence est palpable dans son langage musical, comme en témoignent les Sept Mélodies ou le poème symphonique Viviane ( 1882 ), dédié à sa femme.  Devenu secrétaire de la Société nationale de musique en 1886, Chausson partagea désormais sa vie entre sa famille, la composition et la promotion des musiciens français. Certaines de ses œuvres majeures datent de cette période, comme le célèbre Poème de l’amour et de la mer pour voix et orchestre ( 1890 ), la Légende de sainte Cécile ( 1891 ) et l’opéra le Roi Arthus ( ), ainsi que la Symphonie en si bémol ( 1890 ), qui rappellent, par leur intensité lyrique et leur forme, les compositions de César Franck.  Homme d’une grande culture littéraire, Chausson tint également un salon fréquenté par l’élite artistique de son temps, tels le poète symboliste Stéphane Mallarmé, l’écrivain russe Ivan Tourgueniev, ou des compositeurs comme Isaac Albéniz ou Claude Debussy. Sa passion pour les écrivains russes, notamment Fedor Dostoïevski et Alexis Tolstoï, explique le profond pessimisme qui se dégage des œuvres telles que le cycle les Serres chaudes (1896), composées sur des poèmes de Maurice Maeterlinck, et le Poème pour violon et orchestre ( 1896 ), dédié au violoniste et compositeur belge Eugène Ysaye, et écrit à partir d’une nouvelle de Tourgueniev, ou la Chanson perpétuelle ( 1898 ), sur un texte de Charles Cros. Ernest Chausson laissa inachevé le Quatuor à cordes, op. 35. Parmi ses œuvres marquantes figurent encore le Trio pour violon, violoncelle et piano ( 1882 ), le Concert pour violon, piano et quatuor à cordes ( 1889 ) et le Quatuor pour cordes et piano ( 1897 ). Sommaire Quitter

74 CHERUBINI Sommaire Quitter

75 Luigi Cherubini, ( ) compositeur italien dont l’œuvre marque le passage entre le classicisme et le romantisme. Né à Florence, fils d’un claveciniste, Luigi Cherubini reçut une éducation religieuse rigoureuse. Il commença par écrire de la musique sacrée, avant de se tourner vers l’opéra sous l’influence du compositeur Giuseppe Sarti, dont il fut l’élève à Bologne. Une douzaine d’œuvres lyriques, qu’il conçut dans un style conventionnel et dont Finta Principessa ( 1785 ) et Giulio Sabino ( 1786 ) furent représentées à Londres, lui assurèrent une renommée honorable. En 1787, Cherubini s’installa à Paris, où il fut, de 1789 à 1792, codirecteur du théâtre de Monsieur ( devenu ensuite le théâtre Feydeau ). Il y créa avec grand succès son opéra la Lodoïska en Nommé inspecteur de l’enseignement au Conservatoire, il en devint directeur en Après la création en 1833 d’Ali-Baba qui fut sa dernière œuvre lyrique, il se consacra à la pédagogie et à d’imposantes compositions religieuses.L’œuvre de Cherubini, marquée par une grande maîtrise du contrepoint, comprend la Messe en la majeur à trois voix ( 1808 ), la Messe en ut majeur ( 1816 ) et les Requiems en ut mineur ( 1817 ) et en ré majeur (1836).  Outre la musique sacrée, il écrivit près de trente opéras, dont Médée ( 1797 ) et les Deux Journées (ou le Porteur d’eau, 1800), qui s’apparente à Fidelio de Ludwig van Beethoven par sa tension dramatique, de nombreux motets, des cantates et des œuvres chorales, ainsi que plusieurs quatuors à cordes.Son Cours de contrepoint et de fugue ( 1835 ) fut édité par le compositeur français Jacques Halévy.  Sommaire Quitter

76 CHOPIN Sommaire Quitter

77 Frédéric Chopin, ( ), compositeur et pianiste polonais dont les deux concertos pour piano sont la meilleure traduction de l'école romantique.  Né le 4 mars 1810, à Zelazowa-Wola, près de Varsovie, de père français et de mère polonaise, Chopin commença très jeune à étudier le piano. Tout en poursuivant ses études au lycée de Varsovie, il continua à travailler le piano. En 1825, il donna deux concerts devant le tsar et publia sa première œuvre, le premier Rondo en ut mineur.Par la suite, il entra au Conservatoire de Varsovie ( ) où il étudia le contrepoint et l'harmonie. Il composa à cette époque ses premiers chefs-d'œuvres : Valses en la bémol majeur et en si bémol majeur, Polonaise en ré mineur, Mazurka en la mineur, Nocturne en mi mineur, Variations sur un thème de « Don Juan » de Mozart et ses deux Concertos pour piano en mi mineur et en fa mineur ( 1830 ).En , il effectua ses deux premiers voyages hors de Pologne, à Berlin puis à Vienne, Prague et Dresde. De retour à Varsovie, il donna en mars 1830 son premier grand concert public où il remporta un grand succès. Il décida alors d'effectuer un long voyage d'étude et de perfectionnement à l'étranger. Le 2 novembre 1830, Chopin quitta Varsovie pour Vienne. Le 29 du même mois se déclencha l'insurrection polonaise. C'est lors de son voyage pour Paris, en juillet 1831, qu'il apprit l'écrasement de l'insurrection, la chute et le sac de Varsovie par les troupes russes. Arrivé à Paris en septembre 1831, Chopin rencontra beaucoup de sympathie pour la révolution polonaise. Il resta dès lors fixé à Paris, sauf pour quelques voyages, jusqu'à sa mort dix-huit ans plus tard. Il y connut un rapide succès auprès de l'aristocratie, parmi laquelle il rencontra l'élite cultivée à qui il donna des cours de piano. Lors de son premier concert à la salle Pleyel, en février 1832, il interpréta ses Variations sur un thème de Don Juan qui eut un grand succès. Dès lors, Chopin s'attacha particulièrement à composer. Suite page suivante … Sommaire Quitter

78 George Sand et la fin de sa vie
Le piano représentait pour Chopin le moyen d'expression musical par excellence. Ses Études, pourtant œuvres de jeunesse, sont la consécration de la révolution pianistique ébauchée par Beethoven et qu'acheva Chopin. Il s'attacha à donner une autonomie à chacun de ses doigts afin que chaque son conserve sa pleine indépendance. Il étudia de manière systématique l'univers sonore du clavier en utilisant tous ses registres. Le piano focalisa dès lors toutes les richesses orchestrales. Ainsi, les douze Études, ( opus 10 ), dédiées à Liszt, traduisent toutes les potentialités de l'instrument, mettant en exergue ses facultés hamoniques et polyphoniques. Chopin use avec fluidité du mouvement harmonique et donne à chacune de ses œuvres une couleur qui lui était propre.  George Sand et la fin de sa vie   En 1837, il fit la connaissance de George Sand avec qui il noua en 1838 une liaison qui durera neuf ans avant de s'achever, après plusieurs crises, en Pour tenter de rétablir sa santé défaillante, ils partirent à Majorque, aux îles Baléares, en hiver 1838, séjour durant lequel Chopin acheva ses vingt-quatre Préludes. De retour en France dès février 1839, Chopin et George Sand alternèrent les séjours à Paris l'hiver et à Nohant, chez George Sand, l'été. Pendant toute cette période, Chopin composa beaucoup, Nocturnes, Ballades, Polonaises, etc. Il effectua son dernier voyage à Londres, en février 1848, et est finalement emporté par la tuberculose le 17 octobre 1849, à Paris. Presque toutes les compositions de Chopin sont destinées au piano. Ses Mazurkas reflètent les rythmes et traits mélodiques de la musique folklorique polonaise, et ses Polonaises sont marquées par l'esprit héroïque. Ses Ballades, Scherzos et Études font partie de ses importantes œuvres pour piano solo. Sa musique de nature romantique et lyrique est caractérisée par une mélodie délicate et de grande originalité, une harmonie raffinée souvent audacieuse, un rythme subtil et une beauté poétique. Les nombreuses compositions publiées de Chopin comprennent cinquante-cinq Mazurkas, vingt-sept Études, vingt-quatre Préludes, dix-neuf Nocturnes, treize Polonaises et trois Sonates pour piano ainsi que ses deux Concertos pour piano en mi mineur et en fa mineur. Sommaire Quitter

79 un peu d'humour ! Sommaire Quitter

80 CHOSTAKOVITCH Sommaire Quitter

81 Dmitri Dmitrievitch Chostakovitch, ( ), le plus grand compositeur russe du milieu du XXe siècle.  Né à Saint-Pétersbourg, Dmitri Chostakovitch suivit de 1919 à 1925 les cours du conservatoire de Petrograd, dirigé par Alexandre Glazounov. La création de sa Symphonie n° 1 ( 1925 ), où se fait sentir l'influence de Prokofiev et de Rimski-Korsakov, lui apporta dès 1926 une reconnaissance internationale. Outre son engagement dans le courant esthétique de l'avant-garde révolutionnaire soviétique, Chostakovitch se disait influencé par les représentants de la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit) mouvement artistique né en Allemagne dans les années 1920 qui prôna la rupture avec la vision subjective du monde , en particulier par Paul Hindemith. Avec sa Symphonie n° 2, commandée en 1927 par l'État soviétique pour commémorer la révolution d'Octobre, Chostakovitch entama une carrière de compositeur officiel. Son parcours fut pourtant entaché par de multiples interventions de la censure qui sanctionnait l'indépendance musicale et parfois idéologique du compositeur. Le premier opéra de Chostakovitch, le Nez (1929), œuvre modelée selon les principes de l'expressionnisme et de l'atonalité de compositeurs occidentaux comme Paul Hindemith et Alban Berg, fut bien accueilli par les critiques et le public, mais censuré par le pouvoir communiste qui le jugea bourgeois et décadent. Son opéra suivant, Lady Macbeth de Mtsensk (1934), révisé sous le titre Katerina Ismaïlova en 1963, reçut également les faveurs du public et de la critique, mais les publications officielles soviétiques le condamnèrent comme une œuvre contre-révolutionnaire. Les attaques de ce type conduisirent le compositeur à choisir avec prudence ses principes esthétiques. En 1962, il dénonça directement le stalinisme dans sa Symphonie n° 13, utilisant des textes du poète Ievgueni Evtouchenko, mais il dut remanier son œuvre pour conserver le droit de composer.La Symphonie n° 5 (sous-titrée « Réponse d'un artiste soviétique à une juste critique », 1937) et la Symphonie n° 6 reçurent en revanche un accueil favorable ; sa 7e Symphonie (1942), dite « de Leningrad », composée lors du siège de Leningrad pendant la Seconde Guerre mondiale, fut un grand succès populaire. Chostakovitch mourut d'une attaque cardiaque à Moscou en 1975. Suite page suivante … Sommaire Quitter

82 Innovations stylistiques
   Le style de Chostakovitch se distingue particulièrement par la vitalité du rythme et la richesse mélodique. Optant tantôt pour l'atonalité, tantôt pour la polytonalité, le compositeur n'hésita pas, en particulier dans ses œuvres de jeunesse, à utiliser les musiques populaires russe et tsigane, le jazz, la satire musicale. Après avoir été accusé par les autorités de formalisme, Chostakovitch eut recours à des formes traditionnelles et à un style harmonique direct et plus simple, et finit par revenir à la tonalité tout en continuant à développer son exceptionnelle maîtrise technique de l'orchestre. Durant toute sa vie de créateur, Chostakovitch dut faire des concessions à l'académisme esthétique exigé de lui en cultivant simultanément son goût pour la modernité du langage musical.  Les quinze quatuors à cordes de Chostakovitch ( ) sont reconnus pour leur caractère novateur. Parmi ses autres œuvres figurent six concertos (deux pour piano, deux pour violon et deux pour violoncelle), quinze symphonies, de la musique de ballet, des chansons et des musiques de film.  Malgré l'utilisation de l'atonalité dans ses œuvres de jeunesse, la production de Chostakovitch peut être globalement considérée comme un apport important à la musique tonale, à une époque où ses contemporains les plus influents se tournaient vers le sérialisme ou le néoclassicisme. En témoignent ses symphonies, qui sont dans la droite ligne de Gustav Mahler, aussi bien dans la forme que dans le langage harmonique. Sommaire Quitter

83 Domenico Cimarosa, (1749-1801), compositeur italien, connu pour ses opéras bouffes. 
Domenico Cimarosa est né à Aversa, près de Naples, où il étudia au conservatoire San Maria di Loreto. Son premier opéra, Le Stravaganze del Conte fut monté en 1772 à Naples. Il demeura fidèle à la veine pathétique et humoristique de l'opéra napolitain jusqu'en 1781, date à laquelle il présenta alors à Venise sa première œuvre d'importance, un opéra bouffe à l'intrigue sentimentale riche et complexe, Giannina et Bernadone.  Le compositeur circula beaucoup entre Naples et Rome, écrivant et montant des opéras pour Gênes, Milan, Florence ou Turin : Ballerina amante (1782), Marito disperato (1785) ou l'Impresario in angustie (1786), à la veine comique et imprégné par la langue populaire. En 1787, il fut invité à Saint-Pétersbourg par l'impératrice Catherine II de Russie, et devint le compositeur de la cour. En 1791, de retour de Russie, Cimarosa fut nommé maître de chœur à Vienne, où il composa son chef-d'œuvre, l'opéra Il Matrimonio segreto (le Mariage secret, 1792), un modèle d'écriture dramatique et musicale.  Il retourna à Naples en 1793 et se compromit politiquement en se rangeant aux côtés des Français lors de l'occupation de la ville à la fin du siècle. Emprisonné par les Italiens en 1800 puis exilé, il mourut durant le trajet qui devait le conduire à Saint-Pétersbourg.  Domenico Cimarosa écrivit plus de 60 opéras, des musiques de messe, des cantates et des oratorios ; sa production instrumentale est également impressionnante avec notamment 38 sonates pour clavecin et 81 pour le pianoforte. Cependant, aujourd'hui, il doit sa célébrité à ses opéras comiques, caractérisés par une orchestration rapide et brillante. Sommaire Quitter

