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Acquisition et évaluation des compétences linguistiques en Langue des Signes.

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1 Acquisition et évaluation des compétences linguistiques en Langue des Signes

2 Historique Jusquà la fin des années 1970 : le mode dexpression visuo-manuel utilisé par les personnes sourdes nétait pas vraiment considéré comme une langue à part entière Jusquà la fin des années 1970 : le mode dexpression visuo-manuel utilisé par les personnes sourdes nétait pas vraiment considéré comme une langue à part entière Maintenant il a été démontré que les compétences en jeu dans lacquisition de la LS sont dans de nombreux domaines les mêmes que celles concernant lacquisition dune langue parlée Maintenant il a été démontré que les compétences en jeu dans lacquisition de la LS sont dans de nombreux domaines les mêmes que celles concernant lacquisition dune langue parlée Évaluation des compétences en LS : récente Évaluation des compétences en LS : récente

3 La Langue des Signes La langue signée sappuie sur les signes comme système de production permettant à cette langue dêtre transmise de façon perceptible (fonction déchange) La langue signée sappuie sur les signes comme système de production permettant à cette langue dêtre transmise de façon perceptible (fonction déchange) Les signes sont léquivalent linguistique et fonctionnel des mots (unités lexicales des langues parlées) Les signes sont léquivalent linguistique et fonctionnel des mots (unités lexicales des langues parlées) Phonologie = organisation sous-lexicale des signes Phonologie = organisation sous-lexicale des signes

4 PHONOLOGIE Rappel : trait phonologique = trait caractéristique indécomposable et sans signification, universel pour toutes les langues des signes. Rappel : trait phonologique = trait caractéristique indécomposable et sans signification, universel pour toutes les langues des signes. 4 classes de codes phonologiques : 4 paramètres de formation des signes : 4 classes de codes phonologiques : 4 paramètres de formation des signes : Configuration Configuration Localisation/emplacement Localisation/emplacement Mouvement Mouvement Orientation Orientation

5 PHONOLOGIE Chaque paramètre de formation se combine avec les autres pour former la « syllabe ». Les signes peuvent être jusquà quadrisyllabiques, mono ou bi-manuels. Chaque paramètre de formation se combine avec les autres pour former la « syllabe ». Les signes peuvent être jusquà quadrisyllabiques, mono ou bi-manuels. 5 è paramètre de formation: lexpression du visage: controversé car dautres la considèrent de la même façon que la prosodie ou lintonation pour les langues parlées : ajoute de linfo et aide à la segmentation du discours mais ne fait pas partie du signe en lui-même sur le plan phonologique. 5 è paramètre de formation: lexpression du visage: controversé car dautres la considèrent de la même façon que la prosodie ou lintonation pour les langues parlées : ajoute de linfo et aide à la segmentation du discours mais ne fait pas partie du signe en lui-même sur le plan phonologique. NB: accès précoce à la LS rare : seulement 5 à 10% des enfants sourds ont des parents sourds qui leur ont appris la LS dès la naissance NB: accès précoce à la LS rare : seulement 5 à 10% des enfants sourds ont des parents sourds qui leur ont appris la LS dès la naissance

6 BELLUGI & FISCHER (1972) Comparaison de la vitesse darticulation Prémisse : afin détudier la vitesse darticulation dans la production de signes ou de mots, il faut pouvoir exclure les pauses du discours (qui prennent 40 à 50% du temps total de parole). Prémisse : afin détudier la vitesse darticulation dans la production de signes ou de mots, il faut pouvoir exclure les pauses du discours (qui prennent 40 à 50% du temps total de parole). Vitesse darticulation mesurée par le nombre de signes/de mots par minute. Vitesse darticulation mesurée par le nombre de signes/de mots par minute. NB: bien que la vitesse darticulation varie significativement dune personne à lautre, elle reste vraiment constante pour la même personne (dans différentes situations). NB: bien que la vitesse darticulation varie significativement dune personne à lautre, elle reste vraiment constante pour la même personne (dans différentes situations).

7 BELLUGI & FISCHER (1972) Comparaison de la vitesse darticulation Sujets : 3 bilingues : jeunes adultes entendants de parents sourds. Ont appris la LS dès leur naissance (comme première langue) et continuent à lutiliser quotidiennement (en même temps que langlais). Sont très à laise dans les 2 langages. Sujets : 3 bilingues : jeunes adultes entendants de parents sourds. Ont appris la LS dès leur naissance (comme première langue) et continuent à lutiliser quotidiennement (en même temps que langlais). Sont très à laise dans les 2 langages. Tâche : raconter une histoire de leur enfance ou une histoire quils connaissent bien, la même dans 3 conditions : Tâche : raconter une histoire de leur enfance ou une histoire quils connaissent bien, la même dans 3 conditions : En ASL En ASL En anglais parlé En anglais parlé Simultanément signé et parlé Simultanément signé et parlé

8 BELLUGI & FISCHER (1972) Comparaison de la vitesse darticulation Le tout était filmé et il y avait donc 4 retranscriptions (parlé et signé dans les conditions séparées et parlé et signé dans la condition simultanée). Le tout était filmé et il y avait donc 4 retranscriptions (parlé et signé dans les conditions séparées et parlé et signé dans la condition simultanée). Temps total des histoires : pas différent : ça prenait + ou – le même temps de raconter la même histoire que ce soit en LS ou en anglais. Temps total des histoires : pas différent : ça prenait + ou – le même temps de raconter la même histoire que ce soit en LS ou en anglais. Exclusion des pauses : plus difficile de distinguer les pause dans la LS quen langue parlée sous-estimation probable du temps de pause en LS Exclusion des pauses : plus difficile de distinguer les pause dans la LS quen langue parlée sous-estimation probable du temps de pause en LS

9 BELLUGI & FISCHER (1972) Comparaison de la vitesse darticulation Résultats en conditions séparées : Résultats en conditions séparées : Quand les pauses sont exclues du discours, la vitesse darticulation des mots est presque deux fois celle des signes, et ce pour chaque sujet. Quand les pauses sont exclues du discours, la vitesse darticulation des mots est presque deux fois celle des signes, et ce pour chaque sujet. Histoire signée (moyenne de signes/seconde) Histoire parlée (moyenne de mots/seconde) Sujet A 2,34,0 Sujet B 2,34,9 Sujet C 2,55,2

