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Diaporama interactif sur les Compositeurs Auteur : Antoine Mirété Outil Pédagogique année 2012 lAssistant Musical Mi Ré Do Sommaire.

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2 Diaporama interactif sur les Compositeurs Auteur : Antoine Mirété Outil Pédagogique année 2012 lAssistant Musical Mi Ré Do Sommaire

3 Quitter Albeniz Albinoni Auric Bach Balakirev Bartok Beethoven Bellini Berg Berio Berlioz Bernstein Adam de la Halle Bizet Boucourechliev Boccherini Boieldieu Borodine Boulanger Boulez Brahms Britten Bruch Bruckner Busoni Buxtehude Bloch Byrd Chausson Franck Chabrier Charpentier Cherubini Chopin Chostakovitch Cimarosa Constant Corelli Couperin Dallapiccola Cage Debussy Dufay DIndy Donizetti Dowland Dukas Dunstable Duruflé Dutilleux Dvorak Eisler Elgar Enesco Delibes Chef ?! Micro ?! Clarinette ?! Cor ?! Flûte ?! Harpe ?! Timbales ?! Trombone ?! Alto ?! Tuba ?! Trompette ?! Violon ?! A. E F. MN. VW. X Les Instruments Contactez moi Humour !

4 Quitter Gounod Janacek MachautMozart Feldman Ferneyhough Frescobaldi Gabrieli Geminiani Gershwin Gesualdo Gibbons Glazounov Glinka Gluck Gossec Fauré Harvey Grieg Haendel Halévy Haydn Henry Henze Hindemith Holst Honegger Hummel Ibert Granados Khatchatourian Jolivet Josquin des prés Kabalevski Kodaly Kreisler Lalo Lassus Ligeti Liszt Lully Lutoslawski Janequin Massenet Marin Marais Martinu Mascagni Méhul Mendelssohn Messager Messiaen Meyerbeer Milhaud Monteverdi Moussorgski Mahler Falla A. E F. MN. VW. X Les Instruments

5 Nono Ockeghem Offenbach Orff Pachelbel Paganini Palestrina Penderecki Pergolèse Poulenc Pousseur Praetorius Nielsen Prokofiev Ravel Purcell Rachmaninov Rameau Reich Respighi Rimski-Korsakov Rodrigo Rossini Roussel Saint-Saens Salieri Puccini Sarasate Schoenberg Scarlatti Schaeffer Schmitt Schubert Schumann Sibelius Skriabine Smetana Spohr Stamitz Stockhausen Satie Strauss Johann Tchaïkovski Stravinsky Suppé Tartini Telemann Tippett Torelli Varèse Verdi Villa-Lobos Vivaldi Strauss Richard Quitter A. E F. MN. VW. X Les Instruments

6 Weill Widor Wieniawski Wolf Xenakis Webern Wagner Weber Cor Accordéon Basson Clarinette Flûte Guitare Hautbois Percussion Piano Trompette Violon Violoncelle INTRODUCTION Quitter A. E F. MN. VW. X Les Instruments

7 Quitter Sommaire

8 Adam de la Halle ( Arras v v ), également appelé Adam le Bossu, trouvère picard, auteur d'une œuvre poétique importante pour le théâtre profane du Moyen Age et l'un des créateurs de l'ars nova. Adam composa, vers 1276, le Jeu de la feuillée, pièce dramatique où se succèdent scènes satiriques, burlesques et féeriques, qui préfigure, par l'intervention de la folie, la sottie, genre qui n'apparaîtra qu'au XVe siècle. D'un type différent, le Jeu de Robin et de Marion, vraisemblablement antérieur au Jeu de la feuillée, est la mise en scène d'une pastourelle, où interviennent le chant et la danse, sans accompagnement musical. Influencés par le Jeu de saint Nicolas ( v ) de Jean Bodel qui accentuait le processus de laïcisation du théâtre, les « jeux » d'Adam constituent dans l'histoire du théâtre français les deux plus anciens exemples de théâtre d'inspiration entièrement profane. Adam fut également novateur dans le domaine de la musique en introduisant la polyphonie dans ses motets et ses rondeaux, ces derniers constituant un des chefs-d'œuvre de la musique du XIIIe siècle. Quitter Sommaire

9 ALBENIZ Quitter Sommaire

10 Isaac Albéniz, ( ), l'un des principaux compositeurs espagnols du XIXe siècle. Né à Camprodón, en Catalogne, il fut un enfant prodige du piano. Il quitta la maison paternelle à l'âge de treize ans, travaillant comme pianiste itinérant en Amérique latine. Il étudia ensuite au Conservatoire de Bruxelles ( ), puis à Budapest où il rencontra le pianiste et compositeur hongrois Franz Liszt ( 1880 ). Il s'installa à Paris en 1893, accueilli par le compositeur français Vincent d'Indy. Son chef-d'œuvre est la suite pour piano Iberia ( ), d'une grande virtuosité. Quitter Sommaire

11 Un extrait de lAdagio en SOL mineur pour cordes et orgue Tomaso Albinoni, ( ), compositeur et violoniste italien, connu surtout pour sa musique instrumentale et son célèbre Adagio. C'est à Venise, sa ville natale, qu'il vécut et produisit la plupart de ses opéras (une cinquantaine). Ses œuvres instrumentales, firent l'admiration de Jean-Sébastien Bach. Elles comprennent des sonates à trois instruments, des concertos pour 1 et pour 2 hautbois et le concerto pour violon soliste ( 1710 ). Quitter Sommaire

12 Georges Auric, ( ), compositeur français membre du groupe des Six, né à Lodève, dans l'Hérault. Il reçut un enseignement musical au Conservatoire de Paris et à la Schola cantorum. Auric était le plus jeune des Six, groupe formé en réaction contre la suprématie de compositeurs comme Claude Debussy et Vincent d'Indy. La musique d'Auric pour la comédie-ballet les Fâcheux de Molière, a été sa première œuvre saluée par la critique. Il composa de la musique pour plusieurs films réalisés par le poète, peintre et metteur en scène Jean Cocteau, dont le Sang d'un poète ( 1930 ), la Belle et la Bête ( 1935 ) et Orphée ( 1949 ). Auric a également écrit des musiques pour des films américains, Moulin-Rouge ( 1953 ) et Roman Holiday ( 1953 ). Quitter Sommaire

13 Jean Sébastien BACH Quitter Sommaire

14 Jean-Sébastien Bach, ( ), organiste et compositeur allemand de l'époque baroque, maître du contrepoint et du choral, l'un des plus grands génies et compositeurs de l'histoire de la musique occidentale. Johann Sebastian Bach est né le 21 mars 1685, à Eisenach, ville de Thuringe, d'un père musicien, Johann Ambrosius Bach ( ). Celui-ci lui enseigna, dès son plus jeune âge, les instruments à corde et son oncle Johann Cristoph Bach, organiste de la ville d'Eisenach, lui apprit l'orgue. Orphelin à l'âge de neuf ans, il fut élevé par son frère aîné, Johann Christoph, organiste à Ohrdruf, qui lui enseigna le clavecin et la composition. En 1700, il entra à la maîtrise de Saint-Michel de Lunebourg où il travaille la composition avec l'organiste Georg Böhm ( ). Il subit également l'influence des musiciens français comme l'organiste et claveciniste virtuose Louis Marchand ( ) auteur de superbes Pièces de clavecin ( ) et de Couperin le Grand alors qu'il fréquentait la cour de Celle, proche de Lunebourg. En 1703, à l'âge de dix-huit ans, il est engagé pour occuper l'orgue d'Arnstadt où il composa sa première cantate ( 1704 ). Il demanda un congé pour aller étudier avec Dietrich Buxtehude, célèbre organiste et compositeur allemand d'origine danoise, qui était alors à Lübeck et dont la musique d'orgue eut une influence puissante sur celle de Bach. À son retour, il perdit sa tribune à Arnstadt et s'installa alors à Mühlhausen comme organiste de l'église Saint-Blaise ( 1707 ). Il se maria alors avec sa cousine Maria Barbara Bach ( ), dont il eut sept enfants. Suite page suivante … Quitter Sommaire

15 Jean-Sébastien Bach quitta Mühlhausen pour exercer à la cour du duc de Weimar la fonction d'organiste, de violon solo et de compositeur ( ). Il composa alors de nombreuses œuvres pour orgue, Toccata en ré mineur, en ré majeur ( 1709 ), Alla breve en ré mineur ( 1709 ), Grande passacaille en ut mineur ( 1716 ), mais aussi des pièces et des concertos pour clavecin. Suite à des tensions avec le duc Wilhelm Ernst, Bach quitta la cour de Weimar pour celle du prince Léopold d'Anhalt- Köthen ( ). De véritables liens d'amitié s'établirent entre le prince Léopold et Bach qui se trouvait alors dans d'excellentes conditions matérielles pour composer. De cette période datent ses Suites anglaises ( ), ses Suites françaises ( 1722 ); des Partitas ( ), des ouvertures pour orchestres, les Six Concertos brandebourgeois ( 1721 ) et son premier livre du Clavier bien tempéré ( 1722 ). En 1721, un an après la mort de sa femme Maria Barbara, Bach se remaria avec la fille d'un trompettiste, Anna Magdalena Wilcken ( ), elle-même chanteuse à la Cour et dont il eut treize enfants. En 1723, il quitta la cour de Köthen, vraisemblablement parce qu'il n'y avait qu'un rôle de compositeur profane et, en tant que luthérien, désirait composer de la musique d'église. Il obtint la fonction de cantor à l'église Saint-Thomas de Leipzig, mais fut soumis à l'autorité du Conseil de la Ville, qui l'obligea à fournir des œuvres pour les quatre églises de la ville, chaque semaine et lors de chaque fête. De plus, il souffrit de voir ses compositions interprétées par les élèves peu appliqués de la Thomasschule et par un orchestre médiocre. Il écrivit alors près de 300 cantates, dont 200 seulement nous sont parvenues. Suite page suivante … Quitter Sommaire

16 C'est à cette période que Bach composa ses plus beaux chefs-d'œuvre, ses Passions selon saint Jean ( 1722 ) et selon saint Matthieu ( 1729 ), des Motets ( ), la Messe en si mineur ( 1733 ), l'Oratorio de Noël, constitué de six cantates ( 1734 ), 21 Chorals ( 1739 ), son second livre du Clavier bien tempéré ( ). Il composa aussi les Variations Goldberg ( 1742 ), les Variations canoniques ( 1747 ), l'Offrande musicale ( 1747 ) et l'Art de la fugue ( ).En 1747, il se rendit en compagnie de son fils Wilhelm Friedemann ( ) à la cour de Prusse pour y voir son second fils Carl Philipp Emanuel Bach, claveciniste depuis Il donna des concerts devant Frédéric II, dont il reçut les éloges pour ses improvisations. Pendant la dernière année de sa vie, Bach souffrit de troubles oculaires et mourut le 28 juillet 1750, après avoir subi sans succès une opération.L'œuvre de Bach s'inspire de traditions musicales d'Allemagne du Nord et du Sud, de France et d'Italie et en restitue une formidable synthèse.Bach fut essentiellement un autodidacte de la composition. Sa principale méthode d'apprentissage fut, comme c'était l'usage à son époque, de copier sur ses cahiers, la musique de différents compositeurs. Ainsi, Bach recopia-t-il intégralement l'œuvre du compositeur français Nicolas de Grigny ( ) et transcrivit Couperin. Il puisa dans la tradition de l'Allemagne du Nord, grâce à l'enseignement qu'il reçut de Georg Böhm, à Lunebourg, et de Buxthude à Lübeck. Bach subit aussi l'influence des compositeurs de l'Allemagne du Sud par le biais de l'enseignement de son frère aîné Johann Christoph qui était un élève de Johann Pachelbel. Enfin, Bach transcrivit pour le clavecin ou l'orgue les concertos de Vivaldi et du compositeur italien Benedetto Marcello ( ). Suite page suivante … Quitter Sommaire

17 Il poursuivit cet exercice sa vie durant et réalisa souvent des arrangements d'œuvres composées par d'autres compositeurs. Il utilisait ainsi toutes les ressources du langage musical disponible à l'époque baroque et pouvait combiner les motifs rythmiques des danses françaises, la grâce des mélodies italiennes et la complexité du contrepoint allemand dans une même composition. Le contrepoint constitue la base de la grammaire musicale de Bach. Une mélodie implique pour Bach un ensemble de mélodies indépendantes ou complémentaires. En imaginant des lignes mélodiques intriquées, Bach pouvait exprimer la texture complexe d'une fugue à plusieurs voix avec un instrument à mélodie unique, comme le violon ou le violoncelle. Dans chacune de ses œuvres, il établit un ensemble de combinaisons contrapuntiques qui caractérisent son style, parfaitement illustré avec l'Art de la fugue ( 1749 ). Ainsi, Bach développait un thème en l'associant à un autre, créant ainsi une union ou une opposition d'où résulte un troisième thème. Bach s'attachait à donner une transcription musicale symbolique à chaque idée ou image d'un texte religieux, en infléchissant la mélodie ou l'harmonie. Ainsi, chaque mot devait avoir son sens retranscrit musicalement. La musique est dès lors intimement liée au texte, l'ennoblissant admirablement grâce à son expressivité et son intensité spirituelle. Suite page suivante … Quitter Sommaire

18 Bach exprima à travers toutes ses compositions sa foi luthérienne, ce qui fit écrire à l'un de ses élèves, Gottlieb Ziegler : « Pour le jeu du choral, mon professeur, le maître de chapelle Bach, me l'enseigna de telle sorte que je ne joue pas les chorals simplement tels quels, mais d'après le sentiment indiqué par les paroles. » Alors qu'il était cantor à Leipzig, Bach composa près de deux cents chorals, œuvres au cœur de l'office luthérien. La cantate de l'office liturgique du dimanche est toujours construite sur le thème d'un choral qui sert de sujet au chœur initial. En effet, la plupart des cantates s'ouvrent sur une partie pour chœur et orchestre, se poursuivent avec une alternance de récitatifs et d'arias pour voix seules et accompagnement et se concluent sur le chant du même choral basé sur un simple hymne luthérien. Il nous reste deux cents cantates d'église alors qu'il aurait, d'après son fils Carl Philipp Emanuel Bach, composé cinq années de cantates pour tous les dimanches et fêtes de l'année, soit cinq cycles. Dans les Passions, le récitatif représente l'évangéliste et tient donc une place importante dans l'œuvre. Il a un caractère méditatif ou de commentaire. Le texte se fonde sur l'Évangile que retranscrit Bach avec beaucoup de lyrisme. Dans ses Passions, Bach se servait de deux chœurs plus un chœur d'enfants, de deux orchestres et de deux orgues, chaque élément répondant à l'autre. Ainsi Bach composa 166 chorals, 202 cantates, 2 oratorios de Pâques ( 1735 ) et de Noël (1734), les Passions de Saint- Jean ( 1722 ) et de Saint-Matthieu ( 1729 ), la Messe en si mineur ( 1732, 1737, 1749 ), 4 Messes brèves ( 1735 ), le Magnificat ( 1723 ) et 7 motets ( ). Suite page suivante … Quitter Sommaire

19 Bach composa des œuvres pour orgue tout au long de sa vie et fit de nombreuses improvisations sur cet instrument, ce qui lui valut les louanges de Frédéric II à Potsdam. Outre ses 166 chorals, l'œuvre pour orgue comprend 27 Préludes, Fantaisies, Toccatas et Fugues, compositions brillantes qui marquent l'influence qu'exercèrent sur Bach les organistes de l'Allemagne du Nord mais aussi, par la suite, d'Italie. Il composa aussi 6 Concertos, 6 Sonates en trio ( 1727 ), une Grande Passacaille en ut mineur ( 1716 ) et des pièces diverses. Son œuvre pour clavier est constituée principalement par le Clavier bien tempéré ( ) qui réunit deux fois 24 Préludes et Fugues et constitue une sorte de « manifeste » de la part de Bach qui joue de la modulation à l'infini. Bach écrivit encore pour le clavier trois recueils de Suites françaises ( 1722 ), anglaises ( ) et allemandes ( ), qui portent le titre de Partitas, un Concerto italien ( 1735 ), 16 Concertos transcrits d'après Vivaldi ( 1710 ), les Variations Goldberg ( 1742 ) et des pièces diverses. Bach écrivit ses œuvres pour orchestre alors qu'il était à Köthen et qu'il disposait d'un orchestre de 17 musiciens. Il écrivit tout d'abord ses quatre Suites pour orchestres ou Ouvertures ( ). Il réalisa une commande du margrave de Brandebourg avec 6 Concertos brandebourgeois ( 1721 ). Il composa par la suite 14 Concertos pour un, deux, trois, quatre clavecins et orchestre de 1727 à Enfin, son œuvre pour orchestre comprend aussi 4 Concertos pour un et deux violons et des concertos divers pour hautbois et violon, flûte, violon et clavecin. Bach écrivit deux œuvres à la fin de sa vie qui sont la consécration et la synthèse de tout son art, l'Offrande musicale ( 1747 ), série de canons et fugues sur un même thème, et l'Art de la fugue ( 1749 ), resté inachevé, comprenant une série de 17 fugues, là encore sur un thème unique. L'œuvre de Bach, dans son ensemble, constitue le fondement de toute la musique occidentale moderne. Quitter Sommaire

20 Quitter Sommaire

21 Mili Alekseïevitch Balakirev, ( ), pianiste, chef d'orchestre et compositeur russe membre du groupe des Cinq, né à Nijni-Novgorod, et formé dans sa ville natale ainsi qu'à l'université de Kazan. Il se rendit à Saint-Pétersbourg à l'âge de dix-huit ans, où il se lia d'amitié avec le compositeur russe Mikhail Glinka. En 1861, Balakirev, avec quatre autres compositeurs, créa le groupe des Cinq. Sous l'influence de Balakirev, les Cinq brisèrent les formes musicales en vigueur, utilisant des mélodies traditionnelles russes dans leurs compositions et des contes populaires comme thèmes de leurs opéras. Les quatre autres membres étaient Modest Moussorgski, Nikolaï Rimski-Korsakov, Alexandre Borodine et César Cui. En 1862, Balakirev contribua à la fondation de l'École libre de musique de Saint-Pétersbourg et en 1869, est devenu directeur de la Chapelle impériale et la Société impériale de musique. Parmi ses compositions, on trouve les poèmes symphoniques Tamara et Russie, ainsi que la fantaisie pour piano Islamey, l'une des œuvres les plus brillantes et les plus difficiles du répertoire de cet instrument. Il a également écrit pour le piano et la voix. Quitter Sommaire

22 BARTOK Quitter Sommaire

23 Béla Bartók, ( ), pianiste et compositeur hongrois marqué par la musique traditionnelle des Balkans et de Hongrie, et lun des principaux compositeurs de la musique moderne. Né le 25 mars 1881 à Nagysentmiklós en Transylvanie ( aujourdhui en Roumanie ), Béla Bartók étudia à Presbourg ( aujourdhui Bratislava, Slovaquie ) et à Budapest, où il enseigna le piano à lAcadémie royale ( ) puis travailla pour lAcadémie des sciences ( ), qui lui demanda dentreprendre le classement des chants populaires hongrois. En 1940, après le pacte que son pays passa avec Hitler, il émigra aux Etats-Unis. Chargé par la Columbia University de New York détablir un recueil de musique serbo-croate ( ), il eut dans ce pays une vie difficile : il y rencontra peu de succès, donna peu de concerts et eut peu délèves. Influencé par le romantisme de Franz Liszt, sensible notamment dans la Symphonie Kossuth ( 1903 ), et par limpressionnisme de Claude Debussy, dont le style se retrouve dans Image ( 1911 ), la musique de Bartók traduisit surtout un effort de synthèse et dassimilation des influences traditionnelles. Avec son ami le compositeur Zoltán Kodály, il recueillit et analysa de façon systématique la musique traditionnelle hongroise et celle dautres peuples. Cette collaboration aboutit à la production de douze volumes contenant des milliers de chansons traditionnelles hongroises et roumaines, ainsi que plusieurs centaines de chants de Turquie et dAfrique du Nord, où il entreprit de nombreux voyages consacrés à la collecte de chansons. Suite page suivante … Quitter Sommaire

24 Bartók intégra rarement les chansons traditionnelles directement dans ses compositions, mais, comme dans les Danses populaires roumaines ( ) ou dans Mikrokosmos ( ), il assimila leurs caractéristiques dans un style très personnel, fait de gammes, de contours mélodiques et dune puissance motrice reprenant les rythmes distinctifs de la musique traditionnelle des Balkans et de Hongrie.Pianiste brillant, il fut toujours très sensible aux couleurs du piano comme à celles de l'orchestre. Il écrivit de nombreuses études pour le piano. Les six volumes de Mikrokosmos, se composant de cent cinquante-trois pièces progressives pour piano, constituent une synthèse de son développement musical. Les Six Quatuors à cordes ( ) renouvellent un genre que Beethoven et Schubert avaient déjà porté à un haut degré de perfection. Bartók, alliant des mélodies marquées par leur inspiration populaire à un travail délargissement des harmonies, composa une musique fascinante, qui surprend. Parmi les autres compositions de Bartók figurent des œuvres vocales comme Vingt Chansons populaires hongroises ( 1911 ), la pantomime le Mandarin merveilleux ( 1919 ), des compositions pour piano comme lAllegro barbaro ( 1911 ) et les Trois Concertos ( 1926, 1931, 1945 ), lopéra le Château de Barbe-Bleue ( 1911 ), le ballet le Prince de bois ( ), des œuvres pour orchestre comme Concerto pour violon et orchestre ( ) et Concerto pour orchestre ( 1943 ), qui constitue, avec la Musique pour cordes, percussion et célesta ( 1936 ) et le Divertimento pour orchestre à cordes ( 1939 ), son œuvre la plus jouée. Étranger aux écoles de son temps, Béla Bartók a suscité un mouvement dintérêt pour les traditions populaires, qui a nourri la musique du XXe siècle. Quitter Sommaire

25 BEETHOVEN Quitter Sommaire

26 Ludwig van Beethoven, ( ), compositeur allemand, une des figures marquantes du classicisme. Né à Bonn, Beethoven grandit dans un environnement stimulant, bien que pas toujours heureux. Les signes précoces de son talent musical furent exploités de façon assez rude par son père, chanteur dans la chapelle de la cour du prince - électeur de Cologne. Il effectua au printemps 1787 un bref voyage à Vienne, où il rencontra Mozart. Sa mère mourut peu après son retour et bientôt l'alcoolisme de son père l'obligea à assurer lui-même l'entretien de la famille ( notamment de ses deux frères cadets ). Ses premières compositions furent écrites sous la tutelle de son maître Christian Gottlob Neefe ( ), organiste à la cour depuis 1782.S'en détache en particulier la Cantate sur la mort de l'empereur Joseph II( 1790 ). En novembre 1792, Beethoven se rendit une nouvelle fois à Vienne pour y étudier avec Joseph Haydn, dont il avait fait quelques mois plus tôt la connaissance à Bonn. Il ne devait plus quitter la capitale autrichienne. Il se forma également auprès du compositeur Johann Georg Albrechtsberger ( ) et d'Antonio Salieri, et s'imposa, notamment dans les milieux aristocratiques, par ses exécutions et ses improvisations au piano, composant beaucoup pour cet instrument ( sonates et concertos ). Sa première symphonie ne fut jouée qu'en 1800, et la même année fut terminée la série de six quatuors à cordes opus 18. C'est dans ces genres réputés difficiles que Haydn s'était particulièrement illustré et que Beethoven prit la relève. Les œuvres composées ensuite, dans les premières années du XIXe siècle, montrent qu'il avait parfaitement assimilé le style classique viennois, qu'il mena vers de nouveaux horizons. La période s'étendant de la symphonie n° 3 ( Eroica ), commencée en 1803, créée en privé en 1804 et en public en 1805, à la symphonie n° 8 ( 1812), est souvent qualifiée de « décennie héroïque » de Beethoven. Suite page suivante … Quitter Sommaire

27 La surdité croissante qu'il avait remarquée pour la première fois en 1789 suscita chez lui un sentiment d'isolement social de plus en plus fort. À l'automne de 1802, il rédigea son célèbre Testament de Heiligenstadt, lettre adressée à ses deux frères mais qui ne fut jamais envoyée : on le retrouva dans ses papiers après sa mort. Il en alla de même de la fameuse Lettre à l'immortelle bien-aimée ( 1812 ). Le mystère de l'identité de sa destinataire semble avoir été levé dans les années 1970 par le musicologue américain Maynard Solomon. Il s'agirait d'Antonie Brentano, épouse d'un marchand de Francfort et mère de quatre enfants. Pour d'autres, il s'agirait de Joséphine de Brunsvick, issue d'une famille aristocratique et qui, quelques années auparavant, avait apparemment répondu à l'amour du compositeur. De toute sa vie, Beethoven ne se lia cependant jamais définitivement avec une femme. Beethoven atteignit le sommet de sa gloire vers 1814, année aussi bien de la troisième et dernière version de Fidelio opéra chantant à la fois la liberté et l'amour conjugal que du congrès de Vienne. Après la mort de son frère cadet Casper Carl, en 1815, il mit toute son énergie dans une lutte juridique coûteuse avec sa belle-sœur pour obtenir la tutelle de son neveu Karl, né en La mère de Karl bénéficia tout d'abord d'un jugement favorable, mais Beethoven obtint finalement la tutelle. Il n'était cependant pas la personne idéale pour assumer un tel rôle, et Karl fit une tentative de suicide en Devenu totalement sourd vers 1818, Beethoven communiqua dans ses dernières années au moyen de ses Carnets de conversation sur lesquels les visiteurs écrivaient ce qu'ils avaient à dire, lui-même répondant oralement. Ils ont été en très grande partie conservés et constituent, de même que les esquisses qu'il laissa pour un grand nombre d'œuvres, une source précieuse de renseignements. Mais son « ami et confident » Anton Schindler n'hésita pas à falsifier certains passages des Carnets. Dans les années 1820, la gloire de Rossini porta ombrage à celle de Beethoven. La création de la Neuvième Symphonie en mai 1824 n'en fut pas moins un grand triomphe personnel. Beethoven mourut à Vienne, et plusieurs milliers de personnes suivirent son convoi funéraire. Suite page suivante … Quitter Sommaire

28 Beethoven a composé neuf symphonies, sept concertos ( cinq pour piano, un pour violon et violoncelle ), seize quatuors à cordes ( auxquels il faut ajouter la Grande Fugue ), trente-deux sonates pour piano, dix sonates pour piano et violon, et cinq sonates pour piano et violoncelle, un opéra ( Fidelio ), deux messes, plusieurs ouvertures, des musiques de scène ( dont celle pour Egmont de Goethe ), un ballet ( les Créatures de Prométhée ), de nombreuses séries de variations pour piano ( dont les Variations Diabelli ), des lieder, etc. Il mena à son terme le « style classique » de Haydn et de Mozart, mais avec une exaltation des sentiments personnels inconnue avant lui et qui le fit qualifier de « romantique ». En réalité, notamment par son côté tribun et par son idéalisme, Beethoven fut un vrai fils de la Révolution française : on ne trouve pas chez lui le repli sur soi si caractéristique d'une partie de la génération romantique en Toujours est-il que la postérité devait donner à son œuvre les prolongements artistiques et humains les plus variés. Dans ses premières années viennoises, Beethoven oscilla en quelque sorte entre la tentation mondaine et la poursuite des idéaux de Haydn et de Mozart. Les grandes œuvres de la « décennie héroïque » relèvent très nettement de la seconde tendance, qu'elles soient particulièrement vastes comme la symphonie n° 3 ( Eroica ) ou le Cinquième Concerto pour piano ( 1809, dit de l'Empereur ), ou de structure plus condensée comme la symphonie n° 5 ( 1808 ) ou la sonate Appassionata ( 1804 ), ou plus détendue, comme la symphonie n° 6, dite Pastorale ( 1808 ). L'achèvement de la symphonie n° 8 ( 1812 ) et, la même année, la fin des espoirs d'une relation heureuse avec l'immortelle bien-aimée, laissèrent Beethoven dans une grande incertitude musicale et humaine. Les quelques ouvrages des années immédiatement postérieures cycle de mélodies An die ferne Geliebte ( « À la bien-aimée lointaine », 1816 ), la Sonate pour piano en la majeur opus 101 ( 1816 ) adoptent une tournure expérimentale tout en retrouvant les structures plus lâches des années C'est dans de telles pages que Beethoven paraît le plus proche de la génération romantique naissante. En 1818 cependant, la vaste Sonate en si bémol majeur, opus 106 ( Hammerklavier ), d'une longueur et d'une difficulté inégalées, renoua avec les structures serrées du style « héroïque ». Suite page suivante … Quitter Sommaire

29 Les œuvres de la dernière période de la vie de Beethoven se définissent toutes par un caractère individuel que les compositeurs suivants ont admiré mais rarement pu imiter. La Neuvième Symphonie et la Missa solemnis reflètent sa vision globale d'une humanité idéalisée prenant racine dans une divinité suprême plutôt que dans la doctrine catholique romaine. Le style tardif de Beethoven se manifeste aussi dans les trois dernières sonates pour piano opus 109 à 111 ( ) et dans les cinq derniers quatuors à cordes ( ), qui furent d'abord jugés inaccessibles avant d'être considérés comme une des plus hautes manifestations de l'esprit humain. Un des legs de Beethoven fut le changement de l'image du compositeur, jadis considéré comme un artisan travaillant sur ordre de léglise ou d'un aristocrate protecteur ( rôle qu'à leurs débuts, Haydn et Mozart avaient adopté d'assez bon cœur ), désormais ( du moins en principe ) artiste indépendant vivant de sa production, sorte de grand - prêtre laïque. Son influence musicale fut à la fois vaste ( rares furent au XIXe siècle et au début du XXe siècle les compositeurs qui ne se réclamèrent pas d'une façon ou d'une autre de lui ) et assez limitée ( une quelconque imitation directe était hors de question ).Par beaucoup d'aspects, Franz Schubert, son contemporain à Vienne après 1815, lui tourna le dos. Johannes Brahms ne fit quant à lui jouer sa première symphonie qu'à quarante ans passés : l'exemple de Beethoven s'était révélé paralysant. De Richard Wagner il n'existe aucune symphonie de maturité : c'est dans ses opéras qu'il paya sa dette à Beethoven. Franz Liszt paya la sienne dans son unique sonate pour piano, de structure absolument radicale. Pour la symphonie et le quatuor à cordes, ce n'est que dans les dernières années du XIXe siècle et dans les premières du XXe, avec Bruckner, Mahler et l'opus 7 de Schoenberg, que l'héritage de Beethoven fut pleinement assumé. Suite page suivante … Quitter Sommaire

30 SES PRINCIPALES OEUVRES Quitter Sommaire

31 Quitter Sommaire

32 BELLINI Quitter Sommaire

33 Vincenzo Bellini, ( ), compositeur italien, l'un des maîtres du bel canto, auteur de Norma. Né à Catane, en Sicile, il fut élève du conservatoire de musique de Naples. La première de son premier opéra, Adelson e Salvina, en 1825, lui amena l'appui de Domenico Barbaja, directeur de l'Opéra de Naples, le San Carlo, et de la Scala de Milan. Barbaja commanda à Bellini deux opéras : Bianca e Fernando pour le Teatro San Carlo en 1826 et Il Pirata pour la Scala en Ces deux opéras remportèrent un vif succès, tout comme La Straniera ( L'Étrangère, 1829 ) et Capuleti ed i Montecchi ( 1830 ). En 1831 furent créés les deux opéras les plus célèbres de Bellini, la Somnambule et son chef-d'œuvre, Norma, qui lui valurent une renommée internationale. Ces opéras furent suivis, en 1833, par une œuvre moins reconnue, Beatrice di Tenda, et, en 1835, par son œuvre ultime, Puritani. Bellini était un artiste méticuleux et perfectioniste. Il composait pour des chanteurs qui étaient les maîtres du bel canto, un style de chant qui donnait la primeur à l'agilité vocale et à la précision. Il était très soucieux des liens entre texte et musique et choisissait ses livrets avec soin. Ses opéras, souvent d'inspiration romantique, doivent leur force dramatique à des mélodies simples, belles, unanimement admirées pour leur pureté. Quitter Sommaire

34 Alban Berg, ( ), compositeur autrichien, élève d'Arnold Schoenberg, auteur de Wozzeck.Né à Vienne le 9 février 1885, il fut l'élève d'Arnold Schoenberg, pionnier du système dodécaphonique. La musique de Berg se caractérise par une utilisation nuancée et personnelle de ce système. La première œuvre terminée sans la supervision de Schoenberg fut les Altenberg Lieder ( 1912 ), d'après des esquisses poétiques du poète Peter Altenberg. On y remarque l'influence de compositeurs romantiques comme Richard Wagner et Gustav Mahler. Dans ses Trois Pièces pour orchestre, écrites en 1914 à l'occasion du quarantième anniversaire de Schoenberg, il développe une idée de son maître, celle d'écrire « une suite de pièces de caractère pour orchestre ». Son opéra Wozzeck, inspiré par le drame de Georg Büchner, fut représenté pour la première fois en Wozzeck est devenu le symbole de l'opéra expressionniste et un témoignage du premier après-guerre. Un deuxième opéra, Lulu, inachevé, fut édité à titre posthume. Sa dernière œuvre achevée est le concerto pour violon À la mémoire d'un ange, hommage à la mémoire de Manon Gropius, fille de l'architecte allemand Walter Gropius et d'Alma Mahler, veuve de Gustav Mahler. La partition est construite à partir d'une séquence à douze tons, d'une mélodie populaire autrichienne et d'un cantique du XVIIe siècle qui avait déjà été utilisé par Jean-Sebastian Bach dans sa Cantate, BWV 60. Quitter Sommaire

35 Luciano Berio, ( ), compositeur italien de musique électroacoustique. Né à Oneglia, en Italie, Berio a étudié la musique avec son père, qui était organiste, avant de sinscrire dans une école de musique à Milan. En 1950, il a épousé la soprano américaine Cathy Berberian, qui a été par la suite linterprète privilégiée de son œuvre. En 1951, il partit aux États-Unis pour étudier avec Luigi Dallapiccola, chef de file de l'avant-garde italienne. Ce séjour laida à élargir le champ de ses perspectives musicales en électroacoustique. En 1954, après son retour en Italie, il participa à la fondation du célèbre centre de musique électronique de Milan, le Studio di fonologia musicale, quil dirigea de 1954 à Entre 1965 et 1972, il enseigna à la Juilliard School de New York et, de 1976 à 1979, collabora régulièrement avec lIrcam à Paris. En 1988, il fonda le studio de musique électronique Tempo Reale à Florence. De 1958 à 1988, Berio composa une série de onze Sequenze, œuvre pour instrument solo. Ces Sequenze ont eu pour les instrumentistes une grande importance dans létablissement dun répertoire expérimental. En 1969, il composa Sinfonia, qui a mis en lumière une autre de ses préoccupations : la fabrication dune œuvre qui fonctionnerait simultanément à différents niveaux psychologique, sensuel, artistique. On peut apprécier le résultat tangible de ses recherches dans le scherzo, où il cite, en toile de fond, un mouvement de la Deuxième symphonie de Mahler, à laquelle s'ajoute un collage de fragments chantés et parlés par huit chanteurs solistes, et de brèves interventions de lorchestre. Ce souci de niveaux fonctionnant simultanément trouve sa pleine expression dans les opéras de Berio. Dans la Vera Storia ( 1978, sur un livret dItalo Calvino ), la seconde moitié de lœuvre illustre le même texte que la première, alors que le décor, les personnages, ainsi que la structure musicale changent totalement. La seconde moitié peut donc être considérée comme un commentaire de la première ou comme une lecture différente de celle-ci. Les autres opéras majeurs de Berio sont Opera ( 1970 ) et Un Re in ascolto ( 1983 ). Quitter Sommaire

36 BERLIOZ Quitter Sommaire

37 Hector Berlioz, ( ), compositeur français qui exerça une influence déterminante sur l'art symphonique et lyrique et qui fut l'une des figures marquantes du romantisme musical. Né à La Côte-Saint-André, dans l'Isère, le 11 décembre 1803, Louis Hector Berlioz commença l'étude de la musique à douze ans. Il se rendit à Paris en 1821 pour y faire des études de médecine, qu'il abandonna pour se consacrer à la composition. Sa première œuvre importante, la Messe solennelle, date de 1825, ainsi que la Révolution grecque, inspirée par le soulèvement des Grecs contre la domination ottomane. Il entra alors au conservatoire de Paris où il étudia la composition auprès de Jean-François Lesueur, et le contrepoint et la fugue auprès d'Anton Reicha. Après trois tentatives infructueuses, il remporta le grand prix de Rome avec la Mort de Sardanapale, créée à Paris en La même année, Berlioz écrivit la Symphonie fantastique, créée au conservatoire de Paris en décembre 1830 et qui connut un immense succès. L'œuvre, sous-titrée Episodes de la vie d'un artiste, en rupture avec le schéma traditionnel des symphonies, est structurée comme un drame en cinq mouvements, qui sont intitulés respectivement « Rêveries et Passions », « Un bal », « Scène aux champs », « Marche au supplice » et « Songe d'une nuit de sabbat », chacun d'eux évoquant une attitude émotionnelle et représentant des variations d'une « idée fixe » ( motif récurrent ). D'une forme révolutionnaire, la Symphonie fantastique mettait Berlioz au tout premier rang du romantisme européen. Grâce à la modernité de son orchestration, à la force expressive des couleurs et timbres et à l'utilisation très personnelle du contrepoint, le jeune compositeur signa ici, à vingt-sept ans, un chef-d'œuvre de l'histoire musicale du XIXe siècle, dépassant le modèle romantique beethovenien. L'obtention du grand prix de Rome, en 1830, permit à Berlioz de s'installer en Italie, où il composa deux ouvertures, le Roi Lear ( 1831 ) et Rob Roy ( 1832 ). Son monodrame lyrique pour soli, chœur et orchestre, intitulé Lélio ou le Retour à la vie ( 1831 ), fut conçu comme une continuation de la Symphonie fantastique. Il écrivit sur une commande de Paganini Harold en Italie ( 1834 ) pour alto solo et orchestre, inspiré d'un poème de George Byron. Suite page suivante … Quitter Sommaire

38 De 1834 à 1837, Berlioz travailla à l'opéra Benvenuto Cellini, créé sans succès à l'Opéra de Paris en Parallèlement, il devint critique musical au Journal des débats de 1833 à 1863 et, à partir de 1834, à la Gazette musicale. Berlioz, qui aborda la direction d'orchestre en 1835, dirigea un grand nombre de ses œuvres par la suite. En 1837, il composa, sur commande du gouvernement, la Grande Messe des morts ( Requiem ), pour laquelle il exigea un effectif choral et instrumental exceptionnel. En 1839, il obtint le poste de bibliothécaire au conservatoire de Paris et fut nommé chevalier de la Légion d'honneur. Il acheva cette même année sa symphonie dramatique Roméo et Juliette, d'après Shakespeare. L'année suivante, répondant à une commande du gouvernement, il dirigea sa Symphonie funèbre et triomphale, pour le dixième anniversaire des Trois Glorieuses. En 1845, Berlioz remania une œuvre de jeunesse, les Huit Scènes de Faust, d'après Goethe, qui devint la Damnation de Faust, « légende dramatique » créée sous sa direction à lOpéra-comique, sans grand succès. À partir de 1847, il connut un grand succès en Europe, notamment en Russie, en Angleterre ( 1848 ), à Weimar (1852), sur l'invitation de Franz Liszt, à Berlin, à Vienne et à Prague. À Paris, il dirigea l'oratorio l'Enfance du Christ ( 1854 ), accueilli par un triomphe, son Te Deum ( 1855 ) et l'Impériale ( 1855 ) pour la remise des prix par Napoléon III lors de l'Exposition universelle. Pour diriger l'Impériale, Berlioz requit instrumentistes, d'importants chœurs et un orchestre de musique militaire. Il poursuivit son travail de critique et de musicologue, publiant un Traité d'instrumentation et de chef d'orchestre ( 1843 ) et l'Art du chef d'orchestre ( 1856 ). Suite page suivante … Quitter Sommaire

