La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

WWW2S-HII/AAAAAAAAAcc/RCLCO- JgK64/s320/fagioli+di+Scrofalo.jpg Il Mangiatore di fagioli (ou Il mangiafagioli),

Présentations similaires


Présentation au sujet: "WWW2S-HII/AAAAAAAAAcc/RCLCO- JgK64/s320/fagioli+di+Scrofalo.jpg Il Mangiatore di fagioli (ou Il mangiafagioli),"— Transcription de la présentation:

1 WWW2S-HII/AAAAAAAAAcc/RCLCO- JgK64/s320/fagioli+di+Scrofalo.jpg Il Mangiatore di fagioli (ou Il mangiafagioli), Annibale Carracci, c.1583, image iconique du paysan italien, sauf quil soit peu probable quun paysan de lépoque mange si bien, et avec une nappe sur la table. Guy Lanoue, Université de Montréal,

2 Les paysans ont eu une image ambigüe dans lanthropologie, avec son bagage culturel hérité du continent de ses origines, lEurope occidentale, où les paysans étaient considérés une sous-classe douée dune culture minimale. La pendule sest un peu renversée grâce aux recherches de Fernand Braudel (Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XV e - XVIII e siècle, 3 tomes, Paris 1979) et de ses collègues de lécole Annales, qui écrit lhistoire de lEurope occidentale vue « du bas » (c.-à-d., les conditions de la vie quotidienne des masses), et, en anthropologie, de lœuvre dEric Wolf (Europe and the People Without History, Berkeley, 1982, et Peasant Wars of the Twentieth Century, New York, 1969), où il place les « petits peuples » souvent oubliés par lhistoriographie officielle au centre des grands mouvements qui ont formé le monde contemporain: laccumulation et la concentration du capital grâce au trait à lesclavage et de la fourrure, linfiltration bourgeoise de la campagne, etc.). Limage à gauche perdure depuis des siècles, mais elle nillustre quune vérité partielle, car les paysans avaient une culture qui les sensibilisait à lAutre, et ils nétaient pas politiquement inertes. Les seigneurs ne conservaient pas de documents qui traitent des paysans, mais on trouve néanmoins quelques traces de leurs efforts à séduquer et à gérer leurs communautés.

3 Les paysans italiens ont depuis longtemps été la cible de diverses politiques de « folklorisation » étatique ou dorientalisation esthétique. À gauche, une mise-en-scène évocatrice du film néoréaliste « Riso amaro », 1949, avec Silvana Mangano.

4 Une représentation de la vie paysanne selon les canons du classicisme allemand. Cette esthétique a dominé les images de lItalie, surtout au 19 e siècle: de personnes « simples » encadrées par les ruines de lempire. Les chercheurs allemands admiraient les réalisations de la civilisation romaine, mais ils étaient moins admiratifs de lItalie contemporaine (ceci se voit dans le journal de Goethe, Voyage en Italie, publié en , où il admire lart, les ruines, les plantes et la géologie, mais adopte un ton parfois critique parfois ironique envers les Italiens « simples »). Les Allemands sont sensibles aux revendications françaises quils incarnent lesprit de lempire et que les Allemands sont les descendants des sauvages que les Romains avaient combattus pendant 4 siècles. Lhéritage allemand serait tellement contaminé par son passé sauvage quils étaient pour toujours lantithèse de la civilisation.

5 Le paysan bucolique version 1800; ils sont rarement représentés au travail, et quasiment toujours en costume « folklorique » que les personnes postaient seulement en occasion festive. Le costume normal pour le travail était une tunique simple.

6 Les Abruzzes, 1890; on voit que le travail du paysan seffectuait avec peu doutils et beaucoup de sueur.

7 Les Abruzzes, 1890; ces poses étaient souvent interprétées comme « preuve » que les paysans avaient de familles énormes (et donc, ne contrôlaient pas leurs pulsions charnelles); il sagit plutôt dun groupe de travail dont les membres ne sont pas nécessairement apparentés.

