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Economie des ressources naturelles. Les ressources non renouvelables sont les stocks dénergies fossiles et les minerais. Ces ressources sont formées par.

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1 Economie des ressources naturelles

2 Les ressources non renouvelables sont les stocks dénergies fossiles et les minerais. Ces ressources sont formées par des processus géologiques qui prennent des millions dannées, et on peut donc les considérer comme existant sous la forme de stocks fixes et finis qui, une fois extraits, ne peuvent être renouvelés. Les questions auxquelles on sintéresse sont les suivantes : quel est le sentier dextraction optimal au cours du temps dun stock particulier de ressource non renouvelable ? Quel sentier dextraction sera choisi dans une économie décentralisée, compte tenu de la structure du marché de la ressource ? 1. Lexploitation dun actif naturel non-renouvelable

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5 Les tableaux 1 et 2 donnent quelques informations sur les stocks de ressources non renouvelables et lextraction. Le terme « stock de ressource » nadmet pas une définition unique et simple. Au sens le plus extensif, le stock dune ressource non renouvelable est la masse de cette ressource quon estime exister dans la croute terrestre, la plus grande partie du stock ainsi défini consistant en des ressources présentes sous des formes très dispersées ou à de très grandes profondeurs sous la surface terrestre. Cette mesure du stock est purement physique et na que peu de relations avec des mesures économiques. La colonne « ressources » (dernière colonne du tableau 1) fournit des estimations des limites supérieures aux possibilités dextraction étant données les technologies courantes et anticipées. Ce nest plus une mesure purement physique : elle incorpore des informations à la fois physiques et technologiques. Elle illustre la difficulté quil y a à mesurer les ressources : dans le futur, les technologies changeront, dune façon qui nest pas forcément anticipée aujourdhui, et lestimation des ressources en sera modifiée.

6 Ce qui intéresse un économiste nest pas seulement ce qui est techniquement faisable, mais ce qui peut être fait compte tenu des conditions économiques présentes et futures. On définit alors la « base de réserves », estimation dune borne supérieure du stock de ressources (incluant les réserves qui n.ont pas encore été découvertes) économiquement exploitable sous des anticipations raisonnables de prix, de coûts, et de technologies futures. Les données de la colonne « réserves » consistent en les quantités qui sont économiquement exploitables étant données la technologie actuelle et la configuration actuelle des prix et des coûts. Certaines classifications, pour les énergies fossiles en particulier, utilisent le terme « réserves prouvées » pour désigner ce que nous avons appelé « réserves ». Cest le cas dans le tableau 2, qui indique la production et les réserves prouvées de pétrole, charbon et gaz naturel en 2003, ainsi que la durée de vie de ces réserves à rythme dextraction constant.

7 Dans lanalyse économique, La ressource naturelle non- renouvelable est traitée à limage dun actif, i.e. un bien rapportant un revenu dans le temps La particularité de cet actif réside dans son caractère non-renouvelable : la consommation dune unité de ressource aujourdhui implique limpossibilité dextraire et de consommer cette unité plus tard La rareté relative de cet actif progresse à mesure que ce dernier est exploité (épuisé) La gestion de cet actif nécessite un cadre danalyse intertemporel 1.1. Exploitation optimale dune ressource naturelle épuisable : le modèle dHotteling

8 Une problématique posée en terme darbitrage entre … – extraire et vendre et laisser en terre – aujourdhui et demain Lentreprise qui cherche à maximiser son profit compare : – la valeur dextraction et la valeur en terre – le taux de rendement de lactif naturel aux autres taux de rendement sur le marché des actifs Arbitrage statique Arbitrage intertemporel

9 Arbitrage aujourdhui entre : [valeur dextraction] [valeur en terre] Règle de décision : exploitation de la ressource jusquà Il est optimal dextraire et vendre jusquau point où la valeur dextraction est égale au coût dopportunité de lépuisement. = condition defficacité statique : le bénéfice marginal net tiré de la ressource doit être le même quelque soient ses usages. Extraire et vendreNe pas extraire

10 Le prix de marché dune ressource épuisable est supérieur à son coût marginal dextraction : Extraire une unité additionnelle réduit le stock, il faut donc constater lexistence dun coût supplémentaire au-delà du coût dextraction, égal à la réduction des profits futurs en raison de la moindre disponibilité de la ressource, doù la rente, qui provient uniquement du caractère épuisable de la ressource.

11 Arbitrage inter-temporel entre Règle de décision = règle de non-arbitrage : = condition defficacité dynamique = règle dite dHotelling (1931): Extraire et vendre aujourdhui Extraire et vendre demain

12 A loptimum, les profits marginaux actualisés du producteur de la ressource doivent être égaux à toutes les périodes, sinon il serait possible daugmenter le profit total en modifiant le profil dextraction pour extraire davantage de ressource lorsque le profit marginal est élevé et moins lorsquil est faible. Le profit marginal retiré de lexploitation de la ressource étant égale à la rente de rareté, la valeur actualisée de celle-ci doit être constante au cours du temps. Pour cela, elle doit croître au taux dactualisation r. A loptimum, les gains en capital (ou taux de rendement) doivent être égaux au taux dintérêt du marché. La ressource conservée sur le site acquiert ainsi le statut de capital : léquilibre sur le marché des capitaux implique que les taux de rendement de tous les capitaux soient identiques. La règle dHotteling :

13 Le principe fondamental de léconomie des ressources naturelles non-renouvelables nous enseigne que la ressource doit être épuisée à un rythme tel que le taux de croissance de son prix net soit égal au taux dintérêt. Règle assez intuitive dès lors que lon tient compte de la nature dactif de la ressource en stock: si la valeur en terre augmentait plus (resp. moins) vite que le taux dintérêt, le producteur préférerait retarder lexploitation de la ressource, car elle constituerait un placement plus (resp. moins) attractif que les actifs financiers. La règle dHotelling constitue le point de référence de toutes les analyses relatives aux ressources non-renouvelables, comme renouvelables La règle dHotteling

14 La règle dHotteling Ses hypothèses – Ressource homogène en qualité – Ressource disponible en quantité finie et connue – Coût dextraction indépendant du stock – Concurrence parfaite Un indicateur de rareté économique – Détermination de la valeur économique dun stock de ressource – Détermination de lévolution de cette valeur – Détermination du rythme dextraction de cette ressource

15 Conséquences de la règle dHotelling Sur le sentier optimal dextraction, la rente de rareté croît au taux dintérêt au fur et à mesure de lexploitation de la ressource. On suppose, la première condition doptimalité indique alors que le prix de marché lui-même augmente au taux r au fur et à mesure que le stock de ressource sépuise.

