La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

Daniel Villaperla vous présente les Poèmes dis lors des tournois de bridge des « ANGES » 16/7 au 31/08/2007 Attendez que la musique de Mozart démarre.

Présentations similaires


Présentation au sujet: "Daniel Villaperla vous présente les Poèmes dis lors des tournois de bridge des « ANGES » 16/7 au 31/08/2007 Attendez que la musique de Mozart démarre."— Transcription de la présentation:

1

2 Daniel Villaperla vous présente les Poèmes dis lors des tournois de bridge des « ANGES » 16/7 au 31/08/2007 Attendez que la musique de Mozart démarre et prenez le temps dapprécier les textes poétiques que vous aimez dans cette sélection… Les diapositives changent au clic de la souris

3 Une mouette un matin me parla du destin Elle me montra des tours ressemblant à l'amour Elle m'indique la route, pourtant je me perdis J'avais oublié sans doute les grands bonheurs jolis. De me voir dépérir la mouette en prit ombrage Mais sans toi, sans mentir, je refaisais naufrage, La croisée des chemins, je devais faire un choix Que serais-je demain, un manant ou un roi ? Je te trouverai un jour, à l'ombre du chemin Et ton sourire ardent comme un pétale de rose Peindra des fresques aux murs de ma prison. Tu me prendras par le cœur et la main Et si jamais t'aimer toujours je n'ose Tu séduiras mon cœur par de douces chansons. Les chemins du temps Catherine Lange

4 La cigale et le poète Tristan CORBIERE Le poète ayant chanté, Déchanté, Vit sa Muse, presque bue, Rouler en bas de sa nue De carton, sur des lambeaux De papiers et d'oripeaux. Il alla coller sa mine Aux carreaux de sa voisine, Pour lui peindre ses regrets D'avoir fait - Oh : pas exprès ! - Son honteux monstre de livre !... - " Mais : vous étiez donc bien ivre ? - Ivre de vous !... Est-ce mal ? - Écrivain public banal ! Qui pouvait si bien le dire... Et, si bien ne pas l'écrire ! - J'y pensais, en revenant... On n'est pas parfait, Marcelle... - Oh ! c'est tout comme, dit-elle, Si vous chantiez, maintenant ! "

5 Il pleut, il pleut, bergère, Presse tes blancs moutons, Allons sous ma chaumière, Bergère, vite, allons. J'entends sur le feuillage L'eau qui tombe à grand bruit ; Voici, voici l'orage, Voici l'éclair qui luit. Bonsoir, bonsoir, ma mère, Ma sœur Anne, bonsoir ! J'amène ma bergère Près de nous pour ce soir. Va te sécher, ma mie, Auprès de nos tisons. Sœur, fais-lui compagnie ; Entrez, petits moutons. Soupons: prends cette chaise, Tu seras près de moi ; Ce flambeau de mélèze Brûlera devant toi : Goûte de ce laitage ; Mais tu ne manges pas ? Tu te sens de l'orage ; Il a lassé tes pas. Eh bien, voici ta couche ; Dors-y jusques au jour ; Laisse-moi sur ta bouche Prendre un baiser d'amour. Ne rougis pas, bergère : Ma mère et moi, demain, Nous irons chez ton père Lui demander ta main. Il pleut, il pleut, bergère Philippe FABRE D'EGLANTINE

6 Au cabaret-vert Arthur RIMBAUD Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines Aux cailloux des chemins. J'entrais à Charleroi. - Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines De beurre et du jambon qui fût à moitié froid. Bienheureux, j'allongeai les jambes sous la table Verte : je contemplai les sujets très naïfs De la tapisserie. - Et ce fut adorable, Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs, - Celle-là, ce n'est pas un baiser qui l'épeure ! Rieuse, m'apporta des tartines de beurre, Du jambon tiède, dans un plat colorié, Du jambon rose et blanc parfumé d'une gousse D'ail, - et m'emplit la chope immense, avec sa mousse Que dorait un rayon de soleil arriéré.