84 Marius Constant, (1925- ), compositeur et chef d'orchestre français d'origine roumaine. Né à Bucarest, Marius Constant émigra à Paris où il poursuivit ses études au conservatoire national. Élève de compositeurs prestigieux Arthur Honegger, Olivier Messiaen, Nadia Boulanger , il fut directeur musical de l'ORTF, directeur des Ballets de Paris de Roland Petit, puis responsable de la musique de ballet à l'Opéra de Paris jusqu'en Il fonda en 1963 l'ensemble Ars Nova, l'une des plus importantes formations dédiées à la musique contemporaine en France, et composa la musique de plusieurs ballets pour Roland Petit. Sans adopter la doctrine de la musique sérielle en vogue parmi ses contemporains, Marius Constant, compositeur prolifique, se passionna plutôt pour le timbre de l'instrumentation et les structures des pièces musicales ; intéressé par la musique aléatoire et l'improvisation, il a conduit plusieurs expériences entre musiciens contemporains et de jazz, notamment avec Martial Solal. Sommaire Quitter

85 CORELLI Sommaire Quitter

86 Arcangelo Corelli, ( ), compositeur et violoniste italien, dont le style de jeu servit de base à la technique du violon des XVIIIe et XIXe siècles, sa musique de chambre exerçant une grande influence sur ses successeurs. Né à Fusignano, il étudia à Bologne, puis s'installa à Rome à partir de Parmi ses protecteurs, il compta la reine Christine de Suède, qui avait trouvé refuge dans la Ville éternelle après son abjuration, puis, à partir de 1690, le cardinal Pietro Ottoboni, neveu du pape Alexandre VIII. Compositeur le plus édité avant l'arrivée de l'Autrichien Joseph Haydn, Corelli fut également le premier à acquérir une réputation internationale grâce à sa seule musique instrumentale, et l'un des précurseurs dans l'utilisation du système de tonalité majeure et mineure. Virtuose du violon, il fut le professeur d'illustres violonistes-compositeurs du XVIIIe siècle, parmi lesquels l'Italien Francesco Geminiani. Le catalogue de musique de chambre de Corelli comprend 4 volumes de sonates en trio ( op. 1-4 ), un volume de 12 sonates ( op. 5 ) pour violon solo et continuo dont la dernière inclut les célèbres variations sur la Follia , ainsi qu'un ensemble de 12 concertos ( op. 6 ), qui figurent parmi les premières formes de concerto grosso jamais publiées. Sommaire Quitter

87 COUPERIN Sommaire Quitter

88 François Couperin, (1668-1733), une des plus importantes figures de la musique baroque française.
Neveu de Louis Couperin, il naquit à Paris. Son père, Charles, qui avait succédé à Louis en tant qu'organiste à l'église Saint-Gervais de Paris (poste occupé par les membres de la famille Couperin jusqu'en 1826), mourut en François Couperin reçut la formation nécessaire pour prendre la succession, qu'il assura à l'âge de dix-sept ans et, quelques années plus tard, devint également organiste à la chapelle royale et musicien de la cour. Ses quatre Livres d'œuvres pour clavecin ( ), véritable monument à la gloire de la musique française pour clavier, ne manquèrent pas d'influencer Jean-Sébastien Bach. Ils contiennent des pièces courtes aux titres évocateurs, bâties sur des rythmes de danse variés, de caractère élégant, satirique ou profond. Son traité d'interprétation l'Art de toucher le clavecin ( ) est un document majeur comparable à celui de Carl Philipp Emanuel Bach (1753).  Couperin introduisit en France la sonate en trio italienne, en apportant à ce genre une touche française dans le traitement à la fois de la mélodie et de l'ornementation. Parmi ses œuvres marquantes figurent le Parnasse ou l'Apothéose de Corelli (1724), le recueil les Nations (1726) ; les Concerts royaux (1714), les Nouveaux Concerts « les Goûts réunis » (1724) pour clavecin et instruments et le Concert instrumental « Apothéose de Monsieur de Lully » (1725) ; dans le domaine religieux, les trois Leçons de ténèbres (v.  ) pour voix solistes, orgue et instruments, les deux Messes d'orgue, composées en 1690, au début de sa carrière ; et des Pièces de viole (1728). Sommaire Quitter

89 Luigi Dallapiccola, ( ), compositeur italien qui introduisit dans son pays la musique sérielle et dont les compositions d’une grande complexité sont marquées par l’utilisation de divers langages musicaux et une conception humaniste du monde. Né à Pisino ( Istrie ), Luigi Dallapiccola s’installa avec sa famille à Graz, en Autriche, où il découvrit les opéras de Mozart, de Weber et de Wagner. Il acquit sa formation musicale d’abord à Trieste, puis à Florence, où il entra au conservatoire avant de devenir professeur de piano. Après la Seconde Guerre mondiale, il fit de nombreux séjours à l’étranger, notamment à New York et à Berkeley, en Californie. Au lieu de multiplier les écarts et les heurts rythmiques, comme le firent ses contemporains, Dallapiccola, dans des œuvres vocales, comme le Volo di Notte ( Vol de nuit, 1940 ), d’après Antoine de Saint-Exupéry, ou les Canti di Prigionia ( Chants de captivité, 1941 ), esquissa, avec les frottements des dissonances, une pulsation qui donne à l’auditeur un sentiment de détachement où se mêlent l’inquiétude et l’émerveillement. La musique de Luigi Dallapiccola se caractérise par une structure dramatique où des forces opposées s’affrontent. En témoigne Il Prigioniero ( le Prisonnier, 1948 ), sa deuxième œuvre théâtrale, qui contient sous le thème modal du Dies Irae des séries dodécaphoniques introduites dans la mélodie plus que dans l’accompagnement. Bien que le nom de Luigi Dallapiccola ait été associé aux recherches formelles de l’école sérielle, son œuvre, nourrie de littérature, est particulièrement appréciée pour la réponse esthétique qu’elle apporta aux sentiments nihilistes issus de la guerre. Sommaire Quitter

90 DEBUSSY Sommaire Quitter

91 Claude Debussy, ( ), compositeur français, un des principaux précurseurs de la musique du XXe siècle.Né à Saint-Germain-en-Laye, Debussy fut formé au Conservatoire de Paris, où il entra à l'âge de dix ans. Il voyagea à Florence, Venise, Vienne et Moscou en 1879, comme musicien particulier de Nadejda von Meck, protectrice du compositeur russe Piotr Tchaïkovski. Pendant son séjour en Russie, il se familiarisa avec la musique de compositeurs russes comme Tchaïkovski, Aleksandr Borodine, Mili Balakirev et surtout Modest Moussorgski. Debussy remporta le prestigieux Grand Prix de Rome en 1884 avec sa cantate l'Enfant prodigue. Il étudia ensuite à Rome pendant deux ans, continuant à soumettre régulièrement de nouvelles compositions au jury du Grand Prix. Parmi ces œuvres figurent la suite symphonique Printemps et la cantate la Demoiselle élue, d'après un poème de l'écrivain britannique Dante Gabriel Rossetti.Au cours des années 1890, Debussy gagna une certaine notoriété, notamment avec le Quatuor à cordes en sol mineur ( 1893 ) et le Prélude à l'après-midi d'un faune ( 1894 ), sa première partition orchestrale, inspirée par un poème de Stéphane Mallarmé, qui fit date.L'opéra Pelléas et Mélisande, d'après la pièce du même nom de Maurice Maeterlinck, créé en 1902, projeta Debussy dans la gloire. L'œuvre à nouveau fit date, car elle conservait et enrichissait le côté abstrait et quasi onirique de la pièce de Maeterlinck, et aussi par son traitement de la mélodie, reproduction fidèle du rythme de la parole dont elle représente une extension naturelle.Jusqu'en 1914, Debussy écrivit principalement pour le piano et pour l'orchestre. Pour le piano succédèrent Estampes ( 1903 ), l'Isle joyeuse ( 1904 ), Images ( deux séries, 1905 et 1907 ) et les deux livres de Préludes ( , ).Pour orchestre, les Trois Nocturnes ( 1879 ), le triptyque symphonique la Mer ( 1905 ), les trois volets d'Images : Gigues, Ibéria, Rondes de printemps ( ) et le ballet Jeux ( 1913 ). En 1909, Debussy apprit qu'il était atteint d'un cancer, maladie dont il mourut neuf ans plus tard. Ses dernières années furent essentiellement consacrées aux douze Etudes pour piano ( 1915 ) et aux trois sonates pour violoncelle et piano, pour flûte, alto et harpe et pour violon et piano ( ), dans lesquelles l'essence de son style est disséminée dans des structures presque néoclassiques. Suite page suivante … Sommaire Quitter

92 Le précurseur du style moderne
Dans sa maturité, le style de Debussy fraya la voie à une grande partie de la musique moderne. Ses innovations furent d'ordre aussi bien harmonique que syntaxique et sonore. Il n'inventa pas la gamme par tons entiers, mais fut l'un des premiers à l'exploiter avec succès. Chez lui, les accords affaiblissent l'illusion d'une tonalité donnée au lieu de l'appuyer ; il les utilise pour leur couleur propre et leur effet, et non pour leur fonction dans une progression harmonique. C'est ce qui donne à sa musique un côté rêveur, qui lui a valu la qualification, fortement réductrice d'ailleurs, d'impressionniste, par analogie avec l'effet pictural obtenu par les peintres de l'école de ce nom. Debussy n'a pas lui-même créé une nouvelle école de composition : il haïssait les « debussystes » mais a libéré la musique des contraintes de l'harmonie et des formes traditionnelles, et aujourd'hui il est de ceux dans lesquels se reconnaissent des compositeurs comme Pierre Boulez. Sommaire Quitter

93 Léo Delibes, ( ), compositeur français né à Saint-Germain-du-Val, qui fit ses études musicales au Conservatoire de Paris et, de 1855 à 1869, écrivit des opérettes et des opéras-comiques pour la scène populaire française. En 1866, alors qu'il était chef de chœur assistant à l'Opéra de Paris, il établit sa réputation de compositeur de musique de ballet avec la Source, pour laquelle il avait collaboré avec le compositeur austro-russe Léon Minkus. Delibes composa le ballet Coppélia (1870), son chef-d'œuvre, et Sylvia (1876), ballet sur un thème mythologique. Il est également auteur de plusieurs opéras célèbres dont Lakmé (1883), qui est régulièrement donné. Ses œuvres comptent aussi un recueil de chansons (1872), avec notamment Bonjour, Suzon et Les filles de Cadiz. Sommaire Quitter

94 D’INDY Sommaire Quitter

95 Vincent D'Indy, (1851-1931), compositeur, pédagogue et écrivain français.
Né à Paris, élève de César Franck au Conservatoire, admirateur de Richard Wagner, il se fit connaître avec la légende symphonique la Forêt chantante (1878) et la trilogie symphonique Wallenstein ( ), d'après Schiller. Originaire du Vivarais, il utilisa des chansons de cette province dans sa célèbre Symphonie cévenole (1886) et dans Jour d'été à la montagne (1906). Pour le théâtre, il composa notamment Fervaal (1897) et l'Étranger (1903). En 1890, il devint président de la Société nationale de musique, qu'il avait contribué à fonder en 1871 et, à partir de 1896, il enseigna la composition à la Schola Cantorum, qu'il avait fondée en 1894 avec Charles Bordes ( ) et Alexandre Guilmant ( ). Il y forma de nombreux élèves (en particulier, Erik Satie, Albert Roussel, Arthur Honegger). De son enseignement nous est resté son Cours de composition musicale (1903, 1909 et 1933) et de son amour de la musique germanique ses livres sur Beethoven (1911) et Wagner (1930). Il écrivit également un ouvrage sur Franck (1906), Rameau et Monteverdi. Après 1914, il se consacra surtout à la musique de chambre. Sommaire Quitter

96 Gaetano Donizetti, ( ), compositeur italien, l'un des plus grands auteurs d'opéras de son époque, dont l'œuvre la plus connue est Lucia di Lammermoor. Il composa 65 opéras seria et opéras bouffes et fut l'un des principaux représentants du bel canto.  Né à Bergame, Gaetano Donizetti étudia le clavecin et la composition dans sa ville natale, puis le contrepoint au lycée musical de Bologne. Sa première œuvre mise en scène fut son quatrième opéra, Enrico di Borgogna (1818), suivi de Zoraide di Granata (1822), qui obtint un réel succès.  Il ne devint réellement célèbre qu'avec son trente-troisième opéra, Anna Bolena, tragédie passionnelle inspirée de Vincenzo Bellini et représentée en Son œuvre la plus célèbre est l'opéra Lucia di Lammermoor (1835), composée d'après la Fiancée de Lammermoor de Walter Scott. Dans ce registre romantico-historique, Donizetti produisit des œuvres comme Torquato Tasso (1833), Lucrezia Borgia (1833) ou Marie Stuart (1834). Grâce au soutien du compositeur Gioacchino Rossini, Donizetti s'installa en 1838 à Paris, où il donna des opéras en français, comme la Fille du régiment (1839), la Favorite et les Martyrs (1840). Après un séjour à Vienne où il fut nommé compositeur impérial, il revint présenter à Paris les opéras Dom Sébastien et Don Pasquale en 1843.  Le style musical de Donizetti, largement inspiré de celui de Rossini, mais également influencé par Bellini et Verdi, se caractérise par des mélodies brillantes et légères, écrites principalement pour des chanteurs et cantatrices virtuoses. Il écrivit également 28 cantates, de la musique instrumentale, dont 19 quatuors à cordes, et de la musique sacrée. Sommaire Quitter

97 John Dowland, ( ), luthiste, chanteur et compositeur anglais, l'un des plus grands musiciens de l'époque élisabéthaine, et l'un des plus importants compositeurs de chansons de la musique occidentale. Il voyagea en France et en Allemagne et, de 1598 à 1606, il fut luthiste à la cour du roi Christian IV de Danemark. En 1612, il fut nommé luthiste du roi Jacques Ier d'Angleterre, nomination qu'il attendait depuis longtemps. Il passa la fin de sa vie au service du monarque et de son successeur, Charles Ier. Ses chansons utilisent des textes d'une grande sensibilité, dont les accompagnements possèdent une certaine indépendance mélodique. Son First Book of Songs or Ayres ( 1597 ) fut le recueil le plus souvent réédité de son temps. La gamme descendante mélancolique qui débute sa chanson «Flow my tears» fut largement imitée à l'époque par d'autres compositeurs, devenant un motif immédiatement reconnaissable. Les chansons de Dowland ont exercé une influence déterminante sur l'établissement du genre de la chanson au sens moderne du terme. Sommaire Quitter

