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Eléments de lexicologie (3)

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1 Eléments de lexicologie (3)
Pr. François MANIEZ Directeur du CRTT , EA 4162 (Centre de Recherche en Terminologie et Traduction) Université Lumière Lyon 2 requête Google : maniezf

2 La formation des mots I. La formation des mots en diachronie.
A. Mots héréditaires et mots empruntés. Les mots héréditaires sont ceux que le français a hérités d’une langue ancienne (latin, francique, gaulois). L’étymologie étudie les mots en remontant jusqu’à leur forme la plus ancienne, l’étymon (attesté ou reconstitué). « âme » et anima sont un même lexème historiquement. FRANCIQUE : Ensemble de dialectes du germanique occidental appartenant à la période du vieux-haut-allemand et à celle du moyen-haut-allemand, se subdivisant géographiquement en francique moyen et francique supérieur (d'apr. A. JOLIVET, F. MOSSÉ, Manuel de l'all. du Moy. Âge, Paris, éd. Montaigne, 1947). Ainsi la transformation de p en d, que l'intercourse a répandue sur toute l'Allemagne continentale, s'est propagée d'abord dans le sud, entre 800 et 850, sauf en francique, où p persiste sous la forme douce d et ne cède le pas à d que plus tard (SAUSSURE, Ling. gén., 1916, p. 282).

3 On ignore parfois l’origine d’un mot, et certains autres ne sont que des onomatopées (japper, grommeler, ouf !) emprunts : bravade, képi, golf, chiffre, euphorie, fragile Formes savantes / populaires  doublets frêle/fragile, écouter/ausculter, naïf/natif, nager/naviguer. Doublets par suffixation : originel/original, inclinaison/inclination Onomatopée = création de nom Cf. Erythropoiesis Etymology:New Latin, from erythr- + Greek poiesis creation— more at POESYDate:1918 : the production of red blood cells (as from the bone marrow) Étymol. et Hist. a) 1342 grumeler « murmurer entre ses dents » b) 1382 grommeler « id. » de l'a. fr. grommer « gronder », lui-même empr. du m. néerl. grommen « gronder, grogner » et conservé dans de nombreux dial., mais peut aussi avoir été empr. à l'all. grummeln « grogner » en usage en Rhénanie et en Allemagne du Nord (ibid., p. 94 a). Képi : Empr. à l'alémanique (dialecte de langue allemande parlé en Souabe et dans une partie de l'Alsace et de la Suisse) Käppi, dimin. de Kappe « bonnet ». CHIFFRE : Empr. à l'ar. « vide, zéro » (FREYTAG t. 2, p. 503; FEW t. 19, pp ), calque du skr. « id. », par l'intermédiaire du lat. médiév. cifra « zéro » (XIIe s., ANON., Algor. Salem. ds Mittellat. W. s.v., 574, 12). Le zéro étant l'innovation la plus importante et la plus caractéristique du système numérique ar., le mot chiffre a fini par désigner toutes les figures de ce système, d'où 2. Le sens 3 est dû au fait que le zéro semblait doué d'un pouvoir magique. Le passage de [s] à [] s'explique difficilement; l'hyp. d'une infl. de l'ital. cifra « chiffre » (1476 « caractère secret » Masuccio ds BATT.) ou celle, insuffisamment documentée, d'une infl. du cat. xifra (COR.) sont peu probables. L'hyp. d'une infl. du pic. en raison de l'adoption précoce du système numérique ar. par les villes industrielles du Nord (Jordan d'apr. FEW, loc. cit.) conviendrait mieux, les textes les plus anciens étant picards. EUPHORIA : New Latin, from Greek, from euphoros healthy, from eu- + pherein to bear eu- well, from neuter of eys good; perhaps akin to Latin esse to be 1a : well : easily *euclase* — compare DYS- b : good *eudaemonism* — compare DYS- 2 : true *euchromatin* FRAGILE : Empr. au lat. class. fragilis « fragile, cassant, périssable », v. frêle. (Lat. frangere = casser), cf. fraction, fragment)

