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Pour cette expertise culturelle, nous avons choisi d’étudier la culture du cirque Romanès. Ce cirque est installé chaque hiver, Porte de Champerret dans.

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1 Pour cette expertise culturelle, nous avons choisi d’étudier la culture du cirque Romanès. Ce cirque est installé chaque hiver, Porte de Champerret dans le 17° arrondissement de Paris. Actuellement, ils présentent leur nouveau spectacle intitulé : « Les Tsiganes tombent du ciel ». On peut y avoir des acrobates, des jongleurs, des funambules et diverses autres numéros accompagnés par un groupe de musique tsigane. Les représentations ont lieu sous le chapiteau du cirque, tous les samedis et dimanches jusqu’à fin mai 2011. Pour réaliser ce travail, nous avons interviewé Alexandre Romanès, le fondateur de ce cirque et nous avons aussi assisté au spectacle. La culture de cette communauté est particulière puisqu’elle se base sur deux cultures différentes, l’univers du cirque et la culture tsigane, auxquelles elle emprunte diverses caractéristiques. Nous allons donc commencer par plusieurs définitions afin d’éviter toute confusion puis, après avoir présenté le cirque, nous aborderons les emblèmes de la communauté Romanès, leurs principales normes et valeurs, leurs croyances et enfin leur mémoire collective. Crédit photographies :

2 Le cirque Tout d’abord, un petit test pour évaluer vos connaissances dans ce domaine : Que pouvez-vous nous dire du cirque en général ? Avez-vous des clichés ou des stéréotypes concernant les gens du cirque ? Le cirque est une troupe d’artistes itinérante qui présente un spectacle généralement composé de numéros de clowns, de dressage et de domptages d’animaux, d’acrobatie et des tours de magie. Ce spectacle est organisé autour d’une scène circulaire qui lui doit son nom. Les différents acteurs de ce cirque sont donc : Des clowns, Des funambules (du plus simple au plus compliqué… ou curieux…), Des magiciens, Des trapézistes et voltigeurs, Des jongleurs, Des dresseurs et dompteurs d’animaux divers,

3 Les cirques célèbres Quels sont les cirques les plus connus en France ou ailleurs ? Les cirques les plus célèbres sont : Le cirque Bouglione, ou cirque d’hiver installé à Paris dans le 11° arrondissement (www.cirquedhiver.com), Le cirque Pinder (www.cirquepinder.com), Le cirque Gruss (www.cirque-gruss.com), Le cirque Amar (www.cirque-amar.com), Le cirque Medrano, célèbre pour ses numéros de clowns (www.cirque-medrano.fr), Le cirque Achille Zavatta (qui n’existe plus aujourd’hui), Le cirque du Soleil, un cirque québécois (www.cirquedusoleil.com), Les étoiles du cirque de Pékin Il y a aussi un évènement international pour toutes les personnes qui s’intéressent au cirque : le festival international du cirque de Monte-Carlo (www.montecarlofestivals.com).

4 Le peuple Rrom : les stéréotypes et clichés
Maintenant, concernant les Tsiganes, le peuple Rrom : Que pouvez-vous nous dire des Rroms ou des Tsiganes en général ? Avez-vous des clichés ou des stéréotypes concernant ce peuple ? Quelles différences entre un Rrom, un Tsigane, un Manouche, un Gitan et un Gypsy ? L’image des Gitans que nous avons tous pu voir dans nos livres d’école est celle d’un campement de nomades réunis autour d’un feu jouant et dansant. Il est aussi souvent évoqué les roulettes des cartomanciennes ou voyantes, le grand feu de camp, les campements à l’extérieur des villes et les femmes Rroms et leurs enfants dans les rues de Paris. La différenciation de noms entre les Rroms, les Manouches, les Gitans, les Tsiganes, les Yéniches, les Romanichels et les Sintis serait liée à l’origine géographique de ces peuples nomades. Initialement originaires d’Inde, ce peuple nomade aurait, pour des raisons encore inconnues, quitté cette terre vers les IXème et Xème siècles et leur migration aurait amené ce peuple à se disperser à travers le monde. Les Manouches, les Gitans, les Tsiganes, les Yéniches et les Sintis seraient donc issus d’un même peuple et d’une même culture. Les différents noms que nous leur attribuons seraient, en réalité, les noms que les peuples des régions dans lesquelles ils s’installaient leurs attribuaient : les « Gypsies » en anglais, les « Gitanos » en espagnol,... Les différentes appellations permettent alors de connaitre leur histoire et de savoir dans quelle partie du monde ils ont choisi de s’installer après leur départ d’Inde. Par exemple : Les Gitans, aujourd’hui installés en Espagne, seraient originaires d’Egypte, Les Sintis, surtout présents en Allemagne, seraient originaires des régions