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Les philosophies hellénistiques Les Sceptiques,Sceptiques Les Stoïciens etStoïciens Les ÉpicuriensÉpicuriens Pierre Baribeau (2006-2007)

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1 Les philosophies hellénistiques Les Sceptiques,Sceptiques Les Stoïciens etStoïciens Les ÉpicuriensÉpicuriens Pierre Baribeau ( )

2 Les philosophies hellénistiques Les Sceptiques Définition du scepticisme: «Le scepticisme est une faculté, un pouvoir dopposer représentations sensibles et conceptions intellectuelles de toutes les manières possibles, pour en arriver, étant donné légale force propre aux choses sensibles et aux raisons, dabord à léquilibre mental qui caractérise la suspension du jugement et ensuite la quiétude de lâme […] Par représentations sensibles nous désignons ce qui est senti, et cest pourquoi nous leur opposons les conceptions intellectuelles.» (Jean-Paul Dumont, Les Sceptiques grecs, p. 9)

3 Les Sceptiques Les sceptiques et les représentations sensibles 1-La raison seule est trompeuse: quand le sceptique cherche si le réel est conforme à son apparence, lenquête ne porte pas sur la représentation, mais sur linterprétation de la représentation, ce qui met nullement en question la représentation sensible proprement dite. 2-Le scepticisme est un phénoménalisme: le sceptique se contente de décrire la représentation sensible qui est la sienne, et dénoncer létat de sa sensibilité sans y ajouter son avis et en se gardant bien de préciser quoi que ce soit touchant la nature des réalités extérieures à lui. (Jean-Paul Dumont, Les Sceptiques grecs, p )

4 Les Sceptiques Les sceptiques et les représentations sensibles 3-Ne se fier quaux apparences: le critère de lécole sceptique, cest la représentation sensible, désignant par là la fonction propre de limagination sensible. Elle consiste en un sentiment et un état involontaire de la sensibilité. Aussi nul ne conteste la représentation de telle ou telle objet, le doute ne porte que sur la conformité de lobjet à sa représentation. 4-La suspension du jugement ou épochè: la suspension est le résultat de la mise en opposition des choses. Nous opposons les représentations aux représentations, les conceptions intellectuelles aux conceptions ou encore les unes aux autres. (Jean-Paul Dumont, Les Sceptiques grecs, p. 12)

5 Les Sceptiques Les trois réfutations du scepticisme Un des plus anciens arguments contre les sceptiques affirment quils rendent impossibles toute vie et toute action, parce quils prétendent navoir aucune opinion et suspendre leur jugement à propos de toute affirmation sur les choses, quelle soit positive, descriptive («il y a là un verre deau») ou morale: Majeure: il est nécessaire de tirer les conséquences pratiques de ses positions théoriques, cest-à-dire de vivre en accord avec sa philosophie. Mineure: on ne peut agir si lon doute de toute croyance ou connaissance Conclusion: à moins dêtre absolument inactif, le sceptique ne peut mettre en pratique sa doctrine.

6 Les Sceptiques Les trois réfutations du scepticisme La seconde réfutation du scepticisme: Majeure: une doctrine philosophique se doit dêtre systématiquement cohérente: ses thèses implicites ou explicites ne peuvent se contredire entre elles. Mineure: les affirmations négatives et universelles des sceptiques («Toute connaissance est douteuse», «je ne sais rien», etc.) présupposent les thèses positives quelles nient. Conclusion: le sceptique ou le scepticisme se contredit lui- même.

7 Les Sceptiques Les trois réfutations du scepticisme Le dernier type de réfutation du scepticisme: Majeure: toute réflexion philosophique doit avoir une signification du point de vue de notre existence «quotidienne». Mineure: les thèses sceptiques vont directement à lencontre de notre expérience du monde. Conclusion: les thèses sceptiques nont aucun sens. Ce syllogisme se situe, par rapport au scepticisme, à un autre degré que le précédent: il ne le présente pas en effet comme une théorie erronée ou impossible, mais plutôt comme un faux problème. (Thomas Bénatouïl, le scepticisme, p )

8 Les Sceptiques Les trois réfutations du dogmatisme Considéré dans son ensemble et dégagée de la multitude infinie des détails dans lesquels elle sest trop souvent complu et égarée, largumentation sceptique peut se ramener à trois chefs principaux: 1-Elle récuse la connaissance directe ou intuitive de la réalité. Lintuition sensible est jugée par elle radicalement impuissante. Sur le premier point, pour établir que nous natteignons pas directement la réalité, la principale raison des sceptiques, celle dont ils ont tant abusé, est la trope du désaccord, la célèbre preuve tirée de la contradiction des opinions humaines.

9 Les Sceptiques Les trois réfutations du dogmatisme 2-Elle récuse la connaissance indirecte de la réalité, soit par le raisonnement proprement dit, soit par le principe de causalité. Sattachant, non plus à lexpérience vulgaire, mais à la science, telle que la définissent les philosophes, elle sefforce de démontrer que cette science est impossible. Mais sil en est ainsi, la causalité ne peut rien nous apprendre sur la nature des choses. Lambition de la science serait dexpliquer les effets sur les causes; mais voilà que nous ne pouvons connaître les causes que quand les effets nous sont connus, car un rapport ne se conçoit pas sans les termes quil cause; il ne faut donc pas dire que nous allons des causes aux effets.

