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Autobiographie- Autofiction LAutobiographie racontée par Philippe Lejeune (1971) Un mot nouveau: Autofiction Serge Doubrovsky Fils (1977) Une nouvelle.

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1 Autobiographie- Autofiction LAutobiographie racontée par Philippe Lejeune (1971) Un mot nouveau: Autofiction Serge Doubrovsky Fils (1977) Une nouvelle frontière: Philippe Forest (1997)

2 Première partie LAutobiographie racontée par Philippe Lejeune

3 Les œuvres de Lejeune LAutobiographie en France (A.Colin, 1971) Le Pacte autobiographique (Seuil,1975) Moi aussi ( Seuil, 1986) Cher cahier, témoinages sur le journal personnel (Gallimard, coll. Témoins, 1989) La Mémoire et lOblique, Georges Perec autobiographe(POL,1991)

4 Définition donnée par Philippe Lejeune Récit rétrospectif en prose que quelquun fait de sa propre existence quand il met laccent principal sur sa vie individuelle, en particulier sur lhistoire de sa personnalité Définition normative qui a le mérite de mettre laccent sur 1.la forme du langage : récit; prose; 2.le sujet traité: vie individuelle; histoire de sa personnalité; 3.position particulière de lauteur: point de vue rétrospectif, identité auteur-narrateur-personnage;

5 Ce que le genre autobiographique nest pas Poésie: en raison des marques de fiction et dart qui lemportent, dans le récit versifié, sur la vraisemblance; Journal intime:dont la construction nest pas rétrospective; il est écrit au jour le jour sans le recul du temps qui permet à lautobiographe de juger les événements passés avec une certaine distance. Autoportrait:à la façon de Montaigne (Essais), texte ordonné logiquement ou thématiquement et non chronologiquement. Lautoportrait ne comporte pas le caractère rétrospectif de lautobiographie. Il ne propose pas la même organisation temporelle et ne se présente pas comme le récit dune vie intime. Montaigne annonce les sujets de réflexion dun homme qui se met au centre de son livre: Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre… Cependant son objet nest pas la relation de sa vie mais le compte rendu dun certain nombre dexpériences intimes, intellectuelles et affectives, exposées selon des thèmes qui lui tiennent à cœur. Mémoires: dans la mesure où le mémorialiste, témoin des événements de son temps, privilégie la chronique sociale au détriment de sa propre histoire personnelle. On accordera une place particulière aux Mémoires doutre- tombe qui mêlent étroitement le récit dune vie intime et son inscription dans la grande histoire.

6 Le pacte autobiographique Les œuvres autobiographiques se présentent comme une communication entre lauteur et le lecteur. Lauteur prend la parole à la première personne et annonce quil va faire le récit de sa vie. On se trouve donc dans le cadre dun schéma de communication traditionnel comportant un émetteur ( lauteur), un destinataire (le lecteur), un message (le livre), qui a pour référent (élément de la réalité) la vie de lauteur. Le récit de cette vie est lobjet dun contrat dont les termes sont énoncés au début du texte. Lemploi de la première personne garantit lidentité du narrateur et du personnage principal. Toutefois, une interrogation subsiste sur lidentité de ce je qui peut tout aussi bien être un personnage fictif, une pure invention de lauteur. La plupart des auteurs entendent dire la vérité, assurent le lecteur de leur bonne foi. Lidentité du nom de lauteur figurant sur la couverture et de celui du narrateur/ personnage garantit lauthenticité des propos et conclut un pacte référentiel. Par opposition à toutes les formes de fiction, la biographie et lautobiographie sont des textes rérérentiels: exactement comme le discours scientifique ou historique, ils prétendent apporter une information sur une réalité extérieure au texte, et donc,se soumettre à une épreuve de vérification. (Le pacte autobiographique, 1975)

7 Les éléments du pacte autobiographique Lemploi du nom propre Cest donc par rapport au nom propre que lon doit situer les problèmes de lautobiographie.[…]Cest dans ce nom que se résume toute lexistence de ce quon appelle lauteur: seule marque dans le texte dun indubitable hors-texte, renvoyant à une personne réelle. […] La place assignée à ce nom est capitale: elle est liée par une convention sociale, à lengagement de responsabilité dune personne réelle. […] Jentends par ces mots […] une personne dont lexistence est attestée par létat civil et vérifiable. ( Le pacte autobiographique, Seuil, 1975) La trinité narrative de tout roman classique: lauteur ( à la lisière du texte celui qui fait profession décrire), le narrateur (sujet de lénonciation, chargé par lauteur de raconter lhistoire), le personnage ( sujet de lénoncé, créature fictive, être de papier chargé dassumer une ou plusieurs fonctions dans le récit) se trouvent liés dans une unique identité de nom. Une des fonctions du pacte autobiographique est de déclarer explicitement cette identité.