8 Les Abruzzes, 1930 Difficile à discerner, mais les jeunes, surtout les femmes, ne portaient pas de souliers, qui étaient réservés pour le dimanche et les fêtes (si on en possédait une paire). Pour les champs, il y avait de sabots de bois ou de cuir non traité. Les femmes navaient pas de sous- vêtements, et donc étaient susceptibles aux infestations de vers quand elles sassoyaient par terre.

9 Lazio, 1905 Le cheval était réservé pour les riches, comme à lépoque médiévale. Les paysans se déplaçaient sur lâne, sils étaient chanceux.

10 Manifestation, Rome, 1946; la 2 e pancarte à gauche dit: « Les terres communes doivent retourner aux paysans »; en italien, contadino, de contado, mot ancien pour conté (lié à contrade, quartier urbain), dans le sens dune zone rurale attachée à et contrôlée par une ville.

11 Abruzzes, 1995; un ami, lanthropologue, et le père de lami.

12 Il y a deux textes classiques qui prennent comme sujet les paysans italiens. Sydel Silverman en Three Bells of Civilisation (New York, 1975) propose que la vie paysanne dun village dOmbrie (Monte Castello di Vibio) est dominée par la civilità, un ensemble de valeurs qui agit comme une idéologie manipulée par lélite locale pour reproduire le statuquo et donc pour conserver sa position privilégiée. Silverman naccordait pas de poids aux affirmations quils faisaient partie dun projet civilisateur. En fait, elle ignore le fait que les personnes défavorisées par cette idéologie lacceptent. Dans cette vision du monde paysan, les individus sont victimes de la tradition, qui se reproduit et se transmet sans modification, dune génération à lautre. Cette approche se voit également en The Moral Basis of a Backward Society de E. Banfield (New York, 1958). Ces paysans ont une « mauvaise» culture qui les empêche davancer sur les plans social et économique, car ils sont incapables dagir en faveur de la communauté. Ils sont guidés par le «familisme amoral», et investissent uniquement dans la famille. « Montegrano », le pseudonyme du village étudié par Banfield en Basilicata.

13 En contraste avec leur image bucolique, les paysans italiens sidentifient avec le projet civilisateur et avec la vie urbaine. Ils ne se voient pas comme des campagnards mais comme Mariage paysan, 1960 comme représentants de la ville. Par exemple, les paysans qui sont généralement présentés dans des costumes « traditionnels» (que personne ne portait même dans le passé sauf les jours de fête), adoptent les modes urbaines lors des rituels (la messe du dimanche, les mariages et baptêmes) où le protagoniste est lindividu et non la communauté. Chaque village sidentifie avec un grand centre métropolitain et reproduit en miniature la structure du centre urbain: ateliers, magasins, services, orchestre local, etc. Cependant, il y a un paradoxe: pourquoi sidentifient-ils avec lurbain, qui est après tout lincarnation du système qui les exploite? La réponse est subtile: la civilisation est féminine et donc fragile (elle est symbolisée par Italia, déesse mineure sans aucun trait particulier). Sa fragilité souligne limportance de lintervention forte et donc symboliquement « masculine » pour lappuyer; traditionnellement, ceci signifie dominer la périphérie militairement et symboliquement. La civilisation hégémonique justifie indirectement lagir. Dans un système contemporain où la gouvernance bourgeoise bloque lavancement individuel et définit les paysans comme une classe subalterne, ce symbolisme est alléchant pour les personnes sans pouvoir.

14 Les paysans sinsèrent dans un cadre étatique de pouvoir. Ils nont pas de contrôle sur les dynamiques de la reproduction sociale et économique de lentreprise familiale, à différence des fermiers. Ils sont perpétuellement endettés envers le propriétaire de leurs terres ou au baron local. Ils ont plusieurs réponses à cette situation: 1) élargir le nombre de travailleurs dans la famille (famille élargie); 2) créer des réseaux dentre-aide; 3) acheter ou louer dautres terres, sils ont de moyens; 4) migrer (à létranger ou à de grands centres; 5) augmenter leur revenu en travaillant à temps partiel en dautres métiers, surtout lartisanat. Lune ou lautre de ces stratégies sont adoptés selon le degré de pauvreté; cependant, la pauvreté a deux causes, qui vont les orienter vers un choix particulier: soit la terre est peu productrice, soit le régime politico- économique les écrase. Des terres fertiles situées dans une zone gouvernée par un régime oppressif ont le même effet sur la structure de la maisonnée quune terre pauvre dans un régime politique plus ouvert Costumes « typiques » des paysans du Lazio

