La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

Thème 1: à quoi sert léconomie? Que peut lui enseigner lHistoire?

Présentations similaires


Présentation au sujet: "Thème 1: à quoi sert léconomie? Que peut lui enseigner lHistoire?"— Transcription de la présentation:

1 Thème 1: à quoi sert léconomie? Que peut lui enseigner lHistoire?

2 Introduction Le programme – Le cadre général des activités économiques et sociales: démographie historiques, grandes fonctions de léconomie, capitalismes et socialismes – La croissance et les crises depuis le XIXè siècle, incluant lanalyse des facteurs de croissance et des cycles – La monnaie (création, théories) et les modes de financement de léconomie (banques, marchés financiers) – Le rôle de lEtat dans la vie économique et sociale – Les différentes formes de structure sociale

3 Lesprit des écoles se retrouve dans le sujet proposé – HEC: sujets historiques, brefs, de longue durée, jury mixte: Ex: la tertiarisation des économies avancées, les politiques de lutte contre la pauvreté depuis le XIXè siècle, la crédibilité des accords monétaires. Sorties de crises. – ESSEC – ESCP: sujets économiques, plus pointus, jury non mixte. Plus liés à des questions de société contemporaines Ex: « lEurope sera monétaire ou ne sera pas ». Quen pensez- vous? Faut-il combattre les monopoles? – ECRICOME, ESC: plus proches de questions de cours poussées, où lon doit montrer la maîtrise des notions et des mécanismes clefs de léconomie Ex: le chômage est-il dû à la mise en œuvre de politiques inappropiées? Lendettement est-il toujours facteur de croissance?

4 Comment se préparer? – Le cours, la base, nécessité de fiches de synthèse, dun répertoire, de schémas – Le travail sur les colles et les DS: mutualisez les colles, les remarques des colleurs. Conservez les corrigés de DS – Des fiches de lecture ponctuelles sur des ouvrages problématiques récentes – Lecture aussi régulière que possible de la presse éco: supplément éco du monde, alter éco, les Echos, lExpansion – Les blogs de certains profs ou dassociations (APSES, Melchior), quelques think tanks pourquoi pas

5 Une épreuve reine : la dissertation « Ce qui se conçoit bien sénonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément » – Souvent une grille détaillée de correction avec tjs les mêmes attentes: une introduction qui problématise, une démonstration illustrée, une réponse claire en conclusion – Retour sur la méthode… Réécrire et lire le sujet pour bien saisir le FOND Lintroduction: que mettre? Quel volume? Etc… Le plan: 2 ou 3 parties? Pas de « règle dor » Quest-ce que démontrer? Le timing Comment conclure? Et le plus à valoriser : la FORME

6 A-LES GRANDS COURANTS ECONOMIQUES: ECLOSION, CROISSANCE, EMIETTEMENT Aujourdhui, nul néchappe à léconomie. Sétalant dans les colonnes des journaux et sur les chaînes de télévision, celle-ci simpose partout, suscitant des conversations passionnées, et généralement inquiètes, sur le chômage, laccroissement des inégalités, les effets désastreux de la mondialisation… La défiance à lendroit de cette science « occulte » est dautant plus importante que la plupart des gens en ignorent les principes de base et ne sont guère en mesure de déchiffrer clairement les informations colportées par les médias. En un mot comme en cent, léconomie, jugée austère, rébarbative et trop souvent porteuse de mauvaises nouvelles, a mauvaise réputation. (…) Léconomiste, en effet, nest pas un plaisantin. (…) Sans compter son langage : vocabulaire abscons, méandres théoriques, concepts fumeux, soutenus par une inextricable langue de bois (…). Ceux qui ont la mauvaise idée de faire des études déconomie (ou qui doivent en passer par là au cours de leurs études) ne sont pas mieux lotis : obligés dutiliser les mathématiques comme unique langage, ils finissent par avoir les idées aussi courbes que des fonctions. Certains dentre eux se révoltent contre une discipline quils définissent comme « autiste ». Alors, difficile daccès, léconomie ? Pas vraiment. Il suffit dun peu de bon sens pour découvrir les concepts, les idées, les mécanismes, certes parfois délicats, mais qui éclairent de manière déterminante les questions que chacun se pose, y compris celles qui paraissent à première vue insurmontables. (…) Elle a surtout une qualité incontournable : si on la tient un peu en laisse (…) elle ne parle que de la vie concrète, de toutes ces choses qui la rendent parfois difficile : travail, loisirs, consommation, éducation, richesse. M. MUSOLINO, LEconomie pour les nuls, First Editions, 2011, introduction, pp.1-3