germanophones, Les Yéniches seraient originaires des pays celtes, Les Tsiganes proviennent des pays d’Europe de l’Est comme la Russie, la Roumanie ou la Bulgarie. Le terme « Romanichel » vient de la langue Romani, la langue de ces peuples nomades. Il signifie « homme de notre race » (de Romani, homme, et tchel, peuple) et désignait une personne appartenant à un peuple nomade, comme par exemple les Sintis, les Yéniches, les Tsiganes ou les Gitans. Depuis 1974, l’Union Romani International a adopté le terme « Rrom » désignant ainsi tout individu nomade appartenant à un peuple d’origine indienne et parlant le Romani. Cela évite ainsi les connotations péjoratives et racistes. Ce terme « Rrom » peut se traduire en français par « homme accompli et marié au sein de la communauté ».

5 Les Rroms les plus célèbres
Qui sont les Rroms les plus célèbres ? Parmi les plus célèbres de la littérature : Esméralda, personnage du livre « Notre Dame de Paris » de Victor Hugo publié en Ce livre a été repris en dessin animée par Walt Disney en 1996 et en comédie musicale en 1998 par Luc Plamondo et Richard Cocciante. Carmen, personnage de la nouvelle « Carmen » de Prosper Mérimée publiée en Cette nouvelle a été repris en 1875 en opéra-comique par Georges Bizet. Il existe également différents artistes d’origine rrom : Django Reinhardt ( ) : un guitariste manouche de jazz qui donne naissance à un nouveau style de musique, le jazz manouche. Manitas de plata (1921- ) : un guitariste gitan connu pour ses talents à la guitare (« doigts de féé ») Gypsy Kings : groupe de musiciens issus de deux familles rroms, les Baliardo et les Reyes. Ils chantent surtout en espagnol. Parmi leurs chansons les plus connues, il y a « Volare ! » et « Bamboleo ».

6 Le cirque Romanès Le cirque Romanès : qu’est-ce que c’est ? Historique et vidéo d’une journée au cirque Il est impossible d’aborder le cirque Romanès sans parler de son fondateur, Alexandre Romanès. Afin de comprendre dans quelles circonstances ce cirque tsigane a été créé et comment il fonctionne, il convient tout d’abord de retracer la biographie d’Alexandre Romanès pour ensuite présenter le cirque en lui-même. Alexandre Romanès est issu de la famille Bouglione, célèbre famille du cirque installée au cirque d’hiver à Paris depuis Dès son plus jeune âge, il est initié à l’univers du cirque, sa discipline et ses règles. Il devient dompteur de fauves au sein du cirque Bouglione mais se lasse très vite de cet univers trop industrialisé et commercial. A l’âge de vingt-cinq ans, il quitte le cirque Bouglione, s’installe dans un campement tsigane et récolte de l’argent pour survivre en faisant un numéro d’équilibriste dans les rues de Paris. Il rencontre alors Jean Genêt, poète et écrivain français, qui va ensuite l’encourager à apprendre à lire et à écrire, et avec qui il aura l’idée d’un cirque traditionnel. Entre temps, il apprendra le luth et deviendra professeur de luth musicien professionnel. Souhaitant retourner vers l’univers du cirque, mais vers un cirque plus traditionnel et plus poétique, il décide de fonder un cirque tsigane. Il change son nom de famille, abandonne « Bouglione » pour « Romanès », qui signifie « homme accompli » en Rromani. Le cirque et la communauté Romanès étaient nés. Aujourd’hui, la communauté tsigane du cirque Romanès compte une trentaine de personnes, hommes, femmes et enfants, tous issus plus ou moins indirectement de la famille de Délia Romanès. Toutes ces personnes vivent et travaillent dans ce cirque tsigane, ils sont musiciens, acrobates ou assistants et ils veillent tous à leur manière au bon déroulement de chaque représentation. Chaque hiver depuis sa création, le cirque Romanès est installé sur un terrain vague dans Paris, près de la Porte de Champerret. Le reste de l’année, le cirque voyage dans le monde entier, comme par exemple, en Chine, en Allemagne, en Espagne ou en Grèce. Il voyage au gré des envies de la troupe, et présente donc son spectacle à un public de langues et de cultures diverses. Le spectacle dure, en général, deux heures durant lesquelles se succèdent des numéros d’acrobatie, de jonglerie, de danse orientale accompagnés de musique et de chants tsiganes. Comparé à la plupart des cirques actuels, le cirque Romanès possède quelques spécificités : tout d’abord, la piste n’est pas en forme de cercle mais en forme de demi-cercle. Le chapiteau du cirque est petit et peut accueillir environ quatre cent spectateurs. La communauté qui constitue ce cirque a donc créé, au fur et à mesure des années, une culture spécifique à leurs origines, à leur mode de vie ensemble et à leur organisation.

