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AVEC MARIJO SOISSONS No 1 A prime abord, Soissons, ville denviron 30 000 habitants, située à 100 km au nord de Paris, apparaît comme une ville moderne,

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2 AVEC MARIJO

3 SOISSONS No 1

4 A prime abord, Soissons, ville denviron habitants, située à 100 km au nord de Paris, apparaît comme une ville moderne, aérée, avec très peu de vieux quartiers et de larges avenues bordées de maisons élégantes et cossues tout juste centenaires… Cest que Soissons est une ville martyre de la première guerre mondiale, occupée par les Allemands fin août 1914, reprise par les Français un mois plus tard lors de la bataille de la Marne, puis de nouveau par les Allemands en Après le conflit, huit maisons sur dix avaient été détruites… Cest dailleurs toute la région qui fut le témoin des batailles meurtrières et lon croise de nombreux cimetières militaires le long des routes dont celui dAmbleny qui sert de fond pour cette présentation. Notons aussi que Soissons a un passé prestigieux. Elle tient son nom du puissant peuple belge, « les Suessions » mais elle fut créée en lan 20 av. J.C. Cétait la très romaine « Augusta Suessionum ».

5 Soissons, ville royale, possède ce blason qui le rappelle : « Dazur à une fleur de lis dargent »

6 Au IIIe siècle, la ville est encore un puissant bastion romain de la Gaule du Nord menacée par les Francs Saliens. Cest en 486 que le dernier général romain Syagrius est défait par le jeune roi franc Clovis qui la garde comme capitale. Elle fait donc partie intégrante de la royauté mérovingienne. Elle verra le sacre de Pépin le Bref en 751 et de Carloman en 768. La ville médiévale est très prospère aux XIIe et XIIIe siècles. Toutefois les pouvoirs intra-muraux saffrontent à partir de Ce sont ceux du comte, de lévêque, des abbés des abbayes, des chanoines de la cathédrale et de la commune. Le siège de 1414par les Armagnacs, la soumet au pouvoir royal, la ruine mais elle est reconstruite par Louis de Luxembourg et lévêque Jean Milet qui favorise la reprise économique par des dons. Henri II renforce son rôle de place forte et plus tard, sous Henri IV, elle devient le siège de lune des deux généralités dIle de France avec un baillage. Son rôle est encore accru durant la Révolution et lEmpire.

7 Rappel de lépisode du vase de Soissons, œuvre de Guy Lartigue.

8 LE VASE DE SOISSONS Beaucoup en connaissent lhistoire : un très beau vase avait été trouvé dans une église et lévêque le réclamait. Clovis demanda alors quil soit exclu du partage pour les guerriers et quil lui soit remis. Or, lun deux sen empara et le brisa. Quelques mois plus tard, lors dune inspection, Clovis déclara à ce guerrier « personne na apporté darmes aussi mal tenues que les tiennes » et saisissant sa hache, il la jeta par terre. Lorsque le guerrier se pencha pour la ramasser, Clovis lui planta la sienne dans le crâne en lui disant : « ainsi as-tu traité le vase de Soissons! »

9 Après le premier castrum romain, plusieurs enceintes englobent les établissements hors les murs. Malgré cela, Soissons, « place forte », cèdera en 1870 après 32 jours de siège et 4 jours de bombardements…

10 Aspect paisible de la ville le long des rives de lAisne et décoration de la pile dun pont.

11 Ce tableau de 1824 montre le vieux pont construit au XIIIe siècle. Abîmé durant la guerre de 14, remplacé en 1932, de nouveau détruit durant la dernière guerre, il a été remplacé par une passerelle. Lune des arches sur lesquelles passa Jeanne dArc en 1429, a été remontée dans un parc de la ville.

