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La parenté La plupart des illustrations ont été crées par Brian Schwimmer, University of Manitoba, ©1995- 2003, et sont utilisées avec permission. Certaines.

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1 La parenté La plupart des illustrations ont été crées par Brian Schwimmer, University of Manitoba, © , et sont utilisées avec permission. Certaines ont été modifiées; les commentaires ne sont pas de M. Schwimmer. (http://umanitoba.ca/faculties/arts/anthropology/tutor/index.html) Guy Lanoue, Université de Montréal, 2011

2 Les familles et la famille ne sont pas des phénomènes universels. Lanthropologie a développé une obsession avec la parenté, car le fonctionnalisme, le structuro- fonctionnalisme et même le structuralisme ont soutenu, d'une façon ou d'une autre, que la parenté chez les peuples non occidentaux peut définir des structures émotives, psychiques, et institutionnelles qui jouent des rôles actifs et contraignants dans lencadrement du quotidien et dans la reproduction sociale, rôle joué « chez nous » par des institutions attachées aux idéologies et aux systèmes juridiques (censés être des incarnations dun éthos plus avancé, puisquelles sont détachées des contingences de la parenté). Lexemple mieux connu est la société acéphale, mais structurée selon la logique patroclanique, les Nuer du Sudan. Une chose est certaine: la famille est polysémique. Par exemple, on a parfois noté le paradoxe où le discours public des sociétés nord- américaines semble obsédé par la famille, qui serait lantithèse de valeurs nord-américaines qui favorisent lindividualisme capitaliste.

3 Cependant, « la famille » nest quun mot. Elle peut se comprendre en plusieurs sens: famille nucléaire, étendue, souche, ou comme un idée qui fonctionne de métaphore pour le passé et pour lencadrement social: la famille « dorigine » (quand on se marie, quand on émigre) est aussi une métaphore pour la tradition, pour lenracinement, pour la résistance aux vicissitudes et aux contingences des forces du marché mondial. Aujourdhui, elle semble, en Amérique du Nord, avoir acquis dautres couches de signification, avec lémergence de ce que plusieurs appellent la néo- parenté: adoptions (légales ou non), familles recomposées, la gestation pour les tiers (surrogacy). Les familles recomposées sont tellement répandues que le bureau de recensement américain a cessé denquêter sur ce phénomène après Même les statistiques fournies par Wikipedia (souvent douteuses sur le plan méthodologique, mais néanmoins indicatives: f-4) estiment que 30% des enfants américains sont élevés dans les familles recomposées, et que 50% vivent avec un seul parent biologique et le ou la conjoint(e). Cette complexité des rapports, surtout dans une culture nationale qui est marquée par une forte tendance à invoquer la nature et la biologie comme source de légitimité, transforme la famille en mini- univers, une métaphore pour la complexité et les forces occultées et surtout lointaines du système mondial. Il nest donc pas surprenant que « la famille » comme catégorie soit souvent invoquée et quelle devienne un outil à penser. f-4

4 Abréviations pour les termes de parenté (en anglais, le standard) B. Schwimmer M = mère; P = père; Z = sœur; D = fille; S = fils; B = frère

5 Lorganigramme dun système linéaire, indiquant les lignes de filiation et lorganisation des catégories selon une logique totémique

6 La parenté bilatérale (la parentèle bilatérale et égocentrique) B. Schwimmer

7 Parentèles égocentriques dans un système bilatéral = membres de la parentèle d'Égo = membres de la parentèle de l'Autre (Alter) = personnes qui appartiennent aux deux parentèles B. Schwimmer

8 Parenté matrilatérale et parenté patrilatérale Parenté patrilatérale Parenté matrilatérale B. Schwimmer

9 Parenté matrilinéaire et patrilinéaire = parenté patrilinéaire = parenté matrilinéaire = parenté croisée (tracée par des paires de sexe opposé) B. Schwimmer