8 Chronologie Cest un des axes détude de lautobiographie. La plupart des auteurs suivent lordre chronologique et commencent par le récit de leur naissance: Je fut le triste fruit de ce retour. Dix mois après, je nacquit infirme et malade: je coûtai la vie à ma mère et ma naissance fut le premier de mes malheurs. ( Rousseau, Confessions.) Je fut le premier de dix enfants. Il est probable que mes quatre sœurs durent leur existence au désir de mon père davoir son nom assuré par larrivée dun second garçon; je résistais, javais aversion pour la vie. (Chateaubriand, Les Mémoires doutre-tombe.) En 1904, à Cherbourg, officier de marine et déjà rongé par les fièvres de Cochinchine, il fit la connaissance dAnne-Marie Schweitzer, sempara de cette grande fille délaissée, lépousa, lui fit un enfant au galop, moi, et tenta de se réfugier dans la mort (Sartre, Les Mots)

9 Récit chronologique Les grandes étapes de la vie ; La mise en évidence des événements importants qui ont joué un rôle dans la formation de sa personnalité et dans sa perception du monde. Lordre chronologique peut être brisé par : des digressions; des retours en arrière; le rapprochement de différentes périodes; des intrusions du narrateur commentant certains épisodes de son passé.

10 Destinataire Personne ou public auxquels lœuvre autobiographique sadresse. Ce destinataire est explicite chez de nombreux auteurs. En évoquant ses semblables, Rousseau invite ses contemporains et lhumanité tout entière, à juger lhomme à travers lœuvre. Chateaubriand sadresse aux générations futures. Dans dautres autobiographies, le lecteur nest pas explicitement nommé, mais on peut deviner son profil en analysant ses références culturelles utilisées par lauteur et tous les signes dune connivence avec le public ainsi délimité et choisi.

11 Enfance Passage obbligé de tout récit autobiographique. Cest le moment où se forme la personnalité future, où se tissent les rapports au monde et à autrui et où se nouent les premiers conflits. Il convient détudier le regard que pose le narrateur sur lenfant quil était, comment les deux moi de lauteur sont mis en rapport et qui domine qui.

12 Mémoire Le fonctionnement de la mémoire est différent selon les auteurs mais ils essaient, par lécriture autobiographique, de donner une forme à ce qui existe confusément: un objet, un lieu, une situation, une saveur…déclenchent le souvenir. Les oublis sont également révélateurs. Certains pudeurs du texte trahissent lévénement traumatisant ( Sartre, Pérec).

13 Sincérité Le lecteur entend trouver dans lautobiographie une vérité quil ne demande pas au roman. Mais lautobiographe est prisonnier dune contradiction. Dune part il prétend raconter les événements passés avec un maximun dexactitude et de sincérité; cest une gageure: la mémoire est infidèle; le passé est coloré par le regard rétrospectif; la mise en forme discoursive ordonne les pensées, les émotions qui ne peuvent être restituées avec leur spontaneité première. Dautre part, souhaitant comprendre lévolution de sa personnalité il est conduit à analyser, donc à structurer son histoire. Une autobiographie nous renseigne surtout sur lauteur qui écrit parce quon découvre la perspective selon laquelle il désire voir sa vie et cette perspective est elle-même le résultat de son histoire. Dans les Confessions, Rousseau construit son mythe personnel, dans Les Mots Sartre règle ses comptes avec son passé.

14 De je mis avec Moi tu fais la récidive ( Stendhal) Pronom sujet abondamment employé par les autobiographes. Il représente celui qui tient la plume pour raconter son histoire (le narrateur) et celui quil était à lépoque des faits ( le personnage) mais quil nest plus. Le lecteur perçois ainsi un mouvement de va-et-vient entre les deux moi. On distinguera donc le je narrant et le je narré. Ces différents je sont identifiables par lemploi des temps verbaux auxquels ils sont liés ( présent et passé).

15 Temps Lécriture autobiographique est tributaire des caprices de la mémoire du narrateur. À travers la narration, lauteur réorganise le temps écoulé, lui donne un sens. Il sagit toujours dun travail de reconstruction dépendant dune série de choix. Aucun autobiographe ne peut en effet prétendre à la relation exaustive de sa vie. Lentreprise est éminemment subjective et arbitraire; elle se rapproche, à certains regards, de la fiction. Le temps est également un thème de lautobiographie: il peut engendrer une méditation ( Chateubriand).

16 Lanalyse du récit autobiographique En tant que récit, le texte autobiographique ne diffère pas fondamentalement du texte de fiction romanesque par: le mélange du narratif et du descriptif (portraits, descriptions, les fonctions quils assument); la temporalité: chronologie et altération de lordre chronologique (anticipations); le rytme de la narration (division en chapitres, recours à lellipse, à la pause, au sommaire, aux scènes); les techniques du discours rapporté ( paroles ou discours intérieur des personnages) la construction des séquences narratives plus ou moins complètes, plus ou moins élaborées.