16 La hausse du prix de marché de la ressource en réduit la demande et donc retarde lépuisement du stock. La ressource ne sera épuisée totalement que si la demande sannule, donc sil existe une technologie alternative (backstop technology), sinon la ressource ne sera jamais épuisée en totalité.

17 Effet des chocs exogènes Hausse du taux dintérêt La ressource est épuisée plus rapidement

18 Effet des chocs exogènes La ressource est épuisée plus rapidement Progrès technique et substitution

19 Effet des chocs exogènes La durée optimale dexploitation augmente Découvertes de réserves

20 Effet des chocs exogènes La durée optimale dexploitation diminue Hausse de la demande

21 Découvertes de nouveaux gisements et prix Effet des chocs exogènes Dans le cas dune succession de découvertes la rente de rareté peut avoir une évolution en dents de scie, nexhibant même pas forcément un trend croissant, au moins à court-moyen termes, si la taille des découvertes est suffisante

22 1. 2. Autres déterminants du prix de lactif naturel non renouvelable : Extensions du modèle dHotelling La structure du marché – La concurrence – Le monopole – Le cartel Coût dextraction dépendant de la taille du stock Lincertitude

23 Structure de marché En monopole – Lentreprise contrôle à la fois son taux dextraction et le prix du marché. En revanche, elle nest pas maître des quantités achetées à ce prix. – Prix et quantité ne peuvent être déterminés indépendamment lun de lautre car le monopole doit servir la demande. – La recette marginale est décroissante du prix.

24 Intuition : Le monopole accroît le prix et restreint la quantité et par rapport à la concurrence « le monopole est un allié du défenseur de lenvironnement » En fait les conséquences de la structure de marché sur le rythme dextraction sont loin dêtre évidentes à faire apparaître clairement et le rythme dextraction dépend essentiellement de lélasticité de la demande par rapport au prix (Dasgupta et Heal (1979))

25 Le monopole Le monopole prend en compte la réaction de la demande à sa décision dextraction. Plus il extrait, plus le prix baisse, mais ceci ne change pas le raisonnement darbitrage précédent : le revenu tiré de la dernière unité extraite doit égaler le coût dopportunité dépuisement de la ressource, i.e. sa valeur en terre. Dans le cas du monopole, ce revenu marginal décroît comme le prix avec la quantité extraite mais il ne lui est pas égal :, avec η lélasticité de la demande par rapport au prix.

26 On a donc : En labsence de coût dextraction, en situation de monopole, le taux de croissance du prix P peut être inférieur, supérieur ou égal au taux dintérêt, tout dépend des propriétés de η.

27 Si lélasticité-prix de la demande est décroissante avec la quantité ou augmente au cours de la période dexploitation, on montre que le monopole est plus conservateur que le producteur concurrentiel, il épuisera plus lentement le stock de ressource. Conclusion à laquelle tendait Hotelling (1931) quand il parle de « la tendance générale pour la production à être retardée en situation de monopole ». Conservationnisme du monopole?

28 Mais si lélasticité-prix de la demande est croissante avec la quantité ou décroissante avec le temps (substituts disponibles), le monopole est alors, au contraire du cas précédent, moins conservateur que le producteur concurrentiel car il est conduit à accélérer lextraction. Conservationnisme du monopole?

29 Loligopole Cas de loligopole évoqué par Hotelling mais de façon très succincte. A partir de 1973, modèle initial de Hotelling élargi aux oligopoles (Salant [1976], Gilbert [1978]). comme pour le monopole, si la structure de marché est susceptible de modifier la politique dextraction des producteurs, il apparaît difficile de comparer les structures de marché entre elles pour savoir laquelle épuise le plus vite la ressource. Les résultats peuvent fortement diverger en fonction de différents paramètres et en particulier en fonction de lélasticité de la demande.

30 Evolution du prix plus complexe si le coût marginal dextraction est non négligeable. On a alors : La règle dHotelling nous dit que croît au taux dintérêt mais lévolution du coût marginal dextraction est plus complexe car soumis à 2 effets opposés : – Le progrès technique permet dabaisser ce coût – La ressource est plus difficile à extraire au fur et à mesure de son épuisement, ce qui augmente le coût dextraction Coût dextraction

31 Schématiquement, on peut considérer quau début de lexploitation dune ressource épuisable le coût dextraction reste faible mais quil augmente fortement quand on se rapproche de lépuisement, et ce, quel que soit le progrès de la technologie. Entre les deux il peut croître ou décroître selon leffet qui lemporte En abaissant les coûts dextraction, le progrès technologique peut conduire à une évolution des prix selon une courbe en U. Une telle évolution a été mise en évidence par Margaret Slade (1982) pour plusieurs minéraux sur la période

32 Incertitude Conséquences de lintroduction de lincertitude? Deux types dincertitude peuvent être distinguées Sur le contenu des mines : Kemp (1976), Gilbert (1979), Loury (1978) montrent que si la ressource est de qualité uniforme et de taille fixée mais inconnue, elle sera épuisée moins vite. Hartwick et Olewiler (1986) montrent que le prix sélève et lextraction diminue face à lincertitude. Sur la demande : Weinstein et Zeschauer (1975) montrent que si les prix sont incertains et ce de plus en plus dans le temps, alors le propriétaire averse au risque accélère lexploitation.

33 1. 3. Exploitation socialement optimale dun stock de ressource non renouvelable Pb de partage du gâteau : comment partager un gâteau de taille finie entre un nombre potentiellement infini de générations? Quelle trajectoire dextraction choisirait un planificateur bienveillant dont lobjectif serait de maximiser le bien-être social intertemporel, i.e. la somme actualisée au taux des utilités présente et futures?

34 Le long de la trajectoire dextraction socialement optimale : Lutilité marginale tirée de la ressource est la même quels que soient ses usages : lextraire pour lutiliser ou la laisser dans le sol les utilités marginales actualisés issues de lextraction de la ressource sont les mêmes à toutes les périodes la rente croît au taux dactualisation. Si la valeur de lutilité marginale de la ressource devient très grande quand lextraction devient très faible, alors la ressource ne sera pas épuisée en temps fini. Sous lhyp. plus raisonnable que U(0) nest pas infinie (existence dun substitut ), alors la ressource sera totalement épuisée. Remarque : Plus limpatience de la société est grande ( élevé), plus la date dépuisement est proche.

