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MACROECONOMIE Cours de Joel SANTOS. Bibliographie Bernard Bernier & Yves Simon, Initiation à la Macroéconomie, Dunod. Olivier Blanchard & Daniel Cohen,

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1 MACROECONOMIE Cours de Joel SANTOS

2 Bibliographie Bernard Bernier & Yves Simon, Initiation à la Macroéconomie, Dunod. Olivier Blanchard & Daniel Cohen, Macroéconomie, Pearson.

3 INTRODUCTION GENERALE

4 1. Quest-ce que lEconomie ? La science économique étudie : Le choix des acteurs économiques ; Limpact de ces choix sur lallocation des ressources limitées. Il existe 4 questions de base relatives au fonctionnement de léconomie : 1. Que produit-on et en quelle quantité ? Modification de la structure de consommation (car nouveaux produits & services) ;

5 Modification du niveau global de production. Impact sur les niveaux demploi et le chômage. 2. Comment les biens sont-ils produits ? Plusieurs manières de production (arbitrage entre technologies avancées ou techniques intensives en travail) ; Choix des modes de production : responsabilité des entreprises et de lÉtat (il fixe le cadre qui régit la vie des entreprises). 3. Pour qui les biens sont-ils produits ? Les niveaux de consommation dépendent des niveaux de revenu (déterminés par interaction entre entreprises/ménages & État).

6 4. Qui prend les décisions économiques et selon quel processus ? Économie planifiée : lÉtat répond aux 3 questions précédentes. Économie mixte : on a une combinaison de décisions prises par lÉtat et le secteur privé. Ainsi, les économistes sintéressent : Manière dont les économies répondent aux 4 questions de base ; Qualité de ces 4 réponses (question defficacité). Problème central de lanalyse économique : recherche du meilleur équilibre entre secteur public et privé.

7 2. Marché et État en économie mixte 2.1 Marchés Désigne toute situation déchange (opération économique). Comprend lensemble des échanges concepts de marché & économie de marché. Économie de marché répond aux 4 questions de base bon fonctionnement de léconomie. Mais la réponse du marché à la 3 ème question ne satisfait pas tout le monde. Nécessaire intervention de lEtat.

8 Or, les interventions de lEtat sont souvent opposées aux incitations économiques par exemple, la fiscalité peut décourager le travail & lépargne. Doù deux questions centrales en économie : (a) Équilibre entre secteurs public & privé ; (b) Équilibre entre justice sociale & efficacité économique.

9 2.2 État Face aux défaillances du marché, les gens se tournent vers lÉtat au niveau de la : Distribution de revenus (sécurité sociale) ; Fourniture de biens & services. LEtat a aussi un rôle important dans : Défense de lindustrie nationale (cas Alstom) ; Mise en place du cadre juridique pour entreprises ; Soutien de lactivité économique.

10 Rémunération des facteurs de production Consommation de biens et de services domestiques Entreprises Ménages Économie de marché : essentiellement un échange entre ménages & entreprises

11 Fuites Épargne Taxes et impôts Importations Injections Investissements Dépenses de lÉtat Exportations Le circuit économique

12 Rémunération des facteurs de production Consommation de biens et de services domestiques Dépenses de lÉtat (G) Exportations (X) Banques Épargne (S) État Taxes et impôts (T) Reste du monde Importations (M) FUITES INJECTIONS Le circuit économique Investissements (I)

13 3. Quest-ce que la macroéconomie ? La macroéconomie est la branche de léconomie qui a pour objet lanalyse de léconomie au niveau global ; elle sintéresse à décrire et à expliquer lévolution de grands agrégats comme le PIB, la consommation, linvestissement, le taux dintérêt, lemploi, le niveau général des prix. Son but est de comprendre le fonctionnement des économies nationales et les effets des politiques économiques.

14 4. Les questions de la macroéconomie ? Quelle est lorigine de la crise actuelle ? Pourquoi la croissance est-elle plus faible aujourdhui ? Pourquoi la Chine, le Brésil et lInde connaissent une croissance plus forte que lEurope et les Etats-Unis ? Pourquoi le chômage est-il élevé en Europe ? Pourquoi linflation est-elle faible ? Pourquoi la dette publique est en forte augmentation ?

15 Les principaux problèmes : La croissance économique Le chômage Linflation La balance des paiements et le taux de change

16 Taux de croissance annuel moyen, taux de chômage annuel moyen & taux dinflation annuel moyen

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18 FranceAllemagneItalieJaponUKUSAUE(15)OCDEBrésilMalaisieSingapour Croissance ,5 3,2 2,2 1,7 2,0 4,4 2,6 1,8 2,2 1,0 5,3 3,8 2,4 1,5 10,9 4,3 4,0 1,7 1,9 2,9 2,0 2,4 2,1 2,7 4,3 2,8 2,5 3,0 2,9 3,5 3,2 2,2 2,1 2,0 4,6 3,6 2,6 5,4 8,1 3,0 1,8 2,8 6,5 7,9 5,8 6,9 5,2 8,8 8,3 6,1 7,7 4,6 Chômage ,5 3,7 9,0 10,6 9,2 0,9 2,3 5,9 7,7 8,9 5,1 6,4 9,5 10,4 9,0 1,3 1,7 2,5 3,7 5,0 2,2 4,5 10,0 8,1 5,1 4,1 6,1 7,2 5,8 5,3 2,5 4,0 9,3 9,2 7,9 2,5 4,3 7,3 6,9 6,7 n/a 9,3 10,5 n/a 6,2 3,4 3,5 n/a 3,6 2,8 3,8 Inflation ,2 9,4 7,3 2,0 1,8 3,2 5,0 2,9 2,2 1,4 4,4 13,9 11,2 4,7 2,7 4,9 9,0 2,5 0,8 –1,3 4,1 13,0 7,4 3,9 1,8 2,8 6,8 5,5 2,4 2,2 3,7 10,3 7,4 3,3 2,1 3,1 9,2 8,9 4,4 2,3 46,1 30,6 332,2 847,0 7,1 –0,3 7,3 2,2 3,6 1,6 1,1 5,9 2,5 1,9 1,0 Taux de croissance annuel moyen, taux de chômage annuel moyen & taux dinflation annuel moyen

