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1 Byron et le chant des Alpes Médiathèque du Valais 9 février 2010 Patrick Vincent Institut de langue et littérature anglaises Université de Neuchâtel.

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1 1 Byron et le chant des Alpes Médiathèque du Valais 9 février 2010 Patrick Vincent Institut de langue et littérature anglaises Université de Neuchâtel

2 2 Les raisons de lexil de Byron en 1816 […] Mon nom, qui avait été chevaleresque et noble depuis les jours où mes pères aidèrent à conquérir le royaume pour Guillaume-le-Normand, fut entaché. Je sentis que, si ce qui se chuchotait, se murmurait, se propageait contre moi, était vrai, je n'allais pas à l'Angleterre ; et que si c'était faux, l'Angleterre ne m'allait plus ; je me retirai. Mais ce n'était pas assez. En Suisse, à l'ombre des Alpes, au bord des lacs bleus et profonds qui réfléchissent le ciel, je fus poursuivi et flétri par le même souffle. Je traversai les montagnes, il m'atteignit encore ; alors j'allai un peu plus loin, et m'établis sur les vagues de l'Adriatique, comme le cerf aux abois, qui se confie aux eaux. Byron, « Quelques observations sur un article dans Blackwoods » Mars 1820

3 3 J.G. Ebel, Manuel du voyageur en Suisse (2ème édition), Paris, 1811 Litinéraire du voyage de Byron et Hobhouse à travers les Alpes Bernoises septembre 1816

4 4 Les origines de Manfred Lettre de Lord Byron à Thomas Moore, 25 Mars 1817 […] Je regarde la Jungfrau, et toute cette région des Alpes que j'ai traversée en septembre, comme beaucoup supérieure au Mont-Blanc, à Chamouni et au Simplon; je suis monté au sommet du Wengen, qui n'est pas le point le plus élevé (la Jungfrau étant elle-même inaccessible), mais qui est certainement le point le plus favorable pour la vue. J'ai fait un journal de toute cette excursion pour ma sœur Augusta, qui en a copié une partie pour M. Murray. J'ai composé une espèce de drame extravagant tout exprès pour y introduire la description des sites des Alpes, et je l'ai envoyé à Murray. Presque tous les personnages sont des esprits, des fantômes, ou des sorciers, et la scène est au milieu des Alpes et dans l'autre monde; ainsi vous voyez quelle folle tragédie cela doit faire. Dites-lui de vous la montrer.

5 5 John Martin, « Manfred à la Jungfrau », 1837 ©Birmingham Museums and Art Gallery

6 6 Caspar David Friedrich, « Le voyageur contemplant une mer de nuages », 1818 © Kunsthalle Hamburg Deux chants, deux chemins vers la liberté: lidylle et le sublime

7 7 I. Les Alpes idylliques William Pars, « La vallée de Lauterbrunnen et le Staubbach », 1770 © British Museum

8 8 EXTRAITS DU JOURNAL DE LORD BYRON. (traduction de M. Paulin Paris, 1831) Montbovon, 19 septembre Nous aperçûmes, sur une pointe très haute et très escarpée, un berger jouant du chalumeau. Il était bien différent des pasteurs de l'Arcadie, que j'ai vus armés de longs fusils, au lieu de houlettes, et avec des pistolets à leur ceinture. Les sons du chalumeau de notre berger suisse étaient très doux, et l'air qu'il jouait fort agréable […] tout cela joint au spectacle des- lieux qui nous entouraient, réalisait tout ce que j'ai jamais entendu dire ou imaginé de la vie pastorale […] ici tout est pur et sans mélange, solitaire, agreste et patriarcal. Lorsque nous nous en allâmes, ils jouèrent le ranz des vaches en guise d'adieux. Je viens de repeupler mon esprit des scènes de la nature. Hobhouse: « Byron observa que ces pâturages verts avec leurs chalets et leurs vaches à cette altitude étaient comme un rêve, trop brillant et sauvage pour pouvoir être réel » LArcadie, le ranz des vaches…