7 Aimons toujours ! Aimons encore ! Quand l'amour s'en va, l'espoir fuit. L'amour, c'est le cri de l'aurore, L'amour c'est l'hymne de la nuit. Ce que le flot dit aux rivages, Ce que le vent dit aux vieux monts, Ce que l'astre dit aux nuages, C'est le mot ineffable : Aimons ! L'amour fait songer, vivre et croire. Il a pour réchauffer le coeur, Un rayon de plus que la gloire, Et ce rayon c'est le bonheur ! Aime ! qu'on les loue ou les blâme, Toujours les grand coeurs aimeront : Joins cette jeunesse de l'âme A la jeunesse de ton front ! Aime, afin de charmer tes heures ! Afin qu'on voie en tes beaux yeux Des voluptés intérieures Le sourire mystérieux ! Aimons-nous toujours davantage ! Unissons-nous mieux chaque jour. Les arbres croissent en feuillage ; Que notre âme croisse en amour ! Soyons le miroir et l'image ! Soyons la fleur et le parfum ! Les amants, qui, seuls sous l'ombrage, Se sentent deux et ne sont qu'un ! Les poètes cherchent les belles. La femme, ange aux chastes faveurs, Aime à rafraîchir sous ses ailes Ces grand fronts brûlants et réveurs. Venez à nous, beautés touchantes ! Viens à moi, toi, mon bien, ma loi ! Ange ! viens à moi quand tu chantes, Et, quand tu pleures, viens à moi ! Nous seuls comprenons vos extases. Car notre esprit n'est point moqueur ; Car les poètes sont les vases Où les femmes versent leur coeurs. Moi qui ne cherche dans ce monde Que la seule réalité, Moi qui laisse fuir comme l'onde Tout ce qui n'est que vanité, Je préfère aux biens dont s'enivre L'orgueil du soldat ou du roi, L'ombre que tu fais sur mon livre Quand ton front se penche sur moi. Toute ambition allumée Dans notre esprit, brasier subtil, Tombe en cendre ou vole en fumée, Et l'on se dit : " Qu'en reste-t-il ? " Tout plaisir, fleur à peine éclose Dans notre avril sombre et terni, S'effeuille et meurt, lis, myrte ou rose, Et l'on se dit : " C'est donc fini ! " L'amour seul reste. O noble femme Si tu veux dans ce vil séjour, Garder ta foi, garder ton âme, Garder ton Dieu, garde l'amour ! Conserve en ton coeur, sans rien craindre, Dusses-tu pleurer et souffrir, La flamme qui ne peut s'éteindre Et la fleur qui ne peut mourir ! Victor HUGO

8 Impalpables résonances, tes paroles me caressent comme l'écume de la mer, me plongeant dans l'ivresse, leurs bulles translucides déposées sur ma peau la désaltèrent et la calment autant qu'une amoureuse étreinte. La nuit les porte au loin en les dissipant dans l'éther pour me les rendre le soir suivant. C'est une douce musique que j'accueille en tremblant mais ailleurs elles s'envolent à la manière de papillons que je poursuis de mon cri. Jennifer

9 Lettre Tu mas dit si tu mécris Ne tape pas tout à la machine Ajoute une ligne de ta main Un mot un rien oh pas grandchose Oui oui oui oui oui oui oui oui Ma Remington est belle pourtant Je laime beaucoup et travaille bien Mon écriture est nette et claire On voit très bien que cest moi qui lai tapée Il y a des blancs que je suis seul à savoir faire Vois donc loeil qua ma page Pourtant pour te faire plaisir jajoute à lencre Deux trois mots Et une grosse tache dencre Pour que tu ne puisses pas les lire Blaise Cendrars