4 misanthrope et androgyne (Gr.)  misogyne
B. Les mots construits Mots créés à partir du fonds primitif : les éléments des mots héréditaires ou des emprunts sont réemployés dans de nouvelles combinaisons : misanthrope et androgyne (Gr.)  misogyne impossible, fragilité (Lat.) spontanéité (Fr), instantané Etymology:Greek misanthr*pos hating mankind, from misein to hate + anthr*pos human being Date:1683 : a person who hates or distrusts mankind 1548 subst. «celui qui hait le genre humain» (RABELAIS, Ancien Prologue du Quart Livre ds Le Quart Livre, éd. R. Marichal, p.293, 220); 1564 adj. «qui hait le genre humain» (ID., Cinquiesme Livre, éd. Ch.Marty-Laveaux, ch. XXIIII, p.97); 1622 subst. «homme insociable» (SOREL, Histoire comique de Francion ds FEW t.6, 2, p.157a). Empr. au gr. «qui hait les hommes», comp. de «détester, haïr» et de «être humain, homme». Spontané : Empr. au b. lat. spontaneus (IVe s. ds BLAISE Lat. chrét.) « volontaire, spontané » (issu du class. spons, spontis « volonté »), usité seulement à l'ablatif pour signifier « d'après la volonté de (quelqu'un) » et au génitif « de (sa) propre volonté » (d'où en a. fr. spontaine volantei att. de 1284 à 1466, v. GDF.); Instantané : Dér. de instant*; suff. -é* d'apr. momentané* et spontané*. Momentané : Empr. au b. lat. momentaneus «momentané, passager» (dér. de momentum, v. moment), d'où est issu l'a. fr. et m. fr. momentain (ca 1300 JEAN DE MEUN, loc. cit., ms. de base du XIVe s.: momentaine [...] presence) qui a été supplanté par momentané.

5 Deux procédés de construction : Composition (poisson-chat, omnivore)
Dérivation (impoli, spontanéité) Deux types de dérivation : affixale (ajout d’un affixe) : navig-ateur régressive (back-formation) : somnolen[t/ce]  somnoler, baby-sitter  baby-sit, agress[eur/ion]  agresser Le terme dérivation peut désigner chez certains auteurs l’ensemble des processus de formation des mots. Il est alors son propre hyperonyme. baby-sit (1947) baby-sitter absent du TLFi dérivation inverse, dérivation régressive ou rétrograde

6 Dérivation impropre (conversion) :
Changement de catégorie grammaticale personne (je n’ai vu aucune personne) sauf (votre respect étant sauf) mauve (adj. Depuis 1829) déverbaux (ou postverbaux) : substantifs dont le suffixe est zéro par rapport au verbe correspondant : crier/cri, oublier/oubli, appeler/appel, avouer/aveu On pourrait appeler déverbaux (ou, selon d'autres, postverbaux) les substantifs exprimant l'action et dont le suffixe est zéro par rapport au verbe correspondant : crier/cri, appeler/appel, avouer/aveu, etc.`` (Trav. Ling. Litt. Strasbourg, t. 8, 1970, no 1, p. 167). Anton. dénominatif (cf. MAR. Lex. 1933, p. 66). Rem. 1. Déverbaux, à l'index de la Gramm. Lar. 1964, renvoie au § 72 « la dérivation impropre », mais désigne par dérivation inverse le procédé de formation d'un déverbal, § 65; cf. aussi dérivation régressive ou rétrograde ds GREV Le synon. déverbatif, ive, adj. et subst. masc. est signalé par Lar. encyclop. 1961, ROB. Suppl. 1970, Lar. Lang. fr., MAR. Lex et Ling qui lui donne un sens particulier : Dans la terminologie de E. Benveniste (...) un verbe dérivé d'un verbe; (...) le latin cantare « chanter » est un déverbatif de canere « chanter ». Prononc. : [], plur. [-bo]. Étymol. et Hist (MAR. Lex.). Dér. de verbe*; préf. dé-*; suff. -al*. Bbg. BENVENISTE (É.). Les Verbes délocutifs. In : [Mél. Spitzer (L)]. Berlin, 1958, p. 57 (s.v. déverbatif). ,

7 II. La formation des mots en synchronie.
1. Mots construits et mots simples Les mots construits sont ceux qui ont une structure interne qui les met en relation avec d’autres mots de la langue. = dérivés + composés Opposé à « mot fléchi », « mot construit » désigne spécifiquement les dérivés.