19 1 ère PARTIE : FONCTIONS MACROECONOMIQUES

20 INTRODUCTION

21 Les fonctions macroéconomiques considérées sont : consommation (C), investissement (I), dépenses publiques (G), exportation nettes ou balance commerciale (exportation (X) - importations (M)) et variations de stocks (Vs). Nous avons ici les composantes du PIB (Y) : Y = C + I + G + Vs + X - M ouY + M = C + I + G + Vs + X c.-à-d., léquation macroéconomique fondamentale qui indique que : ressources (Y + M) = emplois (C + I + G + Vs + X) ouoffre globale (OG) = demande globale (DG) Note : > En fin de période, on vérifie toujours OG = DG > En début de période, les Vs assure l'égalité OG = DG

22 Remarque : Si la production excède les ventes (c-à-d les achats : C, I, G et X-M), la variation de stocks est positive. « Fin 2008… les entreprises, qui ont ajusté avec retard leur activité à la baisse de la demande, sont confrontées à des stocks élevés… ; elles réduisent fortement leurs stocks… Dans un contexte de perspectives de demande mal orientées, les entreprises ont déstocké massivement en fin dannée, tout en coupant dans la production. Ce phénomène a été particulièrement visible dans lautomobile, où de nombreuses chaînes ont été arrêtées partiellement ou totalement à lautomne, de façon à écouler des stocks devenus pléthoriques. Au total, le déstockage a réduit, à lui seul, de 0,8 point le PIB du quatrième trimestre Sur lensemble de lannée, la contribution des stocks à la croissance a été de - 0,3 point, alors quelle avait été neutre lannée précédente.» INSEE

23 La structure du PIB en France ( )

24 On observe que : la consommation (55 à 60 %) est la principale composante, suivie des dépenses publiques (20 à 25 %), de linvestissement (15 à 23 %) et des exportations nettes (entre -2 et +2 %). Ces composantes peuvent varier dune période à lautre et contribuer différemment à la croissance du PIB.

25 Les variations de la demande globale expliquent les fluctuations de lactivité économique dans le court terme (CT) ; c-à-d que la demande détermine le produit dans le CT, et plusieurs facteurs peuvent modifier la demande (comme la confiance des consommateurs ou le niveaux des taux dintérêt). Note : Dans le moyen et le long terme, dautres facteurs déterminent le niveau du PIB ; moyen terme : niveau technologique, stock de capital et taille de la main dœuvre ; long terme : système éducatif, taux dépargne et rôle du gouvernement.

26 « La crise financière a suscité une forte contraction de l'activité. Les conditions de financement des ménages et des entreprises se sont brutalement durcies à l'automne 2008, et ce durcissement a accentué le repli de la demande tout au long de l'hiver. Les ménages ont ainsi réduit leurs dépenses : leur accès au crédit est devenu très difficile, leur richesse a pâti du retournement des prix immobiliers et boursiers, et leurs revenus salariaux ont baissé avec la dégradation du marché du travail. Confrontées au repli de la demande des ménages et à des difficultés de financement, les entreprises ont fortement réduit leurs stocks et leurs dépenses d'investissement et ajusté leur emploi à la baisse… Pourtant, dès la fin du premier trimestre 2009, les indicateurs conjoncturels se redressent, notamment parce que l'action des pouvoirs publics pour apaiser les tensions sur les marchés financiers et pour relancer l'activité commence à faire sentir ses premiers effets positifs...

27 … Dans un contexte de récession globale, l'économie française a été pénalisée par la très vive contraction des exportations, qui ont baissé de 12,4 %, en lien avec la chute du commerce mondial. Après les exportations, le recul de l'activité est principalement imputable à la chute de la demande des entreprises… Plus encore, elles ont déstocké massivement, et les variations de stocks ont à elles seules contribué pour – 1,9 point au recul de l'activité… À l'inverse, la dépense de consommation des ménages a mieux résisté… Enfin, la demande des administrations publiques a accéléré en 2009, soutenant l'activité, notamment par le biais du plan de relance. La baisse de la demande totale a entraîné une chute des importations presque aussi marquée que celle des exportations, si bien que la contribution comptable du commerce extérieur à l'activité a été faiblement négative (– 0,2 point). » INSEE, Economie française, 2010

28 Taux de croissance du PIB

29 A. CONSOMMATION

30 Létude du comportement de la consommation agrégée est fondamentale dans la compréhension des fluctuations du PIB - les dépenses de consommation représentent 60 % du PIB français. Larbitrage entre consommation et épargne est essentielle ; mais comment les gens prennent-ils leurs décisions de consommation et dépargne ? 2 grands types danalyse du comportement de consommation existent: - celle de Keynes, mettant laccent sur le revenu courant ; - celles de Friedman et Modigliani, avec, respectivement, leurs théories du revenu permanent et du cycle de vie.

31 1. Analyse de Keynes « Nous accroissons notre consommation quand notre revenu augmente, mais cet accroissement de notre consommation est inférieur à laccroissement de notre revenu. » Keynes postule une relation entre consommation et revenu. 2 propensions expriment la relation entre consommation et revenu : - Propension marginale à consommer (PmgC): ΔC/ΔY ou c, avec 0 < c < 1 Si c = 0,9 90 % de chaque est consommé - Propension moyenne à consommer (PMC) : C/Y

32 Les résultats empiriques dans le cas de la France ne confirment pas ces hypothèses Interprétation : Année 2004 : PMC = 0,85 85 % du revenu disponible a été consommé. PmgC = 0,93 laugmentation du revenu disponible de 1 augmente la consommation de 93 centimes.

33 Année 2003 : PmgC = 1,24, c.-à-d. : (854,2 – 825,5) / (1015 – 991,8) = 28,7 / 23,2 = 1,24 La consommation a augmenté de 1,24 pour 1 supplémentaire de revenu ménages ont désépargné. Conclusion : PMC est relativement stable PmgC est volatile Les PMC et PmgC dans le cas de la France, entre , confirment cette même tendance (cf. figure plus bas).

34 PmgC & PMC en France ( ) - Insee

35 Remarque : La période de montre quon avoir des PmgC négatives ; un simple exemple illustre ceci : période 0 : C 0 = 825 M et Y 0 = 990 M période 1 : C 1 = 820 M et Y 1 = 1015 M Donc :PmgC 1 = ( ) / ( ) = - 5 / 25 = -0,2 avec : PmgS 1 = 1 - PmgC 1 = 1,2 donc les agents ont épargné.