12 La passerelle ayant remplacé le vieux pont. Elle doit son nom aux Anglais qui, en 1914, avaient bâti une travée en bois pour remplacer celle détruite

13 Au centre de la grande place Fernand Marquigny, le Monument aux morts, dessiné à lorigine à la gloire de la ville, constitue, à lui seul, un résumé de lhistoire de la cité avec un panneau rappelant lépisode du Vase de Soissons, un autre, le passage de Jeanne dArc et un troisième, évoquant les misères de la population civile durant les grands conflits de 1870 et 1914.

14 En haut à gauche, le vase de Soissons, à droite, Jeanne dArc et, en bas, les scènes de détresse des populations.

15 Un bourgeois de la commune du XIIe siècle pour rappeler labolition des servitudes féodales en Un Franc défendant le royaume. Deux « Poilus » de la guerre de

16 Un très beau pavillon datant de 1626, ancien siège de la Compagnie des Arquebusiers, subsiste encore. De style Louis XIII, il est construit en pierre de taille et en brique. Une grande salle aux dix fenêtres garnies de vitraux servait aux assemblées de la Compagnie. Malgré le courage des artilleurs qui défendaient le bastion en 1870 le pavillon fut endommagé et perdit ses vitraux. Un grand portail dentrée érigé à la demande du Maréchal dEstrées en 1638, a été parfaitement restauré.

17 Le pavillon de lArquebuse

18 Soissons fut le siège de plusieurs monastères et abbayes. Ils feront lobjet dun second diaporama. Cependant, dans la diapositive suivante, à proximité de léglise de Saint- Vaast, on peut voir une porte, avec ses deux antiques colonnes de granit, provenant de labbaye Saint-Médard. Elle fut installée, par la suite, à lentrée dune école. Cette dernière a été déplacée mais la porte reste en place.

19 Cette porte est tout ce qui reste de lécole construite en 1877 au chevet de léglise Saint-Vaast qui, elle, fut bâtie peu avant, de style néo-roman.

20 Une rescapée de la première guerre mondiale. Les bas- reliefs danimaux pourraient, semble-t-il, provenir de constructions romaines.

21 LHôtel de ville occupe le « Palais de lIntendance », un très bel immeuble donnant sur cour et jardin à la française, construit à lemplacement du château des comtes de Soissons, par lIntendant Le Pelletier de Mortefontaine entre 1772 et Il était le représentant du roi dans la province.

22 La cathédrale Saint Gervais et Saint Protais, la troisième des grandes cathédrales du Nord de la France, fut érigée entre les XIIe et XIVe siècles. Cest une de celles qui permettent le mieux de suivre lévolution du gothique. Sa façade asymétrique nest surmontée que dune seule tour. La deuxième qui était prévue ne fut jamais construite. De style gothique, elle comporte de véritables chefs-dœuvre. Le bras sud de son transept est un pur produit du gothique primitif du XIIe siècle tandis que le bras nord est une magnifique version de lart rayonnant du XIVe, avec une splendide verrière. Son chœur, de style lancéolé, est entouré dun large déambulatoire sur lequel souvrent cinq chapelles rayonnantes. Les toitures furent dépouillées de leurs plombs et le petit clocher de la croisée fut renversé par les Huguenots. La cathédrale subit dautres dégradations à La Révolution. Sous le 1 er Empire, en 1815, lexplosion de la poudrière du Bastion St- Rémy fit 39 morts et endommagea les vitraux.

23 Quatre ans de bombardements vinrent à bout de la tour et dune partie de la nef. Ce nest quen 1937 que la cathédrale entière fut rendue au culte.

24 Certaines parties de la toiture ont retrouvé les tuiles vernissées dantan.

25 Nef centrale et transept sud.

26 Les vitraux du chœur, ceux de la rosace de façade restaurés en 1925 avec pose de nouvelles lancettes et la magnifique verrière du transept nord dont la photo provient du site Wikipédia.

