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Catégories ethniques et intégration: le cas de lAfrique de lOuest Ouédraogo Dieudonné décembre 2007.

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Présentation au sujet: "Catégories ethniques et intégration: le cas de lAfrique de lOuest Ouédraogo Dieudonné décembre 2007."— Transcription de la présentation:

1 Catégories ethniques et intégration: le cas de lAfrique de lOuest Ouédraogo Dieudonné décembre 2007

2 La question sociale et singulièrement les problèmes dintégration (nationale) ont certes préoccupé la communauté scientifique et les producteurs de politiques publiques depuis le révolution industrielle occidentale du xixème siècle, mais la mise en relation entre ces problèmes et les questions ethniques est récente. Celle-ci tiendrait en effet à lintensification des migrations contemporaines, notamment des pays du sud vers ceux du nord et à la volonté de plus en plus affirmée des principaux pays daccueil pour le développement de politiques migratoires, en particulier dintégration des migrants. Quen est-il en Afrique de lOuest?

3 La présentation comporte trois parties: i) Les fondements et lopérationnalisation des concepts «de catégories ethniques » et « dintégration » en Afrique de lOuest; ii) La mise en relation de ces deux concepts dans la région iii) Les perspectives de recherche

4 1. Emergence et opérationnalisation des concepts dintégration et de catégories ethniques en Afrique de lOuest 1.1. Le concept de catégories ethniques est ancien et suffisamment connu en Afrique de lOuest: variable de statut dans les statistiques sociales, elle est souvent utilisée aussi comme variable explicative dans les sciences sociales où elle induit surtout lesdites « contraintes culturelles » au développement. Celui de lintégration y est par contre dintroduction récente aussi bien dans les statistiques et les sciences sociales que dans les politiques publiques. On comprend alors que la mise en relation de ces deux concepts ait peu préoccupé jusquà présent les chercheurs et les producteurs de politiques publiques de la région.

5 1.2. Dans les statistiques et les sciences sociales, le concept de catégories ethniques est exclusivement réservé à des communautés (de sang, de sol et de solidarité mécanique) principalement caractérisées par lusage commun dune langue. Cest pourquoi nous lui préférons le concept de catégories ethno-linguistiques (qui convient mieux aussi à la catégorisation ethnique des pays du nord). Lémergence du concept dethnie au xixème siècle était du reste liée aux besoins de la gestion comptable de lEtat colonial, qui a ainsi nommé, classé et surtout institué les différentes catégories ethno-linguistiques de la région Ainsi, on en compte plusieurs dizaines dans chacune des 16 pays de la région: par exemple une soixantaine pour les 13 millions dh du Burkina Faso. Les Etats y sont donc « multi-nationaux » et ce dautant plus que les aires de peuplement des catégories ethno-linguistiques à population nombreuse couvrent plusieurs pays (Mandé, Peulhs, Haoussa etc.)

6 1.4. Le concept de lintégration, nest utilisé que très récemment dans les statistiques et les sciences sociales et ce seulement à travers son contraire, celui de lexclusion, observée surtout en milieu urbain où celle-ci tend à saccroître. Mais en réalité ce sont les concepts de pauvreté monétaire ou non monétaire (pauvreté humaine) et de vulnérabilité qui sont les plus utilisés, notamment depuis la fin des années 1990 avec létablissement périodique des profils nationaux de la pauvreté destinés au suivi de la mise en œuvre des Cadres Stratégiques de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) liés à lInitiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE): près de la moitié de la population de la région vit avec moins dun $/jour. Cette pauvrété frappe quasi-indifféremment toutes les catégories ethno-linguistiques

7 1.5. Dans la région, particulièrement caractérisée par lintensité des migrations, les migrants ne constituent pas une catégorie ethno- linguistique: la plupart des migrants internationaux appartiennent dailleurs à la fois à la catégorie des étrangers et à une catégorie ethno- linguistique « nationale »: i.e. pour un sénoufo burkinabè vivant en Côte dIvoire où existe une catégorie ethno-linguistique sénoufo. Au multi-nationalisme de lintérieur des Etats ouest-africains sajoute donc un multi-nationalisme de lextérieur. Il ny a donc pas dans la plupart des pays de la région de majorité et de minorités nationales: ce qui favorise un certain « vivre ensemble » entre les différentes catégories ethno-linguitistiques mais peut aussi aggraver tout conflit qui surviendrait entre celles-ci.