10 BELLUGI & FISCHER (1972) Comparaison de la vitesse darticulation Mais certains diront que cette différence peut provenir du fait quil y a 2 versions de lhistoire et quelles ne sont pas les mêmes Mais certains diront que cette différence peut provenir du fait quil y a 2 versions de lhistoire et quelles ne sont pas les mêmes Résultats de la condition simultanée : Résultats de la condition simultanée : Accroissement du temps passé en pause pour chaque sujet peut-être le reflet dun investissement cognitif plus important Accroissement du temps passé en pause pour chaque sujet peut-être le reflet dun investissement cognitif plus important même quand le contenu est exactement le même, la vitesse darticulation des mots est au moins 1,5 fois celle des signes. même quand le contenu est exactement le même, la vitesse darticulation des mots est au moins 1,5 fois celle des signes. signes/secondemots/seconde Sujet A 2,23,4 Sujet B 2,54,4 Sujet C 2,54,1

11 BELLUGI & FISCHER (1972) Comparaison de la vitesse darticulation Les signes semblent être plus longs à produire que les mots. On pouvait sy attendre étant donné que les signes sont plus complexes et impliquent des mouvements coûteux en temps. Quen est-il pour les phrases ? Suite à ces résultats, on peut sattendre à ce quelle durent plus longtemps Les signes semblent être plus longs à produire que les mots. On pouvait sy attendre étant donné que les signes sont plus complexes et impliquent des mouvements coûteux en temps. Quen est-il pour les phrases ? Suite à ces résultats, on peut sattendre à ce quelle durent plus longtemps

12 BELLUGI & FISCHER (1972) Comparaison temporelle des phrases Phrases divisées en propositions. // entre propositions en signes et en mots Phrases divisées en propositions. // entre propositions en signes et en mots Condition simultanée : moyennes de 1,2 à 1,6 secondes par proposition. MAIS le flot naturel de narration a été altéré dans cette condition Condition simultanée : moyennes de 1,2 à 1,6 secondes par proposition. MAIS le flot naturel de narration a été altéré dans cette condition Conditions séparées : pas de différences significatives. Cela varie plus dun sujet à lautre que dune modalité à lautre pour le même sujet. Conditions séparées : pas de différences significatives. Cela varie plus dun sujet à lautre que dune modalité à lautre pour le même sujet. Parlé (moyenne de sec/proposition) Signé (moyenne de sec/proposition) Sujet A 1,62,0 Sujet B 1,21,4 Sujet C 1,01,0

13 BELLUGI & FISCHER (1972) Conclusion Alors quon a trouvé des différences frappantes et consistantes pour la vitesse darticulation entre signes et parole (les signes mettent pour être produits, +ou- 1,5 fois le temps que mettent les mots); on retrouve une similarité de la durée mise par proposition pour les deux modalités. Alors quon a trouvé des différences frappantes et consistantes pour la vitesse darticulation entre signes et parole (les signes mettent pour être produits, +ou- 1,5 fois le temps que mettent les mots); on retrouve une similarité de la durée mise par proposition pour les deux modalités. = paradoxe : = paradoxe : les signes sont plus lents à produire que les mots les phrases signées ne prennent pas plus de temps à produire que les phrases parlées les signes sont plus lents à produire que les mots les phrases signées ne prennent pas plus de temps à produire que les phrases parlées Pourquoi ? Pourquoi ?

14 BELLUGI & FISCHER (1972) : Explications Quels sont les mécanismes en LS qui compensent cette perte de temps en articulation des signes? Quels sont les mécanismes en LS qui compensent cette perte de temps en articulation des signes? Comment la LS gagne du temps tout en communicant de façon non ambiguë ? Comment la LS gagne du temps tout en communicant de façon non ambiguë ? 3 grands mécanismes : 3 grands mécanismes : A. Délétion B. Incorporation C. Changements corporels et faciaux

15 BELLUGI & FISCHER (1972) : Explications A. Délétion Morphèmes grammaticaux : suppression des mots de fonctions (its, to, the, …) Ex : « its against the law to drive on the left side » « ILLEGAL DRIVE LEFT-SIDE » Morphèmes grammaticaux : suppression des mots de fonctions (its, to, the, …) Ex : « its against the law to drive on the left side » « ILLEGAL DRIVE LEFT-SIDE » Anaphores : suppression des pronoms (quand les noms ont déjà été mentionnés) Ex : « John likes Mary, so he goes and visit her a lot » « JOHN LIKE MARY, WELL, GO VISIT MUCH » Anaphores : suppression des pronoms (quand les noms ont déjà été mentionnés) Ex : « John likes Mary, so he goes and visit her a lot » « JOHN LIKE MARY, WELL, GO VISIT MUCH » Verbes généraux : usage de verbes spécifiques Ex : « so they came in » « ENTER » Verbes généraux : usage de verbes spécifiques Ex : « so they came in » « ENTER »

16 BELLUGI & FISCHER (1972) : Explications B. Incorporation Lemplacement/localisation : des mouvements directionnels reflètent la disposition spatiale de personnes ou dobjets en relation avec linterlocuteur. Ex : « I will bring something down of that shelf for you » le verbe BRING incorpore le lieu de la source (une haute échelle, donc le signe bouge vers le bas) et le datif (« you ») Lemplacement/localisation : des mouvements directionnels reflètent la disposition spatiale de personnes ou dobjets en relation avec linterlocuteur. Ex : « I will bring something down of that shelf for you » le verbe BRING incorpore le lieu de la source (une haute échelle, donc le signe bouge vers le bas) et le datif (« you ») Le nombre : quand le verbe reflète le nombre, la forme du signe verbal peut changer de différentes façons : Le nombre : quand le verbe reflète le nombre, la forme du signe verbal peut changer de différentes façons : Changement de configuration manuelle et nombre de mains Changement de configuration manuelle et nombre de mains Changement du mouvement Changement du mouvement Répétition du verbe Répétition du verbe Ex : CLIMB : si 1 personne, 2 doigts dans 1 main; si 2 personnes, 2 doigts dans chaque main; si bcp, 4 doigts dans chaque main

