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2 ème Année ESSCA CYCLE 2011/2012 Équipe denseignants : J.-F. DESCHAMPS, J. DORIDOT, D. EL AMOURI, H. FEERTCHAK- GERY, HOFAIDHLLAOUI Mahrane F. LINDENMANN,

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1 2 ème Année ESSCA CYCLE 2011/2012 Équipe denseignants : J.-F. DESCHAMPS, J. DORIDOT, D. EL AMOURI, H. FEERTCHAK- GERY, HOFAIDHLLAOUI Mahrane F. LINDENMANN, P.MARTIN, B. RAVELEAU Coordinateur : Pascal MARTIN Introduction à la Psychologie Sociale 1

2 Le comportement de groupe Séance 7 Les Fondamentaux 2

3 Les groupes sociaux Les Fondamentaux 1- Quest-ce quun groupe ? le groupe va être considéré comme un ensemble social organisé avec ses composantes spécifiques, mais également à travers les formes de relation et de communication quil engendre 3

4 Les groupes sociaux Les Fondamentaux Définition courante Un groupe est « la réunion de plusieurs personnes dans un même lieu » En psychologie sociale La définition est plus précise On retient généralement deux critères : Lexistence dune interaction entre les personnes composant le groupe La conscience dune appartenance commune (R.K. Merton) 4

5 Les groupes sociaux Les Fondamentaux Groupe = Deux individus, ou plus, qui, de façon interactive et interdépendante, sunissent en vue de réaliser des objectifs précis. Ils sinfluencent et se perçoivent comme un « nous » Kurt Lewin (1948) : Un tout est autre chose que la somme de ses éléments, et cest la manière dont ces éléments sagencent et se structurent entre eux, et non leurs caractéristiques intrinsèques, qui le caractérisent 5

6 On parle de groupe si les critères suivants sont réunis : -la présence de relations interpersonnelles -la poursuite dun but commun -linfluence réciproque -la mise en place dune organisation : chaque membre a son rôle ou son statut, les valeurs et les normes de groupe se créent Les groupes sociaux Les Fondamentaux 6

7 Donc, dans cette perspective, le groupe a une réalité propre (il forme un système dinterdépendance, il est non réductible à la somme des individus qui le composent). Le groupe est un tout dynamique, un lieu dapprentissage de comportements nouveaux, dacquisition de nouvelles connaissances. 7

8 Les groupes sociaux Les Fondamentaux Groupe formel = groupe de travail déterminé par la structure de lentreprise Groupe informel = groupe qui na pas de structure formellement définie et nest pas établi au niveau organisationnel ; se forme en réponse à un besoin de contact social Groupe hiérarchique = groupe composé dindividus qui réfèrent directement à un responsable déterminé Groupe de travail = personnes travaillant ensemble afin de réaliser une tâche ou un projet spécifique Groupe dintérêt = personnes travaillant ensemble pour atteindre un objectif spécifique qui les concerne toutes Groupe daffinité = personnes se réunissant pour partager un ou plusieurs points communs 8

9 Les groupes sociaux Les Fondamentaux Pourquoi les individus se rassemblent-ils en groupes ? -Sécurité -Statut -Estime de soi -Appartenance -Pouvoir -Réalisation dobjectifs 9

10 Les groupes sociaux Les Fondamentaux 2 – Les étapes de la dynamique dun groupe 2.1- Présentation du modèle à 5 étapes : Lors de leur formation, les groupes passent par cinq étapes distinctes : Etape 1 - la formation Etape 2 - lagitation Etape 3 - la cohésion Etape 4 - la performance Etape 5 - la dissolution 10

11 Les étapes de la dynamique dun groupe Pré-étape 1 Etape 1 : formation Etape 2 : agitation Etape 3 : cohésion Etape 4 : performance Etape 5 : dissolution 11

12 Les groupes sociaux Les Fondamentaux -Létape de la formation : première étape de la dynamique dun groupe, caractérisée par une grande incertitude concernant le but, la structure et les leaders du groupe -Létape de lagitation (confrontation) : seconde étape caractérisée par des conflits au sein du groupe -Létape de la cohésion : troisième étape caractérisée par des relations étroites entre les membres, une normalisation et une stabilisation du fonctionnement 12