15 Les paysans italiens adhérent à un régime culturel patriarcal, pour deux raisons : 1) ce code culturel souligne justifie le contrôle de la sexualité féminine, qui empêche la création de liens sociaux et de réseaux parallèles. Ces derniers pourraient déséquilibrer les réseaux dentre-aide déjà établis; 2) le patriarcat justifie un système de parenté patrilinéaire; lépouse est donc une « étrangère » au sein de la maisonnée (en général, les paysans sont patrilocaux); comme tels, ses pouvoirs sont limités, ce qui la motive à sinvestir dans le bienêtre de ses enfants, qui « appartiennent » au lignage du mari; ainsi, elle se transforme dépouse « étrangère » en mère « locale ». Par contre, le pouvoir dagir du mari est limité par sa participation dans les réseaux dentre-aide dont dépend la survie de sa maisonnée. La femme « étrangère », elle, nest pas tenue à gérer ces réseaux tant quelle ne les compromet pas en tachant lhonneur de la famille. Elle peut agir avec plus dindépendance. Par exemple, si une famille veut acheter un terrain des voisins pour aider leurs enfants à sétablir, le mari ne peut refuser le prix exigé sans compromettre son lien au vendeur. La femme, quant à elle, peut mieux négocier, car elle pense uniquement à ses enfants et au futur. Son mari peut également jouer sur le statut étranger de sa femme pour contourner les contraintes sociales qui lentourent:. « Tu sais, je payerais volontiers ton prix, mais ma femme me tuerait. Tu sais comment sont les femmes ». Un régime patriarcal a donc quelques bénéfices indirects pour les femmes paysannes, car il crée un espace dagir réservé aux femmes, qui en conséquence ont tendance dêtre plutôt conservatrices et dappuyer le statuquo. Un régime patriarcal est souvent jugé négativement par les femmes urbaines et surtout par les féministes, qui ne reconnaissent pas ses avantages pour la survie de la maisonnée dans un contexte paysan.

16 Le tarentisme aux Pouilles, selon Ernesto De Martino (La terra del rimorso, 1961; La terre du remords, 1999), est une métaphore puissante pour la misère économique et surtout psychique des pauvres du sud de lItalie et, notamment, des femmes dans cette société plutôt patriarcale. Censée être mordues par une araignée tarentule, les femmes se donnent à de gestes forts et déchainés qui semblent inconsciemment incarner la sexualité quelles ne peuvent assumer ouvertement. Taranto est une ville portuaire fondée par les Grecs, qui lavaient baptisé Taras, nom dun fils de Poséidon, maitre de la mer. Le nom de la ville est à lorigine du nom de la maladie, car la condition est émergée dans la zone limitrophe au 16 e siècle, mais il y a de suggestions que des manifestations semblables existaient ailleurs en Europe dès le 11 e siècle. Le phénomène est certainement lié au contrôle de la sexualité des femmes (la grande majorité des victimes sont de jeunes femmes nubiles, et il se manifeste surtout en été, avant la récolte), pour conserver intacts les réseaux dentre-aide. Ce nest pas surprenant que les gestes frénétiques des femmes soient «domptés» par les rythmes réguliers et ritualisés de la musique. Il existe des musiciens spécialistes du genre (des hommes, naturellement).

