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PHILOSOPHIE POLITIQUE ET SOCIALE Aristote Les Cyniques Cicéron Saint-Augustin Hobbes Machiavel Rousseau Smith Ferguson Marx Pierre Baribeau (2010) Théories.

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1 PHILOSOPHIE POLITIQUE ET SOCIALE Aristote Les Cyniques Cicéron Saint-Augustin Hobbes Machiavel Rousseau Smith Ferguson Marx Pierre Baribeau (2010) Théories sur lêtre humain en société

2 ARISTOTE Les Politiques

3 ARISTOTE «Puisque toute cité, nous le voyons, est une certaine communauté, et que toute communauté a été constituée en vue dun certain bien (car cest en vue de ce qui leur semble un bien que tous les hommes font ce quils font), il est clair que toutes les communautés visent un certain bien, et que, avant tout, cest le bien suprême entre tous que vise celle qui est la plus éminente de toutes et qui contient toutes les autres. Or cest celle que lon appelle la cité, cest-à- dire la communauté politique.»

4 ARISTOTE «[…] il est tout dabord nécessaire que sunissent les êtres qui ne peuvent exister lun sans lautre, par exemple la femme et lhomme en vue de la procréation […] ; et celui qui commande et celui qui est commandé, et ce par nature, en vue de leur mutuelle sauvegarde. En effet, être capable de prévoir par la pensée cest être par nature apte à commander cest-à-dire être maître par nature, alors quêtre capable dexécuter physiquement ces tâches cest être destiné à être commandé, cest-à-dire être esclave par nature.»

5 ARISTOTE «Cest pourquoi la même chose est avantageuse à un maître et à un esclave. […] Chez les barbares pourtant la femme et lesclave ont le même rang. La cause en est quils nont pas la faculté naturelle de commander […] la communauté première formée de plusieurs familles en vue de relations qui ne soient plus seulement celle de la vie quotidienne, cest le village. Réalité tout à fait naturelle, le village semble être une colonie de la famille, et certains appellent ses membres des gens qui ont tété le même lait.»

6 ARISTOTE «Cest aussi pourquoi les cités ont dabord été gouvernées par des rois, et que cest encore aujourdhui le cas des peuplades. Elles se sont en effet constituées de gens soumis à un roi, car toute famille est régie par le plus âgé, de sorte que les colonies de familles le sont aussi du fait de la parenté de leurs membres. […] Et la communauté achevée formée de plusieurs villages est une cité dès lors quelle a atteint le niveau de lautarcie pour ainsi dire complète; sétant donc constituée pour permettre de vivre, elle permet, une fois quelle existe, de mener une vie heureuse.»

7 ARISTOTE «Voilà pourquoi toute cité est naturelle: cest parce que les communautés antérieures dont elle procède le sont aussi. Car elle est leur fin, et la nature est fin: ce que chaque chose, en effet, est une fois que sa genèse est complètement achevée, cest cela que nous disons être la nature de cette chose. […] en vue de quoi, cest-à-dire la fin, cest le meilleur, et lautarcie est à la fois une fin et quelque chose dexcellent. Il est manifeste […] que la cité fait partie des choses naturelles et que lhomme est par nature un animal politique…»

8 ARISTOTE «…, et que celui qui est hors cité, naturellement bien sûr et non par le hasard des circonstances, est soit un être dégradé soit un être surhumain […] Cest pourquoi il est évident que lhomme est un animal politique plus que nimporte quelle abeille et que nimporte quel animal grégaire. Car, comme nous le disons, la nature ne fait rien en vain; or seul parmi les animaux, lhomme a un langage. […] Il ny a en effet quune chose qui soit propre aux hommes par rapport aux autres animaux; le fait que seuls ils aient la perception du bien, du mal,…»

9 ARISTOTE «…, du juste, de linjuste et des autres notions de ce genre. […] Cest donc par nature quil y a chez tous les hommes la tendance vers une communauté de ce genre […] Un citoyen au sens plein ne peut pas être mieux défini que par la participation à une fonction judiciaire et à une magistrature […] Cest pourquoi le citoyen tel que nous lavons défini existe surtout en démocratie […] Ce quest le citoyen est donc manifeste […] celui qui a la faculté de participer au pouvoir délibératif ou judiciaire […] qui est né de deux citoyens et non pas dun seul.»

10 LES CYNIQUES Les Cyniques Diogène de Sinope

11 LES CYNIQUES «On demandait à Diogène: «Quels sont ceux qui vivent en paix?» - «Ceux-là, dit-il, dont la conscience nest chargé daucune faute.» […] «Il est étrange, disait Diogène, que lon verse de lhuile dans la lampe pour y voir plus clair sur la table, tandis quon ne veut rien dépenser ses forces à devenir plus sage desprit de manière à bien discerner ce quil y a de meilleur pour lexistence.» […] Le plaisir véritable, affirmait Diogène, réside dans létat dune âme paisible et joyeuse, sans lequel les richesses de Midas et de Crésus ne sont daucune utilité […]»

12 LES CYNIQUES «Car on ne peut être heureux, mais tout à fait malheureux si lon a à déplorer quelque misère, grande ou petite. […] À quelquun qui lui demandait comment on pouvait devenir maître de soi, Diogène répondit: «En se reprochant fortement à soi-même ce que lon reproche aux autres. […] Certains le tournaient en ridicule parce quil déambulait à reculons sous un portique. Diogène leur répliqua: «Navez-vous pas honte de me reprocher daller à reculons en marchant, vous qui parcourez à reculons le chemin même de votre vie?»