39 Un musicien incompris dans son pays Berlioz se consacra ensuite avec génie à l'art lyrique. Cependant, ses opéras les Troyens à Carthage ( , représenté en 1863 ), tiré de l'Énéide de Virgile, Beatrix et Benedict ( 1862 ), d'après Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, ne rencontrèrent à Paris qu'un accueil réservé voire hostile, tandis que ses œuvres connaissaient un triomphe à l'étranger. La Damnation de Faust remporta un immense succès à Vienne en Incompris de la plupart de ses contemporains, Berlioz mourut frappé de congestion cérébrale le 8 mars 1869, à Paris. Romantique et dramatique, l'œuvre de Berlioz révèle un talent poétique et visionnaire. Décrié par certains de ses contemporains, il exerça une influence notable sur les plus grands compositeurs de son temps, notamment Richard Wagner, Franz Liszt et le groupe des Cinq en Russie. Quitter Sommaire

40 BERNSTEIN Quitter Sommaire

41 Leonard Bernstein, ( ), compositeur, chef d'orchestre et pianiste américain. Né à Lawrence Massachusetts ), il étudia à l'université Harvard et au Curtis Institute of Music de Philadelphie. Il étudia la composition auprès de Walter Piston et, après y avoir été encouragé par Dimitri Mitropoulos, la direction d'orchestre auprès de Fritz Reiner et de Serge Koussevitzky. En 1943, Bernstein fit ses débuts en tant que chef d'orchestre. Il eut brièvement l'occasion de diriger l'orchestre philarmonique de New York en remplacement de Bruno Walter, souffrant. Par la suite, il dirigea en titre le New York City Center Orchestra pendant la période , enseigna au Berkshire Music Center ( ) et à Brandeis University ( ), puis dirigea le New York Philharmonic Orchestra ( ), avec lequel il réalisa de nombreux enregistrements, en tant que chef d'orchestre et pianiste solo. Lorsqu'il prit sa retraite en 1969, le titre de « chef d'orchestre lauréat » lui fut décerné à vie. Il joua un rôle important dans l'établissement de la popularité moderne de Gustav Mahler ( en procédant au premier cycle complet d'enregistrements de ses symphonies ) et de Charles Ives, dont la 2e symphonie avait été donnée pour la première fois en Les compositions éclectiques et passionnées de Bernstein furent créées dans une grande variété de formes; elles incluent trois symphonies écrites pour des comédies musicales : On the Town ( 1944 ), Wonderful Town ( 1953 ) et West Side Story ( 1957 ). Il a également composé l'opérette Candide ( 1956 ); l'opéra Trouble in Tahiti ( 1952 ), plus tard repris dans A Quiet Place ( 1984 ); Chichester Psalms ( 1965 ), pour chœur et orchestre; les ballets Fancy Free ( 1944 ) et The Dybbuk Variations ( 1974 ); une messe ( 1971 ) pour « chanteurs, danseurs et instrumentistes » ; et le cycle de chansons Arias and Barcarolles ( 1989 ). En 1985, il se vit décerner le prix Grammy Lifetime Achievement Award. Bernstein est l'auteur d'un certain nombre d'ouvrages dont The Joy of Music ( 1959 ); Young People's Concerts for Reading and Listening ( 1962, révisé en 1970 ), adaptation d'un spectacle télévisé du même nom; The Infinite Variety of Music ( 1966 ); et The Unanswered Question : Six Talks at Harvard ( 1976 ), recueil de conférences qu'il avait données à Harvard. Quitter Sommaire

42 Georges Bizet, ( ), compositeur français, dont la postérité a retenu deux œuvres écrites à la fin de sa vie, la suite dorchestre lArlésienne et lopéra Carmen. Né dans une famille de musiciens son père, Adolphe Bizet, était professeur de chant et compositeur, sa mère, Aimée Delsarte, pianiste, Georges Bizet obtint en 1852 un premier prix de piano au Conservatoire de Paris. Il travailla la composition dans la classe de Jacques Halévy et sous la direction de Charles Gounod. Il épousa en 1869 Geneviève Halévy qui, des années plus tard, servit de modèle à Marcel Proust pour le personnage de la duchesse de Guermantes. Bizet chercha sans cesse à se perfectionner, allant jusquà détruire des œuvres comme la Guzla de lÉmir ( 1862 ), un opéra en un acte, parce quelles ne répondaient pas à ses ambitions musicales. Dès sa Symphonie n° 1 en ut majeur ( 1855 ), chacune de ses œuvres, notamment ses pièces pour piano (nocturnes, valses), ses mélodies ( Chanson davril, Chanson de la rose ), ses opérettes ( le Docteur miracle, 1856 ; Malbrough sen va-t-en guerre, 1867 ), ses opéras ( Don Procopio, 1859 ; les Pêcheurs de perles, 1863 ; la Jolie Fille de Perth, 1866 ; Djamileh, 1871 ), marqua une étape nouvelle qui inaugurait une technique inédite et des perspectives plus vastes. Musique de scène, composée pour accompagner le drame d Alphonse Daudet, lArlésienne ( 1872 ) connut un échec lors de ses premières représentations. La formule du drame musical ne touchait plus le public qui attendait davantage daction et moins de paroles. Cependant Bizet trouva dans ce travail loccasion dapprofondir les relations entre le texte et la musique. De plus, le nombre restreint de musiciens dans lorchestre lobligea à soigner particulièrement ses effets. Encouragé par Massenet, lun de ses pairs, à ne pas abandonner son œuvre, Bizet tira de sa partition une suite dorchestre qui simposa rapidement par la beauté de ses thèmes et la qualité de son orchestration. Suite page suivante … Quitter Sommaire

43 La gloire posthume Comme lArlésienne, Carmen ( 1875 ) fut dabord accueillie froidement. Halévy et Meilhac avaient écrit le livret à partir dune nouvelle de Mérimée. Sils avaient su tirer du personnage de Carmen un véritable mythe, la musique de Bizet leur était restée étrangère. Ils la jugeaient étourdissante et trop complexe. Seul Théodore de Banville eut, dès les premières représentations, lintuition de la grandeur de cet opéra. Il publia dans le National, le 8 mars 1875, un article de fond, dans lequel il analysait la transformation des conventions lyriques à lœuvre dans Carmen : le réalisme de la passion, la fonction dramaturgique de la musique, qui devenait un véritable porte-parole des tourments et emportements des personnages. Le succès narriva quaprès la mort du compositeur, le 2 juin Les musiciens les plus célèbres rendirent hommage à son œuvre inventive : Wagner vanta la qualité des idées musicales de Bizet et Tchaïkovski déclara que Carmen traduisait « les efforts de toute une époque musicale » et quil était persuadé que dans dix ans ce serait « lopéra le plus populaire ». Cette prédiction se réalisa en effet. Dépassant les limites du monde occidental, Carmen triompha en Chine et au Japon, et cest lopéra le plus joué aujourdhui. Il fut adapté au cinéma par Cécil B. DeMille et par Charlie Chaplin et Roland Petit en tira un ballet.La musique de Bizet a inspiré des pianistes prestigieux, dont Ferrucio Busoni, qui reprit dans sa Sixième sonatine ( 1920 ), sous forme de fantaisie, les thèmes de Carmen. Nietzsche, pour sa part, exprima son enthousiasme au sujet de lopéra de Bizet par cette phrase : « Cette musique me semble parfaite » Quitter Sommaire

44 Ernest Bloch, ( ), compositeur américain d'origine suisse, célèbre pour ses œuvres fondées sur des thèmes empruntés à la musique juive et qui exerça une grande influence sur la musique américaine en tant que pédagogue. Né à Genève, Bloch étudia le violon avec l'artiste belge Eugène Ysaye et la composition avec, entre autres, le compositeur et pédagogue suisse Emile Jaques-Dalcroze. Abandonnant sa carrière européenne d'enseignant et de chef d'orchestre, il se rendit aux États-Unis en 1916 et acquit la nationalité américaine en En 1917, il commença à enseigner à la David Mannes School of Music ( aujourd'hui Mannes College of Music ) de New York. Il fonda le Cleveland Institute of Music en 1920, qu'il dirigea jusqu'en 1925 avant d'assumer la direction du Conservatoire de San Francisco de 1925 à Au cours de la décennie suivante, il travailla en Europe. De 1940 à 1952, il fut professeur de musique à l'université de Californie à Berkeley. Les compositions les plus achevées de Bloch sont celles qui explorent le langage chargé d'émotions de la musique traditionnelle hébraïque, mais toute sa musique est marquée par une grande intensité de sentiments et par une rare complexité technique. Parmi ses œuvres principales figurent l'opéra Macbeth ( 1910 ), la symphonie Israel ( 1915 ), la rhapsodie hébraïque pour violoncelle et orchestre Schelomo ( 1916 ), une œuvre pour violon et piano Baal Shem ( 1925 ; nouvelle version, 1941 ) ; le Concerto Grosso, pour cordes et piano ( 1925 ) ; le Service sacré, une musique pour le service du sabbat ( ) ; Voice in the Wilderness, pour violoncelle et orchestre ( 1937 ) et cinq quatuors à cordes ( entre 1916 et 1956 ). Bloch eut parmi ses élèves les compositeurs américains Roger Sessions, George Antheil et Randall Thompson. En 1942, il fut le premier musicien à recevoir la médaille d'or de l'American Academy of Arts and Letters. Quitter Sommaire

45 Luigi Rodolfo Boccherini, ( ), compositeur italien connu pour sa musique de chambre. C'est l'un des premiers virtuoses du violoncelle. Né à Lucques et formé à Rome, il fit un bref passage dans l'orchestre du compositeur italien Giovanni Battista Sammartini avant d'être nommé compositeur de l'infant don Louis d'Espagne et compositeur de la chambre du roi de Prusse Frédéric-Guillaume II. La majorité de ses plus de trois cent cinquante œuvres sont des trios, des quatuors et des quintettes pour cordes. Ses compositions, caractérisées par une grande élégance et par le raffinement du style léger du post-baroque populaire à cette époque, donnent une place importante au violoncelle. Le quintette en mi majeur ( op. 13 n° 5, également numéroté op. 11 ) est particulièrement connu pour son menuet. Ses œuvres pour violoncelle incluent six sonates pour violoncelle et basse continue et quatre concertos. Il composa également deux opéras et une messe. Quitter Sommaire

46 François Adrien Boieldieu, ( ) compositeur français, célèbre auteur d'opéras-comiques. Né à Rouen, il fit jouer dans sa ville natale la Fille coupable ( 1793 ), puis s'installa à Paris, où il débuta avec la Famille suisse ( 1797 ). Sa production instrumentale (sonates, concerto pour piano, concerto pour harpe) cessa dès lors pratiquement. Après le succès du Calife de Bagdad ( 1800 ) et de Ma tante Aurore ( 1803 ), il devint directeur de la musique à l'Opéra impérial à Saint-Pétersbourg, durant sept années calmes mais improductives ( ). De retour en France, il donna Jean de Paris ( 1812 ) et, en 1817, succéda à Méhul comme professeur au Conservatoire de Paris. Son chef-d'œuvre, la Dame blanche ( 1825 ), est un sommet non seulement de l'opéra-comique français, dont il constitue la dernière manifestation d'envergure, mais aussi du romantisme légendaire et féerique, souvent inspiré par le Moyen Âge et illustré également par le célèbre compositeur allemand Carl Maria von Weber, des années Quitter Sommaire

47 Alexandre Borodine, ( ) chimiste et compositeur russe, membre du groupe des Cinq. Il fut l'un des premiers compositeurs russes à jouir d'une vraie renommée internationale. Né à Saint-Pétersbourg, il y fit des études de chimie et de médecine à l'Académie médico-chirurgicale et publia d'importants articles scientifiques. En 1872, il participa à la fondation d'une école de médecine pour femmes. La composition était pour lui un passe-temps. Pourtant, il commença assez tôt l'étude de la musique et composa un concerto pour flûte dès l'âge de treize ans. Quelques années plus tard, il adhéra au cercle de musique du compositeur russe Mili Balakirev et devint l'un des membres du groupe des Cinq (avec Balakirev, Cui, Moussorgski, et Rimski- Korsakov), un groupe de musiciens qui défendait la culture et la conscience nationale russe. Il composa sa première œuvre célèbre, la 1re Symphonie en mi bémol entre 1862 et En 1869, il commença l'écriture de l'opéra le Prince Igor, dont le livret s'inspire d'une épopée, le Dit de la bataille d'Igor. Il le laissa inachevé mais en réutilisa les parties terminées dans sa Symphonie en si mineur ( ). Il reprit l'écriture du Prince Igor mais mourut avant de l'avoir terminé. L'opéra fut achevé et monté par les compositeurs Nikolaï Rimski- Korsakov et Alexandre Glazounov. Citons, parmi les œuvres importantes de Borodine, les Bogatirs ( opéra, 1867 ), Dans les steppes de l'Asie centrale ( poème symphonique, 1880 ), deux quatuors à cordes ( 1879 et 1881 ) et plusieurs mélodies. Quitter Sommaire

48 André Boucourechliev, ( ), compositeur et musicologue français d'origine bulgare. Installé à Paris en 1949, il travailla au studio di Fonologia de la RAI ( ), à Milan, et s'imposa avec Grodek ( 1963 ), œuvre pour soprano, flûte et 3 percussions d'après Georg Trakl, puis avec la série des cinq Archipels, composée d'Archipels I.IV et d'Anarchipel ( ). En 1978 fut créé à Avignon son opéra le Nom d'Œdipe. Assistant d'Olivier Messiaen au Conservatoire de Paris ( ), il enseigna la musicologie à l'université d'Aix-en-Provence ( ) et publia Schumann ( 1956 ), Beethoven ( 1963 ), Igor Stravinsky ( 1982 ), Essai sur Beethoven ( 1991 ), le Langage musical ( 1993 ) et Dire la musique ( recueil d'articles, 1994 ). Il composa récemment les Cheveux de Bérénice ( Genève 1988 ), Quatuor III ( 1993 ) et Trois fragments de Michel-Ange pour soprano, flûte et piano ( 1995 ). Quitter Sommaire

49 Nadia Boulanger, ( ) professeur, compositeur et chef d'orchestre français, qui influença de nombreux compositeurs de renom, en particulier américains. Née à Paris, elle fut l'élève du compositeur français Gabriel Fauré. En 1918, après la mort de sa sœur Lily, qui était aussi un compositeur doué, elle cessa de composer et se consacra à l'enseignement. Nadia Boulanger a donné des cours au Conservatoire de Paris ( de 1909 à 1924 et après 1946 ), à l'École normale de musique à Paris ( ) et au conservatoire américain de Fontainebleau, qu'elle dirigea en Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle enseigna dans divers collèges américains et compta parmi ses élèves de nombreux compositeurs, notamment Elliott Carter, Aaron Copland, Walter Piston, Roger Sessions et Virgil Thomson. Elle eut également pour élèves les compositeurs français Jean Françaix et Michel Legrand, et le compositeur anglais sir Lennox Berkeley. En tant qu'enseignante, elle n'imposait aucun style de composition spécifique. Sa démarche consistait, au contraire, à identifier et à développer chez chacun de ses élèves son style propre en les soumettant à un large éventail d'influences esthétiques, une approche qui se reflète dans la diversité des styles de ceux qui suivirent son enseignement. En tant que chef d'orchestre, elle fut parmi les premiers à remettre au goût du jour la musique baroque, dont celle de Monteverdi dans les années 1930, et la première femme à diriger de grands orchestres comme la Royal Philarmonic Society de Londres ( 1937 ), l'Orchestre symphonique de Boston ( 1938 ) et l'Orchestre philharmonique de New York ( 1939 ). Quitter Sommaire

50 BOULEZ Quitter Sommaire

51 Pierre Boulez, ( ) compositeur et chef d'orchestre français contemporain, fondateur de l'IRCAM. Né le 26 mars 1925 à Montbrison, il étudia au Conservatoire de Paris, où son professeur le plus marquant fut Olivier Messiaen. En 1948, Boulez devint directeur musical de la compagnie Renaud-Barrault au théâtre Marigny à Paris. Pendant les années 1950, il composa un grand nombre de pièces très complexes, s'appuyant sur le système dodécaphonique ( Structures, pour 2 pianos, ) et devint l'un des principaux compositeurs étendant les principes sériels à tous les paramètres de la musique : dynamique, rythme, timbre, ainsi que hauteur sonore. Lors des séminaires d'été organisés chaque année à Darmstadt, il exerça une profonde influence (avec Karlheinz Stockhausen) sur la musique avant-gardiste européenne de l'après-guerre, contribuant à la création d'un nouveau langage fait de techniques et de gestes musicaux. Outre plusieurs compositions pour piano, ses œuvres comprennent notamment Le Visage nuptial pour chœur et orchestre ( ), Le Soleil des eaux pour soli, chœur et orchestre ( 1948 ), Polyphonie X pour 18 instruments (1951), Le Marteau sans maître pour contralto et six instruments ( ), un cycle de chansons orchestrales Pli selon pli ( ), Domaines ( 1968 ), pour clarinette solo et 21 instruments. Dans les années 1960, il s'est fait connaître en tant que chef d'orchestre « invité » de l'orchestre de Cleveland. Il a été chef et directeur musical du New York Philharmonic ( ) et de l'orchestre de la BBC ( ). Sa direction d'orchestre a toujours été axée sur sa propre œuvre et sur celle de ses contemporains, mais il est également connu pour ses interprétations du répertoire standard, en particulier de Stravinsky et Debussy. En 1976, il a dirigé la production du centenaire du cycle Der Ring des Nibelungen de Wagner à Bayreuth. Depuis les années 1970 Boulez assume d'importantes responsabilités dans la vie musicale française : en 1974, il a fondé à Paris l'Institut de recherche et de coordination acoustique musique (IRCAM), l'un des studios de musique électronique les plus avancés du monde, qu'il dirigera jusqu'en En 1976 il a été nommé à la tête d'un prestigieux groupe instrumental français, l'Ensemble Inter Contemporain. Quitter Sommaire

52 Quitter Sommaire

53 BRAHMS Quitter Sommaire

54 Johannes Brahms, ( ), compositeur allemand, l'un des plus grands maîtres de la musique du XIXe siècle, dont l'œuvre associe classicisme et romantisme. Né à Hambourg le 7 mai 1833, Johannes Brahms étudia le violon et le violoncelle avec son père, contrebassiste à l'orchestre de la Société philharmonique de Hambourg. Il apprit le piano avec le professeur Otto Cossel et joua en public, à l'âge de dix ans, dans un ensemble de musique de chambre. Il commença à composer ( deux Sonates pour piano, op. 1 et op. 2, Gesänge op. 3 ) sur les conseils du professeur de musique Eduard Marxsen. Pour gagner sa vie, Brahms joua du piano dans les tavernes et brasseries de la ville. En 1853, Brahms partit pour une tournée de concerts, en tant qu'accompagnateur du violoniste hongrois Eduard Reményi ( ). Au cours de cette tournée, il rencontra Joseph Joachim, un autre violoniste hongrois qui l'introduisit à Düsseldorf auprès de Robert Schumann. Après cette rencontre, Schumann nota dans son journal intime : « Visite de Brahms, un génie !!! » et rédigea un article élogieux pour la revue Neue Zeitschrift für Musik ( « Nouveau Journal pour la musique » ), paru en octobre Brahms s'attacha d'une affection profonde à Schumann et à sa femme Clara Schumann, pianiste célèbre dont il reçut toujours de nombreux encouragements. Des biographes prétendent que Brahms était profondément amoureux de Clara, mais il ne la demanda jamais en mariage après la mort de Schumann, en 1856, et il resta célibataire.Tout en se consacrant à ses travaux de composition, Brahms continua à effectuer des tournées dans les grandes villes d'Allemagne. En 1857, il obtint le poste de maître de chapelle de la cour du prince de Lippe-Detmold, qu'il conserva jusqu'en Il voyagea ensuite pendant plusieurs années en Allemagne et en Suisse. Suite page suivante … Quitter Sommaire

55 Le compositeur se rendit à Vienne en 1863 pour s'y installer définitivement. Il occupa la fonction de chef d'orchestre de la Singakademie ( « Académie chorale » ), poste qu'il quitta un an plus tard pour se consacrer exclusivement à la composition. En 1872, il accepta la direction de la Gesellschaft der Musikfreunde ( « Société des amis de la musique » ). Mais, en 1875, il démissionna de ce poste pour à nouveau se consacrer à la composition. Opposé aux innovations de Liszt et de Wagner qui rompaient avec les règles du classicisme musical, Brahms fut la cible de nombreuses attaques de la part des partisans du «!modernisme!» de ces deux compositeurs romantiques. Il mourut d'un cancer du foie, et une grande foule assista à son enterrement. Brahms composa la Sonate op. 5 pour clavier d'inspiration romantique en 1853 et ses Quatre Ballades op. 10 avant de se lancer dans l'écriture de la musique de chambre avec le Trio pour piano et cordes op. 8 ( 1854 ).La première œuvre majeure qu'il présenta au public fut le Concerto en ré mineur pour piano n° 1, qu'il donna à Leipzig en Cette composition, imprégnée d'un romantisme exacerbé, subit un échec. Brahms composa à cette même époque trois autres œuvres majeures, les Variations et Fugue sur un thème de Haendel pour piano, op. 24 ( 1861 ), le Sextuor à cordes op. 18 ( ) ainsi que deux Quatuors pour piano et cordes, op. 25 et 26 ( ). En avril 1868, Brahms créa son Requiem allemand, qui obtint un succès considérable. Cette partition est composée de sept parties établies par Brahms à partir de textes de la Bible traduits par Luther et dont le sujet est centré sur la Résurrection. Chaque partie a un caractère propre. Ainsi les 1er, 2e, 4e et 7e mouvements sont des parties chorales, alors que les mouvements 3 et 6 sont pour baryton solo et le 5e pour soprano solo. Par la suite, Brahms composa des œuvres dans la même veine que son Requiem allemand, le Schicksalslied ( Chant du destin ) op. 54 ( 1871 ), le Gesang der Parzen ( Chant des Parques, 1882 ) sur un poème de Goethe, et Nänie ( 1882 ) sur un texte de Schiller. Suite page suivante … Quitter Sommaire

56 Jusqu'en 1873, Brahms écrivit principalement pour le piano, instrument qu'il connaissait le mieux, et pour chœurs et orchestre. En 1873, il produisit les Variations sur un thème de Haydn, arrangées pour orchestre. Démontrant une maîtrise croissante de la grande forme orchestrale, ces Variations annoncent déjà ses plus grandes œuvres. Ses chefs-d'œuvre sont la grandiose Symphonie n° 1 en ut mineur ( 1876 ), la plus délicate et mélodieuse Symphonie n° 2 en ré majeur ( 1877 ), l'Ouverture du Festival académique ( 1880 ), comportant des chansons d'étudiants allemands, la sombre Ouverture tragique ( 1881 ), la poétique Symphonie n° 3 en Fa majeur ( 1883 ) et la Symphonie n° 4 en mi mineur ( 1885 ), avec son final brillant et débordant de sentimentalité. Toutes ces œuvres laissent apparaître une structure issue de la tradition classique viennoise. Contrairement à ses contemporains, Brahms évitait l'exploitation de nouveaux effets harmoniques et de nouvelles couleurs sonores. Il s'attachait surtout à la création d'une musique caractérisée par l'unité, n'utilisant des effets nouveaux ou inhabituels que pour améliorer les nuances structurelles internes. Ainsi, ses meilleures œuvres ne contiennent aucun passage superflu!; chaque thème, chaque figure, chaque modulation est implicite dans tout ce qui l'a précédé. Le classicisme de Brahms était un phénomène unique en son temps, aux antipodes des tendances de la musique de l'époque, en particulier telle qu'elle était représentée par Richard Wagner. Toutefois, bien que Brahms fît revivre une tradition à laquelle aucun compositeur important n'avait adhéré depuis Ludwig van Beethoven, il ne se trouvait pas complètement isolé de son propre milieu, et la gamme des émotions enflammées de l'esprit romantique transparaît dans sa musique. Suite page suivante … Quitter Sommaire

57 SES PRINCIPALES OEUVRES Quitter Sommaire

58 BRITTEN Quitter Sommaire

59 Benjamin Britten, ( ), compositeur britannique dont les opéras figurent parmi les œuvres lyriques de langue anglaise les plus achevées du XXe siècle. Né le 22 novembre 1913 à Lowestoft ( Suffolk ), il étudia au Royal College of Music de Londres. De 1939 à 1942, il vécut au Canada et aux États-Unis où il composa un concerto pour violon ( 1939 ) et la Sinfonia da requiem en Son premier opéra, Peter Grimes ( 1945 ), d'après une pièce du poète anglais George Crabbe, connut un grand succès. Il fut suivi de The Rape of Lucretia (le Viol de Lucrèce, 1946 ), d'Albert Herring ( 1947 ), de Billy Budd ( 1951 ), d'après une nouvelle de l'écrivain américain Herman Melville, de Gloriana ( 1953 ), écrit à l'occasion du couronnement d'Élisabeth II, The Turn of the Screw ( le Tour d'écrou, 1954 ), d'après un roman de l'écrivain américain Henry James et A Midsummer Night's Dream ( le Songe d'une nuit d'été, 1960 ), d'après Shakespeare. Parmi ses derniers opéras, citons Owen Wingrave ( 1971 ), d'après une nouvelle de James, et Death in Venice ( Mort à Venise, 1973 ), inspirée du roman de l'écrivain allemand Thomas Mann. Britten a qualifié certaines de ses compositions tardives d'opéras de chambre, car elles ne nécessitent que douze instrumentistes. Britten a également composé d'autres formes de musique, comme ses morceaux de type cantate qu'il appelait paraboles pour l'église, dont Noye's Fludde ( l'Arche de Noé, 1958 ) The Prodigal Son ( le Fils prodigue, 1968 ). Son War Requiem ( 1962 ) est une œuvre chorale sur des vers du poète britannique Wilfred Owen. De plus, il a composé de la musique de scène pour le théâtre et le cinéma, des cycles de mélodies et de la musique pour les enfants, dont The Young Person's Guide to the Orchestra ( 1946 ), variations et fugues sur un thème de Purcell. Le style de Britten s'étend de la tonalité lyrique la plus simple à l'atonalité complexe mais très efficace sur le plan dramatique. En 1947, il fonda le festival d'Aldeburgh avec le ténor anglais sir Peter Pears, devenu depuis un centre permanent de concerts et d'enseignement. En 1976, Élisabeth II l'a élevé au rang de pair d'Angleterre. Il mourut à Aldeburgh le 4 décembre Quitter Sommaire

60 Max Bruch, ( ), chef d'orchestre et compositeur allemand. Né à Cologne, il étudia la musique à Francfort et à Cologne. Il dirigea le Liverpool Philharmonic et le Breslau Orchesterverein, et il fut maître de musique au Hochschule für Musik de Berlin. On retiendra de son œuvre la Fantaisie écossaise, pour violon et orchestre, le Concerto en sol mineur pour violon, et Kol Nidrei ( 1881 ) pour violoncelle et orchestre, inspiré de mélodies hébraïques, ainsi que ses quatuors à cordes. Quitter Sommaire

61 BRUCKNER Quitter Sommaire

62 Anton Bruckner, ( ), compositeur et organiste autrichien, né à Ansfelden. Originaire d'une famille paysanne, Bruckner fut un véritable autodidacte de la composition musicale. Sa première œuvre, un requiem, date de Profondément religieux, il fut organiste au monastère de Saint-Florian, près d'Ansfelden, en 1851 et, de 1856 à 1868, organiste à la cathédrale de Linz. Pendant son séjour à Linz, il étudia quelque temps avec le spécialiste du contrepoint Simon Sechter, un Viennois, et composa trois de ses principales œuvres chorales : la Messe n° 1 en ré mineur ( 1864 ), la Messe n° 2 en mi mineur ( 1866 ) et la Messe n° 3 en fa mineur ( 1867 ), ainsi que sa Symphonie n° 1 en ut mineur ( 1866 ). En 1861, il obtint le titre de « maître de musique » à Vienne. De 1868 à 1892, il fut organiste à la cour et professeur au conservatoire de Vienne. Il a composé huit autres symphonies et de nombreuses œuvres sacrées, orchestrales, chorales, ainsi que des pièces pour orgue et pour piano. À sa mort, il travaillait à sa Symphonie n° 9 en ré mineur. Parce qu'il était influencé et soutenu par le compositeur allemand Richard Wagner, il déclencha l'hostilité des musiciens et critiques antiwagnériens de Vienne. Cependant, à la fin de sa vie, Bruckner fut reconnu par l'Autriche, qui le couvrit d'honneurs et lui attribua une rente. Bruckner a contribué à l'évolution de la forme sonate en élargissant la thématique des premiers mouvements de ses symphonies. Il a également amplifié la portée globale de la symphonie, en utilisant une structure beaucoup plus étendue qu'auparavant. Son orchestration se caractérise par l'intervention alternée de familles complètes d'instruments, créant des effets de type choral qui montrent l'influence tant de Wagner que de son propre instrument, l'orgue. Quitter Sommaire

63 BUSONI Quitter Sommaire

64 Ferruccio Benvenuto Busoni, ( ), pianiste et compositeur italien, qui sopposa à lesthétique des romantiques comme à celle de limpressionnisme musical et qui fonda le « nouveau classicisme ». Né à Empoli, Ferrucio Benvenuto Busoni fut initié à la musique par ses parents avant détudier la composition en Autriche et en Allemagne et denseigner le piano et lécriture musicale à Berlin, Helsinki, Moscou et Boston. Depuis son premier concert, donné à lâge de sept ans, jusquà ses dernières prestations, au cours desquelles il forçait ladmiration de ses élèves par ses gammes ou arpèges, quil pouvait jouer dans tous les tons et avec toutes les nuances, Busoni consacra sa vie au perfectionnement de la technique pianistique. Maître du clavier, dans la lignée de Franz Liszt, Busoni déconcerta la plupart des critiques parce quil ne cherchait pas à exprimer des sentiments. On le trouvait impressionnant, mais peu émouvant. Il mit au point une technique pianistique particulière, grâce à laquelle toutes les notes étaient détachées, comme si la main survolait le clavier. Ainsi les différentes parties musicales ressortaient avec une grande netteté, chacune selon sa dynamique. Le piano devenait sous ses doigts une réplique dorchestre. Aucun témoignage direct ne subsiste des interprétations virtuoses de Busoni, mais sa « technique volante » fut abondamment décrite et commentée, ainsi que le fait quil cherchait à créer un effet polyphonique aussi bien dans les œuvres de Bach que dans celles de Chopin ( qui en devenaient méconnaissables ). Parmi les pianistes contemporains, Glenn Gould élabora un jeu très proche de celui de Busoni. Avec lÉbauche dune nouvelle esthétique musicale ( 1907 ), Busoni réussit le tour de force de publier une œuvre théorique qui anticipait quelques-uns des traits les plus caractéristiques de lévolution du goût et des conceptions musicales de la période contemporaine. Se livrant à une critique du « bon goût », il incitait les pianistes à supprimer tous les éléments de jeu pouvant engendrer une sensation agréable pour les oreilles et les invitait à multiplier les dissonances. Dans ses recherches sonores, il explora les modes et la polytonalité, et annonça lintroduction des micro-intervalles (quarts et sixièmes de ton) ainsi que la transformation du piano en un instrument de percussion. Busoni conçut une machine à produire des sons, le « dynamophone », dont un exemplaire fut réalisé à titre expérimental aux États-Unis, et déclara que lusage de nouvelles machines serait un élément décisif de lévolution musicale de ce siècle. Suite page suivante … Quitter Sommaire

65 Sans prendre complètement le parti de la modernité, Busoni était à la recherche dun art « à la fois ancien et nouveau », quil nomma « nouveau classicisme » ou « jeune classicisme » ( pour le distinguer du néoclassicisme ). Louverture de son Turandot ( 1917 ) offre une illustration de ce mouvement. Busoni y utilise une écriture faite de plans sonores hétérogènes, qui senchaînent avec pour seule transition une note tenue par lorchestre. Des motifs rythmiques, repris en écho dun instrument à lautre, ou en ostinato par les basses, caractérisent chaque moment. Les thèmes seffacent derrière cette pulsation, jusquà se réduire parfois à des gammes ou à des cellules répétées comme des pas de danse. Il composa dans cet esprit dautres œuvres lyriques, notamment Arlecchino ( 1917 ) et Doktor Faust ( 1925 ), ainsi que des pièces pour orchestres de chambre, dont la Fantasia contrapuntistica ( ) quil remania plusieurs fois, avant de ladapter pour deux pianos ( 1922 ). Ferrucio Busoni laissa à la postérité des œuvres peu connues du public, mais il demeure une référence mythique pour les pianistes et pour les artistes contemporains qui proclament avec lui que le devoir du créateur est « détablir des lois, non pas de les suivre ». Quitter Sommaire

66 Dietrich Buxtehude, ( v ), organiste et compositeur allemand d'origine danoise, l'un des plus grands compositeurs d'orgue de l'école allemande du XVIIe siècle, qui influença Jean-Sébastien Bach. Fils d'un organiste d'église, Dietrich Buxtehude devint organiste de la Marienkirche à Lübeck, en Allemagne, en Il instaura une manifestation annuelle, les Abendmusiken ( « concerts du soir » ), pendant la période qui précède Noël. Ses plus importantes compositions comprennent des toccatas, des préludes et des fugues. Elles influencèrent en particulier Jean-Sébastien Bach, qui, en 1705, parcourut plus de 320 km pour entendre les Abendmusiken. Buxtehude composa également plus de cent cantates, dont Membra Jesu nostri, des suites pour clavier et des sonates pour instruments à cordes. Quitter Sommaire

67 William Byrd, ( v ), célèbre compositeur de la période élisabéthaine. Il fut organiste à la cathédrale de la ville de Lincoln, où il naquit vraisemblablement, de 1563 à 1572, date à laquelle il devint organiste de la chapelle royale. En 1575, la reine Elisabeth I offrit à Byrd et à son ancien professeur Thomas Tallis le monopole de l'émission et de la vente des partitions et du papier à musique. À la mort de Tallis en 1585, il en devint l'unique propriétaire. Catholique dans une Angleterre résolument protestante, il fut néanmoins vénéré de ses compatriotes. Il mourut le 4 juillet 1623, à Stondon, Essex. Il se distingua par son aisance et excella dans pratiquement tous les genres de composition, aussi bien pour chœur que pour orchestre. Il composa six services anglicans et environ soixante motets, mais ses œuvres pour l'Église catholique sont à n'en pas douter les plus belles. L'ampleur et l'intensité de son œuvre restent inégalées dans l'histoire de la musique anglaise. En 1575, il publie avec Tallis les Cantiones sacrae, puis seul, deux autres volumes de Cantiones ( 1589 et 1591 ) et deux recueils de Gradualia, ( 1605, 1607 ), contenant des motets spécialement destinés à la messe. Il fut l'un des premiers à composer des fantaisies pour viole. Il écrivit plus de cent quarante pièces pour virginal ( épinette en usage en Angleterre à l'époque ) qui donnèrent naissance à l'école anglaise d'épinette. Ces œuvres furent retranscrites dans son manuscrit My Lady Nevells Booke ( 1951 ) et dans l'anthologie Fitzwilliam Virginal Book ( v ). Ses partitions pour chœur, et en particulier pour soliste et viole, ont traversé les siècles. À l'instar de ses compatriotes musiciens, il écrivit dans un langage harmonique et stylistique assez conventionnel en comparaison des changements qui s'opéraient alors en Italie. Il fut l'un des premiers à s'intéresser au madrigal italien. Cependant, il fit preuve d'un talent accompli dans l'écriture de la polyphonie. Quitter Sommaire

68 CAGE Quitter Sommaire

69 John Milton Cage, ( ), compositeur américain, qui exerça une profonde influence sur la musique et la danse d'avant-garde. Né le 5 septembre 1912 à Los Angeles, John Milton Cage étudia avec les compositeurs américains Henry Cowell et Adolph Weiss, ainsi qu'avec le compositeur d'origine autrichienne Arnold Schoenberg. Il s'établit à New York en Influencé par le bouddhisme zen, Cage utilisa souvent le silence comme élément musical, en le ponctuant de sons composés d'entités suspendues dans le temps, pour réaliser une musique parfaitement aléatoire. Dans Music of Changes (1951), pour piano, la combinaison des sons se produit dans un ordre déterminé par des jets de pièces de monnaie. Dans 433 (1952), les exécutants ne doivent produire aucun son avec leur instrument, la musique étant constituée par les bruits ambiants. À l'instar de Theatre Piece (1960), où musiciens, danseurs et mimes exécutent une série d'actions aléatoires, 433 efface les frontières séparant la musique, les sons et les phénomènes non musicaux. Dans les pièces de Cage pour piano préparé, comme Amores (1943), des objets étrangers placés entre les cordes modifient le son du piano. Cage a composé des musiques de ballet pour le chorégraphe américain Merce Cunningham. Il a écrit plusieurs ouvrages dont Silence (1961), Empty Words (1979) et X (1983). Quitter Sommaire

70 FRANCK Quitter Sommaire

71 César Franck, ( ), compositeur et organiste français, marqué par Berlioz et le romantisme, dont le style et les méthodes de composition influencèrent l'évolution de la musique française et en particulier les œuvres de ses élèves Vincent D'Indy et Ernest Chausson. César Auguste Franck est né à Liège en Pianiste précoce, il effectua dès l'âge de onze ans une tournée de récitals. Après avoir étudié à Liège, il entra au Conservatoire de Paris où, de 1837 à 1842, il développa de grands dons d'organiste et de compositeur. Avant d'être nommé professeur au Conservatoire en 1872, il donna des leçons privées. De 1858 à 1890, il fut aussi titulaire de l'orgue de l'église Sainte-Clothilde où tout Paris vint l'entendre. Franck adopta la nationalité française en Certains de ses élèves au Conservatoire, comme Vincent D'Indy ou Ernest Chausson, devinrent des musiciens importants. César Franck mourut à Paris en 1890, des suites d'un accident de rue. L'œuvre de Franck se caractérise par l'emploi de formes classiques comme la symphonie ou la sonate, mais largement imprégnées d'influences romantiques. Sa musique alterne la plus grande religiosité et un remarquable sens dramatique. Il a pratiqué la forme cyclique, où un même thème réapparaît sous différentes formes tout au long d'une partition, en évoluant comme dans un cycle. Cette technique, qui rappelle celle du leitmotiv de Wagner et encore davantage celle que Beethoven avait utilisée dans ses derniers quatuors à cordes, provient surtout de l'influence de Berlioz. Négligée de son vivant, l'œuvre de Franck fait désormais partie du répertoire des organistes et des orchestres les plus prestigieux. Sa Symphonie en ré mineur (1888), la plus célèbre, a servi de modèle à la musique française de la fin du XIXe siècle. Parmi ses autres compositions majeures figurent son oratorio les Béatitudes (1879), trois poèmes symphoniques, les Variations symphoniques (1885) pour piano et orchestre et la Sonate pour piano et violon (1886). Son œuvre pour orgue et harmonium fut importante, notamment les Six Pièces pour grand orgue (1862) et les Trois Chorals (1890). Quitter Sommaire