10 Théophile Gautier Carmen Carmen est maigre, un trait de bistre Cerne son œil de gitane. Ses cheveux sont dun noir sinistre, Sa peau, le diable la tanna. Les femmes disent quelle est laide, Mais tous les hommes en sont fous : Et larchevêque de Tolède Chante la messe à ses genoux ; Car sur sa nuque dambre fauve Se tord un énorme chignon Qui, dénoué, fait dans lalcôve Une mante à son corps mignon. Et, parmi sa pâleur, éclate Une bouche aux rires vainqueurs ; Piment rouge, fleur écarlate, Qui prend sa pourpre au sang des cœurs. Ainsi faite, la moricaude Bat les plus altières beautés, Et de ses yeux la lueur chaude Rend la flamme aux satiétés. Elle a, dans sa laideur piquante, Un grain de sel de cette mer Doù jaillit, nue et provocante, Lâcre Vénus du gouffre amer

11 Piédestal de mon âme Julien Saolinc Sur le piédestal de mon âme La place était vacante & tu t'y es installée Avec ta beauté éloquente Tes talons aiguilles Scintillent & transpercent mon cœur De sillons de bonheur...

12 Fantaisie Gérard de NERVAL Il est un air pour qui je donnerais Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber, Un air très-vieux, languissant et funèbre, Qui pour moi seul a des charmes secrets. Or, chaque fois que je viens à l'entendre, De deux cents ans mon âme rajeunit : C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre Un coteau vert, que le couchant jaunit, Puis un château de brique à coins de pierre, Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs, Ceint de grands parcs, avec une rivière Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ; Puis une dame, à sa haute fenêtre, Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens, Que dans une autre existence peut-être, J'ai déjà vue... et dont je me souviens !

13 Quitte à faire frémir Malherbe dans sa tombe, Ou de persécuter les mânes de Boileau, Je veux, lorsque ma muse à sépancher succombe, Mes vers ne sentent pas leffluve du tombeau. Venant plus de cent ans après les romantiques, Poètes nous devons poursuivre laventure, Tout au long de nos vers transmettre les musiques, Vibrer avec le temps, chanter notre nature. Pourquoi donc enchaîner nos idées dans des fers, Qui siècle après siècle sont tellement rouillés, Quun troubadour a pu, oui mais cétait Prévert, Atteindre des sommets, sen étant dépouillé. Sans prétendre vouloir le suivre pas à pas, Conservant la cadence en écartant la rime, Contre Rapp et Techno menant lart au trépas, Repoussons de nos vers tout ce qui les opprime. Laissons notre pensée courir en liberté, Aller sur les chemins des plus grands sentiments, De peindre notre temps faisons notre fierté, Et laissons au passé ses interdits charmants. Seul si un beau matin fleurit sous mon bonnet, Je ne sais quel rondeau, ballade ou bien sonnet, Pour le respect des Grands, je resterai conforme, Ma plume bien guidée respectera la forme. Mis à par ce cas là, quimporte quon me dise, Classique ou libéré, stoïcien, parnassien, A nulle Académie mon œuvre nest promise, Déesse Poésie reconnaîtra les siens, En toute liberté je veux laisser ma Muse, Tracer sur le papier la musique des mots, Et pourvu quà ce jeu, la coquine samuse, Lalternance sera vaine et les hiatus beaux. En toute liberté René Domenget

14 Pour toi, arrivé silencieux à ma porte, j'ai préparé un chemin de paroles de lumière qui te guidera dans le noir Pour toi, qui m'offres des brins de douceur, je raconterai des contes de fées dérobés au passé et enchanterai ta journée Pour toi, qui chantes mes pauvres vers et les cisèles comme de l'or pur, j'ai préparé de délicates pensées que je tiens serrées dans mon poing. Agrodolce

15 Croyance Daniele Linard Vivre de t'aimer, n'est jamais insensé. Ô, homme de foi, de rigueur et de loi; Juge, par toi-même, les effets du méfait, Il n'est rien de plus limpide que de t'aimer Toi! Croire, qu'un jour prochain nous réunira, Ô, homme de cœur, de bien et de ferveur; Délivres-toi des chaînes qui te privent de moi, Il n'est rien de plus doux que la liberté du cœur... Composer notre vie sur des notes de manquement; Ô, homme de liens, d'esprit et de câlins, Joue de tous tes sens, fort de tant de sentiments Il n'est rien de plus beau que la danse de tes mains! Savourer de mille doigts l'être de son être, Ô, homme averti des méandres de la vie, Goûte, impudique, cette peau de miel offerte Il n'est rien de plus sot que de ne pas m'aimer ainsi.