13 LES CYNIQUES «On lui demandait pourquoi il ne se permettait pas de laver son corps: «Je ne veux pas avoir lair dêtre, mais être vraiment un chien!» […] Comme disait Diogène: «il y a bien des souris et des belettes dans les maisons qui regorgent de victuailles: de même, les corps que lon gave de nourritures attirent bien des maladies.» […] Diogène se moquait des gens qui scellent leurs trésors avec des verrous, des clés et des cachets, mais ouvrent toutes les portes et fenêtres de leur corps, la bouche, le sexe, les oreilles et les yeux.»

14 LES CYNIQUES «[…] Les autres chiens, disait Diogène, mordent leurs ennemis, tandis que moi, je mords mes amis, de manière à les sauver.» […] «Quest- ce quun ami?» demandait-on à Diogène. - «Une seule âme reposant en deux corps.» […] Un citoyen de lAttique blâmait Diogène de ne pas avoir élu domicile chez les Lacédémoniens dont il faisait volontiers léloge. «Mais le médecin lui-même, reprit Diogène, tout guérisseur quil soit, ne va pas demeurer chez des gens malades!» […]Un chauve linjuriait: «Je ne vais pas être insolent envers toi, reprit Diogène, …»

15 LES CYNIQUES «…mais je félicite tes cheveux davoir abandonné une sale tête!» […] Durant un banquet, Diogène versa à terre le vin quon lui avait offert un peu trop généreusement, ce dont certains convives se mirent à le blâmer. Il leur répondit alors: «Nest-il pas vrai que si je le buvais, non seulement il disparaîtrait, mais il me perdrait tout aussi bien?» […] Diogène, apercevant des femmes qui bavardaient ensemble, eut ce mot: «laspic emprunte son poison à la vipère.» […] Léducation des enfants, disait Diogène, ressemble aux productions des…»

16 LES CYNIQUES «…céramistes: ceux-ci imprègnent à largile tendre la forme et larrangement quils veulent, mais ils ne peuvent plus la travailler une fois quelle est cuite; de la même façon, les gens qui nont pas été éduqués à prix defforts durant leur enfance sont impossibles à transformer une fois devenus adultes.» […] Quelquun lui demandait quels étaient les hommes les plus nobles. Diogène lui répondit: «Ceux qui méprisent la richesse, la gloire, le plaisir et la vie, et qui dominent par ailleurs leurs contraires, la pauvreté, lobscurité, la peine et la mort.»

17 CICÉRON Le Traité de la République

18 CICÉRON «Je me contenterai de poser ici en principe quil y a dans la nature un tel besoin dagir fortement, une si grande propension à sexposer pour le salut commun quelle triompha de toutes les flatteries du plaisir, de toutes les séductions du repos. Il ne faut pas voir dans la vertu un art que lon puisse posséder sans lappliquer. On peut avoir la connaissance théorique dun art sans le mettre en pratique; la vertu consiste entièrement dans les applications quon en fait. Or, la plus haute de ces applications est le gouvernement de la cité et…»

19 CICÉRON «…le déploiement par des actes, non en paroles, des mérites mêmes que glorifient vos philosophes dans les écoles. […] Le citoyen donc qui, par le pouvoir quil a de commander et par des lois pénales, oblige tout un peuple à faire ce que les philosophes par leurs discours persuadent à peine à un petit nombre, doit être mis au- dessus de ceux qui en discutent. Quel discours, si achevé quon le suppose, peut- on préférer à une cité jouissant grâce au droit public et aux mœurs dune unité robuste?»

20 CICÉRON «Je crois devoir mettre les grandes cités, les cités dominatrices […] au-dessus des bourgades et des postes fortifiés, autant les hommes qui, par le poids de leur avis et leur ascendant, sont à la tête de ces villes lemportent même en sagesse, sur ceux qui sont éloignés des affaires publiques. Or, puisque nous sommes au plus haut point portés à accroître le patrimoine de lhumanité, que nous nous efforçons par la pensée et par nos labeurs de rendre la vie humaine plus sûre et plus puissante, puisque cest à la recherche…»

21 CICÉRON «…de cette jouissance-là que nous incite la nature, suivons la voie qui a toujours été celle des meilleurs et nécoutons pas les appels à la retraite qui se font entendre pour nous ramener en arrière quand déjà nous avons marché de lavant. […] sil est un thème qui se prête à des développements abondants et à des rapprochements oratoires, ce sont les calamités qui ont accablé les hommes les plus marquants, les traitements injustes que leur ont infligés leurs concitoyens ingrats. On en trouve déjà des exemples chez les Grecs.»