8 2. La motivation Les mots simples sont arbitraires, mais les mots construits sont relativement motivés : « vingt est immotivé, mais dix-neuf ne l’est pas au même degré » (FDS) poirier/cerisier/pommier  chêne, frêne concierge/portier, jadis/autrefois, souvent/fréquemment

9 La démotivation Chacun des supports de métal que l'on place dans le foyer d'une cheminée afin de maintenir les bûches au dessus de l'âtre pour en faciliter la combustion. Retranchement improvisé avec des objets ou des matériaux divers (poutres, pieux, pavés, voitures, etc.) pour interdire l'accès d'un lieu ou pour se mettre à couvert de l'adversaire dans un combat de rues. Impression pénible laissée par un événement malheureux ou décevant. Chenet, barricade, déboire chenet : fire-dog, andiron déboires : setbacks

10 Il y a divers degrés de démotivation : plafond, embonpoint, débonnaire
fourchette, trottoir, déjeuner Débonnaire

11 La remotivation Rattachement d’un mot à un autre à cause d’une ressemblance de forme accidentelle. = fausse motivation, étymologie populaire Abondance de paroles vides de sens ou qui disent peu. Synon. fam. blablabla. Dér., à l'aide du suff. -age*, de l'anc. verbe verbier « chanter en modulant » (1530) Verbiage, échec/échouer, ouvrable

12 Certains mots semblent avoir une étymologie commune :
[À propos d'une activité hum.] Résultat négatif, et généralement d'une certaine gravité, d'une entreprise. [En parlant d'une pers. ou de ce qu'elle a entrepris ou produit] Se heurter à un obstacle social, moral ou intellectuel et ne pas réussir à le surmonter.  ] Heurter le rivage ou le fond marin et s'y immobiliser. Étymol. et Hist. A. Plur. 1. ca 1100 « jeu » (Roland, éd. J. Bédier, 112 : As tables juent [...] E as eschecs); « pièces du jeu » (CHR. DE TROYES, Perceval, éd. W. Roach, 5896 : Lors versa les eschés a terre). B. Sing. 1. ca 1170 eschec « situation du roi ou de la reine menacés de prise » (Floire et Blancheflor, éd. M. M. Pelan, 2011); 2. ca 1223 fig. « embarras, obstacle; insuccès » (G. DE COINCI, Miracles de Notre-Dame, éd. V. F. Kœnig, 1 Mir 10, 1505). Altération de eschac (cf. plur. eschas ca 1165, CHR. DE TROYES, G. d'Angleterre, éd. W. Foerster, 2461 ds T.-L. et le lat. médiév. scacus « pièce du jeu d'échec » XIe s. ds NIERM.) désignant à l'origine l'interjection d'un des joueurs avertissant son partenaire que son roi est menacé. Empr. au persan « roi », par l'intermédiaire de l'ar. (FEW t. 19, pp ). Le c final de échec est peut-être dû à un croisement de ce mot avec l'a. fr. eschec « butin » (ca 1100, Roland, éd. J. Bédier, 99) issu de l'a. b. frq. * (FEW t. 17, p. 75). A. Emploi trans., vieilli. 1. [L'obj. désigne une embarcation] Jeter un navire, une embarcation, sur le rivage, sur un haut-fond et l'y immobiliser. Le banc de galets où les pêcheurs échouaient leurs barques (ZOLA, Joie de vivre, 1884, p. 841) : 1. Je ne croyais pas être exposé au moindre danger, puisqu'en gagnant seulement vingt toises sur l'un ou l'autre bord, nous avions toujours la ressource d'échouer nos canots sur le rivage. Voyage de La Pérouse, t. 2, 1797, p. 171. 2. P. anal. a) [L'obj. désigne un animal marin] Ils échouent la baleine sur la place disposée en talus ( Voyage de La Pérouse, t. 4, 1797, p. 78). b) [L'obj. désigne une chose qui flotte sur l'eau] Le fleuve s'en empare (des arbres déracinés), les pousse au golfe mexicain, les échoue sur des bancs de sable (CHATEAUBR., Atala, 1803, p. 20). B. Emploi intrans., usuel 1. [Le suj. désigne un navire, une embarcation] Heurter, par accident ou volontairement, le rivage ou le fond marin et s'y immobiliser, ne plus pouvoir flotter. Synon. se briser, toucher le fond; anton. flotter, se renflouer, voguer : Orig. inc. (FEW t. 23, fasc. 127, p. 109). Un étymon cautes « rocher, écueil » (DIEZ, 566) est peu probable étant donnée la date tardive d'apparition du mot. Un changement de échoir, d'apr. l'ancienne prononciation , en échouer (REW3, no 2963) suppose une nouvelle conjugaison avec une répartition immédiate et systématique des formes et des sens difficile à admettre. Une altération des formes norm. escouer, écouer correspondant à l'a. fr. escoudre, escourre « secouer » (Gamillscheg ds Z. rom. Philol., t. 41, pp et EWFS2) suppose une reconstitution littér. de escouer en échouer difficile à admettre pour un tel mot. Un étymon *exaquare « enlever l'eau, mettre à sec » (COR., s.v. Enjuagar) supposerait aussi un traitement phonétique propre à une région qui ne fournit pas d'ordinaire de terme de marine.