16 La vérité, toute nue, Sortit un jour de son puits. Ses attraits par le temps étaient un peu détruits ; Jeune et vieux fuyaient à sa vue. La pauvre vérité restait là morfondue, Sans trouver un asile où pouvoir habiter. A ses yeux vient se présenter La fable, richement vêtue, Portant plumes et diamants, La plupart faux, mais très brillants. Eh ! Vous voilà ! Bon jour, dit-elle : Que faites-vous ici seule sur un chemin ? La vérité répond : vous le voyez, je gêle ; Aux passants je demande en vain De me donner une retraite, Je leur fais peur à tous : hélas ! Je le vois bien, Vieille femme n'obtient plus rien. Vous êtes pourtant ma cadette, Dit la fable, et, sans vanité, Partout je suis fort bien reçue : Mais aussi, dame vérité, Pourquoi vous montrer toute nue ? Cela n'est pas adroit : tenez, arrangeons-nous ; Qu'un même intérêt nous rassemble : Venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble. Chez le sage, à cause de vous, Je ne serai point rebutée ; A cause de moi, chez les fous Vous ne serez point maltraitée : Servant, par ce moyen, chacun selon son goût, Grâce à votre raison, et grâce à ma folie, Vous verrez, ma soeur, que partout Nous passerons de compagnie. La fable et la vérité Jean-Pierre Claris de FLORIAN

17 Si j'avais mangé - seule - Dans mon superbe jardin - seule - J'aurais écrit des poèmes - seule - Sur les carottes Et sur les petits pois - parfaits - Sur les roses et la lavande - belles - Qui poussaient chez moi Je suis allée manger - ailleurs - Chez toi Et j'ai écrit sur toi Bernadette Bodson-Mary

18 Un ciel couleur dorage assombrit le jardin. La dernière jonquille est morte ce matin. Toute vie a quitté son beau calice dor. Une jacinthe bleue auprès delle sendort. Le narcisse orgueilleux, ivre de sa beauté Ne verra pas demain, na jamais vu lété. Liris le muscari, la frêle pâquerette, Le crocus, la pensée, la tendre violette Naccompagneront plus nos douces rêveries. La tulipe se meurt, lanémone est flétrie. Le lilas dépérit, le seringat aussi, Et pour la primevère, il nest pas de sursis. La pivoine, aujourdhui, ne séveillera pas, Le printemps finissant la conduit au trépas. Et puis, soudainement, le détour dune allée Offre alors la splendeur dun buisson dazalées, Le velours somptueux du noble dahlia, Létincelant émail du frais bégonia. Et puis viendront larum et lœillet de poète, La rose, le lupin et le pied dalouette, Laster exubérant, la sauvage glycine, Le lent volubilis, la fraîche capucine. Cest superbe, un jardin. Au printemps, en été, Cest un havre de paix, un monde de beauté. Cest le plaisir des yeux, la jeunesse du cœur, Un message damour, un rêve de bonheur. Cest au fil des saisons le miracle attendu, Qui nous fait retrouver le paradis perdu. Eden Renée Jeanne Mignard

19 Lheure bleue Johale La flèche est décochée. Elle se fige en vibrant entre lombre et le jour, Une flèche pointue du coq des alentours Annonce aux diurnes de fin des heures troublées. Cest la pointe du clair, cest la queue de la nuit. Léclipse du matin, majestueuse scène De lumière en filets mêlée aux corps débène. Fine aiguille du temps où lœil de laube luit Dans un éclair bleuté. Et de ses cils dégouttent Des perles de fraîcheur ruisselant de rosée Que boivent les étoiles aux rayons éreintés. Puis elles replongeront dans leur sofa de voûte Et laisseront la place au carrosse éclatant Du prince aux cent chevaux dont les flammes crinières Lècheront le chant pur des oiseaux aurifères. Leur aile de ramage éveillera, charmant, Dune plume enchantée la nature princesse La belle aux bois dormants qui attend le baiser De laurore timide aux yeux encore ombrés Par léclat de la nuit aux si douces caresses.