36 Note : Lhypothèse de stabilité de la relation consommation-revenu joue un rôle essentiel dans : - lévaluation du « multiplicateur dinvestissement » (dY/dI > 1), lequel est dautant plus fort que la PmgC est élevée ; - lefficacité des dépenses publiques dans la régulation de la conjoncture. Selon Keynes, lépargne (S) est un résidu : S = Y - C (une hypothèse assez réductrice). En réalité, les agents font des choix intertemporels en fonction de leurs anticipations du futur (changements de revenu, situation de chômage, détérioration de la conjoncture). Le comportement dépargne des français en atteste :

37 « Des mesures de soutien au pouvoir d'achat des ménages, notamment les plus modestes, sont mises en œuvre dans de nombreux pays : hausse ou allongement des allocations chômage, baisses d'impôts ou subventions ciblées… Dans de nombreux pays ces mesures interviennent en effet dans un contexte global de hausse du taux d'épargne, pour des motifs divers : constitution d'une épargne de précaution face à la hausse du chômage, effets de richesse dans les pays anglo-saxons, obligation pour les ménages de se désendetter. » INSEE, Economie française, 2010

38 2. Analyses de Friedman et Modigliani 2.1 Théorie du revenu permanent (Friedman, 1957) Les plans de consommation sont faits sur une durée assez longue lavenir influence la consommation courante. Idée de base : la consommation ne dépend pas du revenu courant, mais du revenu permanent (Y p ) qui est « le revenu hypothétique constant que toucherait un individu sa vie durant et dont la somme actualisée serait égale à la valeur actualisée des revenus futurs attendus réellement » avec : y i le revenu attendu lannée i (future) et r le taux dintérêt réel.

39 Friedman fait lhypothèse que seule la relation entre la consommation permanente (C p ) et Y p a un caractère stable (C et Y transitoires sont instables et donc imprévisibles) ; plus précisément, la consommation sera une proportion au Y p : C p = kY p. avec k = PMC (égale à la PmgC) et voisine de 1 à LT Remarques : Friedman considère que linformation dont dispose le consommateur permet de prévoir son RP (revenus du travail + patrimoine. Les prévisions jouent ici un rôle central. Les marchés financiers sont supposés parfaits (les agents peuvent librement emprunter).

40 2.2 Théorie du cycle de vie (TCV) (Modigliani, 1963) Les individus nattendent pas un flux constant de revenus durant leur vie (revenu augmente avec lâge). Lépargne permet de lisser la consommation tout au long de la vie ; les individus font un choix rationnel entre la consommation présente et la consommation future. Laccent est mis sur laccumulation patrimoniale qui permet lajustement entre des revenus variables et des dépenses que lon cherche à étaler tout au long de la vie. La fonction de consommation agrégée impliquée par la TCV sécrit:

41 avec :Y, le Y réel disponible W/P, la richesse réelle a, la propension à consommer Y b, la propension à consommer W/P Pour les ménages américains pendant la période , Modigliani propose la fonction suivante : C = 0,70Y + 0,06 W/P c-à-d : en moyenne chaque année 70 % du revenu et 6 % de la richesse sont consommés. Remarque : le rôle de la richesse joue davantage dans les comportements de consommation des ménages américains que dans ceux des ménages européens ou français.

42 Conclusions générales : (1) La fonction de consommation keynésienne est plutôt vérifiée à court terme. Lorsquon passe de revenus faibles à revenus élevés, lépargne augmente PMC (2) Sur le long terme, la fonction de consommation keynésienne est mal vérifiée une stabilité de la PMC, et donc de lépargne. Validité des théories du cycle de vie et du revenu permanent.

43 3. Facteurs déterminants 3.1 Revenu et épargne (S) Lapproche contemporaine de la consommation postule que le consommateur répartit sa consommation compte tenu du revenu courant (revenu disponible brut ou revenu réel disponible) et des revenus futurs anticipés. Concernant la France, pour lannée 2009 : « La bonne tenue du pouvoir d'achat, alliée au soutien apporté par la mise en place de la prime à la casse, a permis à la consommation des ménages de résister : elle a augmenté de 0,6 % après + 0,5 % en 2008 et n'a pas connu de baisse importante durant les trimestres de récession. La consommation a ainsi pu jouer un rôle de stabilisateur pour l'économie française tout au long de la crise...

44 … En outre, la relative bonne tenue de la consommation s'est accompagnée de la formation d'une épargne de précaution, en réponse à la dégradation du marché du travail et des perspectives de revenu. L'épargne a ainsi augmenté de près d'un point entre 2008 et 2009, passant de 15,4 % à 16,2 % du revenu disponible brut. » INSEE, Economie française, 2010 Remarques : En tant que déterminant principal de la consommation, les évolutions du revenu jouent un rôle important pour le produit national. Les perspectives (positives ou négatives) de revenu affectent normalement la consommation, par exemple, par le biais de la formation dune épargne de précaution. Épargne permet un transfert de pouvoir dachat entre périodes ; elle peut ainsi jouer sur lactivité.

45 Par exemple : En Allemagne, entre 1995 et 2005, les ménages, inquiets par le chômage élevé et la stagnation du pouvoir dachat, ont augmenté leur épargne par précaution au détriment dun renforcement de la consommation. Question : mais jusquà quel point la consommation dépend-elle respectivement des revenus courants et futurs? Larbitrage nest pas la même selon quon est un consommateur riche ou pauvre (ou au chômage). Les anticipations de revenus futurs varient beaucoup avec le revenu courant (par ex. en cas de promotion dun salarié). Le fait que les consommateurs perçoivent les variations de leur revenu comme permanentes ou transitoires affecte leurs décisions.

46 Source : OCDE Economic Outlook Taux dépargne (en % du revenu national disponible)

47 Contributions à lévolution du pouvoir dachat du revenu disponible – cas de la France

48 Evolution de la consommation, du pouvoir dachat et du taux dépargne – cas de la France

49 3.2 Taux dintérêt La hausse du taux dintérêt (i) accroît lincitation à épargner : il est plus intéressant consommer demain quaujourdhui. Question : Ceci réduit toujours la consommation et accroît lépargne ? En réalité, on a des réactions différentes selon quon est emprunteur ou prêteur : - Emprunteur baisse la consommation, puisquil est plus pauvre (hausse du taux dintérêt fait baisser le pouvoir dachat) ; - Prêteur, étant plus riche (hausse du taux dintérêt augmente le pouvoir dachat de son épargne), est incité à consommer davantage.

