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Le trauma: faut-il en parler? Stéphane Guay, Ph.D., psychologue Directeur du Centre détude sur le trauma CASA 20 septembre 2012.

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1 Le trauma: faut-il en parler? Stéphane Guay, Ph.D., psychologue Directeur du Centre détude sur le trauma CASA 20 septembre 2012

2 Plan de latelier Comment devient-on trop-matisé? Facteurs de risque et de protection Lignes directrices en matière de prévention et de traitement des réactions post-traumatiques

3 Stress ou événement traumatique ? Le trauma est précipité par un événement subit, catapulté, arbitraire et violent et dune sévérité sans précédent La menace et la réaction de peur à lévénement traumatique y sont déterminantes. Le trauma suscite une « situation de crise » qui se classe à part, car elle diffère des autres stress sur le plan de des causes, des réactions et de la trajectoire de lindividu qui en est victime

4 Événement traumatique Réaction intense de peur, dimpuissance ou dhorreur Menace à lintégrité physique ou confrontation soudaine et inattendue avec la mort + =

5 LAllostasie Trauma Adaptation Allostasie Equilibre « Sain » Equilibre « Pathologique »

6 Lazarus (1985) Stratégies dadaptation Affectives Exemples: -Exprimer ce qui ne va pas -Inhiber ses émotions -Etc. Cognitives Exemples: -Faire un plan daction -Minimiser la situation -Trouver un sens à lévénement -Etc. Comportementales Exemples: -Faire du sport -Boire de lalcool -Aller au cinéma -Etc.

7 Weiss (1976) Recherche de soutien social 1-Crise Réactions émotives intenses 2-Transition Questionnements personnels et relationnels 3-Manque de ressources Besoins de soutien vs disponibilité

8 Létat de stress post-traumatique 1980: Apparition du diagnostic dans le DSM-III 1985: Naissance de lInternational Society for Traumatic Stress Studies 1988: Journal of Traumatic Stress 1994: Modifications des critères DSM-IV: être témoin dun événement peut être considéré comme un trauma lévénement doit être accompagné dun sentiment de peur, dhorreur ou dimpuissance 2013: DSM-V ?

9 DSM-IV + changements à venir dans le DSM-V

10 DSM-IV: A. (1) Avoir été témoin ou victime dun événement traumatique qui aurait mis en danger notre vie ou celle de quelquun dautre ou encore lintégrité physique. (2) La réaction sest traduite par une peur intense, un sentiment dimpuissance ou dhorreur. DSM-V: A. La personne a été exposée à un ou plusieurs des événements suivants: mort ou menace de mort; blessure grave ou menace de blessure grave; délit sexuel ou menace de délit sexuel. De lune ou plusieurs des façons suivantes: Vivre l'événement (s) soi- même Être témoin dun tel événement Apprendre que l'événement sest produit à un ami proche ou un parent

11 DSM-IV: DSM-V: Vivre une exposition répétée ou extrême aux détails aversifs de l'événement (par exemple, un ambulancier qui récupère les parties dun corps; un policier exposé de façon répétée à des détails de la maltraitance des enfants) NOTE: Étre témoin ou exposé à des détails aversifs ne comprend pas les événements qui surviennent uniquement dans les médias électroniques, la télévision, des films ou des images, à moins que cela ne fasse partie du rôle de la profession de la personne. L'exposition à des détails aversifs de la mort ne s'applique qu'à la mort non-naturelle.

12 DSM-IV: Critère B. Réexpérience du traumatisme Au moins 1 manifestation (/5) Critère C. Évitement persistant des stimuli associés au traumatisme et émoussement des affects Au moins 3 manifestations (/7) DSM-V: Critère B. Réexpérience du traumatisme Au moins 1 manifestation (/5) Critère C. Évitement persistant des stimuli associés au traumatisme Au moins 1 manifestations (/3): 1. Pensées, sentiments ou sensations physiques qui éveillent des souvenirs de l'événement traumatique; 2. Activités, lieux, stimuli physiques, ou moments (par exemple, les dates danniversaires) qui éveillent des souvenirs de l'événement traumatique; 3. Personnes, conversations, ou situations interpersonnelles qui éveillent des souvenirs de l'événement traumatique.