13 A. Jour ~. Jour consacré au travail.
B. [En parlant de matériaux] Qui peut être façonné. Les fausses motivations montrent l’indépendance des perspectives synchronique et diachronique : elles sont fausses historiquement, mais vraies du point de vue du fonctionnement actuel de la langue. Étymol. et Hist.1. Ca 1170 jur uverable «jour où l'on peut travailler (par opposition aux dimanches et jours de fête)» (Rois, éd. E. R. Curtius, I, XX, 19, p.41); 1260 jour ouvrable (ETIENNE BOILEAU, Métiers, éd. R. de Lespinasse et Fr. Bonnardot, LXXXIII, VII, p.181); «(d'une matière) susceptible d'être travaillé» matière ouvrable (Lar. 19e). Dér. de ouvrer*; suff. -able*; cf. aussi jurn uvrer «jour ouvrable» (début XIIe s. St Brendan ds T.-L.).

14 B. L’analyse en éléments
1. Identification des éléments Morphèmes : unités significatives minimales Les commutations paradigmatiques permettent leur identification : embarquement / débarquement embarquement / emprisonnement embarquement / embarcation somnambule / noctambule / … / somnifère

15 Les variantes (somn/somni, barqu/barc) sont appelées allomorphes.
Le fait de retrouver des éléments combinés à d’autres avec le même sens et avec la même forme confirme leur existence en tant que morphème. ambul- est présent dans ambulance/ambulant. –fère est présent dans pétrolifère. Les variantes (somn/somni, barqu/barc) sont appelées allomorphes.

16 Quand la variation entre ces formes devient plus importante (allégr-esse/alacr-ité), on ne parle plus d’allomorphie : les deux formes, qui ont le même étymon, sont considérées comme des synonymes. Barc-, somn- et dé- sont des morphèmes liés, alors que barque est un morphème libre.

