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Histoire de la France révolutionnaire

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1 Histoire de la France révolutionnaire
Quatrième cours : Girondins et Jacobins ( )

2 6 – Politique étrangère On peut penser que le nouveau régime politique en France avait autre chose à faire que de déployer une politique étrangère active. Et c’est en effet ce qu’il tente de faire dans un premier temps. Mais la nature du changement politique et les interrelations entre les différents trônes d’Europe ne lui permettront de s’en tenir à ses réformes intérieures. Car l’Autriche s’inquiète du sort de la famille royale et les régimes absolutistes suivent avec inquiétude l’évolution de la situation en France. Les événements de juillet suscitent la sympathie chez une grande partie de l’aristocratie européenne, mais les décrets du 4 août ont un effet inverse : l’aristocratie d’Europe aspire à plus de libéralisme, mais s’inquiète des tendances égalitaristes qui se manifestent alors.

3 Les bourgeoisies européennes y sont sympathiques et les classes populaires sont enthousiasmées. Dès 1789, des révolutions éclatent à Liège et aux Pays-Bas. Elles sont réprimées avec succès, mais la leçon a porté. Le cas de l’Alsace, ainsi que celui de la principauté d’Avignon, qui demande son rattachement, témoignent en outre de l’imbrication des intérêts en Europe. Cela étant, les États d’Europe regardent alors vers l’est de l’Europe et ce n’est que dans la foulée de la tentative de fuite du roi, avec la publication de la déclaration de Pilnitz que le gouvernement français va commencer à s’inquiéter : si la guerre menace, ne vaut-il pas mieux prendre l’initiative? L’enthousiasme de Louis XVI pour la guerre est suspect. Le roi croyait qu’une intervention étrangère était le meilleur moyen de regagner son pouvoir. Les calculs du roi rencontrent l’idéalisme révolutionnaire de la gauche, particulièrement des députés de la Gironde.

4 Pour ces derniers, la guerre sera facile, car les peuples se soulèveront contre leurs maîtres pour se joindre à une nouvelle Europe. Sous l’effet conjugué de ces deux tendances, l’opinion se radicalise et la plupart des députés en viennent à partager ce désir d’en découdre. Des grands noms de la révolution, seul Robespierre s’oppose. Lorsque le gouvernement des Feuillants, seule faction à s’opposer à la guerre, remet sa démission et qu’il est remplacé par les Girondins, la table est mise pour une déclaration de guerre. Le 20 avril 1792, le roi obtient l’appui de l’Assemblée pour déclarer la guerre à l’Autriche. Dès lors, la suspicion européenne fait place à une franche hostilité Mais l’armée française n’est pas prête : les officiers sont peu fiables, l’armement manque et le recrutement est déficient. 6 000 des 9 000 officiers avaient fui après Varennes et l’Armée ne comptait que 120 000 hommes.

5 Cela n’entame pas l’enthousiasme guerrier, mais sur le champ de bataille, alors que l’Armée du nord s’est portée vers les Pays-Bas, les défaites et les retraites s’accumulent, malgré certaines victoires, non décisives, remportées en Belgique et aux Pays-Bas. Incapables de comprendre que l’armée n’est pas prête, les députés crient à la trahison des officiers aristocrates, dont les désertions se multiplient. Le peuple réclame la tête des responsables, mais il a pris l’habitude depuis trois ans de prendre lui-même l’initiative. Le 11 juillet, devant le danger d'une invasion autrichienne, l’Assemblée décrète la patrie en danger : la Garde nationale est convoquée, on lève de nouveaux bataillons de volontaires et de partout de la province converge vers Paris les forces fédérées. Le 30 juillet, les bataillons marseillais entrent dans la capitale en chantant un chant à l’origine composé à par le capitaine Claude Joseph Rouget de l’Isle.

6 7 – Le destin de Louis XVI Devant la menace, le 1er août, Paris entre à nouveau en insurrection, à l’instigation des sections dominées par les sans-culottes. Les autorités sont suspendues et une Commune insurrectionnelle est mise en place par des « citoyens passifs » résolus à cesser de l’être. Les députés hésitent, mais certains comprennent qu’il vaut mieux tenter de rejoindre le courant pour le contrôler de l’intérieur, plutôt que de s’opposer. Cette fois, l’élément déclencheur a été le manifeste du Duc de Brunswick, dans laquelle la population voit la preuve de la trahison du roi et des aristocrates. Les troupes fédérées, mêlées aux sans-culottes de Paris marchent sur les Tuileries le 10 août.

7 Barricadée dans sa résidence, la famille royale tente de résister
Barricadée dans sa résidence, la famille royale tente de résister. Des négociations permettent au roi et à sa famille de trouver refuge dans la salle du manège, où siège l’Assemblée législative, mais la population ne désarme pas et devant la pression, l’Assemblée vote la suspension du roi et son remplacement par un comité exécutif provisoire. Ainsi prend fin l’expérience d’une monarchie constitutionnelle à la française. Par ailleurs, c’est la première fois que Paris s’impose par la force à l’assemblée représentant l’ensemble du territoire. Violant l’autorité du roi et de l’Assemblée législative, la population de la capitale s’écarte de la légalité révolutionnaire, imposant par la force une redistribution des pouvoirs. D’où le nom de seconde révolution que porte dans l’historiographie cette journée du 10 août. Dès le 10 août, le roi et sa famille sont arrêtés et incarcérés.

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9 Les conditions de détentions du roi sont difficiles et il est isolé des membres de sa famille. La grande question qui agite alors les autorités est le sort de Louis Capet. Dès les premières perquisitions menées aux tuileries, on découvre des documents qui témoignent des rapports qu’entretenait le roi avec les mouvements contre- révolutionnaires et on en déduit donc qu’il y a matière à poursuivre le roi déchu pour haute trahison. Mais les membres de la Convention, qui a remplacé depuis septembre l’Assemblée législative, sont très partagés sur la voie à suivre. Les plus radicaux s’opposent à une mise en accusation et à un jugement formel, réclamant que Louis soit déclaré coupable et exécuté sans jugement. Pour une majorité de députés, qui croient le roi coupable, un procès est néanmoins nécessaire pour ne pas laisser planer de doute quant à la légitimité du verdict.