7 a)Petite initiation à lHistoire de léconomie: la lente construction dune science humaine « Quand les dieux ont composé le couple, ils ont veillé avant tout à ce quils trouvent chacun les plus grands avantages (…) Il faut quil y ait quelquun qui accomplisse les travaux du plein air : labourer, semer, planter, faire paître le bétail (…). Mais il faut aussi, une fois ces produits entreposés sous un toit, que quelquun accomplisse les tâches qui doivent se faire sous un toit : cest à labri que doivent être élevés les nouveaux nés, à labri aussi que doit être préparée la farine que donnent les céréales ; cest de même enfin que doivent être confectionnés les vêtements de laine (…) la divinité a tout dabord créé la nature de la femme pour les activités et les soins du dedans, et celle de lhomme pour les activités et les soins du dehors » Xénophon, lEconomique

8 La science du foyer domestique dans lAntiquité Au Moyen Age, des questions économiques abordées sous un angle moral La captation de léconomie par les financiers et les marchands avec la première mondialisation de la Renaissance

9 T. Mun ( ) et J. B. Colbert ( )

10 S. Vauban ( ) et P. Boisguillebert ( )

11 Une science à partir de la Révolution française – Création des premières chaires avec A. Vandermonde en France, T. Malthus en Angleterre

12 – Deux hypothèses fondatrices: La main invisible de Smith Lidée de la rationalité économique chez Mill – Et une nouvelle définition de léconomie La science de « lacquisition et lusage des choses matérielles nécessaires au bien-être » (A. Marshall) – Une rupture : K. Popper et la réfutabilité – Limportance de la statistique – La révolution keynésienne: léconomie à la croisée des chemins « léconomiste doit être mathématicien, historien, homme politique et philosophe » (1936)

13 b)léconomie politique depuis le XVIè siècle: maturation, structuration, explosion Les mercantilistes – Le mercantilisme espagnol chryshédoniste ou bullionniste – Le mercantilisme anglais, protectionniste Les actes de navigation de 1651 Les corn laws de 1773 et 1815 – Le mercantilisme français et ses figures

14 Jean BODIN ( ) – « il ne faut jamais craindre quil y ait trop de sujets, de citoyens, il nest de force ni de richesses que dhommes » Antoine de MONTCHRESTIEN ( ) – Léquilibre de la balance commerciale à tout prix, la naissance de la division du travail et les prémisses de la théorie des avantages comparatifs, lapôtre de linterventionnisme avant lheure Jean-Baptiste COLBERT ( ) – « Tout ce qui tend à restreindre la liberté et le nombre des marchands ne peut rien valoir »

15 Lécole physiocrate – Richard CANTILLON ( ) et son Essai sur la nature du commerce en général Le niveau des prix dépend de loffre et de la demande de biens Le taux dintérêt dépend de la demande et de loffre de monnaie Léconomie fonctionne en circuit, il anticipe lidée dun équilibre général entre la population et léconomie – François QUESNAY ( ) et son Tableau économique La richesse nest pas la monnaie mais la terre : « tout ce qui favorise lagriculture est favorable à lEtat et à la nation ». Les premiers libéraux adversaires des taxes. Lactivité manufacturière ne rapporte rien mais fournit à lagriculture des « avances », « primitives » ou « annuelles ». Le tout permet léquilibre éco.

16 Les classiques ou le libéralisme moderne – Adam SMITH ( ), adversaire de « lextravagance et de linjustice » de la colonisation et du mercantilisme La vraie richesse nest pas lor mais ce que lon peut consommer avec (valeur dusage/déchange: eau/diamant) La valeur dune marchandise se mesure en travail et non en métal précieux (daim/castor) La main invisible: lenrichissement personnel concourt au bien être et à lenrichissement collectif Le théoricien du libre échange: spécialisation internationale et division du travail Mais il est loin dêtre le pourfendeur de linterventionnisme de lEtat: le « bien club », lEtat et ses dettes, lEtat et la fiscalité

17 – Thomas MALTHUS ( ) Essai sur le principe de population en réaction à la décision de 1795 des juges de Speedhamland. Population et richesses ne croissent pas symétriquement, doù des « obstacles destructifs » pour un « retour à la normale » >> « je désavoue publiquement le droit des pauvres à être entretenu aux frais de la société » Pourtant il veut « supprimer toute pauvreté » et « augmenter le bonheur des classes inférieures de la société » >> Comment ? Par des « obstacles privatifs » Un des premiers théoricien de loffre: la création dun bien trouve tjs un débouché, tout bien crée une demande