17 Pseudo-affixes : Quasi-affixes : -onge (mensonge) ou -our (amour)
-as dans coutelas, fatras, canevas, plâtras -as est également la finale de déverbaux (-asser) : débarras, embarras, tracas, trépas 2. Péj. [En parlant de la manière d'être d'une pers. ou, p. ext., d'une pers.] Qui est mesuré, étudié, retenu dans de strictes limites, qui bannit toute spontanéité, toute vivacité. Grand couteau de chasse ou de combat dont la lame forte et large ne tranche que d'un côté. Compas : Étymol. et Hist. I. 1. Début du XIIe s. cumpas « système de mesure, mesure » (Voyage de Charlemagne à Jérusalem, éd. E. Koschwitz, 348); 2. XIIe s. compas « instrument servant à mesurer des longueurs et à tracer des circonférences » (Gloss. de Tours ds Bibl. de l'Éc. des Chartes, V, 1869, p. 330 ds T.-L.); 1740 fig. avoir le compas dans l'œil (Ac.); av (SAINT-SIMON, Mémoires, éd. A. de Boislisle, t. 13, p. 20 d'apr. ADAM, p. 65); « nom de divers instruments professionnels servant à prendre des mesures » (FÉLIBIEN Dict., p. 535); pop. « paire de jambes » (BALZAC, Les Chouans, p. 10). II compas de mer « boussole marine » (THEVET, Cosmographie, XII, 12 ds HUG.). I déverbal de compasser*. Il peut-être empr. sém. à l'angl. compas « id. » (ca 1515 ds NED) [peut-être en ce sens dès le XVe s., v. Encyclop. brit. t. 6, p. 227a et MED]. L'évolution sém. de I à II, due à la forme circulaire de la boussole, est souvent donnée comme ayant eu lieu en ital. (compasso « compas azimutal », fin XIIIe s.-début XIVe s. ds BATT.), v. Encyclop. brit. t. 6, p. 226b. COMPASSER A. Prendre, reporter des mesures avec un compas. Au fig. 1. [En parlant des actes ou de l'attitude d'une pers.] Régler minutieusement (cf. compassé B) : 2. [En parlant de mots écrits ou prononcés] Mesurer, peser. Il parla longtemps, en compassant ses termes, en procédant par touches, par chocs.