9 9 « Le Rappel des Troupeaux dans les montagnes de la vallée de Gruyère ». Lithographie de Bacler d'Albe et Godefroy Engelmann. Vers © Collections du Musée gruérien

10 10 Manfred, Acte I, scène 2: (Un berger joue de la flûte dans le lointain.} Quelle douce mélodie! c'est le son naturel du chalumeau champêtre; car, dans ces lieux, la vie patriarcale n'est plus une fable de l'âge d'or; l'air de la liberté ne retentit ici que des accords de la flûte pastorale, et du bruit argentin des sonnettes du troupeau bondissant. Mon âme est ravie de ces échos!... Que ne suis-je l'invisible esprit d'un son mélodieux, une voix vivante, une harmonie animée, qui naît et meurt avec le souffle qui la produit ! ( Un chasseur de chamois arrive au bas de la montagne. ) …et le chasseur de chamois: lair de la liberté

11 11 « The RANZ-DES-VACHES. A Celebrated Swiss Air. With an Accompaniment for the HARP or PIANO FORTE. » Londres, vers © Collections du Musée gruérien.

12 12 Robert William Wallis, « Ferme près de Thoune », extrait de William Beattie, La Suisse pittoresque (1837) Viaticalpes, www3.unil.ch/viatimages

13 13 24 septembre (Brientz) Byron: « Dans la soirée, quatre paysannes suisses de l'Oberland sont venues nous chanter des airs de leur pays ; deux d'entre elles avaient de belles voix : les airs aussi avaient quelque chose de si original, de si sauvage et en même temps de si doux ! Les chants sont finis, mais j'entends en bas les sons d'un violon, qui ne présagent rien de bon pour ma nuit : je vais descendre voir la danse. » Hobhouse: « Un chant avait pour sujet un gros ventre. Ces chansons étaient ordinaires et le prix était fixé à 7 francs 10 sous et on nous a dit quon trouvait de meilleurs chanteurs à Interlachen…les chanteuses étaient rudes mais nous navons rien observé dincorrecte à part un cris de femmes qui nous réveilla au milieu de la nuit » Un chant des Alpes… pour touristes

14 14 William Bartlett, « Grindelwald », extrait de William Beattie, La Suisse pittoresque (1837) Viaticalpes, www3.unil.ch/viatimages

15 15 20 septembre (dans le Simmental) Byron: « La population paraît heureuse, libre et riche (ce dernier avantage ne comporte avec lui aucun des deux premiers). Nous avons trouvé les vaches superbes; un taureau a failli sauter dans notre char-à banc : c'eût été un agréable compagnon de voyage. A droite, nous avons vu une montagne avec d'énormes glaciers : c'est le Klitzgerberg ; plus loin, le Hockthorn ou Stockhorn, je crois. Les jolis noms! comme ils sont doux! […] Ce district est renommé pour ses fromages, sa liberté, ses terres et son exemption de taxes. » Hobhouse: « payé douze francs pour un thé un café et des viandes froides ceci étant considéré comme un pays pauvre nayant pas de maïs et le pain étant envoyé de Thoune » Une république libre, prospère et heureuse…

16 16 MANFRED. Toi et moi ; un paysan des Alpes, tes modestes vertus, ta cabane hospitalière, ta courageuse patience, ton âme fière, libre et pieuse ; ton respect pour toi-même, fondé sur ton innocence; tes jours pleins de santé, tes nuits consacrées au sommeil, tes travaux ennoblis par les dangers et cependant exempts de crimes ; ton espérance d'une heureuse vieillesse et d'une tombe paisible, dont une croix et une guirlande de fleurs orneront le gazon, et à laquelle les tendres regrets de tes petits-enfants serviront d'épitaphe : voilà ce que je vois; et si je tourne mes regards au dedans de moi-même... Mais qu'importe? mon âme était déjà flétrie ! LE CHASSEUR. Et ne changerais-tu pas volontiers ton sort contre le mien ? MANFRED. Non, mon ami! je ne voudrais point faire un échange aussi funeste pour toi ; je ne le ferais avec aucun être vivant. Seul, je puis résister à mes angoisses; seul, je puis vivre en supportant ce que les autres hommes ne pourraient même connaître en rêve sans mourir. (Acte II, scène 1) …mais qui est finalement refusée