17 BELLUGI & FISCHER (1972) : Explications B. Incorporation La manière : utilisé de la même façon que lintonation dans le langage parlé Ex : « terrific explosion » « EXPLODE » de façon grave, telle que ladjectif est incorporé dans le verbe. La manière : utilisé de la même façon que lintonation dans le langage parlé Ex : « terrific explosion » « EXPLODE » de façon grave, telle que ladjectif est incorporé dans le verbe. La taille et la forme : un signe peut incorporer la taille et la forme de lobjet ainsi que sa source, son but et son instrument. Ex : le verbe « REMOVE » : « REMOVE LARGE PAINTING FROM WALL WITH HANDS » est différent de « REMOVE NAIL FROM WALL WITH CLAW HAMMER » La taille et la forme : un signe peut incorporer la taille et la forme de lobjet ainsi que sa source, son but et son instrument. Ex : le verbe « REMOVE » : « REMOVE LARGE PAINTING FROM WALL WITH HANDS » est différent de « REMOVE NAIL FROM WALL WITH CLAW HAMMER »

18 BELLUGI & FISCHER (1972) : Explications C. Changements corporels et faciaux Expression faciale : Expression faciale : Négation : hochement de tête, souvent réduit à un froncement de sourcil pendant toute la proposition. Ex :« I dont know that » « ME KNOW THAT + froncement de sourcils » Négation : hochement de tête, souvent réduit à un froncement de sourcil pendant toute la proposition. Ex :« I dont know that » « ME KNOW THAT + froncement de sourcils » Acquiescement : hochement de tête pendant la proposition. Dans une question de type oui/non, ça correspond souvent à la 2 ème partie. Ex : « You like this, dont you » « YOU LIKE THIS? +hochement » Acquiescement : hochement de tête pendant la proposition. Dans une question de type oui/non, ça correspond souvent à la 2 ème partie. Ex : « You like this, dont you » « YOU LIKE THIS? +hochement » Interrogative : questions de type oui/non souvent marquées par un haussement de sourcils. Interrogative : questions de type oui/non souvent marquées par un haussement de sourcils. Guillemets (prise de rôles) : regard sur linterlocuteur pendant la narration et ailleurs durant la citation. Guillemets (prise de rôles) : regard sur linterlocuteur pendant la narration et ailleurs durant la citation.

19 BELLUGI & FISCHER (1972) : Explications C. Changements corporels et faciaux Attitude corporelle : notamment pour indiquer les différents personnages dans une histoire et indiquer qui parle à qui. Très économe en temps, très fréquemment utilisé en LS, aide aussi à rendre le discours vivant et absorbant à regarder. Attitude corporelle : notamment pour indiquer les différents personnages dans une histoire et indiquer qui parle à qui. Très économe en temps, très fréquemment utilisé en LS, aide aussi à rendre le discours vivant et absorbant à regarder.

20 BELLUGI & FISCHER (1972) CONCLUSION Lexploitation des mécanismes disponibles à la modalité rend possible la compensation du problème apparemment lié à la LS, à savoir que les signes prennent plus de temps à articuler que les mots. Lexploitation des mécanismes disponibles à la modalité rend possible la compensation du problème apparemment lié à la LS, à savoir que les signes prennent plus de temps à articuler que les mots. Grande tendance à condenser le message en LS Grande tendance à condenser le message en LS

21 PHONOLOGIE : aspects développementaux A. Babillage Babillage manuel = productions manuelles répétitives sans significations, présentées en mouvement dans lespace définit pour lexpression dans la LS de référence de lenfant. Babillage manuel = productions manuelles répétitives sans significations, présentées en mouvement dans lespace définit pour lexpression dans la LS de référence de lenfant. Le babillage manuel est présenté par la majorité des enfants exposés précocement à la LS (quils soient sourds ou entendants de parents sourds). Le babillage manuel est présenté par la majorité des enfants exposés précocement à la LS (quils soient sourds ou entendants de parents sourds).

22 PHONOLOGIE : aspects développementaux A. Babillage : PETITTO & MARENTETTE (1991) Idée : si on observe un babillage manuel en LS et sil a les même caractéristiques que le babillage vocal, alors cest que le babillage résulterait de la maturation dune capacité langagière neuronale applicable au traitement de différents types de signaux (plutôt quuniquement aux mécanismes articulatoires responsables de la parole). Idée : si on observe un babillage manuel en LS et sil a les même caractéristiques que le babillage vocal, alors cest que le babillage résulterait de la maturation dune capacité langagière neuronale applicable au traitement de différents types de signaux (plutôt quuniquement aux mécanismes articulatoires responsables de la parole). Caractéristiques du babillage vocal : Caractéristiques du babillage vocal : 1.Échantillon des sons possibles 2.Organisation syllabique (CV : bababa) 3.Pas de signification ou de référent apparent

23 PHONOLOGIE : aspects développementaux A. Babillage : PETITTO & MARENTETTE (1991) Sujets : 5 enfants : 2 sourds (de parents sourds) et 3 contrôles (enfants entendants de parents entendants). Sujets : 5 enfants : 2 sourds (de parents sourds) et 3 contrôles (enfants entendants de parents entendants). Analyse des babillages vocaux et des activités manuelles chez tous les enfants Analyse des babillages vocaux et des activités manuelles chez tous les enfants Résultats : 2 types dactivité manuelle : Résultats : 2 types dactivité manuelle : Babillage manuel syllabique : basé sur les 3 caractéristiques : Babillage manuel syllabique : basé sur les 3 caractéristiques : 1) échantillon réduit dunités combinatoires 2) organisation syllabique 3) Pas de signification ou de référents Gestes : pas dorganisation interne, produits référentiellement (ex : tendre les bras pour être pris) Gestes : pas dorganisation interne, produits référentiellement (ex : tendre les bras pour être pris)