20 Le monde est vide au bout de la nuit le monde est vide quand on ferme les yeux pour mieux bercer l'ennui le monde est vide comme une vie sèche au bout de la vie le monde est plein quand la mer berce le soleil entre ses vagues le monde est plein quand mes yeux cultivent des fleurs dans vos regards illuminés le monde est plein quand on s'endort sur le vide quand la vie respire la vie à plein nez Gertrude Millaire

21 Baise m'encor, rebaise-moi et baise Louise LABÉ Baise m'encor, rebaise-moi et baise ; Donne m'en un de tes plus savoureux, Donne m'en un de tes plus amoureux : Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise. Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j'apaise, En t'en donnant dix autres doucereux. Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux, Jouissons-nous l'un de l'autre à notre aise. Lors double vie à chacun en suivra. Chacun en soi et son ami vivra. Permets m'Amour penser quelque folie : Toujours suis mal, vivant discrètement, Et ne me puis donner contentement Si hors de moi ne fais quelque saillie.

22 Éclaircie Richard Guillermic Tu es venue comme un rayon de soleil. Je broyais du noir et j'étais pessimiste. J'étais amer, tu m'as fait goûter le miel : Et je constate que ma vie n'est plus triste... Égoïste, je ne pensais qu'à mon sort, Je croyais que j'avais gâché ma jeunesse, Tu es venue et je reconnais mes torts, Mais surtout, n'abuse pas de ma faiblesse. J'avais froid mais tu m'as réchauffé le cœur, J'avais peur, tu m'as redonné l'espérance, Je pleurais, et tu as su sécher mes pleurs, Tu m'as apporté la joie, la confiance. Nola

23 C'est à bouche fermée qu'on chante les berceuses c'est à lèvres cousues qu'on endort les chagrins derrière les paupières hermétiquement closes il n'y a pas de larme aucune soif ni faim rien que le grand silence dans le calme d'après où l'on n'a jamais mal où l'on ne sent plus rien et où l'on peut dormir en attendant la fin c'est à bouche fermée qu'on chante les berceuses c'est à lèvres cousues qu'on endort les chagrins dormir jusqu'au matin reposer dans tes mains Colette Haddad

24 Je vous offre des mots. Bouquets de mots. Des pétales de syllabes. Des pistils de sens. Pour poser sur la table. Respirer leur essence. Je vous offre des mots. Bouquets de mots. Brassées de synonymes. En corolles de messages. Chuchotis anonymes. Pour oreilles trop sages. Je vous offre des mots. Bouquets de mots. Des soleils éclatants. Aux rayons parfumés. Locutions de printemps. Aux paroles colorées. Je vous offre des mots. Bouquets de mots. De timides silences. Entrecoupés de fleurs. Où les papillons lancent. Des phrasées de mots cœurs. Je vous offre des mots. Bouquets de mots. Qui font venir souvent. Le sourire à vos lèvres. Comme leffluve sous le vent. Dune rose de fièvre. LES BOUQUETS DE MOTS Loquinet

25 Promenade à seize ans La terre souriait au ciel bleu. L'herbe verte De gouttes de rosée était encor couverte. Tout chantait par le monde ainsi que dans mon coeur. Caché dans un buisson, quelque merle moqueur Sifflait. Me raillait-il ? Moi, je n'y songeais guère. Nos parents querellaient, car ils étaient en guerre Du matin jusqu'au soir, je ne sais plus pourquoi. Elle cueillait des fleurs, et marchait près de moi. Je gravis une pente et m'assis sur la mousse A ses pieds. Devant nous une colline rousse Fuyait sous le soleil jusques à l'horizon. Elle dit : "Voyez donc ce mont, et ce gazon Jauni, cette ravine au voyageur rebelle !" Pour moi je ne vis rien, sinon qu'elle était belle. Alors elle chanta. Combien j'aimais sa voix ! Il fallut revenir et traverser le bois. Un jeune orme tombé barrait toute la route ; J'accourus ; je le tins en l'air comme une voûte Et, le front couronné du dôme verdoyant, La belle enfant passa sous l'arbre en souriant. Émus de nous sentir côte à côte, et timides, Nous regardions nos pieds et les herbes humides. Les champs autour de nous étaient silencieux. Parfois, sans me parler, elle levait les yeux ; Alors il me semblait (je me trompe peut-être) Que dans nos jeunes coeurs nos regards faisaient naître Beaucoup d'autres pensers, et qu'ils causaient tout bas Bien mieux que nous, disant ce que nous n'osions pas. Promenade à seize ans Guy de MAUPASSANT