17 17 II. Les Alpes sublimes William Pars, « Le glacier de Grindelwald », 1770 © British Museum

18 Mais ils sont déjà loin. Au-dessus de ma tête sont les Alpes, palais de la nature, dont les vastes remparts portent leurs créneaux blanchâtres jusque dans les nuages ; palais sublime d'une glace éternelle, où se forme l'avalanche, cette foudre de neige. Tout ce qui effraie et agrandit l'âme en même temps est réuni sur ces antiques sommets. Ils semblent montrer jusqu'à quel point la terre peut s'approcher du ciel, et laisser au-dessous l'homme orgueilleux. 72. Je ne vis plus par moi-même, mais je deviens une partie de tout ce qui m'entoure. Les hautes montagnes m'inspirent de la sympathie, le bruit des villes est un supplice pour moi. La seule chose qui me paraisse odieuse dans la nature, c'est de former malgré moi un anneau dans la chaîne des êtres, et de me voir classé parmi les créatures, lorsque mon âme peut prendre l'essor et se confondre avec les cieux, la cime des monts, la plaine mouvante des mers, et les étoiles de la voûte azurée Une transcendance fragile dans Childe Harold III

19 19 22 septembre (Lauterbrunnen) Byron: « Nous avons gagné le pied de la Jungfrau (ce mot signifie la jeune fille). Là, des glaciers, des torrents ; un de ceux-ci a une chute visible de neuf cents pieds. Nous avons été logés chez le curé. Nous sommes partis pour voir la vallée, et avons entendu la chute d'une avalanche avec un bruit semblable au tonnerre; puis nous avons vu des glaciers énormes. Un orage est sur venu, accompagné de tonnerre, d'éclairs et de grêle, tout cela en perfection et vraiment magnifique […] » Hobhouse : « Je cherchais refuge sous le toit dune chaumière et fut traité sans cérémonie ni par la pluie ni par les paysans à lintérieur. Les gens ici trop accoutumés aux touristes » Glaciers, torrents et coups de tonnerre

20 20 Thomas Cole, « Scène de Manfred », 1833

21 21 23 septembre (Grindelwald) Byron: « A midi, ayant atteint la vallée qui est sur la cime, nous quittâmes nos chevaux; jetai mon habit, et grimpai jusqu'au sommet le plus élevé […] D'un coté, nos regards embrassaient la Jungfrau avec tous ses glaciers ; puis la Dent d'Argent, brillante comme la vérité ; puis le Petit-Géant (Kleine Eigher) et le Grand-Géant (Grosse Eigher), et enfin le Wetterhorn lui-même […] Nous entendions les avalanches tomber presque de cinq minutes en cinq minutes. Du point où nous nous tenions sur le mont Wengen, nous en avions la vue d'un coté, et de l'autre nous voyions les nuages s'élever en tourbillons de la vallée opposée, et tournoyer le long de précipices à pic, comme l'écume de l'infernal océan par une haute marée : c'était une vapeur blanche, sulfureuse, et qui s'engouffrait dans des profondeurs qui paraissaient incommensurables […] » Hobhouse : « nous nous sommes assis un peu de temps pour contempler cette scène glorieuse, sa sauvagerie ayant été un petit peu amoindrie par lapparition de deux ou trois femelles à cheval » Byron dans les nues: le Lauberhorn

22 22 Ford Maddox Brown, « Manfred à la Jungfrau », 1842 © Manchester City Art Gallery