24 PHONOLOGIE : aspects développementaux A. Babillage : PETITTO & MARENTETTE (1991) Gestes : même type et même quantité chez les enfants sourds et entendants Gestes : même type et même quantité chez les enfants sourds et entendants Babillage manuel : beaucoup plus produit par les sourds (entre 32 et 71% de lactivité manuelle contre 4 à 15% chez les entendants) Babillage manuel : beaucoup plus produit par les sourds (entre 32 et 71% de lactivité manuelle contre 4 à 15% chez les entendants) EnfantGeste Babillage manuel H19810 H21958 H D D

25 PHONOLOGIE : aspects développementaux A. Babillage : PETITTO & MARENTETTE (1991) Babillage manuel des enfants sourds partage 6 caractéristiques avec le babillage vocal denfants entendants: Babillage manuel des enfants sourds partage 6 caractéristiques avec le babillage vocal denfants entendants: 1)Utilisation dun échantillon réduit dunités phonétiques quon retrouve dans lASL (32%) 2)Utilisation préférentielle de 4 types de syllabes par les enfants sourds: a, b, c, d 3)Répétitions dans babillages vocal et manuel des sourds 4)Stade du babillage syllabique manuel à 10 mois (entre 7 et 10 mois chez les enfants entendants) 5)Progression dans le babillage manuel similaire à celle dans le babillage vocal et dans une évolution temporelle similaire : jargon entre 12 et 14 mois pour les deux (formes possibles mais inexistantes du lexique ASL)

26 PHONOLOGIE : aspects développementaux A. Babillage : PETITTO & MARENTETTE (1991) 6) Continuité entre les formes phonétiques et syllabiques du babillage manuel et les premiers signes : les unités les + fréquemment utilisés dans le babillage étaient aussi les + fréquentes dans leurs premiers signes. De plus premiers mots et premiers signes apparaissent à des âges similaires (entre 10 et 12 mois) Babillage = expression dune capacité neuronale amodale capable dun traitement de la parole et des signes : forme et organisation du babillage sont liés à la structure linguistique abstraite du langage Babillage = expression dune capacité neuronale amodale capable dun traitement de la parole et des signes : forme et organisation du babillage sont liés à la structure linguistique abstraite du langage Les enfants semblent donc prédisposés de façon innée à découvrir les input particuliers des unités phonétiques et syllabiques Les enfants semblent donc prédisposés de façon innée à découvrir les input particuliers des unités phonétiques et syllabiques

27 PHONOLOGIE : aspects développementaux A. Babillage : PETITTO & MARENTETTE (1991) Babillage = mécanisme par lequel les enfants découvrent les moyens de produire la structure du langage Babillage = mécanisme par lequel les enfants découvrent les moyens de produire la structure du langage Les similarités dévolution temporelle, de structure et dusage existant entre le babillage vocal et manuel suggèrent quil y a une capacité langagière unitaire qui sous-tend lacquisition des langages humains signé et parlé. Les similarités dévolution temporelle, de structure et dusage existant entre le babillage vocal et manuel suggèrent quil y a une capacité langagière unitaire qui sous-tend lacquisition des langages humains signé et parlé.

28 PHONOLOGIE : aspects développementaux B. Premiers signes COMPREHENSION COMPREHENSION Premières mises en lien entre des signifiants proposés par lentourage (les signes) et leurs signifiés (signification ou objets que ces signes symbolisent). Fonction symbolique Premières mises en lien entre des signifiants proposés par lentourage (les signes) et leurs signifiés (signification ou objets que ces signes symbolisent). Fonction symbolique Pas de test dévaluation en LSBF car difficultés : Pas de test dévaluation en LSBF car difficultés : Certains référents peuvent être exprimés par plusieurs signes (ex: lenfant ne connaît pas le signe du test mais connaît un synonyme)Certains référents peuvent être exprimés par plusieurs signes (ex: lenfant ne connaît pas le signe du test mais connaît un synonyme) Population de référence trop petite pour normalisationPopulation de référence trop petite pour normalisation

29 PHONOLOGIE : aspects développementaux B. Premiers signes EXPRESSION EXPRESSION 1 signe : vers 8 mois ½. 1 signe : vers 8 mois ½. 10 signes : vers 13 mois ½. 10 signes : vers 13 mois ½. Combinaison de 2 signes : vers 17 mois Combinaison de 2 signes : vers 17 mois Les premières productions signées porteuses de signification apparaissent plus précocement quen langue parlée (car, à cet âge, la motricité manuelle est en avance sur la motricité bucco-phonatoire) Les premières productions signées porteuses de signification apparaissent plus précocement quen langue parlée (car, à cet âge, la motricité manuelle est en avance sur la motricité bucco-phonatoire) Apparition concomitante du babillage manuel et des premiers signes significatifs Apparition concomitante du babillage manuel et des premiers signes significatifs

30 PHONOLOGIE : aspects développementaux B. Premiers signes EXPRESSION (suite) EXPRESSION (suite) Comment déterminer quune production manuelle possède la fonction symbolique, est bien un signe ? Comment déterminer quune production manuelle possède la fonction symbolique, est bien un signe ? Signe = tout item lexical utilisé dans au moins deux situations contextuelles différentes en labsence du référent.Signe = tout item lexical utilisé dans au moins deux situations contextuelles différentes en labsence du référent. Signe = tout item lexical présenté pour évoquer une classe de référents qui lui sont reliés (ex: « papa » en pointant les chaussures de papa)Signe = tout item lexical présenté pour évoquer une classe de référents qui lui sont reliés (ex: « papa » en pointant les chaussures de papa) Mots-phrases produits au même âge que lenfant entendant exposé à une langue parlée stade plus tributaire des capacités cognitives que des capacités motrices de lenfant. Mots-phrases produits au même âge que lenfant entendant exposé à une langue parlée stade plus tributaire des capacités cognitives que des capacités motrices de lenfant.