18 – David RICARDO ( ) Théorie de la répartition approfondissant la théorie de la valeur travail : travail direct/indirect, prix rémunère via la monnaie le travail – Une unité de marchandise A = 10h de travail – Une unité de marchandise B = 5h de travail – 5h de travail= 1g dor – Prix de lunité A = 2g dor, prix de lunité B = 1g – … Mais CONCURRENCE = distorsion entre prix du marché et du travail notion de salaire de subsistance et première approche de la « loi dairain des salaires » plus tard théorisée par Lassalle. Le théoricien de la loi des rendements décroissants

19 Productivité marginale (augm° en %) …nNb dembauches

20 Le théoricien de la loi des avantages comparatifs: plutôt que de se spécialiser où on est le meilleur, il faut se spécialiser là où lon a le moins de désavantages, où lon est le moins mauvais. Il faut raisonner en coût dopportunité. PaysAngleterrePortugal Vin/drap120/100=1.280/90=0.88 Drap/Vin100/120=0.8390/80= 1.125

21 Favorable à létalon or: émission de billets proportionnelle à lor possédé pour éviter les faillites du type de la banqueroute de Law ou des assignats. Disposition favorable à léquilibre commercial! GB meilleure que Portugal dans P° de vin Portugal cesse dexporter du vin et en importe Commerce extérieur du Portugal déficitaire, de la GB excédentaire Stock dor du Portugal diminue, de la GB augmente Surproduction de vin au Portugal doù baisse des prix Production plus concurrentielle pour le vin portugais, hausse des exportations Nouvelles rentrées dor, rééquilibrage du commerce extérieur

22 Partisan modéré de la colonisation: métropole plus avantagée dans certains cas que par le libre-échange notamment pour lancer son industrie Défenseur modéré des ouvriers: relations ambiguës entre machinisme et bien être Initiateur de la théorie de la croissance stationnaire: la hausse des salaires condamne à la baisse du taux de profit et donc à la stagnation de la croissance

23 J. S. MILL ( ), Principes déconomie politique (1848) = progressisme – Émancipation des femmes – Réglementation de la durée du travail – Instruction publique gratuite – En phase avec Ricardo sur la croissance stationnaire, doù ce besoin daugmenter la population active, daider les pauvres, de qualifier les travailleurs

24 Jean Baptiste SAY ( ) – Théoricien de la richesse et de la circulation de la monnaie: richesses naturelles/richesses sociales, richesse immatérielle – Monnaie comme dénominateur commun des échanges, un intermédiaire. La valeur de la monnaie augmente avec les échanges, laccélération de la vitesse de circulation de la monnaie est liée à la croissance des échanges et crée linflation. – Anticipateur de la théorie du déversement entre les « industries » agricole, manufacturière et commerciale « cest en partie parce quon a inventé la charrue quil a été permis aux hommes de perfectionner les beaux arts »

25 – Théoricien de la loi des débouchés: les produits sont échangés contre dautres produits acquis par la dépense de la rémunération du travail >> toute offre crée sa propre demande, les hommes consomment dautant plus quils produisent – Théoricien du rôle modéré de lEtat: il faut limiter son intervention à la protection de la propriété et de la concurrence, cest un « accident rendu nécessaire » Le premier à penser le rôle désincitatif de limpôt sur la production

26 Les néoclassiques (qui finalement seront beaucoup plus étudiés en micro-économie…). Leur apport concerne avant tout la question de lutilité. Ils postulent que les phénomènes éco obéissent à des lois comme la nature. On parle de « révolution marginaliste » car ils analysent les effets dun phénomène sur la dernière unité produite et utilisent les fonctions mathématiques dans leur démonstration. – 1 ère génération: Walras, Menger, Jevons – 2 ème génération: Marshall et Pareto

27 William S. JEVONS ( ): la valeur ne dépend pas du travail incorporé mais de la satisfaction procurée par la dernière unité consommée. Lutilité est PSYCHOLOGIQUE. Léon WALRAS ( ): les agents rationnels maximisent leurs PROFITS quand ils produisent et leur SATISFACTION quand ils consomment. Vilfredo PARETO ( )développe le concept dOPTIMUM (ou ophélimité): une situation est optimale si on ne peut pas améliorer la situation dun individu sans détériorer celle dun autre

28 – 3 écoles École de Lausanne: Walras, Pareto >> primauté de la modélisation mathématique École de Cambridge: Marshall >> idées plus interventionnistes, plus proches du keynésianisme École de Vienne: Menger, Von Hayek >> psychologie plus importante que mathématiques

29 Les remises en cause du libéralisme – F. LIST ( ): le père du protectionnisme éducateur, pour les industries naissantes (contexte de lindustrialisation de lAll, influence Bismarck) – C. B. DUPONT WHITE ( ): le machinisme exerce une pression à la baisse sur les salaires et crée des crises de surproduction >> « lhumanité est meilleure dans lEtat que dans les individus » – Les socialistes utopiques