72 Alexis Emmanuel Chabrier, ( ) compositeur français d'opéras et de mélodies marqué par Wagner. Il a laissé une œuvre pleine d'humour, de vivacité et de rythmes, riche en couleurs. Autodidacte, Chabrier est né à Ambert, en Auvergne. Ayant occupé pendant dix-huit ans un petit poste de fonctionnaire, il choisit de consacrer sa retraite à la composition. Marqué par Wagner, il composa Gwendoline en 1886 pour en arriver à des opéras plus légers comme le Roi malgré lui ( 1887 ) ou, auparavant, l'Étoile ( 1877 ), et à des suites pour orchestre pittoresques comme España ( 1883 ) et la Joyeuse Marche ( 1888 ). Il composa aussi des mélodies pour chant et piano, des œuvres pour piano seul et des œuvres chorales. Son style, sa fantasie influencèrent des musiciens comme Satie ou Ravel. Quitter Sommaire

73 Marc-Antoine Charpentier, ( v ), compositeur français, grand maître de la musique sacrée au XVIIe siècle. Parti en Italie pour étudier la peinture, Charpentier y rencontra le compositeur Carissimi dont il devint l'élève pendant trois ans à Rome. Auprès de lui, il étudia particulièrement le contrepoint, la polyphonie, le dialogue à deux chœurs, le style et la forme des histoire sacrées dont Carissimi était le créateur. De retour en France en 1662, Charpentier interpréta les œuvres de son maître dans les milieux italianisants de la capitale. À partir de 1772, il composa la musique de trois pièces de Molière, alors fâché avec Lully, le Malade imaginaire, le Mariage forcé, la Comtesse d'Escarbagnas. Charpentier poursuivit sa collaboration avec le Théâtre français jusqu'en 1685 avec Polyeucte, Médée et Andromaque de Pierre Corneille, Circé, l'Inconnu, la Pierre philosophale de Thomas Corneille. En 1679, il fut chargé par le Grand Dauphin de composer des messes pour la chapelle de Saint-Germain, et en 1680, devint le maître de musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise et cousine de Louis XIV, pour qui il écrivit principalement des cantates et des pastorales. Charmé par ses œuvres, Louis XIV lui versa une pension en 1683, alors qu'il était malade. En 1684, Charpentier devint maître de musique chez les jésuites de Saint-Paul-Saint- Louis. Il composa et fit interpréter dès lors ses œuvres religieuses au collège des jésuites de Clermont. Charpentier réalisa également des commandes pour l'Académie française, l'Académie royale de sculpture et de peinture et pour l'abbaye de Port-Royal. De 1698 à sa mort, en 1704, il occupa le poste de maître de musique de la Sainte-Chapelle. La musique de Charpentier joue des modulations, des mélodies amples, dont le relief souligne les contrastes verbaux. Avec Orphée descendant aux Enfers ( 1683 ), Charpentier donna un caractère profane à ses cantates et des formes spécifiques que reprirent ses successeurs, Nicolas Bernier ( ), claveciniste, organiste et maître de musique à la Sainte-Chapelle à Paris, auteur de motets et de nombreuses cantates profanes et André Campra. Son opéra Médée ( 1693 ) est d'une grande richesse harmonique. Dans ses nombreuses compositions religieuses, Te Deum, Magnificat, douze messes, vingt-huit Leçons de ténèbres, de nombreux hymnes, psaumes, antiennes, répons, litanies, Charpentier s'attache particulièrement à exprimer musicalement les nuances subtiles du texte sacré, ce qui rend sa musique très riche. Quitter Sommaire

74 Ernest Chausson, ( ), compositeur français, dont lœuvre marque le passage entre le romantisme de César Franck et limpressionnisme de Claude Debussy. Né à Paris, Amédée-Ernest Chausson fit des études de droit, avant dentrer, en 1879, au Conservatoire, où il fut lélève des compositeurs Jules Massenet et César Franck. Ce dernier influença particulièrement lœuvre de Chausson qui comprend des opéras, de la musique chorale, des chansons, de la musique de chambre, de la musique sacrée et des compositions pour orchestre et piano. Ses œuvres de jeunesse doivent également beaucoup à Claude Debussy, dont il fut un ami proche, et à Richard Wagner, dont il découvrit les opéras à Munich et à Bayreuth au début des années 1880, et dont linfluence est palpable dans son langage musical, comme en témoignent les Sept Mélodies ou le poème symphonique Viviane ( 1882 ), dédié à sa femme. Devenu secrétaire de la Société nationale de musique en 1886, Chausson partagea désormais sa vie entre sa famille, la composition et la promotion des musiciens français. Certaines de ses œuvres majeures datent de cette période, comme le célèbre Poème de lamour et de la mer pour voix et orchestre ( 1890 ), la Légende de sainte Cécile ( 1891 ) et lopéra le Roi Arthus ( ), ainsi que la Symphonie en si bémol ( 1890 ), qui rappellent, par leur intensité lyrique et leur forme, les compositions de César Franck. Homme dune grande culture littéraire, Chausson tint également un salon fréquenté par lélite artistique de son temps, tels le poète symboliste Stéphane Mallarmé, lécrivain russe Ivan Tourgueniev, ou des compositeurs comme Isaac Albéniz ou Claude Debussy. Sa passion pour les écrivains russes, notamment Fedor Dostoïevski et Alexis Tolstoï, explique le profond pessimisme qui se dégage des œuvres telles que le cycle les Serres chaudes (1896), composées sur des poèmes de Maurice Maeterlinck, et le Poème pour violon et orchestre ( 1896 ), dédié au violoniste et compositeur belge Eugène Ysaye, et écrit à partir dune nouvelle de Tourgueniev, ou la Chanson perpétuelle ( 1898 ), sur un texte de Charles Cros. Ernest Chausson laissa inachevé le Quatuor à cordes, op. 35. Parmi ses œuvres marquantes figurent encore le Trio pour violon, violoncelle et piano ( 1882 ), le Concert pour violon, piano et quatuor à cordes ( 1889 ) et le Quatuor pour cordes et piano ( 1897 ). Quitter Sommaire

75 CHERUBINI Quitter Sommaire

76 Luigi Cherubini, ( ) compositeur italien dont lœuvre marque le passage entre le classicisme et le romantisme. Né à Florence, fils dun claveciniste, Luigi Cherubini reçut une éducation religieuse rigoureuse. Il commença par écrire de la musique sacrée, avant de se tourner vers lopéra sous linfluence du compositeur Giuseppe Sarti, dont il fut lélève à Bologne. Une douzaine dœuvres lyriques, quil conçut dans un style conventionnel et dont Finta Principessa ( 1785 ) et Giulio Sabino ( 1786 ) furent représentées à Londres, lui assurèrent une renommée honorable. En 1787, Cherubini sinstalla à Paris, où il fut, de 1789 à 1792, codirecteur du théâtre de Monsieur ( devenu ensuite le théâtre Feydeau ). Il y créa avec grand succès son opéra la Lodoïska en Nommé inspecteur de lenseignement au Conservatoire, il en devint directeur en Après la création en 1833 dAli-Baba qui fut sa dernière œuvre lyrique, il se consacra à la pédagogie et à dimposantes compositions religieuses.Lœuvre de Cherubini, marquée par une grande maîtrise du contrepoint, comprend la Messe en la majeur à trois voix ( 1808 ), la Messe en ut majeur ( 1816 ) et les Requiems en ut mineur ( 1817 ) et en ré majeur (1836). Outre la musique sacrée, il écrivit près de trente opéras, dont Médée ( 1797 ) et les Deux Journées (ou le Porteur deau, 1800), qui sapparente à Fidelio de Ludwig van Beethoven par sa tension dramatique, de nombreux motets, des cantates et des œuvres chorales, ainsi que plusieurs quatuors à cordes.Son Cours de contrepoint et de fugue ( 1835 ) fut édité par le compositeur français Jacques Halévy. Quitter Sommaire

77 CHOPIN Quitter Sommaire

78 Frédéric Chopin, ( ), compositeur et pianiste polonais dont les deux concertos pour piano sont la meilleure traduction de l'école romantique. Né le 4 mars 1810, à Zelazowa-Wola, près de Varsovie, de père français et de mère polonaise, Chopin commença très jeune à étudier le piano. Tout en poursuivant ses études au lycée de Varsovie, il continua à travailler le piano. En 1825, il donna deux concerts devant le tsar et publia sa première œuvre, le premier Rondo en ut mineur.Par la suite, il entra au Conservatoire de Varsovie ( ) où il étudia le contrepoint et l'harmonie. Il composa à cette époque ses premiers chefs-d'œuvres : Valses en la bémol majeur et en si bémol majeur, Polonaise en ré mineur, Mazurka en la mineur, Nocturne en mi mineur, Variations sur un thème de « Don Juan » de Mozart et ses deux Concertos pour piano en mi mineur et en fa mineur ( 1830 ).En , il effectua ses deux premiers voyages hors de Pologne, à Berlin puis à Vienne, Prague et Dresde. De retour à Varsovie, il donna en mars 1830 son premier grand concert public où il remporta un grand succès. Il décida alors d'effectuer un long voyage d'étude et de perfectionnement à l'étranger. Le 2 novembre 1830, Chopin quitta Varsovie pour Vienne. Le 29 du même mois se déclencha l'insurrection polonaise. C'est lors de son voyage pour Paris, en juillet 1831, qu'il apprit l'écrasement de l'insurrection, la chute et le sac de Varsovie par les troupes russes. Arrivé à Paris en septembre 1831, Chopin rencontra beaucoup de sympathie pour la révolution polonaise. Il resta dès lors fixé à Paris, sauf pour quelques voyages, jusqu'à sa mort dix-huit ans plus tard. Il y connut un rapide succès auprès de l'aristocratie, parmi laquelle il rencontra l'élite cultivée à qui il donna des cours de piano. Lors de son premier concert à la salle Pleyel, en février 1832, il interpréta ses Variations sur un thème de Don Juan qui eut un grand succès. Dès lors, Chopin s'attacha particulièrement à composer. Suite page suivante … Quitter Sommaire

79 Le piano représentait pour Chopin le moyen d'expression musical par excellence. Ses Études, pourtant œuvres de jeunesse, sont la consécration de la révolution pianistique ébauchée par Beethoven et qu'acheva Chopin. Il s'attacha à donner une autonomie à chacun de ses doigts afin que chaque son conserve sa pleine indépendance. Il étudia de manière systématique l'univers sonore du clavier en utilisant tous ses registres. Le piano focalisa dès lors toutes les richesses orchestrales. Ainsi, les douze Études, ( opus 10 ), dédiées à Liszt, traduisent toutes les potentialités de l'instrument, mettant en exergue ses facultés hamoniques et polyphoniques. Chopin use avec fluidité du mouvement harmonique et donne à chacune de ses œuvres une couleur qui lui était propre. George Sand et la fin de sa vie En 1837, il fit la connaissance de George Sand avec qui il noua en 1838 une liaison qui durera neuf ans avant de s'achever, après plusieurs crises, en Pour tenter de rétablir sa santé défaillante, ils partirent à Majorque, aux îles Baléares, en hiver 1838, séjour durant lequel Chopin acheva ses vingt-quatre Préludes. De retour en France dès février 1839, Chopin et George Sand alternèrent les séjours à Paris l'hiver et à Nohant, chez George Sand, l'été. Pendant toute cette période, Chopin composa beaucoup, Nocturnes, Ballades, Polonaises, etc. Il effectua son dernier voyage à Londres, en février 1848, et est finalement emporté par la tuberculose le 17 octobre 1849, à Paris. Presque toutes les compositions de Chopin sont destinées au piano. Ses Mazurkas reflètent les rythmes et traits mélodiques de la musique folklorique polonaise, et ses Polonaises sont marquées par l'esprit héroïque. Ses Ballades, Scherzos et Études font partie de ses importantes œuvres pour piano solo. Sa musique de nature romantique et lyrique est caractérisée par une mélodie délicate et de grande originalité, une harmonie raffinée souvent audacieuse, un rythme subtil et une beauté poétique. Les nombreuses compositions publiées de Chopin comprennent cinquante-cinq Mazurkas, vingt-sept Études, vingt- quatre Préludes, dix-neuf Nocturnes, treize Polonaises et trois Sonates pour piano ainsi que ses deux Concertos pour piano en mi mineur et en fa mineur. Quitter Sommaire

80 Quitter Sommaire

81 CHOSTAKOVITCH Quitter Sommaire

82 Dmitri Dmitrievitch Chostakovitch, ( ), le plus grand compositeur russe du milieu du XXe siècle. Né à Saint-Pétersbourg, Dmitri Chostakovitch suivit de 1919 à 1925 les cours du conservatoire de Petrograd, dirigé par Alexandre Glazounov. La création de sa Symphonie n° 1 ( 1925 ), où se fait sentir l'influence de Prokofiev et de Rimski-Korsakov, lui apporta dès 1926 une reconnaissance internationale. Outre son engagement dans le courant esthétique de l'avant-garde révolutionnaire soviétique, Chostakovitch se disait influencé par les représentants de la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit) mouvement artistique né en Allemagne dans les années 1920 qui prôna la rupture avec la vision subjective du monde, en particulier par Paul Hindemith. Avec sa Symphonie n° 2, commandée en 1927 par l'État soviétique pour commémorer la révolution d'Octobre, Chostakovitch entama une carrière de compositeur officiel. Son parcours fut pourtant entaché par de multiples interventions de la censure qui sanctionnait l'indépendance musicale et parfois idéologique du compositeur. Le premier opéra de Chostakovitch, le Nez (1929), œuvre modelée selon les principes de l'expressionnisme et de l'atonalité de compositeurs occidentaux comme Paul Hindemith et Alban Berg, fut bien accueilli par les critiques et le public, mais censuré par le pouvoir communiste qui le jugea bourgeois et décadent. Son opéra suivant, Lady Macbeth de Mtsensk (1934), révisé sous le titre Katerina Ismaïlova en 1963, reçut également les faveurs du public et de la critique, mais les publications officielles soviétiques le condamnèrent comme une œuvre contre- révolutionnaire. Les attaques de ce type conduisirent le compositeur à choisir avec prudence ses principes esthétiques. En 1962, il dénonça directement le stalinisme dans sa Symphonie n° 13, utilisant des textes du poète Ievgueni Evtouchenko, mais il dut remanier son œuvre pour conserver le droit de composer.La Symphonie n° 5 (sous-titrée « Réponse d'un artiste soviétique à une juste critique », 1937) et la Symphonie n° 6 reçurent en revanche un accueil favorable ; sa 7e Symphonie (1942), dite « de Leningrad », composée lors du siège de Leningrad pendant la Seconde Guerre mondiale, fut un grand succès populaire. Chostakovitch mourut d'une attaque cardiaque à Moscou en Suite page suivante … Quitter Sommaire

83 Innovations stylistiques Le style de Chostakovitch se distingue particulièrement par la vitalité du rythme et la richesse mélodique. Optant tantôt pour l'atonalité, tantôt pour la polytonalité, le compositeur n'hésita pas, en particulier dans ses œuvres de jeunesse, à utiliser les musiques populaires russe et tsigane, le jazz, la satire musicale. Après avoir été accusé par les autorités de formalisme, Chostakovitch eut recours à des formes traditionnelles et à un style harmonique direct et plus simple, et finit par revenir à la tonalité tout en continuant à développer son exceptionnelle maîtrise technique de l'orchestre. Durant toute sa vie de créateur, Chostakovitch dut faire des concessions à l'académisme esthétique exigé de lui en cultivant simultanément son goût pour la modernité du langage musical. Les quinze quatuors à cordes de Chostakovitch ( ) sont reconnus pour leur caractère novateur. Parmi ses autres œuvres figurent six concertos (deux pour piano, deux pour violon et deux pour violoncelle), quinze symphonies, de la musique de ballet, des chansons et des musiques de film. Malgré l'utilisation de l'atonalité dans ses œuvres de jeunesse, la production de Chostakovitch peut être globalement considérée comme un apport important à la musique tonale, à une époque où ses contemporains les plus influents se tournaient vers le sérialisme ou le néoclassicisme. En témoignent ses symphonies, qui sont dans la droite ligne de Gustav Mahler, aussi bien dans la forme que dans le langage harmonique. Quitter Sommaire

84 Domenico Cimarosa, ( ), compositeur italien, connu pour ses opéras bouffes. Domenico Cimarosa est né à Aversa, près de Naples, où il étudia au conservatoire San Maria di Loreto. Son premier opéra, Le Stravaganze del Conte fut monté en 1772 à Naples. Il demeura fidèle à la veine pathétique et humoristique de l'opéra napolitain jusqu'en 1781, date à laquelle il présenta alors à Venise sa première œuvre d'importance, un opéra bouffe à l'intrigue sentimentale riche et complexe, Giannina et Bernadone. Le compositeur circula beaucoup entre Naples et Rome, écrivant et montant des opéras pour Gênes, Milan, Florence ou Turin : Ballerina amante (1782), Marito disperato (1785) ou l'Impresario in angustie (1786), à la veine comique et imprégné par la langue populaire. En 1787, il fut invité à Saint-Pétersbourg par l'impératrice Catherine II de Russie, et devint le compositeur de la cour. En 1791, de retour de Russie, Cimarosa fut nommé maître de chœur à Vienne, où il composa son chef-d'œuvre, l'opéra Il Matrimonio segreto (le Mariage secret, 1792), un modèle d'écriture dramatique et musicale. Il retourna à Naples en 1793 et se compromit politiquement en se rangeant aux côtés des Français lors de l'occupation de la ville à la fin du siècle. Emprisonné par les Italiens en 1800 puis exilé, il mourut durant le trajet qui devait le conduire à Saint-Pétersbourg. Domenico Cimarosa écrivit plus de 60 opéras, des musiques de messe, des cantates et des oratorios ; sa production instrumentale est également impressionnante avec notamment 38 sonates pour clavecin et 81 pour le pianoforte. Cependant, aujourd'hui, il doit sa célébrité à ses opéras comiques, caractérisés par une orchestration rapide et brillante. Quitter Sommaire

85 Marius Constant, (1925- ), compositeur et chef d'orchestre français d'origine roumaine. Né à Bucarest, Marius Constant émigra à Paris où il poursuivit ses études au conservatoire national. Élève de compositeurs prestigieux Arthur Honegger, Olivier Messiaen, Nadia Boulanger, il fut directeur musical de l'ORTF, directeur des Ballets de Paris de Roland Petit, puis responsable de la musique de ballet à l'Opéra de Paris jusqu'en Il fonda en 1963 l'ensemble Ars Nova, l'une des plus importantes formations dédiées à la musique contemporaine en France, et composa la musique de plusieurs ballets pour Roland Petit. Sans adopter la doctrine de la musique sérielle en vogue parmi ses contemporains, Marius Constant, compositeur prolifique, se passionna plutôt pour le timbre de l'instrumentation et les structures des pièces musicales ; intéressé par la musique aléatoire et l'improvisation, il a conduit plusieurs expériences entre musiciens contemporains et de jazz, notamment avec Martial Solal. Quitter Sommaire

86 CORELLI Quitter Sommaire

87 Arcangelo Corelli, ( ), compositeur et violoniste italien, dont le style de jeu servit de base à la technique du violon des XVIIIe et XIXe siècles, sa musique de chambre exerçant une grande influence sur ses successeurs. Né à Fusignano, il étudia à Bologne, puis s'installa à Rome à partir de Parmi ses protecteurs, il compta la reine Christine de Suède, qui avait trouvé refuge dans la Ville éternelle après son abjuration, puis, à partir de 1690, le cardinal Pietro Ottoboni, neveu du pape Alexandre VIII. Compositeur le plus édité avant l'arrivée de l'Autrichien Joseph Haydn, Corelli fut également le premier à acquérir une réputation internationale grâce à sa seule musique instrumentale, et l'un des précurseurs dans l'utilisation du système de tonalité majeure et mineure. Virtuose du violon, il fut le professeur d'illustres violonistes-compositeurs du XVIIIe siècle, parmi lesquels l'Italien Francesco Geminiani. Le catalogue de musique de chambre de Corelli comprend 4 volumes de sonates en trio ( op. 1-4 ), un volume de 12 sonates ( op. 5 ) pour violon solo et continuo dont la dernière inclut les célèbres variations sur la Follia, ainsi qu'un ensemble de 12 concertos ( op. 6 ), qui figurent parmi les premières formes de concerto grosso jamais publiées. Quitter Sommaire

88 COUPERIN Quitter Sommaire

89 François Couperin, ( ), une des plus importantes figures de la musique baroque française. Neveu de Louis Couperin, il naquit à Paris. Son père, Charles, qui avait succédé à Louis en tant qu'organiste à l'église Saint-Gervais de Paris (poste occupé par les membres de la famille Couperin jusqu'en 1826), mourut en François Couperin reçut la formation nécessaire pour prendre la succession, qu'il assura à l'âge de dix-sept ans et, quelques années plus tard, devint également organiste à la chapelle royale et musicien de la cour. Ses quatre Livres d'œuvres pour clavecin ( ), véritable monument à la gloire de la musique française pour clavier, ne manquèrent pas d'influencer Jean-Sébastien Bach. Ils contiennent des pièces courtes aux titres évocateurs, bâties sur des rythmes de danse variés, de caractère élégant, satirique ou profond. Son traité d'interprétation l'Art de toucher le clavecin ( ) est un document majeur comparable à celui de Carl Philipp Emanuel Bach (1753). Couperin introduisit en France la sonate en trio italienne, en apportant à ce genre une touche française dans le traitement à la fois de la mélodie et de l'ornementation. Parmi ses œuvres marquantes figurent le Parnasse ou l'Apothéose de Corelli (1724), le recueil les Nations (1726) ; les Concerts royaux (1714), les Nouveaux Concerts « les Goûts réunis » (1724) pour clavecin et instruments et le Concert instrumental « Apothéose de Monsieur de Lully » (1725) ; dans le domaine religieux, les trois Leçons de ténèbres (v ) pour voix solistes, orgue et instruments, les deux Messes d'orgue, composées en 1690, au début de sa carrière ; et des Pièces de viole (1728). Quitter Sommaire

90 Luigi Dallapiccola, ( ), compositeur italien qui introduisit dans son pays la musique sérielle et dont les compositions dune grande complexité sont marquées par lutilisation de divers langages musicaux et une conception humaniste du monde. Né à Pisino ( Istrie ), Luigi Dallapiccola sinstalla avec sa famille à Graz, en Autriche, où il découvrit les opéras de Mozart, de Weber et de Wagner. Il acquit sa formation musicale dabord à Trieste, puis à Florence, où il entra au conservatoire avant de devenir professeur de piano. Après la Seconde Guerre mondiale, il fit de nombreux séjours à létranger, notamment à New York et à Berkeley, en Californie. Au lieu de multiplier les écarts et les heurts rythmiques, comme le firent ses contemporains, Dallapiccola, dans des œuvres vocales, comme le Volo di Notte ( Vol de nuit, 1940 ), daprès Antoine de Saint-Exupéry, ou les Canti di Prigionia ( Chants de captivité, 1941 ), esquissa, avec les frottements des dissonances, une pulsation qui donne à lauditeur un sentiment de détachement où se mêlent linquiétude et lémerveillement. La musique de Luigi Dallapiccola se caractérise par une structure dramatique où des forces opposées saffrontent. En témoigne Il Prigioniero ( le Prisonnier, 1948 ), sa deuxième œuvre théâtrale, qui contient sous le thème modal du Dies Irae des séries dodécaphoniques introduites dans la mélodie plus que dans laccompagnement. Bien que le nom de Luigi Dallapiccola ait été associé aux recherches formelles de lécole sérielle, son œuvre, nourrie de littérature, est particulièrement appréciée pour la réponse esthétique quelle apporta aux sentiments nihilistes issus de la guerre. Quitter Sommaire

91 DEBUSSY Quitter Sommaire

92 Claude Debussy, ( ), compositeur français, un des principaux précurseurs de la musique du XXe siècle.Né à Saint-Germain-en-Laye, Debussy fut formé au Conservatoire de Paris, où il entra à l'âge de dix ans. Il voyagea à Florence, Venise, Vienne et Moscou en 1879, comme musicien particulier de Nadejda von Meck, protectrice du compositeur russe Piotr Tchaïkovski. Pendant son séjour en Russie, il se familiarisa avec la musique de compositeurs russes comme Tchaïkovski, Aleksandr Borodine, Mili Balakirev et surtout Modest Moussorgski. Debussy remporta le prestigieux Grand Prix de Rome en 1884 avec sa cantate l'Enfant prodigue. Il étudia ensuite à Rome pendant deux ans, continuant à soumettre régulièrement de nouvelles compositions au jury du Grand Prix. Parmi ces œuvres figurent la suite symphonique Printemps et la cantate la Demoiselle élue, d'après un poème de l'écrivain britannique Dante Gabriel Rossetti.Au cours des années 1890, Debussy gagna une certaine notoriété, notamment avec le Quatuor à cordes en sol mineur ( 1893 ) et le Prélude à l'après-midi d'un faune ( 1894 ), sa première partition orchestrale, inspirée par un poème de Stéphane Mallarmé, qui fit date.L'opéra Pelléas et Mélisande, d'après la pièce du même nom de Maurice Maeterlinck, créé en 1902, projeta Debussy dans la gloire. L'œuvre à nouveau fit date, car elle conservait et enrichissait le côté abstrait et quasi onirique de la pièce de Maeterlinck, et aussi par son traitement de la mélodie, reproduction fidèle du rythme de la parole dont elle représente une extension naturelle.Jusqu'en 1914, Debussy écrivit principalement pour le piano et pour l'orchestre. Pour le piano succédèrent Estampes ( 1903 ), l'Isle joyeuse ( 1904 ), Images ( deux séries, 1905 et 1907 ) et les deux livres de Préludes ( , ).Pour orchestre, les Trois Nocturnes ( 1879 ), le triptyque symphonique la Mer ( 1905 ), les trois volets d'Images : Gigues, Ibéria, Rondes de printemps ( ) et le ballet Jeux ( 1913 ). En 1909, Debussy apprit qu'il était atteint d'un cancer, maladie dont il mourut neuf ans plus tard. Ses dernières années furent essentiellement consacrées aux douze Etudes pour piano ( 1915 ) et aux trois sonates pour violoncelle et piano, pour flûte, alto et harpe et pour violon et piano ( ), dans lesquelles l'essence de son style est disséminée dans des structures presque néoclassiques. Suite page suivante … Quitter Sommaire

93 Le précurseur du style moderne Dans sa maturité, le style de Debussy fraya la voie à une grande partie de la musique moderne. Ses innovations furent d'ordre aussi bien harmonique que syntaxique et sonore. Il n'inventa pas la gamme par tons entiers, mais fut l'un des premiers à l'exploiter avec succès. Chez lui, les accords affaiblissent l'illusion d'une tonalité donnée au lieu de l'appuyer ; il les utilise pour leur couleur propre et leur effet, et non pour leur fonction dans une progression harmonique. C'est ce qui donne à sa musique un côté rêveur, qui lui a valu la qualification, fortement réductrice d'ailleurs, d'impressionniste, par analogie avec l'effet pictural obtenu par les peintres de l'école de ce nom. Debussy n'a pas lui-même créé une nouvelle école de composition : il haïssait les « debussystes » mais a libéré la musique des contraintes de l'harmonie et des formes traditionnelles, et aujourd'hui il est de ceux dans lesquels se reconnaissent des compositeurs comme Pierre Boulez. Quitter Sommaire

94 Léo Delibes, ( ), compositeur français né à Saint-Germain-du-Val, qui fit ses études musicales au Conservatoire de Paris et, de 1855 à 1869, écrivit des opérettes et des opéras-comiques pour la scène populaire française. En 1866, alors qu'il était chef de chœur assistant à l'Opéra de Paris, il établit sa réputation de compositeur de musique de ballet avec la Source, pour laquelle il avait collaboré avec le compositeur austro-russe Léon Minkus. Delibes composa le ballet Coppélia (1870), son chef-d'œuvre, et Sylvia (1876), ballet sur un thème mythologique. Il est également auteur de plusieurs opéras célèbres dont Lakmé (1883), qui est régulièrement donné. Ses œuvres comptent aussi un recueil de chansons (1872), avec notamment Bonjour, Suzon et Les filles de Cadiz. Quitter Sommaire

95 DINDY Quitter Sommaire

96 Vincent D'Indy, ( ), compositeur, pédagogue et écrivain français. Né à Paris, élève de César Franck au Conservatoire, admirateur de Richard Wagner, il se fit connaître avec la légende symphonique la Forêt chantante (1878) et la trilogie symphonique Wallenstein ( ), d'après Schiller. Originaire du Vivarais, il utilisa des chansons de cette province dans sa célèbre Symphonie cévenole (1886) et dans Jour d'été à la montagne (1906). Pour le théâtre, il composa notamment Fervaal (1897) et l'Étranger (1903). En 1890, il devint président de la Société nationale de musique, qu'il avait contribué à fonder en 1871 et, à partir de 1896, il enseigna la composition à la Schola Cantorum, qu'il avait fondée en 1894 avec Charles Bordes ( ) et Alexandre Guilmant ( ). Il y forma de nombreux élèves (en particulier, Erik Satie, Albert Roussel, Arthur Honegger). De son enseignement nous est resté son Cours de composition musicale (1903, 1909 et 1933) et de son amour de la musique germanique ses livres sur Beethoven (1911) et Wagner (1930). Il écrivit également un ouvrage sur Franck (1906), Rameau et Monteverdi. Après 1914, il se consacra surtout à la musique de chambre. Quitter Sommaire

97 Gaetano Donizetti, ( ), compositeur italien, l'un des plus grands auteurs d'opéras de son époque, dont l'œuvre la plus connue est Lucia di Lammermoor. Il composa 65 opéras seria et opéras bouffes et fut l'un des principaux représentants du bel canto. Né à Bergame, Gaetano Donizetti étudia le clavecin et la composition dans sa ville natale, puis le contrepoint au lycée musical de Bologne. Sa première œuvre mise en scène fut son quatrième opéra, Enrico di Borgogna (1818), suivi de Zoraide di Granata (1822), qui obtint un réel succès. Il ne devint réellement célèbre qu'avec son trente-troisième opéra, Anna Bolena, tragédie passionnelle inspirée de Vincenzo Bellini et représentée en Son œuvre la plus célèbre est l'opéra Lucia di Lammermoor (1835), composée d'après la Fiancée de Lammermoor de Walter Scott. Dans ce registre romantico-historique, Donizetti produisit des œuvres comme Torquato Tasso (1833), Lucrezia Borgia (1833) ou Marie Stuart (1834). Grâce au soutien du compositeur Gioacchino Rossini, Donizetti s'installa en 1838 à Paris, où il donna des opéras en français, comme la Fille du régiment (1839), la Favorite et les Martyrs (1840). Après un séjour à Vienne où il fut nommé compositeur impérial, il revint présenter à Paris les opéras Dom Sébastien et Don Pasquale en Le style musical de Donizetti, largement inspiré de celui de Rossini, mais également influencé par Bellini et Verdi, se caractérise par des mélodies brillantes et légères, écrites principalement pour des chanteurs et cantatrices virtuoses. Il écrivit également 28 cantates, de la musique instrumentale, dont 19 quatuors à cordes, et de la musique sacrée. Quitter Sommaire

98 John Dowland, ( ), luthiste, chanteur et compositeur anglais, l'un des plus grands musiciens de l'époque élisabéthaine, et l'un des plus importants compositeurs de chansons de la musique occidentale. Il voyagea en France et en Allemagne et, de 1598 à 1606, il fut luthiste à la cour du roi Christian IV de Danemark. En 1612, il fut nommé luthiste du roi Jacques Ier d'Angleterre, nomination qu'il attendait depuis longtemps. Il passa la fin de sa vie au service du monarque et de son successeur, Charles Ier. Ses chansons utilisent des textes d'une grande sensibilité, dont les accompagnements possèdent une certaine indépendance mélodique. Son First Book of Songs or Ayres ( 1597 ) fut le recueil le plus souvent réédité de son temps. La gamme descendante mélancolique qui débute sa chanson «Flow my tears» fut largement imitée à l'époque par d'autres compositeurs, devenant un motif immédiatement reconnaissable. Les chansons de Dowland ont exercé une influence déterminante sur l'établissement du genre de la chanson au sens moderne du terme. Quitter Sommaire

99 Guillaume Dufay, ( v ), compositeur français, l'un des premiers maîtres du contrepoint et de la polyphonie à quatre voix, il a contribué à l'établissement du langage harmonique symétrique des compositions de la Renaissance. Peut-être né à Cambrai, il y fut enfant de chœur, avant de partir pour l'Italie, d'abord à la cour des Malatesta, puis, entre 1428 et 1437, au sein de la chapelle pontificale. Devenu chanoine à la cathédrale de Cambrai en 1436, il n'y prit définitivement ses fonctions qu'à la fin des années 1440, après avoir séjourné à la cour de Savoie et, peut-être, à celle de Bourgogne. Il fit alors de Cambrai sa résidence permanente et un centre de rayonnement musical. Son œuvre comprend des magnificats, des messes, des motets ( environ 80 ) et des chansons ( environ 75 ) qui réalisent une formidable synthèse entre les influences française, italienne et anglaise. Le motet Nuper rosarum flores, écrit pour la consécration de la cathédrale de Florence, en 1436, adopte une structure directement liée aux proportions du tout nouveau dôme, dessiné par Brunelleschi. Dufay a été le premier compositeur à s'inspirer de mélodies profanes pour ses messes ( l'Homme armé, par exemple ), pratique qui allait devenir courante au cours du siècle suivant. Son influence a contribué à établir la prédominance d'une harmonie plus chaleureuse, fondée sur l'accord parfait, privilégiant les intervalles de tierce et de sixte ( tendance dérivée des compositeurs anglais de l'époque ) à la place des quartes et des quintes, beaucoup plus austères, en vigueur jusqu'alors. Quitter Sommaire

100 Paul Dukas, ( ), professeur, compositeur et critique musical français, influencé par Debussy et Wagner, auteur notamment de l'Apprenti sorcier et de plusieurs opéras. Élève au Conservatoire de Paris, il y fut nommé professeur de composition de 1910 à Sa réputation de compositeur s'est forgée à partir de deux œuvres majeures : l'Apprenti sorcier (1897), un magnifique scherzo symphonique inspiré d'une ballade du poète allemand Johann Wolfgang von Goethe, et Ariane et Barbe-Bleue (1907), l'un des plus grands opéras modernes français. Citons également l'ouverture le Roi Lear (1883), le ballet La Péri (1912) et le Sonnet de Ronsard (1924), pour piano et chant. Il eut pour élèves Olivier Messiaen et Maurice Duruflé. Il fut également critique musical à la revue hebdomadaire, la Gazette des Beaux-Arts et la Revue musicale. Il a par ailleurs participé à l'édition et à la révision des œuvres de Rameau. Quitter Sommaire

101 John Dunstable, ( v ), compositeur anglais du début de la Renaissance. Les données biographiques sont très limitées mais on pense qu'il serait entré au service du duc de Bedford avant 1427, ayant peut-être voyagé avec lui quand il était régent de France ( ), puis il travailla pour la reine Jeanne de Navarre ( ) et pour Henri, duc de Gloucester ( v ). Son épitaphe dit de lui qu'il était « prince de la musique, mathématicien et astronome ». Ce que l'on connaît de son œuvre est essentiellement constitué de musique sacrée pour trois ou quatre voix, notamment des motets, des mouvements de musique liturgique et peut-être deux des tout premiers cycles de messes dans lesquels chaque mouvement est construit sur le même matériel musical Rex seculorum et Da gaudiorum premia. La technique médiévale de l'isorythmie ( la superposition de structures rythmiques et mélodiques qui se répètent ) et le plain-chant furent des outils d'unification souvent employés par le compositeur. La musique de Dunstable incarne le style euphonique que Martin le Franc appelle la contenance angloise, tant louée par le théoricien Tinctoris. Egalement présent dans nombre des pièces du manuscrit de Old Hall ( source principale de sa musique ), notamment celles de son contemporain Leonel Power, ce style affectionne un mouvement parallèle en tierces et en sixtes, des mélodies sur des accords parfaits et des harmonies consonantes. Les œuvres de Dunstable eurent une renommée internationale et une influence profonde sur certains compositeurs du début de la Renaissance tels les Bourguignons Guillaume Dufay et Gilles Binchois. Quitter Sommaire

102 Maurice Duruflé, ( ), compositeur et organiste français. C'est à Rouen qu'il reçut sa formation musicale, en entrant pendant la Première Guerre mondiale à la maîtrise de la cathédrale. Il étudia le piano, l'orgue et la composition. En 1919, il gagna Paris où il suivit l'enseignement des organistes Tournemire et de Vierne. Premier prix d'orgue et de composition au conservatoire, il y reçut l'influence du compositeur Paul Dukas. Comme lui, Duruflé composa peu ( neuf œuvres au total ) et se consacra surtout à sa charge d'organiste de Saint-Étienne-du-Mont puis, à la mort de Vierne, de Notre-Dame de Paris. Sa grande virtuosité l'amena à donner des concerts dans le monde entier et à enseigner l'orgue et l'harmonie au Conservatoire de Paris jusqu'en Fortement marqué par l'œuvre de Fauré, de Ravel, de son professeur Paul Dukas ainsi que par la redécouverte du chant grégorien, il aimait par-dessus tout la composition pour orgue et orchestre. Parmi ses œuvres les plus célèbres, citons le Prélude, Adagio et Choral varié ( 1929 ) et le très beau Requiem ( 1947 ). Quitter Sommaire

103 Henri Dutilleux, (1916- ), compositeur français, l'un des plus grands musiciens du XXe siècle, dont l'œuvre est marquée à la fois par l'impressionnisme musical français et par l'atonalité viennoise. Né en 1916 à Angers, Henri Dutilleux fit ses études à Douai, puis entra en 1933 au conservatoire de Paris. Il obtint le grand prix de Rome en 1938, mais dut interrompre son séjour à la villa Médicis au début de la Seconde Guerre mondiale. Sa première œuvre d'importance, une Sarabande pour orchestre, fut jouée à Paris en 1941, suivie par la Geôle, pièce pour chant et orchestre sur un poème de Jean Cassou. Travaillant pour l'ORTF, Dutilleux composa à partir de 1945 pour le cinéma, la radio et la scène. Sa Sonate pour piano fut créée en 1948 et la Symphonie n° 1 en Sa Symphonie n° 2, dite le Double, qui organise une nouvelle répartition de l'orchestre, fut dirigée en 1959 à Boston par Charles Munch. En 1965, le violoncelliste Mstislav Rostropovitch lui commanda un concerto pour violoncelle et orchestre, intitulé Tout un monde lointain. Après avoir reçu le grand prix national de la musique en 1967, Dutilleux devint professeur de composition au conservatoire de Paris en 1970, tout en continuant à composer, notamment un Concerto pour violon (1985). Dutilleux, qui n'appartient à aucune école, s'est imposé comme l'une des grandes figures de la musique contemporaine. La musique revêt pour lui un caractère sacré et magique ; empreinte de poésie, elle exige une grande rigueur d'écriture. Passionné de Proust et de Baudelaire, Dutilleux a beaucoup travaillé sur le temps et le silence. Son langage atonal, particulièrement expressif, ne dédaigne pas la polytonalité et la polyrythmie. Parmi les autres œuvres majeures de Dutilleux figurent Interrogations musicales, Métaboles, le quatuor à cordes Ainsi la nuit composé en 1977 pour le quatuor Julliard, le concerto pour violon l'Arbre des songes (1985) dédié au violoniste Isaac Stern, Timbres, Espace, Mouvement, la Nuit étoilée (1978), œuvre orchestrale sans violon ni alto conçue d'après un tableau de Van Gogh, et Trois Strophes sur le nom de Sacher ( ). Quitter Sommaire