26 Nuit de vie Rickways Emplit de béatitude, il s'endormit. Avec un léger sourire au coin des lèvres, Qui lui rappelait cette douce et tendre nuit A laquelle s'était mêlé son plus beau rêv' De doux baisers et chaudes caresses envoutées Nous avaient conduits à l'ivresse ensorcelée. Qui vous fait sans contrôle oublier le passé, Le présent, le futur, se laissant emporter.

27 Je voudrais que la nuit d'un soupir léger allège mon chemin. Dans la hâte des jours j'ai usé mes chaussures et je traîne maintenant mon poussiéreux fardeau. Sur mes épaules les morsures de longs étés et dans les yeux les égratignures du soleil. Je n'ai pas attendu les gouttes de rosée pour apaiser ma soif et le désir de tes baisers. Je poursuis ma route à longues enjambées, en invoquant la lune. Agrodolce

28 Ma bohème Rimbaud Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ; Mon paletot aussi devenait idéal ; J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ; Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées ! Mon unique culotte avait un large trou. - Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. - Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ; Où, rimant au milieu des ombres fantastiques, Comme des lyres, je tirais les élastiques De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

29 DEPOUILLE D'AMOUR Rodes Je reste là mais suis parti, Vidé de toi, lassé de tout, Cherchant ta plainte dans le vent, Léchant la pluie, nourri de rien. Comme un vieux chêne aux raides bras, Je bois la terre, brune et basse, Mort éternel, privé de ciel, Pauvre lépreux dans le matin.. Tu es partie, je t'ai perdue Comme un flambeau dans l'océan Mais dans les rêves sans espoirs, La mer est calme et le vent doux.

30 Déjà la nuit en son parc amassait Joachim DU BELLAY Déjà la nuit en son parc amassait Un grand troupeau d'étoiles vagabondes, Et, pour entrer aux cavernes profondes, Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait ; Déjà le ciel aux Indes rougissait, Et l'aube encor de ses tresses tant blondes Faisant grêler mille perlettes rondes, De ses trésors les prés enrichissait : Quand d'occident, comme une étoile vive, Je vis sortir dessus ta verte rive, O fleuve mien ! une nymphe en riant. Alors, voyant cette nouvelle Aurore, Le jour honteux d'un double teint colore Et l'Angevin et l'indique orient.

31 Toi & Moi Stephanie Pitino Nouveau soir de désespoir Nuit de tristesse sans ton regard Et pourtant tu es là, dans mon cœur Le ciel pleure et cherche le bonheur Compter les pierres qui nous sépares... Ou bien compter les secondes, la même histoire... Je n'ai jamais aimé de cette façon Car vois-tu je t'aime de toutes les façons Tu es le moteur des mes envies Tu es mon âme sœur, ma vie Je ne t'ai encore jamais vu Mais vois-tu j'ai des envies de folies Pour toi je laisserai tout tomber Pour toi je réaliserai des contes de fées Où nous seront tout deux modérateurs Vois-tu, nos âmes réunirons nos cœurs A nous le ciel, la mer, la terre ! Nous construirons notre propre univers Car vois-tu mon amour "Je t'aime" sera notre emblème