23 23 MANFRED (face à la Jungfrau) Ô monts des Alpes, pourquoi êtes-vous si beaux ? Je ne puis vous aimer […] Ah ! comme tout est beau dans ce monde visible ! qu'il est glorieux dans sa cause et dans ses effets ! mais nous, qui nous en disons les maîtres ; nous, moitié poussière et moitié dieux ; nous, qui ne sommes propres ni à ramper ni à nous élever, nous excitons une guerre continuelle entre les élémens divers de notre double essence, respirant à la fois la bassesse et l'orgueil, indécis entre nos ignobles besoins et nos désirs superbes, jusqu'au jour où la mort triomphe. MANFRED, sans apercevoir le chasseur. Faut-il se voir blanchir par les chagrins ; semblable à ces pins desséchés, débris des ravages d'un seul hiver, dépouillés de leur écorce et de leur vert feuillage! Faut-il conserver une vie qui n'entretient en moi que le sentiment de la décadence ! faut-il me rappeler sans cesse des temps plus heureux ! Je suis sillonné de rides, non par les années, mais par des heures et des moments plus longs que des siècles ! et je puis vivre encore! Sommets couronnés de glace, avalanches qu'un souffle peut séparer des montagnes, venez m'écraser ! Le Sublime satanique dans Manfred: Enfer, folie et mort

24 24 Le désenchantement de Lord Byron 29 septembre (Genève) Je suis un amant de la nature et un admirateur de la beauté ; je puis supporter la fatigue et rire des privations, et j'ai vu quelques uns des sites les plus majestueux du monde. Mais au milieu de tout ceci, des souvenirs amers, et surtout celui plus récent encore de chagrins domestiques, qui doit m'accompagner jusqu'à la tombe, m'ont poursuivi jusqu'ici; et ni la musique du berger, ni le craquement de l'avalanche, ni le torrent, ni la montagne, le glacier, la forêt ou le nuage n'ont pu un moment soulever le poids qui accable mon cœur, et parvenir à me faire oublier mon misérable individu, au milieu de la majesté, de la puissance et de la gloire de cette nature qui m'entourait de toutes parts. Lettre de Lord Byron à Thomas Moore, 19 septembre 1821 […] La Suisse est une maudite nation de brutes, égoïstes et stupides, nichée dans la plus romantique région de la terre. Je n'ai jamais pu en supporter les habitants, et encore moins leurs visiteurs anglais.

25 25 FINDENS ILLUSTRATIONS OF THE LIFE AND WORKS OF LORD BYRON. WITH ORIGINAL AND SELECTED INFORMATION ON THE SUBJECTS OF THE ENGRAVINGS BY W. BROCKEDON, London, John Murray, 1833 Conclusion: Un chant qui perdure

26 26 William Bartlett, « Le sommet de la Jungfrau (scène de Manfred », tiré de William Beattie, La Suisse pittoresque (1837) Viaticalpes, www3.unil.ch/viatimages

27 27 Ford Maddox Brown, « Manfred et la fée des Alpes », 1837 © University of Manchester Whitworth Art Gallery

28 28 « Scène de Manfred à Drury Lane », The Illustrated London News, 17 octobre 1863 Tiré de Laura Turnbridge, « From Count to Chimney Sweep: Byrons Manfred in London Theatres, Music and Letters », 76.2 (2006), 233

29 29 Page de couverture de Man-Fred (1834) Tiré de Laura Turnbridge, « From Count to Chimney Sweep: Byrons Manfred in London Theatres, Music and Letters », 76.2 (2006), 224 Musique accompagnant la comédie burlesque, Man-Fred

30 30 Bibliographie de sources sur Internet Bartlett, W.H. and Beattie, William, Switzerland: Illustrated in a Series of Views, London, &hl=fr#v=onepage&q=&f=false Byron, Manfred, dans Œuvres de Lord Byron, trad. Amédée Pichot, volume 3, Paris, &hl=fr#v=onepage&q=&f=false Byron, « Journal Alpin » et lettres de 1816, dans Mémoires de Lord Byron publiés par Thomas Moore, trad. Louise Belloc, volume 3, Bruxelles, &lr=&hl=fr&cd=1#v=onepage&q=&f=false Ebel, J.G., Manuel du voyageur en Suisse, Zurich, Paris, Genève, &hl=fr#v=onepage&q=&f=false Viaticalpes: Les images des Alpes dans les récits de voyage de la Renaissance au XIXeme siècle


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