104 DVORAK Quitter Sommaire

105 Antonín Dvorák, ( ), compositeur tchèque, dont la musique a renouvelé le goût pour lexaltation romantique de la grandeur dâme. Né à Nelahozeves, un petit village proche de Prague, en Bohême, Antonín Dvorák apprit le violon et joua, dès son enfance, pour les clients de lauberge que tenait son père. Il étudia à lécole dorgue de Prague de 1857 à 1859, avant dintégrer, au pupitre dalto, lensemble de concert de Komzák puis lorchestre du Théâtre national de Prague, où il joua sous la direction de Franz Liszt, de Richard Wagner et de Bedrich Smetana. Dvorák connut son premier succès auprès du public tchèque lors de lexécution de la cantate Hymnus ( 1873 ), dont le livret et la musique flattaient les sentiments nationaux de ses contemporains. À partir de 1884, il se rendit régulièrement en Angleterre pour interpréter ses œuvres. De 1892 à 1895, il dirigea le Conservatoire national de musique à New York, puis il rentra en Bohême, où il devint en 1901 directeur du Conservatoire de Prague. Certaines œuvres de Dvorák ont acquis une grande célébrité. Sa Neuvième Symphonie, dite du « Nouveau Monde » ( 1893 ) est inscrite au répertoire de tous les grands orchestres symphoniques. Les Danses slaves ( 1878 et 1886 ) pour deux pianos, transcrites plus tard pour orchestre, le Quatuor en Fa, dit « Quatuor américain » ( 1893 ) et lHumoresque ( 1894 ) furent également bien reçus par le public ; les violoncellistes du monde entier intégrèrent dans leur programme son Concerto pour violoncelle en si mineur ( 1895 ). Cependant Dvorák composa de nombreuses œuvres qui sont restées dans lombre. Outre ses premières symphonies, des concertos, quintettes et quatuors, il consacra une part importante de sa vie à lécriture de plusieurs opéras, notamment Alfred ( 1870 ), Vanda ( 1875 ), le Jacobin ( ), Rusalka ( 1901 ) et Armide ( ). Suite page suivante … Quitter Sommaire

106 Le style de composition adopté par Dvorák explique lhétérogénéité de son œuvre. Ses plus belles réussites tiennent à un équilibre mystérieux et instable, quil a parfois su établir entre un thème et son contexte musical. Le Stabat Mater ( 1874 ) illustre cet art fragile qui sévertuait à donner une impression de grandeur. Une note un Fa dièse reprise sur quatre octaves par les instruments à vent introduit lœuvre, escalier à quatre marches immenses, que les cordes redescendent par un thème chromatique, répété et modulé par chaque pupitre de lorchestre. La suite est faite de vagues, ponctuée par les pizzicati ( pincements des cordes ) des violoncelles, sur lesquelles viennent se poser les voix. Leffet saisissant de ces premières mesures est dû à une étonnante ellipse musicale. Il y a là toute une fugue, suggérée depuis le thème réduit à une note jusquà la strette, cet enchaînement des phrases qui se superposent dans un accord final. Lart de Dvorák se manifeste davantage dans ce qui précède lexposition des thèmes que dans leur développement, souvent emphatique, voire monotone. Ses œuvres les plus achevées furent les Danses slaves ( 1878 et 1886 ), qui trouvèrent dans le folklore tchèque une matière quil transforma admirablement, et le Concerto pour violoncelle ( 1895 ), dont le lyrisme et la fougue tiennent en haleine lauditeur du début à la fin de lœuvre. Quitter Sommaire

107 Hanns Eisler, ( ), compositeur allemand, collaborateur du poète et dramaturge Bertolt Brecht. Né à Leipzig le 6 juillet 1898 il fut élevé à Vienne par ses parents autrichiens. De 1916 à 1918, il participa en tant que soldat à la Première Guerre mondiale puis retourna à Vienne où il travailla comme correcteur musical et étudia avec les compositeurs Arnold Schönberg et Anton Webern. En 1925, il partit à Berlin où, en 1926, il entra au parti communiste et collabora à partir de 1930 avec le poète et dramaturge Bertolt Brecht, composant de la musique vocale influencée par le jazz et de la musique d'accompagnement pour ses pièces Die Massnahme ( 1930 ) et Die Mutter ( 1931 ), et son film Kuhle Wampe ( 1931 ). Il s'opposa alors farouchement à la musique dodécaphonique et à Schönberg. Il quitta l'Allemagne en 1933 après l'accession au pouvoir du parti nazi. En 1937, il émigra aux États-Unis où il composa de la musique pour le film Hangmen Also Die ( 1942 ) de Fritz Lang, d'après un script de Brecht et la pièce de Brecht Galileo Galilei ( 1947 ). Il revint à Vienne en 1948 avant de partir pour Berlin ( dans la partie sous occupation soviétique ) en Il continua d'écrire de la musique pour le cinéma et le théâtre et mit en musique le poème de Brecht Auferstanden aus Ruinen qui devint l'hymne national de l'ex-République démocratique allemande. Johannes Faustus, créé en 1953, fut le seul opéra qu'il acheva; parmi ses autres œuvres figure un Deutsches Requiem ( 1937 ). Il mourut à Berlin le 6 septembre 1962 Quitter Sommaire

108 Quitter Sommaire

109 ELGAR Quitter Sommaire

110 Sir Edward Elgar, ( ), compositeur britannique influencé par la période pré-romantique. Elgar est né le 2 juin 1857, près de Worcester. Autodidacte, il apprit une partie de son métier dans le magasin de musique de son père en lisant partitions et traités, et lui succéda en 1885 comme organiste de l'église catholique Saint-George de Worcester. En 1889, il se maria et démissionna pour se consacrer à la composition. Par la suite, il vécut alternativement à Londres et dans les environs de Worcester. Son ouverture, Froissart, jouée en 1890, le fit connaître un peu, mais ce n'est qu'en 1899, lorsque le chef d'orchestre hongrois Hans Richter dirigea à Londres ses Variations sur un thème original qu'il parvint à la notoriété. Cette œuvre, mieux connue sous le nom d'Enigma Variations (« Variations énigmatiques »), parce que le thème central en est suggéré mais jamais ouvertement exposé, est l'une de ses plus populaires et de ses plus admirées. Le Rêve de Gérontius, d'après un poème de John Henry Newman, ecclésiastique anglais, et généralement considéré comme le chef-d'œuvre d'Elgar, assit définitivement sa réputation. L'œuvre d'Elgar, un exemple de la fin du romantisme dans lequel transparaît l'influence de Wagner et de Brahms, est remarquable pour son esprit, sa beauté lyrique et sa forme originale. Elgar a également écrit les cantates le Chevalier noir (1893) et Caractacus (1898), les oratorios les Apôtres (1903) et le Royaume (1906), un concerto pour violon (1910) et un autre pour violoncelle (1919), devenu ces dernières années son œuvre la plus populaire, et les cinq marches bien connues des Pompes et Circonstances ( , 1930). Ses œuvres pour orchestre regroupent l'ouverture de Cockaigne (1902), l'étude symphonique Falstaff (1913) et deux symphonies, l'une en la bémol (1908), avec laquelle sa réputation internationale se confirma, l'autre en mi bémol (1911). Au moment de sa mort, à Worcester, le 23 février 1934, il était en train de travailler à une troisième symphonie et à un opéra, The Spanish Lady Quitter Sommaire

111 ENESCO Quitter Sommaire

112 Georges Enesco, ( ), pianiste, violoniste, compositeur et chef d'orchestre roumain. Né à Liveni en Moldavie,(aujourd'hui Enescu), son nom s'écrit en roumain Enescu. Il commença l'apprentissage du violon, entra au Conservatoire de Vienne à sept ans et intégra le Conservatoire de Paris à treize ans. Ses professeurs furent les compositeurs français Jules Massenet et Gabriel Fauré. Il entreprit une tournée en Europe comme virtuose violoniste en En 1923, il fit ses débuts de chef d'orchestre à New York à la tête du Philadelphia Orchestra. Il dirigea le New York Philharmonic en Il fit une carrière de grand virtuose et de professeur et compta parmi ses élèves le violoniste Yehudi Menuhin. Après la Seconde Guerre mondiale, il s'installa à Paris. On dit de lui qu'il fut le plus grand violoniste roumain de son époque. Compositeur versatile, il composa dans tous les styles : romantique, néoclassique, atonal. Il doit sa renommée à des œuvres telles que les deux Rhapsodies roumaines, dans lesquelles il inclut des mélodies traditionnelles. Citons également la suite symphonique Poema Româna (1898), 3 symphonies, de la musique de chambre, et l'opéra Œdipe (1936). Quitter Sommaire

113 Manuel de Falla, ( ), compositeur espagnol du XXe siècle. Falla est né à Cadix le 23 novembre Dans son enfance, il fut initié au piano par sa mère et divers professeurs locaux. Il étudia ensuite la composition avec le célèbre musicologue et pédagogue Felipe Pedrell. De 1905 à 1907, Falla enseigna le piano à Madrid et, de 1907 à 1914, il étudia et travailla à Paris. Il vécut et composa essentiellement en Espagne de 1914 à Il quitta sa patrie après la guerre civile et s'installa en Argentine. Il mourut le 14 novembre 1946 à Buenos Aires. Sous l'influence de Pedrell, qui prônait le retour aux sources folkloriques et traditionnelles de la musique, Falla développa un style national qui est devenu caractéristique de ses compositions. À vrai dire, il utilisait non pas les chansons traditionnelles elles-mêmes, mais puisait ses thèmes dans le folklore. Il subit aussi l'influence de l'esthétique impressionniste par l'intermédiaire des compositeurs français Claude Debussy et Maurice Ravel, qu'il rencontra à Paris. Falla fut l'un des meneurs de la révolte contre l'influence allemande et italienne dans l'opéra espagnol et lutta pour créer un orchestre de chambre à Séville, l'Orchestre bétique. Parmi ses compositions, citons Noches en los jardines de España (Nuits dans les jardins d'Espagne, ), pour orchestre et piano, l'opéra La vida breve (la Vie brève, 1905), les ballets El amor brujo (l'Amour sorcier, 1915) et El sombrero de tres picos (Tricorne, 1919), l'opéra pour marionnettes et chanteurs, El retablo de Maese Pedro (les Tréteaux de Maître Pierre, 1924), le concerto pour clavecin ( ) et de la musique pour guitare. Quitter Sommaire

114 FAURE Quitter Sommaire

115 Gabriel Fauré, ( ), compositeur et organiste français, auteur notamment de quatuors et dun Requiem dinspiration contemplative, dont la musique se distingua des tendances de son temps. Né à Pamiers, Gabriel Fauré fit ses études musicales à lécole Niedermeyer, où il fut lélève de Camille Saint- Saëns. De 1866 à 1905, il fut lorganiste de plusieurs églises, notamment de Saint-Sulpice et de la Madeleine. En 1896, il devint professeur de composition au Conservatoire de Paris, avant de le diriger de 1905 à Parmi ses élèves figuraient Nadia Boulanger, Maurice Ravel et le compositeur roumain Georges Enesco. Avec Saint-Saëns, Fauré aida à maintenir les valeurs musicales françaises en fondant la Société nationale de musique française, qui se donnait pour but de « faire connaître les œuvres […] des compositeurs français », par réaction aux excès flamboyants de la musique romantique allemande de Wagner. Si les premières œuvres de Fauré, notamment ses recueils de mélodies, gardaient les traits des compositeurs romantiques, laccompagnement en arpèges à la manière de Schumann, et de nombreuses références à Chopin, Fauré révéla cependant, dès le Cantique de Jean Racine (1865), lobjet de sa quête musicale. La mélodie, construite sur les notes stables de la tonalité de ré bémol, va de la médiante (troisième degré de la gamme) à la dominante (cinquième degré), puis de celle-ci à loctave, avant de redescendre sur la tonique. Simplement animé par une pulsation des cordes, qui se balancent doucement de la dominante à loctave, le cantique sélève progressivement, avant de retrouver la paix du dernier accord. Toute lœuvre de Fauré est ainsi tournée vers le mouvement de la grâce. Suite page suivante … Quitter Sommaire

116 École française Fauré a écrit près de cent mélodies, dont la Bonne Chanson (1892), tirée dun poème de Verlaine, et lHorizon chimérique (1922). Ces chants, accompagnés par le piano, se distinguent des lieder du romantisme allemand, par leur aspect feutré et leur caractère évocateur en demi-teinte. Lécriture harmonique elle-même semble toujours retenue par la pudeur des sentiments ; les modulations (passage dune tonalité à une autre) sont souvent arrêtées par des jeux denharmonies (noms différents donnés à un même son, exemple : do dièse et ré bémol), qui donnent limpression dinterrompre une phrase et den faire lellipse.Le style développé par Fauré, qui devint celui de lécole française, se retrouve dans ses nombreuses compositions pour piano : les 4 Valses caprices, les 6 Impromptus, les 13 Nocturnes, les 13 Barcarolles, les 9 Préludes, la Ballade et la Fantaisie, et sa musique de chambre, principalement ses trios et quatuors, dune grande richesse musicale. Son Requiem (1887) est une œuvre sereine et forte, dune mélodie claire et très pure. Fauré composa aussi des musiques de scène parmi lesquelles Pelléas et Mélisande (1898), Masques et Bergamasques (1920), et deux tragédies lyriques, Prométhée (1900) et Pénélope (1913).Associé à Claude Debussy dans le renouveau de la musique française, Gabriel Fauré fut à lorigine dune nouvelle sensibilité musicale à la transition du XIXe et du XXe siècle. Quitter Sommaire

117 Morton Feldman, ( ), compositeur américain de musique contemporaine de caractère extrêmement statique. Morton Feldman est né à New York où il passa la plus grande partie de sa vie jusqu'à ce qu'il accepte un poste d'enseignant à l'université de New York à Buffalo en Elève de Wallingford Riegger et de Stefan Wolpe, sa musique se distingue par son style expérimental, instinctif, en partie influencé par sa longue fréquentation d'autres compositeurs d'avant-garde comme John Cage, Earle Brown et Christian Wolff et des peintres Jackson Pollock, Robert Rauschenberg et Mark Rothko. Plusieurs de ses œuvres furent directement influencées par l'art visuel, soit dans leur thème, soit dans le procédé de notation graphique. Atlantis ( 1958 ) et Out of Last Pieces ( 1960 ) sont deux œuvres orchestrales écrites en notation graphique qui exigent des interprètes un certain degré d'improvisation; Rothko Chapel ( 1971 ) est une œuvre pour alto, ensemble et voix, inspirée par des peintures de Mark Rothko, où il revint à la notation traditionnelle. Vers la fin de sa vie, Morton Feldman s'intéressa plus particulièrement à la nature du temps et des proportions dans la musique, et ses compositions devinrent beaucoup plus longues. For Philip Guston ( 1984 ) pour formation de chambre dure quatre heures; l'exécution du Quatuor à cordes II ( 1983 ) peut durer jusqu'à cinq heures et demie. La musique de Morton Feldman se caractérise par son goût prononcé pour des sonorités extrêmement tranquilles, isolées, alternant avec plusieurs secondes de silence soigneusement agencées. Quitter Sommaire

118 Brian Ferneyhough, ( ), l'un des principaux compositeurs britanniques contemporains. Sa première expérience de la musique fut le monde de la fanfare. Il découvrit les œuvres de Webern, de Stockhausen et de Boulez alors qu'il était à l'École de musique de Birmingham ( ) et étudia la composition à l'Académie royale de musique avec sir Lennox Berkeley ( ). Assistant au festival Gaudeamus Week à Bilthoven, aux Pays-Bas, il y rencontra ses deux futurs professeurs. Il rejoignit la classe du premier, Ton de Leeuw, à Amsterdam ( 1968 ), puis celle du second, Klaus Huber, à Bâle ( ). Compositeur actif depuis le début des années 1970, il a enseigné à Fribourg ( ), lors des classes d'été de Darmstadt ( depuis 1976 ), au Conservatoire de La Haye ( ) et à l'université de Californie de San Diego depuis Il a eu une grande influence sur les compositeurs britanniques James Dillon, Michael Finnissy, Chris Dench et Richard Barrett. Très respecté et très joué sur le continent européen, il n'est vraiment reconnu au Royaume-Uni que depuis une rétrospective donnée au Festival de Huddersfield en La production musicale de Ferneyhough a évolué à partir d'un dodécaphonisme intégral et combine des détails superficiels redoutables, une virtuosité à la limite de l'injouable et, en toile de fond, un sens du drame très expressif. Elle est dominée par les quatre quatuors à cordes ( 1967, 1980, 1987, 1990 ), les trois études Time and Motion Studies ( ) et les sept œuvres qui constituent les Carceri d'Invenzione ( «Prisons d'invention», ), inspirées par Piranèse. Quitter Sommaire

119 Girolamo Frescobaldi, ( ), claveciniste, organiste et compositeur italien qui marqua le développement de la musique baroque. Né à Ferrare, Girolamo Frescobaldi étudia la musique avec son père et avec lorganiste Luzzasco Luzzaschi. En 1604, il sinstalla à Rome, où il fut nommé organiste de lacadémie Sainte-Cécile puis, en 1607, de la cathédrale Santa Maria in Trastevere. Son Premier Livre de madrigaux à cinq voix (1608) fut publié à Anvers, où il accompagna le cardinal Bentivoglio, son protecteur. En 1608, Frescobaldi devint maître de chapelle de la basilique Saint-Pierre de Rome, titre quil garda jusquà la fin de sa vie. Grâce à ses voyages à Bruxelles, en 1607, à Mantoue, en 1615, et à Florence, où il séjourna de 1628 à 1634, il se rendit célèbre dans toute lEurope à la fois comme organiste et comme compositeur de musique instrumentale. Lœuvre de Frescobaldi représente une étape importante entre les formes strictes de la musique de la Renaissance et la musique baroque, osant des chromatismes et des dissonances, usant de variations et adoptant souvent la forme de la fugue. Ses pièces instrumentales intitulées Fantasie a quattro se caractérisent par une grande richesse rythmique et révèlent le goût du compositeur pour le contrepoint. Lessentiel de sa musique vocale est contenue dans les Arie musicale (1630) pour une à trois voix accompagnées de clavecin ou de théorbe. Son abondante production instrumentale fut publiée en plus de douze volumes, qui contiennent notamment deux livres de Toccate (1615, 1627), Canzoni alla francese (1645), ainsi que des fantaisies, ricercari et autres formes de musique pour clavier. Son œuvre la plus célèbre, Fiori musicali (1635), influença notamment les compositeurs Dietrich Buxtehude et Jean-Sébastien Bach. Quitter Sommaire

120 Giovanni Gabrieli, ( v ), important compositeur vénitien de la fin de la Renaissance. Il étudia la musique avec son oncle, Andrea Gabrieli, et travailla à Munich ( ) avec le compositeur wallon Roland de Lassus. À partir de 1585, il fut organiste à la basilique Saint-Marc de Venise. Ses multiples ensembles de solistes, choristes et instruments, avec leurs combinaisons et leurs tonalités variées, aidèrent à établir le principe du contraste qui imprégna la musique des XVIIe et XVIIIe siècles. Son traitement de l'harmonie annonçait également l'usage qui allait en être fait au baroque. Sa Sonata pian'e forte ( 1597, dans Sacrae Symphoniae, vol. I ) fut parmi les premières œuvres imprimées à spécifier l'intensité et l'instrumentation. Gabrieli était célèbre aussi pour ses motets et sa musique d'orgue. Son élève le plus célèbre fut le compositeur allemand Heinrich Schütz. Quitter Sommaire

121 Francesco Geminiani, ( ), compositeur italien, parmi les meilleurs violonistes de son époque. Né à Lucques, il étudia avec le compositeur violoniste italien Arcangelo Corelli et, en 1714, s'installa en Angleterre, où il fit une brillante carrière de violoniste. Parmi ses compositions les plus connues figurent ses concerti grossi, opus 2 et opus 3. Au travers de son enseignement, il a transmis la technique et le style de Corelli aux générations suivantes. C'est à lui qu'on attribue The Art of Playing on the Violin, traité inestimable sur la manière de jouer du violon, dont la première édition date de 1730 et qui présente de nos jours un intérêt considérable pour la connaissance des techniques de jeu du XVIIIe siècle. Quitter Sommaire

122 GERSHWIN Quitter Sommaire

123 George Gershwin, ( ), compositeur américain, dont les comédies musicales et les chansons populaires figurent parmi les plus achevées du genre. Ses compositions pour le théâtre musical puisent dans le langage du jazz et de la musique populaire. Gershwin est né à Brooklyn ( New York ), où il étudia avec les compositeurs américains Rubin Goldmark, Henry Cowell et Wallingford Riegger, ainsi qu'avec le compositeur et théoricien d'origine russe Joseph Schillinger. Gershwin débuta à l'âge de seize ans comme pianiste, assurant la promotion de chansons pour une maison d'édition américaine, mais c'est sa chanson intitulée Swanee ( 1918 ) qui le rendit célèbre dans la Tin Pan Alley (nom donné au quartier de New York où étaient situés les éditeurs de musique). Les paroles de presque toutes ses chansons sont dues à son frère Ira Gershwin, avec qui il collabora pour plusieurs spectacles et comédies musicales dont George White's Scandals ( ), Lady Be Good ( 1924 ), Funny Face ( 1927 ) et la satire politique Of Thee I Sing ( 1931 ), la première comédie musicale à remporter le prix Pulitzer. Les chansons de Gershwin qui révèlent un génie harmonique peu commun furent les premières à intégrer les rythmes et les formules mélodiques du jazz. Les plus connues sont The Man I Love, I Got Rhythm et Someone to Watch Over Me. C'est à la demande du chef d'orchestre Paul Whiteman que Gershwin composa la Rhapsody in Blue ( 1924 ) pour piano et orchestre de jazz, qui fut ensuite orchestrée par le compositeur américain Ferde Grofé. Cette pièce influença profondément l'utilisation du langage du jazz par les compositeurs européens et américains. Les autres œuvres de concert de Gershwin comptent notamment le Concerto pour piano en Fa ( 1925 ), le poème symphonique An American in Paris ( 1928 ), la Second Rhapsody ( 1931 ) pour piano et orchestre et l'opéra Porgy and Bess ( 1935 ). Inspiré d'un roman de l'écrivain américain DuBose Heyward, Porgy and Bess, qui intègre à la fois le langage de la musique folk noire, du jazz, de la Tin Pan Alley et de la musique classique européenne, est une composition unique en son genre. Quitter Sommaire

124 Carlo Gesualdo, (v ), luthiste et compositeur italien célèbre pour les harmonies chromatiques hardies de ses madrigaux. À la mort de son père, en 1586, il hérita de la principauté de Venosa. Après avoir fait assassiner sa femme, son amant et leur enfant en 1590, il quitta sa Naples natale pour le nord de l'Italie. En 1594, il épousa Éleonore d'Este et s'installa à la cour de Ferrare. À la mort du duc Alfonso II d'Este en 1597, qui marqua la fin de l'aura culturelle de Ferrare, Gesualdo retourna à Naples. Sur ses six volumes de madrigaux à cinq voix, les deux derniers sont particulièrement révélateurs d'un style harmonique original dégageant une forte puissance émotionnelle par le biais du recours aux dissonances et aux brusques changements de rythme. Quitter Sommaire

125 Orlando Gibbons, ( ), compositeur anglais de la fin de la Renaissance, un des plus importants représentants de la musique élisabéthaine. Né à Oxford, il devint successivement organiste de la chapelle royale en 1604, virginaliste à la cour en 1619 et organiste à Westminster Abbey en Les motets de Gibbons sont parmi les plus belles pièces de la musique sacrée anglicane. Parmi ses motets pour chœur seul, on peut citer Hosanna to the Son of David et O Clap Your Hands et parmi ceux pour chœur et solo de voix, This is the Record of John et Behold Thou Hast Made My Days. Parmi ses madrigaux, on trouve l'émouvant The Silver Swan et le sombre What Is Our Life Il écrivit pour le virginal des danses stylisées, comme la pavane, Lord Salisbury, des fantaisies contrapuntiques et des variations sur des thèmes populaires. C'était un musicien conservateur pour l'époque, ses madrigaux eux-mêmes possédant une texture contrapuntique austère rappellent les techniques de composition les plus strictes de la musique d'église. On lui doit de nombreuses chansons pour petit ensemble, dans lesquelles une voix et quatre violes jouent à parts égales afin d'obtenir une texture comportant cinq interventions équilibrées plutôt qu'un solo accompagné. Quitter Sommaire

126 Alexandre Konstantinovitch Glazounov, ( ), compositeur russe né à Saint-Pétersbourg, le dernier compositeur important de l'École nationale russe fondée par Mikhaïl Glinka. Glazounov suivit les cours du célèbre compositeur russe Nikolaï Rimski-Korsakov. Son œuvre porte les empreintes du compositeur hongrois Franz Liszt et du compositeur allemand Richard Wagner. En 1889, il acheva avec Rimski-Korsakov l'opéra le Prince Igor, qui avait été laissé inachevé par le compositeur russe Alexandre Borodine, mort en Glazounov enseigna au Conservatoire de Saint-Pétersbourg entre 1900 et 1906, avant de le diriger de 1906 à Il quitta l'Union soviétique en 1928 et, outre un séjour aux États-Unis, vécut par la suite à Paris. Parmi ses compositions figurent huit symphonies, les poèmes symphoniques Stenka Razine et le Kremlin (1892), les ballets Raymonda (1898) et les Saisons (1901), le concerto pour violon op. 82 (1904), de la musique de chambre, des pièces pour piano et des œuvres lyriques. Quitter Sommaire

127 GLINKA Quitter Sommaire

128 Mikhaïl Ivanovitch Glinka, ( ), compositeur russe né à Novospasskoïe et formé à Saint- Pétersbourg. Glinka étudia avec différents professeurs en Russie, en Italie et en Allemagne. Jusqu'en 1835, ses compositions comprirent essentiellement des chansons. Son opéra la Vie pour le tsar ( 1836 ), dont le thème et la musique sont issus des chants et contes populaires russes, a été le premier opéra russe de caractère national. La musique de son deuxième opéra, Russlan et Lioudmila ( 1842 ), d'après un poème de l'écrivain russe Alexandre Pouchkine, est également largement inspirée de la musique traditionnelle russe. Glinka s'est imposé comme le fondateur de l'école nationale russe de musique, mouvement poursuivi par des compositeurs comme Alexandre Borodine, Modeste Moussorgski et Nikolaï Rimski-Korsakov. Glinka s'est également intéressé à la musique populaire et à la danse en Espagne, où il vécut de 1845 à 1847, et dont s'inspirent les ouvertures Jota Aragonesa et Une nuit d'été à Madrid ( 1851 ). Ses autres œuvres incluent la fantaisie pour orchestre Kamarinskaïa ( 1848 ), de la musique de chambre, des pièces pour piano et des mélodies. Quitter Sommaire

129 GLUCK Quitter Sommaire

130 Christoph Willibald von Gluck, ( ), compositeur allemand en rupture avec le style italien et français de l'art lyrique qui inaugura une réforme profonde de l'opéraNé à Erasbach ( Haut-Palatinat ), Gluck était le fils d'un garde forestier. Il étudia la musique au collège jésuite de Komotau ( aujourd'hui en République tchèque ), ainsi qu'à Prague où, dès 1732, il gagnait sa vie en tant que violoniste et violoncelliste de divers orchestres animant des bals populaires. Après avoir servi dans l'orchestre de musique de chambre du prince Lobkowitz à Vienne en 1736, il se rendit à Milan, auprès du compositeur italien Giovanni Battista Sammartini ( ), grand maître du style galant, qui lui enseigna pendant quatre ans la technique de composition. Le premier opéra de Gluck, Artaserse, fut créé à la Scala de Milan en Pendant les neuf années suivantes, il composa et créa seize opéras dans diverses villes d'Europe, notamment à Londres où il rencontra Georg Friedrich Haendel pendant son séjour de 1745 à Parmi ces œuvres figuraient la Sofonisba ( 1744 ) et Artamene ( 1746 ). En 1750, il s'installa à Vienne, qu'il ne quitta par la suite que pour de brefs séjours à Naples et à Rome. Nommé en 1754 maître de chapelle de la cour de l'impératrice Marie-Thérèse, Gluck composa La clemenza di Tito ( la Clémence de Titus, 1752 ) et Antigono ( 1756 ). Arrivé à Paris en 1774 pour présenter les versions françaises d'Orfeo et d'Alceste, il y resta cinq ans. Mais en dépit de la protection que lui assura Marie-Antoinette, à qui il enseignait le chant et le clavecin, Gluck fit l'objet de querelles théoriques et d'intrigues incessantes. Paralysé à la suite d'attaques d'apoplexie, il retourna à Vienne en 1779 où il mourut huit ans après. Suite page suivante … Quitter Sommaire

131 Œuvre Jusqu'en 1762, Gluck composa dans le style alors en vigueur en Italie, caractérisé par une musique surtout destinée à donner aux chanteurs virtuoses l'occasion de démontrer leur talent. Toutefois, de plus en plus lassé des conventions de l'opéra italien, de son clinquant superficiel et de sa lourde ornementation mélodique, Gluck se décida à réformer l'art lyrique de son temps. Le nouveau style qu'il développa visait à rétablir l'objectif initial de l'opéra : exprimer par la musique l'émotion portée par les mots, en veillant à l'unité dramatique par la suppression de la frontière entre le récitatif et l'aria ainsi que par l'absence de changements de scène trop fréquents. C'est dans cette optique qu'il travailla avec le grand réformateur du ballet classique Jean-Georges Noverre. Vers 1760 débuta une collaboration avec le poète italien Ranieri di Calzabigi, qui écrivit pour Gluck un livret servant admirablement les théories du compositeur sur l'équilibre entre les mots et la musique. Cette association aboutit à Orfeo ed Euridice, opéra qui surpassait en grandeur, en inspiration, en qualité dramatique et en naturel tout ce qui avait été écrit auparavant. Créé à Vienne en 1762, il connut un immense succès. Parmi les autres grands opéras de Gluck composés selon les principes de la réforme de l'opéra dont il fut l'initiateur figurent Alceste ( 1767 ) et Paride ed Elena ( Pâris et Hélène, 1770 ), sur des textes de Calzabigi ; Iphigénie en Aulide ( 1774 ) et Armide ( 1777 ). Les réformes introduites par Gluck dans l'art lyrique rencontrèrent une violente opposition particulièrement à Paris où, de 1774 à 1781, une polémique virulente s'engagea entre les partisans de Gluck et les défenseurs de l'opéra italien et du compositeur napolitain Niccolò Piccinni. Le directeur de l'Opéra de Paris avait commandé aux deux rivaux un opéra sur le même texte, Iphigénie en Tauride. La version de Gluck se révéla être un chef-d'œuvre. Créée à Paris en 1779, elle rencontra un succès retentissant, tandis que la version de Piccinni, créée en 1781, fut considérée comme inférieure. Les réformes de Gluck ont fortement marqué l'histoire de l'opéra. Les principes qu'il a défendus ont influencé l'œuvre de nombreux compositeurs, dont Wolfgang Amadeus Mozart, Luigi Cherubini, Ludwig van Beethoven et Richard Wagner. Quitter Sommaire

132 François Joseph Gossec, ( ) compositeur français, républicain, créateur de la symphonie et introducteur de l'œuvre de Haydn en France. Né à Vergnies, actuellement dans le Hainaut belge, il étudia à Anvers, puis se rendit à Paris (1751), où Rameau le fit entrer comme chef d'orchestre au service du fermier général La Pouplinière. Son premier grand succès fut sa Messe des morts (1760). Engagé par les princes de Condé et de Conti, il écrivit pour la scène, mais fut surtout un des créateurs de la symphonie en France. Fondateur du Concert des amateurs (1770), il y dirigea pour la première fois en France, une symphonie de Haydn (1773). De 1773 à 1777, il fut codirecteur du Concert spirituel puis directeur associé de l'opéra de Paris ( ). Républicain convaincu, il composa pour les fêtes et cérémonies révolutionnaires de nombreuses pages de circonstance (Offrande à la liberté, Le Triomphe de la République, Marche lugubre, Hymne à l'Être suprême) et participa en 1795 à la fondation du Conservatoire. Il acheva en 1809 une grande symphonie « à dix-sept parties », puis cessa toute activité à partir de Ses quatuors à cordes sont à l'origine de la musique de chambre française. Quitter Sommaire

133 GOUNOD Quitter Sommaire

134 Charles Gounod, ( ), compositeur français d'opéras, notamment du célèbre Faust, qui donna également des œuvres majeures dans le domaine de la musique sacrée. Né à Saint-Cloud, Charles Gounod fut élevé par une mère musicienne et passa son baccalauréat de philosophie tout en étudiant la musique avec Antonin Reicha. Il entra au conservatoire de Paris, où il fut l'élève de Jacques Halévy, Jean-François Lesueur et François Paer. Gounod obtint le second prix de Rome en 1837, puis le grand prix en En Italie, où il demeura deux ans, il explora la musique religieuse ancienne, en particulier la tradition polyphonique romaine et les œuvres de Giovanni Palestrina qui l'influencèrent profondément. Il étudia également les compositions de Mozart, Lully, Gluck et Rossini. Il se lia au peintre Ingres et fit la rencontre du mystique Lacordaire, dont la pensée lui inspira ses premières œuvres religieuses : Hymne, Requiem (1842), Te Deum et deux Messes brèves. Avant de rentrer à Paris, Gounod passa par l'Autriche, où il découvrit la musique de Bach et dirigea lui-même deux de ses œuvres à Vienne. De retour à Paris, il fut nommé organiste et maître de chapelle aux missions étrangères en Sombrant dans le mysticisme, Gounod entreprit des études de théologie, mais renonça à entrer dans les ordres. Sa rencontre avec la cantatrice Pauline Viardot lui inspira son premier opéra, Sapho (1851). Poursuivant ses compositions pour le théâtre, il écrivit la Nonne sanglante (1854) puis le Médecin malgré lui (1858), d'après Molière. Durant ces années, son succès ne cessa de s'amplifier et sa musique s'épanouit avec l'Ange et Tobie (1854) et ses deux symphonies (1855 et 1856). Suite page suivante … Quitter Sommaire

135 Œuvres de maturité Après une nouvelle crise mystique qui fut à l'origine de son internement en 1857, Gounod triompha avec son Faust (1859), adaptation intimiste de l'œuvre de Goethe, qui est considérée comme son chef-d'œuvre. Parmi ses autres opéras figurent également Philémon et Baucis (1860), Mireille (1864) et Roméo et Juliette (1867), son dernier succès. Dans ses dernières années, il se consacra à la musique sacrée, avec notamment la Messe solennelle de sainte Cécile (1855), la Messe des Orphéonistes (1870), de nombreux motets dont Gallia, pour soprano, orchestre et orgue (1871), des oratorios comme Jésus sur le lac de Tibériade (1878) et deux trilogies sacrées, la Rédemption (1882) et Mors et vita (1885). Son Ave Maria (1852), également intitulé Méditations sur le premier prélude de Bach, pour violon, piano et orgue, est inspiré du Clavecin bien tempéré de Jean-Sébastien Bach. Entre autres œuvres de musique symphonique et de chambre, Gounod a composé de nombreuses mélodies pour chant et piano, une Suite concertante pour piano et orchestre (1888) et une Petite Symphonie (1885). Il a également écrit plusieurs livres : Autobiographie (1875), le Don Juan de Mozart (1890) et Mémoires d'un artiste (1896). Le compositeur subtil a su mêler des formes nouvelles dans la musique française aux harmonies et modes anciens, et influença des compositeurs comme Georges Bizet et Jules Massenet. Quitter Sommaire

136 Quitter Sommaire

137 Enrique Granados, ( ), compositeur et pianiste espagnol, célèbre pour ses pièces pour piano évocatives. Né à Lleida, en Catalogne, il étudia à Barcelone avec Felipe Pedrell, le père du nationalisme musical en Espagne. Il vécut à Barcelone à partir de 1889 et partagea son temps entre les récitals et l'enseignement de la musique. Ses deux suites pour piano, Goyescas (1912, 1914), inspirées de l'œuvre du peintre du début du XIXe siècle Francisco Goya, triomphèrent à Paris en Certains thèmes de ses suites pour piano furent réutilisés pour un opéra, ayant aussi pour titre Goyescas (1916), et comprenant le célèbre Intermezzo pour orchestre. Citons également les 12 Danzas españolas pour piano. Il périt le 24 mars 1916, à bord du Sussex, torpillé par un sous-marin allemand alors qu'il revenait de la création de son opéra Goyescas à New York. Quitter Sommaire

138 GRIEG Quitter Sommaire

139 Edvard Hagerup Grieg, ( ), figure éminente de la composition musicale de la Norvège du XIXe siècle. Né à Bergen le 15 juin 1843, il étudia au Conservatoire de Leipzig après les cours que lui avait dispensés sa propre mère, une pianiste professionnelle de talent. Grieg fut encouragé à écrire de la musique par le compositeur danois Niels Gade ; son intérêt pour la musique folklorique norvégienne fut suscité par le compositeur norvégien Rikard Nordraak. De 1866 à 1876, Grieg vécut à Christiania ( aujourd'hui Oslo ), où il enseigna la musique et devint chef d'orchestre de la Philharmonic Society. En 1867, il épousa sa cousine, Nina Hagerup, éminente soprano. Grieg, partisan d'une école de musique s'appuyant sur la musique folklorique norvégienne, se heurta à l'opposition de musiciens et de critiques conservateurs ; de ce fait, ses propres œuvres eurent du mal à connaître une notoriété. Le premier musicien d'envergure internationale à encourager son œuvre fut le compositeur hongrois Franz Liszt. En 1874, le gouvernement norvégien accorda à Grieg une bourse annuelle qui lui permit de consacrer tout son temps à la composition. Il devint mondialement célèbre pour sa musique de théâtre révélée à travers le drame poétique Peer Gynt ( 1875 ) d'Henrik Ibsen. En 1877, Grieg s'installa dans un studio isolé, à Lofthus, et en 1885 construisit la villa Troldhaugen près de Bergen, où il passa le reste de ses jours. Il mourut le 4 septembre Bien que la musique de Grieg ait été fortement influencée par celle des compositeurs romantiques allemands, en particulier Robert Schumann, mais également par les œuvres du compositeur franco-polonais Frédéric Chopin, Grieg créa ses mélodies dans le style de la musique folklorique norvégienne et devint un maître du style harmonique qui eut le pouvoir d'évoquer l'atmosphère de son pays natal. Parmi ses compositions figurent Heart Wounds et The Last Spring ( inspiré par un poème norvégien ) et la suite Holberg, toutes deux pour orchestre à cordes ; andsighting et Olaf Trygvason, toutes deux pour chœur et orchestre ; un quatuor à cordes ; et de nombreuses pièces pour le piano, dont la Ballade en sol mineur et le célèbre Concerto pour piano et orchestre en la mineur. Grieg était un éminent auteur de textes de chansons. Quitter Sommaire