50 En France, des études empiriques (1972/2003) montrent que limpact de la hausse du taux dintérêt sur lépargne reste marginal : la hausse de 1 point du taux dintérêt augmente le taux dépargne au bout de 5 ans de 0,2 point. En France, de 1970 à 2007, on observe une corrélation négative entre le taux de croissance de la consommation et le taux dintérêt réel (voir graphique).

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52 3.3 Inflation Relation entre inflation et consommation Pendant les périodes dinflation, les prix et les salaires ne croissent pas proportionnellement, affectant ainsi le salaire réel ; linflation affecte la répartition (ex. des retraités) et crée des distorsions (ex. des tranches dimposition qui ne sont pas ajustées de linflation), ce qui est susceptible daffecter la consommation. Relation entre inflation et épargne (S) Deux logiques possibles : a. LEpargne est faible si le taux dintérêt réel ( = taux dintérêt nominal – taux dinflation) est faible donc si linflation est forte relation inverse entre épargne et inflation.

53 b. Epargne par un motif de précaution augmente (effet Pigou) ; mécanisme : prix ménages augmentent leur épargne afin de conserver le « pouvoir dachat » de leur lépargne. Note : En France leffet Pigou est faible ; la hausse de linflation dun point induit une hausse du taux dépargne de 0,06 point au bout dun an* (étude ) ; c-à-d : seul 6% des pertes de richesse réelle dues à l'inflation sont compensées par une hausse de lépargne.

54 3.4 Effets de richesse et anticipations Revenu courant et richesse totale (capital financier + capital humain*) déterminent la consommation courante. Les anticipations affectent la consommation de deux façons : a. directement par lestimation du capital humain b. indirectement à travers la richesse patrimoniale actifs financiers et immobiliers ; selon INSEE : « La crise financière a suscité une forte contraction de l'activité. Les conditions de financement des ménages… sont brutalement durcies à l'automne 2008… Les ménages ont ainsi réduit leurs dépenses : leur accès au crédit est devenu très difficile, leur richesse a pâti du retournement des prix immobiliers et boursiers… »

55 Globalement, la dépendance de la consommation vis-à-vis des anticipations a 2 implications: 1. La consommation répond moins que proportionnellement à des variations du revenu courant quand ces variations sont perçues comme transitoires 2. La consommation peut varier alors que le revenu ne change pas (ex. de l« effet Sarkozy », après les élections rôle positif des anticipations optimistes)

56 3.5 Autres déterminants Chômage : sa hausse et son niveau élevé devraient induire une hausse de lépargne par précaution baisse de la consommation. Effet Ricardo-Barro : la croissance du déficit public incite les ménages à épargner en prévision dune hausse future des impôts (cf. Banque de France).

57 Étude de cas 1 Quels effets auront les variations suivantes sur la pmgc et sur la consommation : (a) une augmentation du taux dimposition ; (b) léconomie entre dans une période de croissance après une récession ; (c) les ménages anticipent une augmentation du taux dinflation ; (d) le gouvernement redistribue les revenus des riches vers les pauvres ? Réponse : a. La pmgc va diminuer. Pour chaque niveau de revenu, une hausse du taux dimposition correspond à une diminution du revenu net disponible pour la consommation.

58 (suite Etude de cas 1) b. Sur une courte période de temps, les individus consomment davantage à la sortie dune récession. En effet, la pmgc à des variations importantes à court terme car certains individus vont réagir très rapidement à une variation du revenu et augmenter leurs dépenses. Par définition, la pmgc à long terme a des variations plus faibles. c. La pmgc augmente car les ménages anticipent quils devront allouer une part plus grande de leur revenu aux dépenses de consommation. d. La pmgc va augmenter car les ménages les plus pauvres dépensent relativement plus en consommation que les ménages les plus riches.

59 Étude de cas 2 Réfléchissez aux éléments qui pèsent sur la décision de consommation et déterminez comment ils vont toucher lépargne. Y a-t-il des éléments qui influent sur la consommation mais pas sur lépargne ? Et inversement, y a- t-il des éléments qui influent davantage sur la décision dépargner que de consommer ? Réponse : Le tableau suivant répertorie un ensemble déléments qui influencent la consommation et lépargne.

60 (Étude de cas 2 : suite) Seuls le revenu et le taux dimposition provoquent des effets similaires sur lépargne et la consommation.

61 B. INVESTISSEMENT

62 Définition : Linvestissement (I) mesure les dépenses des entreprises et des ménages pour accroître leur stock de capital (productif ou immobilier) Pour les entreprises, I dépend des termes suivants : Le niveau des ventes courantes et prévues Le taux dintérêt réel (i r ), c-à-d :i r i n π e avec : i n le taux dintérêt nominal π e le taux dinflation anticipé Trois cas sont possibles : a. Quand π e = 0, i r = i n b. Comme en général π e > 0, i n > i r c. Pour i n donné, plus π e est élevé, plus i r est bas

63 Pour saisir ces 2 effets, nous pouvons écrire léquation dinvestissement : I = I(Y,i r ) + -

64 Illustration : hypothèse π e = i n Supposons un emprunt pour lequel π e = i n = 10 % Pour lemprunteur : emprunt de 1000 en 2010 coûtera 1100 en 2011 mais, compte tenu de linflation, ce qui coûte en 2010 coûtera, en 2011, c-à-d : = ou bien : ,90 10 (le signe = signifie : ont le même pouvoir dachat que) Ce « taux de change » permet dexprimer le coût de lemprunt en 2011 en euro 2010 : = 1100 × 0,

65 Conclusion : pour lemprunteur, la valeur réelle des de 2011 est exactement la même des de 2010 ; le coût réel de lemprunt est donc nul Autre manière de présenter les choses : Pour chaque euro emprunté, il faudra rembourser 1,10 lan prochain (1 10 1,10 11 )… mais leuro vaudra 10 % de moins en termes de biens lan prochain. Donc, en empruntant léquivalent dun bien, on sengage à rembourser un bien lan prochain.