10 C’est cette option qui l’emporte et le 10 décembre, l’acte d’accusation est présenté à la Convention, qui se chargera elle-même de la procédure judiciaire. Le procès débute le 21 décembre, avec la première comparution du roi, qui tente de faire valoir les lois et rejette la prétention de la Convention à se substituer au processus judiciaire normal. Ces arguments juridiques sont avancés parce que sur le fond, celle de la trahison, les documents sont accablants et les dénégations de l’accusé ne suscitent que la colère des députés. Le 14 janvier 1793, les députés sont appelés à se prononcer sur trois questions : la culpabilité du roi, la possibilité d’en appeler au peuple pour qu’il décide du sort de l’accusé et la peine applicable si la majorité répond « oui » à la première et « non » à la seconde. À la question de la culpabilité, les députés sont presque unanimes, alors que sur la deuxième question, le non l’emporte avec plus des deux tiers des voix.

11 Reste la question la plus difficile : que faire du coupable
Reste la question la plus difficile : que faire du coupable? La condamnation à mort peut sembler évidente, mais il s’agit d’un roi. En plus de la réaction des cours étrangères, il fallait tenir compte de l’impact qu’une exécution aurait en France. Pour les tenants d’une mise à mort, Louis Capet devait être exécuté en tant que symbole de l’ancien monde et de la contre-révolution. Tant que le roi vivrait, celle-ci disposerait d’un point de ralliement. C’est cette vision des choses qui va s’imposer, mais difficilement : 366 députés sur 721 voix exprimées (soit à peine 51 %) se prononcent en faveur de la condamnation à mort. Le 19 janvier, à la demande de la Gironde (qui constitue alors le gouvernement), un vote est tenu concernant la possibilité de sursoir à l’exécution, proposition qui est rejetée par 383 voix. Le 20 janvier, le roi est informé des décisions de la convention.

12 Le 21 janvier au matin, Louis Capet est conduit à la place de la Révolution. Il tente de s’adresser au peuple assemblé, mais on l’en empêche. À 10 h 20, sa tête tombe sous la lame de la guillotine, sous les acclamations de la population parisienne. À l’exception de Paris, la population manifeste peu d’enthousiasme. Mais on note aussi peu de condamnation : à Lyon et à Orléans, on portera le deuil, mais il s’agit d’exceptions. Même les royalistes demeurent calmes. La mort du Très Chrétien survient dans une indifférence quasi générale, fait qui témoigne à lui seul de la désacralisation déjà consommée du personnage, comme si, seulement 4 mois après les débuts de la république, il représentait un passé depuis longtemps révolu. La France est alors déjà passée à autre chose.

13 Quatrième cours : 1 – Grandeurs et misères de la Gironde (1792-1793)
2 – La Terreur ( ) 3 – Thermidor

14 1 – Grandeurs et misères de la Gironde (1792-1793)
1.1 – Évolution politique 1.1.1 – La première terreur Dans la foulée de l’arrestation du roi, la peur du complot aristocratique réapparaît, même si rien ne permet de croire à un danger réel. Les Feuillants, qui dominent les administrations locales, protestent contre l’arrestation du roi, mais ils sont isolés et les tentatives de soulèvement se soldent par l’écrasement des insurgés. La rationalité ne permet pas de comprendre l’angoisse de la population, mais quoi qu’il en soit elle débouche sur la répression.

15 Cette répression n’est pas contrôlée par l’Assemblée, mais elle n’aura d’autres choix que de s’y joindre, pour ne par toute crédibilité, mais aussi pour garder le contrôle de la répression et éviter les bains de sang. En août est mis en place un tribunal révolutionnaire d’exception, entorse aux principes libéraux. C’est Danton, ministre de la Justice, qui s’en fait l’initiateur, sous la pression des autorités de la Commune. Les prêtres réfractaires sont particulièrement visés, alors que sont adoptées diverses mesures de répression et le fait religieux subit une attaque frontale. Les monastères qui subsistaient sont fermés par décret. Le dernier acte de l’Assemblée, qui cède la place à la Convention, témoigne clairement d’une volonté de rompre avec l’influence de l’Église, alors qu’est votée l’institution de l’État civil et l’autorisation du divorce.

16 1.1.2 – Le « gouvernement » girondin
Lors des élections à la Convention, les royalistes préférèrent garder un profil bas, d’autant qu’à de nombreux endroits le vote eut lieu en public et à haute voix. Seule une minorité engagée y prit part, d’où la faible représentativité et le radicalisme des députés. Les députés de la Convention sont presque tous issus de la bourgeoisie. Environ le tiers sont des hommes de loi, plus de la moitié ont déjà une expérience dans les administrations locales, et près de 300 ont déjà siégé soit à la Constituante, soit à l’Assemblée législative. La majorité des députés n’est inscrite à aucun club et une centaine sont membres des Jacobins. Compte tenu de leur origine, de la situation intérieure et du contexte international, la Constituante offre en septembre l’image d’une grande unité, mais cela ne durera pas.

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18 La radicalisation de la société est bien illustrée par la répartition des sièges : la gauche de l’Assemblée, la Gironde, siège à droite, avec environ 200 députés. Les radicaux (environ 100 députés) se regroupent au sein de la Montagne, où dominent les Jacobins robespierristes, les dantonistes et des représentants de la commune. Entre les deux, la Plaine centriste attend son heure. Avec environ 450 députés, cette faction dispose de la majorité, mais elle n’a pas de ligne politique claire. C’est plus un ensemble de courants qu’une faction. En cette fin d’année 1792, alors que les périls extérieurs et intérieurs semblent écartés, la Plaine appuie la Gironde, qui forme le gouvernement. Cette Gironde constitue une éclatante manifestation de la victoire, qui semble alors définitive, de la bourgeoisie sur l’aristocratie.

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20 La situation profite à la Gironde, principal porte-parole d’une guerre à ce moment couronnée de succès. Ses orateurs sont connus, jeunes, instruits, mais ils dépendent des députés de la majorité. Tant que les choses vont bien, la Plaine les appuie; mais que vienne le temps des périls, elle se tournera vers la Montagne. La Convention est conçue comme une assemblée temporaire dont l’objectif est l’élaboration d’une nouvelle constitution. Elle cumule d’abord les pouvoirs législatifs et exécutifs. Le Comité exécutif provisoire mis en place après le 10 août continue de fonctionner et fait office de gouvernement, dominé par la Gironde et Des comités sectoriels se chargent des responsabilités ministérielles. Avant d’en arriver au procès du roi, la Convention proclame le 21 septembre l’abolition de la royauté. Le 22 septembre, la république commence alors que débute l’Ère des Français.

