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Colloque international L'ESPACE DE LA DIFFÉRENCE 20-21 octobre 2010 Université Milano-Bicocca Exclusion sociale et pratiques de résistance des végétariens.

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1 Colloque international L'ESPACE DE LA DIFFÉRENCE octobre 2010 Université Milano-Bicocca Exclusion sociale et pratiques de résistance des végétariens Agnese Pignataro

2 Le végétarisme et les animaux Le végétarisme est un comportement alimentaire individuel que l'on réalise et justifie de différentes façons (santé, spiritualité, écologie, respect pour les animaux...). Mais sur le plan matériel, tous les «régimes» végétariens reposent sur un point commun fondamental : le refus de se nourrir de la chair des animaux. Quelles que soient les raisons individuelles pour être végétarien-ne, dans la pratique le fait de ne pas manger la viande implique de ne pas tuer un animal et renvoie toujours et sans ambiguïté aux relations - de pouvoir, économiques, symboliques - que la communauté humaine entretient avec les animaux non humains, en les mettant en question, en les brisant, en en créant de nouvelles. Un-e végétarien-ne ne passe donc jamais inaperçu-e.

3 La végéphobie Dans les sociétés occidentales actuelles, l'alimentation carnée, loin d'être un comportement alimentaire parmi d'autres, est considérée comme la norme. La personne qui ne s'y conforme pas est tenue pour bizarre, sentimentale, ou encore « extrémiste », et les occasions pour souligner son extravagance et son étrangeté ne seront jamais assez nombreuses ; dans l'espace public, il lui arrivera souvent d'être discriminée, par exemple par l'impossibilité d'avoir accès à des repas équilibrés ou à des informations nutritionnelles correctes ; dans le privé, il/elle devra faire face à l'hostilité de la famille, aux moqueries des amis, à la mise en marge des collègues. Cet ensemble de phénomènes - qui a été appelé «végéphobie» par analogie avec l'homophobie - se produit dans tous les pays occidentaux, dans lesquels l'option végétarienne est minoritaire, mais prend en France des traits particulièrement marqués.

4 La végéphobie en France entre les institutions et la sphère privée : 1/ la «désinformation» médicale Tout en affirmant que « le choix alimentaire individuel est un acte libre, dans le contexte culturel et social propre à chacun », le Programme National Nutrition Santé diffuse des informations fausses sur les régimes végétariens.

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9 La végéphobie en France entre les institutions et la sphère privée : 2/ l'accusation d'être une «pratique sectaire» Une autre attaque contre le végétarisme de la part des institutions françaises se déroule sur le front de la prétendue lutte contre les «dérives sectaires» : en effet les régimes végétariens sont mentionnés dans le dernier rapport de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).

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11 La végéphobie en France entre les institutions et la sphère privée : 3/ l'entourage Témoignages sur la relation avec la famille, les amis, les collègues : «...mon père me fait toujours des remarques pas toujours simpa, et ma grand mère a chaque fois quelle me donne quelques chose et que je lui dit que je ne mange pas de viande elle me dit : mais c'est pas de la viande c'est des lardons (ou autres) [...] mes 3 frères... ben en fete ils sont pas très très simpa et m'embete avec sa ou disent que je suis stupide» «Mon "cher" frère vient d'avoir un bébé, joli bébé, le problème c'est qu'il vient de m'envoyer une photo du babichou habillé en chasseur.... sans compter que lui et sa femme sont derrière leur fils avec chacun un lièvre dans la main ! jolie photo, je suis verte.... Imaginez un peu un bébé à qui on a fait un petit costume vert, treillis, casquette, et hop zou on envoie ca à la tatie !!!!! merci c'est sympa.... surtout qu'ils savent que la tatie en question est végétarienne..... Surement de la provoc, ils doivent ètre fiers de leur coup, ils pratiquent ce genre d'humour à longueur d'année. Le reste de la family ayant recu un faire-part classique je pense que cette sinistre mise en scène m'était destinée..... en contre-partie j'ai simplement renvoyé cette photo, sans un mot, et j'ai ajouté une photo de mon chat gentiment blotti au creux de mes bras. Ils ne vont rien comprendre...» «Pour mes amis : personne a vraiment compris ma démarche. Quant à mes collègues de boulot, la dernière fois qu'on m'a posé des questions et qu'il a été dit "mais bon, ce ne sont que des cochons", j'ai préféré pas aller plus loin dans le débat car je voulais pas m'embrouiller avec eux en lançant une petite tirade anti-spéciste qui m'aurait définitivement catalogué "cinglée". […] Et truc marrant : devinez où va se tenir le prochain resto avec ma belle famille : Au Resto Boucherie. C'est pas de la provoc' ça ?»