17 Le discours autobiographique Le caractère rétrospectif de la narration et la réunion dans la même personne grammaticale Je, des trois entités ( narrateur- personnage-auteur) donnent au discours autobiographique une complexité particulière. Le va-et-vient constant entre le temps de lhistoire et celui de lécriture permet au Moi présent de nouer avec le Moi passé des rapports didentification (découverte des origines dune personnalité; renaissance des émotions dautrefois) ou de distanciation ( nostalgie dune époque révolue ou reniement du passé). Ce jeu de narrateur et personnage se double dune mise en scène qui concerne lécriture elle-même. À destination de son lecteur avec lequel il instaure un dialogue plus ou moins explicite, lauteur commente son texte, il note les jeux de sa mémoire, insiste sur la difficulté de cerner la vérité, de communiquer certains états psychiques.

18 Quatre questions à Philippe Lejeune, théoricien et praticien de lautobiographie. Lejeune daprés un entretien avec Anne Brunswic, journaliste pour le magazine Lire (1993)

19 Q: Pourquoi avez-vous pris tant de soin à définir lautobiographie? R: Parce que le mot est employé généralement avec une grande ambiguïté. On considère comme autobiographiques toutes sortes d œuvres lorsquon suppose que leur créateur, volontairement ou non, y révèle quelque chose de sa propre vie. Au sens stricte, une autobiographie est le récit donné pour vrai quune personne réelle fait de sa propre vie en essayant de lexpliquer. Lautobiographie se distingue donc des Journaux intimes, qui nont pas la forme dun récit; des Mémoires, qui, en principe, ne sont pas centrés sur lhistoire personnelle et bien entendu des œuvres de fiction, puisquelles ne se donnent pas pour vraies.

20 Q: Pour définir le genre, vous avez introduit la notion de pacte autobiographique qui caractériserait le genre, cet acte par lequel lauteur sengage vis-à-vis du lecteur à ne dire que la vérité. R: Je nai pas inventé cette idée de pacte. Toute œuvre donnée à un public comporte une forme de contrat de lecture, ce qui fait que le lecteur nattend pas la même chose dun roman, dun essai ou dun poème. Dans le cas de lautobiographie, ce pacte a la forme dun engagement quasi juridique. Lauteur sengage comme au tribunal à dire la vérité, rien que la vérité, toute ( ou pas toute) la vérité. À partir de là, le lecteur se sent autorisé à vérifier, à soupçonner. Un peu naïvement du reste, car une autobiographie nest pas un texte où lauteur dit vrai, cest un texte où lauteur dit quil dit vrai, nuance!.

21 Q: Mais nest-ce pas tout de même son poids de vérité qui donne sa valeur à lautobiographie? R: Certainement, mais cette vérité, quelle est-elle? Comment peut-on atteindre la vérité de son passé? En fait, nous sommes perpétuallement en train de recomposer notre passé en fonctions de nos projets actuels, de notre idéal. Le centre de lautobiographie nest pas le passé mais le présent puisque cest à partir de lui, pour le déchiffrer, que nous regardons en arrière. Les gens qui ont écrit dea autobiographies à différents moments de leur vie (comme Sartre par exemple) donnent souvent, en toute bonne foi, des versions contradictoires.

22 Q: Quand sont apparues les premières autobiographies R: Le terme lui-même est créé en Allemagne à la fin du XVIIIème siècle, se diffuse aussitôt en Angleterre et autour de 1830 en France. Auparavant on parlait de Mémoires ou de Vie de M. Untel par lui-même. La naissance de ce mot correspond à la diffusion nouvelle que connaît le genre autobiographique, mais en histoire il ny a jamais de début absolu, il ny a que des recombinaisons et des tournants. Lautobiographie telle que l inaugure Rousseau dans les Confessions est en fait héritière de deux grandes traditions, dune part le connais-toi toi-même de la sagesse antique, dautre part la tradition chrétienne de lexamen de conscience tel quon la pratiquait dans la vie religieuse.

23 La passion du je ou lhistoire dune vie: lautobiographie de Montaigne à Perec Comment les écrivains racontent leur vie et sinventent en sécrivant: les explications de Philippe Lejeune

24 Q: Montaigne nest-il pas le premier autobiographe? R: Au sens strict, les Essais ne sont pas une autobiographie puisque Montaigne ne donne jamais à son texte la forme dun récit chronologique. Cest même le contraire dun récit clos ou exemplaire. Il sagit en fait dun autoportrait extrêmement fouillé portant une attention exceptionnelle à toutes les circonstances de la vie privée, ce que Georges Perec appellera linfra- ordinaire. Les Essais appartiennent plutôt à la tradition antique de lexercice de soi. Mais Montaigne, bénéficiant de linvention de limprimerie, est le premier qui ait eu lidée de faire de soi un livre. Les deux premiers livres des Essais sont édités à Bordeaux en 1580; Montaigne se peint et sanalyse mais ne donne pas de récit de sa vie.