98 Guillaume Dufay, ( v.  ), compositeur français, l'un des premiers maîtres du contrepoint et de la polyphonie à quatre voix, il a contribué à l'établissement du langage harmonique symétrique des compositions de la Renaissance. Peut-être né à Cambrai, il y fut enfant de chœur, avant de partir pour l'Italie, d'abord à la cour des Malatesta, puis, entre 1428 et 1437, au sein de la chapelle pontificale. Devenu chanoine à la cathédrale de Cambrai en 1436, il n'y prit définitivement ses fonctions qu'à la fin des années 1440, après avoir séjourné à la cour de Savoie et, peut-être, à celle de Bourgogne. Il fit alors de Cambrai sa résidence permanente et un centre de rayonnement musical. Son œuvre comprend des magnificats, des messes, des motets ( environ 80 ) et des chansons ( environ 75 ) qui réalisent une formidable synthèse entre les influences française, italienne et anglaise. Le motet Nuper rosarum flores, écrit pour la consécration de la cathédrale de Florence, en 1436, adopte une structure directement liée aux proportions du tout nouveau dôme, dessiné par Brunelleschi. Dufay a été le premier compositeur à s'inspirer de mélodies profanes pour ses messes ( l'Homme armé, par exemple ), pratique qui allait devenir courante au cours du siècle suivant. Son influence a contribué à établir la prédominance d'une harmonie plus chaleureuse, fondée sur l'accord parfait, privilégiant les intervalles de tierce et de sixte ( tendance dérivée des compositeurs anglais de l'époque ) à la place des quartes et des quintes, beaucoup plus austères, en vigueur jusqu'alors. Sommaire Quitter

99 Paul Dukas, ( ), professeur, compositeur et critique musical français, influencé par Debussy et Wagner, auteur notamment de l'Apprenti sorcier et de plusieurs opéras. Élève au Conservatoire de Paris, il y fut nommé professeur de composition de 1910 à Sa réputation de compositeur s'est forgée à partir de deux œuvres majeures : l'Apprenti sorcier (1897), un magnifique scherzo symphonique inspiré d'une ballade du poète allemand Johann Wolfgang von Goethe, et Ariane et Barbe-Bleue (1907), l'un des plus grands opéras modernes français. Citons également l'ouverture le Roi Lear (1883), le ballet La Péri (1912) et le Sonnet de Ronsard (1924), pour piano et chant. Il eut pour élèves Olivier Messiaen et Maurice Duruflé.  Il fut également critique musical à la revue hebdomadaire, la Gazette des Beaux-Arts et la Revue musicale. Il a par ailleurs participé à l'édition et à la révision des œuvres de Rameau.  Sommaire Quitter

100 John Dunstable, ( v.  ), compositeur anglais du début de la Renaissance. Les données biographiques sont très limitées mais on pense qu'il serait entré au service du duc de Bedford avant 1427, ayant peut-être voyagé avec lui quand il était régent de France ( ), puis il travailla pour la reine Jeanne de Navarre ( ) et pour Henri, duc de Gloucester ( v. 1438 ). Son épitaphe dit de lui qu'il était « prince de la musique, mathématicien et astronome ». Ce que l'on connaît de son œuvre est essentiellement constitué de musique sacrée pour trois ou quatre voix, notamment des motets, des mouvements de musique liturgique et peut-être deux des tout premiers cycles de messes dans lesquels chaque mouvement est construit sur le même matériel musical Rex seculorum et Da gaudiorum premia. La technique médiévale de l'isorythmie ( la superposition de structures rythmiques et mélodiques qui se répètent ) et le plain-chant furent des outils d'unification souvent employés par le compositeur. La musique de Dunstable incarne le style euphonique que Martin le Franc appelle la contenance angloise, tant louée par le théoricien Tinctoris. Egalement présent dans nombre des pièces du manuscrit de Old Hall ( source principale de sa musique ), notamment celles de son contemporain Leonel Power, ce style affectionne un mouvement parallèle en tierces et en sixtes, des mélodies sur des accords parfaits et des harmonies consonantes. Les œuvres de Dunstable eurent une renommée internationale et une influence profonde sur certains compositeurs du début de la Renaissance tels les Bourguignons Guillaume Dufay et Gilles Binchois. Sommaire Quitter

101 Maurice Duruflé, ( 1902-1986 ), compositeur et organiste français.
C'est à Rouen qu'il reçut sa formation musicale, en entrant pendant la Première Guerre mondiale à la maîtrise de la cathédrale. Il étudia le piano, l'orgue et la composition. En 1919, il gagna Paris où il suivit l'enseignement des organistes Tournemire et de Vierne. Premier prix d'orgue et de composition au conservatoire, il y reçut l'influence du compositeur Paul Dukas. Comme lui, Duruflé composa peu ( neuf œuvres au total ) et se consacra surtout à sa charge d'organiste de Saint-Étienne-du-Mont puis, à la mort de Vierne, de Notre-Dame de Paris. Sa grande virtuosité l'amena à donner des concerts dans le monde entier et à enseigner l'orgue et l'harmonie au Conservatoire de Paris jusqu'en Fortement marqué par l'œuvre de Fauré, de Ravel, de son professeur Paul Dukas ainsi que par la redécouverte du chant grégorien, il aimait par-dessus tout la composition pour orgue et orchestre. Parmi ses œuvres les plus célèbres, citons le Prélude, Adagio et Choral varié ( 1929 ) et le très beau Requiem ( 1947 ). Sommaire Quitter

102 Henri Dutilleux, (1916- ), compositeur français, l'un des plus grands musiciens du XXe siècle, dont l'œuvre est marquée à la fois par l'impressionnisme musical français et par l'atonalité viennoise.  Né en 1916 à Angers, Henri Dutilleux fit ses études à Douai, puis entra en 1933 au conservatoire de Paris. Il obtint le grand prix de Rome en 1938, mais dut interrompre son séjour à la villa Médicis au début de la Seconde Guerre mondiale. Sa première œuvre d'importance, une Sarabande pour orchestre, fut jouée à Paris en 1941, suivie par la Geôle, pièce pour chant et orchestre sur un poème de Jean Cassou.  Travaillant pour l'ORTF, Dutilleux composa à partir de 1945 pour le cinéma, la radio et la scène. Sa Sonate pour piano fut créée en 1948 et la Symphonie n° 1 en Sa Symphonie n° 2, dite le Double, qui organise une nouvelle répartition de l'orchestre, fut dirigée en 1959 à Boston par Charles Munch. En 1965, le violoncelliste Mstislav Rostropovitch lui commanda un concerto pour violoncelle et orchestre, intitulé Tout un monde lointain. Après avoir reçu le grand prix national de la musique en 1967, Dutilleux devint professeur de composition au conservatoire de Paris en 1970, tout en continuant à composer, notamment un Concerto pour violon (1985).  Dutilleux, qui n'appartient à aucune école, s'est imposé comme l'une des grandes figures de la musique contemporaine. La musique revêt pour lui un caractère sacré et magique ; empreinte de poésie, elle exige une grande rigueur d'écriture. Passionné de Proust et de Baudelaire, Dutilleux a beaucoup travaillé sur le temps et le silence. Son langage atonal, particulièrement expressif, ne dédaigne pas la polytonalité et la polyrythmie.  Parmi les autres œuvres majeures de Dutilleux figurent Interrogations musicales, Métaboles, le quatuor à cordes Ainsi la nuit composé en 1977 pour le quatuor Julliard, le concerto pour violon l'Arbre des songes (1985) dédié au violoniste Isaac Stern, Timbres, Espace, Mouvement, la Nuit étoilée (1978), œuvre orchestrale sans violon ni alto conçue d'après un tableau de Van Gogh, et Trois Strophes sur le nom de Sacher ( ). Sommaire Quitter

103 DVORAK Sommaire Quitter

104 Antonín Dvorák, ( ), compositeur tchèque, dont la musique a renouvelé le goût pour l’exaltation romantique de la grandeur d’âme. Né à Nelahozeves, un petit village proche de Prague, en Bohême, Antonín Dvorák apprit le violon et joua, dès son enfance, pour les clients de l’auberge que tenait son père. Il étudia à l’école d’orgue de Prague de 1857 à 1859, avant d’intégrer, au pupitre d’alto, l’ensemble de concert de Komzák puis l’orchestre du Théâtre national de Prague, où il joua sous la direction de Franz Liszt, de Richard Wagner et de Bedrich Smetana. Dvorák connut son premier succès auprès du public tchèque lors de l’exécution de la cantate Hymnus ( 1873 ), dont le livret et la musique flattaient les sentiments nationaux de ses contemporains. À partir de 1884, il se rendit régulièrement en Angleterre pour interpréter ses œuvres. De 1892 à 1895, il dirigea le Conservatoire national de musique à New York, puis il rentra en Bohême, où il devint en 1901 directeur du Conservatoire de Prague.  Certaines œuvres de Dvorák ont acquis une grande célébrité. Sa Neuvième Symphonie, dite du « Nouveau Monde » ( 1893 ) est inscrite au répertoire de tous les grands orchestres symphoniques. Les Danses slaves ( 1878 et 1886 ) pour deux pianos, transcrites plus tard pour orchestre, le Quatuor en Fa, dit « Quatuor américain » ( 1893 ) et l’Humoresque ( 1894 ) furent également bien reçus par le public ; les violoncellistes du monde entier intégrèrent dans leur programme son Concerto pour violoncelle en si mineur ( 1895 ). Cependant Dvorák composa de nombreuses œuvres qui sont restées dans l’ombre. Outre ses premières symphonies, des concertos, quintettes et quatuors, il consacra une part importante de sa vie à l’écriture de plusieurs opéras, notamment Alfred ( 1870 ), Vanda ( 1875 ), le Jacobin ( ), Rusalka ( 1901 ) et Armide ( ). Suite page suivante … Sommaire Quitter

105 Le style de composition adopté par Dvorák explique l’hétérogénéité de son œuvre. Ses plus belles réussites tiennent à un équilibre mystérieux et instable, qu’il a parfois su établir entre un thème et son contexte musical. Le Stabat Mater ( 1874 ) illustre cet art fragile qui s’évertuait à donner une impression de grandeur. Une note  un Fa dièse  reprise sur quatre octaves par les instruments à vent introduit l’œuvre, escalier à quatre marches immenses, que les cordes redescendent par un thème chromatique, répété et modulé par chaque pupitre de l’orchestre. La suite est faite de vagues, ponctuée par les pizzicati ( pincements des cordes ) des violoncelles, sur lesquelles viennent se poser les voix. L’effet saisissant de ces premières mesures est dû à une étonnante ellipse musicale. Il y a là toute une fugue, suggérée depuis le thème réduit à une note jusqu’à la strette, cet enchaînement des phrases qui se superposent dans un accord final. L’art de Dvorák se manifeste davantage dans ce qui précède l’exposition des thèmes que dans leur développement, souvent emphatique, voire monotone. Ses œuvres les plus achevées furent les Danses slaves ( 1878 et 1886 ), qui trouvèrent dans le folklore tchèque une matière qu’il transforma admirablement, et le Concerto pour violoncelle ( 1895 ), dont le lyrisme et la fougue tiennent en haleine l’auditeur du début à la fin de l’œuvre. Sommaire Quitter

106 Hanns Eisler, ( ), compositeur allemand, collaborateur du poète et dramaturge Bertolt Brecht. Né à Leipzig le 6 juillet 1898 il fut élevé à Vienne par ses parents autrichiens. De 1916 à 1918, il participa en tant que soldat à la Première Guerre mondiale puis retourna à Vienne où il travailla comme correcteur musical et étudia avec les compositeurs Arnold Schönberg et Anton Webern. En 1925, il partit à Berlin où, en 1926, il entra au parti communiste et collabora à partir de 1930 avec le poète et dramaturge Bertolt Brecht, composant de la musique vocale influencée par le jazz et de la musique d'accompagnement pour ses pièces Die Massnahme ( 1930 ) et Die Mutter ( 1931 ), et son film Kuhle Wampe ( 1931 ). Il s'opposa alors farouchement à la musique dodécaphonique et à Schönberg. Il quitta l'Allemagne en 1933 après l'accession au pouvoir du parti nazi. En 1937, il émigra aux États-Unis où il composa de la musique pour le film Hangmen Also Die ( 1942 ) de Fritz Lang, d'après un script de Brecht et la pièce de Brecht Galileo Galilei ( 1947 ). Il revint à Vienne en 1948 avant de partir pour Berlin ( dans la partie sous occupation soviétique ) en Il continua d'écrire de la musique pour le cinéma et le théâtre et mit en musique le poème de Brecht Auferstanden aus Ruinen qui devint l'hymne national de l'ex-République démocratique allemande. Johannes Faustus, créé en 1953, fut le seul opéra qu'il acheva; parmi ses autres œuvres figure un Deutsches Requiem ( 1937 ). Il mourut à Berlin le 6 septembre 1962 Sommaire Quitter

107 un peu d'humour ! Sommaire Quitter

108 ELGAR Sommaire Quitter

109 Sir Edward Elgar, (1857-1934), compositeur britannique influencé par la période pré-romantique. 
Elgar est né le 2 juin 1857, près de Worcester. Autodidacte, il apprit une partie de son métier dans le magasin de musique de son père en lisant partitions et traités, et lui succéda en 1885 comme organiste de l'église catholique Saint-George de Worcester. En 1889, il se maria et démissionna pour se consacrer à la composition. Par la suite, il vécut alternativement à Londres et dans les environs de Worcester. Son ouverture, Froissart, jouée en 1890, le fit connaître un peu, mais ce n'est qu'en 1899, lorsque le chef d'orchestre hongrois Hans Richter dirigea à Londres ses Variations sur un thème original qu'il parvint à la notoriété. Cette œuvre, mieux connue sous le nom d'Enigma Variations (« Variations énigmatiques »), parce que le thème central en est suggéré mais jamais ouvertement exposé, est l'une de ses plus populaires et de ses plus admirées. Le Rêve de Gérontius, d'après un poème de John Henry Newman, ecclésiastique anglais, et généralement considéré comme le chef-d'œuvre d'Elgar, assit définitivement sa réputation. L'œuvre d'Elgar, un exemple de la fin du romantisme dans lequel transparaît l'influence de Wagner et de Brahms, est remarquable pour son esprit, sa beauté lyrique et sa forme originale. Elgar a également écrit les cantates le Chevalier noir (1893) et Caractacus (1898), les oratorios les Apôtres (1903) et le Royaume (1906), un concerto pour violon (1910) et un autre pour violoncelle (1919), devenu ces dernières années son œuvre la plus populaire, et les cinq marches bien connues des Pompes et Circonstances ( , 1930). Ses œuvres pour orchestre regroupent l'ouverture de Cockaigne (1902), l'étude symphonique Falstaff (1913) et deux symphonies, l'une en la bémol (1908), avec laquelle sa réputation internationale se confirma, l'autre en mi bémol (1911). Au moment de sa mort, à Worcester, le 23 février 1934, il était en train de travailler à une troisième symphonie et à un opéra, The Spanish Lady  Sommaire Quitter