10 Filiation (« descendance ») patrilinéaire, Égo féminin B. Schwimmer

11 Filiation patrilinéaire, Égo masculin B. Schwimmer

12 Filiation matrilinéaire, Égo féminin B. Schwimmer

13 Filiation matrilinéaire, Égo masculin B. Schwimmer

14 Parenté linéaire et parenté collatérale Parenté linéaire – ancêtres ou descendants (Bleu foncé) Parenté collatérale – branches apparentées aux paires (Bleu pâle) de la parenté linéaire B. Schwimmer

15 Degré de consanguinité, calcul selon le système canonique Selon le système canonique, le degré de parenté est calculé selon le nombre plus grand de liens entre Égo et l'Autre et leur ancêtre partagé. Dans ce cas, Ego compte 4 liens, Alter 3, donc le degré de séparation est 4, autrement dit, 4 degrés de consanguinité. B. Schwimmer

16 Degrés de consanguinité, système canonique B. Schwimmer Selon le système canonique, chaque degré de séparation indique un autre degré de parenté; ce système était utilisé par les Romains, et donc et devenu « canonique » grâce à linfluence de lÉglise catholique.

17 Degré de consanguinité, système collatéral Le degré de consanguinité est calculé comme le nombre plus petit de liens entre Égo et l'autre à l'ancêtre partagé. Ici, Ego identifie 4 degrés et l'Autre seulement 3, donc le degré de consanguinité est 3 (3 degrés de distance). Ce système était utilisé par les peuples germaniques, et est devenu la base de la parenté européenne. B. Schwimmer

18 Degré de consanguinité, système collatéral B. Schwimmer

19 Degré de consanguinité selon le système civil Le degré de consanguinité est calculé en additionnant les degrés séparant Ego et l'Autre de l'ancêtre partagé. Dans ce cas, Ego est à 4 degrés, l'Autre à 3, et donc ils sont séparés par 7 degrés de consanguinité B. Schwimmer Ancêtre partagé

20 Cousins croisés et cousins parallèles, matri- et patrilatéraux B. Schwimmer Dans la notation standard, cousin parallèle = //, cousin croisé = X

21 Système de parenté crow B. Schwimmer Les définitions formelles de ce système, et des autres qui suivent sont moins importantes aujourdhui (mais elles se trouvent dans la leçon La Parenté), car elles datent dune époque où les anthropologues classaient les sociétés tribales selon les termes utilisés pour définir les cousins. Ils avaient noté que certaines formes de mariage et de la résidence après le mariage étaient statistiquement liés à ces distinctions, et donc ils tentaient de trouver des régularités formelles pour mieux comprendre la « structure » des rapports sociaux et, souvent, pour comprendre la façon dont cette structure était liée à la dimension économique et aux rapports avec les voisins. P.e., classer les cousins croisés avec une appellation distincte de celle utilisée pour les cousins parallèles peut suggérer, selon cette logique, que les personnes définissent le mariage idéal comme lunion dégo et dun(e) tel(le) cousin(e); donc elles aiment mieux une forme dendogamie (mariage local, sur le plan social et possiblement sur le plan géographique) « cachée » par la fiction que ces cousin(e)s sont plus « éloignés » que les cousins parallèles.

22 Système de parenté eskimo B. Schwimmer Selon les classifications, ils sont arrivés à 5 ou 6 systèmes uniques de classification (je nai pas présenté les systèmes dravidiens et soudanais). En ligne générale, les anthropologues aujourdhui ninvoquent pas ces distinctions, car a) ils ont réalisé que les variations sont plus complexes et plus nombreuses quon admettait, et b) ils pensent que ce genre de formalisme décontextualise la parenté; plus on adhère à la formalité, plus facile est-il de faire de comparaisons, mais plus on séloigne des nuances de la réalité vécue des personnes.

23 Système de parenté hawaïenne B. Schwimmer

24 Système de parenté iroquois B. Schwimmer

25 Système de parenté omaha B. Schwimmer Le système omaha, comme le système crow, invoque la différence dâge comme principe de classification, où les cousins croisés sont classés avec le frère et la sœur de la mère (Omaha) ou du père (Crow). La difficulté dajouter un autre principe (avec distance généalogique, type de mariage, et résidence après le mariage est une des raisons pour lesquelles les anthropologues ont souvent cessé dinvoquer ces distinctions.

26 Résidence néolocale B. Schwimmer


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