140 Groupe des Cinq Groupe des Six Groupe des Cinq, groupe de compositeurs russes du XIXe siècle qui transposèrent en musique l'idéal nationaliste. Le critique musical Vladimir Stasov, porte-parole esthétique du groupe, lui donna en 1867 le nom de « moguchaya kuchka » : « la poignée sacrée ». Chacun des membres poursuivit une carrière parallèle : Alexandre Borodine était professeur de chimie, Mili Balakirev, Modest Moussorgski et Cesar Cui ( ) étaient officiers de l'armée et Nikolaï Rimski-Korsakov élève-officier dans la marine. Autodidactes en musique, ils surent tirer profit des conseils et critiques mutuels qu'ils échangeaient au sein du groupe. Sous l'impulsion de Balakirev, ils développèrent une nouvelle approche de la composition dans un style résolument russe, voulant se libérer des contraintes académiques occidentales. Ce genre nouveau prit toute son ampleur dans leurs opéras (tels que le Coq d'or, de Rimski-Korsakov), ou encore dans l'utilisation de la musique à programme, dont Une nuit sur le mont Chauve de Moussorgski est l'exemple le plus éloquent. Leur œuvre se caractérisa par le choix des sujets, tirés de l'histoire russe comme l'opéra Boris Godounov de Moussorgski, ou encore inspirés du poète russe Alexandre Pouchkine, et une inspiration puisée aux sources de la musique folklorique russe teintée parfois d'un certain exotisme oriental, tels les opéras le Prince Igor de Borodine et Islamey de Balakirev. Ce dernier ouvrit une école de musique en 1862 et Rimski-Korsakov transmit à ses élèves du conservatoire de Saint-Pétersbourg son savoir en matière d'orchestration, influençant toute une génération de jeunes compositeurs, parmi lesquels Igor Stravinsky. Groupe des Six,, réunion de six compositeurs français, qui doivent leur nom au critique Henri Collet (1920) qui, dans un article, les compara au groupe de musiciens russes dénommé « les Cinq ». Le groupe était formé de Louis Durey, d'Arthur Honegger, de Darius Milhaud, de Germaine Tailleferre, de Francis Poulenc et Georges Auric. N'appartenant à aucun courant musical précis, ce fut leur passion commune pour Erik Satie et Jean Cocteau qui les rassembla. Privilégiant le jazz et le music-hall, « les Six » s'opposèrent diamétralement aux compositeurs romantiques qui les avaient précédés. Quitter Sommaire

141 HAENDEL Quitter Sommaire

142 Georg Friedrich Haendel, ( ), compositeur anglais d'origine allemande de la fin de la période baroque qui se distingua en particulier dans l'art de l'oratorio et qui, synthétisant aussi bien les influences anglaises, allemandes que françaises ou italiennes, fut apprécié dans toute l'Europe de son temps. Georg Friedrich Haendel, suivant la forme allemande de son nom, est né le 24 février 1685, à Halle, en Allemagne, dans une famille sans éducation musicale. Son père, barbier devenu chirurgien, le vouait à une carrière juridique. Cependant, son talent musical se manifesta si clairement qu'il reçut, avant même son dixième anniversaire, une formation musicale formelle, prodiguée par le célèbre organiste et compositeur de Halle, Friedrich Wilhelm Zachau ( écrit également Zachow ). Ce fut la seule instruction musicale formelle qu'il ait jamais reçue.Bien que son premier poste, juste après son dix-septième anniversaire, fût celui d'organiste d'église à Halle, les préférences musicales de Haendel furent tout autre. Ainsi, en 1703, il partit pour Hambourg, centre de l'opéra allemand ; il y composa, en 1704, son premier opéra, Almira, qui connut un grand succès l'année suivante. Mais Haendel ressentit le besoin d'aller plus loin et, poursuivant son désir de devenir compositeur d'opéra, il partit pour l'Italie, s'arrêta tout d'abord à Florence, au printemps 1707, puis s'installa à Rome, bénéficiant de la protection de la noblesse et du clergé. Il y fit la connaissance d'Alessandro et Domenico Scarlatti. Il composa des opéras, des oratorios, parmi lesquels on peut citer la Résurrection, donnée à Rome le 8 avril 1708, et de nombreuses petites cantates profanes. Son séjour italien se termina par un succès spectaculaire : celui de son cinquième opéra, Agrippina, créé le 26 décembre 1709 à Venise. Suite page suivante … Quitter Sommaire

143 En 1710, Haendel quitta l'Italie pour occuper un poste de maître de chapelle ( compositeur et chef d'orchestre ) à la cour de Hanovre, en Allemagne. À la fin de l'année 1710, il partit pour Londres, où il connut, avec Rinaldo ( 1711 ), un second triomphe à l'opéra. De retour à Hanovre, il obtint la permission d'un deuxième court voyage à Londres, où il resta jusqu'à la fin de ses jours. En effet, en 1714, son précédent employeur, lElecteur de Hanovre, fut couronné sous le nom de George Ier d'Angleterre. La pension de Haendel fut doublée et il devint précepteur des enfants du roi. En 1717, il écrivit pour le roi George Ier la Water music pour une fête nautique. Sous la protection du duc de Chandos, il composa l'oratorio sacré Esther, l'oratorio profane Acis et Galatée ( 1718 ), onze Anthems Chandos, des grands motets pour chœur, soli et orchestre ( ). En 1719, Haendel fut nommé Master of Music à la Royal Academy of Music, récemment créée et qui entendait promouvoir l'opéra. C'est sous l'égide de cette institution que furent créés certains des plus grands opéras de Haendel : Radamisto ( 1720 ), Jules César (1724), Tamerlan ( 1724 ) et Rodelinda ( 1725 ). En 1726, Haendel obtint la nationalité britannique et anglicisa son nom se faisant désormais appeler George Frideric Handel. En 1728, la Royal Academy of Music fut dissoute. L'année suivante, il forma une nouvelle compagnie, au King's Theatre, mais, à la suite d'un conflit qui l'opposa à un chanteur, un certain nombre de musiciens suivirent ce dernier et fondèrent une compagnie rivale, Opera of the Nobility. Les deux compagnies firent faillite en Haendel monta alors sa propre troupe à Covent Garden, où il fit jouer ses opéras jusqu'en 1737, année où, après une attaque de goutte, il se retire quelque temps à Aix-la-Chapelle. Suite page suivante … Quitter Sommaire

144 En 1738, Haendel entama une nouvelle période fervente de composition d'opéras, qui prit fin avec Deidamia, en Toutefois, pendant les années 1730, les deux grands axes suivis par Haendel furent, tout d'abord, la composition d'oratorios dramatiques en langue anglaise, en particulier Athalia ( 1733 ) et Saul ( 1739 ), puis l'écriture de grands concertos, les Solos concertos, op. 4 ( 1736, cinq pour l'orgue et un pour la harpe) et les douze Concerti grossi, op. 6 ( 1739 ). En 1742, il écrivit en moins d'un mois l'oratorio le Messie, qui est la plus célèbre de ses œuvres. Donné pour la première fois à Dublin le 13 avril 1742, cet oratorio connut un immense succès également à Londres, en mars Haendel continua de composer des oratorios au rythme de deux par an environ. Il écrivit des œuvres magistrales telles que Samson ( 1743 ), Musique pour les feux d'artifice royaux ( 1749 ), Salomon ( 1749 ) ou le splendide et méconnu Théodora ( 1750 ). En 1751, il se fit opérer de la cataracte, mais l'opération échoua. Il commença alors à perdre la vue. La dernière représentation musicale à laquelle il assista, le 6 avril, à Londres, fut celle du Messie. Il mourut à Londres le 14 avril Il est enterré à l'abbaye de Westminster. Suite page suivante … Quitter Sommaire

145 Compositeur de plus de quarante « opere serie », de vingt-deux oratorios et de deux passions, Haendel maîtrisait dans la musique vocale la souplesse mélodique, l'intensité dramatique dans l'expression des sentiments et l'amplitude des chœurs. Sa musique instrumentale est d'égale qualité. Influencée par l'école italienne, elle donne aux violons des parties fluides et virtuoses et tempère l'amplitude, voire la grandiloquence de certains passages, comme dans Musique pour les feux d'artifice royaux ou Water music, par la finesse d'une ligne mélodique ou la chaleur d'un timbre, comme dans les concerti grossi. Inventive, elle joue de grandes variétés de mouvements, dans l'élégance et la souplesse, loin de la structure mathématique adoptée par Bach.Son art, qui s'inscrit pleinement dans la musique baroque en cela, est un art de synthèse autant que d'invention : il mêle les influences italienne, pour la technique harmonique des concertos et des trios, française, dans l'opéra et les oratorios, dont les ouvertures évoquent fréquemment Rameau ou Lully, anglaise, dans l'art des odes et des hymnes, allemande, dans la musique religieuse, qui évoque parfois Buxtehude, à la chaire duquel Haendel voulut succéder au début de sa carrière, en 1703, à Lübeck.Pendant toute sa vie, Haendel évita les rigoureuses techniques du contrepoint de son compatriote et exact contemporain Jean-Sébastien Bach. Il sut produire ses effets par les moyens les plus simples, faisant toujours confiance à son propre sens de la musique. L'héritage laissé par Haendel se caractérise par la puissance dramatique et la beauté lyrique inhérentes à toute sa musique. Ses opéras sont passés d'une utilisation rigide de schémas conventionnels à un traitement plus flexible et dramatique des formes du récitatif, de l'arioso, de l'aria, et des chœurs. Sa capacité à imaginer de grandes scènes, centrées autour d'un personnage unique, fut imitée plus tard dans certaines scènes dramatiques de compositeurs tels que Wolfgang Amadeus Mozart et Gioacchino Rossini.La plus grande contribution de Haendel à l'histoire de la musique fut la création d'un nouveau genre : l'oratorio dramatique, qui s'appuie, d'une part, sur les traditions existantes de l'opéra et, d'autre part, sur la force de sa propre imagination musicale ; il ne fait aucun doute que les oratorios de Joseph Haydn et de Felix Mendelssohn doivent beaucoup à ceux de Haendel.Haendel fut l'un des premiers compositeurs dont la biographie fut écrite ( en 1760 ), dont les centenaires sont fêtés, et dont la musique complète a été publiée ( 40 volumes, ). Selon divers témoignages, Ludwig van Beethoven tenait beaucoup à l'édition de ses œuvres, qu'il possédait pour sa part. Bien qu'aujourd'hui, comme au XIXe siècle, Haendel soit surtout célèbre pour un petit nombre de ses œuvres telles que Water Music et le Messie, des tentatives de plus en plus nombreuses sont faites pour faire connaître au public ses autres compositions, en particulier ses opéras. Suite page suivante … Quitter Sommaire

146 SES PRINCIPALES OEUVRES Quitter Sommaire

147 Jacques Halévy, ( ) compositeur français, auteur de l'opéra la Juive. Jacques Fromental Lévy étudia avec le compositeur italien Luigi Cherubini au Conservatoire de Paris, où lui-même devint plus tard professeur d'harmonie et de composition, comptant parmi ses élèves Georges Bizet et Charles Gounod. Son grand opéra la Juive, produit à l'Opéra de Paris en 1835, établit la réputation d'Halévy en tant que compositeur d'opéra. Halévy composa plus de trente opéras, et, bien qu'un grand nombre d'entre eux aient été écrits à la hâte et soient desservis par des livrets de qualité médiocre, ses meilleures œuvres révèlent un talent certain pour la mélodie, une vraie caractérisation dramatique et une grande efficacité théâtrale. Quitter Sommaire

148 Jonathan Harvey, (1939- ) grand compositeur britannique de musique instrumentale, électroacoustique et chorale marquée par des préoccupations mystiques ou religieuses. Jonathan Harvey fit ses études supérieures à Cambridge et Édimbourg, avant de passer une année à l'université de Princeton en Ses professeurs de composition furent notamment Erwin Stein, Hans Keller et Milton Babbitt. Il fait souvent allusion à sa formation première de choriste et à l'influence qu'elle eut sur sa musique vocale qui comprend de courtes œuvres pour chœurs d'église, comme Come Holy Ghost (1984), mais aussi des œuvres exubérantes comme Forms of Emptiness (1986), qui met en musique des textes de E.E. Cummings. Depuis les années 1980, il est associé à l'Ircam, le centre parisien de musique électroacoustique fondé par Pierre Boulez. Mortuos Plango, Vivos Voco (1980) est une œuvre qu'il a composée pour bande magnétique dans laquelle la voix de soprano d'un jeune garçon est mêlée à des sons de cloches pour former un collage lyrique. Des ouvrages comme Bhakti (1982) ou The Madonna of Winter and Spring (1986) sont des exemples de la démarche de Jonathan Harvey qui aime à associer sons d'orchestre et sons électroniques. Jonathan Harvey est l'un des rares compositeurs à avoir été reconnu aussi bien pour sa musique instrumentale que pour sa musique électroacoustique et chorale. La quasi-totalité de ses œuvres sont marquées par des préoccupations mystiques ou religieuses, de la trilogie déjà ancienne Inner Light ( ) au récent opéra Inquest of Love (1992). Quitter Sommaire

149 HAYDN Quitter Sommaire

150 Franz Joseph Haydn, ( ), compositeur autrichien qui joua un rôle fondamental dans le développement du style classique en musique et, notamment, de la forme - sonate. Issu d'une famille humble, Haydn naquit dans le village de Rohrau, près de Vienne, le 31 mars À l'âge de huit ans, il fut admis comme enfant de chœur à la maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne de Vienne, où il reçut sa seule véritable éducation musicale formelle. À partir de l'âge de dix-sept ans, il mena pendant plusieurs années la vie hasardeuse d'un musicien indépendant. Autodidacte, il étudia les ouvrages théoriques sur le contrepoint et prit quelques cours auprès du célèbre maître de chant et compositeur italien Nicola Porpora. En 1755, Haydn travailla pendant une courte période pour le baron Karl Josef von Fürnberg, pour lequel il semble qu'il ait composé ses premiers quatuors à cordes. Il obtint en 1759 un poste plus important, en tant que directeur de musique au service du comte Ferdinand Maximilian von Morzin. Il se maria en 1760 avec Maria Anna Keller. Il ne fut toutefois guère heureux en ménage et n'eut pas d'enfant. Suite page suivante … Quitter Sommaire

151 Le tournant dans la carrière musicale de Haydn se situe en 1761, date à laquelle il fut nommé adjoint au maître de chapelle du prince Paul Anton Esterházy avant de devenir lui-même maître de chapelle en Haydn se trouvera ainsi au service de trois princes successifs de la famille Esterházy. Le second d'entre eux, le prince Nicolas József Esterházy dit le Magnifique, frère de Paul Anton, fut un grand amateur de musique, fort cultivé. À Eszterháza ( en Hongrie ), sa vaste résidence d'été, le prince Nicolas pouvait se vanter de disposer d'un établissement musical sans égal. Outre les symphonies, opéras, opérettes pour le théâtre de marionnettes, messes, pièces de musique de chambre et musique de bal qu'Haydn dût composer pour les divertissements du prince, il fut également chargé d'organiser les répétitions et représentations de ses propres œuvres et de celles de ses collègues ; de faire travailler les chanteurs ; de surveiller les instruments et les partitions ; d'intervenir en tant qu'organiste et violoniste chaque fois que nécessaire. Bien qu'il déplorât fréquemment la lourdeur de sa charge et son isolement à Eszterháza, Haydn occupa une position enviable dans le contexte du XVIIIe siècle. L'un des aspects les plus remarquables de son contrat, à partir de 1779, fut la possibilité pour lui de vendre sa musique à des éditeurs et d'accepter des commissions. C'est ainsi qu'une grande partie de son œuvre des années 1780 pût toucher une audience beaucoup plus large, contribuant ainsi à sa réputation.Après la mort du prince Nicolas, en 1790, son fils, le prince Antal, réduisit fortement l'établissement musical des Esterházy. Bien qu'Haydn conservât son titre de maître de chapelle, il se trouva alors libre de voyager au-delà des environs de Vienne. L'audacieux violoniste et impresario britannique Johann Peter Salomon ne tarda pas à l'engager comme compositeur pour une série de concerts à Londres. Les deux voyages d'Haydn en Angleterre, en et , lui valurent un immense succès pour ses dernières symphonies, les « symphonies Londoniennes », qui comprennent plusieurs de ses œuvres les plus célèbres : La Surprise ( n° 94, 1791 ), Militaire ( n° 100, ), L'Horloge ( n° 101, ), Le Roulement de timbales ( n° 103, 1795 ) et Londres ( n° 104, 1795 ) dite aussi « Salomon ». De passage à Paris ( ), il composa également des symphonies « Parisiennes » ( n° ). Au cours de ses dernières années à Vienne, Haydn écrivit des messes et composa ses grands oratorios, La Création ( 1798 ) et Les Saisons ( 1801 ) ; s'appuyant sur un poème de même nom du poète écossais James Thomson, Les Sept Dernières paroles du Christ sur la croix. C'est également à cette époque qu'il composa son « Hymne de l'Empereur » ( 1797 ), qui deviendra plus tard l'hymne national autrichien. Haydn s'éteignit à Vienne, le 31 mai 1809, dans la célébrité et la richesse. Suite page suivante … Quitter Sommaire

152 Haydn fut prolifique dans presque tous les genres, vocaux et instrumentaux, sacrés et profanes. Une grande partie de ses œuvres ne sortit jamais du château d'Eszterháza, en particulier ses cent vingt-cinq trios, intégrant le baryton, variété de basse de viole dont jouait le prince Nicolas. De même, la plupart des dix-neufs opéras et opérettes pour marionnettes de Haydn furent écrits pour accomoder les talents de la compagnie d'Eszterháza. Haydn reconnaissait ouvertement la supériorité des opéras de son jeune ami Wolfgang Amadeus Mozart. Toutefois, dans d'autres genres musicaux, ses œuvres furent largement diffusées et son influence s'avéra profonde. Les cent sept symphonies (dont le nombre était initialement de cent quatre, trois autres lui ayant été attribuées depuis) et les quatre-vingt-trois quatuors à cordes qui jalonnent sa carrière prouvent une approche toujours nouvelle des matériaux et de la forme thématique, ainsi qu'une grande maîtrise de l'instrumentation. Ses soixante-deux sonates pour piano et ses quarante-trois trios pour piano permettent de suivre son évolution depuis l'élégance initiale qui convient à la musique des amateurs, jusqu'à la virtuosité publique de ses dernières œuvres. Haydn exerça une influence marquante dans le développement de la forme-sonate. Il s'agissait de la forme musicale prédominante du style classique, à travers laquelle les compositeurs ont pu, jusqu'au début du XXe siècle, construire des structures musicales toujours plus larges. Haydn l'a influencée de deux façons : du point de vue de l'organisation thématique, par la transformation et les enrichissements successifs des motifs initiaux, pour parvenir à une interaction complexe entre différents groupes de thèmes dont les tons opposés définissent l'architecture globale du mouvement, et par la recherche d'une économie toujours plus grande dans les groupes thématiques qui reviennent sans cesse. Cette tendance semble s'être poursuivie après Haydn, jusqu'à l'extraordinaire économie thématique des dernières symphonies de Sibelius, cent vingt ans plus tard. La productivité de Haydn va de pair avec une originalité intarissable. L'habileté avec laquelle il pouvait transformer une simple mélodie ou un simple motif, pour atteindre des développements d'une complexité inattendue, fut admirée de ses contemporains et considérée comme particulièrement novatrice. Chez Haydn, la force dramatique se transforme souvent en effet humoristique, ce qui est l'une des caractéristiques de son style, de même que son goût pour les mélodies populaires. Un écrivain contemporain de Haydn parla de sa musique comme un « art populaire ». L'équilibre qu'il trouva entre la composition pure et les expériences audacieuses transforma littéralement l'expression musicale du XVIIIe siècle. Suite page suivante … Quitter Sommaire

153 SES PRINCIPALES OEUVRES Quitter Sommaire

154 Pierre Henry, (1927- ), compositeur français de musique électroacoustique, fondateur de la musique concrète. Après des études musicales classiques, il réalisa avec Pierre Schaeffer, qui venait de commencer ses expériences de musique concrète à la radio, quelques œuvres marquantes : Symphonie pour un homme seul ( ), Orphée 51 (1951), remaniée en Orphée 53 (il en tira le Voile d'Orphée). Après s'être séparé du groupe de Pierre Schaeffer en 1958, il s'imposa comme l'un des plus grands compositeurs de musique électroacoustique avec notamment Variations pour une porte et un soupir (1963), la Reine verte (1963), composé pour un ballet de Béjart et trois œuvres « à texte » : Messe de Liverpool ( ), l'Apocalypse de Jean (1968) et Hommage à A. Artaud ( ). La 10e Symphonie, hommage à Beethoven (1979) est un immense collage d'extraits manipulés des neuf symphonies de ce compositeur. Ont été créés ensuite Paris l'Eau (1985), Hugo Symphonie (1985) et le Livre des morts égyptiens (1990). Quitter Sommaire

155 Hans Werner Henze, ( ) l'un des plus importants compositeurs allemands de la seconde moitié du XXe siècle. Il est né à Gütersloh, et a fait ses études à Heidelberg, sous la direction du compositeur allemand Wolfgang Fortner, et à Paris. Après avoir travaillé dans divers théâtres allemands, il s'est finalement installé à Marino, en Italie. Compositeur prolifique, il a généralement choisi de travailler dans les formes traditionnelles de la musique classique, produisant sept symphonies, six concertos, de la musique de chambre ( dont cinq quatuors à cordes ), des opéras et des ballets. Son langage harmonique a traversé une phase sérielle vers la fin des années 1940, avant de devenir plus lyrique après son installation en Italie en Depuis lors, il a écrit dans divers styles, montrant l'influence de Stravinski ou de compositeurs expérimentaux comme Schoenberg. La nature cosmopolite de Henze est particulièrement manifeste dans ses opéras, dont les livrets sont écrits aussi bien en anglais qu'en italien ou en allemand. Les deux plus remarquables sont probablement ceux issus de ses collaborations avec W.H. Auden et Chester Kallman, Elegie für junge Liebende ( « Élégie pour de jeunes amants », 1961 ) et Die Bassariden ( 1965 ), d'après les Bacchantes d'Euripide, qui représentent le sommet de son style lyrique. Il s'inspire souvent de la littérature, comme le montrent des œuvres telles que Seven Love Songs pour violoncelle et orchestre ( 1985 ), où la mélodie est «chantée» par le violoncelle, mais où aucun texte n'apparaît, Royal Winter Music ( 1976 et 1979 ), deux œuvres pour guitare sous-titrées Sonates sur des personnages shakespeariens, et Prison Song ( 1971 ) pour percussions, qui met en musique des poèmes de Hô Chí Minh. Ce dernier ouvrage souligne un autre aspect de la production de Henze, reflétant ses convictions communistes, qui se manifestent également dans les musiques de scène datant des années 1960 et 1970, La Cubana ( 1973 ), We Come to the River ( 1976 ) et l'oratorio dramatique Das Flossder Medusa ( Le Radeau de la Méduse, 1968 ), dédié à Che Guevara. Fervent défenseur de l'ouverture de la musique à tous, il a fondé et dirigé un festival de musique annuel dans le village italien de Montepulciano, où il s'est installé. La plupart des exécutants sont des habitants du village. Quitter Sommaire

156 HINDEMITH Quitter Sommaire

157 Paul Hindemith, ( ), compositeur et violoniste américain d'origine allemande, l'un des novateurs de la musique du XXe siècle, dont il inculqua les valeurs modernes à ses élèves.Né à Hanau le 16 novembre 1895, Paul Hindemith étudia la musique à la Hochschule für Musik de Francfort. À l'âge de treize ans, il jouait dans des orchestres de danse ainsi que dans des théâtres et des salles de cinéma afin de payer ses études. De 1915 à 1923, il dirigea l'orchestre de l'opéra de Francfort dont il était le premier violon puis, en 1921, il participa à la création du célèbre quatuor Amar, dans lequel il jouait de l'alto. Ce fut durant les années 1920 qu'il se forgea une réputation de grand compositeur. Il devint professeur de composition à la Hochschule für Musik de Berlin en En 1929, il fut le soliste du Concerto pour alto de William Walton lors de la première londonienne.En 1936, malgré le fidèle soutien du chef d'orchestre Wilhelm Furtwängler, son œuvre fut interdite par le gouvernement d'Hitler pour cause de « modernisme extrême ». Peu de temps après, il se rendit en Turquie où il restructura le programme national d'études de musique. Parti pour les États-Unis en 1940, il enseigna à l'université Yale et devint citoyen américain en En 1953, il retourna en Europe pour occuper un poste de professeur à l'université de Zurich. Il mourut à Francfort le 28 décembre 1963.À l'instar de ses contemporains, Hindemith dut faire face au vide laissé par l'effritement des règles de composition classiques. Même si certaines de ses partitions de jeunesse ont un caractère atonal, le gros de son œuvre reste tonal. Il développa son propre système d'écriture musicale en matière d'harmonie et de tonalité, système régi par la hiérarchisation des tensions (dissonance) et des relâchements (consonance).Mathis le peintre (1934), d'après la vie du peintre allemand Matthias Grünewald, est le plus important de ses opéras. Une symphonie inspirée des thèmes de cet opéra figure parmi ses partitions pour orchestre les plus célèbres. Il composa également des symphonies, des sonates, des concertos pour alto (Der Schwanendrehrer, 1935), de la musique de chambre, des pièces chorales, ainsi que des études pour alto. Fervent défenseur de la Gebrauchmusik (« musique à l'usage de tous »), il tenta à travers elle de rapprocher le compositeur et le public et écrivit des partitions à l'usage des groupes scolaires et des amateurs telles que Wir bauen eine Stadt (« Nous édifions une ville », 1931). Dans Ludus tonalis (1943), une série de fugues dans chaque clé, il rassembla plusieurs études pour piano destinées à travailler la maîtrise du clavier. Dans cette œuvre, il expose ses conceptions du contrepoint et de l'organisation tonale. Il se consacra aussi à l'écriture d'essais théoriques tels que The Craft of Musical Composition (« l'Art de la composition », 1941), A Concentrated Course in Traditional Harmony (« Manuel d'harmonie traditionnelle », 1943) et A Composer's World (« l'Univers du compositeur », 1952), ses mémoires. Quitter Sommaire

158 Gustav Holst, ( ), compositeur britannique, célèbre pour ses compositions s'appuyant sur la littérature hindoue et sur la chanson folklorique anglaise pour sa suite orchestrale Les Planètes. Né à Cheltenham, il étudia auprès du compositeur britannique sir Charles Villiers Stanford, tout en gagnant sa vie comme tromboniste et chef d'orchestre. À partir de 1919, il enseigna au Royal College of Music de Londres. Ses œuvres importantes d'avant 1912 sont des adaptations d'écrits brahmanes, dont il tira, en particulier, un opéra de chambre Savitri (1908) et quatre groupes de chœurs appelés Hymns from the Rig Veda ( ), qu'il avait lui-même traduits du sanskrit. Leur instrumentation est variée ; une partie est même mise en musique pour voix de femme et harpe solo. Son intérêt pour le mysticisme apparaît également dans sa suite orchestrale The Planets (1916), dans laquelle chaque mouvement décrit les caractéristiques attribuées à une planète de l'astrologie grecque antique. Associant une orchestration très colorée à des mélodies au rythme puissant, cette suite est devenue son œuvre la plus célèbre. Son grand sens mystique atteignit son apogée dans son chef-d'œuvre choral, The Hymn of Jesus (1920), dont le texte est tiré de textes apocryphes du Nouveau Testament. Par la suite, comme son ami le compositeur britannique Ralph Vaughan Williams, il s'intéressa aux chansons folkloriques anglaises ; ses nombreux arrangements de folksongs pour orchestre et chœur culminent dans l'opéra en un acte At the Boar's Head (1924). Dans les années 1920, sa musique devint sensiblement plus austère, utilisant même la bitonalité dans des œuvres comme le Concerto pour deux violons (1929). Enfin, au cours des toutes dernières années de sa vie, un nouveau lyrisme apparut dans ses œuvres telles que Hammersmith (1931) et The Brook Green Suite (1933), une nouvelle voie à laquelle sa mort mit fin en 1934, au terme d'une vie marquée par la maladie. Quitter Sommaire

159 Arthur Honegger, ( ), compositeur suisse, figure marquante de la musique française de la première moitié du XXe siècle. Né au Havre de parents suisses, Arthur Honegger fit ses études au conservatoire de Zurich ( ) puis au Conservatoire de Paris, alors dirigé par les compositeurs Charles Marie Widor et Vincent d'Indy. Ses premières compositions, Six Poèmes extraits d'Alcools de Guillaume Apollinaire pour piano et chant ( ), et le Premier Quatuor à cordes (1916) montrent déjà une solide maîtrise du contrepoint. En 1916, il devint membre, aux côtés des compositeurs Darius Milhaud, Georges Auric, Germaine Tailleferre, Francis Poulenc et Louis Durey, du groupe des Six (appellation qui ne date que de 1920), dont les œuvres étaient influencées par Erik Satie et Jean Cocteau. Anti-impressionniste et antiromantique comme ses pairs, Honegger évolua progressivement vers un style plus personnel, caractérisé notamment par la dissonance, la polytonalité, ainsi que la suprématie du contrepoint. Il eut pour modèles Claude Debussy, Jean-Sébastien Bach et utilisa même la musique symphonique du romantisme allemand. Ces influences se révèlent pleinement dans ses troisième, quatrième et cinquième symphonies (Symphonie liturgique, ; Deliciae Basilienses, 1946, et Di tre re, 1950). Certaines de ses compositions orchestrales, comme Pacific 231 (1923), description musicale d'une machine à vapeur destinée à accompagner un film, et Rugby (1928), puisent leur thème dans la vie contemporaine. Ses œuvres pour orchestre, particulièrement abondantes, notamment les oratorios comme Cris du monde (1931), Amphion (1931), sur un texte de Paul Valéry, la Danse des morts (1938) ou Jeanne d'Arc au bûcher (1938), sur des textes de Paul Claudel, véhiculent à travers leur caractère parfois descriptif le souci du compositeur de toucher un large public. Parmi ses autres œuvres importantes figurent l'oratorio le Roi David (1921), l'opéra Judith (1925), une quinzaine de ballets en collaboration avec Auric, Poulenc, Tailleferre et Milhaud, de la musique de chambre, dont trois quatuors à cordes et deux sonates pour violon et piano, de nombreuses mélodies sur des textes de poètes comme Apollinaire, Claudel ou Cocteau, de la musique pour le théâtre et pour le cinéma. Quitter Sommaire

160 Johann Nepomuk Hummel, ( ), pianiste et compositeur allemand, ayant joué un rôle important dans la transition entre la tradition du clavecin du XVIIIe siècle et les innovations du XIXe siècle. Né à Presbourg (aujourd'hui Bratislava, Slovaquie), il fut élève de son père et de Wolfgang Amadeus Mozart. Il succéda au compositeur autrichien Joseph Haydn comme maître de chapelle à la cour du prince Esterházy puis à la cour de Stuttgart et de Weimar. Son œuvre comprend sept concertos pour piano, qui influencèrent fortement Chopin, et différentes pièces pour piano solo ; une grande variété d'œuvres de musique de chambre, en particulier le septuor en ré mineur ; des opéras et des messes. Sa carrière contribua au culte des pianistes virtuoses une tradition qui se poursuivit, au XIXe siècle, avec Chopin, Thalberg et Liszt puis s'étendit à Van Cliburn et Horowitz au XXe siècle. Quitter Sommaire

161 Jacques Ibert, ( ) compositeur français qui aborda, dans un style très personnel, tous les genres de musique, de l'opéra au cinéma, en passant par la danse et la mélodie. Né à Paris, il fit ses études au Conservatoire national supérieur de musique et remporta le prix de Rome, en Directeur de l'Académie de France, à Rome ( , puis ), il fut également administrateur de l'Opéra de Paris et de l'Opéra-Comique ( ). Ibert était un compositeur ingénieux et spirituel, qui échappait à toute classification, même si l'on sentait une certaine influence de Claude Debussy et Maurice Ravel. Son catalogue comprend six opéras (dont Angélique, 1927), le même nombre de ballets, des musiques de scène (dont le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare), des pièces pour piano, violon, violoncelle, orgue, harpe, des suites symphoniques, des concertos et quelque quarante partitions pour le grand écran (Don Quichotte de Pabst, Macbeth d'Orson Welles). Quitter Sommaire

162 Leoš Janácek, ( ), compositeur tchèque, auteur de l'opéra Jenufa et de la célèbre rhapsodie Tarass Boulba. Né à Hukvaldy, en Moravie, Leoš Janácek étudia à Brno, puis à Prague, à Leipzig et à Vienne. Il dirigea l'Orchestre philharmonique tchèque ( ), fonda l'école d'organistes de Brno, où il enseigna de 1882 à 1920, puis donna des cours au Conservatoire national de Prague de 1920 à Son opéra de jeunesse Sarka, écrit en 1887 et remanié en 1924, porte encore l'influence romantique de Bedrich Smetana et d'Antonín Dvorák. Parmi les plus belles pages de la musique instrumentale du début du siècle figurent ses pièces pour piano, en particulier Par les sentiers herbeux ( ) et Dans le brouillard (1912). Janácek se consacra également, avec le musicologue František Bartoš, à l'étude de l'acoustique musicale et des traditions populaires moraves. Une version légèrement révisée de son opéra Její Pastorkyna, écrit en 1904, fut représentée pour la première fois à Prague en 1916, sous le nom de Jenufa (du nom de l'héroïne), et lui valut une renommée internationale. Cette œuvre, tout comme sa Messe glagolitique (1926), évoque les accents de la langue morave. Critique de la société bourgeoise, notamment dans ses opéras Voyage de Monsieur Broucek dans la lune (1920), Voyage de Monsieur Broucek au XVIe siècle (1920) et Katia Kabanova (1921), mais aussi nationaliste passionné, Janácek cherchait à participer à travers ses œuvres lyriques aux débats moraux et politiques de son temps.Durant les dix dernières années de sa vie, il fut particulièrement prolifique, composant des chefs-d'œuvre comme le cycle de pièces mélodiques Journal d'un disparu ( ) ou la Sonate pour violon n° 3 (1921). Parmi ses œuvres les plus marquantes figurent aussi le Premier Quatuor (1923), la suite Mladi (Jeunesse, 1924), le Concertino (1925), les pièces pour orchestre Tarass Boulba ( ), Sinfonietta (1926), et les opéras Katia Kabanova ( ), le Rusé Petit Renard ( ), hommage lyrique à la nature, l'Affaire Makropoulos ( ) et la Maison des morts ( ), inspirée de Dostoïevski et marquée par un pessimisme sombre qui l'apparente à l'expressionisme musical. Quitter Sommaire

163 Clément Janequin, (v ), compositeur français, l'un des plus grands auteurs de musique profane et polyphonique de la Renaissance. Originaire de Châtellerault, Clément Janequin fut ordonné prêtre et exerça dans le Bordelais jusqu'en 1531, puis dans l'Anjou, où il fut nommé professeur de musique à la cathédrale d'Angers de 1533 à En 1549, il s'installa à Paris, où il poursuivit des études universitaires ; il fut nommé chantre de la chapelle du roi et, l'année de sa mort, compositeur ordinaire du roi Henri II. Janequin écrivit près de 250 chansons, en publia 125 ainsi qu'un recueil de motets (aujourd'hui perdu). La musique religieuse n'occupa chez lui qu'une place très secondaire. Maître de la chanson profane, il est l'auteur du célèbre Chant des oiseaux. Il renouvela le genre, en simplifiant la polyphonie pour la rendre plus accessible. La richesse rythmique de ses compositions, une adéquation parfaite de la musique au texte et une atmosphère joyeuse et lyrique, comptent également parmi les innovations que Janequin apporta au chant profane. Il y célébrait la nature, l'amour, les plaisirs de la table et les événements majeurs de son temps. Ses pièces dites descriptives eurent un succès particulier, la plus connue étant la Guerre (v. 1528), baptisée plus tard la Bataille de Marignan. Celle-ci fut également l'objet de versions instrumentales pour luth ou instruments à claviers. Citons également parmi ses succès la Chasse au cerf et les Cris de Paris. Clément Janequin composa également de la musique sacrée : il écrivit deux messes, dont l'une est inspirée de la Bataille de Marignan, quatre-vingts psaumes, ainsi qu'une cinquantaine de chansons spirituelles. Quitter Sommaire

164 André Jolivet, ( ), compositeur et chef d'orchestre français, disciple de Varèse, qui tenta, dans une œuvre originale, de retrouver la signification religieuse de la musique.Dans sa jeunesse, André Jolivet se passionna pour la peinture, le théâtre et la musique. Il étudia le violoncelle. Sa toute première composition Romance barbare, dont il écrivit lui-même le texte, date de Élève de Paul Le Flem de 1927 à 1932, puis d'Edgard Varèse de 1930 à 1933, il créa le groupe Jeune-France avec Olivier Messiaen, Daniel-Lesur et Yves Baudrier en Ce groupe lui permit de se désolidariser de la musique de son temps, qu'il jugeait froide et impersonnelle. Sous l'influence de Varèse, il se libéra du système tonal, s'initia au dodécaphonisme (son Quatuor à cordes de 1934 en est un exemple célèbre), avant de s'en dégager rapidement. Pour Jolivet, la musique possède une fonction religieuse et sociale. Il puise ses sources dans la prière et la danse. Son écriture est essentiellement atonale (à partir de 1935), modale et rythmique, avec des emprunts aux rythmes antiques, aux mélopées grecques ainsi qu'aux modes africains et extrême-orientaux. Un grand lyrisme imprègne ses œuvres. De 1935 à 1939 son intérêt se porta essentiellement sur le langage. Il écrivit Mana (cycle de six pièces pour piano, avec une polarisation autour des phénomènes de résonance naturelle), les Cinq Incantations pour flûte seule, les Cinq Danses rituelles et des Danses incantatoires (dont une pour orchestre, deux pour ondes Martenot, et six percussions). Il fut mobilisé en Pendant la guerre, sa musique devint plus proche de l'homme, sa violence rythmique s'atténua et son lyrisme s'accrut. Il composa alors les Trois Complaintes du soldat et Poèmes intimes, et la Messe pour le jour de la paix et une suite liturgique. Après la guerre naquirent des œuvres orchestrales (trois symphonies) des concertos, de nombreuses sonates pour flûte, de la musique de chambre et des pièces lyriques. Serge Lifar lui commanda Guignol et Pandore qui fut joué à l'Opéra de Paris en En 1945, il dédia une sonate pour piano à la mémoire de Bartok décédé. En hommage à Varèse, il écrivit le Cérémonial pour six percussions. Il composa également pour les plus grands interprètes de son temps : un concerto pour harpe (1952) pour Lily Laskine, un concerto pour trompette le Chant du linos (1944), pour Maurice André. Quitter Sommaire

