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Le Changement climatique, un enjeu majeur du XXIe siècle Intervention de Pierre Radanne Mise à jour du 05 Janvier 2007.

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1 Le Changement climatique, un enjeu majeur du XXIe siècle Intervention de Pierre Radanne
Mise à jour du 05 Janvier 2007.

2 Les gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l’oxyde nitreux (N2O), la vapeur d’eau, l’ozone (O3) troposphérique et divers gaz fluorés ont le même comportement que les vitres d’une serre de jardin : le rayonnement solaire traverse l’atmosphère pour venir jusqu’à terre ; la terre renvoie ensuite moins de 50% de ce rayonnement vers l’atmosphère d’où une partie s’échappe vers l’espace et une autre reste piégée. Le degré de rétention lors de ce phénomène dépend, entre autre, de la présence de ces gaz à effet de serre dans ces couches atmosphériques. Parallèlement, une partie de la chaleur émise est dissipée dans l’espace; enfin, la partie piégée, en fait, rebondit sur les couches et est ainsi renvoyée vers la terre. La température de l’atmosphère dépend du rayonnement solaire, à peu près constant, et de la quantité de rayonnement piégée par les gaz à effet de serre. Or, plus ces gaz sont concentrés dans l’atmosphère, plus ils captent de rayonnement, et donc plus l’atmosphère se réchauffe. Il faut signaler qu’il y a un effet de serre naturel. Sans gaz carbonique, sans méthane et sans vapeur d’eau présents dans l’atmosphère, la température moyenne annuelle terrestre au lieu d’être de 15°C serait de -18°C !

3 Les principaux gaz à effet de serre
Deux paramètres à prendre en compte : La durée de séjour dans l’atmosphère, La capacité à faire barrage au rayonnement infrarouge de la terre L’influence relative des différents gaz à effet de serre dépend, outre des quantités émises, de deux facteurs : leur durée moyenne de séjour dans l’atmosphère et leur capacité de rétention du rayonnement. Sur ces deux aspects, le pouvoir de réchauffement (PRG dans le tableau) comme leur durée de vie font des gaz fluorés des contributeurs particulièrement redoutables. Heureusement, les quantités émises restent très faibles. C’est un paradoxe que ces substances, choisies comme fluide réfrigérant ou comme solvant du fait de leur stabilité chimique, se trouvent maintenant pointées du doigt du fait même de leur quasi indestructibilité. L’oxyde nitreux ou protoxyde d’azote (N2O) provient pour partie de dégagements suite à des excès d‘azote dans l’agriculture après utilisation d’engrais et des émissions de certaines branches de la chimie. Son activité est puissante mais pourrait être fortement réduite. Les émissions de méthane sont beaucoup plus importantes et variées : pertes de gaz lors du transport de gaz naturel, décomposition de matières organiques en absence d’oxygène (déchets ménagers, sol), pratiques d’élevage intensives. Si son pouvoir de réchauffement est 21 fois plus important que celui du gaz carbonique son temps moyen de séjour dans l’atmosphère est faible. Des politiques visant à réduire ces émissions pourraient assez rapidement en réduire les effets. Reste le gaz carbonique ou dioxyde de carbone (CO2). Il constitue près de 60% de la totalité des émissions de gaz à effet de serre. Il est donc utilisé comme étalon pour tous les autres gaz. L’aspect le plus préoccupant est son temps de séjour moyen dans l’atmosphère, de l’ordre de 120 ans. Réduire ces émissions massivement sera extrêmement difficile car les sources sont innombrables : toute source de combustion à savoir les industries, les chauffages domestiques, les véhicules ainsi que certains procédés industriels tels que la transformation de la fonte en acier et la production de ciment.

4 L’émergence du problème du changement climatique
1827 – Compréhension de la capacité de certains gaz à piéger le rayonnement infrarouge 1896 – Identification par Arrhenius du mécanisme de l’effet de serre, Mais impossibilité d’interprétation des variations du climat 1960 – Début d’un suivi sérieux des températures grâce aux satellites, 1985 – Reconstitution de l’évolution du climat depuis ans à partir de l’analyse de glaces de l’Antarctique Mobilisation de la communauté scientifique 1992 – Conférence de Rio en 92 Adoption de règles qualitatives 1997 – Protocole de Kyoto en 97 Adoption d’objectifs quantitatifs pour 2010 pour les pays industrialisés 2005 – Entrée en vigueur du Protocole de Kyoto sans les USA 2006 – Début de la négociation pour la période suivante. La prise en charge du changement climatique est passée par trois étapes : Une phase de reconnaissance mais sans vérification expérimentale, et ce jusqu’en 1985. Une phase de prise de conscience et de mobilisation de 1985 à 1997, jusqu’au Protocole de Kyoto. Il faut notamment souligner le faible délai qui a séparé l’alerte des scientifiques avec la conclusion des deux traités internationaux, l’un de reconnaissance du phénomène, l’autre, plus contraignant, d’obligation de réduction des émissions pour les pays industrialisés. Actuellement, une phase de mise en œuvre dans un contexte de forte tension avec le retrait des Etats-Unis décidé par le Président Georges W. Bush en février 2001.

5 Concentrations de CO2 et températures au cours des temps géologiques
Ecarts de température en °C Concentration de CO2 en ppmv La température de l’atmosphère a varié au cours des âges suite à divers phénomènes physiques notamment liés aux variations de la rotation de la terre autour du soleil, et a fortiori sa distance. Comment, dans ces conditions, mettre en évidence le réchauffement climatique généré par l’activité humaine ? Cette question est restée longtemps sans réponse. Ce n’est qu’avec les satellites météorologiques, dans les années 60, que l’on a eu enfin une vision globale du fonctionnement de l’atmosphère. La date décisive, de compréhension de l’effet de serre a été 1985 avec l’analyse de glaces de l’Antarctique. Les scientifiques y ont extrait des carottes de glace sur une profondeur de 1000 m, les plus anciennes ayant ans. Ils ont analysé les bulles d’air comprises dans ces glaces et reconstitué la température moyenne planétaire correspondant aux chutes de neige (à partir de la répartition isotopique de l’oxygène). Sur cette courbe représentant l’évolution de la température moyenne de l’atmosphère depuis ans et de la concentration en CO2 dans l’atmosphère, on constate une corrélation forte entre ces deux variables. On distingue à droite clairement la période chaude actuelle, et avant ans avant JC, l’’ère glaciaire et sur la gauche du graphique la période interglaciaire précédente. Or le gaz carbonique n’est pour rien dans cette succession de périodes glaciaires et interglaciaires aux causes astronomiques, la distance et la trajectoire de la terre autour du soleil variant. On a finalement compris que le gaz carbonique se dissout plus facilement dans l’eau des océans lorsque sa température est froide. En période glaciaire, cela amplifie la chute des températures. En période chaude, davantage de gaz carbonique reste dans l’atmosphère, ce qui accroît le réchauffement. Le gaz carbonique a donc un effet d’amplification des écarts de température à cause naturelle. La question que se sont ensuite posés les scientifiques a été de savoir quel accroissement moyen de température allait engendrer les fortes émissions humaines de gaz carbonique dues à la combustion de combustibles fossiles. Source : M. Lorius, Laboratoire de glaciologie et de géophysique de Grenoble, 1990. Source : C. Lorius, LGGG-CNRS