18 Segments radicaux non identifiés :
in- dans insolite (= inhabituel, mais –solite ne peut être interprété en synchronie). Éléments grecs ou latins à emploi unique étymo- dans étymologie, aristo- dans aristocrate. Éléments grecs ou latins plus ou moins identifiés : mélo- dans mélodrame Chef d'État qui exerce le pouvoir seul et sans contrôle et qui gouverne avec une autorité absolue et arbitraire; Rapport avec potentat, impotent, mais interprétation de des- ? Empr. au lat. insolitus « inaccoutumé à; dont on n'a pas l'habitude, inusité, étrange ».  Le verbe latin solere se traduit en français par « avoir coutume » ou par « être habitué ». Il aurait dû se traduire par le vieux verbe souloir, attesté dès le Xe siècle pour exprimer une action habituelle ou la permanence et qui en est issu directement, si souloir n’était pas sorti de l’usage et, semble-t-il, dès le XVIe siècle, à partir duquel il n’est plus en usage qu’à l’imparfait de l’indicatif. Dans ses Remarques sur la langue française utiles à ceux qui veulent bien parler et bien écrire (1647), Vaugelas ne relève pas souloir, mais seulement la forme de la troisième personne du singulier de l’imparfait : souloit, suivant l’ancienne orthographe, ou soulait, en orthographe modernisée : « Ce mot, écrit-il, est vieux mais il serait fort à souhaiter qu’il fût encore en usage, parce que l’on a souvent besoin d’exprimer ce qu’il signifie, et quoiqu’on le puisse dire en ces trois façons : il avait accoutumé, il avait de coutume, il avait coutume, lesquels il faut placer différemment selon le conseil de l’oreille, si est-ce qu’ils se ressemblent si fort l’un à l’autre que c’est presque la même chose ». La Bruyère note aussi que « l’usage a préféré dans les verbes.... être accoutumé à souloir ». Ce dernier est à l’infinitif dans le Trésor de la langue française (1606) de Nicot, mais les exemples qui en illustrent l’emploi ou le sens sont tous à l’imparfait : Je soulais faire cela ; ce ne semble plus être celui qui soulait, c’est toujours celui qui soulait. Il est aussi dans les sept premières éditions du Dictionnaire de l’Académie française, publiées entre 1694 et La définition en est sommaire : « avoir de coutume ; les Romains soulaient faire » (1694) ; « avoir coutume ; il soulait dire, il soulait faire » (1762, 1798, , 1878). Les académiciens précisent que ce verbe « ne s’est guère dit qu’à l’imparfait », comme l’attestent Vaugelas et l’histoire de la langue, et qu’il « est vieux », si vieux même qu’il disparaît de la huitième édition, celle de Féraud, dans son Dictionnaire critique de la langue française (1788), reprend la définition (« avoir coutume ») et la remarque (« vieux mot ») des académiciens, qu’il complète de cet extrait de Marot : « Sous ce tombeau git Françoise de Foix, / De qui tout bien un chacun soulait dire ». Mais il limite la portée de la disparition annoncée de ce verbe par ce commentaire : « il ne se dit qu’à l’imparfait ». Le présent (se dit)  implique que soulait n’est complètement pas sorti de l’usage. La preuve, « il peut être encore employé dans le style marotique », lequel style est, à la fin du XVIIIe siècle, quelque peu archaïque, Marot étant un poète du début du XVIe siècle. Comme Féraud, et à la différence des académiciens, Littré (Dictionnaire de la langue française, ) ne tient pas ce verbe pour disparu, mais simplement pour défectif : « terme vieilli dont il ne reste que l’imparfait, à peine encore usité quelquefois ». Il cite quelques auteurs : Régnier (« Quel soin.... / Fait que je ne suis plus ce que je soulais être ? »), Scarron (« En grande estime il soulait être »), La Fontaine (« Quant à son temps.... / Deux parts en fit, dont il soulait passer / L’une à dormir et l’autre à ne rien faire »), Chateaubriand (« le peuple de saint Louis regrettera toujours la tombe de quelques messieurs de Montmorency, sur laquelle il soulait de se mettre à genoux durant la messe »), exemple que Littré redresse ainsi : « Chateaubriand a dit à tort Il soulait de... ; l’ancien usage ne mettait pas de », ce que confirment les nombreux emplois de ce verbe en ancien français : « ceux qui seulent manger et boire indifféremment ce que est mis devant eux » (Oresme) ; « Ainsi comme en icelle morte saison les gentilshommes se seulent ébattre à chasser aux lièvres.... le bon Bouciquaut, par manière de soulas, s’ébattait à chasser aux ennemis » (XVe siècle) ; « Je soulais jadis boire tout, maintenant je n’y laisse rien » (Rabelais). Comme Vaugelas, Littré regrette que ce vieux verbe soit presque totalement sorti de l’usage : « c’est une des plus grandes pertes que la langue ait faites ; car combien avoir coutume, dont on est obligé de se servir, est lourd et incommode ! ». Il survit faiblement dans un de ses vestiges : la troisième personne de l’imparfait, « il ou elle soulait » ou « ils ou elles soulaient ». C’est sans doute pour cette mince raison qu’il est dans le Trésor de la langue française ( ), où la définition, précédée de la mention vieux, est exprimée ainsi : « avoir coutume, avoir l’habitude de », et illustrée de l’extrait du Génie du christianisme cité par Littré. Sauvegarder les vieux mots de l’ancienne langue française est un bel objectif, surtout pour endiguer le fleuve en crue de NLF. Mais il semble que le cas de souloir soit désespéré. La raison en est simple. Il est malaisé (euphémisme pour impossible) de le conjuguer à d’autres temps qu’à l’imparfait. Au présent, je seule, tu seules, il seule ??? ; au passé simple : je soulus, tu soulus, il soulut ???? ; futur simple : je soudrai, tu soudras, il soudra ???? ; passé composé : j’ai soulu, tu as soulu, il a soulu ???? Que faire d’un verbe qui n’a plus qu’une forme ? DESPOTE : Étymol. et Hist. 1. [3e quart XIIIe s. adj. despos « qui fait preuve d'autorité et d'arbitraire » (ALEXANDRE DE PARIS, Alexandre, branche II, 2891, variante ds Elliot Monographs, vol. V, p. 239), attest. isolée]; 1773 despote (Mlle DE LESPINASSE, Lett., 6 sept. ds DG); [av (Oresme ds MEUNIER, p. 173 : En grec despotes, c'est seigneur de la chose de laquelle il peut dire : ce est mien)]; 1611 subst. « souverain » (COTGR.); 1748 « souverain autoritaire et arbitraire » (MONTESQ., Espr., III, 8 ds LITTRÉ); 1831 subst. « toute personne qui exerce un pouvoir tyrannique » (BALZAC, Peau chagr., p. 89); [ms. XVe s.] despos « titre porté par des seigneurs de l'Empire byzantin » (Liv. de la Conq. de la Morée, p. 98, Buchon ds GDF.); 1572 despote (YVER, p. 540 ds LITTRÉ).