165 Josquin des Prés (v ), l'un des compositeurs les plus influents et les plus reconnus du début de la Renaissance. On présume qu'il est né dans le nord de la France. Il travailla pour le duc Galeazzo Maria Sforza à Milan, fut chantre à la chapelle pontificale, puis à la cour de Louis XII et enfin se mit au service d'Hercule Ier de Ferrare. Vers 1505, il devint prieur de l'église Notre-Dame à Condé (aujourd'hui Condé-sur-l'Escaut), qui dépendait alors de la Bourgogne, où il finit ses jours. On retrouve dans sa trentaine de messes, toutes les techniques de son époque, du style strict et structuré du début de l'école hollandaise, illustré par le compositeur Ockeghem (qui fut peut-être son professeur), aux techniques de la fin de la Renaissance fondées sur la répétition mélodique, l'harmonie et les variations sur des éléments empruntés, que l'on retrouve dans l'œuvre de Palestrina et de Roland de Lassus. Dans ses motets, la répétition mélodique est prépondérante, mais, surtout, ils reflètent la tendance de l'époque, humaniste et respectueuse d'une expression personnelle, en opposition avec l'époque antérieure qui ne laissait que peu de place à l'individualité. Dans ses compositions profanes, principalement des chansons françaises polyphoniques, il appliqua aussi différentes techniques. Considéré de son vivant comme le plus grand compositeur de sa génération, il laissa un testament fondé sur le respect de l'individualité qui marqua la composition musicale de l'époque. Luther écrivit à son sujet : « Il maîtrisait les notes quand les notes maîtrisaient les autres. » Quitter Sommaire

166 Dmitri Borisovitch Kabalevski, ( ) compositeur soviétique dont la musique, qui utilise souvent des mélodies traditionnelles russes, est extrêmement nationaliste. Né à Saint-Pétersbourg, il fut formé à l'école de musique Scriabine et au conservatoire de Moscou. Sa dernière symphonie n° 3 est sous-titrée Requiem à la mémoire de Lénine (1957) et son opéra Au feu, non loin de Moscou, écrit en 1942 à l'occasion du 25e anniversaire de la Révolution russe, commémore la défense de la capitale pendant la Seconde Guerre mondiale. Kabalevski composa également des cantates, Notre grande patrie (1942) ou les Léninistes (1959). Artiste du Peuple d'URSS en 1963, il signa la musique de plusieurs films, ainsi qu'une série de pièces enfantines pour piano. Quitter Sommaire

167 Aram Ilitch Khatchatourian, ( ), compositeur russe d'origine arménienne, dont la musique traduit l'influence du folklore caucasien. Né à Tbilissi (aujourd'hui en Géorgie), il fut formé au conservatoire de Moscou. Ses œuvres de jeunesse, tels le Trio pour clarinette, violon et piano (1932) et la Symphonie n° 1 (1934) révèlent une grande puissance lyrique, une utilisation habile des dissonances et des techniques traditionnelles, ainsi que l'influence de la musique populaire arménienne, encore plus évidente dans ses partitions ultérieures. Son Concerto pour piano (1936), écrit dans une veine héroïque, marqua l'un des plus grands succès de ses premières années. Avec la Symphonie n° 2 (1943) et le Concerto pour violoncelle (1946), le style de Khatchatourian devint légèrement plus expérimental sur le plan harmonique. En 1948, avec un groupe de compositeurs, dont Prokofiev et Chostakovitch, il fut sévèrement critiqué par les autorités soviétiques, pour cause d'écriture « formaliste », ne reflétant pas l'optimisme et la simplicité des principes du « réalisme socialiste ». Artiste du Peuple de l'URSS en 1954, lauréat du prix Lénine en 1959, il enseigna pendant de longues années au conservatoire de Moscou. En dehors de ses concertos, Khatchaturian reste surtout célèbre pour ses ballets : Gayaneh (1942), qui comprend la célèbre Danse du sabre et Spartacus (1954), salué comme son chef-d'œuvre dès la première représentation. Quitter Sommaire

168 Quitter Sommaire

169 KODALY Quitter Sommaire

170 Zoltán Kodály, ( ), compositeur hongrois, amateur et professeur de musique folklorique, né à Kecskemét. Il fit ses études à Budapest. À partir de 1905 environ, il popularisa avec son ami Béla Bartók la musique traditionnelle hongroise, qui n'avait jusqu'alors jamais fait l'objet de recherches musicologiques approfondies. Il s'en inspira pour ses compositions, reprenant les formes, les harmonies, les rythmes, et les phrases mélodiques. Ses œuvres les plus renommées sont : Psalmus Hungaricus (1923), pour ténor, chœur et orchestre, Háry János (opéra, 1926), Danse de Galánta (1933), pour orchestre et la Missa Brevis (1945). À partir de 1945 il s'employa à promouvoir un programme de pédagogie musicale pour l'enseignement de la musique dans les écoles publiques hongroises. Sa méthode s'appuie sur la pratique du chant populaire. Elle fut adoptée par de nombreux pays. Quitter Sommaire

171 Fritz Kreisler, ( ), violoniste et compositeur d'origine autrichienne. Né à Vienne, il fut élève des conservatoires de Vienne et de Paris. Il effectua sa première tournée de concerts aux États-Unis à l'âge de quatorze ans. À son retour à Vienne, il interrompit la musique pour se consacrer à des études d'art et de médecine et s'engagea brièvement dans l'armée autrichienne en tant qu'officier. Sa carrière musicale débuta en 1899, et sa technique exceptionnelle lui valut la renommée de plus grand violoniste de son époque. La plus grande entreprise à laquelle il participa fut le concerto pour violon d'Elgar, qu'il monta et interpréta pour la première fois en Il composa de nombreuses pièces pour violon telles que la Précieuse, prélude et allegro, et les Variations sur un thème de Corelli, qu'il publia sous le nom de compositeurs du XVIIe et du XVIIIe siècle pour troubler la critique. Citons également Caprice viennois, Liebesfreud, Liebeslied, et Tambourin chinois, pièces pour violon, un quatuor à cordes et plusieurs opérettes. Il interrompit à nouveau sa carrière d'interprète durant la Seconde Guerre mondiale pour servir son pays. En 1938, il devint citoyen français, puis, en 1943, fut naturalisé américain et vécut principalement aux États-Unis. Quitter Sommaire

172 Édouard Lalo, ( ), compositeur français dont l'œuvre est appréciée pour sa clarté musicale, la richesse de son orchestration et pour un indéniable charme mélodique. Né à Lille, au sein d'une famille d'origine espagnole, il étudia aux conservatoires de Lille puis de Paris. En 1855, jouant avec autant de talent du violon et du violoncelle, il entra dans le quatuor Armingaud-Jacquard formé à Paris pour promouvoir les œuvres des maîtres allemands. Ses propres compositions comprennent le Concerto pour violon en fa majeur (1874) ; la Symphonie espagnole (1875), écrite pour violon et orchestre, œuvre vibrante dans le style du concerto ; la Symphonie en sol mineur (1887), qui est la plus aboutie des œuvres orchestrales de Lalo et l'opéra le Roi d'Ys (1888), inspiré d'une légende celtique. Quitter Sommaire

173 Roland de Lassus, ( ), compositeur flamand, l'un des maîtres les plus connus et les plus polyvalents de la Renaissance, qui adopta à la fois le style polyphonique dominant dans la musique religieuse européenne de l'époque (qui commençait à intégrer le chromatisme expressif issu des madrigaux) et les styles profanes modernes apparus en Allemagne, en France et en Italie. De la musique de Lassus, largement publiée de son vivant (ce qui était un signe de grande notoriété durant ce premier siècle de l'imprimerie), il nous reste plus de deux mille compositions. Lassus est né à Mons (aujourd'hui en Belgique). Il débuta comme enfant de chœur et, selon la tradition, il aurait été kidnappé à trois reprises en raison de la beauté de sa voix. Il entra au service du vice-roi de Sicile à l'âge de douze ans et séjourna en Italie pendant environ dix ans, se rendant à Milan, Naples et Rome, avant de retourner à Anvers en À partir de 1556, il fut employé à Munich par le duc de Bavière Albert V, qui l'anoblit en La musique sacrée en latin de Lassus comprend des messes et des motets. Ses motets, en particulier, comptent parmi ses œuvres les plus achevées, témoignant d'un goût prononcé pour le texte et d'une immense sensibilité. Les plus connus sont les sept Psaumes de pénitence (composés vers et publiés en 1584), ainsi que les douze Prophetiae Sibyllarum (« Les Prophéties des Sibylles », 1560, publiées en 1600 après sa mort). Sa musique profane comprend des mélodies françaises. Parmi elles, le recueil Susanne un jour (qui suit le Livre de Daniel) connut la célébrité dans plusieurs pays pendant des décennies. Le lied (mélodie allemande), écrit sur des textes tant profanes que religieux, est également présent dans son œuvre. Enfin, il excellait dans le madrigal. Sa dernière œuvre, Lagrime di San Pietro (« Les larmes de saint Pierre », 1594), est un recueil de madrigaux composés sur des textes sacrés. Ses messes montrent à quel point il sut intégrer les styles musicaux des différents genres apparus depuis la première messe inspirée de thèmes profanes de Dufay, composée cent ans auparavan. Les messes de Lassus sont directement inspirées de ses propres chansons. Quitter Sommaire

174 György Ligeti, ( ), compositeur hongrois contemporain célèbre par son Requiem pour chœur et orchestre. Il étudia à Budapest, où il enseigna jusqu'en Il travailla ensuite dans des centres de musique électronique à Cologne et Darmstadt, bien qu'il n'ait pas utilisé l'électronique depuis Une grande partie de sa musique, notamment ses Atmosphères ( 1961 ) pour orchestre, fait appel à des masses sonores complexes et à des mouvements de couleurs sonores. Son «concerto pour violoncelle» ( 1966 ) explore des textures musicales d'évolution lente. Son Continuum pour clavecin ( 1968 ) joue de la répétition martelée d'une même séquence progressivement accélérée. Ses pièces Requiem ( 1965 ) et Lux aeterna ( 1966 ) ( toutes deux utilisées dans la musique du film 2001 : l'Odyssée de l'espace ) emploient la voix pour produire un effet similaire, d'immenses blocs sonores passant d'une forme à une autre, créant une impression d'espace. Une autre approche de la voix est illustrée dans Aventures ( 1962 ) et dans Nouvelles Aventures ( 1965 ), dans lesquels les voix solo font appel à des techniques vocales poussées pour produire une vaste gamme de sons parodiant la production vocale traditionnelle et les inflexions du discours. Dans ses œuvres chorales plus tardives, en particulier Hungarian Studies ( 1983 ), Ligeti revint à des techniques de chant plus traditionnelles. L'opéra le Grand Macabre ( 1978 ) résume tous ses résultats de l'époque, allant de l'expérimental ( prélude joué sur des klaxons de voiture ) au traditionnel, en couvrant toute la gamme des techniques instrumentales et vocales. Depuis cette époque, il a surtout produit des œuvres chorales et pour piano, en particulier une série d'études pour le piano ( ) et un concerto pour cet instrument ( 1988 ) dans lequel l'influence rythmique des études de piano de Conlon Nancarrow est manifeste. Quitter Sommaire

175 LISZT Quitter Sommaire

176 Franz Liszt, ( ), pianiste et compositeur hongrois, un des initiateurs du récital de piano solo. Par lui- même et à travers ses très nombreux élèves, il fut le pianiste le plus influent du XIXe siècle. Né, dans le village de Raiding, alors en Hongrie et aujourd'hui en Autriche, Liszt commença le piano avec son père et poursuivit ses études avec Carl Czerny à Vienne, où il étudia également la théorie auprès d'Antonio Salieri. De 1823 à 1835, il vécut principalement à Paris. Il y étudia avec Ferdinando Paër et Antoine Reicha et s'y imposa rapidement comme pianiste. En il séjourna à Paris, où il fit la connaissance d'Hector Berlioz et de Frédéric Chopin ainsi que, dans le milieu littéraire, de Victor Hugo, de Lamartine, de Félicité Lamennais et de Heinrich Heine. Ses relations avec Lamartine et Lamennais influencèrent profondément sa carrière, tout comme, à partir de 1831, les concerts parisiens de Nicolò Paganini. C'est en effet pour se mesurer à lui que Liszt souhaita conférer au piano une technique aussi brillante, aussi « transcendante » que celle de Paganini au violon. En 1833, il rencontra la comtesse Marie d'Agoult, qui écrivait sous le pseudonyme de Daniel Stern. De leur liaison, qui devait durer jusqu'en 1844, naquirent trois enfants, dont Cosima, qui épousera le pianiste et chef d'orchestre Hans von Bülow puis Richard Wagner. De 1839 à 1847, Liszt se produisit dans toute l'Europe, de Lisbonne à Moscou et de Dublin à Constantinople, célébrité auparavant jamais égalée par un interprète. Mais en 1847, il abandonna sa carrière de virtuose, ne jouant plus que très rarement en public. Il prit cette décision sous l'influence de la princesse russe Carolyne Sayn- Wittgenstein, qui allait demeurer très proche de lui jusqu'à la fin de sa vie. De 1848 à 1861, il dirigea la musique de la cour du grand-duché de Weimar, interprétant ses propres œuvres ainsi que celles de Berlioz, de Wagner, etc., et faisant de cette ville, où il accueillit de nombreux élèves, un centre musical de premier plan. Sous sa direction y fut présenté le Lohengrin de Wagner. Suite page suivante … Quitter Sommaire

177 Après avoir quitté Weimar en 1861, Liszt vécut pendant près de dix ans à Rome, où il étudia la théologie et prit en 1865 les ordres mineurs. À partir de 1871, il partagea son temps entre Rome, Weimar et Budapest, continuant à diriger, à enseigner et à composer. Il mourut à Bayreuth, pendant le festival, trois ans après Wagner. Homme d'une grande générosité, Liszt fut l'une des personnalités les plus remarquables de son temps. Pianiste et chef d'orchestre, il forma en outre plus de quatre cents élèves, composa plus de trois cent cinquante ouvrages et rédigea, en totalité ou en partie, huit volumes de prose, sans compter sa correspondance. Il réalisa également plus de deux cents arrangements et transcriptions pour piano d'œuvres d'autres compositeurs ( lieder de Schubert, extraits d'opéras de Mozart ou de Verdi ). Très audacieux dans le domaine de l'harmonie ( emploi d'accords chromatiques complexes ), il innova également sur le plan de la forme, aussi bien dans ses treize poèmes symphoniques, genre dont il fut le véritable créateur, que dans sa Sonate en si mineur ( 1853 ) en un seul mouvement, d'une architecture complexe. Par là, il influença fortement Wagner et Richard Strauss. Ses compositions pour piano ont inauguré une technique de jeu révolutionnaire et difficile dont l'instrument a tiré une palette nouvelle de textures et de sonorités. Parmi les plus connues figurent les trois volumes d'Années de pèlerinage ( ), les douze Études d'exécution transcendante ( 1851 ), les Vingt Rhapsodies hongroises ( ), les Six Études d'exécution transcendante d'après Paganini ( 1851 ), le Concerto n° 1 en mi bémol majeur ( 1849, révisé en 1853 ), le Concerto n° 2 en la majeur ( 1848, révisé en ). Certaines pages pianistiques tardives comme la Gondole lugubre ( 1882 ) ou la Bagatelle sans tonalité ( 1884 ) annoncent Bartók, Debussy ou Schoenberg. Ses œuvres orchestrales incluent, outre la Faust Symphonie ( ) et la Dante Symphonie ( ), treize poèmes symphoniques : le plus connu, les Préludes ( 1854 ), s'inspire d'un poème de Lamartine. Citons aussi Mazeppa ( 1851, révisée en 1854 ), Hamlet ( 1858 ), Du berceau à la tombe ( ). On lui doit aussi d'importantes œuvres religieuses : Messe de Gran ( 1855 ), Via Crucis ( ), les oratorios la Légende de sainte Elisabeth ( ) et Christus ( ). Quitter Sommaire

178 LULLY Quitter Sommaire

179 Jean-Baptiste Lully, ( ), compositeur français dorigine italienne, qui a contribué à lessor de lopéra en France et mis en musique plusieurs ballets des comédies de Molière. Né à Florence, le 28 novembre 1632, Giovanni Battista Lulli arriva en France à lâge de quatorze ans. Il resta attaché à la maison de la duchesse de Montpensier, fille de Gaston dOrléans, jusquen Aucun témoignage de ses activités ni de sa formation pendant ces sept années ne nous est parvenu, cependant lorsquil entra au service de Louis XIV en 1653, comme danseur de ballet, il était capable de composer de la musique et de tenir une place de violoniste dans un orchestre de la cour. Remarqué pour ses qualités de danseur et la beauté de ses mélodies, il obtint la direction de lun des orchestres royaux et, en 1662, devint maître de musique de la famille royale. Lully modifia lécriture de son nom, reniant lorthographe italienne Lulli, afin de pouvoir passer, auprès du roi, pour le représentant de la musique française. Courtisan subtil, il sut conserver la faveur du souverain toute sa vie durant, nhésitant pas à faire écarter, parfois sans beaucoup de scrupules, ses rivaux potentiels, dont Marc-Antoine Charpentier. Lully composa dabord des ballets, tel Alcidiane (1658), pour la cour, et dansa aux côtés du roi dans bon nombre dentre eux. Collaborant avec Molière, il écrivit la partie musicale et chorégraphique de plusieurs comédies-ballets, notamment les Plaisirs de lisle enchantée et le Mariage forcé (1664), Monsieur de Pourceaugnac (1669) et le Bourgeois gentilhomme (1670). Exerçant un véritable monopole sur la vie musicale en France, il sut exalter les fastes et la pompe presque théâtrale de la cour de Louis XIV. En 1672, ses intrigues lui permirent dobtenir la direction et lexploitation exclusive de lAcadémie royale de musique. Suite page suivante … Quitter Sommaire

180 Louverture du ballet Alcidiane inaugura le style que lon nomma français. Lully utilisa lopposition lent-vif qui caractérisait le ballet de cour depuis le XVe siècle avec lalternance des danses (pavane-paillarde, allemande- courante). Son originalité fut de réunir ces deux mouvements en une seule structure harmonique. Il accentua fortement la pulsation binaire du premier, le commençant à la tonique (premier degré de la gamme) et lachevant sur la dominante (cinquième degré) ; il confia au second, généralement ternaire et fugué, la tâche de ramener le morceau à la tonalité initiale. La complémentarité des deux mouvements assura léquilibre et le dynamisme de lensemble. Au lieu de danses séparées, Lully composa une unité qui conservait la variété des moments tout en pouvant prétendre à la grandeur. En reproduisant le premier mouvement en guise de cadence (la conclusion dun morceau), il assura à ses œuvres une symétrie qui allait servir de référence à lesprit classique. Jusquà Lully, la musique était, à la cour de France, au service de la danse. Elle jouait les utilités, en explicitant par un ou deux couplets ce que le thème du ballet pouvait avoir dobscur. Lully parvint, dès le Ballet de Flore (1669), à composer une musique qui occupait le devant de la scène et dirigeait laction. Reprenant le rythme caractéristique de la démarche royale (une note longue, une note brève), il créa des airs qui se retenaient facilement. Il inséra des parties chantées, dépourvues dactions dansées, et changea progressivement le ballet de cour en opéra dansé. Prenant pour modèle les tragédies classiques de ses contemporains, Pierre Corneille et Jean Racine, il se lança dans une série dopéras, intitulés tragédies en musique une quinzaine environ, dont on retiendra Cadmus et Hermione (1673), Alceste (1674), Atys (1676), Persée (1682), Amadis de Gaule (1684), Armide (1686) et Acis et Galatée (1686). Ces partitions majestueuses et solennelles visaient avant tout à mettre en valeur la prosodie de la langue française, leurs ballets élaborés et leurs chœurs grandioses trouvant leur origine dans les danses de cour. Lécriture vocale, jamais virtuose, privilégiait la déclamation du texte, lorchestre jouant un rôle essentiel dans le dispositif. Il codifia ainsi les règles de lopéra français, qui devaient lui survivre pendant plus dun siècle. Quitter Sommaire

181 Witold Lutoslawski, ( ), compositeur polonais célèbre pour sa technique dodécaphoniste propre et ses éléments aléatoires. Né à Varsovie, il y étudia le piano, la composition et les mathématiques. Pendant la Seconde Guerre mondiale, après s'être échapppé d'un camp de prisonniers, il gagna sa vie comme pianiste de café et composait pendant la nuit. Ses premières œuvres, en particulier son Concerto pour orchestre (1954), indiquent l'influence du compositeur hongrois Béla Bartók dans leur utilisation d'idiomes populaires ; sa Musique funèbre (1958) est d'ailleurs dédiée à la mémoire de Bartók. La rencontre de Lutoslawski avec le compositeur américain d'avant-garde John Cage en 1961 l'influença fortement, l'amenant peu à peu à inclure des sections ad libitum dans ses compositions, dans lesquelles chaque instrument joue indépendamment des autres. Toutefois, tous les éléments sont composés et non improvisés ; seule la coordination rythmique précise des instruments est affectée. Ce principe devint alors l'une des composantes de la musique de Lutoslawski. La Symphonie n°2 (1967) fait apparaître un autre élément courant : une forme à deux mouvements, le premier étant une introduction et le second, plus riche, une ascension menant à une apogée. La série d'œuvres appelée Chain (1, 1983; 2, 1985; 3, 1986) reprend l'idée de parties indépendantes résonant simultanément mais pas ensemble : ici, chaque section de la musique empiète sur le début de la section suivante, comme les maillons d'une chaîne. Épitaphe pour hautbois et piano (1979) marque un tournant majeur dans l'évolution de Lutoslawski et le début d'un langage harmonique plus simple et moins dense. Bien que sa musique n'ait jamais été totalement gouvernée par le système dodécaphonique, elle utilisait jusque-là librement les douze notes, comme celle de Bartók, en particulier par petites cellules de trois notes. L'évolution de son œuvre dans les années 1980 correspond à un dépouillement de cette harmonie pour en arriver à l'essentiel plutôt qu'à un passage à un style plus tonal comme dans le cas de son compatriote Penderecki. Cette approche trouva sa réalisation dans la Symphonie n°3 (1983), le Concerto pour piano (1988) et la Symphonie n°4 (1992) qui fut sa dernière œuvre importante. Quitter Sommaire

182 Guillaume de Machaut (v ), important compositeur et poète français de la fin du Moyen Âge, principal défenseur du mouvement de l'Ars nova, qui voulait moderniser la musique polyphonique. Né à Machaut, en Champagne, il fut le chapelain et le secrétaire du roi Jean de Bohême ( ), avant de servir le roi de France, Charles V. En 1337, il devint chanoine à Reims. Ses longs poèmes narratifs et didactiques reflètent la rhétorique et les thèmes courtois de son époque. Ses courts poèmes lyriques firent mieux connaître les rondeaux, ballades et virelais, formes poétiques qui restèrent en faveur pendant plus dun siècle. Il composa également des musiques pour accompagner nombre de ses poèmes. La plupart des virelais quil mit en musique sont monophoniques (avec une seule ligne mélodique). Ses gracieux rondeaux et ballades polyphoniques (avec deux ou trois voix chantant des parties différentes) sont à la base de ce que fut le chant profane pendant le siècle suivant : une mélodie chantée, plutôt dans l'aigu, accompagnée de deux instruments jouant dans les graves. Sur ses vingt-trois motets, six sont basés sur des textes latins tirés de la liturgie et dix-sept sur des textes français profanes. Ils se composent de trois parties, avec des structures rythmiques complexes et des structures mélodiques imbriquées les unes dans les autres. On parle de structure isorythmique, cest-à-dire basée sur des cycles mélodiques et rythmiques indépendants et se superposant. Sa Messe de Notre-Dame à quatre voix (il fut le premier à écrire pour quatre voix) est la première messe polyphonique connue entièrement écrite par un seul musicien (les messes de ce type que l'on a pu retrouver sur des manuscrits antérieurs étaient toutes écrites par des groupes de compositeurs dont les copistes réunissaient les différentes partitions). Isorythmique elle aussi, elle est à la fois grandiose et austère, avec toutefois des rythmes dansants et des dissonances voulues. Quitter Sommaire

183 MAHLER Quitter Sommaire

184 Gustav Mahler, ( ), compositeur et chef d'orchestre autrichien dont l'œuvre, en conciliant avec une sensibilité unique le wagnérisme et la tradition viennoise, ouvrit la voie à la modernité musicale du XXe siècle. Né à Kalischt, dans la partie tchèque de ce qui était encore l'Empire autrichien, Gustav Mahler fut élève au conservatoire de Vienne de 1875 à 1878, et fit des études d'histoire et de philosophie à l'université de cette ville. Nommé dès 1880 assistant puis chef d'orchestre dans divers opéras de l'Empire ( Bad Hall, en 1880 ; Ljubljana, en 1882 ; Olmütz, en 1883 ; Prague, de 1885 à 1886 ; Budapest, de 1888 à 1891 ) et dans des théâtres lyriques allemands ( Leipzig, de 1886 à 1888 ; Hambourg, de 1891 à 1897 ), il devint le directeur artistique de l'opéra de Vienne en Resté en fonction pendant dix ans, qui comptent parmi les grandes périodes de cette institution de renommée internationale, il fut acculé à la démission en raison de ses conflits incessants avec les musiciens hostiles à ses méthodes autoritaires et des attaques virulentes dont il fut l'objet dans la presse viennoise. Sa notoriété internationale l'amena à diriger dans toute l'Europe et même à New York en Marié à l'une des muses de la Sécession viennoise, Alma Schindler, il côtoya toute sa vie le monde artistique de cette capitale musicale, non sans souffrir de l'antisémitisme ambiant. Il y mourut le 18 mai Suite page suivante … Quitter Sommaire

185 Prolongeant la tradition symphonique de Beethoven et de Brahms en y insufflant la modernité de Wagner et de Bruckner, les œuvres purement symphoniques de Mahler sont souvent de véritables récits. Il n'hésita pas à utiliser dans quatre de ses neuf symphonies et dans le célèbre Chant de la Terre ( 1908 ), des chœurs ou des voix de solistes, pour en accentuer l'aspect narratif. La Symphonie n°10 resta inachevée. Grand amoureux des textes et des voix, il composa des cycles de lieder orchestraux dont le Knaben Wunderhorn ( 1888 ) et les Kindertotenlieder ( « Chants des enfants morts », 1902 ) représentent de superbes illustrations. Il écrivit également des lieder pour voix et piano seul. Comme chez Wagner ou Bruckner, la musique de Mahler, même chantée, donne priorité à l'orchestre. Moins systématique que Wagner, il a su exploiter les ressources de chaque instrument, allant jusqu'à utiliser l'harmonium ou la mandoline. L'orchestration était pour lui un moyen de mettre en valeur les lignes mélodiques et de les combiner délicatement dans la plus grande clarté. Les symphonies de Mahler marquent l'apogée du postromantisme viennois. Divisées en larges mouvements, comme les chapitres d'un roman, elles durent souvent plus d'une heure et développent amplement chaque thème musical proposé, contrairement à ce que faisaient d'autres compositeurs à la même époque comme, par exemple, Sibelius. La musique de Mahler, fondée sur les innovations de Wagner, laisse cependant plus de place à la surprise et à l'accident. Une symphonie peut se terminer dans une clé différente de celle dans laquelle elle a commencé. Ce sont des constructions progressives et la musique ne cesse d'y évoluer selon de véritables parcours psychologiques où se heurtent des sentiments contradictoires, tels que le désespoir, l'optimisme ou l'ironie. La personnalité complexe de Mahler, analysée par Freud, se reflète dans ce dialogue perpétuel. La mélancolie de l'Adagietto de la Symphonie n°5, utilisé par Visconti dans son film Mort à Venise, contraste, par exemple, avec l'énergie du mouvement suivant. Longtemps méconnue, l'œuvre de Mahler est le miroir de la vulnérabilité humaine. Quitter Sommaire

186 Marin Marais, ( ), violiste et compositeur français, musicien ordinaire de la chambre du roi de 1679 à Élève du violiste français Augustin Dautrecourt dit Sainte-Colombe (deuxième moitié du XVIIe siècle) pour la basse de viole et de Jean-Baptiste Lully pour la composition, il fut un virtuose de la viole de gambe et publia de 1686 à 1725 cinq Livres de pièces à une ou deux violes avec basse continue, totalisant plus de cinq cents œuvres. Contrairement à son rival Forqueray, adepte du style italien, il cultiva le style français : dans sa Défense de la basse de viole (1740), Hubert le Blanc le compara à un ange, et Forqueray à un diable. Il composa aussi des opéras, dont la tragédie lyrique Alcione (1706), célèbre pour sa « Tempête ». Il eut dix-neuf enfants, parmi lesquels Roland (né en 1680), qui publia deux recueils de Pièces de violes (1735 et 1738), et Vincent, qui lui succéda à la cour. Quitter Sommaire

187 Bohuslav Martinú, ( ), probablement le plus célèbre compositeur tchèque de ce siècle après Leoš Janácek. Martinú, né à Policka fut l'élève du violoniste et compositeur Josef Suk et étudia en 1923 à Paris avec le compositeur français Albert Roussel, qui exerça sur lui une influence déterminante. Martinú vécut aux États-Unis de 1940 à 1946, période durant laquelle il commença à écrire la série de six symphonies qui combinent la tonalité dissonante et le style néoclassique de Roussel avec une sensibilité pour la musique populaire tchèque. Son Memorial à Lidice (1943), pour orchestre, sa sixième symphonie (1953) et son opéra Passion grecque (1958) sont parmi les plus appréciées de son œuvre. Quitter Sommaire

188 Pietro Mascagni, ( ), compositeur italien né à Livourne. Il étudia avec le compositeur italien Alfredo Soffredini. L'ouvrage le plus important de Mascagni est l'opéra Cavalleria rusticana ( 1890 ). Fondé sur une pièce de l'écrivain italien Giovanni Verga, c'est le type même du style d'opéra italien appelé vérisme ( ou «réalisme» ), dont Mascagni fut le chef de file et Ruggero Leoncavallo l'un des représentants. Mascagni a écrit dix-sept opéras, mais seuls Cavalleria rusticana et L'Amico Fritz ( 1891 ) sont régulièrement donnés et enregistrés aujourd'hui. Quitter Sommaire

189 Jules Massenet, ( ), compositeur français, auteur de nombreux opéras alliant simplicité et virtuosité, qui se distinguent par une solide construction dramatique. Né à Montaud, près de Saint-Étienne, Jules Massenet étudia d'abord le piano avec sa mère, avant d'être admis en 1851 au Conservatoire de Paris, où il obtint un premier prix en Concertiste dès 1858, il dut, pour gagner sa vie, accompagner au piano des chanteurs et tenir des pupitres de percussions (triangle et timbale) dans des orchestres symphoniques. Poursuivant l'étude de la composition au Conservatoire sous la direction d'Ambroise Thomas, Massenet fut récompensé en 1863 du premier prix de fugue et du premier Grand Prix de Rome pour sa cantate David Rizzio, qui fut jouée devant un jury dont Berlioz faisait partie. Durant les deux années qu'il passa à la villa Médicis, il composa un Requiem, des pièces symphoniques (Grande Ouverture de concert) et des mélodies (Poèmes d'avril). Grâce à sa pension, il entreprit des voyages qui lui inspirèrent notamment les Scènes napolitaines (1864) et les Scènes hongroises (1871). De retour à Paris, Massenet écrivit des suites orchestrales (Scènes pittoresques, 1871 ; Scènes dramatiques, 1873), ainsi qu'un opéra comique, Don César de Bazan, dont la présentation en 1872 n'eut que peu d'échos. Il fallut attendre 1873 et l'exécution au théâtre de l'Odéon de l'oratorio Marie-Magdeleine, une œuvre de jeunesse remaniée, pour que le compositeur connaisse enfin le succès. L'opéra le Roi de Lahore, auquel Massenet travailla de 1872 à 1877, renforça la notoriété du musicien ; il lui permit d'obtenir une chaire de composition au Conservatoire de Paris et d'entrer à l'Institut de France. Suite page suivante … Quitter Sommaire

190 Après avoir donné sa dernière suite orchestrale (Scènes alsaciennes, 1881), Massenet se consacra surtout à l'écriture d'opéras, souvent inspirés de grandes œuvres littéraires ou d'événements historiques. Parmi ses nombreux opéras figurent Manon (1884), le Cid (1885), Esclarmonde (1889), qui révèle l'influence de Richard Wagner, Werther (1892), Thaïs (1894), dont la « Méditation » devint un succès populaire, Sapho (1897) et Don Quichotte (1910). En 1894, le Portrait de Manon marqua le retour de Massenet à l'opéra-comique, tandis qu'au début du XXe siècle le compositeur puisa son inspiration dans l'Antiquité (Ariane, 1906 ; Bacchus, 1908 ; Roma, 1912 ; Cléopâtre, 1914). Werther et surtout Manon demeurèrent longtemps des œuvres aussi populaires que Carmen de Bizet. Parmi les 290 mélodies de Massenet, Élégie, tirée de sa suite les Érinyes (1873), est une des plus célèbres mélodies de la Belle Epoque. Ses mémoires, Mes souvenirs, publiés en 1912, sont un précieux témoignage sur l'art lyrique et la vie de son temps. Quitter Sommaire

191 Etienne Méhul, ( ), compositeur français. Arrivé à Paris en 1778, encouragé par Gluck, il obtint le succès avec Euphrosine et Corradin ( 1790 ), point de départ d'une production considérable. Auteur pendant la Révolution du célèbre Chant du départ ( 1794 ), inspecteur au Conservatoire et membre de l'Institut dès leur fondation ( 1795 ), il créa sous le Directoire, le Consulat et l'Empire ses ouvrages dramatiques les plus célèbres : le Jeune Henri ( 1797 ), les Deux Aveugles de Tolède ( 1806 ) et surtout Joseph ( 1807 ). Il utilisa la technique du leitmotiv dans Ariodant ( 1799 ) et influença Weber, Mendelssohn et Berlioz. Dans la première décennie du XIXe siècle, il fut le seul en France à se consacrer à la symphonie dont quatre nous sont parvenues intégralement ( en sol mineur, ré majeur, mi majeur et ut majeur ). Quitter Sommaire

192 Quitter Sommaire

193 MENDELSSOHN Quitter Sommaire

194 Felix Mendelssohn-Bartholdy, ( ), compositeur allemand, l'une des figures dominantes du romantisme du début du XIXe siècle en Europe. Né à Hambourg, d'origine juive, Jakob Ludwig Felix Mendelssohn-Bartholdy était le petit-fils du célèbre philosophe Moses Mendelssohn. ( Le nom de Bartholdy, tiré d'une propriété familiale, ne fut jamais d'usage courant. ) Pendant son enfance, en même temps que ses parents, il se convertit au protestantisme. Dès 1811, la famille s'installa à Berlin. Mendelssohn se produisit en public dès l'âge de neuf ans et exécuta ses premières compositions à onze ans. Deux de ses chefs-d'œuvre sont des pages d'extrême jeunesse : l'Octuor pour cordes ( 1825 ) et l'ouverture du Songe d'une nuit d'été ( 1826 ). Parmi ses professeurs, il compta le pianiste et compositeur tchèque Ignaz Moscheles ( ) et surtout le compositeur allemand Carl Zelter ( ), une personnalité dominante de la vie musicale berlinoise. C'est essentiellement grâce à l'action menée par Zelter que Mendelssohn put diriger en 1829 la première exécution depuis la mort de Jean-Sébastien Bach de la Passion selon saint Matthieu, dans une version fortement remaniée, il est vrai. Mendelssohn se produisit en tant que pianiste et chef d'orchestre surtout en Allemagne et en Angleterre, où il fut très apprécié par la reine Victoria et le prince Albert. Il fut directeur de la musique à Düsseldorf de 1833 à 1835, chef de l'orchestre du Gewandhaus de Leipzig ( à partir de 1835 ), et directeur de la musique du roi de Prusse Frédéric- Guillaume IV ( à partir de 1841 ). En 1842, il participa à la fondation du célèbre conservatoire de Leipzig. Sa santé commença à se détériorer gravement à la suite du décès de sa sœur, Fanny Mendelssohn Hensel, et il mourut quelques mois après elle, à Leipzig. Suite page suivante … Quitter Sommaire

195 Son intense activité de pianiste, de chef d'orchestre et d'enseignant n'empêcha pas Mendelssohn d'être un compositeur prolifique. De ses cinq symphonies, les plus connues sont la Symphonie italienne (1833) et la Symphonie écossaise ( 1843 ). Ses œuvres chorales comptent parmi les plus abouties du XIXe siècle, avec notamment les oratorios Paulus ( 1836 ) et Elijah ( 1846 ), qui ont joué un rôle important dans l'essor du chant choral amateur en Grande-Bretagne, ainsi que la cantate Die erste Walpurgisnacht ( « la Première Nuit de Walpurgis » ), d'après Goethe, composée en 1832 et révisée en Ses sonates, préludes et fugues pour orgue constituent la contribution la plus importante au répertoire de cet instrument depuis Jean-Sébastien Bach. Parmi ses œuvres majeures figurent également les Variations sérieuses ( 1841 ) pour piano ; diverses ouvertures, dont les Hébrides ( 1832 ), un Concerto en mi mineur pour violon ( 1844 ), deux concertos pour piano ( 1831, 1837 ) et les huit volumes de Romances sans paroles pour piano ( , dont certaines sont dues à sa sœur Fanny ). Mendelssohn utilisa les formes classiques, mais fut un des premiers à évoquer en musique le monde des fées et des elfes. Wagner vit en lui un « peintre de paysages de premier ordre », et il fut un des principaux artisans, en son temps, du « retour à Bach ». Quitter Sommaire

196 André Messager, ( ), compositeur et chef dorchestre français, qui favorisa la diffusion des œuvres contemporaines. Né à Montluçon, André Charles Prosper Messager fit des études de piano, dorgue et de composition à lécole Niedermeyer de Paris, où il fut lélève de Camille Saint-Saëns et de Gabriel Fauré, à qui il succéda en 1874 en tant que titulaire des orgues de Saint-Sulpice. Directeur musical de lOpéra-Comique de 1898 à 1903, il dirigea lOpéra de Paris de 1907 à Après une longue tournée aux États-Unis et en Argentine avec la Société des concerts du Conservatoire en 1918, il reprit la direction de lOpéra-Comique. En 1924, il se mit pour une saison au service des Ballets russes de Diaghilev. André Messager consacra sa carrière de chef dorchestre à la musique de son temps. Premier à monter en France le Crépuscule des dieux de Richard Wagner, il créa, en 1902, Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, à lOpéra- Comique, et exécuta, pour la première fois à Paris, Salomé de Richard Strauss. Comme compositeur, après sa Symphonie ( 1875 ) et son Prométhée enchaîné ( 1876 ), des œuvres récompensées par la Société des compositeurs et la Ville de Paris, il se tourna vers lopérette. George Bernard Shaw décrivit la «charmante vivacité» de la Basoche ( 1890 ) dAndré Messager, dont la musique sait «tenir le juste milieu» entre le grand opéra et lopéra bouffe. Comme en témoignent dautres œuvres à succès ( Véronique, 1898; Fortunio, 1907 ), il fut lun des principaux représentants de la comédie musicale adaptée au «goût français». Quitter Sommaire

197 MESSIAEN Quitter Sommaire

198 Olivier Messiaen, ( ), compositeur français contemporain dont l'œuvre est marquée à la fois par le thème de la nature et par une forte inspiration mystique chrétienne. Né à Avignon, Olivier Messiaen entra à onze ans au Conservatoire de Paris, où il eut pour maîtres Maurice Emmanuel, Paul Dukas (composition) et Marcel Dupré (orgue). Après avoir obtenu le premier prix dans trois disciplines (orgue, composition et improvisation), il fut nommé en 1931 organiste à l'église de la Trinité à Paris, où bientôt on se presserait pour entendre ses improvisations inédites. Prisonnier pendant la guerre à Görlitz, il y composa un de ses chefs-d'œuvre, le Quatuor pour la fin du temps (1941). Olivier Messiaen commença sa carrière de professeur en 1936 à l'École normale de musique et à la Schola cantorum. À partir de 1942, il dispensa son enseignement au Conservatoire de Paris où l'on créa pour lui, en 1947, une classe d'analyse et d'esthétique musicales qui se transforma assez vite en classe de composition. Son enseignement joua un rôle prépondérant dans l'histoire de la musique européenne d'après-guerre. En effet, il compta parmi ses élèves, de jeunes compositeurs tels que Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen et Yannis Xenakis. Il épousa en 1961 la pianiste Yvonne Loriod qui devint l'interprète de ses œuvres. Il mourut à Clichy en Suite page suivante … Quitter Sommaire