30 SAINT SIMON : « la classe industrielle est la classe fondamentale et nourricière de la société » C. FOURRIER: passer de la « sauvagerie » à « lharmonisme » >> le phalanstère de J. B. A. Godin

31 PROUDHON: la lutte à tout prix contre la propriété, le théoricien de lanarchisme et du rejet de lEtat OWEN: les villages coopératifs et linstruction >> lentreprise modèle de New Lanark en Ecosse

32 – Karl MARX ( ): traité plus en détail dans le cours sur le socialisme Le matérialisme historique: le rôle de la lutte des classes Les classes sociales: de la classe en soi à la classe pour soi La dynamique du capitalisme consiste en la baisse tendancielle du taux de profit et le maintien de la misère, et nécessite des chômeurs, l « armée de réserve du capitalisme »

33 2 classes sociales: la bourgeoisie possède le capital, le prolétariat (les salariés) sa force de travail La bourgeoisie substitue le capital au travail pour augmenter lintensité capitalistique et avec elle sa productivité et ses profits. Le travail est le coût principal de la production Les prolétaires prennent conscience de leur exploitation et se coalisent, devenant une classe pour soi ne refusant plus la lutte des classes Lutte des classes = anéantissement de la bourgeoisie Mise en place de la dictature du prolétariat Passage du capitalisme à une économie socialiste dirigée par lEtat: collectivisation des moyens de production, égalisation des salaires, mise en place de mécanismes de sécurisation de la condition des travailleurs Disparition de la religion, « opium du peuple » Disparition de la monnaie Disparition de lEtat Société communiste

34 Keynes, un visionnaire – Il ne croit ni à la main invisible de Smith, ni aux thèses marxistes selon lui périmées et fausses scientifiquement – Théorie générale de lemploi, de lintérêt et de la monnaie: réponse à la crise de 1929 et tsunami intellectuel Le marché nest pas autorégulateur, il engendre crises et dépressions. LEtat doit actionner 2 leviers pour réamorcer la pompe: – le taux dintérêt: fidèle à Pigou et aux quantitativistes, il dénonce tôt les conséquences sociales dramatiques de linflation (1923) mais la déflation est pire encore (la Réforme monétaire). » Pour lui le taux dintérêt ne détermine pas larbitrage entre épargne et investissement mais est le fruit dun équilibre entre offre et demande de monnaie. » Il définit lépargne selon ses buts (précaution, transaction, spéculation). » Le taux dintérêt ne détermine pas le montant de lépargne mais sa structure. » Linvestissement est à lorigine des profits et de lépargne et non le contraire. – La dépense publique: utilisation de la politique monétaire et budgétaire pour relancer la croissance en stimulant la consommation

35 Les grandes avancées – La préférence pour la liquidité: lindividu arbitre entre constituer une épargne en monnaie disponible et en titres. Il préfère garder largent disponible même si la rémunération est moindre >> contredit Say: tout revenu nest pas forcément consommé, ne suscitant pas de nouvelle demande – La propension moyenne à consommer: la consommation croît moins vite que le revenu; la consommation augmente avec le revenu mais la part consacréeà la consommation tend à baisser relativement (// Engel) » Les pauvres ont une propension moyenne à consommer plus forte que les riches: doù lutilité de soutenir la demande par lEtat » Les riches ont une propension moyenne à épargner plus forte que les pauvres – La demande effective: ou anticipée, les agents anticipent la demande future, consomment et investissent en conséquence (loi psychologique fondamentale). Elle est fonction du revenu et de linvestissement. – Léquilibre de sous-emploi: léconomie de marché peut laisser coexister équilibre O.D et fort chômage. Equilibre et plein emploi ne sont pas symétriques. Une pensée qui a très largement évolué au fil du temps: il était au départ très libéral

36 Ses épigones – Roy HARROD ( ): on lui doit le concept « daccélérateur » Quand léconomie accélère, linvestissement accélère davantage et inversement. La croissance est déterminée par le taux dinvestissement (modèle Harrod-Domar) – Joan ROBINSON ( ) Plus marxiste elle étudie les effets (négatifs) de la privatisation des décision dinvestissement Elle inspire à Keynes lidée de la nationalisation des entreprises clefs (socialiser linvestissement) – John Richard HICKS ( ): lhomme de la « synthèse » entre keynésiens et néoclassiques (1937) : le modèle IS/LM utilisé jusque dans les 70s