25 Q: Considérez-vous donc Rousseau comme le fondateur du genre? R: Il marque en tout cas le tournant de toute une époque. Le préambule des Confessions formule le contrat autobiographique comme une provocation violente contre lordre social. Dans une société qui étouffe le moi et impose à tous le mensonge, Rousseau défini lautobiographie comme une protestation contre lhypocrisie, au nom des droits de la nature. Quatre ans après la mort de Rousseau, paraissent à Genève les Confessions. Pour la première fois un écrivain célèbre entreprend de raconter sa vie depuis son premier jour: Je coûtai la vie à ma mère et ma naissance fut le premier des mes malheurs.

26 Q:Pourquoi Rousseau, Stendhal et Chateaubriand écrivent-ils leur autobiographie dans la perspective dune pubblication postume? R: Rousseau, qui se sentait persécuté, ne pouvait sen remettre quà la postérité. Stendhal pensait, non sans raison, quon ne pouvait le comprendre avant Pour Chateaubriand, il sagit surtout de sassurer avec ses Mémoires une survie imaginaire comme on se bâtit un somptueux tombeau. La psychanaliste Sophie de Mijolla emploie à ce propos une exellente formule: Écrire son autobiographie, cest survivre à son passé. Il est toujours terrible de mettre un point final à son autobiographie. Michel Leiris a tenté plusieurs fois de le faire mais y a renoncé parce quil ne voulait pas sempêcher de continuer à écrire et donc sempêcher de vivre.

27 Q: Quelle influence la psychanalise a-t-elle eu sur lautobiographie? R: Dans les années 20, Freud a commencé a être lu dans lentourage de Gide, à la NRF, et dans le groupe surréaliste d André Breton. Aussitôt on sest mis à lire les autobiographies autrement, avec une attention particulière au non-dit, aux failles, aux cicatrices, aux symptômes de linconscient.

28 Q: Pourquoi Gide na-t-il pas choisi de présenter Si le grain ne meurt comme un récit fictif? R: Il voulait changer la société de son époque, faire comprendre que le choix homosexuel était naturel et acceptable. Au risque moins de nuire à sa réputation décrivain que de saccager sa vie privée.

29 Q: Gide connaissait bien la psychanalyse mais il navait pas été analysé. Quels sont les premiers autobiographes français à suivre une cure analytique? R: Entre autres, Queneau, Leiris et Bataille. Mais psychanalyse et autobiographie sont tout à fait différentes. La psychanalyse suppose la parole, la présence dun autre et le transfert. On lentreprend pour se changer, se défaire et se recomposer. Lautobiographie avance dans la solitude de lécriture avec éventuellement lidée dun lecteur futur à séduire. Sa pente naturelle est plutôt la synthèse que lanalyse: elle colmate les failles, panse les blessures, construit une cohérence.

30 Q: Pourquoi vous êtes-vous passionné pour le cas Leiris? R: Précisément Leiris a eu le courage ou le masochisme, de prendre l autobiographie à rebrousse- poil, en allant contre la tendance au colmatage. Leiris accepte le fourmillement et le dérapage. Son livre le moins déroutant, LÂge dhomme, est un montage de souvenirs denfance, de rêves, de lectures littéraires, etc., une sorte de kaléidoscope dans lequel il essaie de voir se composer sa véritable identité. Leiris note un petit fait de la vie quotidienne, un mot, un fantasme, une expérience. Avec ce jeu de cartes personnel, il joue une sorte de réussite qui about it à une série de dix à douze cartes se suivant dans un ordre précis. La règle consiste alors à écrire un texte qui eliera chacun des éléments de la première à la douzième carte. Ce procédé ludique et poétique permet à Leiris dexplorer des associations didées. Leiris est un véritable inventeur, un poète qui a fondé son autobiographie sur la logique des jeux de mots en poésie.

31 Q: Jean-Paul Sartre a-t-il lui aussi pratiqué lautobiographie comme une exploration? R: Cest évident surtout dans les Carnets de la drôle de guerre. Sartre y conçoit lautobiographie comme un laboratoire de philosophie. Ces Carnets ont la forme dun journal dans lequel Sartre examine systématiquement ses idées à la lumière de sa propre expérience. Ces plongées dans son passé lamènent souvent à corriger sa philosophie. Ce sont des pages sans aucune rature, dune drôlerie et dune spontanéité extraordinaires.