22 CICÉRON «Miltiade, vainqueur et triomphateur des Perses, non encore guéri des blessures quil avait reçues face à lennemi dans la plus glorieuse bataille et dont la vie néchappa aux coups de létranger que pour languir dans la prison où lenfermèrent ses concitoyens; Thémistocle, exilé de sa patrie quil avait délivré, chassé et pourchassé par elle, cherchant un refuge, non dans les ports de la Grèce par lui sauvés, mais dans les rades des barbares objet de ses coups. Certes les exemples ne manquent pas de la légèreté et de la cruauté dAthènes.»

23 CICÉRON «[…] entre la patrie et nous, il ne saurait être convenu quelle nous engendre ou nous élève sans attendre de nous que nous fassions rien pour sa subsistance, quelle ne travaille à notre bien-être que pour offrir à notre oisiveté un asile sûr, un port tranquille à notre goût du repos. Non, elle doit retenir pour son service une grande partie de nos forces et la plus haute, ce que notre âme, notre esprit, notre intelligence ont de meilleur et ne nous abandonner que ce qui peut rester quand elle a pris sa juste part. […] Comme si pour les bons, les courageux…»

24 CICÉRON «…, les magnanimes, il pouvait y avoir une meilleure raison de prêter leur concours à lÉtat que la volonté de ne pas obéir aux méchants et de ne pas souffrir que la république soit mise en pièces sans quon puisse lui porter secours malgré le désir quon en aurait. […] Quant à moi, comme il ma été donné à la fois daccomplir, dans la conduite des affaires publiques, des actes dignes de mémoire, et dacquérir, non seulement par la pratique, mais aussi par ma passion pour létude et lenseignement, quelques compétences à légard…»

25 CICÉRON «…des principes de la politique, je serais qualifié pour exposer une théorie, tandis que mes prédécesseurs les uns, habiles dans la discussion, ne se sont jamais fait connaître par des actes, les autres, qui ont agi de façon méritoire, navaient pas appris lart de disserter. […] Dans cette guerre acharnée qui mit aux prises Athènes et Lacédémone, Périclès […] le premier dentre les citoyens par lautorité quil avait su prendre, par léloquence et la clarté de lesprit, voyant les Athéniens remplis de crainte parce que le soleil avait brusquement disparu…»

26 CICÉRON «…et que la nuit sétait faite, exposa, dit-on, ce que lui-même avait appris dAnaxagore, son ancien maître: quà un moment précis et bien déterminé ce phénomène devait se produire nécessairement, la lune recouvrant entièrement le globe solaire. Bien que cela narrivât pas toutes les fois que la lune était nouvelle, cela ne pouvait arriver quà ce moment-là. En exposant ainsi, en expliquant rationnellement le phénomène, il libéra les âmes de la crainte. Cétait alors une théorie nouvelle et encore peu répandue que celle de léclipse de soleil.»

27 CICÉRON «[…] puisque notre recherche a pour objet la république, voyons en premier lieu ce que cest que la république. […] La chose publique donc […] est la chose du peuple; et par le peuple il faut entendre, non tout assemblage dhommes groupés en troupeau dune manière quelconque, mais un groupe nombreux dhommes associés les uns aux autres par leur adhésion à une même loi et par une certaine communauté dintérêts. Quant à la cause première de ce groupement, ce nest pas tant la faiblesse quune sorte dinstinct grégaire naturel…»

28 CICÉRON «…, car le genre humain nest point fait pour lisolement et une vie errante […] un État, cest-à-dire ce que jappelle la chose publique ou du peuple, doit avoir pour durer un gouvernement qui veille sur lui. Linstitution dun premier pouvoir intelligent doit être rattaché à la même cause qui engendre la cité et ce pouvoir doit être attribué ou à un seul ou à quelques personnes choisies, ou il doit être assumé par la masse, la totalité du peuple. Quand donc toutes les affaires publiques sont à la discrétion dun seul, on nomme roi celui…»

29 CICÉRON «…qui a le pouvoir, et cette forme de gouvernement est dite royauté. Quand lautorité appartient à quelques personnes choisies, on dit que la cité est gouvernée par lélite. Le gouvernement populaire enfin, cest ainsi quon lappelle, est celui où tout le pouvoir est au peuple. Chacune de ces trois formes, pourvu quelle maintienne le lien qui, dans le principe, a rattaché les hommes de façon à constituer une société politique, nest à la vérité point parfaite, ni à mon avis la meilleure. […] quand dans le peuple un seul homme ou plusieurs se sont élevés…»

30 CICÉRON «…par la richesse et lopulence au-dessus des autres, alors, daprès ce quenseigne lhistoire, est issu lorgueil de leurs prétentions, tandis que les lâches et les faibles cédaient et se pliaient à larrogance des riches. Si, au contraire, le peuple conserve son droit, on nie quaucun régime puisse être meilleur, plus libre, plus heureux, puisque le peuple est larbitre des lois, des jugements, de la guerre et de la paix, des traités, de la vie et de largent à tous. Cest là, pense-t-on, le seul État quon puisse justement appeler république.»