7 Les personnalités importantes
Les symboles Les personnalités importantes de ce cirque sont : Alexandre Romanès : il est le fondateur et le directeur de ce cirque tsigane. Avant, pendant et après les représentations, il gère tout le fonctionnement du cirque : il prépare le chapiteau et la piste, il accueille les spectateurs, il détermine l’ordre de passage des numéros, veille au bon déroulement des spectacles,… Il est aussi le porte-parole du campement tsigane Romanès et fait le lien entre les personnes vivant avec lui et les personnes extérieures. Il donne des entretiens avec les journalistes et autres personnes intéressées, répond à leurs questions, s’occupe des papiers administratifs pour être dans la légalité française et fait le lien entre les autorités et ses compagnons de voyage. Il est poète et a déjà publié trois recueils de poésie dont nous avons ici deux exemplaires : « Paroles perdues » et « Sur l’épaule de l’ange ». Délia Romanès, originaire de Roumanie, est l’épouse d’Alexandre Romanès. Au sein du cirque, elle dirige l’orchestre de musique tsigane qui accompagne les numéros du spectacle. Elle est la chanteuse de la troupe et elle est aussi parente avec la plupart des membres du cirque. Son père joue du violon, ses cousins font du trapèze,… Sans elle, il n’y aurait donc pas de musiciens, ni d’acrobates, ni de jongleurs, ni de clowns. Elle est donc à l’origine du lien qui unit Alexandre Romanès au reste des membres du cirque tsigane. Jean Genêt est également une figure emblématique de ce cirque. Cet écrivain, poète et auteur dramatique français a rencontré Alexandre Romanès dans les rues de Paris, alors qu’il faisait un numéro d’acrobate pour gagner un peu d’argent. De cette rencontre, est née une grande amitié entre les deux hommes. Jusqu’à sa mort en 1986, Jean Genêt a encouragé Alexandre Romanès à créer son propre cirque et a donc exercé une certaine influence qui a permis l’existence de ce cirque. Il a d’ailleurs coécrit avec lui le premier spectacle du cirque. Les principaux symboles de ce cirque sont Au cours de notre interview et nos recherches sur ce cirque, nous avons pu constater que certains objets et éléments revêtaient une importance particulière. Nous avons ainsi pu déterminer plusieurs symboles de cette culture Romanès : Les caravanes vertes des Tsiganes du cirque Romanès représentent l’un des principaux symboles de cette communauté. Ces caravanes sont souvent évoquées dans les différents entretiens, articles et reportages réalisés autour de ce cirque. Avec des proverbes tsiganes inscrits dessus, elles sont à la fois le symbole du nomadisme et de la vie d’un cirque itinérant se déplaçant de ville en ville. Leur mode vestimentaire : en effet, selon Alexandre Romanès, les Tsiganes de la troupe se reconnaissent entre eux à leur manière particulière de s’habiller. La communauté du cirque Romanès ne tient pas compte de la mode actuelle ou des dernières tendances, cela ne représente aucun intérêt pour eux. Les femmes portent, en général, de longues jupes colorées tandis que les hommes portent des costumes ou des jeans souvent trop larges pour eux. Leur philosophie de vie étant de profiter de chaque instant, les couleurs vives de leurs vêtements expriment une joie de vivre, le bonheur d’être en vie. Les acrobates de la troupe ne possèdent pas de costumes particuliers pour leurs numéros. Ils portent en général des vêtements dans lesquels ils sont à l’aise pour faire leurs acrobaties : les femmes relèvent leurs jupes ou mettent une jupe plus courte quant aux hommes, ils mettent, pour la plupart, une chemise à la place d’un T-shirt. La musique tsigane jouée par la troupe de Délia Romanès. Il s’agit d’une musique particulière avec un style qui lui est