32 Q: Les Mots nest-il pas un livre plus réussi? R: Cest sans doute un texte plus brillant, un exercice dune virtuosité rare mais cest moins un livre de recherche. Sartre travaille dix ans sur Les Mots mais il a déjà toutes les idées au début: il construit un récit denfance conforme à sa philosophie. La thèse exposée dans LÊtre et le Néant est que lhomme a peur de la liberté et la fuit dans la comédie et la mauvaise foi. Le héros des Mots, Poulou, lui aussi, fuit sa liberté en endossant successivement tous les rôles que lui propose son grand-père. Les Mots est un livre très original car cest une autobiographie parodique, genre rare et difficile sil en est. Il senscrit dans la tradition des souvenirs denfance mais il les passe à la moulinette du comique. […] Cest le texte de quelquun qui, croyant tout savoir sur lui-même, construit un texte si serré quil ne permet aucune autre interprétation que la sienne.

33 Q: Le dernier écrivain auquel vous vous êtes beaucoup intéressé est George Pérec. Pourquoi? R: Perec sest donné des règles du jeu encore plus compliqués que Leiris; une façon pour lui de contourner limpossibilité de raconter sa vie. La question qui domine son entreprise autobiographique est comment écrire après lholocauste. Il y a consacré lessentiel de son travail entre lâge de 30 ans et de 40 ans, ce qui a donné notamment deux livres très différents: W ou le souvenir denfance et Je me souviens. Le premier commence par une phrase provocatrice: Je nai pas de souvenirs denfance. En fait, lorsque Perec regarde son enfance il y voit un trou où grouillent des choses tellement horribles que cest insoutenable. Les contraintes formelles quil se donne lui permettent malgré tout de regarder mais obliquement, comme sous anésthésie. W ou le souvenir denfance mène de front deux récits: lun explore lhorreur fascinée quun adolescent éprouve pour les camps nazis, lautre est un récit denfance écrit dans la façon la plus blanche. Au lecteur de croiser ces deux séries, de prendre en charge lholocauste à la fois comme victime et comme bourreau. Ce livre douloureux, exigeant du lecteur une gymnastique difficile, fait éprouver un intense sentiment de solitude.

34 Q: Je me souviens souscite un sentiment tout à fait opposé. R: Oui, cest un livre euphorique, convivial, qui explore la zone partagée de notre mémoire. Ces 480 phrases commençant par Je me souviens rassemblent des souvenirs presque oubliés, banals, apparemment insignifiants mais communs à tous.

35 Deuxième partie Un mot nouveau: Autofiction

36 Lautofiction Le terme d'autofiction est un néologisme apparu en 1977, sous la plume de l'écrivain Serge Doubrovsky, qui l'a employé sur la 4e de couverture de son livre Fils. Ce néologisme a connu depuis un succès grandissant aussi bien chez les écrivains que dans la critique. Il est intéressant de remarquer que la paternité du terme revient à quelqu'un qui a été à la fois un critique universitaire français enseignant à New York (spécialiste de Corneille) et un écrivain menant une carrière littéraire (après Fils, il a publié une suite de livres d'inspiration autobiographique). On pourrait dire qu'il s'agit d'une mise en question savante de la pratique naïve de l'autobiographie.

37 Serge Doubrovsky, Fils, Paris, Galilée, 1977, quatrième de couverture.. « Autobiographie ? Non, cest un privilège réservé aux importants de ce monde, au soir de leur vie, et dans un beau style. Fiction dévénements et de faits strictement réels ; si lon veut, autofiction, davoir confié le langage dune aventure à laventure du langage en liberté, hors sagesse et hors syntaxe du roman, traditionnel ou nouveau. Rencontres, fils des mots, allitérations, assonances, dissonances, écriture davant ou après la littérature, concrète, comme on dit musique. Ou encore, autofriction, patiemment onaniste, qui espère maintenant partager son plaisir. ». La fiction devient ici loutil affiché dune quête identitaire (notamment à travers lutilisation de la psychanalyse).psychanalyse

38 « LAutofiction : un mauvais genre » « Récit dont un auteur, narrateur et protagoniste partagent la même identité nominale et dont lintitulé générique indique quil sagit dun roman. » -- Lecarme (Jacques), Autofictions & Cie, Doubrovsky (Serge), Lecarme (Jacques) et Lejeune (Philippe) éd. (Paris : Université Paris X, 1993), p. 227.

39 « Lautofiction est un récit intime dont un auteur, narrateur et protagoniste partagent la même identité nominale et dont le texte et/ou le péritexte indiquent quil sagit dune fiction. » Pierre-Alexandre Sicart, Autobiographie, Roman, Autofiction (thèse de doctorat, 2005).