6 Le graphique présente aussi l’augmentation de la teneur en CO2 constatée entre le début de l’ère industrielle et 1985, passant de 260 ppmv à 345 ppmv. Elle est maintenant en 2006 de 382 ppmv. Les concentrations sur le graphique sont exprimées en ppmv (parties par million en volume, 300 ppmv = 0,3 moles de CO2 pour 1000 moles de gaz atmosphérique). Malheureusement, autant le processus du changement climatique est bien compris, autant sa vitesse de propagation, évidemment inédite dans son ampleur, est difficile à appréhender. Hypothèse optimiste : la planète réagit lentement au phénomène et surtout l’humanité diminue vite ses émissions, alors le échauffement pourrait être limité à 1,4 °C. Hypothèse pessimiste : la planète réagit vite et surtout l’humanité maintient sa trajectoire d’émissions croissantes. Le réchauffement pourrait alors atteindre 5,8°C. Comprendre cette fourchette +1,4°C/+5,8°C n’est pas évident puisque entre un matin et un après-midi, on a fréquemment des écarts de température bien supérieurs. Le graphique aide à l’apprécier. En effet sur l’échelle de droite, on peut distinguer qu’entre la période actuelle et l’ère glaciaire il n’y a que 6°C d’écart en moyenne annuelle. Et rappelons ce que fut l’ère glaciaire : la banquise descendait sur une ligne Londres – Amsterdam – Munich et le niveau de la mer était 120m plus bas qu’aujourd’hui. La France était couverte par une toundra. Nous nous trouvons maintenant confrontés à une situation d’une ampleur et d’une rapidité que la terre n’a jamais connue. La biosphère est un système qui évolue. Les grands cycles bio-géochimiques sont modifiés par les émissions humaines, notamment le cycle du carbone. La reconstitution des « archives climatiques » porte maintenant sur près de ans. La compréhension du climat s’affine. Mais il faut garder à l’esprit qu’il s’agit là encore d’une science jeune et en constante évolution. Les diagnostics continueront donc aussi à évoluer.

7 Evolution des températures moyennes annuelles pour 2050
L’augmentation de température estimée ne sera pas uniforme pour l'ensemble des régions. Les modèles de prospective tentent maintenant de donner des tendances pour les différentes grandes régions de la planète. Elles comportent de larges incertitudes. Quelques enseignements généraux s’en dégagent : Les terres se réchaufferont plus que les océans, Le réchauffement des zones tropicales provoquera une extension des déserts, Les zones proches des pôles connaîtront un réchauffement particulièrement intense. Source IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change).

8 Projection des changements de précipitations en 2050
Projection des changements annuels de précipitations par rapport à la situation actuelle pour un accroissement des concentrations de GES de 1% par an. Une atmosphère plus chaude provoquera davantage d’évaporation d’eau à la surface des océans. Le réchauffement s'accompagnera en conséquence d'une modification du régime des précipitations. Ces dernières devraient nettement s'accentuer dans les latitudes élevées et autour de la ceinture équatoriale. Par contre, du fait d’une remontée des alizés, la zone tropicale (région méditerranéenne, Afrique du Nord, Sahel, Moyen-Orient, sud de l'Amérique Latine et Australie) deviendra plus sèche ou aride. Un accroissement de l’énergie dans l’atmosphère se traduira aussi par des phénomènes météorologiques plus turbulents (tempêtes, tornades, ouragans). Autre manifestation du changement climatique, l'augmentation de température devrait également conduire à une hausse du niveau des mers de 10 à 80 cm dans ce siècle submergeant des îles et des deltas. Rappelons que 250 millions d’habitants vivent entre 0 et 1 m d’altitude. Une fonte partielle des banquises de la péninsule Antarctique et du Groenland aurait pour effet une hausse du niveau de la mer de plusieurs mètres. Convention ADEME 1

9 Deux hypothèses : - Des émissions stables à partir de 2000
- Parvenir à stabiliser le climat Concentration dans l’atmosphère Température résultante Emissions de CO2 Les 3 graphiques de l’IPCC ci-dessus permettent de comprendre les inerties à long terme. Deux tendances sont ici suivies : Les courbes en rouge décrivent ce qui se passe en cas d’émissions de CO2 constantes chaque année à partir de Cela est représenté par une droite dans le premier graphique parallèle à l’axe des abscisses pour la valeur de 9 milliards de t de carbone. Il s’agit là d’une hypothèse plus difficile à atteindre qu’il n’y paraît. En effet, la population humaine devrait augmenter de moitié d’ici le milieu du siècle tandis que les pays en développement devraient voir leur consommation d’énergie progressivement augmenter et, a fortiori, leurs émissions de gaz à effet de serre. Dans cette hypothèse, ces deux augmentations devraient être compensées par une réduction des émissions des grands pays industrialisés. Compte tenu d’une accumulation du CO2 dans l’atmosphère, le graphique du milieu, montre que sa concentration ferait plus que doubler d’ici l’an En fait, le facteur clef est le temps moyen de séjour du gaz carbonique dans l’atmosphère qui est de 120 ans. On est donc confronté à un processus d’accumulation avec une forte inertie. Il en découlerait une hausse continue de la température avec une augmentation moyenne probable de 3°C en 2300, celle-ci continuant irrémédiablement à croître au-delà. On aurait alors perdu le contrôle du climat terrestre. 2. Les courbes en bleu décrivent une autre simulation. ElIe est basée sur l’objectif d’une complète stabilisation à une valeur un peu supérieure à 2°C au-delà de Cette stabilisation impliquerait une concentration atmosphérique de CO2 qui ne devra pas dépasser les 550 ppm/m3. Cette concentration sera atteinte avant la fin de ce siècle. Le graphique de gauche montre alors la courbe d’émission à suivre impérativement pour parvenir à cette stabilisation.

10 Pendant encore une à deux décennies, les émissions devraient continuer d’augmenter. Elles se sont accrues de 15% depuis 1990, année de base du protocole de Kyoto, sous la double dynamique de l’augmentation des émissions des grands pays émergents et de l’accroissement de la population. Les scientifiques plaident ensuite pour une division par 2 des émissions mondiales d’ici 2050 par rapport à 2000 si l’on veut assurer un réchauffement limité à 2°C. Ensuite le niveau d’émissions doit plonger pour ne plus dépasser la capacité d’absorption des océans et des sols (moins de 2Md tC) De ces graphiques, plusieurs enseignements décisifs doivent être tirés : Le processus d’accumulation du gaz carbonique dans l’atmosphère se traduirait par une dégradation irrémédiable des conditions de vie sur la planète, même en cas d’absence de croissance des émissions par rapport au niveau de 2000. Il faut construire au plus vite un nouveau système énergétique qui permette un développement de l’humanité avec un niveau très bas d’émission. Il faut ensuite rappeler que la stabilisation du climat actuel ne serait garantie qu’avec une concentration stabilisée à un niveau encore plus bas, autour de 450 ppm. Soit une mutation encore plus forte que ce qui présenté dans ces graphiques. La courbe bleue de gauche annonce à l’évidence une transformation qui a l’ampleur d’un changement de civilisation.