110 ENESCO Sommaire Quitter

111 Georges Enesco, (1881-1955), pianiste, violoniste, compositeur et chef d'orchestre roumain.
Né à Liveni en Moldavie,(aujourd'hui Enescu), son nom s'écrit en roumain Enescu. Il commença l'apprentissage du violon, entra au Conservatoire de Vienne à sept ans et intégra le Conservatoire de Paris à treize ans. Ses professeurs furent les compositeurs français Jules Massenet et Gabriel Fauré. Il entreprit une tournée en Europe comme virtuose violoniste en En 1923, il fit ses débuts de chef d'orchestre à New York à la tête du Philadelphia Orchestra. Il dirigea le New York Philharmonic en Il fit une carrière de grand virtuose et de professeur et compta parmi ses élèves le violoniste Yehudi Menuhin. Après la Seconde Guerre mondiale, il s'installa à Paris. On dit de lui qu'il fut le plus grand violoniste roumain de son époque. Compositeur versatile, il composa dans tous les styles : romantique, néoclassique, atonal. Il doit sa renommée à des œuvres telles que les deux Rhapsodies roumaines, dans lesquelles il inclut des mélodies traditionnelles. Citons également la suite symphonique Poema Româna (1898), 3 symphonies, de la musique de chambre, et l'opéra Œdipe (1936). Sommaire Quitter

112 Manuel de Falla, (1876-1946), compositeur espagnol du XXe siècle.
Falla est né à Cadix le 23 novembre Dans son enfance, il fut initié au piano par sa mère et divers professeurs locaux. Il étudia ensuite la composition avec le célèbre musicologue et pédagogue Felipe Pedrell. De 1905 à 1907, Falla enseigna le piano à Madrid et, de 1907 à 1914, il étudia et travailla à Paris. Il vécut et composa essentiellement en Espagne de 1914 à Il quitta sa patrie après la guerre civile et s'installa en Argentine. Il mourut le 14 novembre 1946 à Buenos Aires.  Sous l'influence de Pedrell, qui prônait le retour aux sources folkloriques et traditionnelles de la musique, Falla développa un style national qui est devenu caractéristique de ses compositions. À vrai dire, il utilisait non pas les chansons traditionnelles elles-mêmes, mais puisait ses thèmes dans le folklore. Il subit aussi l'influence de l'esthétique impressionniste par l'intermédiaire des compositeurs français Claude Debussy et Maurice Ravel, qu'il rencontra à Paris. Falla fut l'un des meneurs de la révolte contre l'influence allemande et italienne dans l'opéra espagnol et lutta pour créer un orchestre de chambre à Séville, l'Orchestre bétique. Parmi ses compositions, citons Noches en los jardines de España (Nuits dans les jardins d'Espagne, ), pour orchestre et piano, l'opéra La vida breve (la Vie brève, 1905), les ballets El amor brujo (l'Amour sorcier, 1915) et El sombrero de tres picos (Tricorne, 1919), l'opéra pour marionnettes et chanteurs, El retablo de Maese Pedro (les Tréteaux de Maître Pierre, 1924), le concerto pour clavecin ( ) et de la musique pour guitare. Sommaire Quitter

113 FAURE Sommaire Quitter

114 Gabriel Fauré, ( ), compositeur et organiste français, auteur notamment de quatuors et d’un Requiem d’inspiration contemplative, dont la musique se distingua des tendances de son temps. Né à Pamiers, Gabriel Fauré fit ses études musicales à l’école Niedermeyer, où il fut l’élève de Camille Saint-Saëns. De 1866 à 1905, il fut l’organiste de plusieurs églises, notamment de Saint-Sulpice et de la Madeleine. En 1896, il devint professeur de composition au Conservatoire de Paris, avant de le diriger de 1905 à Parmi ses élèves figuraient Nadia Boulanger, Maurice Ravel et le compositeur roumain Georges Enesco. Avec Saint-Saëns, Fauré aida à maintenir les valeurs musicales françaises en fondant la Société nationale de musique française, qui se donnait pour but de « faire connaître les œuvres […] des compositeurs français », par réaction aux excès flamboyants de la musique romantique allemande de Wagner. Si les premières œuvres de Fauré, notamment ses recueils de mélodies, gardaient les traits des compositeurs romantiques,  l’accompagnement en arpèges à la manière de Schumann, et de nombreuses références à Chopin , Fauré révéla cependant, dès le Cantique de Jean Racine (1865), l’objet de sa quête musicale. La mélodie, construite sur les notes stables de la tonalité de ré bémol, va de la médiante (troisième degré de la gamme) à la dominante (cinquième degré), puis de celle-ci à l’octave, avant de redescendre sur la tonique. Simplement animé par une pulsation des cordes, qui se balancent doucement de la dominante à l’octave, le cantique s’élève progressivement, avant de retrouver la paix du dernier accord. Toute l’œuvre de Fauré est ainsi tournée vers le mouvement de la grâce. Suite page suivante … Sommaire Quitter

115 École française Fauré a écrit près de cent mélodies, dont la Bonne Chanson (1892), tirée d’un poème de Verlaine, et l’Horizon chimérique (1922). Ces chants, accompagnés par le piano, se distinguent des lieder du romantisme allemand, par leur aspect feutré et leur caractère évocateur en demi-teinte. L’écriture harmonique elle-même semble toujours retenue par la pudeur des sentiments ; les modulations (passage d’une tonalité à une autre) sont souvent arrêtées par des jeux d’enharmonies (noms différents donnés à un même son, exemple : do dièse et ré bémol), qui donnent l’impression d’interrompre une phrase et d’en faire l’ellipse .Le style développé par Fauré, qui devint celui de l’école française, se retrouve dans ses nombreuses compositions pour piano : les 4 Valses caprices, les 6 Impromptus, les 13 Nocturnes, les 13 Barcarolles, les 9 Préludes, la Ballade et la Fantaisie, et sa musique de chambre, principalement ses trios et quatuors, d’une grande richesse musicale. Son Requiem (1887) est une œuvre sereine et forte, d’une mélodie claire et très pure. Fauré composa aussi des musiques de scène parmi lesquelles Pelléas et Mélisande (1898), Masques et Bergamasques (1920), et deux tragédies lyriques, Prométhée (1900) et Pénélope (1913).Associé à Claude Debussy dans le renouveau de la musique française, Gabriel Fauré fut à l’origine d’une nouvelle sensibilité musicale à la transition du XIXe et du XXe siècle. Sommaire Quitter

116 Morton Feldman, ( ), compositeur américain de musique contemporaine de caractère extrêmement statique. Morton Feldman est né à New York où il passa la plus grande partie de sa vie jusqu'à ce qu'il accepte un poste d'enseignant à l'université de New York à Buffalo en Elève de Wallingford Riegger et de Stefan Wolpe, sa musique se distingue par son style expérimental, instinctif, en partie influencé par sa longue fréquentation d'autres compositeurs d'avant-garde comme John Cage, Earle Brown et Christian Wolff et des peintres Jackson Pollock, Robert Rauschenberg et Mark Rothko. Plusieurs de ses œuvres furent directement influencées par l'art visuel, soit dans leur thème, soit dans le procédé de notation graphique. Atlantis ( 1958 ) et Out of Last Pieces ( 1960 ) sont deux œuvres orchestrales écrites en notation graphique qui exigent des interprètes un certain degré d'improvisation; Rothko Chapel ( 1971 ) est une œuvre pour alto, ensemble et voix, inspirée par des peintures de Mark Rothko, où il revint à la notation traditionnelle. Vers la fin de sa vie, Morton Feldman s'intéressa plus particulièrement à la nature du temps et des proportions dans la musique, et ses compositions devinrent beaucoup plus longues. For Philip Guston ( 1984 ) pour formation de chambre dure quatre heures; l'exécution du Quatuor à cordes II ( 1983 ) peut durer jusqu'à cinq heures et demie. La musique de Morton Feldman se caractérise par son goût prononcé pour des sonorités extrêmement tranquilles, isolées, alternant avec plusieurs secondes de silence soigneusement agencées. Sommaire Quitter

117 Brian Ferneyhough, ( ), l'un des principaux compositeurs britanniques contemporains. Sa première expérience de la musique fut le monde de la fanfare. Il découvrit les œuvres de Webern, de Stockhausen et de Boulez alors qu'il était à l'École de musique de Birmingham ( ) et étudia la composition à l'Académie royale de musique avec sir Lennox Berkeley ( ). Assistant au festival Gaudeamus Week à Bilthoven, aux Pays-Bas, il y rencontra ses deux futurs professeurs. Il rejoignit la classe du premier, Ton de Leeuw, à Amsterdam ( 1968 ), puis celle du second, Klaus Huber, à Bâle ( ). Compositeur actif depuis le début des années 1970, il a enseigné à Fribourg ( ), lors des classes d'été de Darmstadt ( depuis 1976 ), au Conservatoire de La Haye ( ) et à l'université de Californie de San Diego depuis Il a eu une grande influence sur les compositeurs britanniques James Dillon, Michael Finnissy, Chris Dench et Richard Barrett. Très respecté et très joué sur le continent européen, il n'est vraiment reconnu au Royaume-Uni que depuis une rétrospective donnée au Festival de Huddersfield en La production musicale de Ferneyhough a évolué à partir d'un dodécaphonisme intégral et combine des détails superficiels redoutables, une virtuosité à la limite de l'injouable et, en toile de fond, un sens du drame très expressif. Elle est dominée par les quatre quatuors à cordes ( 1967, 1980, 1987, 1990 ), les trois études Time and Motion Studies ( ) et les sept œuvres qui constituent les Carceri d'Invenzione ( «Prisons d'invention» , ), inspirées par Piranèse. Sommaire Quitter

118 Girolamo Frescobaldi, ( ), claveciniste, organiste et compositeur italien qui marqua le développement de la musique baroque.  Né à Ferrare, Girolamo Frescobaldi étudia la musique avec son père et avec l’organiste Luzzasco Luzzaschi. En 1604, il s’installa à Rome, où il fut nommé organiste de l’académie Sainte-Cécile puis, en 1607, de la cathédrale Santa Maria in Trastevere. Son Premier Livre de madrigaux à cinq voix (1608) fut publié à Anvers, où il accompagna le cardinal Bentivoglio, son protecteur. En 1608, Frescobaldi devint maître de chapelle de la basilique Saint-Pierre de Rome, titre qu’il garda jusqu’à la fin de sa vie. Grâce à ses voyages à Bruxelles, en 1607, à Mantoue, en 1615, et à Florence, où il séjourna de 1628 à 1634, il se rendit célèbre dans toute l’Europe à la fois comme organiste et comme compositeur de musique instrumentale.  L’œuvre de Frescobaldi représente une étape importante entre les formes strictes de la musique de la Renaissance et la musique baroque, osant des chromatismes et des dissonances, usant de variations et adoptant souvent la forme de la fugue. Ses pièces instrumentales intitulées Fantasie a quattro se caractérisent par une grande richesse rythmique et révèlent le goût du compositeur pour le contrepoint. L’essentiel de sa musique vocale est contenue dans les Arie musicale (1630) pour une à trois voix accompagnées de clavecin ou de théorbe.  Son abondante production instrumentale fut publiée en plus de douze volumes, qui contiennent notamment deux livres de Toccate (1615, 1627), Canzoni alla francese (1645), ainsi que des fantaisies, ricercari et autres formes de musique pour clavier. Son œuvre la plus célèbre, Fiori musicali (1635), influença notamment les compositeurs Dietrich Buxtehude et Jean-Sébastien Bach. Sommaire Quitter

119 Giovanni Gabrieli, ( v.  ), important compositeur vénitien de la fin de la Renaissance. Il étudia la musique avec son oncle, Andrea Gabrieli, et travailla à Munich ( ) avec le compositeur wallon Roland de Lassus. À partir de 1585, il fut organiste à la basilique Saint-Marc de Venise. Ses multiples ensembles de solistes, choristes et instruments, avec leurs combinaisons et leurs tonalités variées, aidèrent à établir le principe du contraste qui imprégna la musique des XVIIe et XVIIIe siècles. Son traitement de l'harmonie annonçait également l'usage qui allait en être fait au baroque. Sa Sonata pian'e forte ( 1597, dans Sacrae Symphoniae, vol. I ) fut parmi les premières œuvres imprimées à spécifier l'intensité et l'instrumentation. Gabrieli était célèbre aussi pour ses motets et sa musique d'orgue. Son élève le plus célèbre fut le compositeur allemand Heinrich Schütz. Sommaire Quitter

120 Francesco Geminiani, ( ), compositeur italien, parmi les meilleurs violonistes de son époque. Né à Lucques, il étudia avec le compositeur violoniste italien Arcangelo Corelli et, en 1714, s'installa en Angleterre, où il fit une brillante carrière de violoniste. Parmi ses compositions les plus connues figurent ses concerti grossi, opus 2 et opus 3. Au travers de son enseignement, il a transmis la technique et le style de Corelli aux générations suivantes. C'est à lui qu'on attribue The Art of Playing on the Violin, traité inestimable sur la manière de jouer du violon, dont la première édition date de 1730 et qui présente de nos jours un intérêt considérable pour la connaissance des techniques de jeu du XVIIIe siècle. Sommaire Quitter

