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Troisième partie : organisation et gestion de l'entreprise Section 3 : la fonction comptable et financière La comptabilité présente une dimension légale.

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2 Troisième partie : organisation et gestion de l'entreprise Section 3 : la fonction comptable et financière La comptabilité présente une dimension légale : obligation de procéder à un inventaire une fois par an, obligation de présenter des comptes annuels, déclarations fiscales et sociales, instrument de preuve en matière commerciale... Mais le système d'information comptable a pour objectif avant tout de collecter et traiter une information aidant à la prise de décision : 1

3 Section 3 : la fonction comptable et financière De manière externe : il informe les partenaires de l'entreprise de la situation financière et des résultats de celle-ci. La comptabilité permet notamment aux investisseurs de formuler un jugement sur l'entreprise et sa capacité à gérer des flux financiers. De manière interne : l'information comptable constitue une base indispensable à la prise de décisions de gestion, quotidiennement (ex : gestion des stocks, de la trésorerie...) ou plus ponctuellement (ex : décisions d'investissement et de financement). La comptabilité dite « de gestion », par le calcul et l'analyse des coûts, permet la gestion et le pilotage des activités. 2

4 Section 3 : la fonction comptable et financière Afin que l'information financière soit compréhensible par l'ensemble des utilisateurs, et utilisable à titre de comparaison, elle doit être harmonisée. La comptabilité est donc un domaine réglementé (code de commerce, Plan Comptable Général, directives européennes...). Depuis le 1er janvier 2005, les sociétés européennes cotées en Bourse sont soumises aux règles comptables internationales (IFRS). 3

5 I. Le système d'information comptable 1.1. L'organisation du système d'information comptable : le modèle flux-stocks La comptabilité enregistre chacun des échanges qui constituent l'activité de l'entreprise : flux de biens et services, d'argent, de créances et dettes. Chaque flux est enregistré pour son montant en valeur monétaire, en entrée (débit) ou en sortie (crédit) dans un compte dont l'intitulé et la codification correspond à la nature du flux. 4

6 1.1. L'organisation du système d'information comptable Enregistrement dans les comptes : exemple d'un achat de marchandises à un fournisseur pour 1 000, paiement à 30 jours : Achats de marchandises Fournisseur Entrée Sortie Débit Crédit Débit Crédit 5

7 1.1. L'organisation du système d'information comptable 30 jours plus tard, l'entreprise règle sa dette au fournisseur par chèque : Fournisseur Banque montant initial Compte soldé C D D C

8 1.1. L'organisation du système d'information comptable 7 Dans la pratique, les opérations sont d'abord enregistrées chronologiquement dans un « journal », la codification du Plan Comptable permet ensuite la réorganisation des enregistrements dans les comptes

9 1.2. Les comptes annuels Les entreprises sont tenues de procéder, une fois tous les douze mois, à l'inventaire de leur patrimoine et à l'établissement des comptes annuels : bilan, compte de résultat, et annexe. Le bilan est un document qui fait état du patrimoine de l'entreprise à la date de clôture des comptes. Du fait de l'équilibre comptable entre les emplois et les ressources, le total de l'actif est toujours égal au total du passif : cette égalité est la conséquence du principe comptable de la partie double. 8

10 Le bilan 9

11 Le compte de résultat C'est un document comptable qui récapitule l'activité de l'entreprise au cours de l'année écoulée, en termes de : - produits (ex : les ventes) - charges (« consommations », ex : les achats, les salaires...) Il permet de calculer le résultat de l'exercice : bénéfice ou perte réalisé au cours de l'année. 10

12 Le compte de résultat Produits d'exploitation : Ventes Autres produits - Charges d'exploitation : Achats Charges externes Impôts et taxes Charges de personnel Dotations aux amortissements = Résultat d'exploitation (1) Produits financiers - Charges financières = Résultat financier (2) (1) + (2) = Résultat courant avant impôt Produits exceptionnels - Charges exceptionnelles = Résultat exceptionnel (3) (1) + (2) + (3) - Impôt sur les bénéfices - Participation des salariés = Résultat net comptable 11