propre, hérité des différentes influences musicales que ce peuple de nomades a pu rencontrer au cours de ses déplacements. C’est un mélange entre de la musique classique, de la musique jazz et de la musique folklorique. Le groupe de Délia Romanès est composé d’un violon, d’une contrebasse, d’un accordéon, d’une trompette, d’une clarinette et d’une chanteuse. Les paroles des chants sont en langue roumaine ou en romani puisque Délia Romanès et sa famille sont originaires de Roumanie. Ces chants sont souvent des poésies ou des histoires appuyant ainsi la tradition orale de cette communauté. La musique est présente tout au long du spectacle du cirque Romanès : les musiciens jouent pour accompagner un numéro, ou entre deux numéros lorsque le numéro qui suit nécessite une préparation spécifique. Cette musique crée donc une ambiance particulière sous le chapiteau et est indissociable du cirque Romanès.

8 Une société matriarcale
Le nomadisme La famille L’oralité La médecine gitane et ses interdits Contrairement aux sociétés occidentales, le cirque Romanès est une société matriarcale : le rôle de la femme est prédominant par rapport à celui de l’homme. Ainsi, elle possède les biens matériels de sa famille, comme la caravane et la voiture, et, ses enfants portent son nom et non celui de son mari. Mais la répartition des rôles à l’intérieur de cette communauté n’est pas si différente de nos sociétés occidentales puisque les hommes font en général le travail plus physique comme, par exemple, monter le chapiteau ou installer les caravanes à leur place. Quant aux femmes, elles s’occupent des enfants, de la cuisine et la plupart d’entre elles sont acrobates dans le spectacle. Nous avons donc pu constater durant le spectacle, que les hommes étaient souvent chargés de s’occuper des enfants pendant que leurs épouses faisaient leurs numéros. Les valeurs de la culture Romanès se réfèrent souvent au monde du cirque, à leur mode de vie et à leur origine tsigane. D’ailleurs, une des valeurs primordiales du cirque Romanès est le nomadisme, un mode de vie comportant des déplacements continuels. La communauté Romanès refuse l’immobilité, un mode de vie où les personnes vivraient dans une maison avec des murs, un jardin clôturé et des mêmes voisins, tous les jours, qu’ils ne peuvent pas choisir. Selon les Tsiganes du cirque Romanès, avoir une propriété ou un terrain délimité est assimilable à la mort. Ce cirque se déplace en France et à l’étranger, en fonction de leur envie, de leur désir, sans réellement planifier leurs voyages. L’objectif de ces déplacements n’est pas la destination mais le voyage, le fait de changer de paysage et d’environnement. Ainsi, lors de notre entretien, Alexandre Romanès nous a raconté qu’un jour, ils avaient prévu de se rendre au Portugal pour présenter leur spectacle à la population, ils se sont trompés de routes et se sont retrouvés sur une route allant jusqu’en Suède. Ils ont alors décidé de ne pas retourner en arrière et d’aller en Suède plutôt qu’au Portugal. Le nomadisme et le fait de ne rien planifier en avance, la recherche de l’inconnu et de l’imprévu sont donc des valeurs fondamentales de la culture Romanès. Pour la communauté tsigane, et en particulier pour Alexandre Romanès qui le souligne tout au long de ses poèmes, la loi occidentale est trop figée, elle ne tient pas compte de la dimension humaine, des personnes qui vivent dans les sociétés. Dans la société française, il y a trop de règles dans tous les domaines. Les personnes du cirque Romanès vivent dans l'instant présent, ils profitent de la vie comme elle vient et ne se fixent pas beaucoup de règles ou d'interdits. D’ailleurs, le mot « lendemain » n’existe pas dans la langue romani. Ils vivent au jour le jour et