10 Les Sceptiques Les trois réfutations du dogmatisme 3-Enfin, se plaçant à un point de vue encore plus général, envisageant non plus lexpérience ou la science, mais lidée même de la vérité telle que tout le monde la conçoit, elle veut montrer que cette idée na pas dobjet. Par définition, la vérité serait ce qui simpose à lesprit; or rien, ni en fait, ni en droit, ne simpose à lesprit. Ce sont des simples hypothèses, quon est libre de rejeter ou dadmettre. Dailleurs, la contradiction des opinions humaines montre quon nest pas daccord sur ces hypothèses. On ne contraint pas, on ne peut contraindre ladhésion de personne. (Victor Brochard, Les Sceptiques grecs, p )

11 Les Sceptiques Les formules sceptiques «Pas plus» ou «rien de plus»: cette formule est elliptique; de même lorsque nous disons «double», nous voulons dire «double étage», et lorsque nous disons «large», nous voulons parler dune «large route», de même lorsque nous prononçons «pas plus», nous voulons dire: «pas plus ceci que cela». «Peut-être», «admettons», «Il y a des chances»: ces expressions manifestent tout simplement la non- assertion. «Je ne définis rien»: le sceptique ne définit rien et dit être dans un état dâme tel quil ne peut affirmer ou nier quoi que ce soit des objets qui constituent la matière de sa recherche.

12 Les Sceptiques Les formules sceptiques «Tout est indéterminé»: lindétermination est une disposition propre au jugement: celle-ci nous entraîne à ne rien nier ni affirmer de ce qui constitue le domaine des recherches dogmatiques. «Tout échappe à la compréhension»: nous nentendons rien affirmer touchant le caractère proprement incompréhensible des objets de recherche dogmatique, mais nous nous bornons simplement à décrire létat dâme qui nous est propre. «À tout argument soppose un égal argument»: à tout argument que jai regardé comme prouvé et qui aboutit à une conclusion de type dogmatique et également propre à entraîner mon adhésion ou à me faire refuser ma créance, suscite en moi une représentation opposée.

13 Les Sceptiques Les formules sceptiques «Je suspends mon jugement»: la formule signifie que le sujet est incapable de dire à quelle chose il convient daccorder ou au contraire de refuser créance. Les objets procurent des représentations également digne ou indigne de foi. La non-assertion: assertion admet deux acceptions, lune générale, lautre particulière. Pris généralement, ce terme désigne une affirmation ou une négation, par exemple: «il fait jour», «il ne fait pas jour», Pris particulièrement, il désigne seulement laffirmation, de sorte quen ce sens la négation ne saurait être désignée par le terme dassertion. (Jean-Paul Dumont, Les Sceptiques grecs, p.41-48)

14 Les Sceptiques Aenésidème Les dix modes dAenésidème: la tradition remontant aux anciens sceptiques fixe au nombre de dix les modes par lesquels est produite la suspension. Le premier fondé sur la diversité des animaux; le second sur la différence entre les hommes; le troisième sur les différences de disposition des organes sensoriels; le quatrième sur les circonstances; le cinquième sur les positions, les intervalles et les lieux; le sixième sur les mélanges, le septième sur la qualité et la composition des substances; le huitième sur la relation; le neuvième sur la fréquence et la rareté des rencontres; le dixième sur les morales, les coutumes, les lois, les croyances légendaires et les convictions dogmatiques. Cet ordre est purement conventionnel.

15 Les Sceptiques Agrippa Les cinq modes dAgrippa: lécole dAgrippa ajoute cinq autres modes aux dix premiers. Ils se fondent respectivement sur 1-la discordance, 2-la régression à linfini, 3-la relation, 4-lhypothèse et 5-linférence réciproque. 1-montre tant ce qui concerne les problèmes philosophiques quen ce qui concerne les questions de la vie courante, quil sy trouve dabondants conflits et de nombreuses confusions. 2-Nous renvoyant à linfini, refuse tout fondement solide à la solution recherchée, parce que la certitude de telle proposition renvoie à celle de telle autre, et ainsi jusquà linfini.

16 Les Sceptiques Agrippa 3-La relation: rien ne peut être appréhendé en soi, mais toujours avec autre chose; il sensuit que tout est inconnaissable. 4-Lhypothèse: considérant ceux qui pensent que les principes doivent être deux-mêmes admis comme certains et nont pas à être lobjet dune postulation. Opinion vaine, car on peut proposer lhypothèse contraire. 5-Linférence réciproque: ce qui se produit lorsque la preuve de ce quon recherche est fondée sur la validité dune seconde preuve qui tire elle-même sa justification de la première: par exemple si lon fonde lexistence de pores sur la présence démanation, et celles-ci ensuite sur la présence des pores. (Jean-Paul Dumont, Les Sceptiques grecs, p )

17 Les Sceptiques Sextus Empiricus Contre les professeurs: «Cela dit, je juge superflu de faire savoir doù vient lappellation cycle détudes et de dire combien il y a détudes, puisque nous nous adressons à des gens qui ont suffisamment appris en ce domaine. Il est seulement nécessaire pour linstant dindiquer que, parmi les arguments contre les études, certains sont des arguments généraux contre elles toutes, tandis que dautres sont spécifiques et sadressent à chacune en particulier. Ainsi, quil nexiste pas du tout détude est un argument général; dune façon spécifique, on argumente par exemple contre les grammairiens à propos des éléments de style, ou contre les géomètres en soutenant quils ne faut pas tirer les principes dune hypothèse.» (Sextus Empiricus, Contre les professeurs, p.71-73)

18 Les Sceptiques Sextus Empiricus Argumentation générale: Létude existe-elle? «Se prononcer sur le profond désaccord entre les philosophes sur bien des points concernant lacquisition du savoir, est présentement hors de propos. Il suffira dindiquer que sil existe quelque étude achevée qui en résulte pour lhomme, on doit nécessairement admettre au préalable lexistence de quatre choses: un objet denseignement, quelquun qui enseigne, quelquun qui apprend et un mode dacquisition du savoir. Or, comme nous allons le montrer, lobjet denseignement nexiste pas, non plus que celui qui enseigne, ni celui qui apprend ni le mode dacquisition du savoir, et par conséquent, il nest rien qui soit à létude.» (Sextus Empiricus, Contre les professeurs, p.73)