21 Lorsque le calendrier républicain entrera officiellement en vigueur le 6 octobre 1793, il fera de ce 22 septembre le 1er Vendémiaire de l’an I de la République. D’octobre 1792 à juin 1793, la Gironde voit son isolement croître. Outre les périls qui recommencent, les principaux responsables sont les Girondins eux- mêmes : en automne, Danton s’emploi à maintenir l’union nationale, offre à laquelle la Gironde répond en attaquant constamment les « triumvirs » de la commune. L’objectif des Girondins est de réduire la menace que représente la Commune. Jadis soutenue par les révolutionnaires radicaux, la Gironde se trouve une autre clientèle, délaissée par l’effondrement des Feuillants : la bourgeoisie libérale, surtout celle de la province. Elle joue un jeu dangereux, opposant la capitale à la province, et « oubliant » que la Convention siège à Paris… Elle favorise ainsi un rapprochement plus étroit entre la Montagne et les sans-culottes.

22 Les échecs militaires et la situation économique difficile, entretiennent un climat de tension. Peu à peu, la Plaine s’éloigne des Girondins et les sans-culottes commencent à réclamer leurs têtes. Entre le 10 mars et le 20 mai, on constate le glissement vers la Terreur, alors que la Plaine réclame des mesures exceptionnelles pour protéger la république. Le 11 mars est créé le tribunal révolutionnaire. Puis on vote la création de Comité de surveillance pour garder à l’œil les suspects. À la fin du mois, les émigrés sont bannis du territoire et leurs biens sont saisis. Des mesures économiques exceptionnelles sont prises ce printemps 1793 : le cours de l’assignat est imposé, de même qu’un prix maximum sur les grains et farines et qu’un « emprunt » forcé d’un milliard sur les fortunes du pays est décrété. Le libéralisme idéal, politique et économique, à vécu.

23 Pour améliorer le fonctionnement de l’administration, on centralise : un Comité de salut public, délibérant en secret, est créé le 6 avril et reçoit la responsabilité de surveiller le Comité exécutif. Le principal outil de la Terreur est né, malgré l’opposition des Girondins. Composé de neuf membres élus pour un mois par la Convention, ce Comité devient le principal organe de pouvoir. Sa première mouture démontre une volonté de gouverner au centre, alors que neuf députés de la Plaine sont élus, ainsi que deux montagnards modérés. Aucun député de la Gironde n’en fait donc partie. L’une de ces premières tâches sera l’élaboration de la nouvelle constitution, afin de donner un cadre légal à la République, mais aussi de compléter les dispositions déjà mentionnées dans la constitution précédente. Elle fut soumise à un référendum boudé par la population (5 millions d’abstentions sur 7 millions d’inscrits), à cause du caractère oral et public du vote.

24 Plus radicale et plus sociale que les textes précédents, cette constitution inclut des dispositions garantissant des droits économiques et sociaux (association, réunion, travail, assistance et instruction), de même que le droit et le devoir à l'insurrection quand le gouvernement viole les droits du peuple. L’importance de l’égalitarisme est clairement mise en évidence par l’instauration d’un véritable suffrage universel et par l’interdiction de l’esclavage. Cela est encore plus clair à la lumière de la nouvelle Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de cette année 1793, alors que l’article 2, qui définit les droits et les classes en ordre d‘importance, mentionne d’abord l’égalité, puis la liberté, le droit de résistance à l’oppression, puis à la toute fin, le droit de propriété, consacrant ainsi un recul manifeste des idéaux bourgeois aux profits d’idéaux populaires.

25 1.1.3 – La chute de la Gironde Dès la formation du Comité, la guerre entre les factions éclate. Accusés de complicité avec Dumouriez, qui vient de trahir, les Girondins se voient reprocher leur magnanimité face au roi. Repoussée vers la droite, la Gironde tente d’unifier autour d’elle les conservateurs. C’est surtout en province que cette stratégie fonctionne. À Lyon, les monarchistes relèvent la tête et s’emparent de la mairie, avant d’exécuter les meneurs jacobins. Les républicains de 1792 sont devenus la principale force des monarchistes en 1793… À Paris, ces événements entraînent une réaction de la gauche communarde. Le 31 mai, les sections les plus radicales de Paris encerclent les Tuileries et réclament l’arrestation des meneurs de la Gironde, accusés de compromissions avec la contre-révolution et de trahison. Mais à ce moment, les députés refusent de céder.

26 La Commune tente à nouveau une manœuvre de force le 2 juin, et cette fois, l’insurrection est mieux préparée (peut-être grâce à l’appui des députés de la Montagne) et sous la contrainte des canons, les députés votent l’arrestation des 29 meneurs de la Gironde. La chute de la Gironde marque la fin du romantisme révolutionnaire. Portés aux nues alors que la Révolution triomphait de ses ennemis et que la puissance révolutionnaire déferlait au-delà des frontières, ces libéraux ne sont plus à leur place alors que les nuages s’accumulent et que l’orage menace. Il faut désormais une poigne solide, et tant pis pour les principes. Le 2 juin porte un coup sévère au système parlementaire, la force armée s’étant retournée contre la représentation nationale. Au nom de la sauvegarde des acquis révolutionnaires, la force écrase le droit. Ce précédent connaîtra de nombreuses suites.

27 1.2 – La guerre civile 1.2.1 – Les Guerres de l’Ouest Les historiens ne s’entendent pas sur les causes des guerres qui vont opposer certaines régions de l’ouest de au gouvernement de Paris. Il convient de distinguer les Guerres de Vendée de la chouannerie, même si ces deux mouvements sont souvent confondus, car il y existe des distinctions entre les deux, et d’abord au plan chronologique, la chouannerie ne débutant véritablement qu’en 1794. Les explications religieuses, économiques, culturelles et sociales prises isolément ne parviennent pas à établir les raisons du déclenchement de ce conflit et c’est un ensemble de facteurs qui, à partir de 1790, va entraîner une région d’abord très favorable à la révolution dans une guerre ouverte contre le centre.

