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À la recherche « dindicateurs sociaux du paysage » …. Monique Toublanc, École nationale supérieure du paysage de Versailles, Séminaire Namur, RED, 17 décembre.

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1 À la recherche « dindicateurs sociaux du paysage » …. Monique Toublanc, École nationale supérieure du paysage de Versailles, Séminaire Namur, RED, 17 décembre 2007

2 1.Contexte et enjeux 2.Retour sur quelques expériences apportant un éclairage méthodologique 3.Mise en place dindicateurs sociaux dévolution des paysages 4.Bilan provisoire et questions

3 Contexte Aujourdhui, les définitions du paysage accordent une place centrale à lindividu, ses perceptions, ses pratiques, ses représentations. –Celle de la langue française : « partie de pays que la nature présente à un observateur » (Dictionnaire Le Robert, 2002) –Celle de la Convention européenne (2000) : Le paysage est une « partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l'action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations » –Celle(s) de la production scientifique de ces dernières années : « Le paysage est une modalité particulière du rapport des sociétés à leur environnement, modalité propre à certaines médiances mais non à dautres (A. Berque, 1995). « Les paysages apparaissent comme indissociables des groupes qui les façonnent et les gèrent, des cultures dans lesquelles ils sont classés » (F. Dubost,1995 )

4 Des textes européens qui insistent sur la nécessité de prendre en compte les attentes sociales en matière de qualité des paysages La Convention européenne du paysage engage chaque partie à : –définir « des objectifs de qualité paysagère » qui correspondent à la « formulation par les autorités publiques compétentes, pour un paysage donné, des aspirations des populations en ce qui concerne les caractéristiques paysagères de leur cadre de vie » –« qualifier les paysages identifiés en tenant compte des valeurs particulières qui leur sont attribuées par les acteurs et les populations concernées ….. à mettre en place des procédures de participation du public, des autorités locales et régionales, et des autres acteurs concernés par la conception et la réalisation des politiques du paysage » Selon la Convention dAarhus sur la démocratie locale : –« la participation du public commence au début de la procédure, c'est-à- dire lorsque toutes les options et solutions sont encore possibles et que le public peut exercer une réelle influence. «

5 Aujourdhui, les « indicateurs paysagers » couramment utilisés, notamment ceux construits par lOCDE, –se rapportent aux éléments matériels du territoire et en particulier à loccupation du sol aux flux monétaires qui sy rattachent – sont le plus souvent quantitatifs Le MEDAD propose de compléter ces données quantitatives par la saisie de données relatives à la perception des paysages par la société

6 La perception du territoire peut être considérée à deux « niveaux » : –La perception « externe » : celle des usagers (touristes, résidents secondaires, …). ==> On pose lhypothèse que cette perception peut sappréhender par une exploitation des statistiques nationales –La perception « interne » : celle des habitants ==> Tel est lobjet du projet du MEDAD sur les indicateurs sociaux du paysage qui vise à : Voir derrière les formes, aller au-delà des apparences, du visible Saisir les sensibilités des populations locales, le regard des acteurs locaux situer les questions du paysage dans leur contexte de production sociale et culturelle.

7 Les acteurs locaux ont une connaissance particulière (« de lintérieur ») des territoires dans lesquels ils vivent À léchelle locale, les sociétés façonnent et gèrent les paysages en fonction des représentations quils sen font et vice versa : « Les sociétés aménagent leur environnement en fonction de linterprétation quelles en font, et réciproquement elles linterprètent en fonction de laménagement quelles en font » (A. Berque, Les raisons du paysage, 1999)

8 Enjeux Lenjeu principal, cest linsertion de cette connaissance locale lors de la conception et mise en œuvre de projets daménagement En désignant de l'extérieur les éléments du territoire qui ont une valeur paysagère voire identitaire, le spécialiste du paysage peut –passer à côté de paysages rejetés par les habitants –ignorer des éléments à forte valeur identitaire que seuls les acteurs locaux peuvent identifier –à linverse, proposer des motifs identitaires qui ne font pas forcément sens pour les habitants