13 Les groupes sociaux Les Fondamentaux -Létape de la performance : quatrième étape caractérisée par une pleine efficience du groupe, la structure étant totalement opérationnelle et acceptée par les membres -Létape de la dissolution : étape ultime du groupe pour les groupes temporaires, précédant le démantèlement et la dispersion, et où lon sattache davantage à mettre un terme aux activités quà être performant 13

14 Les groupes sociaux Les Fondamentaux 2.2. Un modèle alternatif : les groupes temporaires Modèle déquilibre ponctuel : les groupes temporaires transitent par des phases dinertie et dactivité 3. Les caractéristiques dun groupe : rôles, normes, statuts, taille et cohésion 3.1. Les rôles Rôle : comportement prévisible dune personne qui occupe une position donnée dans un contexte social donné ; ensemble de modèles comportementaux conformes attendus des individus selon la place occupée dans une unité sociale 14

15 Les groupes sociaux Les Fondamentaux Lidentité de rôle : attitudes et comportement attendus dun rôle La perception de rôle : lidée quun individu se fait de la façon dont il est censé se comporter dans une situation donnée Les attentes de rôles : idée que les autres se font quant au comportement quune personne doit adopter dans une situation donnée (contrat psychologique) 15

16 Les groupes sociaux Les Fondamentaux Contrat psychologique : accord tacite qui définit ce quun employeur attend de ses employés et vice versa Conflit de rôle : situation dans laquelle les attentes correspondant à des rôles différents divergent Voir lexpérience de Zimbardo 16

17 Les groupes sociaux Les Fondamentaux 3.2. Les normes Normes : règles de conduite ou critères de comportement acceptables au sein dun groupe et adoptés par tous les membres ; critères explicites ou implicites dattitudes et de comportements, fixés et partagés par les membres dun même groupe social Voir lexpérience des usines Hawthorne de la Western Electric Company à Chicago entre 1924 et

18 Les groupes sociaux Sherif (1953) a repris la notion de groupe de référence pour définir le système de référence utilisé par un individu lorsquil compare sa position à celle dautrui. Kelley (1952) a mis en évidence deux fonctions remplies par les groupes de référence : -Une fonction comparative ou évaluative lorsquun individu se positionne par rapport à autrui -Une fonction normative qui lui permet dévaluer son comportement au regard des normes existantes dans le groupe 18

19 Les groupes sociaux Les catégories de normes : La catégorie la plus fréquente est celle qui se rapporte à la performance. Cette catégorie à un pouvoir important sur la performance individuel Une autre catégorie regroupe les normes dapparence. Cela va de la tenue vestimentaire à la loyauté vis-à-vis du groupe 19

20 Les groupes sociaux Les groupes conventionnels et les groupes réels Moscovici (1981) Les groupes conventionnels désignent divers regroupements dindividus selon un certain nombre de critères communs extérieurs et qui permettent de dégager des catégories ; on va ainsi distinguer des groupes de personnes suivant leur profession, leur niveau de formation, leur mode de vie. Les groupes sociaux réels désignent des groupes restreints et correspondent essentiellement aux groupes primaires. 20

21 Les groupes sociaux On peut également évoquer Le groupe de travail dont lobjectif commun sinscrit dans la finalité de lorganisation Léquipe de travail qui se compose dun groupe de personnes possédant des compétences complémentaires réunies autour dun thème commun, dun ensemble dobjectifs à atteindre et pour lesquels ils se tiennent mutuellement responsables (Katzenbach et Smith, 1993 ) 21

22 Les groupes sociaux Léquipe virtuelle qui est un ensemble de personnes qui ont les compétences requises pour la réalisation de lobjectif de léquipe. Sa construction est indépendante de la localisation physique des individus et de leur appartenance à une organisation. « Nimporte où, nimporte quand, mais être au courant » 22

23 Les groupes sociaux 3.3. Le statut Chaque individu dans une société a un statut social qui le définit au sein dune société. Le statut social est lensemble des positions objectives quun individu occupe dans le système social (comme la profession, le niveau dinstruction, le sexe ou lâge…) qui en fonction de sa proximité avec les valeurs reconnues par la société génère un statut social plus ou moins élevé. Le statut social est un ensemble de droits et d'obligations socialement déterminé. 23