28 La Vendée est une région où les pauvres sont nombreux
La Vendée est une région où les pauvres sont nombreux. Une grande partie des terres sont exploitées par des métayers et les survivances du système féodal y sont fortes, d’où l’enthousiasme de la population aux débuts de la révolution, qui se manifeste par l’envoi massif de députés jacobins à l’Assemblée législative. Mais les décrets du 4 août 1789 ne peuvent satisfaire la population locale, car ils imposent le rachat des droits féodaux. Déjà sur cette question capitale, les espoirs des paysans sont trahis. La constitution civile du clergé constitue un autre élément qui accentue le divorce des Vendéens d’avec Paris. Les prêtres de Vendée refusent largement cette subordination au pouvoir politique et les réfractaires y sont nombreux : moins de 35 % des prêtres accepteront de prêter serment à la constitution.

29 Avec la radicalisation de la politique du gouvernement, qui oblige les réfractaires à se conformer aux décrets gouvernementaux, le clergé vendéen devient en grande partie hors-la-loi, mais il est soutenu par une population paysanne conservatrice qui lui demeure fidèle. L’élément déclencheur de la guerre est la levée de 300 000 hommes décrétée par Paris en février La mesure rappelait à la paysannerie les méthodes de tirages au sort de l’ancien régime. Se posa alors la question de la pertinence de cette révolution bourgeoise qui s’attaque à ses traditions et ses élites. À partir du 3 mars, des troubles éclatent, d’abord réprimés, mais à partir du 11, ils se transforment en mouvement de masse, dès lors que les déclassés de la révolution en prennent la tête. Bénéficiant d’une protection, les prêtres réfractaires se joignent au mouvement et toute la région s’embrase.

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31 La Convention réagit vivement à ce qu’elle considère comme une trahison et adopte un décret punissant de mort les rebelles. Au moment où la situation internationale se dégrade, le gouvernement doit utiliser une partie de ses forces pour les lancer contre les Vendéens, qui s’organisent alors en Armée catholique et royale de Vendée, après avoir remporté une série de victoires en avril et mai contre les troupes gouvernementales.

32 1.2.2 – Les crises urbaines Les villes aussi s’agitent. Mais si les guerres de l’Ouest sont animées d’un esprit conservateur, à Paris, c’est la modération des institutions centrales qui provoquent le mécontentement, le tout dans un contexte de détérioration de la situation économique. Les journées d’août ont été le fait de la population parisienne, désormais organisée en Commune. On aurait tort de voir dans tous les gestes de la population parisienne le résultat d’une politique menée par quelques chefs et les crises qui secouent la capitale relèvent souvent de l’irrationnel. Tel est la ces des massacres de septembre, survenant avant la bataille de Valmy, alors que les coalisées menacent Paris. Dans l’effervescence et l’angoisse, du 2 au 6 septembre, une partie de la population parisienne se lance dans le massacre des prisonniers.

33 Le mouvement est lancé la journée du 2 septembre et au soir, des tribunaux populaires sont institués pour « juger » les détenus arraché des prisons. De 1 000 à 1 500 personnes sont exécutées, détenus de droits communs et prêtres réfractaires. Les responsables sont les mêmes que lors du 10 août : les sans-culottes. La réaction des autorités est intéressante : elles ne font rien et détournent le regard. Car les meneurs constituent l’avant-garde de la révolution et alors que la contre-révolution menace, il semble de mauvaise politique de s’interposer entre ceux-ci et des détenus. Sans approuver, de nombreux députés justifient ces actes par le contexte. Les jours suivant, l’opinion se retourne contre les massacreurs, mais un signal a été donné à ces derniers : même lorsqu’ils commettent des excès, ils n’ont rien à craindre des autorités gouvernementales.

34 Elles justifieront d’ailleurs les mesures d’exception par la nécessité de contrôler cette « justice » populaire. Le début de l’année 1793 verra une autre bouffée de rage, dont la cause est d’ordre économique, car la valeur des assignats continue de dégringoler et les prix alimentaires se maintiennent à des niveaux record. Autour des Enragés, la population réclame des mesures pour améliorer la situation économique : cours obligatoire de l’assignat, réquisition des grains, etc. Devant le refus des autorités, une émeute éclate aux Halles le 25 février, violemment réprimée par les troupes dès le lendemain. Au printemps 1793, la révolution est menacée par les insurgés vendéens et la population des villes. Rien n’illustre mieux la distance qui sépare les dirigeants de la population et l’isolement des premiers. Entre l’accélérateur et le frein, l’heure du choix approche.

35 1.3 – Politique étrangère L’exécution du roi fait du gouvernement un pestiféré. Surtout que les premières victoires françaises, après les périls de l’été, donnent une certaine réalité aux prétentions du gouvernement d’exporter la révolution. Le danger qui pesait en août 1792 n’a pas été exagéré, comme en témoigne le franchissement des frontières des troupes ennemies. La ville de Longwy capitule le 26, ouvrant aux forces d’invasion la route de Paris. Le 2 septembre, les forces coalisées s’emparent de Verdun. Danton parvient à mobiliser les forces et à faire voter plusieurs décrets organisant la résistance, dont la levée d’une force armée de 30 000 hommes. La mobilisation va porter fruit. Le 20 septembre, l’armée française qui a pris position sur les hauteurs de Valmy, surprend les forces prusso-autrichiennes, qui ont lancé une offensive.

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37 Devant cette résistance, les coalisés préfèrent se retirer, offrant à la France révolutionnaire une première victoire. Sur le plan militaire, la bataille de Valmy n’est pas très importante, mais l’aspect psychologique de la victoire l’est, car elle redonne confiance au gouvernement et à l’armée. La victoire coïncidant avec le début des travaux de la Convention, cette dernière manifeste ce regain de confiance en abolissant la monarchie. À partir de ce moment, la France relève la tête. La reprise en main de la situation militaire est favorisée par les événements en Europe, les forces prussiennes évacuant le territoire pour se diriger vers la Pologne. Le territoire national sécurisé, l’exportation de la révolution reprend. Des troupes françaises pénètrent en Savoie, puis s’emparent de Nice. À l’est, les Français prennent Worms, Mayence et Francfort. Les plus grands succès sont remportés en Belgique, et les armées autrichiennes évacuent le territoire.