12 La végéphobie en France entre les institutions et la sphère privée : 3/ l'entourage Suite : «Dimanche [...] tout c'est bien passé mais après les 2entrées, j'ai redis à ma maman que je ne voulais pas de viande (je l'avais prévenu avant sans dire que je devenais VG)e t là on m'a dit pourquoi ? t'a plus faim ? t'aimes pas ? "non non, je voudrais devenir végétarienne"...qu'avais-je pas dis... j'ai eu le droit à des moqueries, aux phrases habituelles 'mais c'est bon la viande, faut en manger pour être en forme' etc. et plein de trucs où évidemment j'avais l'impression qu'on ne me respectait pas. J'ai essayé de me faire entendre, en disant qu'il y a d'autres aliments qui peuvent m'apporter les mêmes vitamines que la viande et qu'en plus, comme je mange bio (les légumes surtout) que cela n'allait pas poser de problèmes... mais en fait, je parlais dans le vent, les boutades ont continué, moi j'étais désespérée, je pensais avoir une famille à l'écoute, j'ai piqué du nez, j'ai mangé mes pâtes et mes tomates et je me suis mise à fondre en larmes parce que j'avais l'impression d'être vraiment un bouffon dans la cour du roi : quoiqu'on fasse, on nous prend pas au sérieux. J'ai quitté la table et me suis isolée. Mon copain est resté à table pour entendre les remarques. Ils étaient tristes de voir que ce qu'ils avaient dis me faisait mal.» «maintenant que je fais attention à être plus "vegan" dans mes achats de produits non alimentaires ma mère me critique beaucoup, elle trouve ça ridicule et ne se gène pas pour le montrer. elle passe mon temps à me dire que je gaspille mon argent bêtement avec mes manies "écolos", "non testés sur animaux", "pas de cuir"...» «On devient vite aigrie quand on a des remarques du genre "pauvre Tenma...", "ça te suffisait pas d'être rousse ???", "Mais qu'est-ce que ta mère dira..." et autres petites piques périodiques : "ah faut pas que je parle d'écologie/bouffe avec toi, t'es dans ta période 'je broute les racines dans la forêt" "Ben encore heureux que tu bois de l'alcool, ça aide quand on mange plus que de l'herbe !"» «Quand j'ai annoncé à ma famille que je devenais végé, j'ai eu le droit à " T'es nouille.", " Tu vas mourir dans l'année.", "On savait que tu avais des problèmes neurologiques mais pas à ce point.", " Tu vas nous contaminer". Bref super sympa, le premier repas avec de la famille on m'a dit qu'un plat spécial n'attendais que moi, je regarde mon assiette : de l'herbe et des pâquerettes. J'ai pleuré et tout le monde à rit.»

13 La végéphobie en France entre les institutions et la sphère privée : 3/ l'entourage La perception du regard des autres : «Pourquoi les gens nous regardent comme si on leur annoncait qu'on avait le sida lorsqu'on leur dit qu'on ne mange pas de viande ?» «Trop de monde ne comprend pas ou nous perçoivent comme une secte. [...] Je reconnais qu'au début, ne pas manger de viande c'est comme dire "je suis gay", les gens te pensent malade, sous influence ou pris par une étrange mode. Pourtant ni les gays ni les végé ne sont malades...» «C'est vrai que les gens nous regarde bizarement quand on est végétarien» «Moi on me prend pour une folle» «Lorsque sur des forums, j'annonce la couleur (je suis végétarienne, anti cuir et fourrure, j'utilise au maximum les produits non testés...), je passe pour une sorte de hippie, voire même l'échappée d'un asile ou encore un membre d'une secte.» «C'est complètement dingue d'ètre obligé de "mettre des gants" pour annoncer un végétarisme, on a pas à l'annoncer comme si c'était presque une "maladie honteuse"»

14 La végéphobie en France entre les institutions et la sphère privée : 3/ l'entourage Tout cela pousse le végétarien à arrêter de communiquer, à se renfermer sur lui-même : «En attendant que les choses se tassent un peu, je n'ai plus envie d'en parler, les gens, et surtout les plus proches, m'ont beaucoup déçu» «Je n'ai pas toujours envie d'en parler, surtout si j'ai en face de moi des personnes pleines de préjugés» «En revenant à ma place, pu un mot sur cela, j'ai juste dis que, j'avais fait un choix alimentaire, que je ne l'imposais à personne, que je ne demande pas qu'à noel ou aux autres repas de famille il y ait un menu rien que pour moi. Moi j'ai arrondi les angles au moins. Il m'en reste n'empêche un goût de déception et une sensation d'incompréhension assez étonnante.» «J'ai du mal a être compris (c'est bien pour cela que je suis venu sur ce forum car je commencé a me demander si je trouverais du monde qui sont dans le même cas...)»