ne planifient pas leur avenir. La réussite sociale ne les intéresse pas, et, la mode, le sport, la compétition et la politique sont futiles. Mais qu’elles soient implicites ou explicites, un certain nombre de règles régissent la vie du cirque Romanès et garantissent son bon fonctionnement. Le travail des acrobates, des jongleurs et autres artistes du cirque exigent une certaine discipline et un entrainement régulier. Une rigueur dans le travail et l’apprentissage est donc respectée par chacun des acteurs du cirque sans qu’Alexandre Romanès ou une autre personne de la communauté n’ai besoin de le dire. Chacun prend ses responsabilités. Il y a également des règles de conduite et de sécurité qui sont souvent implicites et qui permettent le bon déroulement du spectacle. Ainsi, il convient de souligner que, contrairement aux cirques classiques, il n’existe aucune mesure de sécurité pour les acrobates du cirque Romanès : il n’y a aucun filet et de cordes pour les voltigeurs en cas de chutes. Néanmoins, nous avons pu constater que, chaque fois qu’un numéro dangereux est effectué, toutes les personnes de la communauté ont le regard fixé sur l’acrobate et sont attentives au moindre problème qui pourrait survenir. Cette attitude met en avant la force des liens qui unissent les membres de cette communauté et souligne une autre valeur importante du cirque Romanès : la famille. Il est alors plus facile de comprendre pourquoi tous les membres du cirque sont présents à chaque représentation et pour chaque numéro, soit assis derrière la piste soit en coulisse. Ils sont tous solidaires. Toute leur vie s’articule autour de leur famille, une famille dans laquelle les enfants ont une place privilégiée. Dans les poèmes d'Alexandre Romanès, deux thèmes sont récurrents : Dieu et ses filles. L'amour père-fille paraît très intense et démonstratif. Il cherche d'ailleurs à les protéger des influences négatives du monde occidental, de certains hommes qu'il trouve plus fragiles et plus facilement influençables qu’autrefois. Il souhaite qu'elles conservent une certaine pureté d'âme et une certaine décence. Au sein du cirque, chacun a un rôle précis durant le spectacle mais il n’y a pas d’ordres préétablis en ce qui concerne les numéros. Alexandre Romanès choisit, sur l’instant, l’ordre de passage en fonction de différents paramètres : si les artistes sont prêts, si le public réagit bien,… Chaque spectacle est donc unique. La communauté Romanès, comme tous les Tsiganes, attache une grande importance à l’oralité plus qu’à l’écrit. Il y a donc une forte tradition orale, les livres et autres écrits ne représentent pas un réel intérêt pour eux et la parole donnée a plus de valeur qu’un contrat signé. Par conséquent, il parait étrange qu’Alexandre Romanès écrive des poèmes au lieu de les dire simplement. Ce comportement peut être perçu comme une trahison de sa propre culture. Néanmoins, durant notre entretien et à travers les diverses vidéos que nous avons pu trouver sur Internet, nous nous sommes rendues compte qu’Alexandre Romanès connaissait, de mémoire, un certain nombre de ses poèmes et de citations d’autres auteurs. Donc malgré sa passion pour l’écriture, l’importance des mots et de la parole occupent toujours un rôle important dans sa culture. D’ailleurs, dans un de ses poèmes, Alexandre Romanès s’excuse auprès de ses ancêtres d’écrire des poèmes et de les publier. La communauté Romanès suit aussi les normes alimentaires de la médecine tsigane. Ainsi ils doivent, entre autres, éviter de boire du café, de manger de la viande rouge ou des aliments rouges considérés comme mauvais. Les femmes ne doivent pas consommer de produits laitiers venant de la vache puisqu’ils paraissent favoriser le cancer du sein.