35 Optimalité sociale de lextraction par des firmes concurrentielles Il est facile de montrer que dans le cas où le coût marginal dextraction est nul, le sentier dextraction de firmes parfaitement concurrentielle est socialement optimal dès lors que

36 Optimalité sociale de lextraction en monopole Stiglitz (1976) montre que dans le cas du monopole, si le coût dextraction est négligeable et que lélasticité-prix de la demande adressée au monopole est constante, i.e. indépendante du niveau dextraction, le prix de marché croît au taux dintérêt exactement comme dans le cas concurrentiel. Il ny a alors aucune différence en matière dextraction entre monopole et concurrence.

37 Dans le cas le plus plausible où lélasticité prix de la demande diminue quand la quantité extraite augmente, le prix de monopole croît à un taux inférieur à r, i.e. moins vite que le prix de marché concurrentiel. La ressource va alors sépuiser moins vite. On retrouve ladage populaire : « le monopole est le meilleur ami du conservationniste ». Dans le cas où le coût marginal nest pas négligeable, pas de résultats généraux.

38 La politique économique Est-il possible dinfluencer par la politique économique le comportement dextraction du producteur de la ressource ? Taxe sur la rente de rareté Toute taxe ou subvention portant directement sur la rente de rareté neutre vis-à-vis du sentier dextraction. En effet la règle dHotelling est inchangée car si (1 τ)λ t croît au taux r, λ t croît au même taux. Une taxe sur la rente de rareté est simplement un moyen pour lEtat de prélever une partie de la rente. Une taxe sur les profits a le même effet.

39 Taxe sur les ventes En revanche, une taxe (resp. subvention) sur le revenu des ventes [(1 τ)P t -c] est équivalent à une hausse (resp. baisse) du coût dextraction et induit donc une modification du sentier dextraction Dans ce cas, la taxe est distordante, elle est donc payée in fine par les consommateurs.

40 Plus on tente dintroduire des éléments concrets par rapport au modèle initial, plus on complexifie le raisonnement, plus on séloigne de la règle dHotelling dans sa forme initiale. De manière générale, les prix dépendent non seulement taux dintérêt, mais aussi des facteurs liés à loffre et à la demande, du progrès technique, de la découverte de nouveaux gisements, de la structure de marché, cest-à-dire de tout élément susceptible de faire varier le coût dextraction et le coût dusage. En résumé

41 Reste le principe fondamental, darbitrage entre actifs qui implique un rapport entre le prix de la ressource et certains paramètres économiques dont le taux dintérêt. Cest toujours la même règle darbitrage qui est en jeu = règle dHotelling, bien quelle prenne des formes différentes. On est pas surpris que la règle dHotelling dans sa version initiale ne soit pas vérifiée empiriquement. La vraie question fondamentale : la rareté des ressources est-elle effective débat empirique sur la mesure adéquate de la rareté dune ressource.

42 1. 4. La controverse sur la rareté des ressources naturelles épuisables On a vu en début de chapitre que les mesures physiques des stocks utilisées pour évaluer les réserves prouvées ou probables ne sont pas de bonnes mesures de la rareté. Le pb nest pas lexistence dun montant de ressources physiquement dispo mais si on est prêt à payer le prix de son extraction pour lutiliser. Approche économique du pb : définir un indicateur théorique de rareté et le quantifier.

43 A la recherche dun indicateur de rareté Les indicateurs de rareté: – Coût dextraction Barnett et Morse (1963); Barnett (1979) Rejettent lhypothèse dune rareté croissante des ressources naturelles – Prix de marché Nordhaus (1973); Jorgenson et Grilliches (1967), Smith (1979); Slade (1982, 1985) – Rente de rareté Stollery (1983); Hartwick et Olewiler (1986); Devarajan et Fisher (1982) Conclusions divergentes selon les ressources et les périodes

44 Les 3 variables économiques, coûts dextraction, prix de marché et valeur en terre ont été utilisés comme indicateurs de rareté. On a vu que ces 3 variables ne sont pas indépendantes Nombreux débats entre économistes quant à savoir laquelle des ces variables fournit le meilleur indicateur de rareté Pertinence des indicateur de rareté discutée Norgaard (1990); Adelman (1990)

45 La pertinence des indicateurs économiques de rareté Norgaard (1990): les indicateurs économiques de rareté sont logiquement inconsistants. Selon lui en effet, le modèle hotellien peut être caractérisé par le syllogisme suivant : si les ressources sont rares et si les usagers le savent, alors un indicateur économique reflétera cette rareté. Selon lui, les analyses empiriques qui ont tenté de vérifier cette théorie ont oublié la 2 nde condition. Adelman (1990) : les indicateurs économiques mesurent linformation disponible du moment sur la rareté, mais ne permettent pas de prévoir les évolutions futures.

46 Prix de marché Anthony Fisher (1979) : un indicateur de rareté doit prendre en compte les coûts directs et indirects de lobtention dune unité de ressource Or selon le modèle dHotelling: Prix = coût dextraction+valeur en terre. Mais le prix peut suivre une courbe en U du fait du progrès technique et donc décroître pendant un certain temps alors que la rareté augmente Le prix peut augmenter pour dautres raisons quune rareté croissante (modification de la structure de marché, ex. des chocs pétroliers, J-M. Chasseriaux [1982]). Le prix nest pas un bon indicateur

47 Coût dextraction Le coût dextraction est également clairement un indicateur biaisé, il peut baisser sous linfluence du progrès technique alors que la rareté augmente. Cest un indicateur statique traduisant un accès immédiat + ou – aisé Ne capte linfo que sur le côté offre alors que la rareté peut augmenter du fait dune augmentation de la demande plus rapide que la décroissance des coûts. Les coûts dextraction peuvent augmenter alors que la rareté diminue du fait du développement de substitut. Le coût dextraction nest pas un bon indicateur

48 La valeur en terre Cest théoriquement le bon indicateur mais pose également des problèmes Suppose un arbitrage parfait reflétant toutes les possibilités futures. En réalité, larbitrage est conditionnel à linformation dont dispose les agents sur ces possibilités. La valeur en terre est un indicateur de rareté conditionnel à létat des connaissances et non pas absolu.

49 La valeur en terre Difficulté de mesure car pas directement observable. Trois possibilités : Observation directe des prix auxquels séchangent les réserves, mais peu déchanges de ce type et encore moins de séries temporelles. Reconstruction à partir des séries de prix de marché et de coûts dextraction Observation des coûts de découverte. En effet, lactivité dexploration nest menée que si le coût marginal de lunité découverte est égale à son bénéfice marginale, i.e. la valeur en terre.