24 Les groupes sociaux Kahn et Al. (1964) soulignent divers conflits possibles : Conflit personnel (le rôle diffère des valeurs de lindividu) Conflit intra-émetteur (directives contradictoires) Conflit inter-émetteur (2 personnes ayant le même rôle, mais qui donnent des consignes contradictoires) Conflit inter-rôles (se conformer à un rôle donné) 24

25 Les groupes sociaux 3.4. La taille La taille du groupe influe sur son comportement Les faits montrent que les groupes plus restreints remplissent plus rapidement leur mission Cependant, lorsquil sagit de trouver une solution à un problème, les groupes plus importants paraissent mieux sen sortir (groupe 12 membres). La collecte de données est plus abondante Mais, il semble que les groupes restreints soient plus performants lorsquil sagit de tirer quelque chose de ces données (groupe denviron 7 membres) 25

26 Les groupes sociaux Paresse sociale : Tendance à fournir moins deffort et à diminuer son rendement au sein du groupe en situation de travail collectif Expérience de « tirer sur une corde » de Max Ringelmann La performance du groupe augmente avec sa taille, mais la venue de nouveaux membres a un effet négatif sur la productivité 26

27 Les groupes sociaux 3.5. La cohésion Cohésion : Force qui unit les membres dun groupe et les incite à y demeurer ; résultat du désir des membres dun groupe dappartenir à ce groupe et de leur motivation à y maintenir une participation active Les études montrent que la relation entre dépendance productivité est fonction des normes relatives à la performance établies par le groupe 27

28 Les groupes sociaux LA DYNAMIQUE DE GROUPE « There is nothing so pratical as a good theory » (Lewin, 1951) 28

29 Les groupes sociaux Les études sur le groupe ont été développées notamment par les travaux de Lewin, qui a introduit une compréhension dynamique des processus qui se déroulent dans un groupe. En effet, Kurt Lewin sintéressa, après avoir étudié les processus cognitifs de perception et dapprentissage, aux phénomènes de groupes humains restreints (leadership, climat social, valeurs et standards de groupe) pour enfin aborder les contraintes sociales sur les groupes imposées par la technologie, léconomie, la loi et la politique. Cest lui qui créa, en 1944, lexpression « group dynamics » (dynamique de groupe). La conception de Lewin (1940) du groupe est opposée à celle dAllport. Le groupe a une existence en soi et il doit être considéré comme une entité dont les membres sont des composantes interdépendantes les uns des autres. 29

30 Les groupes sociaux La dynamique des groupes désigne dabord un ensemble danalyses des relations interpersonnelles au sein dun groupe (Jacob Lévy Moreno avec la sociométrie ou qualité relationnelle socio-affective : degré de sympathie, dantipathie ou dindifférence) des logiques dinfluence et de pouvoir dans un groupe (Kurt Lewin) la personnalité du groupe (psychanalyse des groupes) 30

31 Les groupes sociaux Létude du fonctionnement des groupes restreints a permis den tirer des conclusions sur les façons de mieux communiquer. Des auteurs comme Bales ou Leary ont repéré différents rôles caractéristiques au sein des groupes (le leader, le clarificateur, lorganisateur, lopposant, lagent dambiance, lagressif, le marginal…) De là, découlent des façons de réagir par rapport à ces profils caractéristiques, qui permettent de mieux utiliser les forces et cerner les faiblesses dun groupe. 31

32 Les groupes sociaux Les expériences de K. Lewin tendent à démontrer limportance de léchange dinformations dans un groupe. Quand la discussion précède la décision, une plus forte adhésion des membres du groupe est observée. Voir les expériences de Lewin au cours de la seconde guerre mondiale. Une vaste campagne dinformations du gouvernement américain pour inciter les ménagères à consommer, en particulier, des abats de rognons et de ris de veau. 32

33 Les groupes sociaux Selon Campbell (1958) les groupes humains varient en entitativité (en unité). Trois critères objectifs président à lentitativité : - le fait davoir un sort commun - la ressemblance entre les membres - la proximité physique/spatiale. 33