13 Le compte de résultat Attention : la notion de résultat diffère de celle de trésorerie : - il existe en général un décalage dans le temps entre le flux de biens ou services et le paiement de la facture correspondante ; - certains éléments du compte de résultat n'ont pas de contrepartie monétaire (ex : les dotations aux amortissements évaluent l'usure du matériel). 12

14 II. L'analyse de la situation financière et de l'activité 2.1. La Capacité d'Autofinancement (CAF) et le tableau de financement La CAF peut être définie comme le potentiel de l'activité de l'entreprise à dégager de la trésorerie. Elle est calculée par différence entre les produits encaissables et les charges décaissables. A titre de simplification, elle est généralement calculée de la façon suivante : Résultat net + Dotations aux amortissements = CAF 13

15 Le plan de financement Le plan de financement synthétise les mouvements de flux financiers. Il permet une vision à moyen ou long terme des équilibres financiers de l'entreprise. Utilisé de façon prévisionnelle, il facilite l'anticipation des besoins financiers. 14

16 Le plan de financement Les ressources : – CAF – Cessions d'immobilisations – Augmentations de capital – Subventions d'investissement – Emprunts Total ressources (1) Les emplois : – Dividendes – Acquisitions d'immobilisations – Augmentation du BFR – Remboursement d'emprunt Total emplois (2) (1) – (2) = solde 15

17 Le plan de financement Le BFR correspond à une avance de fonds en capital circulant. Il sert à financer les éléments courants de l'activité de l'entreprise : stocks, créances d'exploitation, partiellement compensés par les dettes d'exploitation. Ces éléments étant appelés à se renouveler constamment, on peut considérer que le BFR a une composante stable, à laquelle vient s'ajouter des besoins cycliques selon la nature de l'activité. Le financement des besoins ayant un caractère permanent doit être assuré par des ressources stables: les ressources stables doivent couvrir le montant des immobilisations et la composante stable du besoin en fonds de roulement (BFR). 16

18 2.3. L'analyse de l'activité A partir du compte de résultat, les soldes intermédiaires de gestion (SIG) permettent de mettre en évidence une succession de marges constituant des paliers dans la formation du résultat. Les premiers soldes : 1. Marge commerciale = ventes de marchandises – coût d'achat des marchandises vendues 2. Production de l'exercice = production vendue + production stockée 17

19 2.3. L'analyse de l'activité 3. Valeur ajoutée = marge commerciale + production – consommations en provenance de tiers. 4. Excédent Brut d'Exploitation (EBE) = Valeur Ajoutée – impôts et taxes – charges de personnel. 5. Résultat d'exploitation = EBE – dotations aux amortissements 18

20 III. La comptabilité de gestion et les calculs de coûts 3.1. La notion de coût Un coût est une somme de consommations de ressources, soit une somme de charges. La majorité des charges de la comptabilité générale entrent dans le calcul des coûts, mais sont analysées « par destination » et pas seulement « par nature ». Un coût présente quatre caractéristiques : - son champ d'application (produit, activité, service...) - son contenu (coût complet, coût partiel...) - le moment du calcul (coûts réels, coûts standards...) - la pertinence des coûts (liée aux besoins de l'utilisateur) 19

21 3.1. La notion de coût Les calculs de coûts servent à : – Prendre des décisions économiques, – Aider à fixer les prix de vente des produits, – Évaluer ou contrôler des performances, – Valoriser les stocks figurant au bilan, – Prendre des décisions stratégiques. 20

22 3.1. La notion de coût Pour le calcul des coûts complets, on distinguera les charges directes et les charges indirectes (qui ne peuvent pas être affectées directement à l'objet de coût). Pour le calcul du seuil de rentabilité, on distinguera les charges variables et les charges fixes, ou de structure (qui ne varient pas proportionnellement à l'activité). 21

23 3.2. L'analyse différentielle et le seuil de rentabilité Chiffre d'affaires - Coût variable = Marge sur coût variable (MSCV) - Coût fixe = Résultat avec taux de MSCV = MSCV / Chiffre d'affaires 22