31 SAINT-AUGUSTIN La Cité de Dieu

32 SAINT-AUGUSTIN «[…] ces philosophes, ennemis calomnieux contre lesquels je défends la cité de Dieu, cest-à-dire son Église, simaginent être sages de tourner en ridicule notre doctrine sur la séparation de lâme et du corps, que nous regardons comme lun des châtiments de lâme, parce que, suivant eux, elle natteint la perfection de la béatitude quau moment où, dépouillée de tout corps, elle revient à Dieu, simple, seule, et pour ainsi dire nue. Ici, peut-être, si leurs propres ouvrages ne me fournissaient aucune réfutation de cette opinion, jaurais une discussion laborieuse…»

33 SAINT-AUGUSTIN «…à soutenir pour démontrer que ce nest point le corps, mais le corps corruptible qui est à charge de lâme. […] quand Platon déclare hautement que les dieux, créatures du Dieu suprême, ont des corps immortels; quand il introduit ce Dieu même, créateur des autres dieux, leur promettant comme une faveur insigne, de demeurer éternelle avec leurs corps, sans que jamais aucune mort les en détache, quest-ce à dire? Ces sophistes, aujourdhui, pour inculper la foi chrétienne, feignent dignorer ce quils savent!»

34 SAINT-AUGUSTIN «[…] dans la version de Cicéron, les paroles mêmes que Platon prête au Dieu souverain sadressant à ces dieux quil a créés: «Vous, dieux des dieux, considérez de quelles œuvres je suis lauteur et le père. Elles ne sauraient périr sans ma volonté, quoique tout être composé de parties soit sujet à dissolution. Mais il est dun méchant de vouloir briser le lien formé par la raison. Ainsi, ayant commencé dêtre, vous ne pouvez naturellement échapper à la mort, ni à la dissolution; cependant vous ne serez jamais dissous; aucune destinée funeste…»

35 SAINT-AUGUSTIN «…ne prévaudra contre ma volonté. Ma volonté est un lien plus fort pour assurer votre perpétuité que ceux qui viennent dunir les parties constitutives de votre être.» Voilà donc les dieux, suivant Platon, mortels par la liaison de lâme et du corps, immortels par le décret et la volonté de Dieu leur créateur. […] Si les dieux inférieurs, auquel Platon a délégué la formation de lhomme, ont pu séparer du feu la vertu de brûler sans lui interdire celle de briller par les feux; ce Dieu souverain, cette volonté toute- puissante à qui Platon accorde…»

36 SAINT-AUGUSTIN «…daffranchir de toute fin ce qui a commencé, et de toute dissolution des substances liées ensemble, aussi différentes, aussi étrangères lune de lautre, que le corps et lesprit; lui refuserez-vous de pouvoir ôter la corruption à la chair de lhomme en lui donnant limmortalité, conserver sa nature dans la convenance et lharmonie de ses organes, en lallégeant du poids de cette argile? […] Cest en effet lopinion de Platon que les âmes humaines ne peuvent pas résider toujours dans leurs corps, dont la nécessité de la mort les sépare; …

37 SAINT-AUGUSTIN «…et que dautres part elles ne peuvent pas résider toujours dans leurs corps, dont la nécessité de la mort les sépare; et que dautre part elles ne peuvent pas toujours demeurer sans corps, mais quelles tournent dans un cercle éternel de mort et de renaissance. […] la foi chrétienne nhésite pas à affirmer que le Christ lui-même après sa résurrection, quoique déjà revêtu dune chair spirituelle et toutefois véritable, ait partagé avec ses disciples le pain et le breuvage. Ce nest pas la faculté, mais la nécessité de manger et de boire…»

38 SAINT-AUGUSTIN «…qui disparaîtra du corps; corps spirituel, non quil cesse dêtre corps, mais en tant que vivifié par lesprit. […] Et les corps, qui ont une âme vivante, et non encore un esprit vivifiant, on les appelle corps animaux; corps, et non pas âmes; ainsi des corps appelés spirituels; gardons-nous de croire quils deviennent esprits: ils conservent la substance de la chair, mais lesprit vivifiant les affranchit de la pesanteur et de la corruption charnelle. Lhomme ne sera plus alors terrestre, mais céleste. […] lhomme, ce nest pas le corps seul, ce nest pas…»

39 SAINT-AUGUSTIN «…lâme seule; lhomme, cest lêtre composé de lâme et du corps. Or, cest la vérité que lâme nest pas tout lhomme, mais la partie supérieure de lhomme; et que le corps nest pas tout de lhomme, mais la partie inférieure de lhomme; cest lun et lautre qui, réunis, portent le nom dhomme. […] malgré cette merveilleuse variété de nations répandues sur toute la terre, de croyances et de mœurs si différentes, divisées par leurs langues, leurs armes, leurs costumes, il nexiste toutefois que deux sociétés humaines […]»

40 SAINT-AUGUSTIN «[…] Lune est la cité des hommes qui veulent vivre en paix selon la chair; lautre, celle des hommes qui veulent vivre en paix selon lesprit; et quand les désirs de part et dautre sont accomplis, chacune à sa manière est en paix. Et dabord, quest-ce que vivre selon la chair? […] méditons ce passage de lépître de Saint-Paul: «Les œuvres de la chair sont évidentes: adultère, fornication, impureté, impudicité, idolâtrie, empoisonnements, inimitiés, contestes, jalousie, animosité, dissension, hérésies, envie, ivrognerie, débauches, et autres infamies.»