32 La Géante Du temps que la Nature en sa verve puissante Concevait chaque jour des enfants monstrueux, J'eusse aimé vivre auprès d'une jeune géante, Comme aux pieds d'une reine un chat voluptueux. J'eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme Et grandir librement dans ses terribles jeux; Deviner si son coeur couve une sombre flamme Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux; Parcourir à loisir ses magnifiques formes; Ramper sur le versant de ses genoux énormes, Et parfois en été, quand les soleils malsains, Lasse, la font s'étendre à travers la campagne, Dormir nonchalamment à l'ombre de ses seins, Comme un hameau paisible au pied d'une montagne. Charles Baudelaire

33 Belle Jacques Prévert Béni de Dieu, déni du diable Incapable d'être coupable Tu es belle Indéniable. Tu es belle comme la mer et la Terre Avant la prolifération humaine. Et pourtant tu es femme. Tu es belle comme le vent qu'on ne peut voir Belle comme le matin et le soir. Tu es belle et tu n'es pas la seule Tu es belle entre les belles, mais dans la ribambelle des belles, tu n'es pas l'étoile. Tu es l'une d'elles La mienne Et pourtant tu ne m'appartiens pas Mais tu es la seule île déserte où je pourrais vivre avec toi.

34 Soleil couchant José-Maria de HEREDIA Les ajoncs éclatants, parure du granit, Dorent l'âpre sommet que le couchant allume ; Au loin, brillante encor par sa barre d'écume, La mer sans fin commence où la terre finit. A mes pieds c'est la nuit, le silence. Le nid Se tait, l'homme est rentré sous le chaume qui fume. Seul, l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume, A la vaste rumeur de l'Océan s'unit. Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes, Des landes, des ravins, montent des voix lointaines De pâtres attardés ramenant le bétail. L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre, Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre, Ferme les branches d'or de son rouge éventail.

35 L'autodafé Christian Pequeux J'ai posé mes poèmes en rond autour de moi puis j'y ai mis le feu parce qu'elle n'est plus là et je reste au milieu de mon amour qui brûle dans cet autodafé ou mon cœur capitule. Sur le cercle sacré tout brûle autour de moi je suis paralysé, je suis triste, je suis las comme le scorpion damné qui affûte son dard et qui dans la fournaise guette un quelconque espoir. J'ai brûlé mes poèmes car ma muse est partie le charme s'est rompu, j'ai perdu la partie. Mais si le noir démon décide son trépas du fond de ma misère je ne l'imiterai pas. Car je sais que demain un autre jour viendra, la cendre des poèmes volera jusqu'à toi, toi qui voudras savoir comment on dit je t'aime toi qui viendras chez moi pour commuer ma peine

36 Rococo japonais Joris Karl Huysmans Ô toi dont l'oeil est noir, les tresses noires, les chairs blondes, écoute-moi, ô ma folâtre louve ! J'aime tes yeux fantasques, tes yeux qui se retroussent sur les tempes ; j'aime ta bouche rouge comme une baie de sorbier, tes joues rondes et jaunes ; j'aime tes pieds tors, ta gorge roide, tes grands ongles lancéolés, brillants comme des valves de nacre. J'aime, ô mignarde louve, ton énervant nonchaloir, ton sourire alangui, ton attitude indolente, tes gestes mièvres. J'aime, ô louve câline, les miaulements de ta voix, j'aime ses tons ululants et rauques, mais j'aime par-dessus tout, j'aime à en mourir, ton nez, ton petit nez qui s'échappe des vagues de ta chevelure, comme une rose jaune éclose dans un feuillage noir.