19 Les Sceptiques Sextus Empiricus De lobjet denseignement: «Sagissant du premier point, nous affirmons dabord que si quelque chose est enseigné, on enseigne ou bien un étant comme tel, ou bien un non-étant comme tel. Mais comme nous létablirons, létant comme tel nest pas objet denseignement, non plus que le non-étant comme tel. Donc il ny a pas dobjet denseignement. Le non-étant comme tel ne saurait être enseigné. En effet, sil est objet denseignement, il peut être enseigné; sil peut être enseigné, il aura donc un statut parmi les étants, et pour cette raison sera à la fois non-étant et étant. Mais il nest pas possible que la même chose soit à la fois étant et non- étant. Il nest donc pas vrai que le non-étant soit enseigné.» (Sextus Empiricus, Contre les professeurs, p.73)

20 Les Sceptiques Sextus Empiricus Du corps: «Le corps est, comme le prétend Épicure, un assemblage de grandeur, de forme et de résistance par agrégation, ou, selon la formule des mathématiciens, ce qui a trois dimensions (cest-à-dire ce qui a longueur, largeur et profondeur), ou ce qui a trois dimensions et la résistance (une autre définition dÉpicure visant à distinguer le corps du vide), ou encore une masse résistante […] quoi quil en soit, puisque cest en assemblant plusieurs particularités quon conçoit le corps et que la combinaison dune pluralité nest pas le fait de la sensation indépendamment de la raison (elle est le fait dune intellection rationnelle), le corps relevant de lintellection rationnelle ne sera pas parmi les sensibles.

21 Les Sceptiques Sextus Empiricus Du corps: Et à supposer même que nous posions le corps comme sensible, encore une fois il est non enseignable. En effet, le sensible lui aussi, comme sensible, nest pas objet denseignement. En effet, personne napprend à voir le blanc, personne napprend à goûter le doux, à sentir le chaud, à percevoir une bonne odeur: ces sensations ne relèvent pas dun enseignement mais de propriétés naturelles […] si lon dit que le corps nest ni une longueur conçue séparément, ni une largeur ni une profondeur, mais quil est lensemble conçu à partir de tous ces éléments, comme ce sont tous des incorporels, on conçoit nécessairement lensemble constitué comme un incorporel et non comme un corps, et pour cette raison aussi on ne peut lenseigner.

22 Les Sceptiques Sextus Empiricus Du corps: Cela sajoute au fait que, quand on conçoit le corps comme un ensemble constitué de ces éléments, on est obligé de concevoir dabord ces éléments pour être capable de connaître lensemble. Or on pourrait les concevoir parce quils tombent sous nos sens ou par transfert à partir de lexpérience sensorielle. Ce nest pas parce quils tombent sous nos sens. En effet, ce sont des incorporels et nous ne saisissons pas les incorporels en réaction à une affection accidentelle (cest toujours par un contact que se fait la réception qui répond à la sensation). Et ce nest pas non plus par transfert à partir de lexpérience sensorielle, du fait quon na pas de sensible à partir duquel on pourrait former une conception dérivée de ces éléments.» (Sextus Empiricus, Contre les professeurs, p.77-79)

23 Les Sceptiques Sextus Empiricus De lenseignant et lenseigné: «À supposer quexpert ou non-expert existent, ou bien lexpert enseigne à qui est comme lui expert, ou bien le non-expert enseigne à lexpert, ou linverse. Or est impossible que le non- expert enseigne au non-expert (tout comme laveugle ne peut guider laveugle), impossible aussi que lexpert enseigne à celui qui est expert comme lui; car aucun des deux na besoin dapprendre, aucun na plus de nécessité que lautre dapprendre, puisquils sont également bien fournis. Il est impossible aussi que le non-expert enseigne à lexpert. Ce serait comme dire que celui qui voit est guidé par un aveugle complet.» (Sextus Empiricus, Contre les professeurs, p.83)

24 Les Sceptiques Sextus Empiricus Du mode dacquisition du savoir (Sextus Empiricus, p ): «Les résultats de lenseignement sont obtenus par le biais de lévidence ou par celui du langage raisonné: la première concerne des choses quon peut montrer; ce quon peut montrer est apparent et ce qui est apparent, en tant que tel, peut être communément saisi par tout le monde; or ce qui est communément saisi par tout le monde ne relève pas de lenseignement. Il nest donc pas vrai que ce quon peut montrer par évidence soit enseignable. Pour ce qui est du langage raisonné, ou bien il signifie quelque chose ou bien il ne signifie pas. Sil ne signifie rien, il nenseigne pas quelque chose, et sil signifie cest par nature ou par convention quil signifie quelque chose. Or il ne signifie pas par nature pour cette raison que tout le monde ne comprend pas tout le monde:

25 Les Sceptiques Sextus Empiricus Du mode dacquisition du savoir: On ne se comprend pas entre Grecs et barbares, non plus quentre Grecs ni entre barbares […] Par conséquent, sil ny a ni objet denseignement, ni enseignant, ni enseigné, ni mode dacquisition du savoir, il est clair quil ny a pas non plus détude ni quelquun qui préside à cette étude […] supposons lexistence dune étude et la possibilité de lacquisition du savoir et examinons si ce que promet chaque discipline est réalisable […] nous ne considérons que celles dont lannulation annule tout le reste. Ceux qui tentent de semparer dune ville sefforcent de devenir les maîtres absolus des choses dont la prise leur assure la prise de la ville […] De même, pour combattre les professeurs, attaquons les points même par lesquels ils voudraient tout sauver: leurs principes, les méthodes générales qui sappuient sur ces principes, et leur fin.»

26 Les Sceptiques Sextus Empiricus Glossaire: Aporie, aporétique (aporia): laporie est le point à partir duquel le discours ne peut plus avancer. Ladjectif aporos voulant dire «sans passage, infranchissable», et le substantif poros signifie «passage, voie de communication». Discipline, étude (mathêma): le substantif mathêma (pluriel mathêmata) indique originairement toute étude et toute connaissance acquise par létude. Enseigner, enseignement (didaskein, didaskalia): on trouve plusieurs fois chez Sextus une réfutation de la possibilité de transmettre quoi que ce soit par lenseignement

27 Les Sceptiques Sextus Empiricus Glossaire: Expérience (empeiria): une sorte de savoir faire qui opère en dehors de lart et de la raison. On voit combien cette définition séloigne de celle dAristote pour qui lempeiria est «à peu près semblable à la science et à lart.» (Métaphysique A,981a1) Inférence, inférer (epilogismos, epilogizomai): un résonnement qui a cette caractéristique de ne pas quitter le niveau des choses sûres et évidentes, cest-à-dire, pour les Épicuriens, saisies par les sens. Les sceptiques le conçoivent comme une réponse à une forme de raisonnement utilisée par les écoles «dogmatiques».