31 PHONOLOGIE : aspects développementaux B. Premiers signes BABY-SIGNES BABY-SIGNES Baby-signe = déformation des signes (ne sont pas toujours identiques à ceux utilisés par les locuteurs) Baby-signe = déformation des signes (ne sont pas toujours identiques à ceux utilisés par les locuteurs) Ce phénomène reflète la difficulté articulatoire de la langue : les erreurs portent souvent sur les éléments les plus difficiles à produire. Ce phénomène reflète la difficulté articulatoire de la langue : les erreurs portent souvent sur les éléments les plus difficiles à produire. Emplacement > Mouvement > Configuration > Orientation Emplacement > Mouvement > Configuration > Orientation Saillance perceptive joue sans doute un rôle : ce quon voit mieux est plus vite acquis Saillance perceptive joue sans doute un rôle : ce quon voit mieux est plus vite acquis

32 PHONOLOGIE : aspects développementaux C. Erreurs phonologiques Erreurs pas par hasard : portent sur les caractéristiques phonologiques des signes, par modification dun ou de plusieurs paramètres (dans les productions les plus difficiles). les enfants respectent les contraintes phonologiques et les adaptent à leurs capacités articulatoires. Erreurs pas par hasard : portent sur les caractéristiques phonologiques des signes, par modification dun ou de plusieurs paramètres (dans les productions les plus difficiles). les enfants respectent les contraintes phonologiques et les adaptent à leurs capacités articulatoires. Configuration manuelle : erreurs à cause de la similitude phonologique et de la difficulté dexécution. Configuration manuelle : erreurs à cause de la similitude phonologique et de la difficulté dexécution. Emplacement/localisation : proximalisation des erreurs: lenfant modifie le plus souvent lemplacement en le rapprochant du tronc. Emplacement/localisation : proximalisation des erreurs: lenfant modifie le plus souvent lemplacement en le rapprochant du tronc. Mouvement : omission ou simplification de ce paramètre (surtout les mouvements de rotation). Mouvement : omission ou simplification de ce paramètre (surtout les mouvements de rotation).

33 MORPHOLOGIE Les langues signées ont une grammaire aussi complexe et organisée que celle des langues parlées. Les langues signées ont une grammaire aussi complexe et organisée que celle des langues parlées. Il y a des règles de modifications des signes en fonction de la signification des énoncés. Il y a des règles de modifications des signes en fonction de la signification des énoncés. Formes infléchies ou conjuguées des verbes Ex : « donner » répété 2 fois dans lespace frontal = « distribuer » Formes infléchies ou conjuguées des verbes Ex : « donner » répété 2 fois dans lespace frontal = « distribuer » Pronoms en fonction du contexte sémantique et grammatical: marqué par un pointage directionnel, un classificateur ou une intégration morphosyntaxique dans le verbe. Pronoms en fonction du contexte sémantique et grammatical: marqué par un pointage directionnel, un classificateur ou une intégration morphosyntaxique dans le verbe.

34 SYNTAXE A. Accord spatial du verbe Verbes directionnels : accord du verbe en utilisant des éléments de référence placés grammaticalement dans lespace (pronominalisation du verbe). Ex : « voir » : près des yeux du locuteur si parle à la première personne, dans un point de lespace si référence à un autre personnage Verbes directionnels : accord du verbe en utilisant des éléments de référence placés grammaticalement dans lespace (pronominalisation du verbe). Ex : « voir » : près des yeux du locuteur si parle à la première personne, dans un point de lespace si référence à un autre personnage 5 ans : lenfant comprend les règles daccord du verbe. 5 ans : lenfant comprend les règles daccord du verbe. 6 ans : lenfant accorde spatialement le verbe en utilisant lespace dexécution des signes comme référence. 6 ans : lenfant accorde spatialement le verbe en utilisant lespace dexécution des signes comme référence. Entre 5 et 6 ans : sur-généralisations erronées de certaines règles grammaticales sur des verbes invariables ou on directionnels Entre 5 et 6 ans : sur-généralisations erronées de certaines règles grammaticales sur des verbes invariables ou on directionnels En ASL ces règles sont décrites et formalisées mais pas en LSBF En ASL ces règles sont décrites et formalisées mais pas en LSBF

35 SYNTAXE B. Expression faciale (marqueur non manuel) Mimiques faciale pour accompagner les questions : Mimiques faciale pour accompagner les questions : Questions de type oui/non : rehaussement de sourcils. < 1,6 ans Questions de type oui/non : rehaussement de sourcils. < 1,6 ans Questions de type qui/quoi/comment/où : froncement de sourcils. Vers 3,6 ans. Questions de type qui/quoi/comment/où : froncement de sourcils. Vers 3,6 ans. Conditionnel : haussement de sourcils sur la partie de la phrase au conditionnel (ex: BOOK LOSE WILL ORDER OTHER ONE ). Vers 3,11 ans Conditionnel : haussement de sourcils sur la partie de la phrase au conditionnel (ex: BOOK LOSE WILL ORDER OTHER ONE ). Vers 3,11 ans Idem pour différencier 2 propositions Idem pour différencier 2 propositions Pas de test concernant lexpression faciale en LSBF Pas de test concernant lexpression faciale en LSBF

36 SYNTAXE C. Pointage référentiel Concerne le pointage réel et abstrait de personnes ou dobjets absents Concerne le pointage réel et abstrait de personnes ou dobjets absents Pointage référentiel linguistique : acquisition des pronoms personnels Pointage référentiel linguistique : acquisition des pronoms personnels Vers 9 mois : pointage non linguistique des objets/personnes Vers 9 mois : pointage non linguistique des objets/personnes Vers 18 mois : pointage correspondant à lutilisation des premiers pronoms (avec erreurs pour les réversibles) Vers 18 mois : pointage correspondant à lutilisation des premiers pronoms (avec erreurs pour les réversibles) Entre 2 ans et 2 ans ½ : début de lusage approprié des pronoms personnels Entre 2 ans et 2 ans ½ : début de lusage approprié des pronoms personnels Erreurs sur pronoms réversibles = évidences dune analyse nouvelle du geste, lenfant reconnaît lindex pointé comme un signe au sens linguistique du terme et non plus comme un référentiel concret. Erreurs sur pronoms réversibles = évidences dune analyse nouvelle du geste, lenfant reconnaît lindex pointé comme un signe au sens linguistique du terme et non plus comme un référentiel concret. Pas de test concernant les référents abstraits en LSBF Pas de test concernant les référents abstraits en LSBF