11 Les ruptures provoquées par le changement climatique
L’humanité confrontée à une limite pour la 1ère fois depuis le début de la Révolution Industrielle Le climat est maintenant cogéré par l’homme Le Principe de précaution s’impose, pas d’expérimentation possible sur l’habitabilité de la planète La négociation à Kyoto : Un rationnement par des quotas d’émissions par pays. D’où une nécessaire ingérence dans les politiques énergétiques Par une obligation globale de performance énergétique, environnementale et économique, Avec nécessité de règles communes (politiques sectorielles, recherche, fiscalité). C’est un retour du politique, un mouvement de rerégulation Au-delà du marché, c’est de la responsabilité des Etats, Et pour notre comportement individuel : nos modes de consommation disent notre inscription au monde. Une extension du rôle de l’ONU Nécessité de convergence des politiques entre pays du nord et du sud. Faire respecter les engagements par une capacité de sanction. Le climat n’appartient plus à la seule Nature. L’homme l’a déréglé et se doit donc le rerégler. Le climat est dorénavant en cogestion entre la nature et la société humaine. Pour la 1ère fois depuis l’engagement dans la société industrielle, l’humanité est de nouveau confrontée à une limite, non plus comme pendant des millénaires, à la rareté, mais à un processus de saturation, celui d’une modification quantitative majeure du milieu le plus fragile de notre biosphère, l’atmosphère. Cet événement historique considérable modifie complètement la responsabilité des Etats et surtout la diplomatie internationale. Sa traduction immédiate a été la décision prise à Berlin en 1995 de baser le futur Protocole de Kyoto sur des quotas contraignants fixés à chaque pays. En termes clairs, il s’agit d’un rationnement. Jusqu’à présent la diplomatie internationale était cantonnée dans la gestion des relations entre pays en s’interdisant tout regard sur les choix politiques internes. Le changement climatique bouleverse cette donne. II impose une ingérence dans les affaires énergétiques et économiques des pays. Les choix de chaque pays et finalement de chacun d’entre nous influent sur l’avenir du monde. Cela implique de construire petit à petit, par-dessus les intérêts des Etats, des règles qui permettent de réduire les émissions et de faire converger les modes de développement entre pays. C’est probablement la condition vitale d’une paix durable. On assiste donc à un retour du politique. Ainsi, les comportements privés se trouvent projetés dans une implication globale. D’un mouvement actuel de dérégulation doit succéder un mouvement de rerégulation. Le rôle de l’ONU et des institutions internationales en sortent grandis. Il faudra d’abord parvenir à mettre sur pied une capacité de solidarité face aux désastres climatiques majeurs, notamment en direction des pays les plus pauvres.

12 Pourtant, jusqu’à présent, les pays industrialisés ne parviennent pas à s’entendre sur les politiques à conduire. D’une part, les pays libéraux répugnent à adopter des mesures fiscales ou des politiques publiques qui perturberaient le fonctionnement du marché. D’autre part, les pays ayant des traditions de politiques publiques ont longtemps fait preuve de méfiance devant les mécanismes élaborés dans le cadre du protocole de Kyoto. Du fait de leur neutralisation, les dispositifs sur lesquels les Etats ont pris des engagements restent largement insuffisants par rapport aux objectifs de réduction adoptés en 1997. Dès la conférence de Kyoto, s’est bien évidemment posée la question du non respect des engagements. L’absence de principe de sanction rendrait possible tout non respect (par un Etat ou un autre) de l’obligation de réduction qu’il avait accepté. Bien évidemment les Etats se sont opposés à l’adoption d’un mécanisme de sanction pour finir par accepter un mécanisme de pénalité (les réductions de tonnes de carbone qui manqueraient en 2012 devront être rattrapées moyennant un taux de pénalité dans la période suivante). Un 1er pas est ainsi franchi. Nonobstant, la mise en place d’un mécanisme proportionné de sanctions sera indispensable étant donné que la délinquance des uns encourage celle des autres. La conférence de Kyoto a aussi montré la nécessité d’une relance du dialogue nord-sud. Si pour le moment, les pays industrialisés engendrent l’essentiel des émissions, à long terme celles des pays en développement deviendront déterminantes. Le fait que nous vivions sur une même planète rend nécessaire de rechercher la participation de tous. Cela implique aussi une augmentation de l’aide au développement. La seule perspective qui puisse sur le long terme construire la paix est une convergence des modes de développement. Réussir ce siècle va exiger un progrès démocratique considérable au plan planétaire.

13 Les impacts sanitaires et sociaux
Comme toutes les catastrophes, la catastrophe climatique est inégalitaire La catastrophe brusque : Le cyclone, l’inondation, la canicule. Elle frappe les plus faibles : Ex : la population noire sans voiture aux USA, Les pays les plus pauvres, principales victimes, Par exemple : 250 millions d’habitants qui vivent à une altitude inférieure à 1 m. La catastrophe lente, invisible mais aussi inexorable : La dégradation de la biodiversité, L’extension des maladies tropicales. Une attention est à porter aux populations les plus vulnérables Notamment, Les personnes âgées, Des professions fortement exposées. La catastrophe provoque aussi une prise de conscience Avec un processus d’apprentissage, Dans une société qui favorise l’événementiel. Le changement climatique n’a pas que des effets lointains et futurs. Des catastrophes comme la canicule d’août 2003 ou le cyclone Katrina ont montré la gravité des impacts sanitaires et sociaux. Une catastrophe a des effets d’autant plus graves qu’elle est soudaine. Elle frappe surtout les populations fragiles, isolées et les plus démunies. Les mêmes effets perdurent après, dans la capacité de reconstruction et la réorganisation ultérieure des vies personnelles. Ces catastrophes déclenchent, heureusement, des prises de conscience collective, car les médias s’en font l’écho. Elles peuvent être un déclic participant à un processus d’apprentissage, mais à condition que les leçons en soient tirées. La qualité de la cohésion collective joue un rôle décisif dans la réduction des impacts des événements extrêmes. Ainsi, l’attention apportée dès le début de la canicule de juillet 2006 en a assurément réduit le coût humain. L’adaptation indispensable au changement climatique d’ores et déjà enclenché, rend indispensable trois types d’actions : Un effort éducatif et culturel pour faire prendre conscience de l’importance de ces événements en particulier à l’attention des populations les plus fragiles ; L’engagement d’investissements permettant de réduire l’exposition aux risques (protection contre le rayonnement solaire, les inondations…) ; Un accompagnement solidaire et rapide des populations les plus exposées quand l’accident climatique survient. Ces caractéristiques de catastrophes de grande ampleur se retrouvent dans les processus de dégradation moins visibles et tout aussi inexorables.