34 Les groupes sociaux LA PRISE DE DECISION COLLECTIVE 34

35 Les groupes sociaux : LA PRISE DE DECISION COLLECTIVE 1. La pensée de groupe La notion de « pensée de groupe » a été proposée par Janis (1971). Il sest interrogé, à lépoque, sur le processus de prise de décision intervenant dans les groupes dexperts. Alors que lon a à faire, à priori, aux personnes les plus compétentes, pourquoi obtient-on un échec du résultat après décision ? (ex. Pearl Harbor, la Baie des Cochons, la guerre du Vietnam) Pour Janis, ces différents fiascos peuvent sexpliquer par la mauvaise qualité du processus de décision. Cest-à-dire que parfois la pensée de groupe correspondrait à la tendance à prendre des décisions basées sur une évaluation erronée de la situation, en particulier chez des groupes très cohésifs 35

36 Les groupes sociaux Selon Janis, les membres dun groupe cohésif (solidarité, attrait mutuel, esprit de corps) ont tendance à prendre trop facilement pour acquis le fait quils pensent et quils ressentent la même chose Ils ne se donneraient pas la peine dexaminer déventuels points de vue divergents 36

37 Janis et Mann (1977) poursuivent leurs études et considèrent que : -La pensée de groupe serait dû à une cohésion élevée du groupe -A lisolement relatif du groupe par rapport à lextérieur -A labsence de méthodes précises de recherche et dévaluation des diverses possibilités daction -A la présence dun leader directif qui affirme demblée sa position ; -Et, enfin au stress élevé des membres qui nosent pas faire connaître leurs doutes 37

38 Les groupes sociaux Toutefois, il est important de noter que toutes les décisions collectives ne mènent pas à de mauvaises décisions. Il existe des groupes très cohésifs qui acceptent les désaccords. Puis, certains groupes peu cohésifs peuvent aussi prendre des décisions erronées. Steiner (1982) pense que la principale cause de la « pensée de groupe » serait le désir de cohésion des membres du groupe et non la cohésion elle-même. 38

39 Les groupes sociaux LA PRISE DE DECISION COLLECTIVE 2- La prise de risque : la polarisation Les décisions de groupe peuvent aboutir à des prises de risque plus élevées que la décision individuelle : cest ce que lon appelle le phénomène de la polarisation collective. Il sagit dune forme extrême des choix ou opinions du groupe. Il correspond au « durcissement » ou à la « radicalisation » des jugements des membres du groupe. Moscovici et Zavalloni (1969) proposent leur interprétation du «risky shift » par lexplication de leffet de polarisation des attitudes en groupe. Lorigine de la polarisation se trouverait dans limplication plus ou moins grande de lindividu dans linteraction. 39

40 Les groupes sociaux : effet de polarisation Les travaux de Moscovici et Zavalloni (1969) ont permis de dégager les principaux facteurs qui font varier lamplitude ou lintensité du phénomène de polarisation : 1- la possibilité pour les membres du groupe déchanger des arguments dans le cadre dune « véritable » discussion 2- une même orientation générale des points de vue dans le groupe avant la discussion 40

41 Les groupes sociaux : effet de polarisation 3- une certaine variété des points de vue à lintérieur du groupe avant la discussion favorise la polarisation : une certaine divergence entre le membres du groupe facilite la polarisation 4- une certaine implication des membres du groupe par rapport au contenu de leur jugement : la tendance à la polarisation apparaît plus forte que lorsque les membres du groupe se sentent concernés par lobjet de la discussion 5- le caractère plutôt informel de la discussion favorise la polarisation : la présence de procédures encadrant la discussion ou la présence dun leader officiel dans le groupe réduit la polarisation dans le groupe. 41

42 Les groupes sociaux LA PRISE DE DECISION COLLECTIVE 3- Le groupe comme vecteur de changement Pour Lewin le groupe est un « champ de force », un système de tension des forces antagonistes, certaines poussent au changement, dautres à la stabilité. Les conduites dans les groupes résultent dun « équilibre quasi- stationnaire » qui sétablissent par les 2 types de force (équilibre opposé entre les 2 forces), ce qui induit une résistance au changement. Comment produire un changement ? Il faut modifier le champ des forces : soit on augmente lintensité de lune (pression) ; soit on diminue celle de lautre. 42