15 L'expulsion symbolique des végétariens de la société Le rôle symbolique des végétariens dans la société est le revers du rôle de la viande : plus la valeur de connecteur culturel de la viande est élevée, plus augmentent la dépréciation des végétariens dans l'imaginaire collectif et, par conséquent, leur exclusion sociale. L'alimentation carnée est souvent considérée comme un des caractères distinctifs de la sortie de l'espèce humaine de l'« état de nature ». Des positions de ce type excluent de façon implicite mais évidente les végétariens de la catégorie d'« humanité » : le refus de la viande marque leur écart tant de l'ascendance historique que de l'appartenance sociale et les relègue donc dans une condition a-sociale et non proprement humaine. D'autre part - et en contradiction avec l'idée précédente - l'alimentation carnée est très souvent vue comme un comportement marquant l'adhésion des humains à la « chaîne alimentaire » (analogue de la « chaîne de l'être » classique) à laquelle on donne (comme à cette dernière) la valeur d'impératif moral : ainsi le végétarien incarne-t-il de ce point de vue une existence contraire à la « nature », déviante, qui trouble non seulement les traditions humaines mais aussi les lois cosmiques.

16 L'expulsion symbolique des végétariens de la société Il est possible aussi d'identifier les végétariens avec les animaux eux-mêmes. Dans ce cas aussi, on peut constater une attribution symbolique ambivalente. D'une part, l'acquisition imaginaire par le mangeur des propriétés de l'objet mangé incite à attribuer aux végétariens des caractères négatifs propres aux végétaux, en opposition aux caractères « animaux » - positifs, évidemment - incorporés par les mangeurs de viande : les végétariens seraient lents alors que les carnivores seraient dynamiques ; les végétariens seraient pâles alors que les carnivores auraient un beau teint coloré, lié à la présence du sang dans les chairs qu'ils mangent, etc. D'autre part, les végétariens subissent une métamorphose « bestiale » en vertu aussi de deux éléments spécifiques propres aux animaux utilisés dans l'alimentation humaine occidentale. Le premier est le fait d'être herbivores, qui dans la transposition aux végétariens se traduit en l'image des tristes mangeurs d'herbe. Le deuxième, particulièrement intéressant du point de vue politique, est le fait d'être inactifs ou passifs du point de vue sexuel (les animaux abattus pour être mangés sont inévitablement jeunes ou, s'ils sont adultes, castrés ou femelles), ce qui correspond à l'idée des végétariens comme des êtres efféminés, hypersensibles, non virils, incapables de revêtir des rôles « actifs », de pouvoir : encore une image qui dénie à l'individu végétarien sa pleine personnalité sociale, cette fois à cause de sa non-conformité au paradigme humain masculin et dominateur.

17 La (re)conquête de l'espace public : la Veggie Pride La Veggie Pride est un défilé annuel dans lequel les végétariens et végétaliens pour les animaux manifestent publiquement leur existence, l'existence dans la société de personnes qui vivent tout en refusant de tuer, et revendiquent tant leur droits de citoyens que ceux des animaux, dont ils deviennent les porte-parole : « Aux animaux élevés et tués on n'accorde aucun droit; mais à nous qui sommes solidaires d'eux on en reconnaît, en principe. Nous entendons exercer pleinement nos droits, parce que ce sont les nôtres, et parce que ce sont les leurs, les seuls qu'ils puissent aujourd'hui, indirectement, posséder ». (Manifeste de la Veggie Pride) Le but de cet événement n'est pas de faire du prosélytisme par un comportement joyeux et séduisant, mais au contraire de mettre en premier plan les discriminations végéphobes en tant que problème qui concerne la sphère publique, pour arriver, par le biais de cette dénonciation, à la question du massacre des animaux pour l'alimentation. Un nouvel échange d'identité entre végétariens et animaux s'accomplit ainsi, mais cette fois adopté et voulu consciemment par les manifestants en tant qu'instrument de communication politique.

18 La (re)conquête de l'espace public : la Veggie Pride Les végétariens subissent symboliquement sur le plan social cet anéantissement que les animaux non humains subissent physiquement sur le plan matériel. Avec la Veggie Pride se déroule tant le refus de cette négation symbolique que celui de la négation physique des animaux non humains, par le biais de la dénonciation de leur massacre. En récupérant ainsi pleinement leur existence sociale, les participants à la Veggie Pride contribuent à combler le vide auquel la société condamne les non humains exploités, en étendant à ceux-ci, dans la mesure du possible, la « personnalité » qu'ils regagnent en tant que citoyens.

19 La (re)conquête de l'espace public : la Veggie Pride

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22 La (re)conquête de l'espace public : les enfants à la Veggie Pride

23 La (re)conquête de l'espace public : les familles végétariennes à la Veggie Pride

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