24 3.2. L'analyse différentielle et le seuil de rentabilité Le seuil de rentabilité, ou point mort, est le niveau d'activité pour lequel l'entreprise ne dégage ni profit, ni perte. Exprimé en chiffre d'affaires : Seuil de rentabilité = coût fixe / taux de MSCV Exprimé en volume : Seuil de rentabilité = coût fixe / MSCV unitaire Exprimé en nombre de jours : nombre de jours = seuil de rentabilité / chiffre d'affaires * 360 (hypothèse d'une activité régulière sur l'année) 23

25 3.2. L'analyse différentielle et le seuil de rentabilité Exemple : l'entreprise X fabrique un produit P pour lequel les données de l'année écoulée sont les suivantes : Chiffre d'affaires (3 500 P à 215 ) Charges variables (3 500 * 118) : coût variable unitaire Marge sur coût variable Coût fixe Résultat Taux de marge sur coût variable : / * 100 = 45 % Marge sur coût variable unitaire : / = 97 24

26 3.2. L'analyse différentielle et le seuil de rentabilité Seuil de rentabilité en chiffre d'affaires : / 45 % = Seuil de rentabilité en quantités : / 97 = Seuil de rentabilité en date d'obtention : / * 360 = 298 jours (hypothèse d'une activité régulière sur l'année). Quel est le chiffre d'affaires à réaliser pour obtenir un taux de rentabilité de 10 % ? soit R / CA = 10 % or R = MSCV – CF = 0,45 CA – d'où 0,45CA – = 0,1 CA On obtient CA = à structure inchangée. 25

27 3.3. Les calculs de coûts complets Le calcul de coûts complets nécessite de procéder à une répartition des charges indirectes dans des centres d'analyse, afin d'être ensuite affectées aux produits ou activités. Cette répartition implique le choix de clés de répartition, comportant nécessairement une part d'arbitraire. Un coût complet n'est donc pas « la vérité ». 26

28 L'enchaînement du calcul de coûts complets 27

29 L'enchaînement du calcul de coûts complets Exemple : un produit P est fabriqué à partir d'une matière première M. Début mars, 500 kg de matières sont achetés à 10 le kg + frais de port 150 ; il y avait en stock au 1er mars 50 kg au coût de 9,50 ; au cours du mois de mars, 430 kg ont été utilisés. Coût d'achat des matières entrées début mars : 500 * = Compte de stock : Stock initial :50 * 9,50 = 475 Entrées : Total 550 * 10,23 =5 625 Sorties 430 * 10,23 =4 397,73 Coût unitaire moyen pondéré 28

30 L'enchaînement du calcul de coûts complets Outre les matières, il a fallu, pour fabriquer 275 produits P en mars, 300h de main d'oeuvre à 15 l'heure, et 400 unités d'oeuvre définie par l'heure de main d'oeuvre à 8,50 pour les charges indirectes de production. Il y avait en stock en début de mois 35 produits P au coût de production de 38,50. Coût de production en mars : coût des matières4 397,73 coût de la main d'oeuvre 300 * ,00 charges indirectes de production 400 * 8, ,00 Coût de production12 297,73 soit à l'unité : 44, 72 29

31 L'enchaînement du calcul de coûts complets 248 produits P ont été vendus, au prix unitaire de 72. Les charges indirectes liées à la distribution se montent à 3,12 pour 100 de chiffre d'affaires. Compte de stock du produit P : Stock initial 35 * 38, ,50 Entrées 275 * 44, ,73 Total 310 * 44,02 =13 645,23 Sorties 248 * 44,02 =10 916,18 Charges indirectes de distrib. 557,11 (17 856/100 * 3,12) Coût de revient 248 * 46,26 = ,29 Chiffre d'affaires 248 * 72 = ,00 Résultat 248 * 25,74 = 6 382,71 30

32 Conclusion De part l'information qu'elle fournit, la comptabilité ne doit pas être vue comme une « obligation » mais comme un outil indispensable à la prise de décision de gestion. Elle soulève cependant des questions d'ordre éthique sur la confiance que l'on peut lui accorder suite aux récents scandales financiers. Les législations se sont récemment renforcées afin de protéger les destinataires de l'information financière, et notamment les épargnants. 31

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