43 Les groupes sociaux Le changement effectif des conduites nécessite, selon Lewin, un acte explicite de décision de la part des membres du groupe. Ex.: Lexpérience de Lewin sur le changement des habitudes alimentaires chez les ménagères américaines. - Méthode dite « classique » (3% de chgt) - Méthode de la « réunion-discussion » (30% de chgt) 43

44 Les groupes sociaux Quels sont les facteurs qui peuvent expliquer cette différence ? -Une discussion bien menée implique davantage les sujets que la seule écoute dune conférence ; -Les participantes à la discussion sont amenées à prendre des décisions mais pas les auditrices dune conférence ; -Lors dune discussion, on prend connaissance des engagements pris par les autres membres mais pas dans le cadre dune conférence ; -Dans un groupe de discussion, une argumentation personnalisée peut sadresser à chaque membre en particulier mais difficilement dans un auditoire ; -Lanimateur joue un rôle plus déterminant quun rôle de conférencier. 44

45 Les groupes sociaux Pour conclure : -Il est plus facile de modifier les habitudes dun groupe que celles dun individu pris isolément ; -Le changement effectif des conduites nécessite lengagement effectif des individus dans une décision les impliquant explicitement ; -La discussion savère nécessaire car elle permet la « décristallisation » des normes et prépare la prise de décision ; -Le rôle de lanimateur est prépondérant pour orienter la discussion et obtenir le vote public de la décision. 45

46 Gardien ou prisonnier ce nest quun jeu ? Ou lillustration de la notion de rôle Extraits vidéo de « Das Experiment » de Oliver Hirschbiegel, 46

47 LExpérience de Philipp ZIMBARDO (1971) Origine : Cette expérience trouve ses origines dans un programme financé par lU.S. Navy dans le but dexpliquer et de comprendre les conflits dans leur système carcéral. Hypothèse : « Les gardiens de prison et les prisonniers adoptent spontanément par auto-sélection un comportement menant à de mauvaises conditions de détention. Les situations, plus que les personnalités, influencent les comportements des individus. » 47

48 LExpérience de Philipp ZIMBARDO (1971) Méthode de recrutement des sujets de lexpérience : Annonce dans la presse locale pour participer à une « simulation de prison » dune durée de 2 semaines et contre une rémunération de 15 dollars par jour (soit environ 85 dollars aujourdhui). 70 étudiants ont répondu. Après le passage de tests psychologiques, seulement 24 dentre eux ont été retenu. Les sujets étaient en excellente condition physique et mentale. Ils étaient issus de tous milieux sociaux et dorigine de tout le continent Nord américain. 48

49 LExpérience de Philipp ZIMBARDO (1971) Méthode : Les participants (24 sujets) ont été divisé en 2 sous groupes de même taille de façon aléatoire (tirage à pile ou face) : 9 prisonniers + 3 sont appelés en cas de besoin. 9 gardiens + 3 sont appelés en cas de besoin. La prison se situait dans le sous-sol du bâtiment de psychologie de lUniversité Stanford. Un assistant de recherche jouait le rôle de directeur de prison et Philipp ZIMBARDO jouait le rôle de superviseur. Pour observer des résultats plus rapidement, ZIMBARDO a imposé des conditions particulières aux sujets pour augmenter les phénomènes de désorientation, de dépersonnalisation et de désindividualisation. 49

50 LExpérience de Philipp ZIMBARDO (1971) Les prisonniers : Les suspects sont arrêtés chez eux (sans avoir été prévenus) pour vol à main armée, alignés devant une voiture de police de Palo Alto (coopération), fouillés, menottés, on leur lit leurs droits. Au poste de police, on les photographie et on prend leurs empreintes. Puis, ils sont transférés à la prison « factice » en fourgon de police avec les sirènes hurlantes. Arrivée à la prison, les sujets sont soumis à une séance dhumiliation : ils sont déshabillés, subissent une fouille complète. On leur applique un produit contre les poux. 50