41 HOBBES Le Léviathan ou le souverain absolu

42 HOBBES Lhomme primitif vivant dans la nature, où il ny a ni lois ni contrat social, est disposé, par tous les moyens nécessaires, de survivre, et même si cela implique de sapproprier les biens de lautre, en lui dérobant ou en le tuant. Cest létat de nature tel que la imaginé Hobbes. À une époque dominée par la religion, Hobbes était de ceux qui ne croyaient pas en Dieu et prônait lexistence dun monde entièrement matérialiste, comme lavait imaginé avant lui des philosophes comme Épicure. Rejetant lhypothèse dun homme et dune femme dans un paradis originel,…

43 HOBBES …il préféra construire lhypothèse de lhomme sauvage vivant dans une nature impitoyable dans laquelle règne la loi du plus fort, dans laquelle lhomme est un loup pour lhomme, dominé par la peur de la mort: «Et, ce qui est le pire de tout, {lhomme connaît} la peur incessante et le danger de mort violente; et la vie de lhomme {y est} solitaire, pauvre, pénible, élémentaire et brève.» Mais un jour, pas à pas, lhomme découvre que lentraide est plus profitable que laffrontement perpétuel. Cest alors que les hommes ont décidé entre eux…

44 HOBBES …de vivre ensemble en établissant des normes et des lois dans un contrat social: un état de société où la liberté est limitée, mais plus stable quà létat de nature. Mais les êtres humains, étant ce quil sont, de nature appétitive, ne peuvent espérer vivre en paix dans ces seules conditions. Afin de faire respecter lordre et les droits de chacun, de se prémunir contre le chaos, la société doit être gouverné par un chef dÉtat qui disposerait dun pouvoir absolu dont chaque citoyen lui lèguerait le pouvoir de son plein gré. Il serait le Léviathan.

45 HOBBES Aucun individu ne devrait se révolter contre ce souverain car la liberté civile consisterait à se soumettre entièrement à ses lois. Le Léviathan est si absolu, si extraordinaire quil demeure au-dessus du contrat social même qui la mené à son pouvoir. Il disposerait des citoyens à sa guise, promulguerait toutes les lois, déciderait des règles de propriété, jugerait quelles opinions doivent être exprimées, quels livres doivent être lus, déciderait de ce qui est juste et injuste, récompenserait ou punirait les individus, choisirait ses conseillers et ses ministres. Cest le prix à payer pour être en sécurité.

46 MACHIAVEL Le Prince

47 MACHIAVEL «Tous les États, toutes les seigneuries qui eurent et ont commandement sur les hommes, furent et sont ou république ou principautés. Et les principautés sont ou bien héréditaires lorsque la lignée du seigneur en a été longtemps maîtresse ou bien nouvelles. Et les nouvelles ou le sont entièrement, comme fut Milan pour François Sforza, ou bien sont comme membres adjoints à lÉtat héréditaire du prince qui les a conquis […] De ces domaines ainsi conquis, les uns ont coutume de vivre sous un prince, …»

48 MACHIAVEL «…, les autres ont gardé lusage de la liberté et ils sacquièrent soit par les armes dautrui, soit par ses propres armes, soit par fortune ou par virtù. […] Quand les pays qui sacquièrent, comme je lai dit, sont accoutumés de vivre sous leurs lois et en liberté, il y a trois manières de sy maintenir: la première est de les détruire; lautre dy aller demeurer en personne; la troisième est de les laisser vivre selon leurs lois, en y levant un tribut et en y établissant un gouvernement oligarchique qui les conserve en amitié.»

49 MACHIAVEL «Parce que, ce gouvernement étant établi par le prince, il sait bien quil ne peut durer sans sa puissance et sa bonne grâce et quil doit faire tous ses efforts pour les maintenir. […] lhomme prudent doit suivre toujours les voies tracées par les grands hommes, imitant ceux qui ont été excellents, afin que si sa virtù ne peut égaler la leur, il en garde au moins quelque relent. […] Je dis donc que, dans les principautés entièrement nouvelles, où est un nouveau prince, il se trouve plus ou moins de difficulté selon le plus ou moins de virtù de celui…»

50 MACHIAVEL «…qui les acquiert. Et comme cette aventure, de passer dhomme privé à prince, présuppose de la virtù ou de la fortune, il semble que lune ou lautre de ces deux données aplanisse en partie beaucoup de difficultés; cependant celui qui dépend le moins de la fortune se maintient davantage. Ce qui lui facilite encore le succès, cest que, nayant point dautres États, il est contraint de venir habiter en personne lÉtat nouveau. […] Ceux qui, comme les précédents, sacquièrent une principauté par leur virtù, lacquièrent avec peine…»

51 MACHIAVEL «…, mais ils sy maintiennent facilement. Les difficultés quils ont à vaincre naissent en partie des nouvelles ordonnances et coutumes quils sont contraints dintroduire pour bien fonder leur État et y assurer leur pouvoir. […] Ceux qui de simples personnes deviennent princes par la seule fortune nont pas grand-peine à le devenir, mais beaucoup à le demeurer; le chemin leur est facile, ils volent à leur but, mais toutes les difficultés naissent après quils sont en place. Et ceux-là sont ceux auxquels on a donné des États moyennant argent,…»