14 Evolution du prix du pétrole brut
En $/bl En $ constants 2003 Cette courbe relate l’évolution du cours moyen du brut depuis Ces prix sont exprimés en dollars de 2003 par baril pour rendre les valeurs comparables. On y distingue clairement le premier choc pétrolier de 73 qui a propulsé le cours du brut à environ 45 $/bl (guerre du kippour), le second de 1979 (guerre Iran-Irak) avec une pointe à plus de 80 $/bl. Ce second choc a été amplifié pour la France par une valeur élevée du dollar. Le succès des politiques de diversification vers le gaz pour les usages thermiques, le charbon et le nucléaire dans la production électrique, de maîtrise de l’énergie à la consommation ainsi que les efforts de mise en exploitation de nouveaux gisements ont fait qu’en 1985, l’offre de pétrole est nettement redevenue plus abondante que la demande. Cela a provoqué un effondrement du prix du pétrole en décembre 85 vers une valeur de 25 $/bl en monnaie actuelle. Ce cours s’est maintenu de façon stable jusqu’en Même la guerre du Golfe de 1990 ne perturba pas le marché. Ensuite, la demande de pétrole des pays de l’OCDE est restée longtemps stable, celle des pays en développement en croissance était faible proportionnellement en volume tandis que la demande des pays de l’ex bloc soviétique s’est effondrée avec la crise de leur industrie. Ces facteurs se sont modifiés en 2000 : reprise de la croissance de la consommation de pétrole des pays de l’OCDE sous l’impulsion des transports, reprise de l’activité économique dans les pays de l’est et surtout, forte croissance économique des pays émergents débouchant sur une forte demande pétrolière. Une nouvelle hausse des prix du pétrole s’amorça en septembre 2000 et s’accrut nettement en octobre Il ne s’agit pas d’un choc pétrolier provoqué par un événement politique grave, mais une inversion de tendance. La demande excède l’offre. Le cours du pétrole de 2006 a été de 65 $/bl, un niveau largement équivalent à celui de la période des chocs pétroliers..

15 Les 5 couches de la crise pétrolière
- La demande mondiale a rattrapé l’offre D’où hausse des prix. - Une faute industrielle Pas assez d’investissements : production, transport, raffinage. - Une exploitation politique et financière Iran, Russie, Venezuela, Bolivie, Nigeria, Instabilité du Moyen-Orient qui bloque les investissements, Spéculation financière et surtout gourmandise des actionnaires. - Perspective du déclin de la production pétrolière Justifie des prix élevés. - Nécessité de se désengager des combustibles fossiles pour réduire les émissions de CO2 L’actuelle crise pétrolière a des causes physiques et pas seulement politiques comme ce fut le cas des chocs pétroliers de 1973 et La demande mondiale de pétrole a rattrapé la capacité de production évaluée autour de 85 millions de barils par jour. Le marché est donc fortement exposé aux aléas de toutes sortes. Tout fléchissement de la production débouche sur une flambée des prix. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les opérateurs de l’activité pétrolière ont insuffisamment investi pendant la période de bas prix entre 1986 et Cela concerne à la fois la mise en production de nouveaux gisements, la construction d’infrastructures d’acheminement et de capacités de raffinage. Le secteur pétrolier est donc soumis à des limites multiples. Ce contexte de tensions sur l’approvisionnement est bien évidemment exploité politiquement. Le pouvoir se déplace des consommateurs d’énergie vers les producteurs. Certains pays, de fait, renationalisent la production. C’est le cas de la Russie, du Venezuela, de la Bolivie. Parallèlement, d’autres sont agités de guerres civiles comme le Nigeria, le Tchad et le Soudan. Plus préoccupant encore, l’instabilité du Moyen-Orient et le face à face qui s’installe sur des bases religieuses, culturelles, sociales et politiques ont pour effet de bloquer l’investissement des grandes compagnies dans la principale zone de production. Simultanément, les actionnaires des compagnies s’avèrent de plus en plus intéressés par leurs bénéfices financiers, bien plus que par les projets industriels des entreprises. Tout cela conduit à la perspective d’une tension énergétique longue. Le prix du pétrole et celui du gaz qui lui est indexé varieront en fonction de la capacité des pays les plus pauvres à y accéder. Deux autres questions, quant à elles totalement nouvelles, viennent se greffer là dessus : le déclin de la production pétrolière qui se rapproche et la nécessité de se désengager des combustibles fossiles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ces facteurs accréditent a posteriori la hausse des prix.

16 Découvertes et consommations d’hydrocarbures Exxon Mobil 2002
Ce graphique présente les découvertes de pétrole et de gaz, ainsi que l’évolution de leur consommation. Tout d’abord, les découvertes pétrolières ont augmenté progressivement pour culminer au début des années 60 (avec dans l’ordre, les gisements américains, ceux du Moyen-Orient, puis dans l’ensemble du monde hors OPEP (Algérie, mer du nord,…)). Le niveau des découvertes chuta ensuite fortement. Après le choc pétrolier de 73, les efforts de prospection furent intensifiées pour faire face à la crise et, contourner le cartel de l’OPEP (gisements du golfe de Guinée, du golfe du Mexique), sans toutefois modifier significativement la tendance. Ces dernières années virent un léger regain des découvertes avec les progrès d’exploration off-shore (exploitation maintenant possible sous plus de 2000 m d’eau). On peut constater que depuis 1980, la consommation annuelle de pétrole dépassait déjà largement le niveau des découvertes. De leur côté, les découvertes de gaz suivent une courbe assez semblable. Elle est décalée parce que la consommation de gaz a été longtemps très faible et qu’à la différence du pétrole, il exige des investissements lourds de logistique (gazoducs, bateaux et ports méthaniers, sites de stockage…). Néanmoins, les découvertes après les grands gisements du Moyen-Orient (Qatar) et de l’ex URSS sont également faibles. Mais, comme la recherche des gisements a toujours privilégié le pétrole au gaz, les réserves encore à découvrir devraient être plus importantes. On qualifie de déplétion cette situation historique où le volume de la consommation dépasse celui des découvertes et donc, pendant laquelle le nombre d’années où l’on pourra consommer du pétrole au même rythme va progressivement se raccourcir. Il est estimé aujourd’hui à 40 ans au rythme actuel de consommation. On verra avec le graphique suivant, que ce déséquilibre patent a été transitoirement compensé par des progrès dans l’exploitation pétrolière.