37 SYNTAXE PETITTO (1987) : Introduction 2 modèles de lacquisition du langage 2 modèles de lacquisition du langage A.« Interaction-based models » Le langage est dérivé de capacités cognitives générales plutôt que de capacités linguistiques spécifiques (Reilly et Greene, 1980) (basé sur Piaget) B.Child-based models » Le langage émerge de structure spécifiques au langage (Wexler et Culicover, 1980) (basé sur Chomsky)

38 SYNTAXE PETITTO (1987) : Introduction Réfutation de B Les connaissances sur le langage : via connaissances pré-linguistiques, rôle central des gestes pré linguistiques Réfutation de B Les connaissances sur le langage : via connaissances pré-linguistiques, rôle central des gestes pré linguistiques Bates et coll. (1983) : 13 mois : gestes avec objets en main = équivalent gestuel du mot, donc = gestes pré-linguistiques. Bates et coll. (1983) : 13 mois : gestes avec objets en main = équivalent gestuel du mot, donc = gestes pré-linguistiques. Clarck (1978) : Les mots déictiques émergent des gestes de pointage précoce dans une progression naturelle et continue. Clarck (1978) : Les mots déictiques émergent des gestes de pointage précoce dans une progression naturelle et continue.

39 SYNTAXE PETITTO (1987) : Obje ctif de létude But = acquérir des données afin de voir si lacquisition des structures linguistiques se fait en continuité à partir de structures non ou pré- linguistiques, OU si elle se fait en discontinuité, témoignant alors dune réorganisation des connaissances par rapport aux formes linguistiques dépendant de lémergence du système grammatical. But = acquérir des données afin de voir si lacquisition des structures linguistiques se fait en continuité à partir de structures non ou pré- linguistiques, OU si elle se fait en discontinuité, témoignant alors dune réorganisation des connaissances par rapport aux formes linguistiques dépendant de lémergence du système grammatical.

40 SYNTAXE PETITTO (1987) : Explications sur les pronoms Acquisition des pronoms en ASL Acquisition des pronoms en ASL Même organisation linguistique formelle que le LP: Même organisation linguistique formelle que le LP: Fonctions déictiques et lexicales Fonctions déictiques et lexicales Signification de « I » et « YOU » suivant lévénement raconté et suivant la personne qui parle Signification de « I » et « YOU » suivant lévénement raconté et suivant la personne qui parle Propriétés de référence instable aux contraires des mots Propriétés de référence instable aux contraires des mots Erreur de réversibilité Erreur de réversibilité Mais différences : Mais différences : Espace et mvt = moyen clé pour communiquer en LS, pas en LP, Espace et mvt = moyen clé pour communiquer en LS, pas en LP, unités de mvt et spatiales = morphèmes de LP unités de mvt et spatiales = morphèmes de LP En LP, relation mot référent est arbitraire, en LS il est non arbitraire En LP, relation mot référent est arbitraire, en LS il est non arbitraire

41 SYNTAXE PETITTO (1987) : Explications sur les pronoms Structures des pronoms personnel en ASL Structures des pronoms personnel en ASL ME: signé par le signeur en pointant directement sur sa poitrine ME: signé par le signeur en pointant directement sur sa poitrine YOU: signé en pointant vers la personne à qui on sadresse YOU: signé en pointant vers la personne à qui on sadresse Espace de signage délimité, à statut multimorphémique Espace de signage délimité, à statut multimorphémique 3 ème pronom : comme en LP, fonction anaphorique et déictique complexe 3 ème pronom : comme en LP, fonction anaphorique et déictique complexe Si qqun présent dans le contexte du discours : pointe vers lui Si qqun présent dans le contexte du discours : pointe vers lui Si référent absent, on pointe vers un locus spatial arbitraire (celui quoccupait la personne) Si référent absent, on pointe vers un locus spatial arbitraire (celui quoccupait la personne) En LS ( LP), les expressions déictiques (« this, there, that,… ») sont signées par pointage comme pour les pronoms personnels. En LS ( LP), les expressions déictiques (« this, there, that,… ») sont signées par pointage comme pour les pronoms personnels.

42 SYNTAXE PETITTO (1987) : Méthode Sujets Sujets 2 filles sourdes de naissance, Kate et Carla 2 filles sourdes de naissance, Kate et Carla ASL comme 1ere langue via parents sourds ASL comme 1ere langue via parents sourds Procédure Procédure Observation: vidéo de 12 X 1h, conversation libre à la maison ou en laboratoire avec les parents Observation: vidéo de 12 X 1h, conversation libre à la maison ou en laboratoire avec les parents Expérimentation: 3 tâches déludation de pronoms Expérimentation: 3 tâches déludation de pronoms A) Tache didentification dimages B) Tache Action C) Tache Hiding Box

43 SYNTAXE PETITTO (1987) : Résultats Période précoce : 6-12 mois Période précoce : 6-12 mois 1 ° : cpt de recherche et de grasping : 6-8 mois 1 ° : cpt de recherche et de grasping : 6-8 mois 2°: pointage vers gens/lieux/objets/événements : mois 2°: pointage vers gens/lieux/objets/événements : mois Pointage avec un bras tendu vers la personne ou lobjet avec les yeux fixés sur le regard de ladulte Pointage avec un bras tendu vers la personne ou lobjet avec les yeux fixés sur le regard de ladulte Même période que pour le LP Même période que pour le LP

44 SYNTAXE PETITTO (1987) : Résultats Période moyenne: mois Période moyenne: mois Pointage vers personnes cesse mais continue pour le pointage vers des objets/lieux/évènements. Pointage vers personnes cesse mais continue pour le pointage vers des objets/lieux/évènements. Phénomène pas du à un déficit cognitif ou de langage car celui-ci se développe normalement par rapport aux autres enfants sourds et entendants. Phénomène pas du à un déficit cognitif ou de langage car celui-ci se développe normalement par rapport aux autres enfants sourds et entendants. 1. nombre de signes produits seul nombre de combinaisons de signes 1. nombre de signes produits seul nombre de combinaisons de signes 2. nombre de signes et de combinaisons de signes avec le temps 3. MLU durant cette période

45 SYNTAXE PETITTO (1987) : Résultats Période moyenne (suite) Période moyenne (suite) Échec de pointage vers soi-même et les autres qui serait du à une inhabilité à reconnaître et à faire référence à soi-même et aux autres. Échec de pointage vers soi-même et les autres qui serait du à une inhabilité à reconnaître et à faire référence à soi-même et aux autres. Référence à soi-même et aux autres via noms propres (idem LP). Référence à soi-même et aux autres via noms propres (idem LP).