40 Le terme est composé du préfixe auto- (du grec αυτος : « soi- même ») et de fiction. Lautofiction est un genre littéraire qui se définit par un "pacte oxymoronique"2 ou contradictoire associant deux types de narrations opposés : cest un récit fondé, comme lautobiographie, sur le principe des trois identités (lauteur est aussi le narrateur et le personnage principal), qui se réclame cependant de la fiction dans ses modalités narratives et dans les allégations péritextuelles (titre, quatrième de couverture...). On lappelle aussi roman personnel dans les programmes officiels. Il sagit en clair dun croisement entre un récit réel de la vie de lauteur et dun récit fictif explorant une expérience vécue par celui-ci.fictiongenre littéraire2autobiographiefiction Lautofiction est le récit dévènements de la vie de lauteur sous une forme plus ou moins romancée (lemploi, dans certains cas, dune narration à la troisième personne du singulier).récit

41 La possibilité d'une vérité ou d'une sincérité de l'autobiographie s'est trouvée radicalement mise en doute à la lumière de l'analyse du récit et d'un ensemble de réflexions critiques touchant à l'autobiographie et au langage. A la suite de Doubrovsky, d'autres écrivains- professeurs, comme Alain Robbe-Grillet ont écrit des autofictions dans lesquelles ils soumettaient leur propre biographie au crible de leur savoir critique. Encore récemment, en 1996, des réflexions théoriques sur l'autofiction ont été élaborées par Marie Darrieussecq qui est à la fois une universitaire et une romancière à succès, auteure notamment du roman Truisme.

42 Double définition de l'autofiction c'est ce qu'on appelle un mot-valise, suggérant une synthèse de l'autobiographie et de la fiction. un détournement fictif de l'autobiographie selon un premier type de définition, stylistique la métamorphose de l'autobiographie en autofiction tient à certains effets découlant du type de langage employé selon un second type de définition, référentielle, l'autobiographie se transforme en autofiction en fonction de son contenu, et du rapport de ce contenu à la réalité.

43 La théorie littéraire de langue anglaise comporte deux notions proches de lautofiction : faction (mot-valise regroupant "fact" et "fiction") et autobiographical novel. La faction est tout texte mêlant une technique narrative empruntée à la fiction et un récit portant sur des faits réels ; même si le terme a le mérite de faire référence aux problématiques de lautofiction, le corpus textuel quil désigne semble se rapprocher davantage de la nonfiction novel, voire dun récit historique fictionnalisé. Autobiographical novel est un terme plus courant pour désigner un récit proche de la vie de lauteur

44 Lautofiction, cest transposer sa vie dans le champ de limpossible, celui de lécriture, un lieu qui naura jamais lieu…Cest, en quelque sorte, lénonciation elle seule qui est fiction dans le livre. La fiction dans ce terme dautofiction nest pas sur le plan de lidentité mais au niveau de la structure dans laquelle naît une voix impossible. Tout est vrai dans lautofiction, rien nest inventé, tout est créé. Lêtre de papier fanfaronne, gesticule sur la scène autofictionnelle : il ne pourra jamais avoir lieu dans le réel, dans la vie. Lautofiction nest pas une fictionnalisation de soi : se fictionnaliser, cest partir de soi pour créer une existence autre, cest transposer son être dans le champ des possibles qui pourraient / auraient pu avoir lieu dans la réalité.

45 Troisième partie Une nouvelle frontière: Philippe Forest

46 Philippe Forest Les œuvres Romans Lenfant éternel Gallimard, 1997 Toute la nuit, Gallimard 1998 Sarinagara (Prix Décembre), Alet, 2008Prix Décembre Le Nouvel Amour, Gallimard, Essais Philippe Sollers, Seuil, 1992 Camus, Marabout, 1992 Le Mouvement surréaliste, Vuibert, 1994 Textes et labyrinthes : Joyce, Kafka, Muir, Borges, Butor, Robbe-Grillet, éd. Inter-universitaires, 1995 Histoire de Tel Quel, Seuil, 1995 Oé Kenzaburô, Pleins Feux, 2001 Le roman, le je, Pleins Feux, 2001 Près des acacias, l'autisme, une énigme (avec des photos d'Olivier Menanteau), Actes Sud/ 3CA, 2002 Raymond Hains, uns roman, Gallimard 2004 La beauté du contresens et autres essais sur la littérature japonaise (Allaphbed 1), Cécile Defaut, 2005 De Tel Quel à L'Infini, nouveaux essais (Allaphbed 2), Cécile Defaut, 2006 Le Roman, le réel et autres essais (Allaphbed 3), Cécile Defaut, 2007