51 LExpérience de Philipp ZIMBARDO (1971) Les prisonniers (suite) : Puis, les sujets prisonniers reçoivent une « blouse-robe » (sans sous vêtements) sur laquelle est inscrit un n° matricule en guise didentité (au détriment de leur nom et prénom). Les prisonniers reçoivent aussi des tongs pour seul chaussures afin quils prennent des positions et postures dinconfort ce qui renforcent leur désorientation. De plus, les prisonniers doivent porter un bas nylon sur le haut de la tête pour simuler un crâne rasé (comme à larmée). Puis, une chaine leur est posée aux chevilles pour leur rappeler leur emprisonnement et leur oppression. Un fois ce traitement terminé, ils sont conduits à lintérieur de leur cellule. 51

52 LExpérience de Philipp ZIMBARDO (1971) Les gardiens : Pas dentraînement spécial pour surveiller et maintenir lordre. Les gardes assistent à une réunion, mais ne reçoivent aucune consigne formelle. Cependant, on les prévient des dangers de la situation et quaucune violence physique nest autorisée. Ils sont avertis que le bon fonctionnement de la prison relève de leur responsabilité et quils peuvent la gérer comme ils lentendent. 52

53 LExpérience de Philipp ZIMBARDO (1971) Les gardiens (suite) : ZIMBARDO fera cette déclaration aux gardes : « Vous pouvez créer chez les prisonniers un sentiment dennui, de peur jusquà un certain degré, vous pouvez créer une notion darbitraire par le fait que leur vie soit totalement contrôlée par nous, par le système, vous, moi, et ils nauront aucune intimité… Nous allons faire disparaître leur individualité de différentes façons. En général, tout ceci mène à un sentiment dimpuissance. Dans cette situation, nous aurons tout le pouvoir et ils nen auront aucun ». 53

54 LExpérience de Philipp ZIMBARDO (1971) Les gardiens (suite) : Ils reçoivent un uniforme kaki, des lampes de poches, des lunettes de soleil, un sifflet, une matraque de police Ils ont toute autorité sur les prisonniers Ils travaillent en rotation Ils rentrent chez eux à la fin de leur service 54

55 LExpérience de Philipp ZIMBARDO (1971) Observations et résultats : Durant toute lexpérience, les prisonniers ont subi des traitements sadiques et humiliants de la part des gardes (ils agissaient encore plus la nuit car ils pensaient ne pas être vue). Au cours et à la fin de lexpérience, la plupart des prisonniers ont souffert de troubles émotionnels, de stress, de dépression, une perte destime de soi. Même les parents et amis des cobayes de lexpérience qui étaient invités à visiter acceptaient les règles établies. En fait, le contrôle scientifique de lexpérience échappa complètement au cadre scientifique et à ses concepteurs. Zimbardo sétait attribué le rôle de superviseur de la prison et non un rôle dobservateur extérieur neutre. Il a perdu toute distance critique ainsi que son équipe de chercheurs. 55

56 LExpérience de Philipp ZIMBARDO (1971) Conclusion : Lexpérience sest prématurément arrêtée au bout de 6 jours, elle était prévue pour durée 15 jours. Cest une personne extérieure, lors dune visite, qui a permis à Zimbardo et à son staff de prendre conscience des dérives et de la violation des règles éthiques. Lexpérience de Stanford sest donc terminée le 20 août Les résultats de cette expérience démontrent limpressionnabilité et lobéissance des individus en présence dune idéologie légitime et dun support institutionnel et social. Cette expérience illustre aussi les théories sur la dissonance cognitive et le pouvoir de lautorité. Enfin, cette expérience montre que la situation provoque un comportement chez un individu ordinaire plus que quoi que ce soit dinhérent à la personnalité de ce même individu. 56

57 FILM : Das Experiment, 2001 dOlivier Hirsschbiegel Version coupée 57

58 Références bibliographiques - Aebischer D., Oberlé D. (1998). Le Groupe en psychologie sociale. Paris, Dunod. -Anzieu D., Martin (1986). La Dynamiques des groupes restreints. Paris, PUF. -De Visscher P. (1991). Us, avatars et métamorphoses de la dynamique des groupes. Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble. -De Visscher P. (2001). La dynamique des groupes, dhier à aujourdhui. Paris, PUF. -Mugny G., Oberlé D., Beauvois J.-L. (1995). Relations humaines, groupes et influence sociale. Grenoble, PUG. 58


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