28 Les Sceptiques Sextus Empiricus Glossaire: Observation, observer (têrêsis, têrô): Selon Sextus, observer les règles de la vie commune en quatre aspects: la conduite de la nature, la nécessité de nos affects, la tradition des lois et des coutumes et lapprentissage des arts. Plausible, persuader (pithanon, peithô): une notion particulièrement dangereuse en ce quelle sert à la fois à nommer ce qui est évidemment vrai et nous conduit à lassentiment en paraissant vrai et ce qui est «commun au vrai et au faux». Réfutation, réfuter (elenkhos, elenkhein): désigne dabord toute preuve que lon avance pour réfuter quelque chose.

29 Les Sceptiques Sextus Empiricus Glossaire: Théorème (theôrêma): une proposition démontrée à partir de principes antérieurement données, quils aient été démontrés ou non. Selon Sextus, une proposition ou un ensemble de propositions jouant le rôle de préceptes ou de principes. Transfert (metabasis): le fait de passer, sans justification théorique, dun domaine à un autre quand les circonstances le permettent. Si pour Sextus, le corps nest pas saisi par transfert, cest parce que lon na pas dexpérience sensorielle à partir de laquelle on pourrait effectuer ce transfert. Utile (euchrêstos, ôphelimos) Utilité (euchrêstia, ôpheleia): lutilité est lun des critères du caractère acceptable dun art pour Sextus.

30 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme Aristote: réfutation de ceux qui nient le principe de contradiction: «Par conséquent, celui qui connaît les êtres en tant quêtres doit être capable détablir les principes les plus fermes de tous les êtres. Or, celui-là, cest le philosophe; et le principe le plus ferme de tous se définit comme étant celui au sujet duquel il est impossible de se tromper: il est, en effet, nécessaire quun tel principe soit à la fois le mieux connu de tous les principes (car lerreur porte toujours sur ce quon ne connaît pas) et inconditionné, car un principe dont la possession est nécessaire pour comprendre tout être, quel quil soit, ne dépend pas dun autre principe, et ce quil faut nécessairement connaître pour connaître tout être quel quil soit, il faut aussi le posséder déjà avant toute connaissance.»

31 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme Les principaux arguments dAristote: 1-Sans le principe de contradiction toute signification disparaît, car les mots nont plus un sens déterminé et unique mais peuvent signifier une chose et son contraire. 2-Conséquence ontologique de largument précédent: toutes les distinctions pouvant être niées, elles sévanouissent et rien ne se distingue plus de rien. 3-Nier le principe de contradiction détruit le principe du tiers- exclu («il ny a aucun énoncé intermédiaire entre des énoncés contradictoires, lun est vrai, lautre faux»).

32 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme Les principaux arguments dAristote: 4-On ne peut construire une doctrine cohérente sur la base de la négation du principe de non-contradiction: première occurrence de lidée dauto-contradiction (la doctrine se nie elle-même) 5-Largument présuppose le principe du tiers-exclu et la définition du faux (dire que ce qui est nest pas ou que ce qui nest pas est) pour réfuter ladversaire. 6-Impossibilité pratique de nier le principe de contradiction: a) on ne peut plus comparer les thèses entre elles; b) on ne pense plus; c) on ne peut agir ni préférer ou éviter quelque chose, ni juger. (Thomas Bénatouïl, Le scepticisme, p. 110)

33 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme (1) «Dabord, il y a du moins cette vérité évidente que les mots être ou nêtre pas signifient quelque chose de déterminé, de sorte que rien ne saurait être ainsi et non ainsi. De plus, supposons que homme signifie une seule chose, et que ce soit animal bipède […] si on disait, par exemple, que homme présente non pas un sens, mais plusieurs, dont un seul aurait comme définition animal-bipède; et il pourrait y avoir encore plusieurs autres définitions, pourvu quelles fussent en nombre limité, puisque un nom particulier pourrait être affecté à chacune de ces définitions. Mais si on ne posait pas de limites et quon prétendît quil y eût une infinité de significations, il est manifeste quil ne pourrait y avoir aucun raisonnement […] car on ne peut pas penser si on ne pense pas une chose unique […]»

34 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme (2) «Si toutes les contradictions relatives au même sujet sont vraies en même temps, il est évident que tous les êtres nen feront quun. Il y aura, en effet, identité entre une trirème, un rempart et un homme, si de tout sujet, il est possible daffirmer ou de nier, indifféremment nimporte quel prédicat, comme doivent nécessairement ladmettre ceux qui adoptent le raisonnement de Protagoras. Car sil y a quelquun à croire que lhomme nest pas une trirème, il nest évidemment pas une trirème; par conséquent, il est aussi une trirème, puisque la contradiction est vraie. On en arrive alors à la doctrine dAnaxagore que toutes choses sont confondus,et que, par suite, rien nexiste réellement.»

35 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme (3) «[…] Une autre conséquence en résulte encore, cest quon nest pas dans la nécessité dadmettre quil faut affirmer ou nier. En effet, sil est vrai quun être est homme et non- homme, il est évident aussi quil ne sera ni homme, ni non- homme: aux deux assertions correspondent deux négations, et si la première est traitée comme une proposition unique composée de deux propositions, la dernière aussi sera une proposition unique opposée à la première.»