50 Conclusion sur la mesure économique de la rareté Chacun des 3 indicateurs présentés apporte des informations sur la rareté de la ressource et une analyse approfondie de son évolution doit toutes les prendre en compte. Aucun des indicateurs économiques considérés ne permet de conclure sans ambiguïté que les ressources épuisables deviennent plus rare. Ils suggèrent au contraire que lexistence de substituts, les découvertes de nouveaux stocks ou le progrès technique dans les technologies dextraction ont largement contribué à retarder ce constat. Ne disent rien sur lavenir.

51 Au-delà de ce débat sur la difficulté de mesurer la rareté, le problème qui semble aujourdhui plus important concernant lexploitation des ressources épuisables semble être leur caractère polluant. Finalement, cette problématique apparaît aujourdhui dans le domaine plus pressante que celle de lépuisement. Lintérêt se porte plus sur « la croissance propre » que sur un éventuel essoufflement de la croissance lié à lépuisement des ressources naturelles. La problématique essentielle aujourdhui est en définitive plus celle des externalités associées à lexploitation et à lutilisation des ressources épuisables et en particulier des énergies fossiles, que celle de leur épuisement et de lessoufflement de la croissance qui en résulterait. Le débat porte également sur le fait de savoir si lon passera immédiatement des énergies fossiles aux énergies propres en évitant la transition par le nucléaire qui pose notamment la question des déchets.

52 2. Exploitation des ressources renouvelables

53 Il y a trois raisons principales qui amènent à considérer les ressources naturelles renouvelables comme un sujet en soi: importance géopolitique; les ressources naturelles renouvelables ont des caractéristiques particulières telles que la propriété commune ou le libre accès; Le fait essentiel pour une ressource renouvelable est que son stock nest pas fixé et peut être augmenté ou diminué. Il augmentera si le stock peut se régénérer. Cependant il y a un stock maximum : aucune ressource ne peut se régénérer à des niveaux supérieurs à la capacité de charge de lécosystème où elle existe. Elle peut en revanche diminuer si son taux dextraction excède de façon persistante son taux de croissance.

54 Lanalyse économique des ressources renouvelables ne présente rien dimportant avant le milieu du XXème siècle. Précurseurs : Faustmann (1849), Ciriacy- Wantrup (1952), Scott (1955) Tournant dans les années 70, théorisation du pb des ressources renouvelables à partir des modèles doptimisation dynamiques issus dHotelling (1931) développés pour les ressources épuisables. Les deux grands domaines dapplication sont les ressources halieutiques et les ressources forestières.

55 2.1. Le cas des ressources halieutiques La production mondiale des pêches de capture marines a atteint son niveau maximal en 1996 (86,3 millions de tonnes), puis a baissé légèrement pour sétablir à 79,5 millions de tonnes en 2008, avec de fortes fluctuations dune année à lautre. Selon le dernier rapport 2010 de la Situation mondiale des pêches et de laquaculture de la FAO, La proportion des stocks de poissons de mer sous-exploités ou modérément exploités a baissé, passant de 40 % au milieu des années 70 à 15 % en 2008 (cf. Figure 2.1) = pourcentage le plus bas depuis le milieu des années 70. En revanche, la proportion des stocks surexploités, épuisés ou en phase de reconstitution est passée de 10 % en 1974 à 32 % en La proportion des stocks pleinement exploités est restée relativement stable; elle sest maintenue autour de 50 % depuis les années 70.

56 Source : Situation mondiale des pêches et de laquaculture 2010, FAO. Figure 2.1. Situation des ressources marines mondiales : évolution depuis 1974

57 Selon les estimations de la FAO : En 2007, 28 % des stocks de poissons de mer surveillés sont surexploités (19 %), épuises (8 %) ou en cours de relèvement (1 %). En 2008, 32 % sont surexploités (28 %), épuisés (3% cent) ou en phase de reconstitution (1 %) (Situation mondiale des pêches et de l'aquaculture, 2010, Létat de certaines espèces de poissons grands migrateurs et de haute mer est inquiétant : Plus de la moitié des stocks de requins grands migrateurs 66% des stocks hauturiers et chevauchants (merlu, morue, flétan, hoplostète rouge, requin pèlerin, thon rouge) seraient soit surexploités soit appauvris. Même si ces stocks ne représentent qu'une petite partie des ressources halieutiques, ce sont des indicateurs clés de l'état d'une portion massive de l'écosystème océanique.

58 Ces données indiquent bien une pression croissante sur les ressources halieutiques importance de la régulation de leffort de pêche Modèles de gestion du stock de poissons : Gordon (1954) Schaefer (1957), Beverton-Holt (1957)

59 La dynamique biologique La ressource naturelle renouvelable se reconstitue naturellement à chaque période à un taux G ( S t ) qui dépend des lois biologiques. Une extraction de ressource S au taux h réduit le taux de croissance net de la ressource : Équation similaire à celle de laccumulation du capital avec investissement et dépréciation la théorie économique traite les stocks de ressources renouvelables comme des formes de capital naturel.

60 Linvestissement en capital naturel est positif si et négatif sinon. Léquilibre au niveau du stock S t est atteint si : On considère que la loi biologique G a une forme en cloche. Elle commence par croître, atteint un maximum pour un niveau de stock donné puis décroît vers 0. En effet, la croissance intrinsèque du stock est limitée par lépuisement de son environnement qui limite sa reproduction.

61 G(St)G(St) G max =G(S RMS ) S1S1 S RMS S2S2 S max StSt Fig Loi biologique dévolution du stock de ressource et rendement maximum soutenable G admet un maximum puis décroît vers 0. On note S RMS le niveau de stock pour lequel laccroissement naturel G est maximal, cest le rendement maximum soutenable. S max est la capacité de charge, i.e. le stock maximal de ressource pouvant être supporté par lenvironnement.

62 Taux de croissance net de la ressource : Un état stationnaire (ES)est tel que la taille du stock reste constante au cours du temps : À lES, le montant prélevé sur le stock est égal au montant provenant de laccroissement naturel de la ressource.

63 Fig Etat stationnaire et taux maximal de rendement de la ressource. Comme la courbe de G est en cloche, pour tout niveau de prélèvement, il existe deux états stationnaires. Mais il existe un seul état stationnaire qui permette de maximiser le prélèvement tout en maintenant le stock constant : le taux de prélèvement h RMS donné par la condition de stationnarité h RMS = G ( S RMS ) est le taux maximal de rendement de la ressource. G(St)G(St) h RMS h S1S1 S RMS S2S2 S max StSt

64 Tout prélèvement supérieur au taux maximal de rendement de la ressource conduirait fatalement à lépuisement de la ressource. Si S est réduit à un niveau inférieur à S RMS, on dit que la ressource est biologiquement surexploitée. Obtenir ce rendement maximal soutenable est lobjectif traditionnel de la gestion des ressources halieutiques.