121 GERSHWIN Sommaire Quitter

122 George Gershwin, ( ), compositeur américain, dont les comédies musicales et les chansons populaires figurent parmi les plus achevées du genre. Ses compositions pour le théâtre musical puisent dans le langage du jazz et de la musique populaire.  Gershwin est né à Brooklyn ( New York ), où il étudia avec les compositeurs américains Rubin Goldmark, Henry Cowell et Wallingford Riegger, ainsi qu'avec le compositeur et théoricien d'origine russe Joseph Schillinger. Gershwin débuta à l'âge de seize ans comme pianiste, assurant la promotion de chansons pour une maison d'édition américaine, mais c'est sa chanson intitulée Swanee ( 1918 ) qui le rendit célèbre dans la Tin Pan Alley (nom donné au quartier de New York où étaient situés les éditeurs de musique). Les paroles de presque toutes ses chansons sont dues à son frère Ira Gershwin, avec qui il collabora pour plusieurs spectacles et comédies musicales dont George White's Scandals ( ), Lady Be Good ( 1924 ), Funny Face ( 1927 ) et la satire politique Of Thee I Sing ( 1931 ), la première comédie musicale à remporter le prix Pulitzer. Les chansons de Gershwin qui révèlent un génie harmonique peu commun furent les premières à intégrer les rythmes et les formules mélodiques du jazz. Les plus connues sont The Man I Love, I Got Rhythm et Someone to Watch Over Me. C'est à la demande du chef d'orchestre Paul Whiteman que Gershwin composa la Rhapsody in Blue ( 1924 ) pour piano et orchestre de jazz, qui fut ensuite orchestrée par le compositeur américain Ferde Grofé. Cette pièce influença profondément l'utilisation du langage du jazz par les compositeurs européens et américains. Les autres œuvres de concert de Gershwin comptent notamment le Concerto pour piano en Fa ( 1925 ), le poème symphonique An American in Paris ( 1928 ), la Second Rhapsody ( 1931 ) pour piano et orchestre et l'opéra Porgy and Bess ( 1935 ). Inspiré d'un roman de l'écrivain américain DuBose Heyward, Porgy and Bess, qui intègre à la fois le langage de la musique folk noire, du jazz, de la Tin Pan Alley et de la musique classique européenne, est une composition unique en son genre. Sommaire Quitter

123 Carlo Gesualdo, (v.  ), luthiste et compositeur italien célèbre pour les harmonies chromatiques hardies de ses madrigaux. À la mort de son père, en 1586, il hérita de la principauté de Venosa. Après avoir fait assassiner sa femme, son amant et leur enfant en 1590, il quitta sa Naples natale pour le nord de l'Italie. En 1594, il épousa Éleonore d'Este et s'installa à la cour de Ferrare. À la mort du duc Alfonso II d'Este en 1597, qui marqua la fin de l'aura culturelle de Ferrare, Gesualdo retourna à Naples. Sur ses six volumes de madrigaux à cinq voix, les deux derniers sont particulièrement révélateurs d'un style harmonique original dégageant une forte puissance émotionnelle par le biais du recours aux dissonances et aux brusques changements de rythme. Sommaire Quitter

124 Orlando Gibbons, ( ), compositeur anglais de la fin de la Renaissance, un des plus importants représentants de la musique élisabéthaine. Né à Oxford, il devint successivement organiste de la chapelle royale en 1604, virginaliste à la cour en 1619 et organiste à Westminster Abbey en 1623. Les motets de Gibbons sont parmi les plus belles pièces de la musique sacrée anglicane. Parmi ses motets pour chœur seul, on peut citer Hosanna to the Son of David et O Clap Your Hands et parmi ceux pour chœur et solo de voix, This is the Record of John et Behold Thou Hast Made My Days. Parmi ses madrigaux, on trouve l'émouvant The Silver Swan et le sombre What Is Our Life Il écrivit pour le virginal des danses stylisées, comme la pavane, Lord Salisbury, des fantaisies contrapuntiques et des variations sur des thèmes populaires. C'était un musicien conservateur pour l'époque, ses madrigaux eux-mêmes possédant une texture contrapuntique austère rappellent les techniques de composition les plus strictes de la musique d'église. On lui doit de nombreuses chansons pour petit ensemble, dans lesquelles une voix et quatre violes jouent à parts égales afin d'obtenir une texture comportant cinq interventions équilibrées plutôt qu'un solo accompagné. Sommaire Quitter

125 Alexandre Konstantinovitch Glazounov, ( ), compositeur russe né à Saint-Pétersbourg, le dernier compositeur important de l'École nationale russe fondée par Mikhaïl Glinka. Glazounov suivit les cours du célèbre compositeur russe Nikolaï Rimski-Korsakov. Son œuvre porte les empreintes du compositeur hongrois Franz Liszt et du compositeur allemand Richard Wagner. En 1889, il acheva avec Rimski-Korsakov l'opéra le Prince Igor, qui avait été laissé inachevé par le compositeur russe Alexandre Borodine, mort en Glazounov enseigna au Conservatoire de Saint-Pétersbourg entre 1900 et 1906, avant de le diriger de 1906 à Il quitta l'Union soviétique en 1928 et, outre un séjour aux États-Unis, vécut par la suite à Paris. Parmi ses compositions figurent huit symphonies, les poèmes symphoniques Stenka Razine et le Kremlin (1892), les ballets Raymonda (1898) et les Saisons (1901), le concerto pour violon op. 82 (1904), de la musique de chambre, des pièces pour piano et des œuvres lyriques. Sommaire Quitter

126 GLINKA Sommaire Quitter

127 Mikhaïl Ivanovitch Glinka, ( ), compositeur russe né à Novospasskoïe et formé à Saint-Pétersbourg.  Glinka étudia avec différents professeurs en Russie, en Italie et en Allemagne. Jusqu'en 1835, ses compositions comprirent essentiellement des chansons. Son opéra la Vie pour le tsar ( 1836 ), dont le thème et la musique sont issus des chants et contes populaires russes, a été le premier opéra russe de caractère national. La musique de son deuxième opéra, Russlan et Lioudmila ( 1842 ), d'après un poème de l'écrivain russe Alexandre Pouchkine, est également largement inspirée de la musique traditionnelle russe. Glinka s'est imposé comme le fondateur de l'école nationale russe de musique, mouvement poursuivi par des compositeurs comme Alexandre Borodine, Modeste Moussorgski et Nikolaï Rimski-Korsakov. Glinka s'est également intéressé à la musique populaire et à la danse en Espagne, où il vécut de 1845 à 1847, et dont s'inspirent les ouvertures Jota Aragonesa et Une nuit d'été à Madrid ( 1851 ). Ses autres œuvres incluent la fantaisie pour orchestre Kamarinskaïa ( 1848 ), de la musique de chambre, des pièces pour piano et des mélodies. Sommaire Quitter

128 GLUCK Sommaire Quitter

129 Christoph Willibald von Gluck, ( ), compositeur allemand en rupture avec le style italien et français de l'art lyrique qui inaugura une réforme profonde de l'opéraNé à Erasbach ( Haut-Palatinat ), Gluck était le fils d'un garde forestier. Il étudia la musique au collège jésuite de Komotau ( aujourd'hui en République tchèque ), ainsi qu'à Prague où, dès 1732, il gagnait sa vie en tant que violoniste et violoncelliste de divers orchestres animant des bals populaires. Après avoir servi dans l'orchestre de musique de chambre du prince Lobkowitz à Vienne en 1736, il se rendit à Milan, auprès du compositeur italien Giovanni Battista Sammartini ( ), grand maître du style galant, qui lui enseigna pendant quatre ans la technique de composition. Le premier opéra de Gluck, Artaserse, fut créé à la Scala de Milan en 1741.  Pendant les neuf années suivantes, il composa et créa seize opéras dans diverses villes d'Europe, notamment à Londres où il rencontra Georg Friedrich Haendel pendant son séjour de 1745 à Parmi ces œuvres figuraient la Sofonisba ( 1744 ) et Artamene ( 1746 ). En 1750, il s'installa à Vienne, qu'il ne quitta par la suite que pour de brefs séjours à Naples et à Rome. Nommé en 1754 maître de chapelle de la cour de l'impératrice Marie-Thérèse, Gluck composa La clemenza di Tito ( la Clémence de Titus, 1752 ) et Antigono ( 1756 ). Arrivé à Paris en 1774 pour présenter les versions françaises d'Orfeo et d'Alceste, il y resta cinq ans. Mais en dépit de la protection que lui assura Marie-Antoinette, à qui il enseignait le chant et le clavecin, Gluck fit l'objet de querelles théoriques et d'intrigues incessantes. Paralysé à la suite d'attaques d'apoplexie, il retourna à Vienne en 1779 où il mourut huit ans après. Suite page suivante … Sommaire Quitter

130 Œuvre   Jusqu'en 1762, Gluck composa dans le style alors en vigueur en Italie, caractérisé par une musique surtout destinée à donner aux chanteurs virtuoses l'occasion de démontrer leur talent. Toutefois, de plus en plus lassé des conventions de l'opéra italien, de son clinquant superficiel et de sa lourde ornementation mélodique, Gluck se décida à réformer l'art lyrique de son temps. Le nouveau style qu'il développa visait à rétablir l'objectif initial de l'opéra : exprimer par la musique l'émotion portée par les mots, en veillant à l'unité dramatique par la suppression de la frontière entre le récitatif et l'aria ainsi que par l'absence de changements de scène trop fréquents. C'est dans cette optique qu'il travailla avec le grand réformateur du ballet classique Jean-Georges Noverre.  Vers 1760 débuta une collaboration avec le poète italien Ranieri di Calzabigi, qui écrivit pour Gluck un livret servant admirablement les théories du compositeur sur l'équilibre entre les mots et la musique. Cette association aboutit à Orfeo ed Euridice, opéra qui surpassait en grandeur, en inspiration, en qualité dramatique et en naturel tout ce qui avait été écrit auparavant. Créé à Vienne en 1762, il connut un immense succès. Parmi les autres grands opéras de Gluck composés selon les principes de la réforme de l'opéra dont il fut l'initiateur figurent Alceste ( 1767 ) et Paride ed Elena ( Pâris et Hélène, 1770 ), sur des textes de Calzabigi ; Iphigénie en Aulide ( 1774 ) et Armide ( 1777 ). Les réformes introduites par Gluck dans l'art lyrique rencontrèrent une violente opposition particulièrement à Paris où, de 1774 à 1781, une polémique virulente s'engagea entre les partisans de Gluck et les défenseurs de l'opéra italien et du compositeur napolitain Niccolò Piccinni. Le directeur de l'Opéra de Paris avait commandé aux deux rivaux un opéra sur le même texte, Iphigénie en Tauride. La version de Gluck se révéla être un chef-d'œuvre. Créée à Paris en 1779, elle rencontra un succès retentissant, tandis que la version de Piccinni, créée en 1781, fut considérée comme inférieure. Les réformes de Gluck ont fortement marqué l'histoire de l'opéra. Les principes qu'il a défendus ont influencé l'œuvre de nombreux compositeurs, dont Wolfgang Amadeus Mozart, Luigi Cherubini, Ludwig van Beethoven et Richard Wagner. Sommaire Quitter

131 François Joseph Gossec, ( ) compositeur français, républicain, créateur de la symphonie et introducteur de l'œuvre de Haydn en France. Né à Vergnies, actuellement dans le Hainaut belge, il étudia à Anvers, puis se rendit à Paris (1751), où Rameau le fit entrer comme chef d'orchestre au service du fermier général La Pouplinière. Son premier grand succès fut sa Messe des morts (1760). Engagé par les princes de Condé et de Conti, il écrivit pour la scène, mais fut surtout un des créateurs de la symphonie en France. Fondateur du Concert des amateurs (1770), il y dirigea pour la première fois en France, une symphonie de Haydn (1773). De 1773 à 1777, il fut codirecteur du Concert spirituel puis directeur associé de l'opéra de Paris ( ). Républicain convaincu, il composa pour les fêtes et cérémonies révolutionnaires de nombreuses pages de circonstance (Offrande à la liberté, Le Triomphe de la République, Marche lugubre, Hymne à l'Être suprême) et participa en 1795 à la fondation du Conservatoire. Il acheva en 1809 une grande symphonie « à dix-sept parties », puis cessa toute activité à partir de Ses quatuors à cordes sont à l'origine de la musique de chambre française. Sommaire Quitter

132 GOUNOD Sommaire Quitter

133 Charles Gounod, ( ), compositeur français d'opéras, notamment du célèbre Faust, qui donna également des œuvres majeures dans le domaine de la musique sacrée.  Né à Saint-Cloud, Charles Gounod fut élevé par une mère musicienne et passa son baccalauréat de philosophie tout en étudiant la musique avec Antonin Reicha. Il entra au conservatoire de Paris, où il fut l'élève de Jacques Halévy, Jean-François Lesueur et François Paer. Gounod obtint le second prix de Rome en 1837, puis le grand prix en En Italie, où il demeura deux ans, il explora la musique religieuse ancienne, en particulier la tradition polyphonique romaine et les œuvres de Giovanni Palestrina qui l'influencèrent profondément. Il étudia également les compositions de Mozart, Lully, Gluck et Rossini. Il se lia au peintre Ingres et fit la rencontre du mystique Lacordaire, dont la pensée lui inspira ses premières œuvres religieuses : Hymne, Requiem (1842), Te Deum et deux Messes brèves. Avant de rentrer à Paris, Gounod passa par l'Autriche, où il découvrit la musique de Bach et dirigea lui-même deux de ses œuvres à Vienne.  De retour à Paris, il fut nommé organiste et maître de chapelle aux missions étrangères en Sombrant dans le mysticisme, Gounod entreprit des études de théologie, mais renonça à entrer dans les ordres. Sa rencontre avec la cantatrice Pauline Viardot lui inspira son premier opéra, Sapho (1851). Poursuivant ses compositions pour le théâtre, il écrivit la Nonne sanglante (1854) puis le Médecin malgré lui (1858), d'après Molière. Durant ces années, son succès ne cessa de s'amplifier et sa musique s'épanouit avec l'Ange et Tobie (1854) et ses deux symphonies (1855 et 1856). Suite page suivante … Sommaire Quitter

134 Œuvres de maturité Après une nouvelle crise mystique qui fut à l'origine de son internement en 1857, Gounod triompha avec son Faust (1859), adaptation intimiste de l'œuvre de Goethe, qui est considérée comme son chef-d'œuvre. Parmi ses autres opéras figurent également Philémon et Baucis (1860), Mireille (1864) et Roméo et Juliette (1867), son dernier succès.  Dans ses dernières années, il se consacra à la musique sacrée, avec notamment la Messe solennelle de sainte Cécile (1855), la Messe des Orphéonistes (1870), de nombreux motets dont Gallia, pour soprano, orchestre et orgue (1871), des oratorios comme Jésus sur le lac de Tibériade (1878) et deux trilogies sacrées, la Rédemption (1882) et Mors et vita (1885). Son Ave Maria (1852), également intitulé Méditations sur le premier prélude de Bach, pour violon, piano et orgue, est inspiré du Clavecin bien tempéré de Jean-Sébastien Bach. Entre autres œuvres de musique symphonique et de chambre, Gounod a composé de nombreuses mélodies pour chant et piano, une Suite concertante pour piano et orchestre (1888) et une Petite Symphonie (1885). Il a également écrit plusieurs livres : Autobiographie (1875), le Don Juan de Mozart (1890) et Mémoires d'un artiste (1896).  Le compositeur subtil a su mêler des formes nouvelles dans la musique française aux harmonies et modes anciens, et influença des compositeurs comme Georges Bizet et Jules Massenet. Sommaire Quitter