46 SYNTAXE PETITTO (1987) : Résultats Période derreur : mois Période derreur : mois Kate: Kate: 1er pronoms à 22 mois, connaissance instable de ceux-ci 1er pronoms à 22 mois, connaissance instable de ceux-ci Erreur inversion consistante: YOU=ME Erreur inversion consistante: YOU=ME Produit pas ME mais le comprend Produit pas ME mais le comprend Fait référence à elle-même avec le signe « girl » Fait référence à elle-même avec le signe « girl » Connaît pas le signe de son prénom (K) Connaît pas le signe de son prénom (K) Nutilise pas les 2 et 3ème pronoms mais fait référence à eux avec des noms propres Nutilise pas les 2 et 3ème pronoms mais fait référence à eux avec des noms propres Pointage déictique vers objets et endroits est sans erreurs Pointage déictique vers objets et endroits est sans erreurs

47 SYNTAXE PETITTO (1987) : Résultats Carla: Carla: 1er pronoms : 21 mois, connaissance instable de ceux-ci 1er pronoms : 21 mois, connaissance instable de ceux-ci Jargon approximatif de son nom jusquà 25 mois Jargon approximatif de son nom jusquà 25 mois 3types derreurs: 3types derreurs: 1)erreurs dinversions inconsistantes: inversions non systématiques de YOU et ME, comme pour les enfants entendants 2)erreur de référent à la 3ème personne: produit le 3ème pronom sans spécifier le référent 3)erreurs de pronoms possessifs: utilise MY et MINE à la place de ME et vice-versa, pareil pour YOU et YOUR => pas erreur sémantique mais confusion entre usage de pronoms personnels et possessifs (qd utiliser lun ou lautre) Usage correct des pronoms personnels: mois Usage correct des pronoms personnels: mois

48 SYNTAXE PETITTO (1987) : Discussion Pourquoi une fonction sélective du pointage disparaît? Pourquoi une fonction sélective du pointage disparaît? Explication possible dérivée des recherches sur lacquisition du sens des mots, de la morphologie et de la syntaxe Explication possible dérivée des recherches sur lacquisition du sens des mots, de la morphologie et de la syntaxe Slobin, 1973, 1982 et 1985: lenfant met plus de temps pour apprendre un mot dont les unités morphologiques ont une seule forme de surface et plusieurs significations sous-tendues que lorsquun mot à une seule forme de surface et une seule signification. Cest pourquoi, il déciderait déviter dutiliser ces formes tant quil ne maîtrise pas leurs composantes entièrement. Slobin, 1973, 1982 et 1985: lenfant met plus de temps pour apprendre un mot dont les unités morphologiques ont une seule forme de surface et plusieurs significations sous-tendues que lorsquun mot à une seule forme de surface et une seule signification. Cest pourquoi, il déciderait déviter dutiliser ces formes tant quil ne maîtrise pas leurs composantes entièrement.

49 SYNTAXE PETITTO (1987) : Discussion Pointage en ASL: forme de surface unique à significations complexes et ayant des fonctions grammaticales => difficile à maîtriser Pointage en ASL: forme de surface unique à significations complexes et ayant des fonctions grammaticales => difficile à maîtriser Pq éviter YOU et ME? Pq éviter YOU et ME? Pluri-fonctionnalité du pointage + complexité conceptuelle des référentiels pronominaux Pluri-fonctionnalité du pointage + complexité conceptuelle des référentiels pronominaux Lenfant préfère donc éviter YOU et ME en faveur ditems lexicaux plus simples, qui enlèvent toute ambiguïté Lenfant préfère donc éviter YOU et ME en faveur ditems lexicaux plus simples, qui enlèvent toute ambiguïté

50 SYNTAXE PETITTO (1987) : Discussion Pourquoi les enfants font-ils des erreurs de pronoms? Pourquoi les enfants font-ils des erreurs de pronoms? A) Hypothèse égocentrique A) Hypothèse égocentrique Pour Piaget (1955), les enfants échouent dans la distinction entre soi et lautre, avec comme conséquence quils sont incapables de tenir compte du point de vue de lauditeur dans une conversation. Pour Piaget (1955), les enfants échouent dans la distinction entre soi et lautre, avec comme conséquence quils sont incapables de tenir compte du point de vue de lauditeur dans une conversation. En ASL, apprendre des signes requière que lenfant soit capable deffectuer une transformation spatiale, cest-à-dire de produire en miroir ce quil voit, plutôt que la forme littérale. => cela présuppose que lenfant nest pas égocentrique En ASL, apprendre des signes requière que lenfant soit capable deffectuer une transformation spatiale, cest-à-dire de produire en miroir ce quil voit, plutôt que la forme littérale. => cela présuppose que lenfant nest pas égocentrique 2 faits additionnels contrecarrent lhypothèse égocentrique: 2 faits additionnels contrecarrent lhypothèse égocentrique: 1.si limpossibilité à changer de perspective est due à légocentrisme, on devrait observer des erreurs dinversions dans une large sortes ditems lexicaux, ce qui nest pas le cas (ici que inversion ME-YOU) 2.cette hypothèse ne peut expliquer la nature asymétrique de lerreur (signe YOU pour ME mais pas le contraire)