9 Les caractères identitaires de lunité paysagère « La Loire des promontoires » (Atlas des paysages de Maine-et- Loire, 2003)

10 Ne pas associer les acteurs locaux à la définition de leur paysage, cest un peu les déposséder de leurs paysages et prendre le risque : –quils ne prennent pas en charge les éléments désignés de l'extérieur –de faire des propositions qui ne soient pas acceptables par les acteurs locaux ==> cerner ce qui est dans le champ des possibles en termes de projet

11 Retour sur quelques expériences apportant un éclairage méthodologique –Linventaire des paysages de la Loire (CNRS SEGESA 1990) –Létude sur la reconnaissance sociale des paysages bourguignons (DIREN Bourgogne, 1999) –Démarche participative autour du paysage « Le paysage dans un projet de territoire. Démarche et méthodes expérimentées en Limousin, ENITA de Clermont-Ferrand, Chambre dagriculture Hte-Vienne, CNRS UMR 5600, Y. Michelin, 2002 » –Recherche-développement dans les Alpes du Nord (Paysages et agriculture dans les Alpes du Nord. Représentations et aspirations de la société.Guisepelli E., Fleury P., 2003, GIS Alpes du Nord, 54 p.) –Démarche « Espace et patrimoine intercommunal » mise au point par Mairies-conseil (Boîte à outils paysage, Mairie-conseils, Fédération des PNR, 1999)

12 Linventaire des paysages de la Loire Quatre étapes : olobservation in situ oles sites protégés oles représentations littéraires et picturales oles paysages « locaux »

13 Lidentification des « paysages locaux » Enquête auprès des maires des 100 communes riveraines de la Loire Pertinence de léchantillon ? –Impossibilité matérielle et financière denquêter auprès de la population –Hypothèse : en leur qualité délus locaux, les maires ont une connaissance fine du territoire et des paysages de la commune. Ils constituent donc des informateurs privilégiés.

14 Méthode et résultats Envoi dun questionnaire et de fonds de cartes topographiques sur lesquelles les maires sont invités à noter, avec une légende appropriée : –les paysages de leur commune qui ont un intérêt local, –les problèmes posés par les transformations passées et en cours, –les projets individuels et collectifs qui sont connus par la mairie. Résultats : 80% de taux de réponses ; les communes les plus peuplées ne répondent pas (Nantes, Angers, Ancenis, …)

15 Interprétation Lecture croisée des cartes et des questionnaires remplis Vérification sur le terrain dun petit échantillon de réponses Synthèses cartographiques sous la forme de 3 types de cartes : oLes éléments du patrimoine bâti et naturel reconnus par les Institutions et signalés par les élus oLes risques naturels et nuisances physiques, chimiques et visuels oLes projets signalés par les élus

16 Éléments reconnus par les institutions et les élus

17 Risques naturels et nuisances physiques, chimiques et visuelles

18 Les projets signalés par les élus

19 Des cartes favorisant une démarche de concertation Présentation en séance plénière au Conseil Régional des Pays de la Loire : –forte adhésion des élus, –prise de conscience de lincohérence des projets daménagement dans la vallée.

20 Le plan de paysage de la vallée de la Dordogne (1994) Même démarche denquête auprès de 584 communes (72% de taux de réponse) Des « ateliers de paysage » à léchelle intercommunale –Tour des communes avec élus, scientifiques, experts et techniciens –Réunion en salle avec les mêmes acteurs : Échanges et discussions autour des cartes dinventaire résultant de lenquête préalable Échanges et discussions autour des questions de paysage soulevées lors de la visite collective de la commune Réflexion collective sur les réponses à apporter notamment en matière daménagement du territoire.