47 Philippe Forrest, entre intellectualisme et pathos daprès un entretien avec Yann Nicol, journaliste ( Avril, 2006) Q: Vous êtes un écrivain très érudit qui a un rapport intellectuel et théorique avec la littérature. Faut-il, dans une démarche de création littéraire, se débarrasser de son savoir ? Peut-on sextraire de la réflexion pour se situer entièrement dans lémotion ? R: Je suis tout à fait convaincu que la vraie littérature ne peut pas procéder de lignorance et de linculture.Je ne conçois pas de littérature qui ne soit également un exercice de pensée, de réflexion où lécrivain sinterroge sur ce quil fait à mesure quil le fait. Mes premiers livres étaient des études consacrées à la littérature davant-garde : le surréalisme, le nouveau roman, le post-structuralisme et tout particulièrement ce qui sest passé dans les années 60 et 70 autour du mouvement Tel Quel (Sollers, Kristeva, Barthes, Derrida, etc.). Cest seulement tardivement que je suis devenu romancier. Javais trente-cinq ans. Si lon en croit Dante : lâge du milieu du chemin de sa vie.

48 La tension entre la pensée et lémotion Être un théoricien de la littérature est une chose. Être un écrivain en est une autre. Il faut se placer dans des dispositions mentales telles que lon en vient à oublier ce que lon sait afin dêtre en mesure de le réinventer de manière à ce que le savoir ne vienne pas étouffer, entraver le geste de limagination. Autant que je puisse en juger, mes romans ont ceci de particulier quils sinscrivent consciemment dans une tradition littéraire influencée en effet par la théorie mais quils revendiquent également une dimension pathétique très marquée - alors que le "pathos" est une notion très dépréciée, voire tout à fait méprisée au sein de cette même tradition et plus généralement, malgré de géniales exceptions (Victor Hugo par exemple), dans la littérature française. Il y a ainsi dans mes livres une tension, une contradiction peut-être entre la pensée et lémotion. Mais cest cette tension, cette contradiction qui, à mon sens, fait battre le coeur vrai de lexpérience littéraire.

49 Lévénement personnel avant toute chose Dans mes deux premiers romans (LEnfant éternel et Toute la nuit) jévoquais très directement lévénement personnel qui ma décidé à écrire : la mort de ma fille, alors âgée de quatre ans, des suites du cancer. Jai voulu écrire chacun de mes livres dans la fidélité à cet événement mais de telle sorte que tout nouveau roman constitue comme la reprise des précédents - au sens où le philosophe danois Kierkegaard, opposant "reprise" et "répétition", définit une "reprise" comme un "souvenir en avant".

50 On sait que vous êtes un spécialiste de lécriture du JE, et des éternelles questions autour de lautobiographie et de lautofiction. Pouvez vous nous dire votre position à ce sujet ? En quoi votre livre peut-il être considéré comme une autofiction ? Cette question est-elle particulièrement une affaire française ? R : Je laisse dire de mes romans quils relèvent de l"autofiction" parce que je sais quil est nécessaire à un écrivain, sil veut quon le lise, de passer des compromis avec lesprit de son temps et daccepter quon le range dans telle ou telle des écoles, dans tel ou tel des mouvements que reconnaît la critique littéraire dont il est le contemporain. Pourtant, et en vérité, je ne me sens quassez indirectement concerné par le renouveau actuel du roman autobiographique français. A mes yeux, ce que lon a appelé dans les années 80 et 90 l"autofiction" a été le plus souvent une réaction de repli un peu régressive consécutive à la crise de lavant-garde. Une nouvelle génération de romanciers a prétendu revenir à la réalité, au vécu, à la psychologie après toute une période où dominait une conception très théoricienne et un peu abstraite de lécriture.

51 La mauvaise fiction La voie a été ainsi ouverte où se sont précipités des auteurs surtout animés du désir très narcissique de mettre leur "moi" en avant et den revenir à un naturalisme de lintime qui congédiait toute authentique ambition littéraire et répondait très docilement aux exigences du spectacle moderne et marchand tel que celui-ci règne dans la culture télévisuelle où lon demande surtout aux écrivains dêtre capables de faire avantageusement de la figuration sur les plateaux des "talk-shows". Cela revient le plus souvent à produire, sous couvert de roman, des documents, des témoignages où, sous prétexte de dire la vérité sur soi et sur le monde, on produit à son insu une très mauvaise fiction qui signore comme telle.

52 Forest et lautofiction Quand je parle de naturalisme de lintime, je veux dire que lautobiographie romanesque - au sens où la pratique le plus souvent l"autofiction"- est toujours quête de lidentité. Or, il me semble que, au contraire, la modernité littéraire procède dune expérience de vertige où, confronté à ce que je nommais l"impossible", toute certitude identitaire se défait, se dissout. Le sujet, le "je", à partir du moment où il se raconte, séprouve comme une fiction. La vie est un roman, comme on dit. Et cest pourquoi seul le roman peut raconter la vie, en rendre la vérité qui est fragmentaire, éclatée, fuyante, contradictoire. "Je est un autre" comme disait Rimbaud. Les oeuvres autobiographiques qui me paraissent dignes dintérêt sont celles qui font lépreuve de cette altérité fondamentale. Il y en a de très nombreuses dans la littérature française expérimentale : depuis le surréalisme (avec Breton, Aragon ou bien Leiris) jusquau post-structuralisme (je pense encore à Barthes). Mais cette histoire est loin dêtre strictement française.