37 B-Les grands courants sociologiques: lhomme en société pour objet

38 a)Le métier de sociologue: déconstruire la réalité quotidienne pour lui donner un cadre conceptuel Méthodes quantitatives et méthodes qualitatives – Le quantitatif Ernst ENGEL ( ) et létude du budget des familles grâce aux études belges de E. Ducpétiaux. Lien entre dépenses primaires et évolution du revenu. Caroll WRIGHT( ): dans son prolongement, analyse lévolution des consommations. Paul LAZARSFELD ( ): étude de linfluence des médias sur la société; étude de la sociologie électorale

39 – Le qualitatif Louis René VILLERME ( ) et son Tableau de létat physique et moral des sociétés dans les manufactures de coton, de laine et de soie (1840) – utilisation de la technique de lentretien et de létude du budget. Frédéric LE PLAY, père du traditionalisme avec les Ouvriers européens (1855): monographies sur les conditions de travail et les visions du monde ouvrier DANS LES FAITS QUANTITATIF ET QUALITATIF SONT ENTREMÊLES

40 Les outils denquête (en relation avec les méthodes utilisées) – Observation directe, sur le terrain. Ex de Marcel MAGET, Guide détude directe des comportements culturels Le rôle de lentretien et de la « marginalisation thématique »: – Directif, semi-directif, non directif/auto-administré – Individuel, collectif (nb limité, maximum 4h) – Observation indirecte, via des traces et témoignages. Ex: Emile DURKHEIM et le totétisme australien – Observation participante: lobservateur devient acteur pour se dépouiller de ses préjugés personnels. Ex: Bronislaw MALINOWSKI, Journal dun ethnologue (1967). Ses élèves étudient de cette manière la scène politique.

41 – Les études monographiques en sociologie, capitales Nels ANDERSEN: étude sur les SDF de Chicago (1923), en immersion pendant 15 ans chez les « hobos » Frederick TRASCHER : étude sur les bandes de délinquants (1927), naissance de la sociologie criminelle urbaine adolescents et jeunes hommes à Chicago alors. Analyse le gang comme: – une réponse à la désorganisation sociale qui se traduit par une occupation particulière de lespace et une sociologie / hiérachie très changeantes – la manifestation dune distorsion entre les communautés immigrées et les normes américaines dominantes. Prolongement avec John LANDESCO: « de la même manière que le bon citoyen, le gangster est un produit de son environnement » Clifford SHAW suit litinéraire dun jeune délinquant depuis lâge de 16 ans, privilégiant « lhistoire de vie »; tout en croisant avec dautres sources.

42 b) Une science construite par sédimentation: les grands courants de lanalyse sociologique Avant dêtre une science sociale – Platon, Aristote et St Augustin Platon ou lidéalisme: immortalité de lâme, vie matérielle reflète souvenir de vies antérieures. Lâme découvre les idées du juste, du beau, du vrai Aristote : politique et morale inséparables, la société est faite dassociations (Ethique à Nicomaque, Politique) – Les dogmes ébranlés de la Renaissance et laffirmation de la raison Luther et les 95 thèses: réforme et contre-réforme, valorisation du travail et de lépargne - Calvin prélude au capitalisme pour M. WEBER Elargissement des horizons à la Renaissance: grands voyages, grandes découvertes, vie de salon, etc… Aboutissement: honnête homme du XVIIè (Pascal, Descartes) rationalisme et chrétien, Lumières déistes du XVIIIè

43 Les théoriciens du contrat – Thomas HOBBES ( ): le Léviathan >> létat de nature est un état de guerre permanent. Nécessité dabandonner le droit du plus fort et de se soumettre au Léviathan – John LOCKE ( )>> létat de nature est un état de paix, régi par le droit naturel. Mais les individus troquent cette harmonie croyant que létat civil leur procure la sécurité – Jean Jacques ROUSSEAU ( ) >> état de nature = paix, pitié et empathie, homme bon mais dominé par ses instincts. La JUSTICE et la RAISON doivent simposer à ces instincts, socle dun CONTRAT SOCIAL préservant la liberté de tous et accepté par tous. Inspire aussi bien R. BOUDON: lEtat comme contrainte sociale nécessaire R. NOZICK: partisan de lEtat ultra-minimal car lEtat est une aliénation J. RAWLS: le contrat social repose sur le « maximin »: le maximum à prélever aux plus aisés pour améliorer la vie des plus pauvres sans nuire au bien être collectif

44 Montesquieu: loi scientifique, théorie du gouvernement et défense du commerce dans de lEsprit des lois – La théorie des gouvernements: monarchie, despotisme et république>> plébiscite la monarchie modérée, Etat de droit (lindividu sautolimite pour protéger la collectivité) – La théorie du doux commerce, fondement du consensus de Washington? // Smith: théorie des sentiments moraux