36 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme (4) «Autre raison encore: ou bien la doctrine que nous attaquons est vraie dans tous les cas, et le blanc est aussi le non-blanc, et lêtre le non-être, et semblablement pour toutes les autres affirmations et négations; ou bien cette théorie souffre des exceptions, elle sapplique à certaines affirmations et négations, et non à certaines autres. Si elle ne sapplique pas à toutes, celles qui sont exceptées seront alors, du propre aveu de nos adversaires, des opinions certaines. Si elle sapplique à toutes, alors, derechef, ou bien tout ce quon peut affirmer, on peut le nier aussi; ou bien tout ce quon affirme, on le nie, mais tout ce quon nie, on ne laffirme pas. Et dans ce dernier cas, il y aura quelque chose qui, dune façon assurée, nest pas, et ce sera là une opinion ferme […]»

37 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme (5) «En outre, si, lorsque laffirmation est vraie, la négation est fausse, et si, lorsque la négation est vraie, laffirmation est fausse, il ne sera pas possible que la même chose soit, en même temps, affirmée et niée avec vérité.»

38 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme (6) «De plus, est-ce donc que celui qui pense que telle chose est ainsi, ou quelle nest pas ainsi, se trompera, tandis que celui qui affirme les deux propositions dira la vérité? Si ce dernier est dans le vrai, que peut-on bien signifier en disant que telle est la nature des choses? Sil nest pas dans la vérité, mais quil se trouve plus dans la vérité que celui qui pense quune telle chose est ainsi ou nest pas ainsi, les êtres auront déjà une nature déterminée, et ce jugement du moins sera vrai, et ne sera pas en même temps aussi non vrai. Mais si tous sont également dans lerreur et dans la vérité, il ne peut sagir, pour un être se trouvant dans cet état, ni de proférer un son, ni de dire quelque chose dintelligible, car, en même temps, il dit une chose et ne la dit pas.» (Thomas Bénatouïl, Les Sceptiques grecs, p )

39 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme Berkeley - limmatérialisme comme remède au scepticisme: «La couleur, la figure, le mouvement, létendue et les autres qualités, considérées comme autant de sensations dans lesprit sont parfaitement connues, puisquil ny a rien en elles qui ne soit perçu. Mais si nous les regardons comme des notes ou des images, rapportées à des choses ou à des archétypes existant hors de lesprit, nous sommes alors complètement pris dans le scepticisme. Nous voyons seulement les apparences, et non les qualités réelles des choses […] nous ne connaissons que la proportion et la relation quils entretiennent avec nos sens. Les choses restant les mêmes, nos idées varient; et il est hors de notre pouvoir de décider laquelle de ces idées représentent la véritable qualité existant réellement dans la chose […]»

40 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme «Tant que nous attribuons aux choses non pensantes une existence réelle, distincte du fait quelles sont perçues, il nous est non seulement impossible de connaître avec évidence la nature daucun être non pensant réel, mais même de savoir quil existe. De là vient que nous voyons les philosophes se défier de leurs sens et douter de lexistence du ciel et de la terre, de tout ce quils voient ou sentent, et même de leur propre corps […] ils sont forcés davouer que nous ne pouvons parvenir à aucune connaissance évidente par soi ou démonstrative de lexistence des choses sensibles […] cest une contradiction manifeste, quun objet sensible soit immédiatement perçu par la vue ou le toucher, et quil nait, en même temps, aucune existence dans la Nature, puisque lexistence même dun être non-pensant consiste à être perçu.

41 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme «Rien ne semble plus important, pour élever un système assuré de connaissances solides et réelles, qui puisse résister aux assauts du scepticisme, que de placer au début une explication distincte de ce quon entend par chose, réalité, existence […] Nous comprenons notre propre existence par le sentiment intérieur ou la réflexion, et celle des autres intelligences par la raison. On peut dire que nous avons quelque connaissance ou notion de notre propre esprit, des intelligences et des êtres actifs, ce dont, au sens strict, nous navons aucune idée. De même, nous connaissons et nous avons une notion des relations entre les choses ou idées […] Il me semble que les idées, les intelligences, et les relations sont, dans leurs genres respectifs, lobjet de la connaissance humaine et le sujet du discours […]»

42 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme «Les idées imprimées sur les sens sont des choses réelles, elles existent bien réellement: nous ne le nions pas; mais nous nions quelles puissent subsister hors des esprits qui les perçoivent, ou quelles soient des ressemblances darchétypes existant hors de lesprit, puisque lêtre même dune sensation ou idée consiste à être perçue et quune idée ne peut ressembler quà une idée. En outre, on peut appeler extérieures les choses perçues par les sens, eu égard à leur origine, en ce quelles ne sont pas engendrées de dedans de lesprit […] Ce serait une erreur de penser que ce qui est dit ici porte atteinte, le moins du monde, à la réalité des choses. On reconnaît, selon les principes reçus, que létendue, le mouvement, et en un mot toutes les qualités sensibles, ont besoin dun support, parce quelles ne sont pas capables de subsister par elle-même.»

43 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme «Mais on accorde que les objets perçus par le sens ne sont que des combinaisons de ces qualités, que, par conséquent, ils ne peuvent pas subsister par eux-mêmes […] De sorte que, quand nous nions que les choses perçues par le sens existent indépendamment dune substance ou dun support dans lequel elles pourraient exister, nous nenlevons rien à lopinion reçue sur leur réalité et nous ne sommes coupables daucune innovation à cet égard. Toute la différence est que, selon nous, les êtres non pensants perçus par les sens nont pas dexistence distincte du fait dêtre perçus, et ne peuvent donc exister dans aucune autre substance que ces substances inétendues, indivisibles, ou intelligences qui agissent, pensent et les perçoivent; alors que les philosophes soutiennent ordinairement que les qualités sensibles existent dans une substance naturelle, extérieure à tous les êtres pensants.»