38 Se pose alors la question de ce qu’il convient de faire avec ces territoires : la guerre avait été déclarée pour assurer la défense du territoire, ce qui semble alors fait. La logique aurait voulu que le gouvernement recherche la paix, en échange de la rétrocession des territoires. Mais l’enthousiasme révolutionnaire l’emporte. Le 17 novembre, un décret proclame que « la nation française accordera fraternité et secours à tous les peuples qui voudront jouir de la liberté ». Sans être une déclaration de guerre, ce décret confirme les gouvernements étrangers dans leur suspicion à l’endroit de la France et ils considèrent le texte comme une incitation à la guerre civile sur leur territoire. Puis un autre décret réclame des gouvernements européens l’abolition des privilèges, de la dîme, la nationalisation des biens du clergé, bref, l’application des mesures révolutionnaires. Il promet la guerre contre les peuples qui refuseront l’égalité et la liberté…

39 Les ambitions françaises se voient donner une base concrète avec l’annexion de la Savoie, de Nice et de la Belgique. Les limites « naturelles et historiques » de la France sont repoussées sur le Rhin et les Alpes. L’impérialisme historique de la France se dissimule mal sous cette croisade libératrice. L’Angleterre décide de s’impliquer activement et diverses mesures sont contre la France. Les Conventionnels votent le 1er février 1793 une déclaration de guerre et l’Angleterre et aux Provinces-unies. C’est ainsi que se constitue la 1ère coalition européenne contre la France. Après la déclaration de guerre à l’Espagne en mars, toute l’Europe, sauf la Scandinavie, la Suisse, Venise et Toscane est en guerre. Cet enthousiasme guerrier laisse perplexe. Comment les révolutionnaires français ont-ils pu croire en leur chance de vaincre l’Europe entière?

40 Nombreux sont ceux qui s’imaginent que les peuples vont se soulever et rejoindre la République universelle, autre manifestation du manque de réalisme de ces idéalistes. Pourtant, en son temps, Robespierre avait bien mis en garde contre cet enthousiasme. Et il arriva ce qu’il devait arriver. Dès la fin du mois d’avril 1793, les « frontières naturelles » seront perdues. Outre les raisons stratégiques et les problèmes de commandement, la principale cause de cette débâcle tient à l’hostilité des populations « libérées » face à leurs libérateurs, qui se livrent aux pillages. Mais il y a aussi un manque d’enthousiasme de la part des soldats, qui désertent une fois que le péril national est passé. Sur les 400 000 hommes que comptaient les armées françaises en décembre, il n’en reste qu’un peu plus de 200 000 sous les drapeaux au printemps. Rien d’étonnant à ce que les forces armées soient culbutées.

41 Dumouriez, qui défendait l’idée d’une république belge autonome est défait le 23 mars et est contraint d’évacuer la Belgique. Le 29, la Convention le destitue et il se tourne alors contre Paris avec ses troupes, qui refusent de le suivre. Dumouriez, qui se réfugie alors chez les Autrichiens, est le deuxième grand chef militaire français à trahir après La Fayette, qui en août, après l’arrestation du roi, était aussi passé du côté des Autrichiens. De sorte qu’au début de l’été 1793, alors que la Vendée explose, des gains précédents, il ne reste sous le contrôle de Paris que Mayence, assiégé. Cette situation internationale critique est bien sûr l’une des causes de la terreur.

42 2 – La Terreur (1793-1794) 2.1 – Le gouvernement révolutionnaire
Avec la chute de la Gironde, la Montagne est prête à prendre en main le gouvernail, d’autant que les principales institutions de la Terreur qui commence alors sont déjà en place. Cette dernière phase aigüe de la révolution voit des hommes « nouveaux » occuper les premières marches. Robespierre, Saint-Just et Danton sont là depuis un certain temps et sans nier l’importance de leur rôle avant 1793, la situation périlleuse dans laquelle se retrouve la France fera d’eux les chefs du gouvernement. les Girondins ne faisant pas partie du Comité, leur arrestation ne modifia pas le rapport de force et c’est Danton qui domine d’abord le gouvernement.

43 Danton se lasse d’être l’objet des critiques de Marat et le 10 juillet, il quitte le gouvernement pour s’occuper de sa famille. Le Comité est alors renouvelé. Sept membres sont reconduits et deux députés de la Montagne se joignent à eux. Le 24 juillet Robespierre s’ajoute ; le 14 août, deux autres montagnards font leur entrée, et deux autres en septembre. C’est cette équipe qui gouvernera la France jusqu’au 9 thermidor. Les membres du Comité se chargent individuellement de certaines questions, mais la prise de décision est collégiale. Le travail abattu par ses hommes est colossal, d'autant qu’ils concentrent entre leurs mains les pouvoirs exécutifs au pays. La suspension du régime constitutionnel et l’abrogation des garanties légales données aux citoyens font de ce comité un gouvernement révolutionnaire. C’est d’ailleurs le nom qu’il porte à partir d’octobre.

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45 Trois hommes se détachent du lot
Trois hommes se détachent du lot. Ce sont eux qui porteront la Terreur sur leurs épaules, et qui tomberont avec elle : Robespierre, Saint-Just, Couthon, véritable triumvirat dont le pouvoir ne cessera de croître au fur et à mesure de l’apparition de nouveaux périls. Le problème du gouvernement est de manœuvrer entre deux extrêmes, car si les insurgés monarchistes menacent en province, à Paris, les sans-culottes, font pression sur le Comité pour le pousser à prendre de plus en plus de mesures exceptionnelles. L’établissement de la terreur est graduel, comme en témoigne la magnanimité à l’endroit des Girondins lors de leur chute. Mais après le départ de Danton, des éléments plus radicaux font leur entrée, où la pression des sans-culottes s’accroit. Le 13 juillet, l’assassinat de Marat par Charlotte Corday met en évidence le fait que la contre-révolution peut frapper fort, même au cœur de Paris.