66 Pour le prêteur : prêt de 1000 en 2010 rapportera 1100 en 2011 mais, compte tenu de linflation, leuro en 2011 vaudra 10 % de moins en termes de bien (de pouvoir dachat) ; le bénéfice réel du prêt est donc nul Conclusion générale : linflation allège la charge de remboursement réel des débiteurs ; les créanciers voient leur richesse réelle inchangée A retenir : i r indique à combien de biens il faudra renoncer dans le futur pour disposer dun bien supplémentaire aujourdhui

67 1. Relation entre investissement et taux dintérêt Pour un manager, il sagit de comparer le coût de linvestissement au rendement attendu de linvestissement. Le choix des investissements renvoie à la technique de lactualisation. 1.1 Critère de la VAN VAN = – Dépense initiale (DI) + Recettes futures actualisées (RFA) Note : Le terme « actualisées » signifie que lon calcule la valeur dune recette future en unité monétaire daujourdhui, en lactualisant avec 1/(1+ i r ) Cette année Lan prochain 1/(1+ i r ) 1 euro

68 Si VAN 0 (pour un i r donné) on fait linvestissement (recettes futures actualisées > dépense initiale). Si VAN < 0 pas rentable demprunter les fonds nécessaires (recettes futures actualisées < dépense initiale). Remarques : 1. Linvestissement est fonction décroissante du taux dintérêt réel : sa hausse fait diminuer la VAN ; 2. Linvestissement ne dépend pas uniquement du taux dintérêt ; les prévisions quant aux recettes futures actualisées comptent aussi (ex. : Tunnel sous la manche) 3. A vrai dire, le mieux quun manager puisse faire est de prévoir les recettes futures actualisées et le taux dintérêt réel.

69 On choisit investissement dont la VAN est la plus élevée (investissement B) Illustration

70 1.2 Critère du taux interne de rentabilité (TIR) TIR = taux dactualisation pour lequel la VAN est nulle Au lieu de rechercher la VAN à laide dun taux dintérêt externe (i), on cherche le TIR (r) qui égalise les recettes futures actualisées à la dépende initiale (RFA = DI). DI = R 1 /(1+r) + R 2 /(1 + r) 2 + … R n /(1 + r) n Remarques : 1. Le TIR correspond à la valeur du taux dactualisation pour laquelle linvestissement se solde sans perte ni profit. 2. Linvestissement sera décidé si le TIR (r) est au moins égal au taux dintérêt réel (i r ), si donc : r >= i r

71 Pourquoi ceci ? La réponse exige que lon prenne 2 optiques: a. Lentrepreneur a recours au crédit Dans ce cas-ci, plus le coût de linvestissement est élevé (i.e. le taux dintérêt réel est élevé), plus la rentabilité (TIR) exigée des projets dinvestissement doit être forte (puisquil faut bien que les entrepreneurs remboursent leurs crédits); b. Lentrepreneur a le choix dinvestir ou de spéculer Linvestissement sera décidé si le TIR est au moins égal au taux dintérêt réel, le rendement « externe » obtenu si les montants étaient placés sur le marché financier.

72 n Illustration Par définition : taux dintérêt réel (i r ) = taux dintérêt nominal (i n ) – inflation (π) Mais lors dune décision de placement, on ignore a priori linflation que lon va subir au cours de lannée à venir (c.-à-d. linflation observé) On ignore le rendement réel dun placement. Si lon doit choisir entre un investissement productif dont TIR = 7 % et un placement financier dont le taux dintérêt nominal i n = 10 %, on doit anticiper linflation, au risque de se tromper.

73 Donc, à vrai dire : Taux dintérêt réel (i r e ) = taux dintérêt nominal (i n ) – inflation anticipée (π e ) > Siπ e = 2 % on place largent, puisque i r e > TIR > Siπ > π e (par ex. : π = 4 %) i r = 6 %, il fallait investir Les anticipations dinflation et de taux dintérêt futurs jouent donc un rôle essentiel dans larbitrage entre investissement et placement.

74 Notes : 1. Dans le cas de la France (1975 – 2007), il y a bien une corrélation négative entre le taux dinvestissement et le taux dintérêt réel

75 2. Le concept de taux dintérêt réel explique le paradoxe dinvestissements élevés accompagnés de taux dintérêt nominaux élevés (ex. des années 70 au Brésil et aux EUA) Remarque : ceci étant dit, linflation nest pas un facteur positif pour le climat des investissements ; en effet : Instabilité des prix augmentation de lincertitude mauvaise évaluation de la rentabilité réelle des investissements 3. Lautofinancement (financement direct) peut aussi diminuer limportance du taux dintérêt dans les décisions dinvestissement

76 2. Relation entre investissement et variation du revenu national Laccroissement du revenu national ( Y) entraîne: de la demande de biens de consommation ( D c ) puis, de la demande dinvestissements nouveaux ( I) Y D c I Cest la relation dite d'accélération : I implique hausse du stock de capital ( I = K), donc hausse de la capacité de production… Mais I ne sera mise en œuvre que sil y a hausse du revenu national ; donc Y I

77 Illustration Linfluence de la consommation (C) sur linvestissement (I) : le cas français Influence de la consommation : faible dynamisme de C des ménages en 2003 ( C ) influence négative sur I des entreprises ( I ) puis redressement de C des ménages en 2004 ( C ) influence positive sur I des entreprises ( I )

78 Taux dinvestissement et principe daccélération dans lindustrie française Source: OFCE, Observations et diagnostics économiques, juillet 1990 Conclusion : le principe daccélération aide à expliquer lévolution de linvestissement

79 Année0 Quantité demandée par les ménages (ventes) Nombre de machines nécessaires pour produire 10 Investissement induit (I i, machines supplémentaires) Investissement de remplacement (I r ) Investissement total (I i + I r ) Les effets de laccélérateur

80 Année01 Quantité demandée par les ménages (ventes) Nombre de machines nécessaires pour produire 10 Investissement induit (I i, machines supplémentaires) 0 Investissement de remplacement (I r ) 1 Investissement total (I i + I r )1 Les effets de laccélérateur

81 Année012 Quantité demandée par les ménages (ventes) Nombre de machines nécessaires pour produire Investissement induit (I i, machines supplémentaires) 010 Investissement de remplacement (I r ) 11 Investissement total (I i + I r )111 Les effets de laccélérateur