135 un peu d'humour ! Sommaire Quitter

136 Enrique Granados, ( ), compositeur et pianiste espagnol, célèbre pour ses pièces pour piano évocatives. Né à Lleida, en Catalogne, il étudia à Barcelone avec Felipe Pedrell, le père du nationalisme musical en Espagne. Il vécut à Barcelone à partir de 1889 et partagea son temps entre les récitals et l'enseignement de la musique. Ses deux suites pour piano, Goyescas (1912, 1914), inspirées de l'œuvre du peintre du début du XIXe siècle Francisco Goya, triomphèrent à Paris en Certains thèmes de ses suites pour piano furent réutilisés pour un opéra, ayant aussi pour titre Goyescas (1916), et comprenant le célèbre Intermezzo pour orchestre. Citons également les 12 Danzas españolas pour piano. Il périt le 24 mars 1916, à bord du Sussex, torpillé par un sous-marin allemand alors qu'il revenait de la création de son opéra Goyescas à New York. Sommaire Quitter

137 GRIEG Sommaire Quitter

138 Edvard Hagerup Grieg, ( ), figure éminente de la composition musicale de la Norvège du XIXe siècle. Né à Bergen le 15 juin 1843, il étudia au Conservatoire de Leipzig après les cours que lui avait dispensés sa propre mère, une pianiste professionnelle de talent. Grieg fut encouragé à écrire de la musique par le compositeur danois Niels Gade ; son intérêt pour la musique folklorique norvégienne fut suscité par le compositeur norvégien Rikard Nordraak. De 1866 à 1876, Grieg vécut à Christiania ( aujourd'hui Oslo ), où il enseigna la musique et devint chef d'orchestre de la Philharmonic Society. En 1867, il épousa sa cousine, Nina Hagerup, éminente soprano. Grieg, partisan d'une école de musique s'appuyant sur la musique folklorique norvégienne, se heurta à l'opposition de musiciens et de critiques conservateurs ; de ce fait, ses propres œuvres eurent du mal à connaître une notoriété. Le premier musicien d'envergure internationale à encourager son œuvre fut le compositeur hongrois Franz Liszt. En 1874, le gouvernement norvégien accorda à Grieg une bourse annuelle qui lui permit de consacrer tout son temps à la composition. Il devint mondialement célèbre pour sa musique de théâtre révélée à travers le drame poétique Peer Gynt ( 1875 ) d'Henrik Ibsen. En 1877, Grieg s'installa dans un studio isolé, à Lofthus, et en 1885 construisit la villa Troldhaugen près de Bergen, où il passa le reste de ses jours. Il mourut le 4 septembre 1907.  Bien que la musique de Grieg ait été fortement influencée par celle des compositeurs romantiques allemands, en particulier Robert Schumann, mais également par les œuvres du compositeur franco-polonais Frédéric Chopin, Grieg créa ses mélodies dans le style de la musique folklorique norvégienne et devint un maître du style harmonique qui eut le pouvoir d'évoquer l'atmosphère de son pays natal. Parmi ses compositions figurent Heart Wounds et The Last Spring ( inspiré par un poème norvégien ) et la suite Holberg, toutes deux pour orchestre à cordes ; andsighting et Olaf Trygvason, toutes deux pour chœur et orchestre ; un quatuor à cordes ; et de nombreuses pièces pour le piano, dont la Ballade en sol mineur et le célèbre Concerto pour piano et orchestre en la mineur. Grieg était un éminent auteur de textes de chansons. Sommaire Quitter

139 Groupe des Cinq Groupe des Six
Groupe des Cinq , groupe de compositeurs russes du XIXe siècle qui transposèrent en musique l'idéal nationaliste. Le critique musical Vladimir Stasov, porte-parole esthétique du groupe, lui donna en 1867 le nom de « moguchaya kuchka » : « la poignée sacrée ». Chacun des membres poursuivit une carrière parallèle : Alexandre Borodine était professeur de chimie, Mili Balakirev, Modest Moussorgski et Cesar Cui ( ) étaient officiers de l'armée et Nikolaï Rimski-Korsakov élève-officier dans la marine. Autodidactes en musique, ils surent tirer profit des conseils et critiques mutuels qu'ils échangeaient au sein du groupe. Sous l'impulsion de Balakirev, ils développèrent une nouvelle approche de la composition dans un style résolument russe, voulant se libérer des contraintes académiques occidentales. Ce genre nouveau prit toute son ampleur dans leurs opéras (tels que le Coq d'or, de Rimski-Korsakov), ou encore dans l'utilisation de la musique à programme, dont Une nuit sur le mont Chauve de Moussorgski est l'exemple le plus éloquent. Leur œuvre se caractérisa par le choix des sujets, tirés de l'histoire russe comme l'opéra Boris Godounov de Moussorgski, ou encore inspirés du poète russe Alexandre Pouchkine, et une inspiration puisée aux sources de la musique folklorique russe teintée parfois d'un certain exotisme oriental, tels les opéras le Prince Igor de Borodine et Islamey de Balakirev. Ce dernier ouvrit une école de musique en 1862 et Rimski-Korsakov transmit à ses élèves du conservatoire de Saint-Pétersbourg son savoir en matière d'orchestration, influençant toute une génération de jeunes compositeurs, parmi lesquels Igor Stravinsky.  Groupe des Six, , réunion de six compositeurs français, qui doivent leur nom au critique Henri Collet (1920) qui, dans un article, les compara au groupe de musiciens russes dénommé « les Cinq ». Le groupe était formé de Louis Durey, d'Arthur Honegger, de Darius Milhaud, de Germaine Tailleferre, de Francis Poulenc et Georges Auric. N'appartenant à aucun courant musical précis, ce fut leur passion commune pour Erik Satie et Jean Cocteau qui les rassembla. Privilégiant le jazz et le music-hall, « les Six » s'opposèrent diamétralement aux compositeurs romantiques qui les avaient précédés. Sommaire Quitter

140 HAENDEL Sommaire Quitter

141 Georg Friedrich Haendel, ( ), compositeur anglais d'origine allemande de la fin de la période baroque qui se distingua en particulier dans l'art de l'oratorio et qui, synthétisant aussi bien les influences anglaises, allemandes que françaises ou italiennes, fut apprécié dans toute l'Europe de son temps.  Georg Friedrich Haendel, suivant la forme allemande de son nom, est né le 24 février 1685, à Halle, en Allemagne, dans une famille sans éducation musicale. Son père, barbier devenu chirurgien, le vouait à une carrière juridique. Cependant, son talent musical se manifesta si clairement qu'il reçut, avant même son dixième anniversaire, une formation musicale formelle, prodiguée par le célèbre organiste et compositeur de Halle, Friedrich Wilhelm Zachau ( écrit également Zachow ). Ce fut la seule instruction musicale formelle qu'il ait jamais reçue.Bien que son premier poste, juste après son dix-septième anniversaire, fût celui d'organiste d'église à Halle, les préférences musicales de Haendel furent tout autre. Ainsi, en 1703, il partit pour Hambourg, centre de l'opéra allemand ; il y composa, en 1704, son premier opéra, Almira, qui connut un grand succès l'année suivante. Mais Haendel ressentit le besoin d'aller plus loin et, poursuivant son désir de devenir compositeur d'opéra, il partit pour l'Italie, s'arrêta tout d'abord à Florence, au printemps 1707, puis s'installa à Rome, bénéficiant de la protection de la noblesse et du clergé. Il y fit la connaissance d'Alessandro et Domenico Scarlatti. Il composa des opéras, des oratorios, parmi lesquels on peut citer la Résurrection, donnée à Rome le 8 avril 1708, et de nombreuses petites cantates profanes. Son séjour italien se termina par un succès spectaculaire : celui de son cinquième opéra, Agrippina, créé le 26 décembre 1709 à Venise. Suite page suivante … Sommaire Quitter

142 En 1710, Haendel quitta l'Italie pour occuper un poste de maître de chapelle ( compositeur et chef d'orchestre ) à la cour de Hanovre, en Allemagne. À la fin de l'année 1710, il partit pour Londres, où il connut, avec Rinaldo ( 1711 ), un second triomphe à l'opéra. De retour à Hanovre, il obtint la permission d'un deuxième court voyage à Londres, où il resta jusqu'à la fin de ses jours. En effet, en 1714, son précédent employeur, l’Electeur de Hanovre, fut couronné sous le nom de George Ier d'Angleterre. La pension de Haendel fut doublée et il devint précepteur des enfants du roi. En 1717, il écrivit pour le roi George Ier la Water music pour une fête nautique. Sous la protection du duc de Chandos, il composa l'oratorio sacré Esther, l'oratorio profane Acis et Galatée ( 1718 ), onze Anthems Chandos, des grands motets pour chœur, soli et orchestre ( ). En 1719, Haendel fut nommé Master of Music à la Royal Academy of Music, récemment créée et qui entendait promouvoir l'opéra. C'est sous l'égide de cette institution que furent créés certains des plus grands opéras de Haendel : Radamisto ( 1720 ), Jules César (1724), Tamerlan ( 1724 ) et Rodelinda ( 1725 ). En 1726, Haendel obtint la nationalité britannique et anglicisa son nom se faisant désormais appeler George Frideric Handel. En 1728, la Royal Academy of Music fut dissoute. L'année suivante, il forma une nouvelle compagnie, au King's Theatre, mais, à la suite d'un conflit qui l'opposa à un chanteur, un certain nombre de musiciens suivirent ce dernier et fondèrent une compagnie rivale, Opera of the Nobility. Les deux compagnies firent faillite en Haendel monta alors sa propre troupe à Covent Garden, où il fit jouer ses opéras jusqu'en 1737, année où, après une attaque de goutte, il se retire quelque temps à Aix-la-Chapelle. Suite page suivante … Sommaire Quitter

143 En 1738, Haendel entama une nouvelle période fervente de composition d'opéras, qui prit fin avec Deidamia, en Toutefois, pendant les années 1730, les deux grands axes suivis par Haendel furent, tout d'abord, la composition d'oratorios dramatiques en langue anglaise, en particulier Athalia ( 1733 ) et Saul ( 1739 ), puis l'écriture de grands concertos, les Solos concertos, op. 4 ( 1736, cinq pour l'orgue et un pour la harpe) et les douze Concerti grossi, op. 6 ( 1739 ). En 1742, il écrivit en moins d'un mois l'oratorio le Messie, qui est la plus célèbre de ses œuvres. Donné pour la première fois à Dublin le 13 avril 1742, cet oratorio connut un immense succès également à Londres, en mars Haendel continua de composer des oratorios au rythme de deux par an environ. Il écrivit des œuvres magistrales telles que Samson ( 1743 ), Musique pour les feux d'artifice royaux ( 1749 ), Salomon ( 1749 ) ou le splendide et méconnu Théodora ( 1750 ). En 1751, il se fit opérer de la cataracte, mais l'opération échoua. Il commença alors à perdre la vue. La dernière représentation musicale à laquelle il assista, le 6 avril, à Londres, fut celle du Messie. Il mourut à Londres le 14 avril Il est enterré à l'abbaye de Westminster. Suite page suivante … Sommaire Quitter

144 Compositeur de plus de quarante « opere serie », de vingt-deux oratorios et de deux passions, Haendel maîtrisait dans la musique vocale la souplesse mélodique, l'intensité dramatique dans l'expression des sentiments et l'amplitude des chœurs. Sa musique instrumentale est d'égale qualité. Influencée par l'école italienne, elle donne aux violons des parties fluides et virtuoses et tempère l'amplitude, voire la grandiloquence de certains passages, comme dans Musique pour les feux d'artifice royaux ou Water music, par la finesse d'une ligne mélodique ou la chaleur d'un timbre, comme dans les concerti grossi. Inventive, elle joue de grandes variétés de mouvements, dans l'élégance et la souplesse, loin de la structure mathématique adoptée par Bach.Son art, qui s'inscrit pleinement dans la musique baroque en cela, est un art de synthèse autant que d'invention : il mêle les influences italienne, pour la technique harmonique des concertos et des trios, française, dans l'opéra et les oratorios, dont les ouvertures évoquent fréquemment Rameau ou Lully, anglaise, dans l'art des odes et des hymnes, allemande, dans la musique religieuse, qui évoque parfois Buxtehude, à la chaire duquel Haendel voulut succéder au début de sa carrière, en 1703, à Lübeck.Pendant toute sa vie, Haendel évita les rigoureuses techniques du contrepoint de son compatriote et exact contemporain Jean-Sébastien Bach. Il sut produire ses effets par les moyens les plus simples, faisant toujours confiance à son propre sens de la musique. L'héritage laissé par Haendel se caractérise par la puissance dramatique et la beauté lyrique inhérentes à toute sa musique. Ses opéras sont passés d'une utilisation rigide de schémas conventionnels à un traitement plus flexible et dramatique des formes du récitatif, de l'arioso, de l'aria, et des chœurs. Sa capacité à imaginer de grandes scènes, centrées autour d'un personnage unique, fut imitée plus tard dans certaines scènes dramatiques de compositeurs tels que Wolfgang Amadeus Mozart et Gioacchino Rossini.La plus grande contribution de Haendel à l'histoire de la musique fut la création d'un nouveau genre : l'oratorio dramatique, qui s'appuie, d'une part, sur les traditions existantes de l'opéra et, d'autre part, sur la force de sa propre imagination musicale ; il ne fait aucun doute que les oratorios de Joseph Haydn et de Felix Mendelssohn doivent beaucoup à ceux de Haendel.Haendel fut l'un des premiers compositeurs dont la biographie fut écrite ( en 1760 ), dont les centenaires sont fêtés, et dont la musique complète a été publiée ( 40 volumes, ). Selon divers témoignages, Ludwig van Beethoven tenait beaucoup à l'édition de ses œuvres, qu'il possédait pour sa part. Bien qu'aujourd'hui, comme au XIXe siècle, Haendel soit surtout célèbre pour un petit nombre de ses œuvres telles que Water Music et le Messie, des tentatives de plus en plus nombreuses sont faites pour faire connaître au public ses autres compositions, en particulier ses opéras. Suite page suivante … Sommaire Quitter