9 Transmission des valeurs
Dieu et les Romanès La médecine gitane La communauté du cirque Romanès est attachée aux traditions orales et accordent une grande importance à la parole. Il y a donc peu de livres ou d’écrits permettant aux enfants d’apprendre par eux-mêmes. Les enfants s’initient donc au cirque et aux métiers du cirque en imitant leurs ainés et en reproduisant ce qu’ils voient ou ce qu’ils entendent. Mais les arts du cirque doivent rester un jeu, une passion et non une obligation ou une contrainte. L’entrainement des enfants n’est donc pas pratiqué régulièrement ni pendant plusieurs heures d’affilées, comme cela se fait dans certaines pratiques comme la danse ou la gymnastique. Dès que l’enfant s’ennuie ou dès que l’exercice n’est plus un jeu mais un exercice contraignant, les adultes arrêtent l’entrainement de l’enfant et le laisse aller faire autre chose. Ces entrainements peuvent parfois ne durer qu’un quart d’heure et sera repris un peu plus tard dans la journée ou le lendemain. De la même manière, la transmission des valeurs de la communauté se fait à l’oral. Elles sont transmises par la famille, à travers l’éducation donnée par les parents et autour de la table. Ici, pas de livres ou de leçons, juste une tradition orale qui perdure de génération en génération, à travers des chansons tsiganes ou des contes racontés aux enfants. L’école française, son enseignement et les valeurs qu’elle inculque aux enfants sont très mal perçus par Alexandre Romanès. Selon lui, l’enseignement en France formate les enfants, les empêche de penser et d’agir librement et touche à leur innocence et à leur pureté d’âme. Pour Alexandre Romanès, « l’école ne fait pas qu’apprendre, elle détruit aussi ». Une de ses filles va actuellement à l’école et il a pu rapidement constater que son comportement se dégradait : elle a perdu son innocence et elle est plus triste. Il est possible d’imaginer que sa fille a dû subir le regard des autres enfants, un regard influencé par les stéréotypes et les jugements que leurs parents ont à propos des Rroms et des « gens du voyage » à savoir un regard souvent négatif avec des mots comme « voleurs », « pauvres », « mendiants »,… Mais cette situation peut également s’expliquer à travers la confrontation de valeurs et de cultures opposées. Il convient donc de constater un choc entre les deux cultures tsigane et française qui ont chacune des idées et principes différents concernant l’éducation des enfants. D’un côté, la culture française encourage la réussite sociale et amène les enfants à travailler sept heures dans la journée sur des matières précises qu’ils ne peuvent pas choisir. A l’inverse, la culture du cirque Romanès transmet librement ses valeurs par la parole, n’impose aucun exercice ou aucune règle à ses enfants et possède une philosophie de vie basée sur l’instant présent, la vie au jour le jour. Ces deux visions se contredisent et pour pallier cette difficulté, Alexandre Romanès a choisi d’engager un professeur particulier pour donner des cours à ses enfants. Les membres de la communauté Romanès n’ont pas de religion particulière. Ils adoptent la religion du pays dans lequel ils se trouvent. Ainsi, ils sont catholiques dans les pays catholiques, musulmans dans les pays islamiques ou orthodoxes dans les pays orthodoxes. En parlant avec Alexandre Romanès, nous nous sommes rendues compte que « adopter la religion du pays » ne signifie pas adopter les rites et pratiques religieuses. Cela signifie simplement donner le même nom au Dieu qu’ils vénèrent tout en gardant leurs propres rites et pratiques. Cette liberté de prendre la religion du pays est caractéristique de leur rapport à la religion. Il existe, pour eux, un Dieu dans le ciel, qu’il faut honorer. Donc chacun d’eux parle avec Dieu, comme il le souhaite. S’ils ont des rites ou autres pratiques religieuses, elles ne sont pas inhérentes au monde du cirque mais plutôt à leurs propres choix. Certains d’entre eux pensent que les âmes des personnes défuntes de leur entourage restent parmi eux, sous le chapiteau et les protègent. Avant chaque début de spectacle, ils brulent de l’encens pour chasser les « mauvais esprits » et demander la bienveillance des « bonnes âmes » circulant sous le chapiteau. Enfin, il existe une médecine gitane qui, selon Alexandre Romanès, « guérit des choses que l’Occident ne guérit pas ». Proche d’une médecine moderne, la macrobiotique, cette médecine s’inspire de la philosophie chinoise du Yin et Yang. Elle suppose que tout élément ou toute personne possède deux caractères : d’un côté, le Yin associé à la lune qui représente la part féminine de la nature et de l’autre, le Yang associé au soleil qui représente la part masculine de la nature. Ainsi, dans tout élément ou toute chose, ces deux caractères cohabitent mais l’un domine généralement l’autre. Selon la philosophie chinoise, dans l’univers, il existe un équilibre entre les éléments Yin et les éléments Yang, ils sont dépendants l’un de l’autre et complémentaires. Cet équilibre est essentiel à la vie et il faut donc le maintenir. Ainsi, par exemple, la maladie est considérée comme un déséquilibre de ces forces et cela nécessite donc un « rééquilibrage » à travers différents soins. La médecine gitane possède également ces notions de Yin et de Yang. L’idée d’un équilibre à maintenir et à sauvegarder est aussi très présente au sein de la culture Romanès. Enfin, selon eux, tous les organes internes sont reliés à un organe externe visible de sorte que, dès qu’un déséquilibre interne apparaît, il est possible de le « lire » à travers certains signes extérieurs. Par exemple, un dysfonctionnement au niveau du foie se repère par un blanc de l’œil jaune, un dysfonctionnement rénal se repère par des cernes creusés sous les yeux,… Contrairement à ce qui est montré dans de nombreux films ou séries télévisées, les Tsiganes ne lisent pas l’avenir dans les lignes de la main mais ils y voient une image de l’organisation interne du corps de la personne.