53 Le je de lexpérience Pour moi, en littérature, lessentiel est l"expérience" au sens fort que Georges Bataille donnait à ce mot ("expérience" du "réel", de l"impossible") qui confronte la conscience au vertige dune perte, dune extase, dune disparition où le sujet saccomplit et sannule à la fois. Tous les grands romans daujourdhui - et cest pourquoi contrairement à ce que lon répète la littérature est loin dêtre morte ou décadente- procèdent dune telle "expérience" du Je. Je pense en France à certains des livres de Philippe Sollers (Paradis ou Femmes) et de Pascal Quignard (Derniers royaumes), je pense à certains des romans de Philip Roth (La contrevie et Opération Shylock) ou de Peter Handke (Mes années dans la baie de personne), je pense à Kenzaburô Oé ou à Gao Xingjian et à dautres écrivains japonais ou chinois encore.

54 Le sens de la mort… le sens de la vie La sagesse (sous la forme de la philosophie, de la religion, de la science) nous enseigne cette vérité que nous sommes tous promis à la mort. Cependant, le propre de la littérature consiste à ne pas se résoudre à cette vérité, à ne pas abdiquer devant elle, à affirmer contre toute raison que quelque chose - on peut le nommer le désir ou lamour- proteste contre le néant auquel nous sommes voués. Je sais bien que cette conception très grave peut paraître anachronique à une époque où la culture est envisagée essentiellement comme divertissement, spectacle, où la réalité se trouve définie comme apparence, simulacre, où lon nous dit même quelle se dissout entièrement dans le virtuel. Pour ma part, je reste fidèle à cette éthique qui est celle de la modernité et qui veut que lart soit confrontation avec l"impossible" au sens de Georges Bataille ( cet "impossible" qui est le "réel" disait le psychanalyste Jacques Lacan). Toutes les grandes oeuvres dhier et daujourdhui traitent de cette aporie qui est le fond même de la condition humaine. Cela ne signifie surtout pas que la littérature nous sauve de la mort en transformant la vie en beauté, en oeuvre dart. Elle (la littérature) témoigne juste de cette expérience qui exige dêtre dite, dite encore et toujours.

55 Lenfant éternel Jai fait de ma fille un être de papier. Jai tous les soirs transformé mon bureau en un théâtre dencre où se jouaient encore ses aventures inventées. Le point final est posé. Jai rangé le livre avec les autres. Les mots ne sont daucun secours. ( Sainte-Cécile, 25 avril- 25 juin 1996)

56 Papa, Maman, Pauline Il était une fois lhiver dernier… Je, nous, vous et la troisième personne Le présent, le passé et le temps de la fable Pauline: les jeux, les vieux livres Notre histoire est une fable de terreur et de tendresse.

57 Une fable parmi les fables Les aventures de Peter Pan: Tous les enfants sauf un grandissent Deux est le commencement de la fin La famille des trois ours Sailor Moon Les fables de La Fontaine

58 Lécriture Un roman est une gravure dans le bois du temps. Un livre existe seulement malgré son auteur, à son dépit, contre lui, en lobbligeant de toucher le point exacte de sa vie où son être irrémédiablement sestompe. Le roman, ce nest pas la vérité. Mais il nen est pas dépourvu. La vérité, cest le point de départ à partir duquel on commence à écrire. Le roman est la révélation du Temps, dans le Temps. Cest lanticipation de linstant vécu et pour cela la conscience que nous avons dexister. Alors on comprend quavec la naissance, la mort fait déjà partie de notre existence.

59 La mémoire La mémoire est un jeu imaginaire de cartes de tarots, que je voltige en prophétisant maintenant ce qui arrivera après. J improvvise ainsi un récit que je murmure à l oreille dune enfant perdue. Mon histoire, cest mon èche pour quelle ne parte.

60 Conclusion Ce livre contient tous les livres quon a lus ensemble. Jécris. Lenfant a laissé son ombre dans ma chambre. Je lai mise dans mon tiroir où le manuscrit repose et que je sors la nuit tombante. Elle ne peut résister à ce conte qui parle delle. Elle se penche sur mon épaule pendant le temps que je trace ces lignes.Elle lit.

61 Pauline est devenue un être de papier pour exister éternellement grâce à la littérature, tout comme Léopoldine et Anatole.


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