51 SYNTAXE PETITTO (1987) : Discussion B)Hypothèse alternative B)Hypothèse alternative Le signe YOU de Kate serait un signe lexical qui ne représenterai quelle Le signe YOU de Kate serait un signe lexical qui ne représenterai quelle Kate a donc sursymbolisé le You indexical, le traitant comme un item lexical « gelé » avec un référent stable: elle-même Kate a donc sursymbolisé le You indexical, le traitant comme un item lexical « gelé » avec un référent stable: elle-même Cependant, cette hypothèse ne peut être considérée comme vraie car dans des contextes où le YOU ne la représente pas, Kate comprend très bien sa signification Cependant, cette hypothèse ne peut être considérée comme vraie car dans des contextes où le YOU ne la représente pas, Kate comprend très bien sa signification

52 SYNTAXE PETITTO (1987) : Conclusions Acquisition des pronoms personnels chez les enfants sourds est similaire à celle des enfants entendants Acquisition des pronoms personnels chez les enfants sourds est similaire à celle des enfants entendants Évitement des pronoms personnels chez les enfants sourds = évidence de réorganisation des structures de connaissances de lenfant en développement, et de discontinuités entre systèmes linguistique et non linguistique (Karmiloff-Smith, 1986). Évitement des pronoms personnels chez les enfants sourds = évidence de réorganisation des structures de connaissances de lenfant en développement, et de discontinuités entre systèmes linguistique et non linguistique (Karmiloff-Smith, 1986). Les données montrent que lacquisition des connaissances grammaticales impliquent davantage de structures spécifiques au langage que de connaissances cognitives générales Les données montrent que lacquisition des connaissances grammaticales impliquent davantage de structures spécifiques au langage que de connaissances cognitives générales Les connaissances linguistiques ne sont pas simplement construites à partir de matériels non linguistiques. Les connaissances linguistiques ne sont pas simplement construites à partir de matériels non linguistiques. => le processus dacquisition du langage est discontinu par rapport à dautres formes de connaissances => le processus dacquisition du langage est discontinu par rapport à dautres formes de connaissances

53 SYNTAXE D. Classificateurs Classificateur = signe-pronoms utilisé en remplacement de signes désignant un objet, un animal ou une personne. Classificateur = signe-pronoms utilisé en remplacement de signes désignant un objet, un animal ou une personne. Maîtrise particulièrement tardive car dépend de lapplication de nombreuses règles morphosyntaxiques complexes : vers 8 ou 9 ans. Maîtrise particulièrement tardive car dépend de lapplication de nombreuses règles morphosyntaxiques complexes : vers 8 ou 9 ans. Cependant, pas phénomène de tt ou rien, certaines règles sont maîtrisées plus tôt que dautres. Cependant, pas phénomène de tt ou rien, certaines règles sont maîtrisées plus tôt que dautres. Domaine clé pour lévaluation des compétences individuelles en LS car permet de surveiller lémergence du traitement de règles morpho-phonologiques et morphosyntaxiques. Domaine clé pour lévaluation des compétences individuelles en LS car permet de surveiller lémergence du traitement de règles morpho-phonologiques et morphosyntaxiques.

54 Jalons dacquisition de compétences en langue des signes Production dun signe 8,5 mois Pointage concret non linguistique 10 mois Production de 10 signes isolés 13,2 mois Production de 2 signes consécutifs 17 mois Pointage concret linguistique vers soi (1ère personne) 20 mois Pointage concret linguistique vers dautres (2 et 3ème personne) 22 à 25 mois Questions oui/non (sourcils interrogateurs 1;6ans Premier appariement nom + verbe 2 à 2;11 ans Verbe de mouvement dans lespace 2;9ans

55 Jalons dacquisition de compétences en langue des signes Verbe de mouvement avec classificateur pour un objet incorporé 2;11 à 3;6ans Commentaire (négation de tête en association à la production dune phrase) 3ans Accord du verbe (radical+mvt+localisation) 3 à 3;6ans Appariement nom+verbe; utilisation de multiples paires 3 à3;11ans Utilisation de la répétition dun signe pour la marque de durée ou de fréquence 3 à 3;11ans Utilisation pronominale (classificateur) pour 2 tierces personnes 3;1 à 4;9mois Verbe de mouvement avec classificateur pour 2objets incorporés 3;4ans à 4;4ans Pointage référentiel abstrait de personnes ou dobjets non présents: une localisation 3;6ans

56 Jalons dacquisition de compétences en langue des signes Questions qui-quoi-où-quand-comment-pourquoi 3;6ans Récit à un rôle 3;6ans Marqueurs du conditionnel (si…alors) 3;11ans Distribution, action dun groupe de personnes (répétition du signe) 3;7 à 4;8ans Pointage référentiel abstrait de personnes ou dobjets non présents: plusieurs localisations 3;9 à 4;4ans Jeu de rôle, récit à plusieurs rôles 4;4ans Accord du verbe avec localisation abstraite 4;9ans Maîtrise complète des verbes de mouvement avec classificateurs incorporés 8-9ans

57 Conclusion Lévaluation des compétences en LS est actuellement encore difficile et les quelques études sur lacquisitions de la LS nont que rarement abouti à des tests standardisés dévaluation du niveau linguistique. Cependant, il serait intéressant davoir un outil danalyse, valide et normalisé, de la compétence linguistique en LS afin de pouvoir suivre, documenter et contrôler les progrès du développement de la LS des enfants sourds. Lévaluation des compétences en LS est actuellement encore difficile et les quelques études sur lacquisitions de la LS nont que rarement abouti à des tests standardisés dévaluation du niveau linguistique. Cependant, il serait intéressant davoir un outil danalyse, valide et normalisé, de la compétence linguistique en LS afin de pouvoir suivre, documenter et contrôler les progrès du développement de la LS des enfants sourds. On est à fortiori moins avancé en ce qui concerne la LSBF puisquelle est encore moins étudiée et actuellement encore mal identifiée dans son vocabulaire et ses règles grammaticales. Cependant, des études sont menées en ce moment par léquipe de PROFILS afin dapporter des éclaircissement sur la grammaire et le fonctionnement de la LSFB On est à fortiori moins avancé en ce qui concerne la LSBF puisquelle est encore moins étudiée et actuellement encore mal identifiée dans son vocabulaire et ses règles grammaticales. Cependant, des études sont menées en ce moment par léquipe de PROFILS afin dapporter des éclaircissement sur la grammaire et le fonctionnement de la LSFB


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