145 SES PRINCIPALES OEUVRES
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146 Jacques Halévy, ( ) compositeur français, auteur de l'opéra la Juive. Jacques Fromental Lévy étudia avec le compositeur italien Luigi Cherubini au Conservatoire de Paris, où lui-même devint plus tard professeur d'harmonie et de composition, comptant parmi ses élèves Georges Bizet et Charles Gounod. Son grand opéra la Juive, produit à l'Opéra de Paris en 1835, établit la réputation d'Halévy en tant que compositeur d'opéra. Halévy composa plus de trente opéras, et, bien qu'un grand nombre d'entre eux aient été écrits à la hâte et soient desservis par des livrets de qualité médiocre, ses meilleures œuvres révèlent un talent certain pour la mélodie, une vraie caractérisation dramatique et une grande efficacité théâtrale. Sommaire Quitter

147 Jonathan Harvey, (1939- ) grand compositeur britannique de musique instrumentale, électroacoustique et chorale marquée par des préoccupations mystiques ou religieuses. Jonathan Harvey fit ses études supérieures à Cambridge et Édimbourg, avant de passer une année à l'université de Princeton en Ses professeurs de composition furent notamment Erwin Stein, Hans Keller et Milton Babbitt. Il fait souvent allusion à sa formation première de choriste et à l'influence qu'elle eut sur sa musique vocale qui comprend de courtes œuvres pour chœurs d'église, comme Come Holy Ghost (1984), mais aussi des œuvres exubérantes comme Forms of Emptiness (1986), qui met en musique des textes de E.E. Cummings. Depuis les années 1980, il est associé à l'Ircam, le centre parisien de musique électroacoustique fondé par Pierre Boulez. Mortuos Plango, Vivos Voco (1980) est une œuvre qu'il a composée pour bande magnétique dans laquelle la voix de soprano d'un jeune garçon est mêlée à des sons de cloches pour former un collage lyrique. Des ouvrages comme Bhakti (1982) ou The Madonna of Winter and Spring (1986) sont des exemples de la démarche de Jonathan Harvey qui aime à associer sons d'orchestre et sons électroniques. Jonathan Harvey est l'un des rares compositeurs à avoir été reconnu aussi bien pour sa musique instrumentale que pour sa musique électroacoustique et chorale. La quasi-totalité de ses œuvres sont marquées par des préoccupations mystiques ou religieuses, de la trilogie déjà ancienne Inner Light ( ) au récent opéra Inquest of Love (1992). Sommaire Quitter

148 HAYDN Sommaire Quitter

149 Franz Joseph Haydn, ( ), compositeur autrichien qui joua un rôle fondamental dans le développement du style classique en musique et, notamment, de la forme - sonate.  Issu d'une famille humble, Haydn naquit dans le village de Rohrau, près de Vienne, le 31 mars À l'âge de huit ans, il fut admis comme enfant de chœur à la maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne de Vienne, où il reçut sa seule véritable éducation musicale formelle. À partir de l'âge de dix-sept ans, il mena pendant plusieurs années la vie hasardeuse d'un musicien indépendant. Autodidacte, il étudia les ouvrages théoriques sur le contrepoint et prit quelques cours auprès du célèbre maître de chant et compositeur italien Nicola Porpora. En 1755, Haydn travailla pendant une courte période pour le baron Karl Josef von Fürnberg, pour lequel il semble qu'il ait composé ses premiers quatuors à cordes. Il obtint en 1759 un poste plus important, en tant que directeur de musique au service du comte Ferdinand Maximilian von Morzin. Il se maria en 1760 avec Maria Anna Keller. Il ne fut toutefois guère heureux en ménage et n'eut pas d'enfant. Suite page suivante … Sommaire Quitter

150 Le tournant dans la carrière musicale de Haydn se situe en 1761, date à laquelle il fut nommé adjoint au maître de chapelle du prince Paul Anton Esterházy avant de devenir lui-même maître de chapelle en Haydn se trouvera ainsi au service de trois princes successifs de la famille Esterházy. Le second d'entre eux, le prince Nicolas József Esterházy dit le Magnifique, frère de Paul Anton, fut un grand amateur de musique, fort cultivé. À Eszterháza ( en Hongrie ), sa vaste résidence d'été, le prince Nicolas pouvait se vanter de disposer d'un établissement musical sans égal. Outre les symphonies, opéras, opérettes pour le théâtre de marionnettes, messes, pièces de musique de chambre et musique de bal qu'Haydn dût composer pour les divertissements du prince, il fut également chargé d'organiser les répétitions et représentations de ses propres œuvres et de celles de ses collègues ; de faire travailler les chanteurs ; de surveiller les instruments et les partitions ; d'intervenir en tant qu'organiste et violoniste chaque fois que nécessaire. Bien qu'il déplorât fréquemment la lourdeur de sa charge et son isolement à Eszterháza, Haydn occupa une position enviable dans le contexte du XVIIIe siècle. L'un des aspects les plus remarquables de son contrat, à partir de 1779, fut la possibilité pour lui de vendre sa musique à des éditeurs et d'accepter des commissions. C'est ainsi qu'une grande partie de son œuvre des années 1780 pût toucher une audience beaucoup plus large, contribuant ainsi à sa réputation.Après la mort du prince Nicolas, en 1790, son fils, le prince Antal, réduisit fortement l'établissement musical des Esterházy. Bien qu'Haydn conservât son titre de maître de chapelle, il se trouva alors libre de voyager au-delà des environs de Vienne. L'audacieux violoniste et impresario britannique Johann Peter Salomon ne tarda pas à l'engager comme compositeur pour une série de concerts à Londres. Les deux voyages d'Haydn en Angleterre, en et , lui valurent un immense succès pour ses dernières symphonies, les « symphonies Londoniennes », qui comprennent plusieurs de ses œuvres les plus célèbres : La Surprise ( n° 94, 1791 ), Militaire ( n° 100, ), L'Horloge ( n° 101, ), Le Roulement de timbales ( n° 103, 1795 ) et Londres ( n° 104, 1795 ) dite aussi « Salomon ». De passage à Paris ( ), il composa également des symphonies « Parisiennes » ( n° 82-87 ). Au cours de ses dernières années à Vienne, Haydn écrivit des messes et composa ses grands oratorios, La Création ( 1798 ) et Les Saisons ( 1801 ) ; s'appuyant sur un poème de même nom du poète écossais James Thomson, Les Sept Dernières paroles du Christ sur la croix. C'est également à cette époque qu'il composa son « Hymne de l'Empereur » ( 1797 ), qui deviendra plus tard l'hymne national autrichien. Haydn s'éteignit à Vienne, le 31 mai 1809, dans la célébrité et la richesse. Suite page suivante … Sommaire Quitter

151 Haydn fut prolifique dans presque tous les genres, vocaux et instrumentaux, sacrés et profanes. Une grande partie de ses œuvres ne sortit jamais du château d'Eszterháza, en particulier ses cent vingt-cinq trios, intégrant le baryton, variété de basse de viole dont jouait le prince Nicolas. De même, la plupart des dix-neufs opéras et opérettes pour marionnettes de Haydn furent écrits pour accomoder les talents de la compagnie d'Eszterháza. Haydn reconnaissait ouvertement la supériorité des opéras de son jeune ami Wolfgang Amadeus Mozart. Toutefois, dans d'autres genres musicaux, ses œuvres furent largement diffusées et son influence s'avéra profonde. Les cent sept symphonies (dont le nombre était initialement de cent quatre, trois autres lui ayant été attribuées depuis) et les quatre-vingt-trois quatuors à cordes qui jalonnent sa carrière prouvent une approche toujours nouvelle des matériaux et de la forme thématique, ainsi qu'une grande maîtrise de l'instrumentation. Ses soixante-deux sonates pour piano et ses quarante-trois trios pour piano permettent de suivre son évolution depuis l'élégance initiale qui convient à la musique des amateurs, jusqu'à la virtuosité publique de ses dernières œuvres. Haydn exerça une influence marquante dans le développement de la forme-sonate. Il s'agissait de la forme musicale prédominante du style classique, à travers laquelle les compositeurs ont pu, jusqu'au début du XXe siècle, construire des structures musicales toujours plus larges. Haydn l'a influencée de deux façons : du point de vue de l'organisation thématique, par la transformation et les enrichissements successifs des motifs initiaux, pour parvenir à une interaction complexe entre différents groupes de thèmes dont les tons opposés définissent l'architecture globale du mouvement, et par la recherche d'une économie toujours plus grande dans les groupes thématiques qui reviennent sans cesse. Cette tendance semble s'être poursuivie après Haydn, jusqu'à l'extraordinaire économie thématique des dernières symphonies de Sibelius, cent vingt ans plus tard.  La productivité de Haydn va de pair avec une originalité intarissable. L'habileté avec laquelle il pouvait transformer une simple mélodie ou un simple motif, pour atteindre des développements d'une complexité inattendue, fut admirée de ses contemporains et considérée comme particulièrement novatrice. Chez Haydn, la force dramatique se transforme souvent en effet humoristique, ce qui est l'une des caractéristiques de son style, de même que son goût pour les mélodies populaires. Un écrivain contemporain de Haydn parla de sa musique comme un « art populaire ». L'équilibre qu'il trouva entre la composition pure et les expériences audacieuses transforma littéralement l'expression musicale du XVIIIe siècle. Suite page suivante … Sommaire Quitter

152 SES PRINCIPALES OEUVRES
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153 Pierre Henry, (1927- ), compositeur français de musique électroacoustique, fondateur de la musique concrète. Après des études musicales classiques, il réalisa avec Pierre Schaeffer, qui venait de commencer ses expériences de musique concrète à la radio, quelques œuvres marquantes : Symphonie pour un homme seul ( ), Orphée 51 (1951), remaniée en Orphée 53 (il en tira le Voile d'Orphée). Après s'être séparé du groupe de Pierre Schaeffer en 1958, il s'imposa comme l'un des plus grands compositeurs de musique électroacoustique avec notamment Variations pour une porte et un soupir (1963), la Reine verte (1963), composé pour un ballet de Béjart et trois œuvres « à texte » : Messe de Liverpool ( ), l'Apocalypse de Jean (1968) et Hommage à A. Artaud ( ). La 10e Symphonie, hommage à Beethoven (1979) est un immense collage d'extraits manipulés des neuf symphonies de ce compositeur. Ont été créés ensuite Paris l'Eau (1985), Hugo Symphonie (1985) et le Livre des morts égyptiens (1990). Sommaire Quitter

154 Hans Werner Henze, ( ) l'un des plus importants compositeurs allemands de la seconde moitié du XXe siècle. Il est né à Gütersloh, et a fait ses études à Heidelberg, sous la direction du compositeur allemand Wolfgang Fortner, et à Paris. Après avoir travaillé dans divers théâtres allemands, il s'est finalement installé à Marino, en Italie. Compositeur prolifique, il a généralement choisi de travailler dans les formes traditionnelles de la musique classique, produisant sept symphonies, six concertos, de la musique de chambre ( dont cinq quatuors à cordes ), des opéras et des ballets. Son langage harmonique a traversé une phase sérielle vers la fin des années 1940, avant de devenir plus lyrique après son installation en Italie en Depuis lors, il a écrit dans divers styles, montrant l'influence de Stravinski ou de compositeurs expérimentaux comme Schoenberg. La nature cosmopolite de Henze est particulièrement manifeste dans ses opéras, dont les livrets sont écrits aussi bien en anglais qu'en italien ou en allemand. Les deux plus remarquables sont probablement ceux issus de ses collaborations avec W.H. Auden et Chester Kallman, Elegie für junge Liebende ( « Élégie pour de jeunes amants », 1961 ) et Die Bassariden ( 1965 ), d'après les Bacchantes d'Euripide, qui représentent le sommet de son style lyrique. Il s'inspire souvent de la littérature, comme le montrent des œuvres telles que Seven Love Songs pour violoncelle et orchestre ( 1985 ), où la mélodie est «chantée» par le violoncelle, mais où aucun texte n'apparaît, Royal Winter Music ( 1976 et 1979 ), deux œuvres pour guitare sous-titrées Sonates sur des personnages shakespeariens, et Prison Song ( 1971 ) pour percussions, qui met en musique des poèmes de Hô Chí Minh. Ce dernier ouvrage souligne un autre aspect de la production de Henze, reflétant ses convictions communistes, qui se manifestent également dans les musiques de scène datant des années 1960 et 1970, La Cubana ( 1973 ), We Come to the River ( 1976 ) et l'oratorio dramatique Das Flossder Medusa ( Le Radeau de la Méduse, 1968 ), dédié à Che Guevara. Fervent défenseur de l'ouverture de la musique à tous, il a fondé et dirigé un festival de musique annuel dans le village italien de Montepulciano, où il s'est installé. La plupart des exécutants sont des habitants du village. Sommaire Quitter

155 HINDEMITH Sommaire Quitter

156 Paul Hindemith, ( ), compositeur et violoniste américain d'origine allemande, l'un des novateurs de la musique du XXe siècle, dont il inculqua les valeurs modernes à ses élèves.Né à Hanau le 16 novembre 1895, Paul Hindemith étudia la musique à la Hochschule für Musik de Francfort. À l'âge de treize ans, il jouait dans des orchestres de danse ainsi que dans des théâtres et des salles de cinéma afin de payer ses études. De 1915 à 1923, il dirigea l'orchestre de l'opéra de Francfort dont il était le premier violon puis, en 1921, il participa à la création du célèbre quatuor Amar, dans lequel il jouait de l'alto. Ce fut durant les années 1920 qu'il se forgea une réputation de grand compositeur. Il devint professeur de composition à la Hochschule für Musik de Berlin en En 1929, il fut le soliste du Concerto pour alto de William Walton lors de la première londonienne.En 1936, malgré le fidèle soutien du chef d'orchestre Wilhelm Furtwängler, son œuvre fut interdite par le gouvernement d'Hitler pour cause de « modernisme extrême ». Peu de temps après, il se rendit en Turquie où il restructura le programme national d'études de musique. Parti pour les États-Unis en 1940, il enseigna à l'université Yale et devint citoyen américain en En 1953, il retourna en Europe pour occuper un poste de professeur à l'université de Zurich. Il mourut à Francfort le 28 décembre 1963.À l'instar de ses contemporains, Hindemith dut faire face au vide laissé par l'effritement des règles de composition classiques. Même si certaines de ses partitions de jeunesse ont un caractère atonal, le gros de son œuvre reste tonal. Il développa son propre système d'écriture musicale en matière d'harmonie et de tonalité, système régi par la hiérarchisation des tensions (dissonance) et des relâchements (consonance).Mathis le peintre (1934), d'après la vie du peintre allemand Matthias Grünewald, est le plus important de ses opéras. Une symphonie inspirée des thèmes de cet opéra figure parmi ses partitions pour orchestre les plus célèbres. Il composa également des symphonies, des sonates, des concertos pour alto (Der Schwanendrehrer, 1935), de la musique de chambre, des pièces chorales, ainsi que des études pour alto. Fervent défenseur de la Gebrauchmusik (« musique à l'usage de tous »), il tenta à travers elle de rapprocher le compositeur et le public et écrivit des partitions à l'usage des groupes scolaires et des amateurs telles que Wir bauen eine Stadt (« Nous édifions une ville », 1931). Dans Ludus tonalis (1943), une série de fugues dans chaque clé, il rassembla plusieurs études pour piano destinées à travailler la maîtrise du clavier. Dans cette œuvre, il expose ses conceptions du contrepoint et de l'organisation tonale. Il se consacra aussi à l'écriture d'essais théoriques tels que The Craft of Musical Composition (« l'Art de la composition », 1941), A Concentrated Course in Traditional Harmony (« Manuel d'harmonie traditionnelle », 1943) et A Composer's World (« l'Univers du compositeur », 1952), ses mémoires. Sommaire Quitter