52 MACHIAVEL «…soit par faveur de celui qui les accorde. […] Je veux produire deux exemples de notre souvenance sur ces deux manières de se faire prince, par virtù ou par fortune: ceux de François Sforza et de César Borgia. Sforza, par lexcellence de sa virtù et les moyens qui convenaient, de simple particulier devint duc de Milan, et ce quil avait acquis par mille travaux, il le conserva facilement. Dautre part, César Borgia […] acquit ses États par le moyen de la fortune de son père; aussi les perdit-il avec elle, bien quil fît et employât tout son esprit à agir…

53 MACHIAVEL «…comme tout homme doué et sage doit faire, pour bien prendre racine en ces États que les armes et la fortune dautrui lui avaient donnés. […] Mais comme il est encore deux autres manières de passer de létat de simple particulier à celui de prince, sans quon les puisse attribuer entièrement à la virtù ou à la fortune, il me semble quon ne les doit point laisser de côté […] Ces deux manières sont quand, par quelque moyen scélérat ou criminel on sélève à la principauté, ou quand un simple citoyen par la faveur des autres citoyens…»

54 MACHIAVEL «…devient seigneur de son pays. […] quand un citoyen, non par scélératesse ou autre violence exécrable, mais par la faveur de ses concitoyens devient souverain de son pays, ce quon peut appeler une principauté civile […] je dis quon devient ainsi prince ou par la faveur du peuple ou par celle des grands. Car en toute cité on trouve ces deux humeurs opposées; cest que le peuple naime point à être commandé ni opprimé des plus gros. Et les gros ont envie de commander et opprimer le peuple.»

55 ROUSSEAU Du Contrat Social

56 ROUSSEAU «Lhomme est né libre, et partout il est dans les fers. Tel se croit le maître des autres, qui ne laisse pas dêtre plus esclave queux. Comment ce changement sest-il fait? Je lignore. Quest-ce qui peut le rendre légitime? Je crois pouvoir résoudre cette question. […] lordre social est un droit sacré, qui sert de base à tous les autres. Cependant, ce droit ne vient point de la nature; il est donc fondé sur des conventions. […] La plus ancienne de toutes les sociétés et la seule naturelle est celle de la famille. Encore les enfants…»

57 ROUSSEAU «…ne restent-ils liés au père quaussi longtemps quils ont besoin de lui pour se conserver. Sitôt que ce besoin cesse, le lien naturel se dissout. Les enfants, exempts de lobéissance quils devaient au père, le père exempt des soins quil devait aux enfants, rentrent tous également dans lindépendance. Sils continuent de rester unis ce nest plus naturellement, cest volontairement, et la famille elle-même ne se maintient que par convention. Cette liberté commune est une conséquence de la nature de lhomme. Sa première loi est de veiller à…»

58 ROUSSEAU «…sa propre conservation, ses premiers soins sont ceux quil se doit à lui-même, et, sitôt quil est en âge de raison, lui seul étant juge des moyens propres à se conserver devient par là son propre maître. […] Le plus fort nest jamais assez fort pour être toujours le maître, sil ne transforme pas sa force en droit et lobéissance en devoir. […] La force est une puissance physique; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté […] On dira que le despote assure à ses sujets la tranquillité civile.»

59 ROUSSEAU «Soit; mais quy gagnent-ils, si les guerres que son ambition leur attire, si son insatiable avidité, si les vexations de son ministère les désolent plus que ne le feraient leurs dissensions? Quy gagnent-ils, si cette tranquillité même est une de leur misère? […] Renoncer à sa liberté cest renoncer à sa qualité dhomme, aux droits de lhumanité, même à ses devoirs. Il ny a nul dédommagement possible pour quiconque renonce à tout. Une telle renonciation est incompatible avec la nature de lhomme, et cest ôter toute moralité à ses actions…

60 ROUSSEAU «…que dôter toute liberté à sa volonté. […] Les combats particuliers, les duels, les rencontres sont des actes qui ne constituent point un État; et à légard des guerres privées, autorisées par les établissements de Louis IX roi de France et suspendues par la paix de Dieu, ce sont des abus du gouvernement féodal, système absurde sil en fut jamais, contraire aux principes du droit naturel. […] À légard du droit de conquête, il na dautre fondement que la loi du plus fort. Si la guerre ne donne point au vainqueur le droit de massacrer les peuples vaincus…»

61 ROUSSEAU «…, ce droit quil na pas ne peut fonder celui de les asservir. On na le droit de tuer lennemi que quand on ne peut le faire esclave; le droit de le faire esclave ne vient donc pas du droit de le tuer: cest donc un échange inique de lui faire acheter au prix de sa liberté sa vie sur laquelle on na aucun droit. En établissant le droit de vie et de mort sur le droit desclavage, et le droit desclavage sur le droit de vie et de mort, nest-il pas clair quon tombe dans le cercle vicieux? […] Je suppose les hommes parvenus à ce point où les obstacles qui nuisent à leur…»