46 Le 1er août, Marie-Antoinette est mise en jugement (elle sera exécutée le 16 octobre), en même temps qu’est ordonnée l’arrestation des étrangers non domiciliés en France avant juillet 1789, la destruction des tombeaux et mausolées royaux à Saint-Denis et la saisie des biens des Girondins. Au début de septembre 1793, la Commune s’en prend à nouveau à la Convention, mettant ainsi en lumière la pression exercée sur le gouvernement pour qu’il accentue la terreur contre les récalcitrants et mette en place un gouvernement révolutionnaire. Avec l’arrivée au Comité de Collot d’Herbois et de Billaud-Varenne, les sans-culottes ont désormais leur place au gouvernement.

47 2.2 – La Terreur, petite et grande
La loi qui fonde la terreur est adoptée le 17 septembre : cette loi des « suspects » ordonne l'arrestation de tous les ennemis, avoués ou non, de la Révolution. Le fait que même des modérés comme Danton aient souscrit à une loi si arbitraire témoigne de l'affaiblissement des idéaux libéraux qui dominaient ces mêmes révolutionnaires quatre ans auparavant. Cette loi est clairement en contradiction avec les principes de la constitution et il fallut suspendre celle-ci. Tous les organes de pouvoir, tous les fonctionnaires, ministres et généraux sont placés sous le contrôle et la supervision du Comité de salut public. Conséquemment, la séparation des pouvoirs est jetée aux orties et ceux qui jadis luttèrent pour supprimer l’arbitraire en deviennent les dépositaires.

48 Le tribunal révolutionnaire, qui avait jusque-là fait montre d’une relative modération, augmente la cadence. C’est Fouquier-Tinville, qui le dirige depuis mars, mais avec la multiplication des procès, il n’assurera plus la présidence que de la première des quatre sections du tribunal, celle qui supervisera les affaires les plus importantes. Des comités de surveillance sont chargés d’établir les listes des suspects. Composés de douze membres et, ils sont chargés de la désignation et de l’arrestation des suspects. L’augmentation de la méfiance des autorités trouve une illustration dans l’accroissement du nombre de condamnations à mort à partir d’octobre : jusqu’à la fin de décembre, 177 personnes sur les 371 inculpés sont envoyées à l’échafaud. Le nombre de suspects s’accroit aussi, le tribunal ne parvenant pas à entendre les accusés et il faut donc ouvrir de nouvelles prisons.

49 Après avoir châtié certaines des grandes figures de l’aristocratie, la machine se tourne vers les tièdes et ceux sont soupçonnés de manque de loyauté. À la fin d’octobre, 22 girondins sont accusés. Comme les débats s’étirent trop, la Convention autorise le tribunal à lever les procédures au bout de trois jours, s’il considère en savoir assez pour prendre sa décision. La fine fleur du libéralisme bourgeois est décapitée le 1er novembre Ce sera ensuite le tour des Feuillants. Cette mécanique sert à satisfaire le désir de sang de la population, qui réclame toujours plus de tête. Pour Robespierre, le gouvernement doit être terrible pour empêcher la population de l’être davantage. D’autant que la mort de Marat a donné à ceux qui réclament vengeance un groupe de politiciens radicaux, qui poursuivent leurs propres objectifs et dont les ambitions politiques sont contrecarrées par l’équipe alors en place.

50 Menés par Hébert, ces membres des Cordeliers, par leurs harangues et leurs journaux, contribuent à la radicalisation de la population et menacent les Montagnards sur leur gauche. Afin d’éviter le destin qu’ils ont fait subir à la Gironde, ces derniers sont donc contraints de se montrer implacables. La radicalisation autour d’Hébert a pour sa part entrainé le départ de membres modérés, mené par Desmoulins, à qui Danton donnera le nom d’Indulgents, qui restent attachés aux idéaux libéraux et remettent en question l’utilité de la terreur. La terreur connaîtra son apogée dans la première moitié de Dans un premier temps, le Comité parvient à créer un front uni avec Danton, afin de freiner les Cordeliers, qui sont mis en état d’arrestation autour d’une histoire confuse. Reconnu coupable avec plusieurs autres membres des cordeliers, Hébert est décapité le 24 mars.

51 Bien que favorables à l’idée de stopper les radicaux, les Indulgents se distancient de la procédure judiciaire lorsqu’elle revêt un caractère ouvertement tendancieux. Les critiques que Desmoulins fait pleuvoir sur le Comité entraînent son arrestation, de même que celle de Danton, accusé en outre de corruption et de complot pour restaurer la monarchie. Après un autre simulacre de procès dont une partie se déroule à huis clos, les accusés sont reconnus coupables et exécutés le 5 avril. De sorte que les menaces sur sa gauche et sur sa droite sont éliminées par le Comité, qui règne désormais seul sur la France et va y déchainer une terreur encore plus grande. La loi du 10 juin 1794 (22 prairial) réorganise le tribunal et supprime les garanties qui restaient aux prévenus, les privant du droit de faire appel et même de pouvoir se défendre : en 6 semaines, le tribunal révolutionnaire condamne 1 285 personnes à mort.

52 N’eût été du renversement de Robespierre, la veuve aurait continué à fonctionner, plus de 8 000 personnes attendant à ce moment dans les geôles parisiennes. En province aussi, la guillotine est très sollicitée. Même si le bilan de cette sanglante période est difficile à établir avec précision, on peut néanmoins donner un ordre de grandeur : plus de 100 000 personnes. De ce nombre, 17 000 ont connus la guillotine (2 500 à Paris). 25 000 autres victimes sont tombées dans des fusillades de masses liées aux insurrections (par exemple à Nantes, de 2 500 à 3 500) et environ 15 000 dans le cadre de la guerre de Vendée (en plus des victimes militaires). Les colonnes infernales ont tué de 20 000 à 50 000 personnes, sans compter les victimes moins nombreuses de massacres ponctuels, comme les noyades de Nantes de 1793 à 1794, alors que de 4 000 à 5 000 personnes furent noyées dans la Loire.

53 Et puis il y a les prisonniers, dont le nombre s’élève à l’échelle de la France à 500 000 personnes, auxquelles il faut ajouter aussi 300 000 personnes placées en résidence surveillée. Puisque la population de la France s’élève à cette époque à environ 28 millions de personnes, c’est dire que la Terreur a affecté plus de 3 % de la population du pays. Fait à souligner : environ 80 % des victimes de la Terreur appartenaient au tiers état. 31 % étaient soit artisans, soit compagnons et 28 % étaient paysan. Les aristocrates et les prêtres réfractaires, principaux vecteurs des forces contre-révolutionnaires, ne sont donc pas statistiquement les premières victimes.