199 Dans ses œuvres, Messiaen, en gardant et même en amplifiant certaines normes classiques de la composition, a toujours cherché à suivre des règles universelles, celles qui s'appliquent à la fois à la mélodie, à l'harmonie et au rythme. Dans son livre, Technique de mon langage musical (1944), il explique l'utilisation systématique qu'il fit des « modes de transposition limitée », dont les structures harmoniques et rythmiques sont inspirées directement par la musique grecque et indienne. Les compositions écrites entre 1948 et 1952 reflètent un intérêt accru de Messiaen pour les techniques de composition sérielle, surtout appliquées à la division du temps et à la dynamique (Mode de valeurs et d'intensités, 1949). La nature représente cependant la principale source d'inspiration du compositeur : il parcourut le monde, en écoutant et transcrivant les chants de centaines d'oiseaux, qu'il intégra dans ses œuvres (Réveil des oiseaux, 1953, Oiseaux exotiques, 1956, Catalogue d'oiseaux, ). Son œuvre est également marquée par une intense foi catholique et par des méditations sur le mystère de l'amour humain (mythe de Tristan et Iseult). Ces sources différentes se rencontrent souvent, par exemple dans sa Turangalîla-Symphonie ( ), qui constitue le point culminant d'une série de compositions comprenant le Quatuor pour la fin des temps, Visions de l'Amen (1943), Trois Petites Liturgies de la présence divine (1944), Vingt Regards sur l'Enfant Jésus (1944). Turangalîla (du sanskrit lîla, « le jeu », surtout dans le sens du jeu de la vie et de la mort, et turang, « le temps qui court ») est une symphonie en dix parties, dans laquelle Messiaen enrichit l'orchestre classique avec de larges sections de percussions, donne un rôle clé au piano et ajoute la sonorité ésotérique des ondes Martenot, instrument électronique inventé dans les années 1920 par Maurice Martenot ( ). Parmi les autres œuvres majeures de Messiaen figurent la Nativité du Seigneur (1935) pour orgue, ainsi que les Offrandes oubliées (1930), Chronochromie (1960), Couleurs de la cité céleste (1963) pour orchestre et son unique opéra, Saint François d'Assise (1983). Quitter Sommaire

200 Giacomo Meyerbeer, ( ), compositeur allemand dont le sens dramatique exerça une certaine influence sur Richard Wagner. Meyerbeer, de son vrai nom Jakob Liebmann Beer, naquit à Berlin et eut pour principal professeur de composition un organiste allemand, l'Abbé George Joseph Vogler. Meyerbeer se rendit à Venise en 1815, et il y adopta le style mélodique du compositeur italien Gioacchino Rossini. Il écrivit par la suite six opéras de style italien dont le plus célèbre est Il Crociato in Egitto ( le croisé en Egypte, 1824 ). Il cessa alors de composer et s'installa à Paris où il étudia l'opéra français qui différait alors de l'opéra italien à cause de l'importance qu'il accordait aux cadres somptueux et aux ballets ( qui servaient d'interludes entre les différents actes ) et par la prédominance de la musique chorale et instrumentale sur les arias en solo. Il aborda également des sujets plus sérieux, généralement historiques. Dans la dernière partie de sa vie, Meyerbeer composa six opéras français qui établirent le style du «grand-opéra» qui devint célèbre dans toute l'Europe. Parmi ces opéras figurent Robert le Diable ( 1831 ), les Huguenots ( 1836 ), le prophète ( 1849 ) et, publié après sa mort, l'Africaine 1865 Quitter Sommaire

201 MILHAUD Quitter Sommaire

202 Darius Milhaud, ( ) compositeur et pédagogue français, membre du groupe des Six. Né à Aix-en-Provence, formé au Conservatoire de Paris, il accompagna au Brésil, en qualité de secrétaire, Paul Claudel, qui y était ambassadeur. Sont issues de cette période certaines de ses œuvres comme les ballets le Bœuf sur le toit (1918), l'Homme et son désir (1921) et la Création du monde (1923). Suivirent notamment deux opéras, le Pauvre Matelot (1926), sur un livret de Jean Cocteau, Christophe Colomb (1930), sur un livret de Paul Claudel. Dans une veine plus populaire, il faut citer notamment la Suite provençale (1936) et Scaramouche (1937). En 1940, Milhaud s'embarqua pour les États-Unis. Il enseigna la composition au Mill's College (Californie) et ne regagna la France qu'en Nommé professeur de composition au Conservatoire de Paris, il se partagea jusqu'en 1971 entre les deux pays. Il attacha son nom à la polytonalité et utilisa des structures rythmiques dérivées du jazz. Milhaud fut un des compositeurs les plus féconds de tous les temps (environ 450 numéros d'opus) ; il écrivit notamment douze symphonies, dix-huit quatuors à cordes, d'innombrables concertos et œuvres de chambre, mélodies, cantates, opéras, etc. Il rédigea une autobiographie, Notes sans musique (1949). Quitter Sommaire

203 Claudio Monteverdi, ( ), compositeur italien, figure de proue de la transition de la Renaissance au baroque, dont l'œuvre influença l'évolution de l'histoire de l'opéra. Né à Crémone, Claudio Monteverdi étudia la musique avec le célèbre théoricien Marco Antonio Ingegneri ( ), qui lui enseigna les techniques d'écriture, l'orgue, le violon, l'art vocal et l'art des madrigalistes. À l'âge dequinze ans, Monteverdi composa sa première œuvre, un ensemble de vingt motets à trois voix. Joueur de viole et chanteur, il entra en 1590 dans l'orchestre de la cour du duc de Mantoue. Dix ans plus tard, il y obtint le poste de maître de musique, ce qui le conduisit à redoubler son activité. Outre l'art des madrigalistes italiens de son temps, comme Carlo Gesualdo, des musiciens flamands influencèrent Monteverdi, qui accompagna le duc Vincent de Gonzague lors de son voyage dans les Flandres et dans ses campagnes contre les Turcs, notamment en Autriche et en Hongrie. En 1599, il épousa Claudia Cattaneo, une chanteuse à la cour de Mantoue, avec qui il eut trois enfants. En 1613, Monteverdi fut nommé maître de chapelle à Saint-Marc de Venise, l'un des postes musicaux les plus importants d'Italie, qu'il conserva jusqu'à la fin de sa vie. À partir de ce moment, il écrivit des motets, des madrigaux et des messes, mais aussi de nombreux opéras (dont beaucoup ont maintenant disparu), commandes des notables de Venise et des villes voisines. Ordonné prêtre en 1632, Monteverdi mourut à Venise à soixante-seize ans. Suite page suivante … Quitter Sommaire

204 En 1587, Monteverdi écrivit son Premier Livre de madrigaux où prédomine une atmosphère pastorale et, en 1605, il avait déjà composé cinq livres de madrigaux. Ceux-ci montrent une brusque transition entre la texture fluide et lisse des deux premiers livres (1587 et 1590), influencés par Marenzio, et l'approche plus dissonante, incisive et irrégulière des troisième et quatrième (1592 et 1603), mettant en évidence la signification de chacun des mots du texte, qui révèle l'influence de Jacques de Wert (v ), avec qui il fut en contact lorsqu'il entra au service du duc de Mantoue. À cette époque, il commença à s'intéresser aux expériences inaugurées par le compositeur de drames musicaux Jacopo Peri ( ), alors directeur de la musique à la cour des Médicis, et à des œuvres d'autres compositeurs novateurs. Le langage harmonique de Monteverdi fut l'objet de controverses, lorsque le chanoine Giovanni Maria Artusi écrivit en 1600 un essai attaquant, entre autres œuvres, deux de ses madrigaux qu'il qualifiait d'« insupportables à l'oreille ». Ces œuvres dépassaient les limites de la polyphonie équilibrée vers laquelle tendait la composition à la Renaissance. Les dissonances créées par l'ornementation et l'indépendance des voix étaient, selon lui, contraires aux règles strictes du contrepoint. Avec ses nouvelles combinaisons harmoniques qui alliaient le diatonique l'emploi de la gamme de sept notes qui ne contient que deux demi-tons et le chromatique, il rompait, en effet, avec l'unité modale qui, pour Artusi, devait être l'essence même de l'œuvre. Dans ses compositions, Monteverdi cherchait à lier l'harmonie, le rythme et le texte afin de produire une melodia dont l'expression épouse la poésie du texte. En 1607 fut représenté le premier drame musical de Monteverdi, Orfeo. Cet opéra, qui surpassait toutes les tentatives de drames musicaux précédentes, représente probablement la contribution la plus importante au développement de l'opéra et le fit reconnaître comme une forme sérieuse d'expression musicale et théâtrale. À travers une utilisation habile des inflexions de la voix, Monteverdi cherchait à exprimer l'émotion comme elle aurait été exprimée par un bon acteur, pour obtenir un langage chromatique d'une grande liberté d'harmonie. L'orchestre, considérablement agrandi et varié, était employé non seulement pour accompagner les chanteurs, mais aussi pour créer l'atmosphère des différentes scènes et renforcer l'évolution du drame. La partition elle-même contient quatorze pièces orchestrales indépendantes. Orfeo obtint un grand succès auprès du public et, avec son opéra suivant, Arianna (1608), dont ne subsiste que l'admirable lamento, la réputation de Monteverdi comme compositeur d'opéra fut définitivement établie. Suite page suivante … Quitter Sommaire

205 Sa musique religieuse puisait dans toute une gamme de styles, depuis la polyphonie à l'ancienne de la Messe de 1610 jusqu'à la musique vocale virtuose venue de l'opéra et à l'écriture des chorals (dérivée des compositions des prédécesseurs de Monteverdi à Venise, Andrea Gabrieli et Giovanni Gabrieli). On trouve ces deux derniers styles dans les Vêpres de la Vierge, qui datent aussi de 1610 et constituent une de ses œuvres les plus connues de nos jours. Dans ses Sixième, Septième et Huitième Livres de madrigaux ( ), Monteverdi s'éloigne encore plus de l'idéal de la polyphonie à voix égales de la Renaissance pour aborder de nouveaux styles mettant l'accent sur la mélodie, la ligne de basse et le support harmonique, ainsi que sur la déclamation personnelle ou théâtrale. Son Huitième Livre de madrigaux comprend, entre autres, les admirables Madrigali guerrieri e amorosi (1638), véritables cantates qui constituent davantage des scènes lyriques que des madrigaux à proprement parler, dont le Combat de Tancrède. En 1637 s'ouvrit, à Venise, le premier théâtre lyrique public, et Monteverdi écrivit une nouvelle série d'opéras, dont deux nous sont parvenus : le Retour d'Ulysse (1641) et le Couronnement de Poppée (1642). Composés à la fin de sa vie, ils comportent des scènes d'une grande intensité dramatique dans lesquelles la musique, tant vocale qu'orchestrale, reflète les pensées et les émotions des personnages. Avec le Couronnement de Poppée, les principes de l'opéra apparaissent clairement définis. Scènes comiques, chansons populaires, duos, etc. témoignent, de par leur diversité, d'un genre qui veut s'ouvrir à un public de plus en plus large. Ces deux opéras influencèrent par la suite nombre de compositeurs d'opéras, dont Gluck et Wagner. Quitter Sommaire

206 MOUSSORGSKI Quitter Sommaire

207 Modest Petrovitch Moussorgski, ( ), compositeur nationaliste russe comptant parmi les plus originaux et les plus influents du XIXe siècle. Né le 21 mars 1839, à Karevo, Moussorgski reçut ses premières leçons de piano de sa mère puis d'Anton Herke professeur au Conservatoire impérial à Saint-Pétersbourg. En 1852, il entra à l'école des Cadets de la garde impériale et écrivit la même année une partition pour piano, Porte-enseigne Polka. Son diplôme obtenu ( 1856 ), il entra au régiment de la Garde qu'il quitta en 1858 pour se consacrer à la composition. En effet, Moussorgski avait rencontré le compositeur nationaliste russe Alexandre Dargomyjski qui l'avait introduit auprès de Balakirev et de César Cui ( ), relations d'amitié qui s'étendirent à Borodine et à Rimski- Korsakov constituant ainsi un cercle qui fut plus tard appelé les Cinq. Le porte-parole de ce groupe était le critique musical Vladimir Stassov, ardent défenseur de la musique nationale russe. Ce groupe des Cinq, influencé par les compositeurs Glinka, Schumann, Berlioz, Liszt et Wagner, contribua au renouveau de la musique russe. À partir de 1863, suite à l'abolition du servage qui ruina sa famille, Moussorgski dut travailler en tant qu'employé administratif pour subvenir à ses besoins. L'insuccès que connurent ses œuvres, sa situation difficile l'incitèrent à s'adonner à l'alcoolisme. Il mourut à l'hôpital militaire de Saint-Pétersbourg le 28 mars Suite page suivante … Quitter Sommaire

208 D'un point de vue musical, Moussorgski fut essentiellement un autodidacte, à l'exception de certains enseignements qui lui avaient été prodigués par Mily Balakirev pour les questions de forme et Nikolaï Rimski-Korsakov pour les problèmes d'harmonie. Ses harmonies audacieuses et peu orthodoxes s'appuyaient sur les gammes de la musique folklorique russe. Ses chansons, qui figurent parmi les plus belles du XIXe siècle, reflètent son désir de reproduire les rythmes et les contours de la langue russe en utilisant une mélodie naturelle. Il en est de même de son chef-d'œuvre, l'opéra Boris Godounov, d'après la tragédie de l'auteur russe Alexandre Pouchkine. Terminé en 1868 et produit pour la première fois, après des modifications considérables, en 1874, cet opéra est une œuvre monumentale, inhabituelle dans son utilisation musicale et dramatique du chœur et fort admirée pour sa finesse psychologique et son évocation du peuple russe. Beaucoup des œuvres de Moussorgski ont été revues et finalement ré-orchestrées et parfois réharmonisées par Rimski-Korsakov. Ces dernières années, de nombreux interprètes ont repris les originaux de Moussorgski. Parmi les autres œuvres de Moussorgski figurent la suite pour piano Tableaux d'une exposition ( 1874, orchestrée en 1922 par le compositeur français Maurice Ravel ), le poème symphonique Une nuit sur le mont Chauve (1867), les cycles de chansons la Chambre d'enfants ( 1872 ) et Chants et danses de la mort ( 1875 ) ainsi que deux opéras inachevés : Khovanchtchina, terminé par Rimski-Korsakov et la Foire de Sorotchinsky, terminé par Cui. Quitter Sommaire

209 Quitter Sommaire

210 MOZART Quitter Sommaire

211 Wolfgang Amadeus Mozart, ( ), compositeur autrichien, parmi les grands musiciens de la période classique. Son œuvre inépuisable et son extrême sensibilité ont fait de lui l'un des génies marquants de la musique occidentale. Né le 27 janvier 1756 à Salzbourg, il y fut baptisé sous le nom de Johannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus Mozart. Son père, Leopold Mozart, se chargea de son éducation musicale. Il était chef d'orchestre à la cour de l'archevêque de Salzbourg ainsi que violoniste et compositeur. Dès l'âge de six ans, Mozart devint un virtuose du pianoforte, l'ancêtre du piano, et du violon. Il étonnait par sa capacité à improviser, à déchiffrer et à mémoriser les partitions. Il composa cinq courtes pièces pour pianoforte qui sont restées célèbres. En 1762, son père décida de l'emmener en tournée dans les cours d'Europe, où on lui fit un triomphe. Ces voyages furent éprouvants pour l'enfant. De cette époque datent les premières sonates pour clavecin et violon ( 1763 ), une symphonie ( 1764 ) et un premier essai d'opéra bouffe, La Finta Semplice ( 1768 ). Décoré par le pape de l'ordre de lEperon d'or, il fut aussi nommé maître de concert auprès de l'archevêque de Salzbourg en Cette année-là, il composa Bastien et Bastienne, un Singspiel, sorte d'opéra miniature en allemand et, en 1770, on lui commanda son premier opera seria, un opéra sérieux, d'inspiration antique. Ce Mithridate, Re di Ponte, créé à Milan, assura à Mozart un succès international en tant que compositeur.De retour à Salzbourg, Mozart réussit à s'imposer, malgré le peu d'intérêt pour la musique du nouvel archevêque. Les larges loisirs que lui laissaient sa charge de maître de concert lui permirent de se consacrer à la composition. Mais la survie financière de la famille n'allait pas sans mal et, en 1777, Mozart, accompagné de sa mère, repartit en tournée dans les cours allemandes et à Paris. Suite page suivante … Quitter Sommaire

212 À la recherche d'un poste stable dans une cour d'Europe, Mozart connut plusieurs déceptions. Attiré par le prestige musicale de la ville, il gagna Mannheim où il espérait être reconnu. Il y tomba amoureux de la chanteuse Aloysia Weber. Incompris, rejeté, Mozart et sa mère rejoignirent Leopold à Paris. Echec amoureux, difficultés financières, Mozart fut marqué par l'arrogance des aristocrates et vécut la mort de sa mère à Paris comme un drame intime. Le retour à Salzbourg en 1779 mit fin à la période la plus sombre de la vie du compositeur. Messes, sonates, concertos, symphonies, Mozart fut au fait de sa maturité musicale. Il sut inventer un style particulier et se mit à exploiter de nouveaux moyens musicaux. Le succès d'Idoménée ( 1781 ) lui assura les faveurs de la cour salzbourgeoise jusqu'à ce que les intrigues l'obligent à partir pour Vienne. Aidé par quelques amis, il espérait y vivre en donnant des leçons. C'est à cette époque que l'empereur d'Autriche, Joseph II, lui passa commande d'un nouveau Singspiel en allemand. Mozart, s'inspirant des « turqueries » alors en vogue, composa L'Enlèvement au sérail en 1782, année où il épousa finalement la sœur d'Aloysia, Constance Weber. La pauvreté et la maladie rythmèrent la vie du nouveau couple Mozart. En collaboration avec le grand librettiste Lorenzo Da Ponte, Mozart put enfin donner la pleine mesure de son talent avec des opéras comme Les Noces de Figaro ( 1786 ), Don Juan ( 1787 ) et Cosi fan tutte ( 1790 ). Si le succès à Prague de Don Juan fut retentissant, Mozart continua de souffrir de l'indifférence viennoise. Seule une commande impériale, l'opera seria La Clémence de Titus ( 1791 ), sur un livret de Métastase, rendit à Mozart un peu d'espoir. Alors qu'il travaillait à un nouveau Singspiel sur un thème féerique, La Flûte enchantée ( 1791 ), Mozart reçut, selon la légende, la visite d'une femme vêtue de noir qui lui commanda un requiem. Il laissa inachevé cette œuvre ultime et sombre, et mourut à Vienne le 5 décembre 1791 des suites d'une insuffisance rénale. Sous une pluie battante, le maigre cortège des fidèles se dispersa, abandonnant le corps de Mozart à la fosse commune. Ses dernières symphonies furent créées sous la direction d'un autre compositeur et son élève Franz Xaver Süssmayr ( ) paracheva la composition du Requiem. Suite page suivante … Quitter Sommaire

213 Sa mort prématurée et le relatif insuccès de sa carrière n'ont pas empêché Mozart de devenir l'un des musiciens les plus célèbres au monde. L'importance quantitative ( plus de 600 œuvres ) et qualitative de la musique mozartienne démontra une immense puissance d'imagination et ce, dès son plus jeune âge. Il a abordé tous les genres avec talent : symphonies, musique de chambre, œuvres pour pianoforte et concertos, mais aussi musique vocale, des fameux « Airs de concert » aux œuvres religieuses, sans oublier bien sûr l'opéra. Il composait avec une facilité déroutante et souvent sans corriger ses partitions, son intuition première étant souvent la meilleur. Son œuvre a su réconcilier la légèreté italienne et le savoir-faire contrapuntique des Allemands pour inventer cette synthèse musicale que l'on a appelée le style « classique », typique de la fin du XVIIIe siècle. Claire, concise, équilibrée, il souffle la vie dans la musique de Mozart, au travers de ce que l'on appelle la pulsion mozartienne, une puissance de rythme et d'inspiration qui rappelle les battements du cœur. Passant de la légèreté à la gravité, les concertos sont de beaux exemples de contrastes et de la richesse des couleurs. Dans ses opéras, Mozart a su créer pour la première fois de vrais personnages, humains et fragiles, loin des chevaliers emplumés de l'opéra baroque. Entre force et tendresse, entre gaieté et tragédie, le langage de Mozart est universel. Suite page suivante … Quitter Sommaire

214 SES PRINCIPALES OEUVRES Quitter Sommaire

215 Carl August Nielsen, ( ), compositeur danois, célèbre pour son opéra-comique Mascarade. Né à Nørre Lyndelse, près d'Odense, il étudia avec le célèbre compositeur danois Niels Gade, au Conservatoire de Copenhague (Royal Conservatory), où il enseigna à partir de Il dirigea l'Opéra royal de Copenhague et joua comme violoniste dans l'orchestre de la Chapelle Royale. Nielsen est surtout connu pour ses six symphonies (écrites entre 1892 et 1925 ), qui reflètent son intérêt croissant pour le contrepoint (superposition de dessins mélodiques) et le chromatisme (utilisation d'accords étrangers à la clé), qui se fondent dans des harmonies non chromatiques à des points culminants, et pour la tonalité progressive (également utilisée, dans une certaine mesure, par Mahler), dans laquelle la musique commence dans une clé et s'en écarte progressivement pour finir dans une autre, au lieu de revenir dans la clé initiale, ce qui pourtant fut considéré, au cours du siècle précédent, comme un moyen essentiel d'unification d'une œuvre symphonique. La symphonie n° 5 (1922) fait appel à une technique aléatoire avant l'heure : à un point précis, la caisse claire doit improviser et étouffer l'orchestre. Tout comme Sibelius, Nielsen démontrait ainsi qu'il était toujours possible, après la Première Guerre mondiale, d'écrire des œuvres tonales de grande ampleur sans avoir recours au néoclassicisme. Parmi ses autres œuvres figurent sa première cantate Hymnus Amoris (1896), sur son propre texte traduit en latin ; deux opéras, Saül et David (1901) et Mascarade (1906) de la musique de chambre des hymnes danois et des chansons scolaires. Il écrivit un ouvrage biographique, Mon enfance (1927). Quitter Sommaire

216 NONO Quitter Sommaire

217 Luigi Nono, ( ), compositeur italien, célèbre pour ses techniques avancées et son engagement politique à gauche, adhésion qu'il exprima totalement au travers de sa musique. Né à Venise, il reçut une formation musicale des compositeurs italiens Gian Francesco Malipiero et Bruno Maderna. Nono fut mondialement reconnu pour ses cantates dodécaphoniques. Il canto sospeso ( le Chant suspendu, 1956 ). Dans les années 1960, il se tourna vers la musique électronique. Pour dénoncer l'exploitation de la classe ouvrière, il utilisa des enregistrements réalisés dans des fonderies et les intégra à son œuvre La fabbrica illuminata ( l'Usine illuminée, 1964 ) pour voix et bande magnétique. Sa protestation politique s'exprima dans ses opéras Intolleranza ( 1960; révisé en 1970 ), dédié à son beau-père, le compositeur autrichien Arnold Schoenberg, et dans Song for Vietnam ( 1973 ). Quitter Sommaire

218 Johannes Ockeghem, ( v v ), compositeur franco-flamand, l'un des maîtres de l'école flamande de sa génération, qui domina la musique des débuts de la Renaissance. On pense qu'il fut l'élève du célèbre compositeur de la même école, Gilles Binchois. Ockeghem servit en tant que premier chanteur auprès de trois rois de France : Charles VII, Louis XI et Charles VIII. À sa mort, son élève Josquin des Prés composa, selon la tradition, une Déploration ( lamento ) et une épitaphe du philosophe Érasme fut mise en musique par le compositeur français Johannes Lupi. Les messes, motets et chansons ( mélodies profanes ) d'Ockeghem témoignent d'une grande maîtrise de l'art du contrepoint imitatif. Sur les quatorze messes qui nous sont parvenues, la Missa prolationum est entièrement bâtie sur des canons, qui représentent la forme la plus parfaite de l'imitation. Une autre, la Missa cujusvis toni, est écrite sans clés, c'est-à-dire qu'elle peut être transposée dans n'importe quel mode. Ockeghem aurait écrit un motet pour trente-six voix, mais qui ne nous est pas parvenu. En revanche, sa Missa pro defunctis est le requiem polyphonique le plus ancien qui soit conservé ( celui de Dufay, qui lui est antérieur, est perdu ). Environ dix motets et vingt chansons d'Ockeghem ont survécu, mais il ne s'agit probablement que d'une toute petite partie de l'œuvre qui fit de lui l'un des compositeurs les plus renommés de son temps. Quitter Sommaire

219 OFFENBACH Quitter Sommaire

220 Jacques Offenbach, ( ), violoncelliste et compositeur français auteur d'opérettes qui constituent une satire de la politique et des travers du second Empire. Né à Cologne, en Allemagne, Offenbach étudia le violon puis le violoncelle dès l'âge de neuf ans. Il arriva à Paris en 1833, continua ses études de violoncelle au Conservatoire de Paris ( ) et devint violoncelliste à l'orchestre de l'Opéra-Comique de Paris avant d'avoir une carrière de soliste de musique de chambre. Par la suite, il dirigea la musique à la Comédie-Française ( ) où sa Chanson de Fortunio pour l'œuvre le Chandelier d'Alfred de Musset connut un vif succès. Puis il dirigea les Bouffes-Parisiens ( ) et le théâtre de la Gaîté-Lyrique ( ). Offenbach conquit le public parisien avec ses œuvres Orphée aux enfers (1858) et avec la Belle Hélène (1864). Il collaborait pour l'écriture de ses livrets avec les écrivains français Ludovic Halévy ( ) et Henri Meilhac ( ) : Barbe-Bleue (1866), la Vie parisienne (1866), la Grande Duchesse de Gérolstein (1867) et la Périchole (1868). Toutes ces opérettes remportèrent un immense succès dans le public parisien du second Empire. La défaite de 1870 et la chute du second Empire firent perdre à Offenbach un public féru de satire sociale. Il fit une tournée aux États-Unis en 1876 et publia à son retour des Notes d'un musicien en voyage (1877) et Offenbach en Amérique (1877). Offenbach mourut le 5 octobre 1880 avant d'avoir achevé son chef-d'œuvre les Contes d'Hoffmann qui fut représenté à l'Opéra-Comique en février 1881 et remporta un vif succès qui s'étendit rapidement à l'étranger. Le style musical d'Offenbach est essentiellement léger et drôle. Grâce à ses opérettes, terme qu'il inventa pour la Rose de Saint-Flour en 1856, le genre se répandit dans le monde, et Offenbach fit des émules comme Johann Strauss fils, Arthur Sullivan et Franz Lehár et finalement les auteurs de comédie musicale au XXe siècle. Toutefois, certaines œuvres orchestrales d'Offenbach, et notamment son concerto pour violoncelle, révèlent des surprises : on y décèle une fibre douloureuse et sentimentale troublante, car quasiment romantique etc. Quitter Sommaire

221 Carl Orff, ( ), compositeur allemand, célèbre pour son œuvre théâtrale et pédagogique. Né le 10 juillet 1895 à Munich, il fit ses études musicales dans la capitale de la Bavière et, en 1924, fonda avec Dorothea Günther la Günther Schule, afin de former les enfants à la musique, la danse et la gymnastique. Son Schulwerk (recueil d'éducation musicale, , révisé en ) est une série d'exercices gradués qui vont des rythmes simples à des pièces d'ensemble pour xylophones, carillons et autres instruments à percussion. Dans son célèbre oratorio scénique Carmina burana (1937), il utilise des poèmes du XIIIe siècle et crée une musique délibérément simple, pour grand orchestre et chœur, articulée autour de pulsations et de rythmes vigoureux, aux sonorités riches. Cette œuvre constitue la première partie d'une trilogie intitulée Trionfi (les Triomphes), qui comprend les Catulli carmina « cantate d'après Catulle », 1943), pour chœur, voix solo, pianos et percussions, dans laquelle le chœur fournit un accompagnement quasi instrumental aux solistes, et Trionfo di Afrodite (le Triomphe d'Aphrodite, 1953), pour grand orchestre et chœur. Cette trilogie est fondée sur des textes glorifiant l'amour. Parmi ses autres titres, citons les opéras Der Mond (la Lune, 1939) et Die Kluge (la Femme avisée, 1943), tous deux inspirés par les Contes de Grimm, et l'austère Antigonae (1949) qui, sur le texte de Sophocle (traduit en allemand par Hölderlin), cherche à retrouver la dimension de la tragédie grecque Quitter Sommaire

222 Johann Pachelbel, ( ), organiste et compositeur allemand, auteur d'un canon resté célèbre. Précédant la génération de J.S. Bach, il eut sur ce dernier une influence considérable. Ce dernier s'inspira beaucoup de son œuvre. Il occupa des fonctions importantes à Vienne (il fut, entre autres, titulaire de l'orgue de la cathédrale Saint Stephen), ainsi qu'à Eisenach, où il fit la connaissance du père de Bach, et à Nuremberg, sa ville natale. Il réalisa une synthèse heureuse entre les diverses esthétiques en introduisant, dans le sud de l'Allemagne, région catholique, un style virtuose pour piano typiquement autrichien et des pièces chorales d'Allemagne du Nord, région protestante. Son œuvre est composée de suites, de variations chorales et de cantates chorales. Quitter Sommaire

223 PAGANINI Quitter Sommaire

224 Niccolò Paganini, ( ), compositeur italien et violoniste, qui marqua de nombreux compositeurs de son temps par sa virtuosité. Né à Gênes en octobre 1782, il apprit les premiers éléments du violon avec son père « qui était d'oreille fausse, mais passionné pour la musique », écrira Paganini. Il composa, à l'âge de huit ans, des Variations sur la Carmagnole ( 1790 ) et donna son premier concert public dès l'âge de douze ans. En 1795, il partit à Parme pour étudier le violon avec Rolla et la composition avec Paër ( ). Il repartit pour Gênes ( 1796 ) et donna des concerts à Livourne, Modène. En 1801, il s'installa à Lucques et devint violon solo de l'Orchestre national. À l'arrivée de la sœur de Napoléon, la princesse Elisa Baciocchi grande duchesse de Toscane, la vie musicale fut réorganisée. Paganini occupa le poste de second violon avant de devenir violon solo de la Cour ( 1807 ). En 1809, il quitta la cour de Lucques pour entamer une tournée en Italie où il connut un immense succès. Il eut un fils, Achille, en En 1827, il est fait chevalier de l'Éperon d'or par le pape Léon XII. En 1828, il fit sa première tournée à Vienne, où il obtint le titre honorifique de virtuose de chambre par l'empereur, et à Berlin. En 1831, il donna ses premiers concerts parisiens et londoniens, avant de faire une tournée dans toute l'Angleterre ( ). À partir de 1834, Paganini, malade, ne donna plus que des concerts sporadiques avant de mourir auprès de son fils, à Nice, le 27 mai Paganini était d'une très grande virtuosité et influença de nombreux compositeurs de son temps, ainsi Schubert, Chopin, Schumann, Liszt, Rossini. Sa virtuosité, sa technique prodigieuse, son utilisation particulière de son instrument, en accordant par exemple la corde de la de son violon un demi-ton plus haut, ou encore en jouant la Danse des sorcières sur une seule corde, lui assurèrent un immense succès. Ses œuvres les plus importantes sont les vingt-quatre Caprices pour violon seul ( 1805 ), la Danse des sorcières ( 1813 ), le Moto perpetuo pour violon et orchestre, ses six Concertos pour violon et ses trente Sonates « de Lucques » pour violon et guitare ( ). Toutes ses compositions sont d'une rare difficulté d'interprétation. Quitter Sommaire

225 Giovanni Pierluigi da Palestrina, ( v ), compositeur italien, l'un des plus grands compositeurs de la Renaissance. Il naquit dans la ville de Palestrina, au sud-est de Rome. Il étudia le chant à l'église Sainte-Marie-Majeure de Rome à partir de 1537 environ. En 1544, il fut nommé organiste et chef de chœur à la cathédrale de Palestrina, fonction qu'il quitta en 1551 pour devenir maître de la chapelle pontificale, à Saint-Pierre de Rome. Il occupa ensuite plusieurs autres postes à Rome, à Saint-Jean-de-Latran ( ), à Sainte-Marie-Majeure ( ), ainsi que dans un collège de jésuites ( ). De 1567 à 1571, il organisa les concerts du cardinal Hippolyte d'Este à la villa de Tivoli. En 1571, il reprit son poste à Saint-Pierre, où il resta jusqu'à sa mort. Sa musique est imprégnée du caractère mystique et rituel de l'Église. La sérénité du style de Palestrina s'explique par plusieurs raisons techniques. Sa musique est vocale. Aucune partie n'est écrite spécifiquement pour des instruments. Toutes les voix présentent un caractère similaire, ce qui produit un son homogène. Cette musique est presque toujours contrapuntique, homophonique, avec des lignes mélodiques d'égale importance. Bien que Palestrina n'ait utilisé qu'un nombre restreint d'accords, il a modifié l'espacement des notes de chaque accord à l'intérieur des différentes voix. Il a ainsi introduit des variations subtiles tout en maintenant un sentiment général d'homogénéité. Sur le plan rythmique, il a évité l'impression d'une pulsation marquée en donnant à chaque partie ses propres accents indépendamment des autres et en plaçant subtilement les notes dissonantes, ou instables, sur les temps faibles d'une mesure et les notes consonantes, ou stables, toujours sur des temps forts. Enfin, ses lignes mélodiques se déroulent en longues volutes douces dans lesquelles les écarts importants sont compensés par un retour au centre de la courbe. La musique religieuse de Palestrina inclut 102 messes, 250 motets, 35 magnificats, 68 offertoires, 45 hymnes et bien d'autres pièces. Son second mariage avec une riche veuve en 1581 lui permit de publier une quantité impressionnante de sa musique de son vivant ( seize collections dans les treize dernières années de sa vie ). Ses œuvres profanes comprennent de nombreux madrigaux. Quitter Sommaire

226 Krzysztof Penderecki, (1933- ) compositeur éclectique polonais, qui fut l'un des plus importants de la seconde partie du XXe siècle. Né à Débica, il fit ses études puis enseigna à Cracovie. Ses œuvres, admirées pour eur puissance et leur humanité, utilisent aussi bien les techniques instrumentales d'avant-garde, la musique aléatoire, le quart de ton et les harmonies traditionnelles, que le contrepoint de la Renaissance. Thrène (1961), écrit à la mémoire des victimes d'Hiroshima et composé pour 52 instruments à cordes, doit une partie de son impact à des effets comme des notes étranges jouées aléatoirement mais toujours dans les aigus et à des glissandi de demi-tons groupés. Pour des œuvres du même ordre ainsi que pour la Symphonie n° 1, il a mis au point de nouveaux modes de notation musicale. Parmi d'autres œuvres importantes, on trouve Dimensions du temps et du silence (1961), pour orchestre et chœur, qui comporte des parties sifflées, des chuintements et des rythmes vocaux fondés sur la percussion ; Dies Irae (1967, à la mémoire des victimes d'Auschwitz) ; et la Passion selon saint Luc (1966), qui exploite le système dodécaphonique comme des éléments tirés du grégorien et du baroque. Une suite à la Passion selon saint Luc, Utrenia ( ), rappelle le rituel orthodoxe. Penderecki a écrit plusieurs opéras, dont les Diables de Loudun (1968) et le Paradis perdu (1978), inspiré du célèbre poème de John Milton. Dans des travaux récents, dont la Symphonie n° 2 (1980) et la Messe, il a exploré une esthétique romantique en utilisant un cadre harmonique néo- tonal. Quitter Sommaire

227 Jean-Baptiste Pergolèse, ( ), compositeur italien, qui contribua à lessor de lopéra-comique et dont le Stabat Mater compte parmi les plus belles œuvres sacrées du XVIIIe siècle. Né à Jesi, près dAncône, Giovanni Battista Pergolesi, dit en français Jean-Baptiste Pergolèse, étudia au conservatoire de Naples. Après un drame sacré, la Conversion de saint Guillaume dAquitaine (1731), il composa un opéra, Alessandro Severo (1732). La qualité mélodique et la limpidité de ses phrases musicales lui permirent dinaugurer un nouveau genre, lopera buffa, ou opéra-comique, dont il donna un modèle dans il Prigioniero superbo (1733). Lintermezzo de cette œuvre, la Serva padrona (la Servante maîtresse, 1732), fut à lorigine, lors de sa représentation à Paris, vingt ans plus tard, de la célèbre querelle des Bouffons, au cours de laquelle saffrontèrent, en 1752, les partisans de lopera buffa italien (défendu par les encyclopédistes), et ceux de lopéra français, hérité de Lully. En 1734, Pergolèse fut nommé chef de chœur à léglise de Loreto, mais la tuberculose le força à se retirer à Pouzzoles, au couvent des Capucins, où il mourut à vingt-six ans. Les œuvres de ses deux dernières années comprennent les opéras Adriano in Siria (1734), lOlimpiade (1735), il Flaminio (1735) et des œuvres religieuses, comme la Messe en fa (1734), le Salve Regina (1736) pour voix de sopranos, et le Stabat Mater (1736), sa composition pour chœur et orchestre probablement la plus achevée. Après sa mort, sa musique est devenue si populaire que de nombreuses œuvres écrites par dautres lui ont été faussement attribuées par les éditeurs. En 1919, Stravinski sinspira de Pergolèse pour son ballet Pulcinella Quitter Sommaire

228 POULENC Quitter Sommaire

229 Francis Poulenc, ( ), compositeur et pianiste français, membre du groupe de compositeurs connu sous le nom de « groupe des Six » et auteur du Carnaval des animaux. Né à Paris, Poulenc avait étudié le piano avec plusieurs professeurs célèbres, dont Ricardo Viñes, mais il était autodidacte en ce qui concerne la composition. Sa première œuvre publiée, Rapsodie nègre (1917), pour solo vocal et orchestre de chambre, parut alors qu'il servait dans l'armée française pendant la Première Guerre mondiale. Elle fut jouée au Théâtre du Vieux-Colombier. En 1920, Poulenc, fortement influencé par les œuvres d'Erik Satie ( ), forma avec cinq autres compositeurs, Georges Auric ( ), Louis Durey ( ), Arthur Honegger ( ), Darius Milhaud ( ) et Germaine Tailleferre ( ), le groupe des Six, en rébellion contre l'influence de compositeurs français conservateurs comme Vincent d'Indy, l'impressionnisme de Debussy et de Ravel, et César Franck ( ). Le porte-parole du groupe des Six était Jean Cocteau ( ) pour qui ils composèrent collectivement la musique pour les Mariés de la tour Eiffel (1921). Les œuvres de Poulenc suivent une conception traditionnelle de l'harmonie. Elles sont légères, satiriques et mélodieuses. Dans les années 1920, elles furent fortement influencées par le jazz dansant, qui était alors très à la mode à Paris. Poulenc eut du succès avec nombre de ses mélodies, dont le cycle le Bestiaire (1919), et il devint célèbre pour son habileté à adapter sa musique aux rythmes du texte. Parmi ses œuvres pour la scène, on peut citer le ballet les Biches (1924), produit par l'imprésario russe Serge de Diaghilev, le ballet les Animaux modèles (1941) d'après La Fontaine, l'opéra bouffe les Mamelles de Tirésias (1946) et l'opéra sérieux Dialogues des carmélites (1957) d'après Georges Bernanos ( ) et la Voix humaine (1958) d'après Jean Cocteau. Son retour à la foi catholique, en 1936, l'amena à composer de nombreuses œuvres religieuses dont les Litanies de la Vierge noire de Rocamadour (1936), le Concerto pour orgue (1938), Quatre Motets pour un temps de pénitence (1939), la cantate Figure humaine (1943) d'après un poème de Paul Éluard, un Stabat Mater (1950) et un Gloria (1959). Quitter Sommaire