37 Tu ne t'es même pas rendu compte combien j'étais contente d'entendre ta voix à toi quand tu m'as appelée tu cherchais à me blesser dans ton désespoir tu ne voulais rien savoir ni ce que je pensais ni ce que j'éprouvais Ta seule question était si j'allais te tromper. Je suis restée là vraiment coite n'osant pas respirer à un pas de pleurer ne croyant pas que c'était à moi que tu parlais là. Je ne vais pas te mentir seulement pour te dire que je te donne une garantie sur moi pour la vie même pas si tu crèves de jalousie. Si ce que je peux te donner n'est vraiment pas assez, tu peux te casser. Jalousie Nathalie Feld

38 Quelque chose de magique entre nous A chaque fois que tu touches ma joue Et quavec mon regard tu joues En moi se dégagent des sentiments très doux Quelque chose de si rassurant avec toi Quand tu me serres fort dans tes bras Je me sens protégée contre toi Je me calme au son de ta voix Quelque chose dindéfinissable en moi Qui mattire toujours chez toi Son nom, je ne le connais pas Et cest peut-être mieux comme ça Une grande complicité derrière nous Un avenir à conquérir devant nous Et que ce soit aujourdhui ou demain Je serai toujours à tes côtés, cest certain... Quelque chose entre nous... De petit, de grand, De fragile et de fort Qui nous unit dans le temps ; Et même quand je mendors Il ne meurt pas et ressuscite tout... Claire

39 Fête galante Verlaine Les hauts talons luttaient avec les longues jupes, En sorte que, selon le terrain et le vent, Parfois luisaient des bas de jambes, trop souvent Interceptés! - et nous aimions ce jeu de dupes. Parfois aussi le dard d'un insecte jaloux Inquiétait le col des belles sous les branches, Et c'étaient des éclairs soudains de nuques blanches, Et ce régal comblait nos jeunes yeux de fous. Le soir tombait, un soir équivoque d'automne: Les belles, se pendant rêveuses à nos bras, Dirent alors des mots si spécieux, tout bas, Que notre raison, depuis ce temps, tremble et s'étonne.

40 Que reste-il LUCE Que reste-il des jours où la douce lumière Éclairait la nature et ses boisés prospères Sur le même sentier, feuillages rougissants Recouvrent les vallons où j'allais en flânant Et parlant aux ruisseaux, assise en solitaire Pour leur dire à jamais de ma berge de terre Que d'un feu si brûlant je t'aimais pour toujours Que mon cour et mon corps te voulaient tour à tour. Et de tous nos amours cachés dans la bruyère Sous les nuages flous de la voûte d'antan Nos vieux corps à cette heure n'ont d'allure si fière Qu'en nos jeunes années, qu'en nos naïfs printemps Mais nos lignes de mains en duo s'entrelacent Du passé, reste encor de s'aimer tendrement.

41 À celle que j'aime Nérée Beauchemin Dans ta mémoire immortelle, Comme dans le reposoir D'une divine chapelle, Pour celui qui t'est fidèle, Garde l'amour et l'espoir. Garde l'amour qui m'enivre, L'amour qui nous fait rêver; Garde l'espoir qui fait vivre; Garde la foi qui délivre, La foi qui nous doit sauver. L'espoir, c'est de la lumière, L'amour, c'est une liqueur, Et la foi, c'est la prière. Mets ces trésors, ma très chère, Au plus profond de ton cœur.

42 Simple promenade Arthur de Bussières Sous le ciel empourpré de son pays natal, Belle en son fin sourire, et de pose charmante, Elle allait vers les prés où l'iris et la menthe Mariaient leur fraîcheur aux parfums du santal. Sur sa gorge brûlait la perle ou le métal, En des feux aussi doux que sa grande âme aimante; Et les rayons mordants de son regard d'amante Se perdaient dans l'azur du vague oriental. Mais la brise rieuse épanchait dans ses tresses Le souffle parfumé de ses chaudes caresses Et tordait les duvets de son rose éventail; Puis, lasse de marcher, la blanche demoiselle, Dans le soir qui dorait les marbres du portail, Sentit battre son cœur et pénétra chez elle.

43 Musique de Mozart : Romance du Concerto pour piano et orchestre N°20 K.466 Poèmes et photos Internet Daniel Août 2007 Ce diaporama poèmes n°19 est strictement privé. Il est à usage non commercial.


Télécharger ppt "Daniel Villaperla vous présente les Poèmes dis lors des tournois de bridge des « ANGES » 16/7 au 31/08/2007 Attendez que la musique de Mozart démarre."

Présentations similaires


Annonces Google