65 Ces notions détat stationnaire et de taux maximal de rendement de la ressource sont extrêmement importantes : Celle détat stationnaire correspond à lintuition selon laquelle il serait souhaitable, à un certain moment, de ne pas faire décroître le stock existant de ressource afin de garantir pour les générations futures la même possibilité de bien-être (cest dailleurs une des définitions de la durabilité de la croissance. A létat stationnaire, le rendement qui est obtenu, selon létat du stock, peut être plus ou moins fort : il est rationnel de chercher à maximiser ce rendement, donc datteindre le rendement maximal soutenable (RMS).

66 Lintroduction de leffort de pêche : la courbe de Schaefer Lexploitation des ressources est réalisée grâce à la combinaison de capital physique (bateaux et matériel de pêche), de travail et de stocks de poissons. Une fonction de production de pêche peut être définie en combinant la recherche dun état stationnaire et la détermination dun effort de pêche approprié. é

67 Leffort de pêche, noté E, mesure la quantité de capital, de travail et dénergie consacrée à la pêche pendant la période (mesurée habituellement par le nombre de bateaux). Le nombre de poissons pêchés dépend en général du niveau du stock de poissons mais, pour simplifier, on suppose que le ratio capture sur effort est proportionnel au stock de poissons et on note q le coefficient de prise : La quantité pêchée est alors :

68 Pour chaque niveau deffort E, il existe un équilibre, défini comme un état stationnaire du stock compte tenu de la fonction de production du pêcheur : et donc il existe une prise déquilibre : h, G ( S t ) h RMS * S2*S2*S RMS *S0*S0* S max StSt h=qE RMS S h=qE 2 S h=qE 1 S Fig Equilibre biologique et technologique dun unique pêcheur S1*S1* h=qE 0 S Effort E croissant h0*h0* h2*h2* h1*h1*

69 Fig La courbe rendement-effort ou courbe de Schaefer h *= h ( E ) h RMS * h*h* E2E2 E RMS E1E1 0 E Le stock de poisson déquilibre S* décroît lorsque leffort sélève ; La prise déquilibre h* augmente avec E jusquen E RMS puis décroît. La courbe rendement-effort de Schaefer h* = h* ( E ) qui représente les rendements déquilibre ou rendements soutenables pour différents niveaux defforts E a également une forme en cloche. G(St)G(St) h=qE 1 S

70 Attention à lInterprétation de la courbe rendement-effort : elle représente seulement les rendements déquilibre soutenable h* (i.e. compatibles avec un stock de ressource constant) correspondant à différent niveaux deffort E, une fois toutes les adaptations dynamiques effectuées. Quand leffort augmente, le long de la courbe rendement-effort, le stock de ressource déquilibre diminue de S max à 0.

71 Lexploitation de la ressource en libre accès : léquilibre bioéconomique La discussion na jusquici porté que sur les aspects technologique et biologique du problème sans tenir compte des implications économiques des choix opérés par le producteur. On pose trois hypothèses supplémentaires à partir du modèle précédent : 1. La ressource est en accès libre ; 2. Il existe des coûts économiques de la pêche, notés C, supposés proportionnels au niveau deffort : C= cE ; 3. Le prix de marché des poissons pêchés est exogène et constant et égal à p.

72 Le profit dun pêcheur pendant la période est alors : π = ph ˗ cE Puisque la ressource est en accès libre, tant que π > 0 il est rentable daccroître leffort total de pêche de nouveaux pêcheurs se lancent dans lactivité jusquà ce que les profits sannulent. Dans une pêcherie en accès libre, leffort se fixe au niveau déquilibre E* tel que le profit est totalement dissipé :

73 Si lon combine cet équilibre avec le modèle de rendement-effort de Schaefer, on en déduit léquilibre bioéconomique, c-a-d biologique et économique (Gordon 1954) réalisé pour un niveau de stock constant S EB tel que : Cet équilibre, correspond à léquilibre soutenable biologiquement qui dissipe le profit de la branche entre les pêcheurs. Il est donné graphiquement par lintersection de la courbe de Schaefer h* = h* ( E ) et de la courbe de coût réel total (cf. figure 2.6).

74 Fig Détermination de léquilibre bioéconomique C/p, h * E RMS E*3E*3 E (c/p) 0. E h *( E ) E*2E*2 E*1E*1 E*0E*0 léquilibre bioéconomique dépend du rapport coût/prix. (c/p) 1. E (c/p) 2. E (c/p) 3. E h RMS * Equilibres bio-économiques c/p décroissant

75 si les coûts sont particulièrement élevés par rapport au prix, la ressource ne sera pas exploitée car la pêche nest pas rentable (E 0 *) ; si c/p est élevé, un équilibre bioéconomique peut sétablir à un niveau E 1 *< E RMS, il ny a pas alors de surpêche biologique ; si c/p est bas, alors on a un équilibre bioéconomique E 2 *< E RMS et donc une surpêche biologique. Conclusion : la surexploitation dune ressource halieutique est inévitable dès lors que la demande est forte au regard des coûts de production le risque dextinction est dautant plus fort que c/p est faible.

76 En situation de surpêche biologique, une réduction de leffort qui réduit les coûts et augmente les recette permettrait de dégager un profit supplémentaire. h RMS * h 3 *= (C/p) 3 E RMS E*3E*3 0 E (c/p) 3. E h *( E ) (C/p) 2 E2E2 h2*h2* Δh * > 0 Δcoûts < 0 Δπ > 0 Fig Réduction de leffort en surpêche biologique C/p, h * En réalité, en raison du libre accès à la ressource, si π > 0, de nouveaux pêcheurs entrent, entraînant une élévation de leffort E cette réduction de leffort ne se réalise pas.

77 Cas du propriétaire unique On suppose maintenant quune firme unique possède tous les droits sur la ressource en poissons. Dans ce cas, quel est le degré deffort efficace bio- économiquement ? Cest celui qui maximise le profit et maintient constant le stock de ressource. Le profit est maximum quand la recette marginale est égal au coût marginal. En effet, le pêcheur aura intérêt à accroître son effort tant que le supplément de recette obtenu sera supérieur au coût de leffort supplémentaire fourni, i.e. tant que la recette marginale de leffort (le rendement marginal) est supérieur au coût marginal. On en déduit que le niveau deffort pour lequel le profit du pêcheur unique est maximum est tel que le rendement marginal de leffort est juste égal au coût marginal de leffort.