19 Elles sont formées de mots qui ont un élément radical commun :
2. Les familles de mots Elles sont formées de mots qui ont un élément radical commun : Accélérer, célérité, décélération : (-)célèr- (rapide, rapidité) Ambulance, ambulant, ambulatoire, déambuler, funambule, noctambule, somnambule : (-)ambul- (se déplacer)

20 Ce sont des familles morphosémantiques synchroniques
morphosémantiques : le sens de l’élément doit être constant. C’est un point difficile à établir, car le sens n’a pas l’objectivité de la forme : Sentiment de honte, de gêne qu'une personne éprouve à faire, à envisager ou à être témoin des choses de nature sexuelle. (GR) Effronterie audacieuse ou cynique qui choque, indigne, révolte. (GR) pudeur, pudique, pudibond (du Lat. pudere «  avoir honte  »).  impudent ? impudent ?

21 synchroniques : un mot démotivé sort de sa famille.
chenil, canin sont en relation avec chien. 1. Partie la plus basse du peuple considérée comme méprisable dans ses idées, ses goûts, ses actes. 2. Individu malhonnête et sans scrupules. Personne que l'absence de scrupules et de sens moral, rend capable de méfaits divers. Fausse étymologie (schnappen + Hahn) CANAILLE : Empr. à l'ital. canaglia (dér., avec suff. péj. -aglia, de cane « chien »), littéralement « troupe de chiens », attesté dep. le XIIIe-XIVe s. (Bonichi ds BATT.); a remplacé l'a. fr. chienaille/chenaille (av. 1195, AMBROISE, Estoire de la guerre sainte, 1132 ds T.-L ds GDF.). CHENAPAN : Étymol. et Hist. I. 1551, 6 juill. liég. snaphaine « voleur de grand chemin » (Ordonnance de Georges d'Autriche ds Studi francesi, 2e année, 1958, p. 89); 1568 snaphan (Morillon in Corresp. de Granvelle, III, 450, n. 2 ds BARB. Misc. 20, no 3 : Il n'est à croire comme il faict dangereux allez hors du pays vers Allemagne, Cleves, Liege, car nous banniz y sont partout pour guecter ceulx qui viendroient d'icy, et se feront à la fin snaphans). II schnaphan (MÉNAGE : Schnaphan. On appelle ainsi dans les Armées d'Allemagne, du côté de la Lorraine, des Payïsans retiréz dans les bois, lesquels volent les passans, & qui sans faire de cors, s'at[ta]chent au parti qui est en campagne, duquel ils ont la permission de faire des courses [Addition de S. de Val Hébert : nous prononçons Schenapan]) , Trév.; 1739 chenapan (CAYLUS, X, 531, Les Ecosseuses ds BRUNOT t. 6, p. 1239). I empr. au néerl. snaphaan « voleur de grand chemin » m. néerl. snaphaen (VERDAM), lui-même empr. à l'all. Schnapphahn (DE VRIES Nederl.) II empr. par les soldats fr. pendant les guerres du XVIIe s. à l'all. Schnapphahn « voleur de grand chemin » (dep au sens de « voleur de grand chemin monté à cheval » d'apr. WEIGAND); l'all. est composé d'une forme du verbe schnappen « attraper » (impér. schnapp ou ind. prés. [er] schnappt) et de Hahn qui, au sens propre de « coq » serait complément du verbe (allusion au vagabond faisant main basse sur la volaille du paysan), ou qui, au sens fig. de « gaillard » (début XVIe s. ds WEIGAND) serait sujet du verbe. Le sens techn. de « fusil, arquebuse » de l'all., littéralement [Flinte mit] schnappendem Hahn « [fusil] dont le chien [Hahn] s'enclenche » (fin XVIe s. ds PAUL-BETZ; sens attesté en fr. dep. Ac. Compl. 1842) ne paraît pouvoir être à l'orig. du sens de « vagabond » [« paysan maraudeur armé d'une arquebuse »] comme le propose DAUZAT 1973, v. KLUGE20 et PAUL-BETZ.