54 2.3 — Politique économique et sociale
Auraient-ils voulu s’intéresser uniquement à la lutte révolutionnaire , les membres du Comité n’auraient pas pu, pour cause de radicalisation économique des sans- culottes et des hébertistes. Remisant les principes du libéralisme politique, le Comité doit faire des concessions au plan économique, même s’il se refuse à recourir à un dirigisme strict. D’autant qu’une première entorse à la liberté de marché avait été fixée au printemps 1793 par la du maximum des grains. Et à la fin de juillet, une loi menaçant les accapareurs des produits de première nécessité de peine de mort et de confiscation avait dû être votée. Le 29 septembre, faisant suite à une disposition du même ordre prise par la Commune, une loi du maximum général fut adoptée par la Convention.

55 Cette loi fixait un prix maximal pour une série de produits alimentaires (viande, poisson, huile, etc), ou non (cuivre, fer, plomb, tabac, lin, etc.). Mais contrôler les prix ne suffisait pas : il fallait en faire autant avec les salaires, mesure bien sûr nettement moins populaire. L’adoption de mesures légales ne suffit pas à faire en sorte qu’elles soient respectées, et il sera nécessaire de recourir aux réquisitions forcées, dont les Gardes nationales se chargeront. Ces mesures strictes permettent de régler partiellement la question de l’approvisionnement, mais elles ont des effets importants, comme l’apparition d’un marché noir et l’affaiblissement de certains secteurs économiques, en particulier l’industrie du textile. Si la constitution de l’an I ne sera jamais appliquée, le Comité de salut public va mettre en place diverses mesures qui s’approchent de ce que l’on qualifiera par la suite de mesures sociales, voire socialistes.

56 À côté de mesures symboliques, qui témoignent de l’influence des idées des sans-culottes et des Cordeliers, d’autres ont une valeur plus réelle et s’inscrivent en rupture avec le libéralisme du début de la révolution. C’est le cas de la loi du partage des successions, peu appliquée dans les faits, du décret sur le partage des biens communaux (peu appliquée également), ainsi que du secours public des indigents, grâce à la confiscation des biens des contre-révolutionnaires. À noter aussi la réduction du délai nécessaire après un mariage pour demander le divorce. Les mesures de déchristianisation se distinguent par leur radicalisme et témoignent de l’influence grandissante des Cordeliers radicaux. Dans le climat de tension et de suspicion qui sévit, l’ensemble du clergé est l’objet de la méfiance générale et la distinction entre prêtres réfractaires et constitutionnels tend à s’effacer.

57 C’est en ce sens qu’il faut comprendre les mesures comme la suppression des universités et des académies, à l’époque très près des milieux cléricaux. Toutes les institutions culturelles sont mises sous contrôle du gouvernement. La censure est imposée sur les journaux et au théâtre, où seules des pièces « révolutionnaires » peuvent être jouées. Le rejet de la religion catholique par le gouvernement ne signifie pas un athéisme officiel, mais plutôt le désir de remplacer le culte traditionnel par un autre, issu du processus révolutionnaire. En automne 1793, Robespierre condamne l’athéisme avec virulence à la Convention, laquelle proclame l’immortalité de l’âme. Au cours des premiers mois de l’année 1794, Robespierre imposera le Culte de l’être suprême, sa version personnelle du Culte de la raison défendu par les hébertistes.

58 Le 7 mai 1794, les fêtes religieuses traditionnelles sont abandonnées au profit de fêtes célébrant les valeurs républicaines : fête de la république, du genre humain, des bienfaiteurs d’humanité, du peuple français, etc. La consécration de cette politique sera la célébration de la Fête de l’être suprême, le 8 juin 1794, au cours de laquelle Robespierre tiendra un discours décousu qui sera accueilli par les sarcasmes de la population.

59 2.4 – Situation sécuritaire
En Vendée, la situation se détériore. L’immigration noble contribue à faire du mouvement populaire vendéen, dirigé contre le centre, mais sans à l’origine être monarchiste, le fer de lance de la contre-révolution. Les forces sont inégales et en décembre 1793, l’armée blanche est écrasée par les troupes gouvernementales, qui mettent en place un plan visant à éradiquer la menace. À partir de janvier 1794, les forces armées républicaines sont réparties en huit colonnes de 300 à 800 hommes sous la conduite de Turreau, qui a pour mandat de sillonner le territoire et d’occuper les villes. Se rendant coupables d’exactions, ces troupes seront baptisées du nom de Colonnes infernales.

60 Après la destruction de l’armée vendéenne, la guerre se transforme en guérilla et les restes de l’armée rejoignent les Chouans. Ce second mouvement est d’une certaine façon antérieur, les premières insurrections de Bretagne remontant aux décrets du 4 août, alors que sont supprimés les parlements provinciaux et abolis les distinctions de la Bretagne au profit d’une conception unitaire de l’État. Ici aussi, le mécontentement envers les institutions est accentué par un rejet massif de la constitution civile du clergé. Et comme en Vendée, la levée de 300 000 hommes entraîne la multiplication d’insurrections paysannes, qui sont cependant mâtées par les troupes gouvernementales dès la fin du mois de mars 1793. Le mécontentement demeure, et en octobre 1793, des troupes dispersées de l’Armée vendéenne franchissent la Loire et raniment la révolte.

61 Autour de Jean Cottereau, dit Jean Chouan, un ancien détenu, et de quelques autres meneurs, les insurgés s’organisent par petits groupes et attaquent les détachements militaires isolés, les transports de courrier et de ravitaillement des forces républicaines. L’importance de la levée dans le déclenchement des troubles est illustrée par le fait que les Chouans sont en général de jeunes hommes de moins de 30 ans, issus de la paysannerie à plus de 80 % Mais si le mouvement prend une telle ampleur, c’est qu’il se greffe sur un mécontentement de la population de Bretagne envers un gouvernement très centralisateur. Les opérations militaires s’avèrent en grande partie inefficaces contre ces forces mobiles, souvent protégées par la population et ce n’est que la politique de main tendue du gouvernement après le 10 thermidor qui parviendra à calmer, temporairement, la situation.