13 DSM-IV: Critère D. Symptômes persistants dactivation neurovégétative Au moins 2 manifestations (/5) DSM-V: Critère D. Altérations cognitives et émotionnelles associées à l'événement traumatique (commencées ou aggravées après l'événement traumatique) Adultes: Au moins 3 manifestations (/7): Enfants: Au moins 2 manifestations (/7): 1. Incapacité à se rappeler dun aspect important de l'événement traumatique (habituellement amnésie dissociative; non causée par des blessures à la tête ou à la consommation d'alcool/drogues); 2. Perceptions négatives, persistantes et exagérées au sujet de soi, des autres, ou du monde en général (par exemple, «je suis une mauvaise personne», «je ne peux faire confiance à personne», «mon système nerveux est ruiné pour toujours», « le monde est complètement dangereux »);

14 DSM-IV: Critère D. Symptômes persistants dactivation neurovégétative Au moins 2 manifestations (/5) DSM-V: 3. Blâme persistant et exagéré de soi ou des autres sur les causes ou les conséquences de l'événement traumatique; 4. État émotif négatif envahissant (par exemple: peur, horreur, colère, culpabilité ou honte); 5. Perte d'intérêt ou de participation marquée pour des activités importantes. 6. Sentiment de détachement émotionnel ou d'éloignement des autres. 7. Incapacité persistante à ressentir des émotions positives (par exemple, des sentiments tendres, damour).

15 DSM-IV: Critère D. Symptômes persistants dactivation neurovégétative Au moins 2 manifestations (/5) DSM-V: Critère E. Symptômes persistants dactivation neurovégétative Au moins 3 manifestations (/6) Nouveau: Comportement à risque ou auto- destructeur

16 Critères DSM-IV et V Critère E. Durée des symptômes (B, C, D) > 1 mois depuis lévénement Critère F. Souffrance significative ou altération du fonctionnement Spécifications: Aigu: Durée des symptômes < 3 mois Chronique: Durée des symptômes > 3 mois Survenue différée: Début > 6 mois

17 Facteurs de risque et de protection

18 Facteurs prétraumatiques Facteurs de risque Antécédents psychologiques et psychiatriques personnels et familiaux Événements traumatiques antérieurs Variables sociodémographiques (âge, sexe, ethnie, éducation) Facteurs de protection Stratégies comportementales ou cognitives de gestion du stress Personnalité résistante au stress Sentiment defficacité personnelle Expérience antérieure ou formation adéquate.

19 Facteurs prétraumatiques (suite) Expérience clinique dautres facteurs Caractéristiques personnelles, vulnérabilité psychologique Agents stresseurs Problèmes reliés à lenfance et au développement Autres difficultés psychologiques

20 Facteurs péritraumatiques Facteurs de risque Type dévénement vécu (événements de type II) Sévérité de lévénement traumatique et caractéristiques associées Réactions initiales de stress (émotionnelles et physiques) Dissociation Effroi Facteurs de protection À découvrir

21 Facteurs post-traumatiques Facteurs de risque Situations de vie stressantes Symptômes dépressifs État de stress aigu Soutien social absent, déficient ou négatif Facteurs de protection Soutien social adéquat ou positif

22 Facteurs pré, péri et post (suite) Ampleur de leffet des facteurs prévisionnels: Quels sont les facteurs ayant le plus dimpact sur la symptomatologie post-traumatique?

23 Facteurs probants Méta-analyse de Brewin et al. (2000) Facteurs de risque péri (sévérité de lévénement traumatique) ; Facteurs de risque post (soutien social déficient et événements stressants ultérieurs). Méta-analyse de Ozer et al. ( ) Facteurs de risque péri (perception de menace à la vie, dissociation et réactions émotionnelles) ; Facteurs de risque post (soutien social perçu).