17 Après la reprise économique des années 1950 et surtout 1960, les paysans commencent à abandonner la terre, se transformant en prolétaire urbain à Turin, Milan, Gênes, ou plus loin (Allemagne, France, Belgique, Argentine). Mais ce nest pas un phénomène nouveau. Ils ont toujours migré pour augmenter le revenu familial ou pour réaliser un projet de vie (se marier, acheter une maison). Par exemple, pour un village abruzzais où jai effectué de la recherche, de 1958 à femmes et 470 hommes ont quitté le village (avec une population de base de c.1500), mais 248 hommes sont revenus, comparés à 283 femmes, pour un bilan négatif de 222 hommes et 324 femmes. Pourtant, ils ont de parcours différents: 72,7% des hommes ont migré en Italie, contre 92,4% des femmes qui ont choisi dautres localités italiennes. Statistiquement, les hommes ne favorisent pas une localité particulière, mais 50% de ces femmes se sont établies dans un de deux villages avoisinants. De 1870 a 1980, 5 millions dItaliens ont émigré en Suisse (Swissinfo.ch, ; ); à droite, des Italiens à New York c,1906, dans des conditions de pauvreté extrême.

18 Pourquoi? Dans cette région et à différence des autres régions du Sud, les femmes peuvent hériter des terres.* Par contre, un nombre dhommes nhérite pas de terres, car ils sont bergers. Ceci les pousse à trouver des épouses héritières là où ils peuvent, car même les femmes pauvres ont des terres. Bien que les femmes retiennent le titre à leurs propriétés, après le mariage elles cèdent le contrôle au mari. Pour éviter la perte de leur seule source dautonomie (largement symbolique, car les lots sont petits, et une femme nubile ne peut pas travailler ses terres seules), elles restent célibataires le plus longtemps possible. En moyenne, elles sont plus vieilles de leurs époux au mariage (approx. 13 mois). Elles peuvent également opter pour une 2 e stratégie: trouver des maris plus riches et donc désintéressés sur le plan économique. Or, le village dorigine est pauvre, mais les 2 autres avoisinants ne le sont pas. Là, elles trouvent plus facilement un mari riche (à noter que les différences entre riches et pauvres sont minimes dans ce contexte). Femmes dAbrouzzes, L. Alma-Taddena, c.1900 * Étant une zone montagneuse, les Abruzzes est une région dont la pauvreté na pas encouragé la création de latifundiums; les paysans nétaient pas exploités pas de grands propriétaires; ceci a possiblement encouragé lémergence dun système dhéritage plus égalitaire.

19 Les paysannes ont joué un rôle important dans les transformations économiques et sociales de la campagne italienne, commençant avec leur appui du fascisme dans les années (voir P. Wilson, Peasant Women and Politics in Fascist Italy: The Massaie Rurali, Londres, 2002; une massaia est une ménagère, c.-à-d., une paysanne relativement aisée qui ne travaille pas la terre mais gère la maison; cette fiction sémantique était un appât fasciste pour leurrer les paysannes et pour créer une impression bucolique de la vie rurale). La plupart de ces femmes ne semblent pas avoir été motivées par lidéologie, mais par les bénéfices que le Parti fasciste leur promettait: écoles et rôles-clés (uniquement au niveau local) dans les organisations quils fondèrent. Après la guerre, elles sont restées culturellement conservatrices, mais ont adopté les nouveautés sociales parrainées par le gouvernement qui augmentaient leur pouvoir dagir et de sexprimer dans le contexte patriarcal local: les écoles et les cliniques. Ayant la charge des enfants, et étant étrangères dans la maisonnée patrilinéaire, elles nhésitent pas à sinvestir dans ses véhicules qui donnent aux enfants des atouts importants. Le développement économique et politique de la campagne des années est surtout accueilli par les femmes (lautre vecteur du développement était les politiques gouvernementales qui favorisaient lemplacement des usines dans la campagne; ceci touchait les hommes, bien que plusieurs jeunes paysannes se sont aussi transformées en prolétaires). Une massaia, années 1930, en costume traditionnel. Les Fascistes adoraient les uniformes, car ils standardisaient lindividu en cachant son individualité et le transformaient en composant simple du nouveau corps politique quils avaient créé.


Télécharger ppt "WWW2S-HII/AAAAAAAAAcc/RCLCO- JgK64/s320/fagioli+di+Scrofalo.jpg Il Mangiatore di fagioli (ou Il mangiafagioli),"

Présentations similaires


Annonces Google