62 Mais la fronde contre Paris ne se limite pas à l'ouest du pays : à Lyon, Marseille et Bordeaux, dès avant le reversement des Girondins, les modérés avaient pris les armes. Les événements du début de juin accentuent le mouvement et de nombreuses autres régions entrent en insurrection. À l’exception de la grande région parisienne et des territoires frontaliers, toute la France se soulève contre Paris. Dans de nombreuses zones, les Jacobins sont chassés du pouvoir et souvent exécutés. Cette insurrection « fédéraliste » ne durera pas et dès le début du mois d’août, la plupart des foyers d’incendie ont été maitrisés. Cet échec tient autant à la modération de la répression des pouvoirs centraux qu’à l’impossibilité de tenir une ligne médiane entre la révolution et la contre-révolution. Mais à Lyon et à Toulon, il faudra attendre la fin de l’année pour que les forces fédérales triomphent.

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64 Dans cette dernière ville, le plan de l’assaut a été préparé par un capitaine d’artillerie jusqu’alors inconnu, mais qui est destiné à un grand avenir… Comme l’écrasante majorité de la population craint avant tout une restauration de l’ordre ancien, il est préférable pour elle de soutenir la force la plus en mesure de s’opposer à ce retour en arrière. En ce qui concerne la menace extérieure, la trahison de Dumouriez a laissé les frontières dans une situation critique. Si les hommes suffisent, le commandement est désorganisé, surtout après que le Comité eut décidé de chasser de leurs postes les officiers nobles. Si la mesure peut paraître compréhensible, elle révolte de nombreux officiers. Le commandement répond mollement aux ordres ou fait preuve d’incompétence, conséquence du remplacement d'officiers expérimentés par des officiers fiables idéologiquement, mais qui n’ont pas les qualités et l’expérience nécessaires.

65 Tout au long de l’été, les forces françaises reculent, mais peu à peu, le gouvernement reprend le contrôle. Sur le terrain, peu de choses changent, mais la centralisation des opérations et la participation de certains membres du Comité permettent d’améliorer la situation. Même si les victoires de l’automne ne sont pas décisives, elles permettent de mettre un frein au repli défensif et à la débandade stratégique. Profitant de l’hiver, le gouvernement procède à un remaniement du commandement et à une préparation minutieuse de la contre-offensive. Celle-ci est lancée dès le printemps dans diverses directions, mais l’effort principal est porté vers la Belgique. Après diverses batailles, la prise de Charleroi le 25 juin et de Bruxelles le 10 juillet, permettent aux troupes françaises de contrôler à nouveau la majeure partie de la Belgique. Le 26 juillet, Anvers et Liège sont à leur tour prises.

66 3 – Thermidor La détérioration de la situation avait provoqué la mise en place de la Terreur; à l’inverse, le recul des menaces qui se dessine tout au long du printemps 1794 favorise la montée du mécontentement à l’endroit d’un gouvernement d’exception qui semble désireux de surenchérir dans la lutte contre ses opposants. Plusieurs éléments concourent à un rejet de plus en plus grand des mesures d’exception : la « nausée de l'échafaud », la loi du 22 prairial, qui aggrave la Terreur, la crainte de voir Robespierre établir une dictature et la peur de certains députés plus ou moins corrompus de subir le sort de nombreux contre-révolutionnaires. La prestation délirante de Robespierre au Champ-de- Mars donne des munitions à ceux qui croient qu’il n’est plus en mesure de diriger le gouvernement.

67 Le chef jacobin a lui-même permis la formation de cette opposition en s'abstenant pendant plusieurs semaines de paraître à la Convention et au Comité, ulcéré par les critiques de ses collègues, témoignant de cette façon du peu de cas qu’il fait de la collégialité théorique du Comité de salut public qu’il respectait par ailleurs auparavant. À la différence des événements du 10 août 1792 ou du 2 juin 1793, la population ne prend aucune part dans ceux du 9 et 10 Thermidor et on a l’impression que ces tragiques évènements ne constituent qu’un simple changement de majorité parlementaire. C’est une coalition hétéroclite qui viendra à bout du chef jacobin, comprenant d'anciens représentants du Comité en province, rappelés en raison de leurs excès, des membres du Comité de salut public et du Comité de sûreté générale. À ces anciens alliés qui se retournent contre Robespierre, il faut ajouter des députés centristes et des dantonistes.

68 Robespierre n’est pas aveugle devant la fronde et le 8 thermidor (26 juillet 1794), il prend les devants à la Convention, dénonçant un complot des députés corrompus, sans préciser le nom de ceux qu'il vise. L'assemblée est impressionnée par ce discours et décrète son impression et son envoi en province. Une fois Robespierre parti, Collot d'Herbois et Cambon proposent de sursoir à ce décret. L'échec n'est que relatif pour Robespierre, car lorsqu'il relit son discours le soir aux Jacobins, il est ovationné et le public chasse Billaud-Varenne et Collot d'Herbois du Club. Préparée pendant la nuit, l'offensive parlementaire se développe contre Robespierre et ses collaborateurs le 9 thermidor. Lorsque l'Incorruptible veut se défendre, sa voix est couverte par les cris. La Convention décrète alors son arrestation et celles de Saint-Just, de Couthon, de Lebas et d'Augustin Robespierre.

69 Les chefs du Comité peuvent compter sur l’appui de la Commune de Paris qui s'insurge et les délivrent, ce à quoi la Convention répond en mettant Robespierre et ses partisans hors la loi. Retranchés à l'Hôtel de Ville, ils espèrent un secours des sans-culottes qui ne viendra jamais. Menée par Barras, la Convention rassemble des forces qui encerclent les insurgés et à deux heures du matin, Robespierre, blessé, dans des circonstances mal éclaircies, Saint-Just et Couthon sont capturés, alors que le frère de Maximillien se tue en sautant par une fenêtre. Ayant été déclarés hors-la-loi, ils sont guillotinés dans la journée du 10. La chute de Robespierre met fin à la période idéaliste et égalitaire de la Révolution. La victoire revient aux députés modérés que l'on désignera sous le nom de Thermidoriens. Pour de nombreux historiens, dont Michelet, la Révolution s'arrête à ce moment.


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