230 Henri Pousseur, (1929- ) compositeur belge. Il fit partie, avec Boulez, Stockhausen, Berio et Nono, de l'avant-garde internationale des années Ses premières œuvres témoignent de son admiration pour Webern (Symphonie à 15 solistes, ). En 1967, il acheva l'opéra Votre Faust (en collaboration avec Michel Butor). Il devint en 1970 professeur à l'université de Liège et directeur du Centre de recherches musicales de Wallonie et, en 1975, directeur du conservatoire de Liège. Il a écrit récemment Leçons d'enfer (1991), à la mémoire de Rimbaud et Dichterliebesreigentraum, paraphrase du Dichterliebe de Schumann pour 2 pianos, soprano, baryton, chœur et orchestre de chambre (1993). On lui doit de nombreux écrits, parmi lesquels Musique, sémantique, société (1972) et Schumann le poète, 25 moments d'une lecture du « Dichterliebe » (1993). Quitter Sommaire

231 Michael Praetorius, ( ), compositeur, théoricien et éditeur de musique allemand, qui a contribué à définir le style de la musique allemande du début du XVIIe siècle. Né sous le nom de Michael Schultheiss à Kreuzberg, il étudia l'orgue à Francfort-sur-l'Oder avant d'entrer au service de Heinrich Julius, duc de Brunswick à Wolfenbüttel dont il fut le secrétaire et le maître de chapelle. Son abondante production de musique chorale sacrée comprend les Musae sioniae ( ), un recueil de motets. Son œuvre principale est le Syntagma musicum ( ), véritable encyclopédie en quatre volumes, écrite en latin, qui constitue une source inestimable d'informations sur la musique du début du baroque et sur les instruments de cette époque. Quitter Sommaire

232 Sergueï Sergueïevitch Prokofiev, ( ), compositeur et pianiste russe dont les œuvres figurent parmi les plus importantes de la première moitié du XXe siècle. Né le 23 avril 1891, à Sontsovka, près de Iekaterinoslav, en Ukraine, Prokofiev reçut les premières leçons de piano de sa mère, pianiste amateur. Il suivit les cours du compositeur russe Reinhold Glier qui lui enseigna en particulier la théorie et l'harmonie. En 1904, à l'âge de treize ans, il entra au conservatoire de Saint-Pétersbourg et étudia l'orchestration avec le compositeur Nikolaï Rimski-Korsakov et le piano avec Anna Essipova. Prokofiev quitta la Russie en 1918 pour le Japon, puis les États-Unis et la France. De 1918 à 1933, il effectua de nombreuses tournées internationales, en Italie, en Allemagne, aux États-Unis, au Canada et à Cuba, jouant particulièrement ses cinq concertos pour piano et les cinq premières de ses sonates pour piano. Après deux tournées en Union soviétique en 1927 et en 1932, il retourna s'installer définitivement dans sa patrie en Marié en 1923 à la soprano espagnole Lina Llubera dont il eut deux fils, il se sépara d'elle et vécut dès 1947 avec la poétesse Mira Mendelson avec qui il écrivit plusieurs de ses livrets, dont celui de Guerre et Paix (1952). Ses relations avec le pouvoir soviétique se dégradèrent au fil du temps. Les autorités étaient peu disposées à lui accorder des visas de sortie du territoire afin qu'il puisse poursuivre ses tournées à l'étranger dont la dernière date de En fait, la pression idéologique qui pesait sur lui devint de plus en plus forte à partir de 1936 : Prokofiev fut accusé de « formalisme » ainsi que Chostakovitch. À partir de 1943, certaines de ses œuvres furent interdites à la publication. En 1948, à la suite du « Rapport Jdanov », il fut officiellement censuré en raison non seulement de son « formalisme excessif », mais aussi pour ses « tendances antidémocratiques en musique ». On l'accusa de s'être « montré incapable de refléter la grandeur du peuple ». Son opéra l'Histoire d'un homme véritable (1948), écrit dans le but de contenter le pouvoir, fut de nouveau censuré. Il retrouva les faveurs des autorités soviétiques avec sa Symphonie n° 7 (1952, prix Staline). Il mourut le 5 mars 1953, à Moscou, le même jour que Staline. Suite page suivante … Quitter Sommaire

233 Dès l'âge de neuf ans, Prokofiev écrivit un opéra pour enfant, le Géant (1900), suivi rapidement par trois autres opéras, Sur les îles désertes (1902), le Festin de la peste (1904), d'après un poème de Pouchkine, et Ondine ( ). Il joua sa première sonate pour piano à Moscou en 1910, puis fit une tournée à Paris, à Londres et en Suisse en C'est avec son Concerto pour piano n° 1 qu'il obtint en 1914 son diplôme au conservatoire et le prix Anton Rubinstein décerné aux pianistes-compositeurs. Prokofiev s'engagea dans l'écriture symphonique avec la Suite scythe (1914), inspirée de l'ancien culte russe du Soleil, et la Symphonie classique (1917). Il écrivit la même année sa cantate pour ténor, chœur et orchestre Sept, ils sont sept, évocation des Titans, maîtres de l'univers, ainsi que son Concerto n° 1 pour violon et les Vingt Visions fugitives pour piano. Ses œuvres de jeunesse, en particulier son Concerto n° 1 pour piano (1911) et la Suite scythe pour orchestre (1914), valurent à Prokofiev une réputation d'iconoclaste musical. À Paris, il composa pour l'imprésario des ballets russes Serge de Diaghilev les ballets Chout (le Bouffon, 1921) et le Pas d'acier (1927), description de l'évolution industrielle qui touchait alors la Russie soviétique. Il composa aussi ses célèbres opéras l'Amour des trois oranges (1921), l'Ange de feu (1927) et le Joueur (1927), d'après Dostoïevski. Ses œuvres les plus populaires, écrites après son retour en Union soviétique, sont le conte de fée symphonique Pierre et le Loup (1934), pour narrateur et orchestre ; les ballets Roméo et Juliette (1936) et Cendrillon (1944), l'opéra Guerre et Paix (1952) et la puissante Symphonie n° 5 (1944). Prokofiev composa aussi pour le cinéma la suite Lieutenant Kijé (1934) et, pour les films du metteur en scène soviétique Sergueï Eisenstein, la cantate historique Alexandre Nevski (1939) et Ivan le Terrible (1945). Quitter Sommaire

234 PUCCINI Quitter Sommaire

235 Giacomo Puccini, ( ), compositeur italien dont les opéras associent des sentiments et un sens dramatique intenses à un lyrisme tendre, à une orchestration colorée et à une riche ligne vocale.Né le 22 décembre 1858 à Lucques, Giacomo Puccini est issu d'une longue lignée de musiciens d'église. Son père, qu'il perdit très jeune en 1864, était organiste et maître de chapelle à la cathédrale de Lucques. Puccini étudia tout d'abord à l'Institut musical de Lucques en 1874, où il composa dès 1876 un Prélude symphonique et d'autres pièces religieuses, dont une messe.Puccini, influencé par le théâtre, reçut comme une véritable révélation l'Aïda de Verdi et décida de se consacrer à l'opéra. Il obtint une bourse et passa le concours d'entrée au conservatoire de Milan, où il fut l'élève des compositeurs Amilcare Ponchielli et Antonio Bazzini. Son premier opéra, le Villi, sur un livret inspiré de Heinrich Heine et Théophile Gautier, fut joué dès 1884 à Milan. Il travailla ensuite pendant quatre ans à un deuxième opéra, Edgar ( ), inspiré de la Coupe et les Lèvres d'Alfred de Musset, qui marqua le début d'une longue collaboration avec Giulio Ricordi, important éditeur de musique. Une liaison amoureuse difficile avec Elvira Bonturi commença à cette époque. Le compositeur, qui lui resta lié toute sa vie malgré une passion pour le moins mouvementée, ne put l'épouser qu'en 1904.Malgré sa modernité et son originalité, Edgar fut un échec public lorsqu'il fut créé à la Scala de Milan en Son troisième opéra, Manon Lescaut ( 1893 ), qui reprenait le thème du Manon de Jules Massenet, connut en revanche un vif succès. L'opéra fut exécuté dans toute l'Europe et jusqu'en Amérique latine et aux États-Unis, notamment à Philadelphie et à New York. La Bohème, créée par Arturo Toscanini à Turin en 1896, fut le premier chef-d'œuvre de Puccini. Bien qu'il contienne certains des airs les plus populaires de son répertoire, ses audaces harmoniques et dramatiques, tranchant avec le sentimentalisme de Manon Lescaut, ne parvinrent pas à séduire le public de la première. Les représentations suivantes assurèrent cependant au compositeur un succès mondial, qui ne fut pas démenti. Son opéra suivant, Tosca, créé en 1900 à Rome, évoque un contexte politique marqué par la ferveur nationaliste, mais il relate un drame amoureux sans s'engager sur le terrain idéologique comme les opéras de Verdi. Suite page suivante … Quitter Sommaire

236 L'intérêt de Puccini pour les sujets passionnels se mêla à l'attrait de l'exotisme lorsqu'il découvrit le récit dramatique de John Luther Long, Madame Butterfly. Il tira de cette intrigue chinoise un opéra du même nom, sifflé le soir de sa création en 1904 à la Scala de Milan, mais qui triompha après remaniements. Lors d'un voyage aux États-Unis pour la production de ses opéras, Puccini se passionna pour un autre genre d'exotisme, celui de l'Ouest sauvage des pionniers américains. La Fanciulla del West ( la Fille du Far West, 1910 ), dont le livret est tiré de la pièce de D. Belasco, The Girl of the Golden West, fut triomphalement créée au Metropolitan Opera de New York, avec Caruso et Emmy Destinn dans les rôles principaux, et Arturo Toscanini à la direction. Les années suivantes, Puccini écrivit une opérette, la Rondine ( 1917 ), transformée peu après en opéra, et le Triptyque ( 1918 ), réunissant trois opéras : la Houppelande, Suor Angelica et Gianni Schicchi, dans la grande tradition de l'opéra bouffe italien, pour lequel le Falstaff ( 1893 ) de Verdi avait provoqué un regain d'intérêt. Le Triptyque était inspiré de thèmes musicaux et narratifs variés : la Houppelande reflétait l'influence orchestrale del'impressionnisme, Suor Angelica ressortissait du drame amoureux cher à Puccini et Gianni Schicchi était tiré de l'Enfer de Dante. Puccini travaillait sur Turandot lorsqu'il mourut le 29 novembre 1924, à Bruxelles. Cet opéra à l'harmonie avant-gardiste, tiré d'un conte chinois et d'une légende persane, dépassait cette fois l'exotisme de façade pour atteindre la dimension du drame lyrique. L'œuvre fut achevée par Franco Alfano, et créée en 1926 à la Scala de Milan. La Bohème, Tosca, Madame Butterfly et Turandot sont tous de grands succès du répertoire lyrique actuel. Ils illustrent une maîtrise de l'orchestration exceptionnelle, aux multiples innovations harmoniques, et un langage théâtral profondément original. Ce langage qui contribua au succès de Puccini se rattachait au courant littéraire du vérisme italien, représenté par des compositeurs de la fin du XIXe siècle, comme Mascagni, Leoncavallo ou Franchetti. Puccini échappe pourtant au réalisme tragique du vérisme, grâce à sa passion pour les romantiques comme Alfred de Musset ou Heinrich Heine, mais aussi en raison de sa modernité théâtrale et musicale, illustré par les chromatismes de Tosca ou les accords impressionnistes de la Houppelande qui annonçaient les audaces de Debussy et de Ravel. Quitter Sommaire

237 PURCELL Quitter Sommaire

238 Henry Purcell, ( ), compositeur baroque anglais, auteur de l'opéra Didon et Énée. Ses compositions associent aux formes traditionnelles de la musique anglaise divers éléments de la musique baroque française et italienne. Né à Westminster (Londres), Purcell est le fils d'un musicien de la cour. Dès l'âge de dix ans, il fut admis comme choriste à la chapelle royale. Après la mue de sa voix, il quitta le chœur mais resta cependant à la chapelle royale en qualité d'apprenti du conservateur des instruments du roi et accordeur de l'orgue de l'abbaye de sa Majesté, puis comme accordeur des orgues de l'abbaye de Westminster. En 1677, à la mort de Matthew Locke, Purcell fut nommé compositeur des « Violons du roi ». Trois ans plus tard, il succéda à John Blow en tant qu'organiste de Westminister Abbey et, en 1682, dut concilier sa charge d'organiste de la chapelle royale et celle de compositeur ordinaire de la musique du roi (1683), un poste majeur sous le règne de Charles II ; plus tard, il devint claveciniste de la cour de Jacques II. Purcell enseigna la musique à l'aristocratie ; il écrivit, au service du roi, des odes d'apparat et des hymnes (anthems) pour les événements royaux et composa, en outre, de la musique profane, de la musique religieuse et des œuvres pour le théâtre. Il mourut à Londres le 21 novembre 1695 et fut enterré sous l'orgue de l'abbaye de Westminster. Suite page suivante … Quitter Sommaire

239 Parmi les premiers chefs-d'œuvre de Purcell, les fantaisies pour violes (1680) apportent une sorte de paraphe final à cette forme musicale appréciée pendant la période élisabéthaine. Elles démontrent déjà, de la part du jeune compositeur, une parfaite maîtrise de tous les procédés de contrepoint de l'ancienne polyphonie ainsi que de la profondeur et un emploi expressif de la dissonance qui avait caractérisé les meilleures œuvres du style Renaissance. Ces caractéristiques se retrouvent dans les hymnes composés par Purcell à la même période, notamment Remember not, Lord, our offences (1682) et dans ses premiers offices funèbres (v. 1683). En 1685, il démontra son talent en matière de musique de grande cérémonie, avec l'hymne de couronnement My Heart is Inditing, tout en commençant à écrire de la musique de chambre, en particulier les 12 Sonatas of three parts (1683) et les 10 Sonatas of four parts (publiées en 1697) dans lesquelles apparaît une influence italienne, en particulier celle des sonates de Corelli. Dans les hymnes, l'influence française prédomine (il ne faut pas oublier que les goûts musicaux de Charles II s'étaient formés à la cour de Louis XIV) mais la contribution personnelle de Purcell résidait surtout dans le style qu'il avait mis au point pour mettre en valeur les mots anglais en s'appuyant sur la rythmique et une certaine irrégularité, rompant avec les traditions polyphoniques de la Renaissance, mais toujours avec beaucoup de grâce et de facilité. Cette caractéristique se retrouve dans les différents genres de musique vocale qui sont au centre de son œuvre. Outre ses compositions pour le théâtre, Purcell écrivit quelque 80 chansons et duos qui couvrent toute la gamme des émotions humaines, souvent à l'intérieur d'une même chanson puisque la musique suit tous les mouvements du texte. Il a souvent utilisé cette technique pour créer un accroissement d'intensité, tandis que le sens de l'irréversibilité est représenté par la basse continue, dans laquelle l'harmonie et la mélodie varient continuellement sur une ligne de basse qui se répète ; ce développement atteint sa suprême expression dans la complainte When I am laid in Earth de Didon et Énée. Suite page suivante … Quitter Sommaire

240 Purcell est sans doute plus célèbre encore pour ses œuvres pour le théâtre qui commencèrent à l'occuper davantage à mesure que se faisaient plus rares les occasions de musique religieuse, dans la cour plus « sérieuse » de William et Mary. Son seul véritable opéra est Didon et Énée, chef-d'œuvre fondé sur une tragédie de Nahum Tate, joué pour la première fois vers Les autres œuvres dramatiques de Purcell sont des pseudo-opéras (parfois appelés semi- opéras), c'est-à-dire des masques de musique instrumentale et vocale qu'il écrivit pour accompagner des pièces telles que Dioclesian de Thomas Betterton (1690) ; King Arthur de John Dryden (1691) ; The Fairy Queen (1692), masque adapté du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare (1692) et The Indian Queen de Dryden et Sir Robert Howard (1695 ; complété par le frère de Purcell, Daniel), qui contient une partie des airs les plus célèbres composés par Purcell. Des chorals tels que Soul of the World datant de 1692 et extraits de l'Ode on St Cecilia's Day prouvent que Purcell aurait pu rivaliser avec Haendel dans la musique d'apparat et de cérémonie. Quitter Sommaire

241 Quitter Sommaire

242 RACHMANINOV Quitter Sommaire

243 Sergueï Vassilievitch Rachmaninov, ( ), compositeur et chef d'orchestre russe, l'un des plus brillants pianistes du XXe siècle, dont les quatre concertos pour piano sont d'une intense virtuosité. Né à Oneg, près de Novgorod, en avril 1873, Rachmaninov suivit des études de piano au conservatoire de Saint- Pétersbourg ( ) avec Demianski, puis à celui de Moscou ( ) avec Zverev. Il obtint son diplôme de pianiste en Par la suite, il étudia la composition et réalisa alors son Prélude en ut dièse mineur et son opéra en un acte Aleko, pour lequel il obtint son prix de composition en Il commença dès lors une carrière de virtuose et de compositeur en Europe. Il dirigea de 1904 à 1906 les représentations lyriques du théâtre Bolchoï et s'établit par la suite à Dresde ( ), tout en travaillant principalement à Moscou. En 1909, il fit sa première tournée aux États-Unis où il obtint un immense succès. On lui proposa alors le poste de chef permanent de l'orchestre symphonique de Boston, offre qu'il déclina, de même en En 1917, il quitta la Russie, s'établit à Paris, puis en Suisse, pour finalement se fixer aux États-Unis en 1935, à New York puis à Los Angeles et enfin à Beverly Hills, en Californie, où il mourut le 28 mars Chaque année, il effectua des tournées en Europe et aux États-Unis. Ses compositions sont largement inspirées de la tradition romantique de la musique russe du XIXe siècle et Tchaïkovski exerça une grande influence sur son œuvre, qui s'appuie sur une ligne mélodique élancée, rhapsodique, avec des sonorités larges et des harmonies résonantes. Son œuvre comprend des opéras dont Aleko ( 1893 ), Francesca da Rimini ( 1900 ), le Chevalier ladre ( 1905 ), Liturgie de saint Jean Chrysostome ( 1910 ), trois symphonies ( 1895, 1907, 1935 ), quatre concertos pour piano ( 1891, 1901, 1909, 1926 ), Rhapsodie sur un thème de Paganini pour piano et orchestre ( 1934 ), le poème symphonique l'Île des Morts ( 1909 ), de la musique de chambre et des pièces pour piano. Quitter Sommaire

244 RAMEAU Quitter Sommaire

245 Jean-Philippe Rameau, ( ), compositeur français qui figure parmi les plus grands musiciens du XVIIIe siècle et qui fut un théoricien majeur de la musique. Né à Dijon, où son père était organiste, Rameau voyagea en Italie à l'âge de dix-huit ans puis vécut à Paris où il composa son Premier Livre de pièces de clavecin (1706). Il fut employé comme organiste dans plusieurs villes françaises, notamment à Clermont-Ferrand, où il demeura jusqu'en 1722, et rédigea son Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels (1722). En 1723, établi de nouveau à Paris, il enseigna le clavecin et la théorie musicale, publiant en 1726 le Nouveau Système de musique théorique. Ses débuts de compositeur ne lui valurent qu'un succès limité. Il écrivit cependant des cantates, de la musique sacrée et les Pièces pour clavecin avec une méthode (1724). En 1731, il devint chef de l'orchestre privé d'un riche mécène, le fermier général Le Riche de La Pouplinière, ce qui lui permit de se lancer dans l'opéra, genre auquel il se consacra de 1733 jusqu'à la fin de sa vie et qui lui apporta enfin la reconnaissance de ses contemporains. Son premier opéra, Samson (1731), sur un livret proposé par Voltaire, fut censuré. Rameau se trouva ainsi involontairement mêlé à plusieurs controverses au long de sa carrière. Sa musique fut d'abord violemment critiquée par les admirateurs de Lully, qui considéraient le modernisme de Rameau comme une trahison de son prédécesseur, bien que la forme des opéras de Rameau soit en fait dans la continuité des œuvres de Lully. La « tragédie en musique » Dardanus fit éclater en 1739 la polémique entre lullistes et ramistes, dont Diderot donna une description savoureuse dans le Neveu de Rameau. Plus tard, dans les années 1750, Rameau fut de nouveau pris à parti lors de la querelle des Bouffons (1752) par Rousseau et d'autres partisans de la musique italienne nouvelle, représentée par Pergolèse. S'il délaissa parfois le théâtre pour revenir à la théorie, ces péripéties ne diminuèrent en rien la force créatrice de Rameau. Il mourut à quatre-vingts ans passés, pendant les répétitions de son dernier opéra, les Boréades (1764). Suite page suivante … Quitter Sommaire

246 Outre les tragédies lyriques comme Hippolyte et Aricie (1733), Castor et Pollux (1737), Zoroastre (1749), Rameau composa des opéras-ballets, dont les Indes galantes (1735), une de ses œuvres les plus célèbres, les Fêtes d'Hébé (1739) et la Princesse de Navarre (1745), des pastorales héroïques comme Naïs (1749), Daphnis et Églé (1753), ainsi qu'une comédie lyrique intitulée Platée (1745). Les orchestrations expressives de Rameau et ses harmonies audacieuses constituèrent une avancée fondamentale de l'opéra « à la française ». Il fut habité également par le génie de la danse. Outre ses opéras-ballets, il écrivit des partitions de ballet pur, et ses quelque trente ouvrages scéniques font une large place à la chorégraphie. Dans les autres domaines musicaux abordés par le prolifique talent de Rameau figurent la musique sacrée, avec les motets In convertendo et Quam dilecta ( ) ; des cantates profanes écrites dans les années 1720, comme les Amants trahis ou Aquilon et Orithie ; et les trois Livres de pièces pour clavecin (1706, 1724 et 1728). Ses Pièces de clavecin en concert (1741), pour flûte, violon et clavecin, comptent parmi les premières œuvres à avoir traité le clavier à la manière d'un orchestre et à avoir abandonné le rôle de basse continue qu'on lui réservait auparavant. Les traités de Rameau explorèrent le système tonal et en firent le fondateur de l'harmonie moderne. Quitter Sommaire

247 RAVEL Quitter Sommaire

248 Maurice Ravel, ( ), compositeur français, célébré pour la perfection de ses compositions et pour la virtuosité de ses orchestrations, auteur du Boléro. Né le 7 mars 1875 à Ciboure ( Pyrénées-Atlantiques ), Maurice Ravel fit ses études ( ) au Conservatoire de Paris dans la classe de composition de Gabriel Fauré. Après avoir obtenu le second prix de Rome en 1901, il subit deux échecs consécutifs et fut finalement éliminé du concours en 1905 ayant atteint la limite dâge. À cette époque, Ravel avait déjà écrit un certain nombre dœuvres ( Habanera pour deux pianos en 1895, louverture de Shéhérazade en 1898, Pavane pour une infante défunte pour piano en 1899, Jeux deau pour piano en 1901, Quatuor en Fa en 1902, les mélodies de Shéhérazade en 1903 ) qui en firent une personnalité musicale marquante du début du siècle, avec le compositeur impressionniste Claude Debussy. Souvent comparé à celui-ci, principalement en raison de leurs univers harmoniques, Ravel fut, cependant, plus attiré par les structures musicales abstraites. Grâce à ses couleurs orchestrales vivantes et transparentes, il devint lun des maîtres modernes de lorchestration. Ladaptation quil fit en 1922 des Tableaux dune exposition ( 1874 ) de Moussorgski est restée une référence incontournable dans la compréhension des timbres et des équilibres instrumentaux. Mais lœuvre qui le consacra, dans ce domaine, est le Boléro ( 1928 ). Considéré dabord par Ravel comme un simple exercice, le Boléro est composé dun seul thème, répété du début à la fin, sans autre modification quune variation de timbres, un crescendo et, in extremis, une modulation ( changement de tonalité ).Ravel lutta contre toute tentation des chefs dorchestre, y compris du célèbre Arturo Toscanini, daccompagner le crescendo dune accélération du tempo. Limmuabilité des roulements des caisses claires était le fondement de cette œuvre. Contrairement à lopinion dArthur Honegger, le monothématisme navait pas pour fonction de mettre en valeur la modulation finale, qui devait signifier à lauditeur la fin dun mouvement perpétuel. Suite page suivante … Quitter Sommaire

249 Le philosophe contemporain Clément Rosset parla de l« étrangeté » de lœuvre de Ravel. Dans le Boléro, Ravel changea la matière musicale. Ce qui était considéré comme une couleur ajoutée à la ligne mélodique le timbre de linstrument, sa qualité sonore devint la substance même de la composition. Quelques années auparavant, Edgar Varese concevait avec Amériques ( 1918 ) et Hyperprisme ( 1922 ) une musique fondée sur les déterminations propres des objets sonores. Le génie de Ravel fut de retrouver, au sein dun discours musical mélodique, accessible à tous, cette métamorphose de la composition. Ravel ne se fixa pas sur un style décriture. Il fut inspiré par le classicisme dans la Pavane pour une infante défunte, le Quatuor à cordes ( 1903 ), la Sonatine ( 1905 ) ou les Valses nobles et sentimentales ( 1911 ). Il rejoignit lécole impressionniste avec les pièces pour piano Jeux deau ( 1901 ) et Miroirs ( 1905 ), Gaspard de la nuit ( 1908 ), la suite pour le ballet Daphnis et Chloé ( 1912 ), commandée par limprésario des Ballets russes Serge de Diaghilev, et la Sonate pour violon et violoncelle à la mémoire de Debussy ( ). Ravel sacrifia au pastiche dans Habanera ( 1895 ), dans lopéra lHeure espagnole ( 1911 ) et dans la Rhapsodie espagnole ( 1908 ). De sa rencontre avec George Gershwin, il tira une Sonate pour violon et piano ( 1924 ), dont le second mouvement reproduit certaines formules du blues. Après avoir essayé dachever un Concerto en sol (1929) pour piano, dans le style héroïque et brillant, il composa pour le pianiste viennois Paul Wittgenstein ( ), qui avait perdu la main droite au cours de la Première Guerre mondiale, un Concerto pour la main gauche (1931). Le philosophe Vladimir Jankélévitch insiste sur la rapidité avec laquelle Ravel assimila les différents genres musicaux. Quil sinspirât de lunivers des contes, dans Shéhérazade ( 1898 ) et Ma mère lOye (1910), quil reprît des mélodies anciennes, dans le Tombeau de Couperin ( 1917 ), quil relevât, comme il le fit régulièrement dans les années 1920, des phrases musicales improvisées par des musiciens de jazz dans les cabarets, Ravel parvint chaque fois à y apposer la marque de son style et à donner à lauditeur le sentiment de la perfection. Souffrant dune maladie cérébrale à partir de 1933, Maurice Ravel mourut le 28 décembre Quitter Sommaire

250 Steve Reich, ( ), compositeur et instrumentiste américain, acteur essentiel de l'avant-garde musicale du mouvement artistique minimaliste. Stephen Michael Reich fit ses études à l'université Cornell et à la Julliard School.Reich inventa la musique minimaliste. Ses œuvres inaugurent la grande idée de la musique de Reich, dans laquelle le souci essentiel a été de développer un contrepoint basé sur le rythme plutôt que sur la mélodie. Ce genre de musique, dite «minimaliste» triompha à New York dans les années 1960, en particulier dans les œuvres du compositeur américain Terry Riley ( ), qui eut une influence déterminante sur Reich et, plus tard, sur Philip Glass.À la fin des années 1960, Reich mit au point la technique dite du phasing dans laquelle deux instruments ou plusieurs jouent une phrase musicale identique mais à une vitesse très légèrement décalées, de telle sorte que l'unedes parties «dépasse» petit à petit l'autre. On en a un exemple dans Piano phase ( 1967 ) pour deux pianos, et un autre, plus significatif encore, avec l'œuvre principale de cette période, Drumming ( 1971 ), pièce de soixante- dix minutes en quatre mouvements qui est écrite pour bongos, marimbas et glockenspiels. Dans les années 1970, cette méthode de travail évolua vers un système de chevauchement de phrases rythmiques jouées à une vitesse identique mais en canon, ce qui permettait d'obtenir une texture complexe à partir d'éléments musicaux simples. Ce système est mis en œuvre dans Music for 18 Musicians ( 1976 ), Vermont Counterpoint pour onze flûtes dont dix préenregistrées sur bande ( 1982 ), et atteint son apothéose dans The Desert Music ( 1984 ), pour grand orchestre et chœur. Tehillim ( 1981 ), une mise en espace musicale de quatre psaumes en hébreu, combine une base rythmique forte, des accords soutenus et une libre mélodie vocale influencée par les ornementations de la musique juive traditionnelle. Dans ses œuvres récentes, Reich est revenu à l'utilisation de voix enregistrées sur bande. Mais cette fois, les lignes mélodiques, les phrases chantées, ainsi que le rythme sont réemployés également comme motifs par les instruments d'accompagnement. La première œuvre de Reich écrite avec cette technique est Different trains ( 1988 ), pour bande et quatuor à cordes. C'est également cette méthode qui sous-tend l'un des projets les plus ambitieux de Reich, The Cave ( 1993 ), une œuvre multimédia réalisée en collaboration avec sa femme, l'artiste vidéaste Beryl Korot. Quitter Sommaire

251 Ottorino Respighi, ( ), compositeur italien né à Bologne. Il étudia avec le compositeur russe Nikolaï Rimski-Korsakov à Saint-Pétersbourg et le compositeur allemand Max Bruch à Berlin. Il donna également de nombreux concerts comme pianiste et dirigea sa propre musique. Parmi les nombreuses compositions de Respighi, les plus connues sont les trois suites de Danses et Airs antiques pour luth, des arrangements orchestraux de la musique italienne ancienne ( 1916,1923,1931 ), l'opéra Belfagor ( 1923 ), le ballet la Boutique fantasque ( 1919 ), mis en scène par le chorégraphe russe Serge de Diaghilev, les suites orchestrales Rossiniana ( 1925 ) et les Oiseaux ( 1927 ), les poèmes symphoniques les Fontaines de Rome ( 1924 ), les Pins de Rome ( 1924 ) et les Fêtes romaines ( 1929 ). Chacune des compositions de Respighi est marquée par une orchestration d'une grande originalité. Quitter Sommaire

252 RIMSKI KORSAKOV Quitter Sommaire

253 Nikolaï Andreïevitch Rimski-Korsakov, ( ), compositeur et théoricien russe, l'un des membres du groupe des Cinq et grand maître de l'orchestration. Rimski-Korsakov est né le 18 mars 1844, à Tikhvin, près de Novgorod. Il prit des cours de piano durant son enfance. En 1856, il entra comme élève à l'École des cadets de la marine de Saint-Pétersboug, tout en poursuivant parallèlement ses études musicales. En 1861, il s'associa avec le compositeur russe Mili Balakirev, la figure dominante d'un groupe de jeunes compositeurs russes comprenant Alexandre Borodine, Modeste Moussorgski et César Cui, le futur groupe des Cinq, à l'origine du renouveau de l'école russe. Ayant abandonné la carrière navale en 1873, Rimski-Korsakov devint inspecteur des orchestres militaires de la marine. Les connaissances qu'il acquit dans le cadre de cette charge furent un atout considérable pour ses compositions. De 1871 jusqu'à sa mort, il fut professeur d'instrumentation et de direction d'orchestre au conservatoire de Saint-Pétersbourg (aujourd'hui Conservatoire d'État Rimski-Korsakov) et, de 1886 à 1890, il dirigea les concerts de l'Orchestre symphonique de Russie à Saint-Pétersbourg. Il termina également l'opéra inachevé de Borodine le Prince Igor en 1889 et réorchestra l'opéra de Moussorgski Boris Godunov en 1896 après la mort du compositeur. Rimski-Korsakov mourut le 21 juin 1908 à Saint-Pétersbourg. Aujourd'hui, on reconnaît plus à Rimski-Korsakov la fraîcheur et l'éclat de son instrumentation que l'originalité de ses idées musicales. Il a exercé son influence directement sur ses élèves, notamment les compositeurs russes Igor Stravinski et Alexandre Glazounov, et indirectement au moyen de son traité Éléments d'orchestration, publié après sa mort en Les œuvres de Rimski-Korsakov comprennent les opéras Snegourotchka (Flocon de neige, ) et le Coq d'or ( ), ainsi que les œuvres symphoniques Capriccio espagnol (1887), Schéhérazade (1888) et l'ouverture la Grande Pâque russe (1888). Son autobiographie, Chronique de ma vie musicale, a été publiée après sa mort, en 1909, et éditée en français en Quitter Sommaire

254 Joaquín Rodrigo, (1901- ), compositeur espagnol le plus populaire de l'époque de Franco, célèbre pour son Concierto de Aranjuez. Aveugle dès l'enfance, Joaquín Rodrigo entreprit des études musicales relativement jeune. Une de ses œuvres de jeunesse fut exécutée par l'orchestre de Valence et il entra à la Schola Cantorum à Paris en Il y étudia avec Paul Dukas et reçut les encouragements de son compatriote Manuel de Falla. Pendant toute la durée de la guerre d'Espagne, il séjourna en France et en Allemagne, soutenu en partie par des subventions envoyées par l'Espagne où il retourna en Peu après son retour, le Concierto de Aranjuez, concerto pour guitare et petit orchestre, fut donné pour la première fois et remporta un tel succès que son auteur fut immédiatement salué comme le plus grand compositeur espagnol de l'après-guerre. Les honneurs affluèrent. Un poste fut créé pour lui à l'université (1947), il fut élu à l'Académie des beaux-arts de San Fernando (1950) ; il reçut la croix d'Alphonse le Sage (1953) ; la croix de la Légion d'honneur (1963) et fut élu à l'Académie du monde latin (1968). Joaquín Rodrigo continua à composer des pièces instrumentales et vocales marquées par des emprunts au folklore espagnol, sans grande évolution de style. Il est surtout connu pour sa musique pour guitare, bien qu'il ait composé pour d'autres instruments et écrit des œuvres lyriques et chorales. Aucune de ses autres œuvres ne connut le succès du Concierto de Aranjuez (écrit en 1939), bien que des pièces pour guitare seule, sa zarzuela et la Fantaisie pour un gentilhomme pour guitare et orchestre, aient eu la faveur du public. Si l'on sent, dans ses œuvres, l'influence de l'un de ses premiers maîtres, Paul Dukas, on trouve aussi des touches d'atmosphère typiquement espagnole qui relèvent essentiellement du néoclassicisme. Meilleur représentant d'une certaine période de la musique espagnole, personne n'a cependant marché sur ses traces et il est accusé par certains d'avoir étouffé le développement de la création musicale espagnole. Quitter Sommaire

255 Gioacchino Rossini, ( ), compositeur italien, le plus célèbre auteur dopéra de son époque, qui réforma lart lyrique de son pays et qui fut également lun des plus grands illustrateurs du bel canto au XIXe siècle, style qui sattache plus à la beauté de la ligne mélodique quà lintrigue ou aux sentiments. Né le 29 février 1792 à Pesaro, Gioacchino Rossini accompagna son père au violon, dans des orchestres de village dès son plus jeune âge. Il sinitia au cor dharmonie, au chant, et suivit les cours de violoncelle, de piano, puis décriture au conservatoire de Bologne. Il signa à douze ans ses premières Sonates a quattro (1804) pour violons, violoncelle et contrebasse. À quinze ans, il complétait son apprentissage en recopiant les grands airs des opéras de Mozart, en travaillant lui-même les harmonisations. Rossini quitta le conservatoire en 1810, révélant bientôt la fécondité de son inspiration. Le premier succès du compositeur, le Barbier de Séville (1816), qui demeure le plus célèbre de ses opéras, fut écrit en treize jours. En dix-neuf ans, Rossini écrivit quarante opéras, dont les plus joués et les plus appréciés de nos jours sont lItaliana in Algeri (lItalienne à Alger, 1813), Il Turco in Italia (le Turc en Italie, 1814), La Cenerentola (Cendrillon, 1817), Semiramide (1823) et le Comte Ory (1828). Comme Mozart le fit avant lui, Rossini nhésita pas, pour faire face à tant de commandes, à reproduire dune œuvre à lautre des passages entiers. Ses mélodies, qui frappent lattention de lauditeur, eurent immédiatement un grand succès. Mais ses opéras bouffes séduisirent ses contemporains pour bien dautres raisons. Un des secrets de composition de Rossini réside en effet dans lemploi quil fit du crescendo : grâce aux élancements qui en résultaient, il parvenait à emporter littéralement ses auditeurs, mais aussi les musiciens de lorchestre, eux-mêmes saisis par leffervescence joyeuse de sa musique. Suite page suivante … Quitter Sommaire

256 À Paris, où il prit en 1823 la direction du Théâtre-Italien, le compositeur fut accueilli avec enthousiasme, comme en témoigne la première Vie de Rossini que publia en 1824 Henri-Marie Beyle sous le pseudonyme de Stendhal. Rossini devint en 1825 premier compositeur du roi et inspecteur général du chant en France. Il était alors célèbre et riche, mais il écrivait moins. Quatre ans plus tard, il donna au public un opéra, Guillaume Tell (1829), dont lexécution durait plus de quatre heures et qui na obtenu quun succès destime, sans pouvoir atteindre le grand public. Rossini, qui avait alors trente-sept ans, décida de ne plus écrire pour le théâtre. De même que Rimbaud, il quitta la scène littéraire en pleine gloire. On chercha alors à expliquer la retraite du musicien. Pour certains, linspiration lavait abandonné, pour dautres, il avait préféré jouir du luxe qui soffrait à lui. Il fut en effet un bon vivant et donna des soirées cullinaires où il invitait le tout-Paris (une recette de tournedos au foie gras porte son nom). En fait, Rossini avait probablement découvert un univers musical, celui de Wagner ou de Verdi, qui lincita à recréer son propre art musical avec Guillaume Tell. Découragé par les difficultés décriture et le manque de chaleur du public, il finit par choisir la position dobservateur. Durant le reste de sa vie, Rossini composa deux œuvres importantes, le Stabat Mater (1842) et la Petite Messe solennelle (1864), ainsi que treize recueils de courtes pièces ironiques, parfois étonnament modernes, intitulés Péchés de vieillesse (1869), quil refusa de publier de son vivant. En dépit de cette longue retraite, il demeura lune des personnalités les plus influentes du monde musical. Il mourut à Passy, le 13 novembre Les œuvres lyriques de Rossini sont les derniers et les meilleurs opéras bouffes italiens, dont la musique est empreinte de bonne humeur et de vivacité. Se servant du bel canto, le compositeur façonnait des mélodies brillantes, que les chanteurs pouvaient interpréter avec des effets saisissants et beaucoup dexpression. Quitter Sommaire