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Prise de Constantinople par les Turcs en 1453

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1 Prise de Constantinople par les Turcs en 1453
Les Turcs sous les murailles de Constantinople Source : Mehemet II. A deux heures du matin le signal de l'attaque fut donné; dans la ville le tocsin sonnait et les femmes priaient dans les églises. Le premier assaut fut repoussé. Le second, dirigé par les irréguliers contre la porte Saint-Romain où se tenait l'empereur, fut également repoussé tandis que les soldats de la flotte ne pouvaient rien gagner contre les murailles maritimes. Mehmet II fit alors donner les janissaires et soixante-dix mille Turcs se précipitèrent sur tout le front de défense. Giustiniani, blessé par un trait, n'eut pas l'énergie de rester sur le rempart et courut à son vaisseau se faire panser. Ses soldats furent ébranlés et Saganospacha redoublant d'efforts, une bande de janissaires réussit à s'établir sur le rempart. A ce moment une troupe turque s'aperçut qu'on avait oublié de refermer la poterne de Xylokerkos (ou Kerkoposta) au Sud de l'Hebdomon, ouverte le 27 mai pour une sortie. Elle s'en empara et cette nouvelle colonne, gagnant le long des remparts, prit à revers l'empereur; une large brèche ouverte entre les portes Saint-Romain et de Charsias donna accès à la foule sans cesse croissante des assaillants. Constantinople était prise. L'empereur se jeta au plus fort de la mêlée et périt en brave. Une partie de la garnison se réfugia sur les vaisseaux; Giustiniani alla mourir à Chios ; le prince Orchan fut tué; Diedo réussit à s'embarquer de même; le cardinal Isidore, déguisé en esclave, des milliers de personnes de tout âge et de tout sexe se réfugièrent à Sainte-Sophie, confiants dans la prophétie qui promettait l'apparition du Christ au moment suprême. Ils y furent égorgés ou réduits en esclavage; soixante mille habitants étaient prisonniers avec les chefs de l'aristocratie, le protovestiaire Phrantzès et Lucas Notaras. Le pillage et les scènes de viol et de meurtre se prolongèrent jusqu'à l'intervention de Mehmet.  Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

2 Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008
L'assaut. Le 7 avril, Mehmet Il avança au pied des remparts. Le 11, il avait achevé sa ligne de circonvallation et disposé ses machines de guerre et son artillerie. Le 12, sa flotte entra dans le Bosphore et vint mouiller à Diplocinium (baie de Beschik Tagh). Les premiers efforts furent repoussés par l'empereur et Giustiniani; le canon monstre éclata. Les assiégés revêtirent leurs murs d'un mortier mou où les boulets ne firent pas grand ravage. Le 20 avril, quatre navires conduits par Cattaneo battirent les Turcs près du port de la Propontide (Vlanga Bostan). Le sultan destitua son kapoudan-pacha. Les brèches ouvertes par l'artillerie dans les murs auprès des portes de Charsias et de Saint-Romain étaient réparées à mesure et un assaut tenté le 18 avril avait été repoussé. Le fanatisme des assiégeants fut exalté par le mollah cheikh Ak-Chems-ed-din-Effendi qui retrouva dans le faubourg de Cosmidium le tombeau d'Abou-Eyoub-Ansari. Mehmet II s'aperçut qu'il épuiserait aisément la  faible garnison chrétienne en attaquant la ville par mer comme par terre. Ne pouvant forcer la chaîne du port, il eut l'idée de transporter ses navires dans le port par terre; protégés par l'artillerie du rivage, ils résisteraient à la flotte chrétienne. De la baie de Bechik Tagh au Nord de Galata par la vallée de Dolma Bagtché et le Nord de Péra, puis par la vallée de Kassim Pacha entre les faubourgs de Saint-Dmitri et de Yénichehr, à l'aide de planches enduites d'huile, de graisse et de talc, on établit une voie sur laquelle soixante-douze navires furent transportés dans la Corne d'Or dans la nuit du 21 au 22 avril. Le capitaine vénitien J. Coco tenta d'incendier la flotte turque, mais celle-ci fut avertie par un traître (28 avril). Mehmet Il fit décapiter ses prisonniers; Constantin fit tuer en représailles deux cents soixante prisonniers turcs. Les assiégés ne se découragèrent pas, car des secours étaient annoncés et une flotte vénitienne faisait voile vers Constantinople . A partir du 7 mai les assauts se multiplièrent; à partir du 16, les ouvrages de l'Hebdomon et des Blachernes furent attaqués par la mine; l'ingénieur Grant déjoua ces attaques grâce au feu grégeois. Le 19 mai, au Nord du port, les Ottomans achevèrent la construction d'un pont flottant vers l'endroit où est le pont intérieur actuel de Has Keui à Arvan Seraï Kapou). Les remparts du côté de la terre étaient de plus en plus ébranlés par l'artillerie turque et le moment approchait de livrer un assaut décisif. Le sultan fit offrir une capitulation à l'empereur qui refusa, et le 24 mai on décida de fixer au 29 le jour du grand assaut. Chalilpacha en informa secrètement les Grecs qui firent tous leurs préparatifs. A quatre heures du soir, le 28, les feux de l'artillerie cessèrent; la flotte turque enveloppait la ville depuis le fond de la Corne d'Or jusqu'au port de Théodose (Vlanga Bostan). Constantin XI communia à Sainte-Sophie et de part et d'autre on se prépara par des prières à la lutte suprême. Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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A deux heures du matin le signal de l'attaque fut donné; dans la ville le tocsin sonnait et les femmes priaient dans les églises. Le premier assaut fut repoussé. Le second, dirigé par les irréguliers contre la porte Saint-Romain où se tenait l'empereur, fut également repoussé tandis que les soldats de la flotte ne pouvaient rien gagner contre les murailles maritimes. Mehmet II fit alors donner les janissaires et soixante-dix mille Turcs se précipitèrent sur tout le front de défense. Giustiniani, blessé par un trait, n'eut pas l'énergie de rester sur le rempart et courut à son vaisseau se faire panser. Ses soldats furent ébranlés et Saganospacha redoublant d'efforts, une bande de janissaires réussit à s'établir sur le rempart. A ce moment une troupe turque s'aperçut qu'on avait oublié de refermer la poterne de Xylokerkos (ou Kerkoposta) au Sud de l'Hebdomon, ouverte le 27 mai pour une sortie. Elle s'en empara et cette nouvelle colonne, gagnant le long des remparts, prit à revers l'empereur; une large brèche ouverte entre les portes Saint-Romain et de Charsias donna accès à la foule sans cesse croissante des assaillants. Constantinople était prise. L'empereur se jeta au plus fort de la mêlée et périt en brave. Une partie de la garnison se réfugia sur les vaisseaux; Giustiniani alla mourir à Chios ; le prince Orchan fut tué; Diedo réussit à s'embarquer de même; le cardinal Isidore, déguisé en esclave, des milliers de personnes de tout âge et de tout sexe se réfugièrent à Sainte-Sophie, confiants dans la prophétie qui promettait l'apparition du Christ au moment suprême. Ils y furent égorgés ou réduits en esclavage; soixante mille habitants étaient prisonniers avec les chefs de l'aristocratie, le protovestiaire Phrantzès et Lucas Notaras. Le pillage et les scènes de viol et de meurtre se prolongèrent jusqu'à l'intervention de Mehmet.  Le vin de la victoire. C'est à huit heures du matin que les remparts avaient été forcés; à midi le sultan apprit le succès. II entra avec ses ministres et sa cour par la porte d'Andrinople et se dirigea vers Sainte-Sophie; un mollah monta en chaire et proclama la confession de foi islamique; l'empereur pria au pied de l'autel . On retrouva le cadavre du dernier empereur byzantin qui fut honorablement enseveli; sa tombe, dépourvue de toute inscription, sera près de la mosquée Wefa; et une  lampe y brûlera la nuit. La tête de Constantin fut cependant exposée jusqu'au soir à l'Augusteum pour que tous puissent se convaincre de sa mort : Notaras fut alors chargé de l'administration provisoire de la cité et racheta aux soldats les fonctionnaires et dignitaires prisonniers.  Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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Lettre du très révérend seigneur et père dans le Christ, Léonard, de l’ordre des Prêcheurs, archevêque de Lesbos et professeur de littérature sacrée, à notre bienheureux pape Nicolas V, au sujet de la prise de Constantinople. Je raconterai donc dans les larmes et les gémissements la dernière ruine de Constantinople, catastrophe à laquelle j’ai assisté naguère et que j’ai vue de mes yeux. […] Dieu donc, irrité contre nous, suscita la fureur de Mehmet (1), roi très puissant des Turcs, jeune homme audacieux, ambitieux, excité, ennemi juré des Chrétiens, qui aux Nones d’avril (5 avril 1453) s’installa devant Constantinople avec trois cent mille guerriers (2) l’entourant dans un camp de tentes. Il y avait un grand nombre de cavaliers, mais ceux qui prenaient part au combat étaient tous des fantassins. Parmi eux, ceux qui étaient particulièrement destinés à la garde de leur souverain étaient quinze mille guerriers courageux, qu’on appelle janissaires, semblables aux Myrmidons d’Alexandre (3). Ce sont des chrétiens de Macédoine enlevés enfants à leurs familles, et convertis (4). Deux jours après (le 7 avril) ils prirent position devant la cité et installèrent au pied des fossés un nombre incalculable de machines de guerre, et des protections faites de grands buissons d’osier tressé destinés à les protéger lorsqu’ils s’avanceraient. Hélas, ils ont ainsi bloqué la ville de toutes parts. Qui donc, sinon des chrétiens traîtres, a