45 Vers lémergence dune science sociale – Alexis de TOQUEVILLE ( ) LAncien régime et la révolution: Révolution sociale et politique pour promouvoir légalisation des conditions et la démocratie. Révolution = pas une rupture mais une continuité De la démocratie en Amérique: comparaison des sociétés et des révolutions américaine et française. A la société moyenne américaine sopposent des inégalités sociales criantes en France. – Auguste COMTE ( ): inventeur de la « sociologie » (Cours de philosophie positive) Partir des faits pour élaborer des hypothèses (méthode inductive contestée par Popper dans la parabole du cygne) 3 états: théologique, métaphysique, positif (âge de raison) Holiste avant lheure: la société nest pas que la somme des individus (la société comme corps humain) Comparaison et observation au cœur de la démarche

46 Lapport des socialistes: – K. POLANYI fait du socialisme une « réponse aux ravages de lutopie libérale » du fait de la destruction des anciennes structures protectrices de la société – Les utopistes: décentralisation, vision « totalitaire » de la société, désireuse davoir des communautés autonomes Ex de la phalanstère de Fourrier, coopérative rurale avec vie en communauté et travail polyvalent, forte rémunération du travail >> critique avant lheure du taylorisme Prouhon « la propriété cest le vol! » Etienne Cabet: police inutile car dénonciation systématique des délinquants Louis Blanc: la concurrence est la mère de tous les maux >> apôtre de linterventionnisme (ateliers nationaux)

47 Lavènement de la sociologie à lheure de lhygiénisme et du désir de dénombrer: – Les pionniers: lEcossais John SINCLAIR, le français F. Le Play – Les décisifs: Quételet et ses études sur linvariance du crime, Durkheim le reprenant sur le suicide

48 En France : lhégémonie de Durkheim ( ) et de ses épigones – Le poids du contexte :focalisation sur Durkheim parce quil dit que le milieu influence lindividu >> les radicaux le mettent en lumière pour vanter leur politique anticléricale et linstruction primaire. – Lanalyste des faits sociaux: lindividu intériorise les normes tout au long de sa socialisation, dans le cadre dinstitutions façonnant un modèle culturel Les institutions sont « toutes les croyances et les modes de conduite institués par la société »; la sociologie est la « science des institutions » – Le holisme méthodologique: on part de la société et non de lindividu. Les causes des faits sociaux sont dautres faits sociaux. Utilisation de la statistique. – Négation de lutilitarisme: la quête du bonheur nest pas la raison du changement social – Une première œuvre majeure: La Division du travail social (1893) Le travail permet lintégration et le progrès éco par la compétition Sociétés à solidarité mécanique avec faible division du travail (droit répressif)/société à solidarité organique avec forte division du travail (solidarité et différenciation) – Une seconde œuvre décisive: le Suicide (1897) Non pas un crime ou un délit mais une « déviance ». Égoïstes ou anomiques, ils sont liés à des ruptures du lien social. Il calcule des « coefficients de préservation », la famille offrant la plus belle « immunité » au suicide selon lui Constance à court terme, hausse à long terme des suicides; établit une typologie (égoïstes, altruistes, anomique, fataliste) Définit: – Lintégration: le fait que les individus sont soudés par des liens horizontaux forts – La régulation: lensemble des moyens par lesquels le groupe rend conformes et prévisibles le comportement de ses membres – Une ultime œuvre phare: les Formes élémentaires de la vie religieuse (1912): problématique sacré/profane Religion: construction sociale pour élever lhomme au-dessus de lui-même Une expérience fondée sur une réalité sociale et non une illusion

49 En Allemagne, individualités célèbres et faiblesse de la discipline – Max WEBER ( ), un homme engagé favorable à la république en Allemagne, à son expansion territoriale et aux élites bourgeoises Dans Economie et société: « une science qui se propose de comprendre par interprétation lactivité sociale et par-là dexpliquer causalement son déroulement et ses effets » – Démarche non déterministe: lindividu est libre – En comprenant ses intentions, le sociologue comprend les faits sociaux car il mesure les contraintes sociales – Avant tout une réflexion sur les valeurs doù la nécessité de contrer les préjugés Individualisme méthodologique: certitude que les individus conservent malgré les contraintes sociales leur autonomie – Regard sur la classe sociale (« situation de classe »): chaque individu a une « chance typique » / typologie: classes de possession, classes de production, classes sociales>> il dépasse la définition de la classe centrée sur la place dans le processus de production, il dément toute rigidité des structures sociales Volonté de déterminer des types idéaux pour comprendre le sens immédiat que les acteurs donnent à leur action – Reconstruction stylisée dune réalité dont lobservateur a isolé les traits les plus saillants >> une utopie et une grille de lecture à la fois LEthique protestante et lesprit du capitalisme – Les sectes puritaines notamment dinspiration calvinistes seraient le terreau du capitalisme à lépoque moderne, par leurs valeurs daustérité, de travail, dépargne. Réflexion sur lélection – Cause non suffisante de lapparition du capitalisme, mais explique son « esprit »:anti-Marx – Séparation du ménage (Haushalt)et de lentreprise (Betrieb)