24 Efficacité des traitements psychologiques

25 NICE Guidelines National Institute for Clinical Practice (NICE), Royaume Uni (www.nice.org.uk)www.nice.org.uk Recommandations pour la pratique clinique basées sur les données probantes Comité composé de 17 membres: chercheurs, cliniciens, patients, économistes, assistants de recherche

26 NICE Guidelines Niveaux de preuve: A = Recommandation établie daprès des études méta- analytiques et randomisées OU daprès au moins 1 étude contrôlée avec randomisation B =Recommandation établie daprès au moins 1 étude contrôlée sans randomisation OU daprès au moins un autre type détudes quasi-expérimentales C = Recommandation reposant sur lopinions dexperts. Pas détude de qualité encore disponible PRC = Pratique recommandée par le comité NICE

27 Recommandations 1. Interventions post-immédiates pour toutes les victimes: Offrir du soutien social, pratique et émotionnel aux personnes touchées par lévénement (PRC) Ne pas offrir un débriefing psychologique individuel dune séance à toutes les victimes dun événement traumatique (A)

28 1.Réconforter et soutenir le travailleur exposé et vivant des difficultés ; 2.Protéger la personne des sources de menaces ou de détresse supplémentaires, y compris les médias, les témoins, les collègues insensibles ; 3.Répondre aux besoins physiques immédiats et apporter une aide concrète ; 4.Faciliter le soutien social (par ex. : accès la famille par téléphone) ; 5.Écouter activement et encourager la personne si elle souhaite parler de son expérience. Respecter le souhait de la personne si elle ne souhaite pas en parler ; Aide psychologique d'urgence

29 6.Offrir un accès à l'information y compris les informations sur l'événement (ce qui s'est passé, qui est touché, où ils se trouvent maintenant) ; 7.Encourager la prise dobjectifs réalistes concernant la réinsertion au travail ; 8.Faciliter la trajectoire de soin et l'accès aux ressources d'aide. Offrir un accès à des conseils professionnels et à des traitements spécifiques des traumatismes ; 9.Fournir des informations sur des réactions courantes suite à un traumatisme, y compris des réactions d'adaptation et de récupération naturelles ; 10.Exprimer de lappréciation pour le travailleur exposé. Des petits signes de soutien peuvent faire toute la différence. Aide psychologique d'urgence suite à un AVG

30 Recommandations 2. Interventions préventives : La thérapie cognitivo-comportementale axée sur le trauma (TCC-T) devrait être offerte aux individus des réactions sévères dans le mois suivant lévénement traumatique. (B) La durée de la TCC-T devrait être denviron 5 séances, donnée sur une base régulière et par la même personne. (B) Des interventions non axées sur le trauma, comme la relaxation ou une thérapie non-directive, ne devraient pas être offertes aux individus avec un ÉSPT dans les 3 mois suivants lévénement. (B)

31 Recommandations 3. Interventions thérapeutique pour lÉSPT: Une psychothérapie axée sur le trauma (TCC-T) devrait être offerte aux individus avec un ÉSPT sur une base individuelle (A) peu importe lintervalle de temps écoulé depuis le trauma. (B) La durée de la TCC-T devrait être minimalement de 8 à 12 séances quand lindividu na vécu quun seul trauma. (B) Prolonger au-delà de 12 séances si plusieurs problèmes doivent être abordés notamment en présence dun cas de traumas multiples, dun deuil complexe, dincapacités découlant du trauma, de troubles comorbides ou encore de stresseurs psychosociaux importants. (C)

32 Recommandations - Adultes 3. Interventions thérapeutiques pour lÉSPT (suite): La psychothérapie devrait être donnée par un thérapeute formé adéquatement et compétent. Le thérapeute devrait pouvoir bénéficier dune supervision appropriée. (C) Lorsquun individu avec un ÉSPT demande à recevoir dautres formes dinterventions psychologiques (ex. thérapie non- directive, hypnothérapie, thérapie systémique ou psychodynamique), il devrait être informé que ces types dinterventions ne présentent pas encore de preuves defficacité importantes. (PRC)

33 Modèle de prise en charge globale

34 Conseils aux travailleurs en uniformes Ne pas minimiser l'ampleur de l'événement et de ses conséquences Parler des actes de violence subis avec des collègues ou des proches En cas de « trop » - matisme, tenter dobtenir une aide professionnelle appropriée Être patient: Les réactions post-traumatiques peuvent déranger les victimes pendant plusieurs années

35 Merci! Centre détude sur le trauma:


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