27 Evocation du martyre de Saint Crépin et Saint Crépinien, qui eut lieu à Soissons au IIIe siècle. A noter cependant que les Anglais, eux, les font vivre dans le comté de Kent en Angleterre…

28 Les Soissonnais senorgueillissent de posséder ce chef dœuvre de Rubens, lAdoration des Bergers.

29 A droite, un vestige de lancienne construction qui se trouvait à lopposé de la place et dont il ne reste que peu déléments. A sa place, on retrouve maintenant des services de santé publique. A la création des départements, Soissons fut détrônée au profit de Laon mais conserva son évêché. Cest celui de Soissons, Laon et Saint- Quentin dont le siège est ci- contre.

30 Il se veut un hommage aux soldats de lempire britannique tombés dans lAisne et la Marne durant la première guerre mondiale, sans que leurs corps ne soient retrouvés.. Ce monument commémoratif, dit « Mémorial du souvenir » fut érigé à la demande de la commission impériale des sépultures britanniques sur un terrain offert par la ville. La plaque, elle, est apposée dans la cathédrale.

31 Après la première guerre mondiale, les élus voulurent remodeler la ville, en faire une cité aérée en élargissant les rues, parfois jusquà 15 m dans les quartiers les plus détruits. La place centrale fut créée afin de dégager le chevet de la cathédrale. Le style art-déco aux lignes géométriques fut utilisé avec bonheur par les architectes. De nombreux monuments commémoratifs furent érigés. Notamment, outre celui à la mémoire des britanniques, on en construisit un autre de grande ampleur pour évoquer lœuvre des Sociétés coopératives de Reconstruction des régions libérées que lon peut voir sur la diapositive suivante. En passant en arrière on apprend que la reconstruction a touché 700 édifices publics, maisons, propriétés agricoles. On a compté propriétaires sinistrés et 16 millions de dommages de guerre ont été distribués.

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33 Ce monument, commémoratif du siège et de la défense de Soissons en 1870 et aux citoyens fusillés par lennemi, a été élevé en 1901 sur souscription.

34 Lune des artères principales, la rue Saint-Martin et le Palais de Justice.

35 Lune des constructions les plus fantaisistes daprès la guerre de 14, lancien hôtel de la Coupole construit en 1923 par le ferronnier Naudin.

36 La maison égyptienne au décor art-déco, en mosaïque très colorée érigée pour un orthopédiste féru dégyptologie!

37 De splendides demeures furent construites le long des grands boulevards qui remplacèrent les fortifications démantelées en Souvent elles appartenaient à de gros propriétaires terriens des environs.

38 ET LE HARICOT ? Plusieurs légendes lui sont rattachées… En voici deux : Durant une épidémie pendant la guerre de cent ans, des habitants partirent précipitamment en emportant leurs récoltes et laissant échapper des graines. A leur retour, ils trouvèrent, miraculeusement, de gros haricots qui les sauvèrent de la famine. Une autre version veut quau XIXe siècle, un guetteur qui surveillait la ville du haut de la tour de la cathédrale, sema des haricots dans des caisses le long des garde-fous. Ceux-ci saccrochant à la rampe couvrirent la tour dune verdeur étonnante. A ceux qui sétonnaient, Le Paon (cétait son nom) déclarait: « Cest du vrai Soissons. Dieu créa la fleur et lui dit Sois Rose. Il créa le haricot et lui dit Sois Son et va en paix». Quoi quil en soit, même si la culture du plus gros haricot dorigine française sest déplacée vers Craonne, on peut désormais acheter, des haricots de Soissons en confiserie dans cette ville…

39 Ainsi se termine cette promenade soissonnaise, réalisée malheureusement par un temps presque constamment gris le jour où jai pris le plus de photos… Un deuxième volet traitant de Soissons, ville dabbayes, viendra compléter ce tour dhorizon.

40 Musique : Richard Clayderman – Francis Goya Face to Face – Ill Be There Documentation prise sur place et dans des publications touristiques Photos, conception et réalisation : Marie-Josèphe Farizy-Chaussé Avril 2010

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