82 Année0123 Quantité demandée par les ménages (ventes) Nombre de machines nécessaires pour produire Investissement induit (I i, machines supplémentaires) 010 Investissement de remplacement (I r ) 111 Investissement total (I i + I r )111 Les effets de laccélérateur

83 Année01234 Quantité demandée par les ménages (ventes) Nombre de machines nécessaires pour produire Investissement induit (I i, machines supplémentaires) Investissement de remplacement (I r ) 1111 Investissement total (I i + I r )111 6 Les effets de laccélérateur

84 Année Quantité demandée par les ménages (ventes) Nombre de machines nécessaires pour produire Investissement induit (I i, machines supplémentaires) Investissement de remplacement (I r ) Investissement total (I i + I r ) Les effets de laccélérateur

85 Année Quantité demandée par les ménages (ventes) Nombre de machines nécessaires pour produire Investissement induit (I i, machines supplémentaires) Investissement de remplacement (I r ) Investissement total (I i + I r ) Les effets de laccélérateur

86 3. Relation entre investissement et revenu national Le revenu exerce influence à la fois par ses variations (effet daccélération) et par son niveau : linvestissement est important lorsque le revenu est élevé. Relation positive entre le revenu et linvestissement sexplique par : (a) les anticipations : elles peuvent exercer une influence sur les investissements ; or, les anticipations sont souvent fonction du revenu national Y agit sur I à travers les anticipations Selon INSEE, en 2008, en France : « Au cours de 2008, la baisse des débouchés et des perspectives dactivité ont pesé sur linvestissement des entreprises »

87 Situation économique des pays étrangers (revenu national étranger) peut influencer les anticipations des entreprises nationales. (b) le niveau des profits : son accroissement augmente les possibilités dautofinancement des firmes (voir graphique) ; de surcroît, il constitue un signe dune prospérité économique générale qui amène les firmes à anticiper une expansion de la demande. Influence du stock de capital dans la détermination de linvestissement : I t = Y t – K t-1 I dépend positivement du niveau de la demande finale (Y) et est fonction décroissante du stock de capital

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89 Remarques : Le taux de marge est la part des profits dans la valeur ajoutée (EBE / VA) ; plus le partage de la valeur ajoutée se fait en faveur des profits et au détriment des salaires (donc hausse du taux de marge), plus les entreprises sont incitées à investir La hausse du taux de marge des SNF fin 2009 tient essentiellement à la suppression de la taxe professionnelle

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91 Remarques : Le taux d'autofinancement est le rapport entre l'épargne brute des entreprises et l'investissement. Il mesure la part des investissements financés au moyen des profits dégagés par l'entreprise Une hausse du taux d'autofinancement signifie… que l'entreprise devient plus rentable (car l'épargne brute est ce qui reste après paiement des matières premières, règlement de la rémunération du travail et paiement des impôts, des intérêts et des dividendes); mais… cela signifie aussi que l'entreprise a baissé son effort d'investissement

92 Révisons le rôle des différents déterminants de linvestissement au travers de la Note de Conjoncture de lINSEE (novembre 2009) :

93 Schématiquement : Facteurs réels demande anticipée (intérieur et extérieure) profits attendus (déterminent niveau dautofinancement) Facteurs financiers Investissement taux dintérêt (détermine niveau dendettement)

94 C. DEPENSES PUBLIQUES

95 Notes préliminaires Avec les impôts (T), les dépenses publiques (G) représentent les variables de la politique budgétaire ; elles permettent dagir sur la conjoncture. T et G sont des variables exogènes et discrétionnaires.

96 1. Dépenses publiques : définition et mesure Les dépenses publiques englobent : (a) dépenses de lEtat et (b) dépenses des administrations de Sécurité sociale et collectivités territoriales, c-à-d les dépenses des APU (somme des dépenses de fonctionnement, de transfert, en nature et en numéraire, et dinvestissement). En France, les dépenses publiques dépassent les 50 % du PIB, témoignant du poids considérable occupé par la sphère publique. La France se distingue des autres pays européens par limportance des dépenses de son système de protection sociale.

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100 2. Les effets direct de la relance budgétaire Les dépenses publiques exercent une influence importante sur léconomie, qui peut être positive ou négative (cf. exemple du plan de soutien à la consommation de Mitterrand en 1981 suivi dun plan de rigueur en 1983). Il en va de même des mesures fiscales qui affectent le pouvoir dachat et donc la demande finale. Face au ralentissement de la croissance, un accroissement des dépenses publiques ( G) peut compenser la faiblesse des dépenses privées ; G provoque un mécanisme de relance. Exemple : 100 Md de travaux publics de la production de 100 Md distribution de revenus de 100 Md

101 de la demande de C (en fonction de la PmgC) de la production distribution de nouveaux revenus, et ainsi de suite… Ce processus repose sur le caractère cumulatif de la distribution de revenu supplémentaire : G augmente le revenu global de Y 1 = G Y 1 va être consommé dans une proportionc Y 1 = Y 2 Y 2 va être consommé dans une proportionc Y 2 = c 2 G c Y 2 engendrera Y 3 et ainsi de suite… Au total laugmentation de revenu sera : Y = G + c G + c 2 G + c 3 G +… Y = G (1 + c + c 2 + c 3 +…) Y = G 1/(1 - c)

102 Note Note : En raison des « fuites » : épargne, prélèvements obligatoires, achat de biens importés, les Y sont de plus en plus faibles jusquà sépuiser complètement le multiplicateur aura alors produit tous ses effets Exemple : Sans commerce extérieur Si : C = c Y(1 – t)avecc = 0,8 et t = 0,3 alors les G ont un effet multiplicateur de : Y/ G = 1/(1 – c(1 – t)) = 2,27 Avec commerce extérieur Une partie des dépenses supplémentaires « fuient » sous la forme dimportations (M)

103 Les importations sont liées au revenu disponible courant par la relation : M = mY avec m = PmgM Avec m = 0,3, la politique budgétaire a un effet multiplicateur de : Y/ G = 1/(1 – c(1 – t) + m) = 1,35 Note : En raison de ces fuites, il est important de coordonner les relances budgétaires (cas de lUE) ; dans un monde à 2 pays, le multiplicateur devient : Y/ G = 1/(1 – c(1 – t) + m) - [(m.m*)/(1-c*(1-t*)+m*)] avec les paramètres de léconomie étrangère : c* = 0,8, t* = 0,3 et m* = 0,3, le multiplicateur passe de 1,35 à 1,61