21 Les Atlas de paysage, traduction sur le territoire de la définition de « paysage » Partie de territoireUnités paysagères telle que perçue par les populations, perceptions culturelles et sociales dont le caractère résulte de l'action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations dynamiques et tendances prospectives

22 Paysages de Bourgogne perception & représentation (1999) En complément de latlas des paysages, réalisation dune enquête autour des questions suivantes : –Quelle image donne-t-on et a-t-on des paysages bourguignons ? –Quels sont ceux figurant dans les livres de photos contemporains et les guides touristiques ? –Où se localisent-ils ? Quels sont leurs caractéristiques ? –Quels sont ceux qui retiennent le plus lattention ? Pourquoi ? –Comment les acteurs régionaux perçoivent-ils les paysages ou ils interviennent, où ils vivent ? Que souhaitent-ils ? Objectif : éclairer les choix de politique régionale

23 Paysages de Bourgogne perception & représentation ( daprès une enquête réalisée en 1999 )

24 Éléments de bilan Le plus souvent, la population nest pas impliquée Des démarches coûteuse et longues qui posent la question de leur reproductibilité Mais des résultats fort intéressants qui ouvrent des pistes vers lélaboration d indicateurs sociaux.

25 La mise en place dindicateurs sociaux dévolution des paysages Un projet du MEDAD à léchelle nationale en complément des Atlas de paysage Objectifs : –Faire en sorte que le paysage, dans ses deux dimensions, matérielle et immatérielle, devienne le sujet et lobjet dune culture partagée et débattue au sein de la société. –Faire remonter les perceptions et représentations que les acteurs et populations locales se font des transformations de leurs paysages –Élaborer un outil qui permette de suivre au fil du temps les relations que la population entretient avec son cadre de vie et ses paysages quotidiens.

26 La méthodologie –Une enquête qualitative à partir dun questionnaire sur les perceptions et représentations des paysages –La difficile question de léchantillon : Impossibilité méthodologique et financière denquêter auprès des maires ( communes en France) Choix de léchelle cantonale (4000 cantons en France) Léchantillon est composé des Conseillers Généraux, élus politiques à léchelle cantonale : des femmes et des hommes proches du terrain, également répartis sur le territoire national, ayant une bonne connaissance des projets daménagement, locaux notamment, et exercés aux questions de territoire La qualité délus des personnes interviewées est de nature à introduire des biais : le risque est accepté, il sera intégré dans le traitement des réponses.

27 État davancement du projet Une phase exploratoire visant à repérer les différentes façons de parler du paysage et de ses transformations : pré-enquête par entretiens semi- directifs auprès de 8 conseillers généraux Analyse de ces entretiens, rédaction dun rapport et élaboration dun questionnaire. Ce questionnaire demande aux enquêtés de situer les paysages dont ils parlent en indiquant les noms des lieux-dits correspondant. 1ére phase : envoi du questionnaire dans 5 départements, soit 250 Conseillers Généraux.

28 Premiers résultats Taux de retour faible (un peu plus de 10%) et réponses trop générales Une période défavorable (élections présidentielles, puis législatives) : des élus pas ou peu disponibles Un questionnaire sans doute trop long et dont les questions ne sont peut-être pas suffisamment « mobilisatrices » Relance des enquêtes en cours pour faire la part entre ces deux facteurs.

29 Conclusion Le difficile passage de léchelle locale à léchelle nationale Rien ne vaut lenquête locale, mais problème de coût et de mise en œuvre. Comment cartographier la sensibilité locale au paysage ? Comment utiliser cette connaissance dans les projets de développement et daménagement ? Pour autant, la participation des populations locales passe par la connaissance des représentations locales du paysage et de ses transformations. On assiste à une montée des préoccupations environnementales qui requièrent la mise en oeuvre dindicateurs quantitatifs. Il importe donc de défendre la spécificité de lobjet paysage dont les transformations ne peuvent pas se mesurer uniquement à partir des éléments matériels qui le composent. La collecte de données sociales et culturelles est fondamentale.

30 Une démarche expérimentale relevant encore de la recherche-action. Une réflexion plus ou moins menée dans les écoles du paysage, à l'université.

31 Merci de votre attention


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