62 ROUSSEAU «…conservation dans létat de nature lemportent par leur résistance sur les forces que chaque individu peut employer pour se maintenir dans cet état. Alors cet état primitif ne peut plus subsister, et le genre humain périrait sil ne changeait sa manière dêtre. Or, comme les hommes ne peuvent engendrer de nouvelles forces, mais seulement unir et diriger celles qui existent, ils nont plus dautre moyen pour se conserver que de former par agrégation une somme de forces qui puisse lemporter sur la résistance, de les mettre en jeu…»

63 ROUSSEAU «…par un seul mobile et de les faire agir de concert. Cette somme de forces ne peut naître du concours de plusieurs: mais la force et la liberté de chaque homme étant les premiers instruments de sa conservation, comment les engagera-t-il sans se nuire, et sans négliger les soins quil se doit? Cette difficulté ramenée à mon sujet peut sénoncer en ces termes: «Trouver une forme dassociation qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun sunissant à tous nobéisse…»

64 ROUSSEAU «…pourtant quà lui-même et reste aussi libre quauparavant.» Tel est le problème fondamental dont le contrat social donne la solution. […] Si donc on écarte du pacte social ce qui nest pas de son essence, on trouvera quil se réduit aux termes suivants: chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale; et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout. À linstant, au lieu de la personne particulière de chaque contractant, cet acte…»

65 ROUSSEAU «…dassociation produit un corps moral et collectif composé dautant de membres que lassemblée a de voix, lequel reçoit de ce même acte son unité, son moi commun, sa vie et sa volonté. […] Sitôt que cette multitude est ainsi réunie en un corps, on ne peut offenser un des membres sans attaquer le corps; encore moins offenser le corps sans que les membres sen ressentent. Ainsi le devoir et lintérêt obligent également les deux parties contractantes à sentraider mutuellement et les mêmes hommes doivent chercher à…»

66 ROUSSEAU «…réunir sous ce double rapport tous les avantages qui en dépendent. Or le souverain nétant formé que des particuliers qui le composent […] ne peut avoir dintérêt contraire au leur; par conséquent la puissance souveraine na nul besoin de garant envers les sujets, parce quil est impossible que le corps veuille nuire à tous ses membres. […] Ce passage de létat de nature à létat civil produit dans lhomme un changement […] en substituant dans sa conduite la justice à linstinct, et donnant à ses actions la moralité qui leur manquait.»

67 SMITH De la division du travail

68 SMITH «Le plus grand progrès dans les puissances productives du travail et la majeure partie de ladresse, de lhabileté et du discernement, avec lesquels il est dirigé ou appliqué ont été, semble-t-il, les effets de la division du travail. Les effets de la division du travail dans lensemble des activités de la société seront plus facilement compris si lon considère de quelle manière elle opère dans des fabrications particulières. On suppose communément que la division du travail est portée à son point ultime dans quelques fabrications tout à fait mineures;»

69 SMITH «non pas peut-être quelle soit portée en fait plus loin que dans dautres dont limportance est plus grande; mais pour les fabrications mineures qui sont destinées à répondre aux menus besoins dun nombre limité de personnes, le nombre total des ouvriers ne peut quêtre faible; ceux qui sont employés dans chaque branche différente du travail peuvent être regroupés dans le même atelier et placés tous ensemble sous les yeux du spectateur. Au contraire, pour ces grandes fabrications, qui sont destinées à répondre aux besoins essentiels…»

70 SMITH «…de la majorité des gens, chaque branche du travail emploie tant douvriers quil est impossible de les regrouper tous dans le même atelier. […] Prenons donc pour exemple une fabrication tout à fait mineure, mais dans laquelle la division du travail a été très souvent remarquée: le métier de fabricant dépingles. Un ouvrier qui nest pas formé pour cette activité […] et qui na pas lhabitude dutiliser loutillage quon y emploie […] pourrait à peine, peut-être, avec toute son application, fabriquer une épingle par jour, et non pas vingt assurément.»

71 SMITH «Mais de la manière dont cette activité est aujourdhui menée, non seulement lensemble de louvrage est un métier particulier, mais il est divisé en un grand nombre de branches, dont la plupart sont de même des métiers particuliers. Un homme tire le fil, un autre le redresse, un troisième le coupe, un quatrième laffûte, un cinquième en aiguise lextrémité pour recevoir la tête […] la division du travail, dans la mesure où elle peut être introduite, cause dans chaque art une augmentation proportionnelle…»

72 SMITH «…des puissances productives du travail. La séparation des différents métiers et emplois semble sêtre produite en conséquence de cet avantage. Cette séparation est aussi généralement poussée le plus loin dans les pays qui jouissent du plus haut degré dactivité et de progrès, ce qui est louvrage dun seul homme dans un état primitif de la société étant généralement celui de plusieurs dans une société de progrès. […] Ce grand accroissement de la quantité douvrage que, en conséquence de la division du travail, le même nombre de…»

73 SMITH «…gens est capable dexécuter est dû à trois circonstances différentes: tout dabord à laugmentation de lhabileté de chaque ouvrier; deuxièmement, au gain du temps qui est couramment perdu à passer dune espèce douvrage à un autre; enfin, à linvention dun grand nombre de machines et outils qui facilitent et abrègent le travail et permettent à un seul homme de faire louvrage dun grand nombre. […] linvention de tous ces outils et machines grâce auxquels le travail est tant facilité et abrégé semble devoir son origine…»