104 Illustration de leffet multiplicateur par période Hypothèses pmc = 0,5 W = fuites Augmentation des dépenses publiques de 160 M

105 Effet multiplicateur par période

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109 Hypothèses pmw = 0,5 Augmentation des injections de 160 M

110 Effet multiplicateur par période

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112 Notons que lEtat peut aussi relancer léconomie par : a. La diminution des impôts T : Y = (c/(1 – c)) T b. Des dépenses de transfert (allocation de rentrée scolaire) F: Y = (c/(1 – c)) F Remarque : Le multiplicateur des dépenses publiques, 1/(1 – c), est plus élevé que les multiplicateurs fiscal et de dépenses sociales, c/(1 – c) ; une partie des T et des F est épargnée. En France le multiplicateur a été estimé entre 1,2 et 1,4, c.-à-d.: G de 1 point de PIB… induit une Y de 1,2 à 1,4 point (environ 3 % aux EUA). conditionscoûts. Malgré leur influence positive sur léconomie, les instruments budgétaires posent néanmoins un certain nombre de conditions et de coûts.

113 3. Conditions de lefficacité de la relance budgétaire La capacité des instruments budgétaires suppose que : (a) La production augmente pour satisfaire laccroissement de la demande (condition pour que le multiplicateur fonctionne) ; sinon la stimulation de la demande est inflationniste. (b) Ils soient facilement et rapidement maniables. Risque : évolution de la conjoncture les effets de la relance sont inappropriés, voire nocifs. (c) Les agents soient « keynésiens », c.-à-d. quils consomment sur la base du revenu disponible courant. Lefficacité de court terme dune relance économique par les G peut comporter certains coûts.

114 4. Les coûts de la relance budgétaire (a) Effet déviction Mécanisme suivant : relance budgétaire activité productive (PIB) demande supplémentaire de monnaie au titre du motif de transaction si loffre de monnaie naccompagne pas la demande de monnaie, taux dintérêt investissement Au total : par ses conséquences monétaires, la relance budgétaire peut «évincer» linvestissement privé.

115 Résultats des travaux empiriques : il y a bien un effet déviction, mais il nannule généralement pas limpact stimulant de court terme de la relance budgétaire. (b) Dégradation des comptes extérieurs Une partie des G « fuit » sous la forme dimportations qui est susceptible de dégrader la balance commerciale (ex. de la France en 1981). (c) Financement du déficit budgétaire Si lEtat accroît les dépenses sans augmenter les recettes, un déficit apparaît qui souvent doit être financé par emprunt. Problème : risque dun effet déviction financière et deffet cumulatif sur la dette publique (DP).

116 Remarque : La politique budgétaire (PB) est moins efficace quand elle est concomitante à une augmentation de la dette publique ; pourquoi ? Les agents anticipent une hausse des impôts Ils augmentent leur épargne par précaution (effet Ricardo-Barro) La PmgC est plus faible Le multiplicateur budgétaire est plus petit Lefficacité de la PB se voit réduite Leffet sur la croissance ( du PIB) est moins important Note : à leffet Ricardo-Barro peut sajouter un effet déviction réduisant davantage lefficacité de la politique budgétaire.

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118 Dette publique en France : 78,1 % du PIB fin 2009, contre 67,5 % fin 2008 – en dessous du niveau de la zone euro, mais au-dessus de lUE27. Dette publique tend à sautoalimenter : en labsence de recettes, lEtat doit emprunter pour payer les intérêts de la dette. Résultat : un effet « boule de neige » qui peut rendre la dette publique « insoutenable ».

119 Dette publique au sein des pays de lUnion européenne

120 Remarques : (1) Les pouvoirs publics ont des dettes… mais aussi des actifs (surtout physiques). Richesse nette des APU fin 2009 : 25 % du Produit intérieur net (= PIB – amortissement).

121 (2) Le Pacte de stabilité et de croissance limite lendettement public. (3) La réduction de la dette publique peut avoir des conséquences sur le modèle social français. (4) Une autre contrainte liée aux dépenses publiques est les prélèvements obligatoires (PO) : impôts + cotisations sociales. En France : taux de PO (i.e. PO/PIB) en 2007 = 43,7% ; en 2008 = 42,3 % ; en 2009 = 42,3 %. En Europe : environ 40 %, contre environ 27 % au Japon et aux EUA. Le Niveau élevé de fiscalité en Europe permet le financement du modèle social européen (avec dépenses publiques et transferts sociaux importants)

122 Question de la fiscalité : pas uniquement économique (au niveau des ménages et entreprises), mais aussi sociale (de justice sociale), et même environnementale.

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124 Cest quoi au juste les niches fiscales et sociales ? Ce sont des exonérations d'impôt ou de charges sociales ; chaque année, les niches fiscales représentent un manque à gagner de 70 à 75 Md et les niches sociales un manque à gagner de 33 Md. Le gouvernement espère en retirer 5 milliards d'économies (c-à-d réduire les « dépenses fiscales ») sur deux ans, soit 2,5 milliards par an. Il existe trois types de niches fiscales : - les déductions d'impôt : elles permettent de déduire une certaine somme du revenu imposable, à partir duquel est calculé l'impôt dû ; - les barèmes, comme le quotient familial : pour un même revenu, un foyer ne paiera pas le même impôt selon, par exemple, le nombre d'enfants ;

125 - les réductions d'impôt : dans ce cas, la niche vient directement réduire l'impôt à acquitter ; Certaines niches sociales (p. ex. les allègements de cotisations patronales, qui sont les plus grosses niches) seront épargnées pour ne pas alourdir le coût du travail. Lefficacité de la réduction ou réforme des niches est contestée par certains économistes.

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129 D. EXPORTATIONS

130 Liminaires Les exportations (X) sont la dernière composante de la demande globale étudiée. Dans une économie ouverte, les agents économiques peuvent décider dacheter des biens nationaux ou étrangers. Tous les pays exportent une part du PIB et importent des produits qui alimentent la consommation et linvestissement nationaux.