50 Economie et société (1922) – Réflexion sur laction » Laction rationnelle en finalité » Laction rationnelle en valeur » Laction affective » Laction traditionnelle – Réflexion sur le pouvoir et la domination » Le pouvoir (la puissance): les chances de trouver des personnes prêtes à obéir » Lautorité ou la domination: une obéissance acceptée parce que le pouvoir paraît légitime: légitimité charismatique, traditionnelle, légale/rationnelle » Réflexion sur le désenchantement du monde: la rationalisation du monde (Comte) enlève aux événements leur part de mystère: lessor de la raison se fait au détriment de la magie et de la tradition – Réflexion sur le type de relation sociale » La communalisation: lidée dappartenir à une même communauté » la sociation: la coordination des intérêts

51 Les sociologues depuis 1945: institutionnalisation et diversification – BOURDIEU ( ): les Héritiers >> démystifie la méritocratie républicaine et légalitarisme de léducation des masses L e système scolaire « ne fait que reproduire la structure sociale » alors que les espoirs dascension continuent de reposer sur linstitution scolaire Structuraliste: lespace social est un système de « champs » à 3 dimensions, définie par le volume, la structure et lévolution du capital – C apital économique: lié aux facteurs de production, aux biens éco, aux revenus – Capital culturel: ensemble des dispositions et qualifications intellectuelles, des biens culturels acquis par la formation et lhistoire individuelle – Capital social: réseaux amicaux, de connaissances, etc. – Capital symbolique: biens symboliques comme le prestige, lhonneur >> HABITUS: système de dispositions durables acquis par lindividu au cours du processus de sociabilisation, héritées de conditions sociales et à lorigine des représentations des individus mobilisées dans leurs stratégies. Plus les individus viennent de catégories sociales proches, plus les habitus se ressemblent – BOUDON: Inégalité des chances (1973) le choix scolaire est conditionné par le milieu social en fonction dun calcul coût/bénéfice/risque la hausse de la demande déducation ne trouve pas forcément une offre de promotion sociale équivalente (limites de la démocratisation) Sa méthode – lactionnisme : retrouver les motivations des acteurs et donc disposer d'un «ensemble d'informations sur leur passé, leurs ressources, leur situation ou le contexte social dans lequel ils se meuvent. » – Effet de dominance: ceux dont lorigine sociale est élevée ont tendance à obtenir un statut social élevé – Effet émergent: certains comportements individuels rationnels ont des conséquences collectives imprévues négatives.

52 – Touraine, lactionnalisme et « linterventionnisme sociologique » Fondateur de Sociologie du travail (1955) : au départ étude sur les ouvriers de Renault pour analyser lévolution professionnelle de lindustrie – A: Ouvriers qualifiés et compagnonnage – B: taylorisme et déqualification, règne de lOS – C: requalification et essor des techniciens Typologie des sociétés: agraires/marchandes/industrielles Étude du déclin du monde ouvrier, analyse de la lutte des classes comme la « lutte pour le contrôle de lorientation culturelle de la société » et lémergence des mouvements sociaux autour de 3 critères>> aider les acteurs à se révéler – Le principe didentité – Le principe de totalité – Le principe dopposition – Crozier et lanalyse des représentations >> sociologie des organisations pour comprendre par ex lorganisation bureaucratique française pour en comprendre les dysfonctionnements – Morin et la pensée complexe La Rumeur dOrléans: rumeur sur la prétendue disparition de jeunes filles dans des cabines dessayage de commerçants juifs Refuse comme Levi Strauss disoler une frontière entre nature et culture, la coupure entre homme et animal, la segmentation des sciences

53 C-Les grands courants de pensée: de la naissance de la science de lévénement à « lHistoire en miettes » (F. Dosse) « LHistoire, cest ce que font les historiens » A. PROST Douze leçons sur lHistoire. – Structurée depuis le XIXè siècle >> un sort particulier dans lHistoire de France, de Joinville à Michelet – Déf histoire/mémoire Professionnalisation >> rôle de Langlois et Seignobos, Introduction aux études historiques (1898): critique interne/externe et « mise en œuvre des documents »