17 Le débat sur le Peak Oil Synthèse des deux graphiques précédents, celui-ci présente la trajectoire que suivra la production et donc, la consommation de pétrole. Constatant une chute des découvertes de pétrole aux USA dans les années 50, King Hubert pronostiqua une baisse consécutive et inexorable de la production pétrolière américaine pour C’est ce qui se passa. Selon sa théorie, les découvertes de pétrole suivent historiquement une courbe en cloche (courbe de Gauss). L’exploitation d’un gisement suit une courbe à tendance similaire. King Hubert a mis en évidence un décalage de 30 ans entre la courbe des découvertes et celle de l’extraction. La transposition de la théorie d’Hubert à l’ensemble de la production pétrolière mondiale divise les experts. Des facteurs multiples rendent la transposition complexe : forte inégalité de la densité de la prospection pétrolière selon les zones, variabilité de la qualité des statistiques notamment celles des sociétés nationales de l’OPEP, prise en compte des gisements sous-marins… Pour certains, nous entrons déjà dans la phase de déplétion, c’est-à-dire que les efforts de mise en exploitation de nouveaux gisements ne compenseront plus le tarissement des anciens. Ainsi la production de pétrole de la Mer du nord est déjà dans sa phase de déclin. Pour d’autres, les progrès à venir dans l’exploration, l’extraction et la valorisation des pétroles non conventionnels (non liquides) permettront de repousser cette échéance vers 2025 à 2050. Plusieurs remarques sont nécessaires devant ces désaccords : Ils ne portent finalement tous, que sur une génération, ce qui est de toute façon très court compte tenu du temps d’adaptation de notre civilisation notamment en matière de transport ; La tension entre offre et demande qui se manifestera très tôt exigera des investissements très lourds qui pèseront fortement sur les prix ; Les Etats comme les compagnies seront immanquablement tentés de valoriser financièrement d’autant mieux leurs ressources qu’elles seront en déclin. Une certitude donc : le pétrole sera cher. Les prix s’installeront dans des niveaux élevés en restant dans la limite de la capacité des consommateurs à payer. On entre fort probablement dans une période où les prix seront à la fois élevés et, ce qui est pire, imprévisibles et erratiques. Economiser le pétrole pour retarder l’échéance

18 Le dimensionnement du problème pour la France Diviser par 4 les émissions d’ici 2050
En MtCO2 Ce graphique montre l’enjeu de la lutte contre le changement climatique pour la France. Comme il a été indiqué plus haut, une stabilisation du climat, à un niveau de seulement 2°C de plus que la température actuelle, implique que la concentration de CO2 ne dépasse pas les 450 ppm/m3. Pour y parvenir, il faudra impérativement que le niveau d’émission ne dépasse pas au niveau mondiale en 2050 la moitié de celui de Les émissions induites par l’activité humaine devraient ensuite ne pas dépasser la capacité d’absorption naturelle des océans (environ 2 milliards de tonnes de carbone par an). Compte tenu d’un doublement du niveau d’émission par habitant dans les pays en développement, il faudra une division par 4 des émissions françaises. Cette réduction devrait être une division par 10 pour les Etats-Unis. Ce graphique présente le niveau d’émission de gaz carbonique de 2000 (105 MtC) et son évolution tendancielle probable d’ici 2050 sans économie d’énergie et sans effort supplémentaire de lutte contre l’effet de serre. L’histogramme de droite montre le niveau de la division qui ne devrait pas être dépassé en Cette simple présentation graphique met en évidence que ce volume global est inférieur à celui de chacun des secteurs économique pris individuellement. C’est dire à quel point le mouvement de transformation du secteur énergétique et de réduction des émissions devra être général. Y parvenir est impératif car ce niveau de performance pour la France est celui qui doit être atteint dans l’ensemble du monde y compris les pays en développement pour garantir la stabilisation du climat. Ne pas le réaliseer, c’est malheureusement mettre en péril la paix à long terme.

19 Statistiques énergétiques
Croissance économique et consommation d’énergie en France par habitant ( ) Statistiques énergétiques Produit Intérieur Brut Consommation énergie primaire Consommation énergie primaire Intensité énergétique La dissociation de la croissance économique et de la croissance énergétique Les différentes courbes sont positionnées à l’indice 1 en 1973, date du 1er choc pétrolier. Afin d’effacer l’effet de la croissance démographique, toutes les indicateurs ont été calculés par habitant. La courbe du haut représente la croissance économique par habitant. Celle-ci a été sur cette période de 32 ans de 90% (un peu plus de 2,8% par an). La courbe bleue représente la consommation d’énergie finale par habitant. Elle n’a été que de 2,85 % en 32 ans (+0,09 % par an). Sous l’impulsion des politiques de maîtrise de l’énergie engagées après les chocs pétroliers, il y a eu dissociation entre la croissance économique et la consommation d’énergie finale. Après le quasi arrêt des politiques publiques de maîtrise de l’énergie après 1986, la croissance de la consommation d’énergie par habitant est repartie à la hausse. Mais son écart avec le rythme de la croissance économique continua néanmoins de se creuser sous l’impulsion du renouvellement d’équipements anciens et du progrès technologique. Il y a là un fait historique maintenant vérifié depuis 30 ans. Il a de loin dépassé toutes les attentes. Si les efforts d’économie d’énergie avaient été poursuivis avec constance, nous serions déjà engagés dans une société à contenu énergétique stable, mais parvenant à nourrir une croissance d’environ 2 % par an. Cette réalité puissante est masquée par une croissance plus forte de la consommation d’énergie primaire. Elle a été de 30 %. Cette divergence entre la consommation d’énergie finale et la consommation d’énergie primaire a une raison technique. Elle s’explique par la dégradation du rendement de production d’électricité. Source : Observatoire de l’Energie

20 En 1973, la production d’électricité associait de l’hydraulique (rendement de 100%), du pétrole et du charbon (dont le rendement était en moyenne de 40%). En 2005, près de 78% de la production électrique fut d’origine nucléaire avec un rendement net guère supérieur à 30%. La courbe noire décrivant l’intensité énergétique (rapport de la consommation d’énergie sur le PIB) exprime cette amélioration d’ensemble de la productivité de l’utilisation de l’énergie (finale). Elle a été de 36,7% sur la période. Tous les pays de l’OCDE ont connu globalement la même évolution après les chocs pétroliers. La France était déjà, avant les chocs pétroliers, l’un des pays industrialisés dont l’efficacité énergétique était la meilleure. Les performances de certains pays comme l’Allemagne se sont avérées meilleures sur la fin de période : réhabilitation thermique du patrimoine bâti, développement des énergies renouvelables et de la cogénération. Mais le pays ayant le plus progressé est le Japon. Il a réduit son intensité énergétique de 47%, presque une division par deux.

21 Consommation d’énergie pour le chauffage d’un logement neuf
En kWh/m2 Réglementations thermiques - 60% - 85% Avant le premier choc pétrolier, il n’existait aucune obligation de performance énergétique pour les constructions neuves. Aucune isolation n’était prévue. Ceci amena une consommation moyenne de l’ordre de 200 kWh par m² habité. Suite aux chocs pétroliers, des réglementations thermiques successives sont venues tirer vers le bas les consommations d’énergie dans le résidentiel puis le tertiaire. La réglementation thermique impose pour une maison de taille et de confort identique, qui aurait été construite en 1972, une consommation d’énergie plus faible. Y ont contribué, l’isolation des murs, des vitrages moins émissifs, des systèmes de régulation, des appareils de chauffage avec de meilleurs rendements. Après 5 réglementations thermiques successives, la consommation de chauffage moyen par m² chauffé a été divisée par 2,5. D’autres progrès s’annoncent, encore dans les vitrages, dans l’utilisation des énergies renouvelables, dans l’amélioration des isolants minces, dans la réduction des ponts thermiques entre les planchers et les murs… Avec les techniques actuellement élaborées, on ambitionne une consommation par m² de 30 kWh. La meilleure réalisation actuelle met en évidence une consommation de seulement 8 kWh. Mais ce n’est pas tout. Les chercheurs travaillent maintenant à un concept nouveau, celui de bâtiment à énergie positive (les allemands parlent de passiv haus). Cela ouvre une perspective inédite, celle d’une vie domestique sans consommation de combustible fossile et sans émission de gaz à effet de serre. Il s’agit de faire en sorte que le standard, à une échéance comprise entre 2020 et 2030, consiste à construire des logements où la consommation d’énergie pour le chauffage, l’eau chaude, l’éclairage, l’électroménager et l’électronique de loisirs puisse être inférieure, grâce à un niveau très élevé d’efficacité énergétique, à la capacité de ces logements à satisfaire leurs besoins d’énergie de leur environnement : solaire pour l’eau chaude et l’électricité, géothermie et biomasse pour le chauffage… une perspective de vie satisfaisante sans impacts négatifs pour la planète. Dates de construction