22 Un exemple de dérivation complexe
fait de rompre le lien de territorialité entre une société et un territoire. déterritorialisation Le TLF ne donne que territoire et territorial, le GR territorialisme et territorialité. 105 000 pour déterritorialisation 125 000 pour territorialisation 16 500 pour territorialiser 4 330 pour déterritorialiser  Selon Pierre Lévy, une des conséquences de la virtualisation est la déterritorialisation : Lorsqu'une personne, une collectivité, un acte, une information se virtualisent, ils se mettent "hors-là", ils se déterritorialisent. Une sorte de débrayage les détache de l'espace physique ou géographique ordinaire et de la temporalité de la montre et du calendrier. Encore une fois, ils ne sont pas totalement indépendants de l'espace-temps de référence, puisqu'ils doivent toujours se greffer sur des supports physiques et s'actualiser ici ou ailleurs, maintenant ou plus tard. Et cependant la virtualisation leur a fait prendre la tangente. Ils ne recoupent l'espace-temps classique que ça et là, en échappant à ses poncifs "réalistes" : ubiquité, simultanéité, distribution éclatée ou massivement parallèle.(1) En anglais, on utilise le terme d'everyware pour parler des outils et services auxquels on peut accéder tout le temps et à partir de tous lieux, le plus souvent via le Web. (1)Pierre Lévy, Qu’est-ce que le virtuel ?, La Découverte, Paris, 1995, p. 18 Voir le texte de Pierre Lévy: "Sur les chemins du virtuel" La déterritorialisation est un concept créé par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans L'Anti-Œdipe en 1972. Dans Mille Plateaux, le terme sera repris pour caractériser plus spécifiquement le « corps-sans-organes » dans son développement et les auteurs introduiront alors une distinction entre « déterritorialisation relative » et « déterritorialisation absolue », la première laissant la place à une « reterritorialisation ». Directement associé à la notion de désir dans la philosophie de Deleuze, ce concept a rapidement été utilisé dans d'autres branches des sciences humaines, par exemple en anthropologie ou en géographie humaine, puis a été transformé par cette réappropriation. D'une certaine manière, on pourrait dire que le concept lui-même a été « déterritorialisé ». Devenu également concept de géographie culturelle, il désigne le fait de rompre le lien de territorialité entre une société et un territoire : la déportation des Acadiens, aussi nommée le Grand Dérangement, est un exemple de déterritorialisation.

23 Écritoire, conservatoire, laboratoire sont des déverbaux.
TLF : Empr. au lat. territorium « id. », dér. de terra « terre »; v. aussi terroir, forme pop. issue de territorium. Autres sources : terrere (terrifier) , participe passé territus, (espace sur lequel le proconsul a le droit de vie et de mort). En principe les mots latins suffixés en -torium sont eux-mêmes dérivés de -tor (agent d'une action). Écritoire, conservatoire, laboratoire sont des déverbaux. Étymol. et Hist. 1. a) 1278 « étendue de pays formant une circonscription politique » (Lett. d'Alis de Savoie, Ch. des compt. de Dole, B 870, A. Doubs ds GDF. Compl.); b) 1680 (RICH.: Territoire [...] C'est l'étenduë de la juridiction d'un Juge); c) 1916 territoire aérien (Lar. mensuel, déc., III, p. 939a ds QUEM. DDL t. 16); 2. fig. a) 1621 (CAMUS, Agatonphile, p. 120: territoire du vice); b) 1852 territoire ... personnel (FLAUB., loc. cit.); c) 1878 anat. territoire des cellules (Cl. BERNARD, Princ. méd. exp., p. 273); d) 1910 territoires de l'âme (BARRÈS, Cahiers, t. 8, p. 165). Empr. au lat. territorium « id. », dér. de terra « terre »; v. aussi terroir, forme pop. issue de territorium.


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