44 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme Hume - La réfutation «naturaliste» du sceptique: «[…] Car voici la principale objection et la plus ruineuse, quon puisse adresser au scepticisme outré, quaucun bien durable nen peut jamais résulter tant quil conserve sa pleine force et sa pleine vigueur. Il nous suffit de demander à un tel sceptique: Quelle est son intention? Que se propose-t-il dobtenir par toutes ces recherches curieuses? Il est immédiatement embarrassé et ne sait que répondre […] un pyrrhonien ne peut sattendre à ce que sa philosophie ait une influence constante sur lesprit, ou, si elle en a une, que son influence soit bienfaisante pour la société. Au contraire, il lui faut reconnaître, sil veut reconnaître quelque chose, quil faut que périsse toute vie humaine si ses principes prévalaient universellement et constamment…

45 Les Sceptiques Les réfutations du scepticisme Toute conversation et toute action cesseraient immédiatement, et les hommes resteraient dans une léthargie totale jusquau moment où linassouvissement des besoins naturels mettrait fin à leur misérable existence […] Quand il séveille de son rêve, il est le premier à se joindre au rire qui le ridiculise et à avouer que toutes ses objections étaient de pur amusement et quelles ne pouvaient avoir dautre intention que de montrer la condition étrange des hommes qui doivent agir, raisonner et croire, bien quils soient incapables, par lenquête la plus diligente, de se satisfaire sur le fondement de ces opérations ou décarter les objections quon pourrait soulever contre elles.» (Thomas Bénatouïl, Les sceptiques grecs, p )

46 Les Sceptiques Les usages du scepticisme Kant – idéalisme sceptique, idéalisme empirique et idéalisme transcendantal: «Sous le nom didéaliste, il ne faut donc pas entendre celui qui nie lexistence des objets extérieurs des sens, mais celui seulement qui nadmet pas quelle puisse être connue par une perception immédiate, et qui en conclut que nous ne pouvons jamais être parfaitement certains de sa réalité par aucune expérience […] il faut distinguer deux sortes didéalisme: lidéalisme transcendantal et lidéalisme empirique. Jentends par idéalisme transcendantal de tous les phénomènes la doctrine qui les regarde tous, non comme des choses en soi, mais comme de simples représentations, et daprès laquelle lespace et le temps ne sont que des formes sensibles de notre intuition,…

47 Les Sceptiques Les usages du scepticisme et non pas des déterminations données par elles-mêmes, ou des conditions des objets considérés comme choses en soi. À cet idéalisme est opposé un réalisme transcendantal, qui regarde lespace et le temps comme quelque chose de donné en soi (indépendamment de notre sensibilité). Le réalisme transcendantal se représente donc les phénomènes extérieurs (si lon admet leur réalité) comme des choses en soi, qui existent indépendamment de nous et de notre sensibilité, et qui, par conséquent, existeraient en dehors de nous suivant des concepts purement intellectuels. Cest justement ce réaliste transcendantal qui joue ensuite, à vrai dire, le rôle dun idéaliste empirique: après avoir faussement supposé que, pour être des objets extérieurs, les objets des sens doivent exister en eux-mêmes et indépendamment des sens, il trouve à ce point de vue, toutes les représentations…

48 Les Sceptiques Les usages du scepticisme De nos sens insuffisantes à en rendre certaine la réalité. Lidéaliste transcendantal, au contraire, peut être un réaliste empirique, et par conséquent, […] peut accorder lexistence de la matière, sans sortir de la simple conscience de soi- même, et admettre quelque chose de plus que la certitude des représentations en moi […] comme il ne donne cette matière et même sa possibilité intrinsèque que pour un phénomène qui, séparé de notre sensibilité, nest rien, elle nest chez lui quune espèce de représentations (dintuitions) quon appelle extérieures, non parce quelles se rapportent à des objets extérieurs en soi, mais parce quelles rapportent les perceptions à lespace, où toutes choses existent les uns en dehors des autres, tandis que lespace lui-même est en nous.

49 Les Sceptiques Les usages du scepticisme […] lidéaliste sceptique, qui sattaque simplement au principe de notre affirmation, et qui tient pour insuffisante notre persuasion de lexistence de la matière, que nous croyons fonder sur la perception immédiate, est un bienfaiteur de la raison humaine, en ce sens quil nous oblige à bien ouvrir les yeux jusque sur le plus petit pas de lexpérience commune, et à ne pas accepter tout de suite comme une possession bien acquise ce que nous navons peut-être obtenu que par surprise […] ses objections nous poussent avec force, si nous ne voulons pas nous égarer dans nos assertions les plus communes, à regarder toutes nos perceptions, quelles sappellent intérieures ou extérieures, comme une simple conscience de ce qui appartient à notre sensibilité […] parce quelles appartiennent au sens extérieur, dont lintuition est lespace

50 Les philosophies hellénistiques Les Stoïciens Les trois grandes périodes du stoïcisme: 1-LANCIEN STOÏCISME – IVE-IIIE SIÈCLE AV. J.-C. -La période hellénistique ( av. J.-C) est caractérisée par les conquêtes dAlexandre le Grand et par une diffusion sans précédent de la culture grecque. -Entre 322 et 300 naissent trois écoles philosophiques majeures: le stoïcisme, lépicurisme et le scepticisme. -Zénon de Cittium est le fondateur du stoïcisme, il est originaire de lîle de Chypre. -Crésippe et Cléanthe, lauteur dun célèbre hymne à Zeus, sont deux autres figures dominantes de cette période. -Ils ont écrits 700 traités qui nont pas été conservés.

51 Les Stoïciens 2-LE MOYEN STOÏCISME – IIE-IER SIÈCLE AVANT J.-C. -Figures dominantes: Panétius et Posidonius -La philosophie grecque est introduite à Rome en Des fragments ont été conservés. 3-LE STOÏCISME IMPÉRIAL – IER-IIE SIÈCLE APRÈS J.-C. -Coïncide avec lempire romain -Les représentants sont des romains; Sénèque (œuvre considérable), fut le précepteur et le conseillé de Néron, Épictète (un esclave), Arrien (son disciple qui écrivit le manuel dÉpictète) Marc- Aurèle (un empereur du IIe siècle); disparité sociale -La seule période où des traités complets sont conservés. -Rien doriginal sur le plan doctrinal; infléchissement de la doctrine philosophique dans le sens de la morale.