22 Vous économisez et vous préservez la planète
Incandescence Halogène Fluo.compact 80 160 240 320 400 Prix énergie + achat ampoule et ballast en € Coût énergie Coût d'achat 60 W 10 et 5 W 50 W Source ADEME Vous économisez et vous préservez la planète Coût total d’un éclairage pour heures Le cas simple de la comparaison de trois systèmes d’éclairage permet de mettre en évidence l’importance d’un raisonnement en coût global sur la totalité de la durée de vie d’un équipement. Cette comparaison porte sur un service d’éclairage sur une durée équivalente de heures (4 ans). Une lampe à incandescence a un prix d’achat faible mais une consommation de kWh élevée à la différence de la lampe fluo. compact (lampe à économie d’énergie) qui, pour un prix d’achat presque trois fois supérieur, permet au final une économie globale de moitié. Ainsi, le retour sur investissement est bel et bien confirmé. Niveau d'éclairage supérieur à 600 lumens

23 Fribourg im Breisgau Crédit photos : V. LEVENOK
Ces photos présentent des constructions qui vont dans le sens du bâtiment à énergie positive. En haut, ce sont des logements du quartier Vauban de Fribourg en Brisgau (Vallée du Rhin). En bas des logements du quartier « Bedzed » de Badington près de Londres. Ces logements sont les premiers qui à l’usage n’émettent pas de gaz à effet de serre. BedZed Crédit photos : Bill Dunster Architects.

24 Vitesse maximale et consommation urbaine
On met en vente aujourd’hui des véhicules dont la vitesse de pointe équivaut au double de la vitesse autorisée. Ce n’est pas seulement choquant et ridicule, mais cela a aussi des impacts considérables sur la consommation d’énergie et sur l’environnement. Quand un véhicule est optimisé pour atteindre une telle vitesse de pointe, les options techniques et les réglages se font au détriment des performances dans les conditions réelles ordinaires de circulation. Un véhicule parcourt en moyenne 7 km par déplacement et la vitesse la plus souvent utilisée est le 50 km/h (boulevard urbain). Ce graphique présente la consommation de carburant en ville pour différents véhicules mis en vente en fonction des vitesses de pointe. Les véhicules de milieu de gamme qui atteignent communément les 220 km/h ont une consommation d’énergie double en ville de celle de véhicules dont la vitesse est limitée à 150 km/h. Quelques chiffres pour en visualiser au-delà l’impact environnemental : une voiture qui pèse 1,2 tonne consommera au cours de sa vie 12 tonnes de pétrole, soit 10 fois son poids. Il en résultera une émission de 40 tonnes de dioxyde de carbone, au volume équivalent à … celui de 6 Arcs de Triomphe (par voiture) ! La voiture restera un mode de transport très souvent irremplaçable. Mais faire face aux enjeux pétrolier et climatique passe obligatoirement par une redescente en gamme et en performances de pointe. Cela est indispensable pour faciliter la pénétration du véhicule électrique. Source INRETS

25 L’évolution des véhicules
Une adaptation des véhicules Plafonnement de la vitesse de pointe, Redescente en gamme. Options de long terme pour les déplacements sur longue distance Totale dépendance du pétrole : L’avion, le bateau, le camion. Prioritaires pour les biocarburants, Un créneau pour le véhicule lourd à l’hydrogène. Stratégie incrémentale de réduction de la consommation de pétrole pour les courtes distances La voiture individuelle et le véhicule de livraison Le véhicule électrique pour les courtes distances Le véhicule hybride rechargeable. Progresser en compatibilité avec les budgets des consommateurs. Réduire la dépendance pétrolière du secteur des transports se pose en termes différents pour la longue et la courte distance. Sur longue distance, les carburants liquides n’ont guère de solution concurrente. Ainsi, le pétrole avec intégration de biocarburants restera très longtemps hégémoniques pour le transport maritime, l’avion et le camionnage longue distance. Sur courte distance, davantage de solutions sont possibles pour la voiture et la camionnette de livraison : le véhicule électrique et le véhicule hybride. Le véhicule électrique, au point, peu cher, reste boudé par le public du fait à la fois d’une faible autonomie et surtout d’un temps très long de recharge. Son marché : de petits véhicules urbains très peu consommateurs avec la perspective de progrès dans les batteries. Le véhicule hybride constitue une solution accessible parce qu’elle consiste en une évolution progressive de la voiture actuelle : introduction de davantage d’électronique, ce qui permet d’optimiser le moteur et de réduire les consommation, la récupération du surcroît de puissance du moteur dans certaines situations d’usage pour produire de l’électricité et l’utilisation de celle-ci par des moteurs électriques pour constituer une motorisation alternative notamment en cycle urbain. L’avantage de cette solution incrémentale est que la part du fonctionnement hybride peut progresser graduellement à mesure des progrès techniques et de la réduction des coûts notamment au niveau des batteries. Il existe une autre voie, elle en rupture. Il s’agit de développer une traction électrique par pile à combustible alimentée à l’hydrogène. Le véhicule n’émettrait alors que de l’eau. Mais les obstacles sont multiples. Comme il n’y a pas d’hydrogène à l’état libre, il faut le produire soit à partir de combustibles fossiles – en émettant du CO2 – soit par électrolyse de l’eau, probablement à partir de centrales nucléaires (avec un rendement médiocre). Il faudrait ensuite mettre en place un réseau de distribution de cet hydrogène. Dernière difficulté : le stockage de l’hydrogène dans le véhicule à très haute pression (le poids du réservoir étant alors 100 fois plus important que celui du gaz contenu). Résultat une filière extrêmement coûteuse. Il est probable qu’elle sera limitée à des véhicules lourds sur longue distance.

26 Les choix d’urbanisme et logistiques ont des impacts déterminants sur les consommations d’énergie et les émissions de polluants. L’exemple suivant permet de l’illustrer. On distinguera 3 cas concernant l’approvisionnement alimentaire des ménages. Premier cas, l’approvisionnement traditionnel des commerces de détail en ville par des camions, les ménages faisant leurs courses à pied. Second cas, les courses hebdomadaires en voiture au supermarché en périphérie. Troisième cas, les livraisons à domicile à partir d’une commande téléphonique ou par internet, la livraison étant assurée par une tournée en camionnette.