54 LHistoire se fait avec des documents écrits, sans doute. Quand il y en a. Mais elle peut se faire, elle doit se faire, sans documents écrits sil nen existe point. Avec tout ce que lingéniosité de lhistorien peut lui permettre dutiliser pour fabriquer son miel, à défaut des fleurs usuelles. Donc avec des mots, des signes. Des paysages et des tuiles. Des formes de champ et de mauvaises herbes. Des éclipses de lune et des colliers dattelage. Des expertises de pierre par les géologues et des analyses dépée en métal par des chimistes. Dun mot, avec tout ce qui, étant à lhomme, dépend de lhomme, sert à lhomme, exprime lhomme, signifie la présence, lactivité, les goûts et les façons dêtre de lhomme. Toute une part, et la plus passionnante sans doute de notre travail dhistorien, ne consiste-t-elle pas dans un effort constant pour faire parler les choses muettes, leur faire dire ce quelles ne disent pas delles-mêmes sur les hommes, sur les sociétés qui les ont produites – et constituer finalement entre elles ce vaste réseau de solidarités et dentraide qui supplée à labsence du document écrit. L. FEBVRE, Combats pour lHistoire, A. Colin, 1992, p. 428

55 LHistoire instrumentalisée – Par la monarchie : archives réinterprétées pour faire de la France la fille aînée de lEglise. – Par la République: les « hussards noirs » de la République doivent promouvoir la laïcité, la République, légalitarisme, lœuvre coloniale (Lavisse, Michelet, le Tour de France par deux enfants de Mme de la Feuillée) – Aujourdhui toujours une dimension civique très discutable, notamment sur la question des mémoires

56 Évolution dune science en mouvement:: la révolution des Annales – Jusquaux années 1930, limitation à lhistoire de lAntiquité et du Moyen-Age. Lhistoire contemporaine na pas lieu dêtre (ère Carcopino et Mallet-Isaac) – Révolution des Annales dans les années 1920 et 1930, avec M. Bloch et L. Febvre >> étude du quotidien et « de loutillage matériel et mental » (apport de la sociologie, de la linguistique, etc) – La révolution du « temps long » braudélien, âge dor des Annales: un espace peut être un objet dhistoire dans son sillage P. Goubert, E. Le Roy Ladurie – Importance de trublions inclassables: Ariès et létude de limage, de la statuaire, etc.

57 Braudel ouvre lère de lhistoire économique, une histoire marquée par le marxisme et le structuralisme, qui séloigne de lévénement – souvent accaparée par des marxistes pour la première génération. Labrousse et les crises alimentaires dAncien Régime La Révolution vue comme une lutte des classes : Soboul, Matthiez – Puis réaction dune seconde génération: J. Marseille: la colonisation nest pas une bonne affaire P. Verley ou lhistoire de la révolution industrielle repensée J. F. Eyck spécialisé dans létude des milieux daffaires franco- allemands J. C. Aisselain spécialiste des économies socialistes N. Baverez ou lanalyse de la France des Trente Piteuses

58 Nouvelle lecture monographique: la microstoria italienne, « lhistoire au ras du sol » (C. Ginzburg, J. Levy) – Ginzburg ressuscite la vie dun meunier du Frioul au début du XVIè siècle pour reconstituer son univers quotidien – Nouveaux thèmes: prêts et assurances dans les villes italiennes du MA, etc… >>lhistoire économique nest plus le parent pauvre de lHistoire

59 Le retour de lHistoire événementielle avec R. Rémond et son Histoire des droites en France. A sa « suite ». – M. Ferro, spécialiste du bolchévisme, puis du cinéma comme source historique – G. Duby, le Dimanche de Bouvines – Rénovation de lhistoire religieuse dans son sillage: G. Cholvy, C. Prudhomme, P. Pelletier…

60 Vogue plus récente de lhistoire culturelle – A. Corbin et lhistoire des sensibilités et des représentations – P. Ory et P. Goetschel sur les pratiques culturelles – J. Verdon, A. Cabantous ou S. Delattre sur lhistoire de la nuit – G. Vigarello sur lhistoire du sport, du gras, etc. – Histoire culturelle du politique: S. Bernstein (Sc Po Paris)

61 Histoire des « mémoires » – De la Seconde Guerre (Paxton, Amouroux, Wieviorka): une mémoire désunie – De la guerre dAlgérie (Stora, Branche, …) >> MAIScomplexe car histoire et mémoire « à angle droit » (P. Valéry) cf P. Nora dans les Lieux de mémoires


Télécharger ppt "Thème 1: à quoi sert léconomie? Que peut lui enseigner lHistoire?"

Présentations similaires


Annonces Google