52 Les Stoïciens LES TROIS GRANDES DIVISIONS DE LEUR DOCTRINE 1-La Logique: une partie constitutive de la philosophie (ce nest pas le cas chez Aristote: la logique est organon, un outil). 2-La physique 3-Léthique Pas de hiérarchie: ils sont tous sur le même plan, il y a un ordre pédagogique seulement. Pas de métaphysique; elles ont un seul et même objet mais abordé sous trois angles différents: la raison (logos).

53 Les Stoïciens LA RAISON (logos) -Elle sinvestit entièrement dans toute chose présente dans le monde physique -Sur le plan éthique de la vie humaine: tout est produit par la raison. -Lhomme subit la raison et doit conformer ses actions en conséquence. - Cosmopolitisme: nous sommes tous issus du logos, alors nous sommes tous frères.

54 Les Stoïciens LA PHYSIQUE (phusikê) -La nature est entièrement rationnelle: logos= Dieu=la nature=le destin=la providence. -Pas de métaphysique car Dieu cest la nature, le principe originel (forme de panthéisme) -Rien dans la nature arrive de manière accidentelle. Tous les événements se produisent comme un enchaînement de causes (Nexus causarum, «nœud de causes»). -Pas dévénements isolés.

55 Les Stoïciens LE DESTIN ET LA LIBERTÉ -Si tout ce qui se produit est leffet du destin, quen est-il alors de la liberté humaine? -La liberté nest pas de faire ce que lon veut. La grande liberté est celle qui découle de ladhésion à lordre des choses. -La liberté suppose que lon distingue ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous. -Ce qui dépend de nous: lopinion et le désir (relève de lâme); ce qui ne dépend pas de nous: le corps, la richesse et les hautes-charges (tout ce qui nest pas nous).

56 Les Stoïciens BONHEUR ET JUGEMENT -Lhomme est uniquement son âme, les biens extérieurs ne sont pas lui. -Lobjectif des philosophies hellénistiques est le bonheur. -Le bonheur est définit comme une absence de trouble (état dataraxie). -Ce qui nous trouble ce ne sont pas les choses elle- mêmes, mais le jugement quon porte sur ces choses. -Les choses qui ne dépendent pas de nous ne sont pas des biens.

57 Les Stoïciens PRATIQUE DE LA VERTU (aretè) -La raison est souveraine (hêgemonikon), donc elle est libre dans lusage quelle fait de ses représentations si elle comprend lordre des choses et la rationalité à lœuvre. -La raison ne se laissera pas troubler par le jugement parce quelle comprend la rationalité de la nature. -Les biens de lâme sont les vertus: on ne peut pas mal user des vertus; ils sont les seuls biens authentiques. -La vertu seule suffit au bonheur: chaque vertu est lexpression de la raison.

58 Les Stoïciens CONFORMITÉ AVEC LA NATURE (phusis) -Lidée de conformité de la nature est lune des principales doctrines du stoïcisme. -Vivre conformément avec la nature cest vivre conformément avec la raison. -Une éthique découle de la conséquence logique de létude de la nature (Socrate serait en désaccord; les épicuriens seraient daccord; Platon est mitigé). -Pour tous les anciens, lâme est le principe de la vie (deux mots pour dire la vie: Zoê (la vie au sens biologique) et bios (la vie au sens éthique).

59 Les Stoïciens EXIGENCES DE LA DOCTRINE -Les stoïciens sont les premiers à reconnaître quil est impossible de vivre en stoïcien. -Assimilation à la divinité: lidéal vers lequel on doit tendre, quon ne doit jamais renoncer. -Celui qui parviendrait à respecter à la lettre la doctrine stoïcienne serait légal des dieux. -La raison humaine est une parcelle de la raison divine; on possède déjà à lintérieur de nous une parcelle de son pouvoir. -Sages qui ont vécu aux exigences de la doctrine stoïcienne: Socrate, Diogène de Cynique et Héraklès.

60 Les Stoïciens CONCLUSION -Soit souverain de ce qui dépend de toi et méprise ce qui ne dépend pas de toi. -La richesse nest pas un mal, il suffit de ne pas sy attacher. -Soit invincible à la manière dune forteresse. -Le suicide est pleinement justifié si on nous force à ne pas être vertueux. Le suicide était la mode chez les riches et les puissants. -Le stoïcisme a servi de justification idéologique à lempire romain et à la réalisation dun empire universel dans laccomplissement du logos.

61 Les philosophies hellénistiques Les Épicuriens -Épicure est né en 340 av. J.-C., il est originaire de lîle de Samos. -Il fonde son école en 306 à Athènes. -Aucun de ses écrits nont été conservés. -Il a écrit plus de 300 traités. Trois lettres sont rapportés par Diogène Laërce dans son livre X où Épicure présente un condensé de sa philosophie: «Lettre à Hérodote» (résumé de la physique épicurienne), «Lettre à Pithoclès» (sur les phénomènes célestes), «Lettre à Ménécée» (exposé de son éthique). On a aussi préservé deux recueils de ses maximes (40 et 80 maximes). -Épicure nétait pas «épicurien».

62 Les Épicuriens HISTOIRE DE LÉPICURISME -Pas de division pour lhistoire de lépicurisme. -Lhistoire des épicuriens est celle dune réelle orthodoxie: pas de grandes innovations de la doctrine. -Épicure a fait lobjet dun véritable culte, à légal dun dieu. -Le texte épicurien le plus important est en latin (1er siècle av. J.-C.) et a été écrit par Lucrèce: De natura rerum, «De la nature des choses». Il est linterprète de la pensée épicurienne et la fait connaître aux Latins et aux Romains.