pu si bien les renseigner ? Je peux témoigner que parmi les Turcs il y avait des Grecs, des Latins, des Allemands, des Hongrois, des Boètes (5) qui provenaient de tous les pays chrétiens, mêlés aux Turcs, et qui apprenaient leurs techniques de guerre en même temps qu’ils  embrassaient leur foi. Ce furent eux qui, ayant monstrueusement oublié leur foi chrétienne, donnèrent l’assaut à la cité. Ils installèrent un épouvantable canon, qui du reste éclata, si énorme qu’il fallait cent cinquante paires de bœufs pour le traîner, juste en face de cette partie des fortifications dite Kalegarea, qui était dégarnie, n'étant protégée ni par un fossé ni par un remblai, et ils se mirent à détruire la muraille avec des boulets de pierre de onze paumes de tour (1). Heureusement, à cet endroit, la muraille était solide et épaisse. Pourtant, elle ne résistait pas aux coups d’une arme aussi épouvantable. Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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Les Grecs étaient pour la plupart inaptes à la guerre. Quelques uns cependant étaient en mesure de combattre et se servaient du bouclier, de l'épée, de la lance et de l'arc plus par instinct que par compétence. Les officiers étaient armés d'un casque, d'une cuirasse métallique ou d'une cotte de mailles, d'une épée ou d'une lance. Certains savaient un peu utiliser l'arc ou les catapultes, mais leur nombre était en tout cas insuffisant pour assurer la défense et ils combattaient tant bien que mal... Le chiffre des combattants grecs ne dépassait pas six mille ; les autres, Génois ou Vénitiens, y compris ceux qui étaient venus de Pera à leur secours en secret, n'étaient pas plus de trois mille. Donc dans le camp turc, les soldats reçurent l'ordre de faire brûler des flambeaux pendant trois jours en l'honneur de Dieu, de prier et de jeûner tout un jour, et d'être prêts le mardi 29 mai pour la bataille et l'assaut général contre les chrétiens. Les hérauts proclamèrent à grands cris qu'une fois la ville prise, elle serait laissée aux soldats pendant trois jours pour qu'ils la pillent. Ah, si vous aviez pu entendre leurs voix qui criaient jusqu'au ciel : " Illala, Illala, Machomet Rusullala ", ce qui veut dire : " il n'y a pas d'autre dieu qu'Allah, Mahomet est et sera toujours son serviteur ", vous auriez été stupéfait. Et c'est ce qui advint, ils laissèrent trois jours les flambeaux allumés en l'honneur de Dieu, et jeûnèrent tout un jour sans rien manger jusqu'à la nuit… transatlantic.free.fr/Constantinopleconquete.jpg Source : Texte de Leonardo de Chio: Le siège de Constantinople Enluminure du voyage d'Outremer de Bertrandon de la brocquière 1455 La vue est prise, en gros, de l'ouest, soit de la rive européenne. Dans le fond, Constantinople, représentée comme une ville occidentale avec, à gauche,  la Corne d'Or fermée par une barrière de bateaux, et sur la rive opposée de la Corne d'Or, le quartier de Pera ou Galata. Tout en haut de l'image : le Bosphore. A l'extrême-droite, la mer de Marmara. Voir le plan de Constantinople à la fin du XIVème siècle. Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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Les Turcs sous les murailles de Constantinople La prise de Constantinople par les Turcs, par Jean Chartier, enluminure issue de l'ouvrage Chronique, Belgique, XV°siècle. Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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Cette image symbolise à la fois la puissance et la chute de Constantinople et de l'Empire byzantin. En effet, le Mur de Théodose, construit au Ve siècle sous le règne de Théodose II (à l'instigation du préfet du prétoire Antéhmius), n'a pas résisté au siège de la ville par les Turcs en La photo représente une section restaurée de cette muraille. Le mur de Théodose. Cette image symbolise à la fois la puissance et la chute de Constantinople et de l'Empire byzantin. En effet, le Mur de Théodose, construit au Ve siècle sous le règne de Théodose II (à l'instigation du préfet du prétoire Antéhmius), n'a pas résisté au siège de la ville par les Turcs en La photo représente une section restaurée de cette muraille. Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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La chute de Constantinople en 1453 est un moment clé de l'histoire. Cette date est même considérée pour certains comme marquant la fin du Moyen Âge (au lieu de 1492). En effet, la disparition de l‘Empire byzantin marque le début d'une nouvelle ère. Malgré leur désintérêt de l’Occident complet pour l'état de Constantinople, sa chute provoque un grand vide. LEmpire byzantin avait depuis sa création été un rempart face aux invasions musulmanes, protégeant ainsi la plus grande part de l'Europe chrétienne. Cet empire était continuellement en guerre et il est étonnant de se dire qu'il a résisté pendant plus de 1000 ans à l'assaut de 20 peuples et que sa capitale eut à subir le nombre incroyable de 30 sièges. Constantinople avait pendant des siècles été une des villes les plus riches et la plus peuplée au monde. L‘Empire byzantin avait perpétué l'héritage de l‘Empire romain après la chute de celui-ci sous l'assaut des barbares. Cet héritage fut perpétué au travers des siècles et enrichi. Constantinople marqua l'histoire des peuples d'une manière indélébile. La capitale de cet empire était de plus située à un carrefour stratégique de première importance entre l'Orient et l'Occident, l'Asie et l'Europe. Toutes les principales routes de commerces y convergeaient. Mais l'empire fut ruiné par les croisades et par la prise de Constantinople par les Latins. Il fut ruiné inutilement car jamais les croisés ne purent s'installer durablement en Orient. Bien sûr l'empire avait su se relever sous l'impulsion des Comnène et des Paléologue, mais l'Occident l'en empêcha et plus particulièrement Gênes et Venise qui, voulant s'attribuer les points stratégiques de l'Empire lui ravirent sa principale source de richesse, à l'image des génois de Galata qui, attirant les bateaux du monde entier, les avaient fait déserter le port constantinopolitain. Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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Mehmed II Fatih, le conquérant. La prise de Constantinople en 1453 lui valut son surnom de conquérant. Miniature du XV e siècle Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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Source : carte de l’empire ottoman Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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Source : Carte précédente simplifiée (travail effectué pendant le stage), photocopiable. Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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Empire ottoman Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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LES MASSACRES DE CHIOS 1824 Tableau d’Eugène Delacroix Delacroix 1824 « Les massacres de Scio ». Il s’agit bien de l’île grecque de Chios et du massacre perpétué par les Turcs en 1822 mais l’œuvre est titrée différemment. Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

14 LES MASSACRES DE CHIOS 1824 Tableau d’Eugène Delacroix
Scènes des massacres de cHIOS ; familles grecques attendant la mort ou l’esclavage Huile sur toile 419 x 354 Émotion, souffrance, terreur L’association de l’art et de la politique commence avec David et se poursuit tout au long de l’épopée napoléonienne. À la chute de l’Empire, toute une génération se retrouve privée d’idéal et désemparée. La guerre d’Indépendance de la Grèce, qui débute en 1821 mobilise les passions de cette jeunesse perdue et ce d’autant plus qu’un de leur héros, lord Byron, y perd la vie dans la chute de Missolonghi le 9 avril Il faut, dit-on, se battre pour la civilisation contre la barbarie. Delacroix participe à ce combat. Pour Delacroix, il faut montrer, dénoncer, obtenir que cessent les horreurs de cette guerre. Pour cela, il faut provoquer l’émotion devant la souffrance et la terreur. Il faut montrer que ces gens, jetés dans l’attente de la mort et de l’esclavage sont comme abandonnés à leur détresse. Terre de ruines et ciel vide La technique de Delacroix étonne, tout autant que le sujet, servie par un sens parfait du coloris, venant de l’admiration du jeune artiste pour l’art de Rubens et accentuant l’effet dramatique de la scène. La scène est à la fois mouvementée et profondément mûrie. L’accablement du groupe de prisonniers, à gauche, contraste avec la violence triomphante du Turc vainqueur, à droite. Au centre, une femme âgée regarde vers le ciel, symbole de l’accablement d’un peuple entier. Nul héros salvateur ne viendra les toucher comme dans les Pestiférés de Jaffa. À l’infini, la terre est remplie de ruines et, dans le ciel vide, on ne voit que la fumée des villages en feu. Au fond, un paysage lumineux et peint d’une manière transparente ajoute encore à la beauté barbare de la scène Manifeste de la peinture romantique Exposé au Salon de 1824, Scènes des massacres de Chios ; familles grecques attendant la mort ou l’esclavage fut immédiatement considéré comme un manifeste de la nouvelle peinture romantique, aussi bien en raison de son sujet, résolument moderne, que par son traitement d’une force de facture et de couleurs. L’œuvre fut acquise, à la fin du Salon, par l’État qui manifestait ainsi son désir de neutralité dans la querelle entre le dessin et la couleur, entre Ingres et Delacroix, qui s’était révélée durant ce Salon de Ingres avait exposé le Vœu de Louis XIII (Cathédrale de Montauban) face aux Massacres de Chios de Delacroix Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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Titre : Sainte-Sophie Ancienne église catholique, Sainte-Sophie est devenu un lieu de culte pour les Musulmans Sainte-Sophie Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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Victor Hugo, “L’enfant”, Orientales  En 1822 la Grèce se proclame indépendante. Des populations sont alors massacrées par les Turcs, notamment les habitants de l'île de Chio . Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil. Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil, Chio, qu'ombrageaient les charmilles, Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois, Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois Un choeur dansant de jeunes filles. Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis, Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis, Courbait sa tête humiliée ; Il avait pour asile, il avait pour appui Une blanche aubépine, une fleur, comme lui Dans le grand ravage oubliée. Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux ! Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus Comme le ciel et comme l'onde, Pour que dans leur azur, de larmes orageux, Passe le vif éclair de la joie et des jeux, Pour relever ta tète blonde, Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner Pour rattacher gaîment et gaîment ramener En boucles sur ta blanche épaule Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront, Et qui pleurent épars autour de ton beau front, Comme les feuilles sur le saule ? Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ? Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus, Qui d'Iran borde le puits sombre ? Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand, Qu'un cheval au galop met, toujours en courant, Cent ans à sortir de son ombre ? Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois, Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois, Plus éclatant que les cymbales ? Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ? - Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus, Je veux de la poudre et des balles. Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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Dès le 7ème siècle, l’empire byzantin, au comble de sa grandeur, attire la convoitise des Perses puis, avec la naissance de l’islam, des Arabes. Les Croisés ne manquent pas d’être de la partie à l’heure même où des bandes de Turcs, venus d’Asie Centrale, se montrent de plus en plus menaçantes. Epuisée de résister à autant de prétendants, Constantinople tombe aux mains des Ottomans (tribu de Turcs islamisés, descendants d’Osman Ier) le 29 mai Le soir même, Mehmet II dit le Conquérant coiffe Sainte-Sophie d’un croissant et d’une étoile. Le symbole de la chrétienté est devenu une mosquée, Constantinople est rebaptisée Istambul, « ville de l’islam ». Jusqu’à la mort de Soliman le Magnifique (1566), le port d’Istambul servira de point de départ aux expéditions ottomanes destinées à conquérir le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Europe jusqu’aux portes de Vienne. Pour la petite histoire, …, un Bachi Bouzouk était un redoutable soldat mercenaire de l’armée ottomane. bhttp://www.odysail.com/page%20histoire.htmande de Bachi Bouzouks … 1 Soliman le Magnifique Mehmet II Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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Rumeli Hisar forteresse de Constantinople En 1452, Mehmed fit construire sur la rive européenne une forteresse en face de celle que Bayezid Ier avait construite sur la rive asiatique. Ce château fut appelée forteresse de Roumélie (Rumeli Hisari) tandis que celle de Bayezid Ier s'appelait forteresse d'Anatolie (Anadolu Hisari). Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008

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Exemple de constructions ottomanes le pont sur la Drina, est un témoin bien seul du passé métissé de la Bosnie. Il est l’œuvre de l’architecte ottoman Mimar Sinan. De l’actuelle Hongrie à l’Arabie Saoudite et de la Bulgarie à l’Irak, ce grand bâtisseur avait couvert l’empire de monuments. Le célèbre roman d’Ivo Andric, « Le pont sur la Drina », décrit le pont comme axe immuable autour duquel s’articule la vie de tous : Serbes, Croates ou Musulmans, Juifs, Catholiques ou Orthodoxes… Aujourd’hui l’axe est rompu.  Production Mme Gentès, Athènes, validée par l'IA-IPR AEFE juin 2008 Production Mme Gentès, Athènes, validé par l'IA-IPR AEFE juin 2008


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