8 1.6. Dans ces conditions, les statistiques sur les « étrangers » sont peu fiables dans la région. Elles le sont dautant moins que le taux de couverture de létat civil est faible. A labsence dEtat-Nation et dEtat-Providence, et en raison du caractère plutôt multi-national des Etats ouest-africains qui y sont encore en construction, « étrangers » et nationaux sont logés à même enseigne en termes daccès aux droits civils, politiques, sociaux et économiques, qui ne sont dailleurs exercés que par une minorité, notamment urbaine. Tous sont intégrés dans un contexte de pauvreté quasi-endémique dans lequel chacun est libre de rester fidèle à ses normes et valeurs et à son histoire particulière dans lespace privé et dadapter ses comportements à la conjoncture et à ses intérêts matériels et stratégiques du moment.

9 1.7. Dans ce modèle dintégration, il ny a pas de majorité « nationale » et de minorités « ethnicisées » constituées à partir de la généalogie et/ou de lorigine géographique. Le respect de lAutre est du reste une des valeurs fondamentales des sociétés ouest-africaines qui, par ailleurs, valorisent beaucoup plus lêtre que lavoir. Ce modèle a fonctionné dautant plus facilement que la région est jusquà présent lune des plus diversifiées sur le plan ethno-linguistique et quelle vit par conséquent un multiculturalisme de fait Mais à partir des années 1990, les difficultés observées dans la mise en place de lEtat-Providence (poids croissant des budgets sociaux par rapport à limportance des besoins; effets sociaux néfastes des Programmes dAjustement Structurel) et dans la construction de lEtat-Nation semblent anoncer des changements importants, avec notamment lémergence de processus de discrimination et donc dethnicisation » de certains groupes sociaux, à commencer par les migrants.

10 2. Catégories ethniques et intégration: les mutations en cours 2.1. A partir des années 1990, on observe de plus en plus une certaine stigmatisation des étrangers dans les principaux pays dimmigration avec des expulsions et des conflits (i.e. Nigéria, Côte dIvoire) et un accroissement du nombre de conflits à lintérieur même des pays pour des raisons identitaires et daccès aux ressources (rébellion des catégories ethno-linguistes du nord en Côte dIvoire, rebellions des Touaregs au Mali et au Niger etc.)

11 2.2. Les problèmes dintégration des migrants ainsi posés à léchelle nationale, le sont autrement à léchelle régionale avec la tentative de mise en place dun marché unique régional de biens et de services, y compris de travail par les organisations dintégration régionale que sont lUEMOA et surtout la CEDEAO à travers les mesures suivantes prises pour tout ressortissant de la CEDEAO dans tout pays membre: entrée sans visa pour un séjour de 90 jours au maximum du 29 mai 1979 ; droit de résidence du 1er juillet 1986 ; et droit détablissement du 29 mai Ils le sont aussi à léchelle mondiale avec lintensification des migrations sud-nord 2.3 Ils se posent aussi autrement à léchelle mondiale où cest lintégration économique (par le travail) qui prime.

12 2.4. Avec cependant lavènement des CSLP, une nouvelle catégorie sociale commence aussi à émerger parce quainsi légitimée: celle des pauvres qui pose de plus en plus clairement le problème de leur intégration économique (pauvreté monétaire), sociale (pauvreté non monétaire) politique (accès aux ressources) et culturelle (reconnaissance), en particulier dans le milieu urbain. Cest cette catégorie qui alimente les migrations sud-nord et pose de ce fait les problèmes dintégration des migrants dans les pays du nord Lintégration des migrants ne constitue donc quun cas particulier de lintégration dans le contexte ouest-africain actuel où si les pauvres restent intégrés comme par le passé dans leurs communautés, essentiellement pauvres aussi, ils sont en voie dexclusion avec laccélération en cours du processus de la mondialisation.

13 2.6. Pauvreté, migration et intégration sont donc étroitement liées: la mobilité géographique est dans la région une des meilleures stratégies de « sortie de la pauvreté » de mobilité sociale ascendante et dintégration. 3. Les perspectives de recherche 3.1. Dans le contexte actuel, toute catégorisation sociale est devenue indispensable à la compréhension des processus sociaux en œuvre dans la région. Les catégories ethno-linguistiques en particulier mériteraient dêtre réintroduites dans les statistiques socio-démographiques (recensements, enquêtes) afin de leur permettre davoir les données

14 nécessaires à lamélioration de la contribution de la recherche en sciences sociales à lélaboration, au suivi et à lévaluation des politiques publiques, y compris dintégration en particulier des migrants Une telle réintroduction des catégories ethno-linguistiques dans les statistiques et la recherche et dans laction politique ne peut en outre quêtre réhabilitante pour la région.


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