157 Gustav Holst, ( ), compositeur britannique, célèbre pour ses compositions s'appuyant sur la littérature hindoue et sur la chanson folklorique anglaise pour sa suite orchestrale Les Planètes. Né à Cheltenham, il étudia auprès du compositeur britannique sir Charles Villiers Stanford, tout en gagnant sa vie comme tromboniste et chef d'orchestre. À partir de 1919, il enseigna au Royal College of Music de Londres. Ses œuvres importantes d'avant 1912 sont des adaptations d'écrits brahmanes, dont il tira, en particulier, un opéra de chambre Savitri (1908) et quatre groupes de chœurs appelés Hymns from the Rig Veda ( ), qu'il avait lui-même traduits du sanskrit. Leur instrumentation est variée ; une partie est même mise en musique pour voix de femme et harpe solo. Son intérêt pour le mysticisme apparaît également dans sa suite orchestrale The Planets (1916), dans laquelle chaque mouvement décrit les caractéristiques attribuées à une planète de l'astrologie grecque antique. Associant une orchestration très colorée à des mélodies au rythme puissant, cette suite est devenue son œuvre la plus célèbre. Son grand sens mystique atteignit son apogée dans son chef-d'œuvre choral, The Hymn of Jesus (1920), dont le texte est tiré de textes apocryphes du Nouveau Testament.  Par la suite, comme son ami le compositeur britannique Ralph Vaughan Williams, il s'intéressa aux chansons folkloriques anglaises ; ses nombreux arrangements de folksongs pour orchestre et chœur culminent dans l'opéra en un acte At the Boar's Head (1924). Dans les années 1920, sa musique devint sensiblement plus austère, utilisant même la bitonalité dans des œuvres comme le Concerto pour deux violons (1929). Enfin, au cours des toutes dernières années de sa vie, un nouveau lyrisme apparut dans ses œuvres telles que Hammersmith (1931) et The Brook Green Suite (1933), une nouvelle voie à laquelle sa mort mit fin en 1934, au terme d'une vie marquée par la maladie. Sommaire Quitter

158 Arthur Honegger, ( ), compositeur suisse, figure marquante de la musique française de la première moitié du XXe siècle.  Né au Havre de parents suisses, Arthur Honegger fit ses études au conservatoire de Zurich ( ) puis au Conservatoire de Paris, alors dirigé par les compositeurs Charles Marie Widor et Vincent d'Indy.  Ses premières compositions, Six Poèmes extraits d'Alcools de Guillaume Apollinaire pour piano et chant ( ), et le Premier Quatuor à cordes (1916) montrent déjà une solide maîtrise du contrepoint. En 1916, il devint membre, aux côtés des compositeurs Darius Milhaud, Georges Auric, Germaine Tailleferre, Francis Poulenc et Louis Durey, du groupe des Six (appellation qui ne date que de 1920), dont les œuvres étaient influencées par Erik Satie et Jean Cocteau. Anti-impressionniste et antiromantique comme ses pairs, Honegger évolua progressivement vers un style plus personnel, caractérisé notamment par la dissonance, la polytonalité, ainsi que la suprématie du contrepoint. Il eut pour modèles Claude Debussy, Jean-Sébastien Bach et utilisa même la musique symphonique du romantisme allemand. Ces influences se révèlent pleinement dans ses troisième, quatrième et cinquième symphonies (Symphonie liturgique, ; Deliciae Basilienses, 1946, et Di tre re, 1950).  Certaines de ses compositions orchestrales, comme Pacific 231 (1923), description musicale d'une machine à vapeur destinée à accompagner un film, et Rugby (1928), puisent leur thème dans la vie contemporaine. Ses œuvres pour orchestre, particulièrement abondantes, notamment les oratorios comme Cris du monde (1931), Amphion (1931), sur un texte de Paul Valéry, la Danse des morts (1938) ou Jeanne d'Arc au bûcher (1938), sur des textes de Paul Claudel, véhiculent à travers leur caractère parfois descriptif le souci du compositeur de toucher un large public. Parmi ses autres œuvres importantes figurent l'oratorio le Roi David (1921), l'opéra Judith (1925), une quinzaine de ballets en collaboration avec Auric, Poulenc, Tailleferre et Milhaud, de la musique de chambre, dont trois quatuors à cordes et deux sonates pour violon et piano, de nombreuses mélodies sur des textes de poètes comme Apollinaire, Claudel ou Cocteau, de la musique pour le théâtre et pour le cinéma. Sommaire Quitter

159 Johann Nepomuk Hummel, ( ), pianiste et compositeur allemand, ayant joué un rôle important dans la transition entre la tradition du clavecin du XVIIIe siècle et les innovations du XIXe siècle. Né à Presbourg (aujourd'hui Bratislava, Slovaquie), il fut élève de son père et de Wolfgang Amadeus Mozart. Il succéda au compositeur autrichien Joseph Haydn comme maître de chapelle à la cour du prince Esterházy puis à la cour de Stuttgart et de Weimar. Son œuvre comprend sept concertos pour piano, qui influencèrent fortement Chopin, et différentes pièces pour piano solo ; une grande variété d'œuvres de musique de chambre, en particulier le septuor en ré mineur ; des opéras et des messes. Sa carrière contribua au culte des pianistes virtuoses une tradition qui se poursuivit, au XIXe siècle, avec Chopin, Thalberg et Liszt puis s'étendit à Van Cliburn et Horowitz au XXe siècle. Sommaire Quitter

160 Jacques Ibert, ( ) compositeur français qui aborda, dans un style très personnel, tous les genres de musique, de l'opéra au cinéma, en passant par la danse et la mélodie. Né à Paris, il fit ses études au Conservatoire national supérieur de musique et remporta le prix de Rome, en Directeur de l'Académie de France, à Rome ( , puis ), il fut également administrateur de l'Opéra de Paris et de l'Opéra-Comique ( ). Ibert était un compositeur ingénieux et spirituel, qui échappait à toute classification, même si l'on sentait une certaine influence de Claude Debussy et Maurice Ravel. Son catalogue comprend six opéras (dont Angélique, 1927), le même nombre de ballets, des musiques de scène (dont le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare), des pièces pour piano, violon, violoncelle, orgue, harpe, des suites symphoniques, des concertos et quelque quarante partitions pour le grand écran (Don Quichotte de Pabst, Macbeth d'Orson Welles).    Sommaire Quitter

161 Leoš Janácek, ( ), compositeur tchèque, auteur de l'opéra Jenufa et de la célèbre rhapsodie Tarass Boulba.  Né à Hukvaldy, en Moravie, Leoš Janácek étudia à Brno, puis à Prague, à Leipzig et à Vienne. Il dirigea l'Orchestre philharmonique tchèque ( ), fonda l'école d'organistes de Brno, où il enseigna de 1882 à 1920, puis donna des cours au Conservatoire national de Prague de 1920 à 1925.  Son opéra de jeunesse Sarka, écrit en 1887 et remanié en 1924, porte encore l'influence romantique de Bedrich Smetana et d'Antonín Dvorák. Parmi les plus belles pages de la musique instrumentale du début du siècle figurent ses pièces pour piano, en particulier Par les sentiers herbeux ( ) et Dans le brouillard (1912). Janácek se consacra également, avec le musicologue František Bartoš, à l'étude de l'acoustique musicale et des traditions populaires moraves. Une version légèrement révisée de son opéra Její Pastorkyna, écrit en 1904, fut représentée pour la première fois à Prague en 1916, sous le nom de Jenufa (du nom de l'héroïne), et lui valut une renommée internationale. Cette œuvre, tout comme sa Messe glagolitique (1926), évoque les accents de la langue morave.  Critique de la société bourgeoise, notamment dans ses opéras Voyage de Monsieur Broucek dans la lune (1920), Voyage de Monsieur Broucek au XVIe siècle (1920) et Katia Kabanova (1921), mais aussi nationaliste passionné, Janácek cherchait à participer à travers ses œuvres lyriques aux débats moraux et politiques de son temps.Durant les dix dernières années de sa vie, il fut particulièrement prolifique, composant des chefs-d'œuvre comme le cycle de pièces mélodiques Journal d'un disparu ( ) ou la Sonate pour violon n° 3 (1921). Parmi ses œuvres les plus marquantes figurent aussi le Premier Quatuor (1923), la suite Mladi (Jeunesse, 1924), le Concertino (1925), les pièces pour orchestre Tarass Boulba ( ), Sinfonietta (1926), et les opéras Katia Kabanova ( ), le Rusé Petit Renard ( ), hommage lyrique à la nature, l'Affaire Makropoulos ( ) et la Maison des morts ( ), inspirée de Dostoïevski et marquée par un pessimisme sombre qui l'apparente à l'expressionisme musical. Sommaire Quitter

162 Clément Janequin, (v.  ), compositeur français, l'un des plus grands auteurs de musique profane et polyphonique de la Renaissance.  Originaire de Châtellerault, Clément Janequin fut ordonné prêtre et exerça dans le Bordelais jusqu'en 1531, puis dans l'Anjou, où il fut nommé professeur de musique à la cathédrale d'Angers de 1533 à En 1549, il s'installa à Paris, où il poursuivit des études universitaires ; il fut nommé chantre de la chapelle du roi et, l'année de sa mort, compositeur ordinaire du roi Henri II.  Janequin écrivit près de 250 chansons, en publia 125 ainsi qu'un recueil de motets (aujourd'hui perdu). La musique religieuse n'occupa chez lui qu'une place très secondaire. Maître de la chanson profane, il est l'auteur du célèbre Chant des oiseaux. Il renouvela le genre, en simplifiant la polyphonie pour la rendre plus accessible. La richesse rythmique de ses compositions, une adéquation parfaite de la musique au texte et une atmosphère joyeuse et lyrique, comptent également parmi les innovations que Janequin apporta au chant profane. Il y célébrait la nature, l'amour, les plaisirs de la table et les événements majeurs de son temps. Ses pièces dites descriptives eurent un succès particulier, la plus connue étant la Guerre (v. 1528), baptisée plus tard la Bataille de Marignan. Celle-ci fut également l'objet de versions instrumentales pour luth ou instruments à claviers. Citons également parmi ses succès la Chasse au cerf et les Cris de Paris. Clément Janequin composa également de la musique sacrée : il écrivit deux messes, dont l'une est inspirée de la Bataille de Marignan, quatre-vingts psaumes, ainsi qu'une cinquantaine de chansons spirituelles. Sommaire Quitter

163 André Jolivet, ( ), compositeur et chef d'orchestre français, disciple de Varèse, qui tenta, dans une œuvre originale, de retrouver la signification religieuse de la musique.Dans sa jeunesse, André Jolivet se passionna pour la peinture, le théâtre et la musique. Il étudia le violoncelle. Sa toute première composition Romance barbare, dont il écrivit lui-même le texte, date de Élève de Paul Le Flem de 1927 à 1932, puis d'Edgard Varèse de 1930 à 1933, il créa le groupe Jeune-France avec Olivier Messiaen, Daniel-Lesur et Yves Baudrier en Ce groupe lui permit de se désolidariser de la musique de son temps, qu'il jugeait froide et impersonnelle.  Sous l'influence de Varèse, il se libéra du système tonal, s'initia au dodécaphonisme (son Quatuor à cordes de 1934 en est un exemple célèbre), avant de s'en dégager rapidement.  Pour Jolivet, la musique possède une fonction religieuse et sociale. Il puise ses sources dans la prière et la danse. Son écriture est essentiellement atonale (à partir de 1935), modale et rythmique, avec des emprunts aux rythmes antiques, aux mélopées grecques ainsi qu'aux modes africains et extrême-orientaux. Un grand lyrisme imprègne ses œuvres.  De 1935 à 1939 son intérêt se porta essentiellement sur le langage. Il écrivit Mana (cycle de six pièces pour piano, avec une polarisation autour des phénomènes de résonance naturelle), les Cinq Incantations pour flûte seule, les Cinq Danses rituelles et des Danses incantatoires (dont une pour orchestre, deux pour ondes Martenot, et six percussions). Il fut mobilisé en Pendant la guerre, sa musique devint plus proche de l'homme, sa violence rythmique s'atténua et son lyrisme s'accrut. Il composa alors les Trois Complaintes du soldat et Poèmes intimes, et la Messe pour le jour de la paix et une suite liturgique. Après la guerre naquirent des œuvres orchestrales (trois symphonies) des concertos, de nombreuses sonates pour flûte, de la musique de chambre et des pièces lyriques. Serge Lifar lui commanda Guignol et Pandore qui fut joué à l'Opéra de Paris en En 1945, il dédia une sonate pour piano à la mémoire de Bartok décédé. En hommage à Varèse, il écrivit le Cérémonial pour six percussions. Il composa également pour les plus grands interprètes de son temps : un concerto pour harpe (1952) pour Lily Laskine, un concerto pour trompette le Chant du linos (1944), pour Maurice André. Sommaire Quitter

164 Josquin des Prés (v.  ), l'un des compositeurs les plus influents et les plus reconnus du début de la Renaissance. On présume qu'il est né dans le nord de la France. Il travailla pour le duc Galeazzo Maria Sforza à Milan, fut chantre à la chapelle pontificale, puis à la cour de Louis XII et enfin se mit au service d'Hercule Ier de Ferrare. Vers 1505, il devint prieur de l'église Notre-Dame à Condé (aujourd'hui Condé-sur-l'Escaut), qui dépendait alors de la Bourgogne, où il finit ses jours. On retrouve dan