27 Les écarts de consommations d’énergie et d’émissions entre formes d’approvisionnement sont considérables. Les solutions les plus performantes sont celles qui permettent une massification du transport des marchandises. Pour un niveau d’émission de 1 pour l’approvisionnement par un magasin de quartier, on a une émission de 61 à partir d’un supermarché et de 5 par tournée via internet.

28 Les Flux en 2000 Rendement global : 35 % En Mtep Energie utile 86
Importations : 165,1 Importations 146,26 Mtep Production : 132 Exportations -27 Soutes : -3 Variation stocks 3,1 Ressources : 294 Energie primaire disponible : 269 Charb. 14 Uranium 108 Gaz 36 Pétrole brut 94 Renouv. 12 Transformation 94 Dont production électrique 83 Consomm.d'énergie finale 158 Charb. 3 Electricité 34 Gaz 32 Pétrole 74 Renouv. 11 Industrie 39 Transports 50 Agri. Habitat-tertiaire 67 Usages non énergétiques 17 Energie utile 86 Ce graphique présente le rendement global actuel du système énergétique français. Les importations et les productions nationales permettent un approvisionnement de 269 Mtep (net d’exportations). Cette consommation d’énergie primaire doit être transformée pour desservir les consommateurs finaux. Les pertes liées à la production électrique et au raffinage sont de 94 Mtep. La consommation d’énergie finale était en 2000 de 158 Mtep. Elle est sur ce graphique à la fois répartie par secteurs et par énergies. Une partie importante de cette énergie est dissipée lors de l’utilisation finale, dans les usages thermiques, les véhicules. On considère qu’en 2000, la part directement utile pour chacun de ces usages était de 86 Mtep. Les pertes sont essentiellement dissipées sous forme de chaleur. Certains de nos appareils ont déjà des rendements élevés (chauffage) tandis que d’autres présentent des pertes considérables (éclairage, voitures, appareils électroniques à veille…). On peut en déduire un rendement global du système énergétique français de 35%. Les possibilités d’amélioration de l’efficacité énergétique sont surtout importants dans la production électrique et le secteur des transports. Les Flux en 2000 Pertes à la consommation : 72 En Mtep Rendement global : 35 %

29 Les 5 phases d’implication personnelle De la sensibilisation à l’action
La prise de conscience de la menace Le changement climatique comme l’épuisement progressif des hydrocarbures provoque le sentiment d’une rupture dans les trajectoires de vie. Elle génère de l’angoisse. Le dimensionnement du problème Apprendre à compter nos consommations d’énergie et nos émissions de gaz à effet de serre. L’accès à un ensemble de solutions Technologiques, Organisationnelles, Comportementales. Des réalisations exemplaires qui préfigurent un avenir réussi L’inscription dans un calendrier clair Une division par 4 d’ici 2050. Avec des paliers successifs. L’équité dans le passage à l’action Entre les entreprises, les collectivités publiques et les personnes. « Je fais, si tu fais, si nous faisons tous. » Après les deux parties qui précèdent, d’abord l’exposé des enjeux que constituent le changement climatique et l’approvisionnement énergétique, puis une esquisse des progrès réalisés et des progrès possibles, quelques considérations complémentaires sont nécessaires. Elle portent sur le processus de prise en charge de questions aussi lourdes. Naturellement, l’attente spontanée consiste à espérer que la prise de conscience débouche vite vers l’action. Il n’en est malheureusement rien. Elle génère en fait avant tout de l’angoisse. Cette angoisse nourrit surtout des comportements de fuite et d’attente. Pour les dépasser et s’engager dans l’action. 5 étapes doivent être franchies. La 1ère consiste à prendre la mesure du bouleversement profond de notre vie à venir que sera cette division par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre. Cette prise en charge n’est possible qu’à travers un apprentissage des quantités en question et de l’identification des principaux postes de la vie personnelle qui occasionnent ces émissions (surtout le chauffage domestique et la voiture). La 2ème étape consiste à identifier les solutions qui permettront de réduire la dépendance des hydrocarbures et les émissions de gaz à effet de serre, qu’elles soient de natures technique, organisationnelle ou comportementale (avec une proportion qui varie selon les usages). La troisième étape de cette prise en charge exige de visualiser des réalisations exemplaires qui deviendront autant de supports à l’imaginaire d’un monde futur où cette transition aura été réussie. Les deux dernières étapes sont elles avant tout du ressort du politique. La première concerne le processus temporel de la transition à engager. Elle nécessitera deux générations compte tenu des rythmes de renouvellement et de délai de réalisation des équipements. Une planification doit être organisée, fixant des étapes intermédiaires à réussir. La dernière condition porte sur un principe d’équité. La mise en action durable de chacun exige la garantir d’une mise en mouvement de tous, les entreprises, les collectivités publiques mais aussi une contribution proportionnée de toutes les catégories de population en fonction de leur niveau de revenu.

30 Émissions de CO2 d’un ménage français moyen : 17 tonnes / an 4,6 teqC / an
Les émissions de dioxyde de carbone liées à nos consommations énergétiques, sont invisibles et donc, mésestimées. Ce graphique en présente la ventilation. Les émissions d’un ménage moyen (2,2 personnes par ménage en moyenne) se répartissent en deux moitiés, l’une liée aux consommations domestiques directes et l’autre découlant de l’activité globale de la société (industrie, tertiaire, transport des marchandises). Sur les 8,1 tonnes de CO2 liées à l’activité domestique directe, on distingue le chauffage : 4 tCO2 et l’usage de la voiture : 3,7 tCO2. Les émissions résultant des consommations électriques sont faibles puisque 90% de l’électricité est produite par du nucléaire et de l’hydraulique. Sur les 9,2 tCO2 des émissions hors consommations domestiques, on distingue essentiellement les activités industrielles et le transport des marchandises. Au total : 17,3 tCO2 par ménage et par an (ou 4,7 tC). Source : ADEME.

31 Ces émissions dans notre vie quotidienne
1 tonne équivalent carbone, c’est soit : 1 an de chauffage au gaz pour un 3 pièces, 840 kg de viande de bœuf, 310 kg de mangues transportées depuis l’Afrique du Sud, 1,8 tonnes de papier, km en Twingo en Ville, 8.500 km en 4x4 en Ville, 1 aller-retour Paris – New York en avion, 160 aller-retour Paris-Londres en train, 20 aller-retour Paris-Londres en avion. Il va nous falloir apprendre à visualiser la portée de nos actes quotidiens. Nous entrons dans un siècle où il faudra connaître les impacts des actes quotidiens. Cela va consister en quelque sorte à gérer une nouvelle carte bleue. Avec une liberté de choix personnel mais, comme l’autre habituelle, l’interdiction de se « mettre dans le rouge ».