78 A léquilibre bioéconomique, le rendement de leffort doit être soutenable, i.e. compatible avec un stock de ressource constant, et le profit maximum. Léquilibre bioéconomique est donc atteint quand le rendement soutenable marginal est égal coût marginal, soit : Graphiquement, léquilibre est atteint au point A, quand la pente de la tangente à la courbe de Schaefer est égal à c/p (cf. figure 2.8).

79 E* correspond au niveau deffort déquilibre de la pêcherie en libre accès pour lequel le profit est nul et E** leffort de la pêcherie a propriétaire unique. E** 0 Fig Optimum social et équilibre décentralisé C/p, h * (libre accès) E ** c/p A B (pêcheur unique)

80 Le libre accès implique un niveau deffort trop élevé et donc un stock de ressource trop faible le risque de surexploitation augmente. Ce résultat, qui remonte au modèle de Gordon (54), constitue le second théorème fondamental de léconomie des ressources naturelle après celui dHotelling concernant les ressources épuisables : lexploitation dune ressource en accès libre est plus intense que lexploitation par un propriétaire privé et peut mener rapidement à lextinction de la ressource. Rq : Dans ce modèle statique, si lon considère que le coefficient de prise q diminue lorsque le stock devient plus faible (plus réaliste), le libre accès aboutit à une surexploitation moins importante des ressources ce mécanisme agit ici comme une force de rappel, rendant ainsi quasiment impossible dépuiser le stock.

81 Mais on ne peut se limiter à cette analyse statique qui ne prend pas en compte lévolution de la ressource au cours de son exploitation. Deux composantes du coût de la pêche : lensemble des coûts privés supportés par les pêcheurs la taille du stock et sa capacité de reproduction ne sont pas illimitées. On a jusquici négligé cette 2ème composante qui nest pas directement observable mais quil faut prendre en compte.

82 2.1.4 La dynamique de lexploitation de la ressource en libre accès La capture dun poisson aujourdhui réduit les possibilités de pêche dans lavenir. Si la population de poissons appartenait à un propriétaire privé, il évaluerait la valeur du poisson marginal non pêché et maximiserait les flux actualisés de ses profits futurs. En effet, un poisson laisser en mer permet daccroître la population et donc génère un profit supplémentaire à la période suivante. Cette « valeur en mer » est léquivalent de la valeur en terre de la ressource épuisable que lon renonce à extraire. La règle de gestion efficace de la ressource renouvelable que lon obtient est très proche de la règle dHotelling, le pêcheur unique va égaliser le gain marginal de renoncement à la capture au gain marginal de la capture, cette règle le conduit à égaliser la productivité marginale nette de la ressource au taux dintérêt.

83 Lextinction de la ressource peut-elle être économiquement optimale pour un propriétaire unique? Oui si la productivité marginale nette de la ressource est inférieure au taux dintérêt (i.e. aux rendement des placements alternatifs). Mais peu probable dès lors que les coûts de capture croissent quand la taille du stock de réduit car les coûts de capture augmentent la productivité marginale nette de la ressource.

84 La tragédie des biens communs La valeur attribuée au poisson non pêché empêche le pêcheur unique de surexploiter ses ressources. En effet, le comportement rationnel de maximisation du profit implique quune part de la ressource soit conservée pour les usages futurs. Tout poisson non pêché équivaut ainsi à un investissement dans la ressource. Mais dans le cas où la pêcherie est en libre accès, aucun pêcheur ne peut être sûr de bénéficier dans lavenir de la valeur du poisson quil renoncerait aujourdhui à capturer. Un pêcheur rationnel na aucune incitation à restreindre sa pêche afin de conserver la ressource pour lavenir : se restreindre lui-même ne ferait quaugmenter les opportunités futures de pêche pour tous ses concurrents. Cest ce que lon désigne sous le nom de « tragédie des biens communs » (Hardin, 1968).

85 Hardin en 1968 écrit un article « The Tragedy of the Commons » dans la revue Science, pour mettre en évidence le risque dépuisement rapide des poissons ou des baleines (analyse en termes de passagers clandestins). Nordhaus en 1982, dans The Global Commons, élargit cette analyse aux biens collectifs planétaires : couche dozone, climat...

86 La source principale des risques dextinction des ressources renouvelables tient donc à la conjonction de 2 phénomènes: Le libre accès à la ressource; Lexistence dexternalité de production. Tragédie des biens communs. Un ressource renouvelable est intermédiaire entre bien privé et bien public. Elle est rivale (sa conso par un agent linterdit aux autres), mais difficulté dexclusion.

87 Dans les modèles de type Gordon-Schaefer, le stock de poissons est un stock indifférencié selon lâge, or lâge compte. Certaines espèces de poissons, pourtant prolifiques, peuvent être mises en danger si on exploite leurs juvéniles. Le modèle de Beverton et Holt (1957), souvent utilisé à côté de ceux de Gordon et Schaefer, peut traiter ces cas. Il sagit dun modèle dynamique avec générations différenciées. Ce type de modèles permet dinsérer facilement un paramètre sensible en matière de pêche : la taille des mailles du filet ou de lengin de pêche. Tous ces modèles supposent linformation parfaite. Les modèles de Reed (1974, 1979) et celui de Charles (1983) introduisent lincertitude dans les modèles de ressources renouvelables. Prolongements

88 2.1.5 Les politiques de régulation envisageables Dans une situation de libre accès, il nexiste aucune force automatique qui puisse régler le problème de la surexploitation. Une intervention publique est donc nécessaire pour restaurer lefficacité économique. Les techniques de régulation traditionnelles reposent sur des mesures de limitation : – définition des saisons de pêche ; – restrictions sur le matériel de pêche (taille des filets ou de leurs mailles) ; – limitation du nombre de bateaux ; – instauration de quotas globaux de pêche pour tenter de raccourcir la période de pêche...

89 Dans tous ces cas, des effets pervers : – allongement excessif de la durée du travail des équipages – surinvestissement des patrons-pêcheurs afin davoir des bateaux plus efficaces, même sils sont moins nombreux ou peuvent pêcher moins longtemps. En plus des effets de surexploitation qui subsisteront, apparaissent dautres inefficacités économiques puisque ces mesures accroissent le coût de production des pêcheurs, ce qui réduit leurs revenus et augmente le prix du poisson pour les consommateurs.