131 1. Les taux de change nominal et réel Lorsque les agents économiques décident dacheter des biens nationaux ou étrangers, cest le prix des biens étrangers en termes de biens nationaux qui est central ; ce prix relatif sappelle le taux de change réel (e) ; il nous informe de la compétitivité-prix des biens nationaux. Le taux de change réel nest pas directement observable ; ce que nous trouvons dans les journaux, ce sont les taux de change nominaux (E), les prix relatifs des devises. Les taux de change (nominaux) entre 2 monnaies sont donnés de 2 façons : 1 = 1,39 $ ou 1 $ = 0,71 Les variations du taux de change nominal sont appelées appréciations ou dépréciations nominales.

132 Taux de change nominal E Prix du dollar en euro Appréciation de leuro Le prix du dollar en euro diminue équivalent à : Le prix de leuro en dollar augmente équivalent à : Le taux de change diminue : E Dépréciation de leuro Le prix du dollar en euro augmente équivalent à : Le prix de leuro en dollar diminue équivalent à : Le taux de change augmente : E

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135 Construire le taux de change réel entre les EUA et la France, par exemple le prix dune voiture américaine en termes dune voiture française, est très simple. 1 ère étape :prendre le prix de la voiture américaine et le convertir en euros. Si la voiture vaut $ et 1 $ = 0,80 alors, le prix de la voiture est de ème étape :calculer le ratio de la voiture américaine en euros sur le prix dune voiture française en euros. Si la voiture française vaut , le prix de la voiture américaine en termes de voiture française (c.-à- d. le taux de change réel) serait : / , soit 1,07

136 Envisageons les évolutions suivantes : a. Que se passe-t-il si leuro sapprécie par rapport au dollar (E ) par exemple si 1 $ = 0,70 ? Le prix de la voiture américaine est de Le prix de la voiture américaine en termes de voiture française (c.-à-d. le taux de change réel e) devient : e = / , soit 0,93 e de 13 % : la voiture française est désormais 13 % plus cher par rapport à la voiture américaine. b. Que se passe-t-il si la voiture française coûte désormais ? Le prix de la voiture américaine en termes de voiture française (c.-à-d. le taux de change réel e) serait : e = / , soit 0,98 e de 8,4 %.

137 Conclusion :  La diminution du taux de change nominal change les prix relatifs, c.-à-d. diminue le taux de change réel e... Laugmentation du prix de la voiture française change les prix relatifs, c.-à-d. diminue le taux de change réel e… pénalisant les produits nationaux en faveur des importations. Au total : La compétitivité-prix française saméliore (détériore) lorsque les prix français progressent moins vite (plus vite) que les prix étrangers exprimés en une monnaie commune, que ce soit en raison dune diminution (augmentation) de linflation, dune dépréciation (appréciation) de leuro, ou dune combinaison des deux facteurs.

138 Plus généralement, si nous voulons construire un taux de change réel qui reflète le prix relatif de tous les biens produits aux EUA par rapport à tous les biens produits en France, nous devons utiliser les déflateurs du PIB, notés P (P = PIB nominal / PIB réel). Soit :P* le déflateur du PIB pour les EUA P le déflateur du PIB pour la France E le taux de change nominal entre $ et La construction du e devient : Prix des biens américains en $ P* Prix des biens américains en EP* Prix des biens européens en P Taux de change réel e = EP*/P

139 Les EUA vus dEurope Taux de change réel e Prix des biens américains en termes de biens européens Appréciation réelle Le prix des biens européens en termes de biens américains augmente équivalent à : Le prix des biens américains en termes de biens européens diminue équivalent à : Le taux de change diminue : e

140 Dépréciation réelle Le prix des biens européens en termes de biens américains diminue équivalent à : Le prix des biens américains en termes de biens européens augmente équivalent à : Le taux de change augmente : e

141 On peut aussi calculer le taux de change effectif nominal et réel. Le taux de change effectif permet de prendre en compte lensemble des partenaires commerciaux (42 pour la France) Le taux de change effectif nominal (TCEN) dun pays est calculé en agrégeant les parités nominales des monnaies des partenaires commerciaux de ce même pays, au moyen dune pondération qui prend en compte la part de chaque partenaire dans le commerce extérieur. Le calcul du taux de change effectif réel (TCER) diffère de celui du TCEN en ce quil prend en compte des parités nominales déflatées par les prix à la consommation ; le TCER tient ainsi en compte le rythme dinflation des partenaires commerciaux.

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143 Que observe-t-on en 2010 ? Lévolution du taux de change effectif réel se déprécie de + 4,5 en moyenne annuelle : leuro se déprécie vis-à-vis de la quasi-totalité des monnaies ; la compétitivité-coût et la compétitivité-prix de France saméliorent sur la période. Autrement dit : Le prix relatif moyen des biens étrangers par rapport aux biens français diminue. Note : La compétitivité-coût compare lévolution des coûts salariaux unitaires* dun pays à celle de ses partenaires commerciaux.

144 2. Déterminants des importations (M) et exportations (X) Les importations dépendent du taux de change réel et du revenu national : M = M (Y, e) + - Y plus élevé conduit à des importations plus élevées ; e plus élevé rend les produits étrangers plus chers relativement (doù le signe moins). Les exportations dépendent du taux de change réel et du revenu étranger Y* : X = X (Y*, e) + + Y* plus élevé conduit à des exportations plus élevées ; e plus élevé rend les produits nationaux plus attractifs relativement (doù le signe plus).

145 Commerce mondial et exportations françaises

146 3. Effets économiques des échanges extérieurs : le cas de la France Contributions à l'évolution du PIB des exportations, importations et du solde extérieur en point de PIB Source: Insee Comment interpréter les données pour lannée 2009 ? Cela se lit en points de PIB. En 2009, la contribution des exportations a été de -3,3 points de croissance. La contribution des échanges extérieurs de biens et services à la croissance a été négative (- 0,2 point).

147 Cela se lit en points de PIB contribution des X– 3,3 contribution des M + 3,1 contribution du solde extérieur– 0,2 Explication : Cette contribution négative s'explique par la différence dans les rythmes de croissance des importations et des exportations ; en effet, les importations ont diminué moins vite que les exportations.

148 Solde extérieur – cas de la France


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