32 Les délais de réponse temporelle
De l’ordre de l’année : Les comportements seulement. A 5 ans : Le renouvellement d’équipements ménagers, Des actions de maîtrise de l’énergie, Des investissements dans les énergies renouvelables, Des investissements d’optimisation dans l’industrie. A 10 ans : La conception de nouveaux véhicules, La réhabilitation thermique des bâtiments, Des changements de procédés industriels, Des investissements lourds de production d’énergie. (gisement, centrale électrique, raffinerie), A une génération : Lancement de filières techniques complètes, Les infrastructures lourdes de transport. La réalisation d’investissements industriels lourds exige de l’ordre de 10 ans. Seuls des investissements de taille unitaire plus faible (travaux d’économie d’énergie, de développement des énergies renouvelables) sont significativement réalisables en quelques années. La mise en place de gammes nouvelles d’équipements de grande consommation ou de nouveaux véhicules exigent de l’ordre de 5 ans, tandis que l’arrivée massive d’équipements issus de la recherche demande entre 10 et 20 ans. Les mutations de comportements peuvent être à la fois rapides ou très lentes, fugaces ou pérennes. Elle dépendent de l’investissement éducatif et de culture scientifique. La réalisation d’infrastructures très lourdes, notamment dans les transports, exigent plus d’une génération. De ce panorama, se dégage une double réalité : Notre société ne peut se transformer rapidement. Ce qui plaident pour vite engager le débat, faire un effort de prospective et mettre en place les procédures de consultation et de décision. Par contre notre société à une très grande capacité de changement de trajectoire à échéance d’une génération.

33 L’ordre de priorité de la politique énergétique
Le 1er choix – Desserrer les contraintes Accroître l’efficacité énergétique, Développer des comportements plus sobres, Valoriser les ressources renouvelables, Dégager les transports du pétrole. C’est l’intérêt de tous les pays, Ce sont des priorités morales, Ce doit être le socle commun d’une politique européenne de l’énergie. Le 2nd choix – Répartir les contraintes restantes Les hydrocarbures (dépendance extérieure, épuisement, effet de serre) ; Le charbon (pollution de l’air et impact effet de serre) ; Le nucléaire (risques technologiques et politiques). Des politiques énergétiques nationales encore longtemps divergentes, Un pays ne peut imposer ses options aux autres, Laisser ouvert pour les politiques nationales. La question de l’énergie voit des oppositions fortes se manifester. Comment peut-on obtenir des politiques audacieuses et stables, c’est-à-dire ayant l’adhésion du plus grand nombre ? La recherche de l’intérêt général passe d’abord par le volonté de desserrer les multiples contraintes, qu’elles tiennent à l’indépendance énergétique, à l’épuisement des ressources , à l’exposition à toutes sortes de pollutions et de risques et à la dégradation du climat. 4 politiques peuvent y contribuer et en conséquence recueillir l’accord de tous en France mais aussi dans toute l’Europe : économiser l’énergie, généraliser des comportements sobres, développer les énergies renouvelables et dégager les transports du pétrole. A échéance d’une génération cela peut permettre de diviser par deux le faisceau de contraintes. Ce n’est pas suffisant, mais c’est déjà considérable. Il reste que pour assurer l’approvisionnement énergétique, et pour encore longtemps, il faudra avec recours ensuite à des solutions qui présentent ces inconvénients multiples. La hiérarchisation à faire entre le pétrole, le gaz, le charbon et le nucléaire n’est pas facile à faire. A l’évidence, à la fois les avis divergent et leur classement changera sans nul doute plusieurs fois pendant ce siècle au gré des évolutions techniques, des catastrophes, des effets des pollutions et du rythme de déstabilisation du climat. Il n’en reste pas moins que les seules fondations démocratiques solides consistent à développer rapidement et massivement toutes les actions qui réduisent les contraintes énumérées. Ce chemin est en outre celui qui facilitera le mieux l’amélioration des conditions de vie dans les pays en développement.

34 Evolution des intensités énergétiques
En tep/1000 $ US 1,4 Zone d'évolution probable dans les pays en développement 1,2 Grande-Bretagne Evolution des maxima 1 Etats-Unis 0,8 Chine Allemagne 0,6 Corée France 0,4 Brésil 0,2 La définition traditionnelle du progrès technique consiste en un remplacement de la peine humaine par du travail machine, en d’autres termes du capital. Cette définition est insuffisante. Ce graphique présente l’intensité énergétique exprimée en tep pour une unité de richesse économique identique dans le temps (1000 $ US valeur 2000). On constate que le premier pays entré dans l’ère industrielle, la Grande-Bretagne a connu la quantité maximale d’énergie nécessaire à produire 1000 $ de PIB vers 1880. Les pays qui s’industrialiseront ensuite, l’Allemagne, les Etats-Unis et la France auront leur maxima après la 1ère guerre mondiale. A noter que la France présente déjà une efficacité de l’utilisation de l’énergie nettement meilleure. Ces pays utiliseront des équipements nettement meilleurs que les anglais un demi siècle plus tôt (chaudières et fours industriels). Le Japon qui s’industrialisera ensuite bénéficiera d’emblée des meilleures technologies. Après la seconde guerre mondiale, les pays européens et le Japon présenteront une efficacité énergétique en nette amélioration et plus performante que les Etats-Unis. Maintenant les pays qui s’industrialisent s’inscrivent dans ce processus. La ligne de pointillés présente la valeur moyenne de ces intensités énergétiques. La leçon : Le processus d’industrialisation s’accompagne d’une performance sans cesse croissance de l’utilisation de l’énergie et des matières premières. C’est la voie du développement durable,… depuis déjà un siècle et demi. Japon 1860 1880 1900 1920 1940 1960 1980 2000 2020 2040 Source B.Dessus – J.M. Martin

35 Nourrir un imaginaire du long terme
Un investissement éducatif et culturel considérable. L’empreinte écologique du mode de vie européen : 3 planètes. Trouver un équilibre entre sa recherche personnelle de plaisir et le maintien de ses impacts dans un volume admissible. S’engager dans une société relationnelle. Savoir projeter sa vie dans ce siècle. Le changement profond de civilisation qui vivra la jeune génération exige avant tout un effort éducatif et culturel considérable. C’est à la fois la condition d’un engagement rapide mais aussi de l’indispensable cohésion démocratique. Autre point décisif : la capacité à faire trouver, chacun individuellement, un chemin de réduction des consommations d’énergies fossiles et d’émission de gaz à effet serre qui concilie l’expression de sa personnalité et réponde à sa recherche de plaisir. Il faut résister à toute tendance dépressive qui résulte évidemment de l’ampleur du virage à prendre. Diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre, ce qui est assurément indispensable pour garantir la paix, ne condamne nullement à la décadence. Déjà des voies nouvelles de développement de l’humanité se profilent notamment dans les domaines des échanges personnels, de la culture ou de la santé. Un jeune d’aujourd’hui a accès avec son téléphone portable ou son ordinateur relié à Internet à davantage de personnes et de connaissances que la totalité des générations humaines qui l’ont précédé. L ’une des conditions décisives de la réussite est donc d’être capable individuellement et collectivement de se projeter dans ce siècle. C’est-à-dire de l’inventer.


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