90 Les quotas globaux de pêche accroissent à coup sûr linefficacité économique de la pêcherie en libre accès : les pêcheurs sont fortement incités à commencer à pêcher à pleine capacité dès le début de la période de pêche car freiner leur effort les conduirait à nobtenir quune faible part du quota total. La taxation peut paraître le remède approprié permettant aux pêcheurs dinternaliser au moins en partie les externalités dynamiques que leur activité exerce sur le stock de ressource. En pratique, comme toutes les mesures fiscales, elle est extrêmement difficile à faire accepter politiquement : Opposition vigoureuse des lobbys de la pêche à un transfert de revenu des pêcheurs vers lEtat. Difficultés inhérentes au caractère international de la plupart des pêcheries, qui rend linstauration dune taxe encore plus délicate.

91 Approche alternative dont lusage se répand lentement (depuis 1983 en Nouvelle Zélande et dans une certaine mesure au canada et aux EU) : système de quotas individuels transférables dexploitation de pêche, selon le même principe que les droits démission négociables. Un tel système présente lavantage de préserver les rentes économiques en les redistribuant au sein du groupe de producteurs concernés.

92 La gestion forestière constitue lautre grand domaine dapplication de la théorie des ressources renouvelables. Chaque ressource a ses spécificités : par exemple lâge de larbre est une variable fondamentale, ce qui nest pas le cas pour les poissons. La forêt produit des externalités de consommation et nest pas uniquement une ressource contrairement aux poissons. Au-delà dune diversité dapparence, grande similitude de fond de tous ces modèles de ressources renouvelables. Développement parallèle dans la littérature. Dabord fondés sur le principe du rendement maximum soutenable, i.e. sur la dynamique des populations animales ou végétales, on est passé à des modèles plus économiques véritablement dynamiques soulignant la nécessité de raisonner en termes de valeur présente et prenant en compte les conséquences en retour sur lévolution de la ressource de son exploitation économique.

93 2.2. Lextinction des ressources renouvelables et les pertes de biodiversité Le problème de lextinction des espèces peut être vu comme un prolongement de la théorie économique des ressources renouvelables. Le résultat de ces extinctions est une diminution de cette ressource naturelle particulière et globale que lon appelle la biodiversité.

94 2.2.1 Lextinction des espèces dans le cadre de la théorie des ressources renouvelables Déterminants de la pression exercée sur ressource naturelle renouvelable (ici une espèce) en accès libre : le prix de cette espèce le coût de prélèvement Si le prix est élevé et le coût de prélèvement bas, la surexploitation de lespèce pourra conduire à son extinction. La politique consiste alors à abaisser le prix ou à élever le coût de prélèvement via, par exemple : une restriction une interdiction de commercialiser lespèce une interdiction de la chasse.

95 Si lhypothèse de libre accès à la ressource, pertinente en matière de ressources halieutiques, lest beaucoup moins pour les espèces terrestres : le contrôle de laccès à un territoire donné peut toujours être effectué. On peut même penser que cette régulation de laccès est en réalité endogène et non exogène : le contrôle correspond à un investissement dans la ressource qui dépend lui-même du rendement que lon en attend. « Linvestissement joue un rôle crucial pour déterminer si un stock dune espèce donnée continuera à exister » (Swanson, 1993). Cet aspect est négligé par les modèles bioéconomiques qui font la plupart du temps lhypothèse implicite que les ressources biologiques sont des biens libres qui ne requièrent aucun investissement.

96 Le montant optimal de dépenses de gestion est atteint lorsque le gain en termes de profits tirés de la préservation de lespèce est égal au coût dopportunité que représente par exemple le salaire des employés. « les politiques existantes sattaquent aux causes secondaires plutôt quaux causes fondamentales du déclin des espèces. Les espèces en danger connaissent toutes les mêmes menaces : linattention humaine et le sous-investissement. [...] La surexploitation nest que la cause immédiate du déclin des espèces : la cause fondamentale en est sa non-compétitivité en tant quactif. Les théories anciennes considéraient comme exogènes les institutions gérant laccès à une espèce particulière. [...] les régimes de libre accès sont causés par les décisions de ne pas investir dans certaines ressources, plutôt quils ne sont causes de telles décisions », Swanson (1993).

97 Une espèce apparaît en effet comme un actif naturel dans lequel lhomme investit des ressources et quil peut arbitrer contre dautres actifs. Ce qui est en jeu cest la capacité de cette espèce, en tant quactif naturel, à engendrer un rendement qui puisse se comparer à ceux des autres types dactifs On retrouve lidée centrale de la théorie des ressources naturelles, quelles soient épuisables ou renouvelables.

98 Dans cette perspective, lextinction peut intervenir pour 3 raisons : 1. Lespèce a une valeur courante mais ses perspectives de croissance et donc de rendements futurs sont telles quil napparaît pas justifié de la détenir comme actif. Le stock tout entier sera donc exploité jusquà épuisement (forêts tropicales) 2. Lespèce nest pas perçue comme susceptible de faire lobjet dune consommation même future, elle séteindra si lon trouve une utilisation plus profitable à son habitat naturel (cas de nombreux insectes et végétaux) ; 3. La valeur courante de lespèce existe mais nest pas suffisante pour quelle puisse faire lobjet dun programme « volontaire » dinvestissement (cas de la plupart des mammifères terrestres menacés, tels léléphant). 3 raisons à lextinction dune espèce mais une seule cause fondamentale: labsence dincitation à investir.

99 Les pertes de biodiversité Les problèmes dextinction peuvent aussi être abordés à partir de la notion de biodiversité, puisque lextinction réduit la diversité. La diversité devrait en toute rigueur sapprécier à partir du stock génétique naturel présent dans un écosystème donné. Mais, pour des raisons de commodité, elle sapprécie surtout par le nombre despèces existantes, résultat de processus de différenciation et dextinction.

100 Si on a pu considérer que pendant longtemps ces deux processus se sont équilibrés, il nen est plus de même depuis lapparition des effets de lactivité humaine ( ans environ). Depuis lors, lextinction lemporte sur la différenciation et de plus, lextinction dorigine humaine lemporte actuellement dun facteur 3 ou 4 sur lextinction « naturelle ». Le taux dextinction actuel par décennie est de 5 à 10% du nombre total despèces, ce qui conduit certains biologistes à affirmer que nous pourrions perdre dici le milieu du XXIème siècle 25 à 50% des espèces existant actuellement.

101 Le processus de conversion des espaces « naturels » en espaces exploités par lhomme qui implique des modifications ou des destructions de lhabitat de nombreuses espèces, est selon Pearce et Turner (1990), de loin la cause la plus importante dextinction despèces. Les conversions sont le plus souvent le résultat de forces économiques qui poussent : à la substitution dactifs plus productifs à des actifs moins productifs; à la spécialisation dans les productions qui assurent la plus grande productivité; à la globalisation des productions agricoles via la généralisation de méthodes de production spécialisées à la planète entière.