10 Une communauté trop récente…
L’histoire d’Alexandre Romanès, son parcours ainsi que les évènements qui l’ont conduit à créer le cirque tsigane vont partie de la mémoire collective de la communauté Romanès. Il faut notamment souligner le parcours de la famille Bouglione dans l’univers du cirque qui permettra d’expliquer la passion d’Alexandre Romanès pour cette discipline et sa volonté de fonder son propre cirque tsigane. L’histoire commence en 1820, à Piémont, en Italie : Scipion Boglioni, fils d’un marchand italien de textiles, épouse, malgré les réticences de son père, Sonia, une Gitane dresseuse de fauves dans une ménagerie ambulante. Le couple parcoure alors avec cette ménagerie les routes d’Italie et d’Europe. Progressivement, la famille s’installe en France et transforme son nom en « Bouglione ». Sampion Bouglione, l’un des petits fils de Scipion et Sonia Boglioni, donne naissance à quatre fils qui seront plus tard les fondateurs du cirque Bouglione. Alexandre, Joseph, Firmin et Nicolas Bouglione sont formés par leur père aux différents métiers du cirque, de l’acrobatie au dressage des fauves en passant par l’équitation. En 1924, ils choisissent de transformer la ménagerie ambulante de leurs ancêtres en cirque et montent leur premier spectacle « Le Wild West Show » en Ils connaissent un vif succès en France et reprennent en 1934 la direction du Cirque d’hiver situé à Paris. A partir de cette date, cet ancien cirque construit sous Napoléon et réhabilité en 1923 et le nom de « Bouglione » deviennent indissociables. Le cirque Bouglione s’agrandit et son succès devient mondial. Le cirque se transforme progressivement en une véritable entreprise transmise de génération en génération aux enfants Bouglione. Mais cette ambiance a perdu en humanité, selon Alexandre Romanès, et il décide donc de revenir vers un cirque plus simple et plus traditionnel en tentant de recréer l’ambiance, la simplicité, la « pureté » du premier cirque créé par ses ancêtres. La mémoire collective du cirque sera donc nécessairement liée à l’histoire de la famille Bouglione et donc à la famille d’Alexandre Romanès. La notion de mémoire collective n’est pas encore née au sein de la culture Romanès. Ce cirque est encore trop récent pour pouvoir en posséder une. Il existe sans doute des mythes autour de la naissance ou de la mort de certains membres du groupe ou de certains évènements survenus à toute la troupe. Il s'agit d'anecdotes ou de souvenirs comme par exemple, leur escapade en Suède alors qu'ils étaient partis pour le Portugal,... Ces petites histoires feront peut-être plus tard partie de la mémoire collective de la communauté du cirque Romanès. Il est donc impossible de parler, pour l'instant, de véritable « mémoire collective » pour ce cirque tsigane. Néanmoins, qui sait si, dans plusieurs dizaines d'années, Alexandre Romanès et les personnes qui composent ce cirque ne figureront pas parmi les histoires qui se raconteront autour d'un feu de camp.

11 Conclusion : Vous avez des questions ? questionnaire ?


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