63 Les Épicuriens LES SOURCES -Une source considérable de papyrus a été retrouvée à Herculanum, situé dans la région italienne de Campanie, lune des deux villes romaines avec Pompéi qui succomba à léruption du Vésuve, où vivait une communauté épicurienne. -Les papyrus furent retrouvés dans la bibliothèque dune maison dans un état de conservation peu excellent.

64 Les Épicuriens LES TROIS GRANDES DIVISIONS DE LEUR DOCTRINE 1-Léthique 2-La physique 3-Canonique (méthodologie ou épistémologie) La physique est subordonnée à léthique: on fait de la physique en vue de développer une éthique. Les épicuriens ont la même conception formelle que les stoïciens: ne pas être troublé (ataraxie). Épicure était un atomiste: il reprit latomisme de Démocrite et Leucippe.

65 Les Épicuriens LA PHYSIQUE -Il y a des phénomènes naturels qui nous perturbent (la douleur, le désir, la mort). -Létude de la nature doit nous fournir une explication en vue de ne plus être troublé par ses phénomènes naturels. -La physique épicurienne soppose à la physique stoïcienne: le stoïcisme croit à une chaîne causale, quil ny a aucune indétermination. Les épicuriens croient quil y a une indétermination partielle, que les différents objets sensibles sont composés dun agrégat datomes.

66 Les Épicuriens LA THÉORIE ATOMISTE -Lindétermination se trouve dans la théorie atomiste elle-même. -Avant la constitution du monde, il y aurait eu une pluie datomes tombant à la même vitesse de sorte quils nauraient jamais pu se combiner ensemble. Une légère déviation dun atome aurait permit aux autres atomes de constituer lunivers sensible. -Épicure reconnaît quil pourrait y avoir une multiplicité de mondes. Les interstices entre ces différents mondes seraient occupés par les dieux.

67 Les Épicuriens LE RÔLE DES DIEUX -Pour les épicuriens, les dieux nexercent aucune providence sur le monde sensible. -Exercer une influence serait au contraire un obstacle à leur bonheur parfait.Les dieux ne sont pas les créateurs, ils ne sont pas responsables du monde sensible. -Les dieux seraient de nature matérielle. -Le monde naturel peut sexpliquer par lui-même: il ny a pas de causes surnaturelles. -Donc, pas besoin de métaphysique.

68 Les Épicuriens LES QUATRE PRINCIPALES CONDITIONS DU BONHEUR (tetrapharmakon) -La philosophie est une thérapeutique qui peut nous soigner des maux qui nous empêchent dêtre heureux. -Cette doctrine est déjà présente chez Platon mais elle sera nettement amplifiée chez les stoïciens et les épicuriens.

69 Les Épicuriens LES QUATRE PRINCIPALES CONDITIONS DU BONHEUR 1-Le rejet des opinions fausses sur les dieux: -On craint la colère des dieux, mais les dieux ne sont pas responsables de notre monde, ils ne sont pas influencés par les cultes et sont inaccessibles aux faveurs. Les dieux existent, mais ce ne sont pas ceux de la tradition. Pour avoir affirmé cela, Épicure fut traité dathée par ses contemporains.

70 Les Épicuriens LES QUATRE PRINCIPALES CONDITIONS DU BONHEUR 2-Le rejet des opinions fausses sur la mort: -La crainte de la mort est un facteur de trouble comme si la mort était un mal. Lâme nest pas immortelle: elle est de nature corporelle puisquelle est composée datomes. La mort est la dissolution des atomes de lâme. Il ny a aucune survie individuelle de lâme. On ne doit pas craindre la mort. On ne doit pas remettre à plus tard le bonheur. Une plus grande longévité najoute rien au bonheur car le bonheur est un état parfait.

71 Les Épicuriens LES QUATRE PRINCIPALES CONDITIONS DU BONHEUR -Maxime latine dorigine épicurienne: carpe diem: saisi loccasion que toffre le présent dêtre heureux. -On a rien à craindre de la mort car la mort est la privation des sensations. On ne rencontre jamais la mort: quand on est vivant la mort nest pas là, quand on rencontre la mort nous ne sommes plus. -Tout bien et tout mal sont des sensations: la mort nest pas un mal puisquelle est privation de sensation.

72 Les Épicuriens LES QUATRE PRINCIPALES CONDITIONS DU BONHEUR 3-La régulation des désirs et la conception du plaisir: -Le plaisir est la fin de toute chose. Le plaisir est labsence de douleur dans le corps et du trouble dans lâme. -Ce qui nous trouble cest linsatisfaction des désirs insatisfaits. -Lépicurisme nous invite à faire le ménage dans nos désirs superflus, on éliminerait ainsi un bon nombre de facteurs de trouble.

73 Les Épicuriens LA CLASSIFICATION ÉPICURIENNE DES DÉSIRS Désirs naturels: ils peuvent être satisfaits. -Simplement naturels: la sexualité. -Nécessaires: à la vie (faim et soif), au bien-être (vêtements et logement), au bonheur (laspiration au bonheur est naturelle et nécessaire). Désir vains: ils sont vides, ne peuvent être satisfaits parce quils sont illimités. -Tous les autres désirs superflus.

74 Les Épicuriens LA CLASSIFICATION ÉPICURIENNE DES DÉSIRS -Si on cultive des désirs inassouvissables, on ne sera jamais heureux. -Il faut sen tenir aux désirs naturels: il suffit de peu pour être satisfait. -Aucun philosophe grec na présenté lamour comme une condition au bonheur. -Il faut être lartisan de son propre bonheur et ne pas saliéner de lautre.

75 Les Épicuriens LES QUATRE PRINCIPALES CONDITIONS DU BONHEUR 4-La capacité à supporter la douleur. -Le plaisir est un état dynamique et intense parce quil est éphémère et quon se condamne à le renouveler tout le temps. -Il ny a pas détat intermédiaire entre létat de plaisir et létat de douleur: le plaisir cest la non douleur -Tout ce qui contribue à létat de non douleur est considéré positif. -Si on a ce quon désire tant mieux, si on ne la pas on ne le désirera pas.


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