102 Un nombre de plus en plus réduit despèces satisfait les besoins de lhomme. On estime que parmi les milliers de plantes comestibles connues, seules 20 constituent la base alimentaire de lhumanité toute entière. Par exemple les quatre grandes sources dhydrates de carbone (le blé, le maïs, le riz et la pomme de terre) nourrissent plus de gens que les 36 suivantes prises ensemble (Wilson, 1988).

103 Les conversions qui font passer de ressources diversifiées à des ressources moins diversifiées sont perçues généralement comme avantageuses localement et à court terme, alors quelle ne le sont pas globalement et à long terme. Problème dexternalité : les individus ne tiennent pas compte dans leurs décisions des coûts de la conversion pour la planète dans son ensemble, en particulier ceux quimplique la perte de la biodiversité. Tout se passe comme si les ressources biologiques diversifiées étaient systématiquement sous-évaluées, ce qui les amène à être plus aisément converties. On peut penser que cette sous-évaluation trouve sa source dans deux défaillances de marché et trois défaillances concernant les politiques gouvernementales.

104 Défaillances de marché 1.Incapacité des agents à sapproprier sur le marché le flux de services informationnels émanant de ressources diversifiées. Ceci tient à un aspect paradoxal de linformation : celle-ci est sans valeur jusquà ce quelle soit révélée et sa révélation la rend inappropriable. Il est donc largement possible dacquérir de linformation à partir de la biodiversité sans en payer le prix Ceci réduit dautant la demande potentielle de biodiversité.

105 2. Incapacité des agents à sapproprier sur le marché le flux de services dassurance émanant de ressources diversifiées. La biodiversité remplit un véritable rôle dassurance (= diversification des risques) elle assure la minimisation du risque dans la production biologique, i.e. réduit la variabilité de la production. Les rendements du maïs aux EU ont considérablement augmenté à partir du milieu des années 50 passant de 57 kg/ha en 1935 à 133 du fait de luniformisation des semences et des méthodes de culture. Pendant le même temps, la variabilité sest accrue de près de 100%, passant de 0,06 à 0,105. Mais ces services dassurance offerts par la biodiversité ont un caractère de bien public, il peut exister une demande de services dassurance issus de la diversité sans quexiste le consentement à payer correspondant réduit la demande potentielle de diversité.

106 Défaillances des politiques publiques 1.Politiques qui empêchent lappropriation de la valeur des flux de services informationnels émanant de ressources diversifiées : principe généralement admis de non- brevetabilité du vivant « naturel » et liberté daccès aux banques de gènes. 2.Politiques qui subventionnent la souscription dassurance portant sur les récoltes dans lagriculture spécialisée. 3.Politiques qui subventionnent lagriculture spécialisée et pratiquent la discrimination envers les ressources diversifiées Ex. : dans le cas de lAmazonie brésilienne, la conversion de la forêt en pâturages pour bestiaux naurait pas été financièrement possible sans dimportantes subventions gouvernementales (Browder, 1988).

107 En conclusion : Lexploitation des ressources naturelles renouvelables nest pas la seule cause dappauvrissement du milieu naturel et de disparition des espèces, même si elle y contribue. Cest dans la transformation despaces naturels diversifiés en terres agricoles livrées à la monoculture intensive que réside lessentiel des menaces de disparition pour de nombreuses espèces ou variétés végétales comme animales.

108 Extinction des espèces Pour évaluer les taux dextinction actuels, on utilise des modèles dans lesquels sont représentées les forces qui influent sur cette biodiversité. Ils tendent à montrer que la richesse du nombre despèces (dite richesse spécifique) va seffondrer dans les années à venir. Le rapport du Millennium Ecosystem Assessment (2005) (groupe de scientifiques internationaux), évoque la disparition de 12% des oiseaux, 25% des mammifères et 32% des amphibiens dici à Et il ajoute que 20% des récifs coralliens et 35% des superficies de mangroves ont récemment disparu. Selon dautres études, les deux tiers de lensemble des espèces vivant sur Terre risquent de séteindre dici 100 ans simplement sous leffet de la destruction de leurs habitats.

109 Si lon ajoute les récents travaux concernant lextinction possible de 15% à 37% des espèces de la planète dici 2050 sous leffet du réchauffement climatique, il est possible daffirmer, même si ces études donnent encore lieu à des discussions, que lon se trouve dans une période dextinction massive. Cest pourquoi, depuis une quinzaine dannées, des objectifs de protection des espèces et de leurs habitats ont été adoptés à différentes échelles.

110

111 Nombre despèces de vertébrés menacées en Europe Note : Les espèces gravement menacées (risque extrêmement élevé d'extinction dans un proche avenir); les espèces menacées (risque très élevé d'extinction dans un proche avenir); les espèces vulnérables (risque élevé d'extinction à moyen terme). Les données portent sur l'ensemble des espèces de vertébrés menacées à l'échelle mondiale pour lesquelles il existe des registres nationaux dans la base de données PNUE-CMSC (PNUECMSC, 2001a). Les espèces marines enregistrées par zone océanique ne sont pas incluses.

112 Nombre d'espèces de vertébrés menacées : Amérique latine et Caraïbes Note : Les espèces gravement menacées (risque extrêmement élevé d'extinction dans un proche avenir); les espèces menacées (risque très élevé d'extinction dans un proche avenir); les espèces vulnérables (risque élevé d'extinction à moyen terme). Les données portent sur l'ensemble des espèces de vertébrés menacées à l'échelle mondiale pour lesquelles il existe des registres nationaux dans la base de données PNUE-CMSC (PNUECMSC, 2001a). Les espèces marines enregistrées par zone océanique ne sont pas incluses.

113 Global Biodiversity Outlook 3 (CDB, 2010) The target agreed by the world's Governments in 2002, "to achieve by 2010 a significant reduction of the current rate of biodiversity loss at the global, regional and national level as a contribution to poverty alleviation and to the benefit of all life on Earth", has not been met. None of the twenty-one sub-targets accompanying the overall target of significantly reducing the rate of biodiversity loss by 2010 can be said definitively to have been achieved globally, although some have been partially or locally achieved. Despite an increase in conservation efforts, the state of biodiversity continues to decline, according to most indicators, largely because the pressures on biodiversity continue to increase. There is no indication of a significant reduction in the rate of decline in biodiversity, nor of a significant reduction in pressures upon it. However, negative trends have been slowed or reversed in some ecosystems. There are several indications that responses to biodiversity loss are increasing and improving, although not yet on a scale sufficient to affect overall negative trends in the state of biodiversity or the pressures upon it.


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