74 SMITH «…à la division du travail. Les hommes sont bien plus susceptibles de découvrir des méthodes plus faciles et plus promptes pour atteindre un but quelconque quand toute lattention de leur esprit est dirigée vers ce seul but que quand elle se disperse dans maintes directions. Mais en conséquence de la division du travail, toute lattention de chaque homme en vient naturellement à être dirigée vers un seul but très simple. Par conséquent, on peut naturellement sattendre à ce que lun ou lautre de ceux qui sont employés dans…»

75 SMITH «…chaque branche particulière du travail trouve rapidement des méthodes plus faciles et plus promptes pour exécuter son propre ouvrage particulier […] Cest la grande multiplication des productions de tous les différents arts, en conséquence de la division du travail, qui cause dans une société bien gouvernée cette opulence universelle qui sétend jusquaux rangs les plus bas du peuple […] si bien quune abondance générale se répand dans tous les divers rangs de la société.»

76 FERGUSON Essai sur lhistoire de la société civile

77 FERGUSON «Il est clair quun peuple, quoique poussé par laiguillon de la nécessité, par le désir du bien-être, et quoiquil soit encouragé par des avantages liés à sa situation et à sa politique, ne peut faire de grands progrès dans le développement des arts de la vie, tant quil na pas séparé et réparti à des personnes différentes les tâches diverses qui demandent une attention et une adresse particulières. Le sauvage ou le barbare, obligé de bâtir, de cultiver, de fabriquer pour son propre usage, aime mieux consacrer à loisiveté…»

78 FERGUSON «…les moments que lui laissent les guerres et les inquiétudes plutôt que de travailler à améliorer sa situation. Peut-être que la diversité de ses besoins le décourage de développer son industrie, ou que son attention, trop partagée, ne peut suffire pour acquérir lhabileté dans aucune tâche en particulier. Cependant, lhabitude de la paix et lespérance déchanger une chose pour une autre transforment insensiblement le chasseur et le guerrier en artisan et en commerçant. Les hasards qui distribuent inégalement les moyens de subsistance…»

79 FERGUSON «…, linclination, les circonstances favorables décident les hommes à embrasser des activités différentes, et le sentiment de lutilité les conduit à diviser leur profession sans fin. […] Tout métier peut demander lattention entière dun homme, il possède ses mystères quil faut étudier ou il ne peut sacquérir que par un apprentissage régulier. Des nations vouées à lindustrie en viennent au point dêtre composées de membres qui, en dehors de leur métier, sont de la plus grande ignorance sur toutes les affaires humaines et qui, sans songer…»

80 FERGUSON «…aux intérêts de lÉtat, sans sen embarrasser, travaillent à sa conservation et à son agrandissement. Chaque individu est distingué par sa profession et occupe la place à laquelle il est propre. Le sauvage qui ne connaît de distinction que celle du mérite, du sexe ou de son espèce, et pour qui la communauté est le suprême objet daffection, celui-là est étonné de voir quen de telles circonstances sa qualité dhomme ne le met pas en état de jouer quelque rôle que ce soit: il fuit vers les forêts avec une surprise mêlée de chagrin, …»

81 FERGUSON «…, de dégoût et dindignation. […] On attribue à la sagesse de la nature lindustrie du castor, de labeille et de la fourmi. On fait honneur aux nations policées de leurs inventions et on les regarde comme la preuve dune capacité supérieure à celle des esprits rudimentaires. Mais ces inventions ne leur sont-elles pas suggérées par la nature, comme celles de tous les animaux? Ne sont-elles pas le produit de linstinct, dirigé par les diverses situations dans lesquelles lespèce humaine se trouve placée? Tous les établissements…»

82 FERGUSON «…nont-ils pas été formés par des perfectionnements successifs, dont on ne prévoyait pas les conséquences générales dans le temps quon les fit? Cest ainsi que les choses en sont venues à un tel degré de complication que toute la capacité dont la nature humaine fut jamais capable neût pu seulement en concevoir le projet, et que nous ne pouvons même encore en embrasser toute létendue, maintenant quelle existe et sexécute sous nos yeux? […] La première cause de subordination provient de la différence de talents et de…»

83 FERGUSON «…dispositions naturelles, la seconde, de linégalité dans le partage de la propriété, la troisième, qui nest pas moins perceptible, résulte des habitudes contractées par la pratique des différents arts. Certaines occupations sont libérales, dautres sont mécaniques. Elles exigent des talents et inspirent des sentiments différents; et quelle que soit la raison qui fasse préférer lune ou lautre de ces occupations, il est juste de proportionner lestime et le rang dus aux hommes qui exercent ces emplois et ces professions, à la contribution réelle…»

84 FERGUSON «…de leur genre de vie à la culture de lesprit et à la façon de penser. Il y a une élévation dâme naturelle à lhomme par laquelle il espère faire croire que, même dans létat le plus grossier, et poussé par les nécessités, il sait sélever au-dessus des motifs de lintérêt, au-dessus du besoin et du soin de sa subsistance. Dans ses relations damitié et dans les conflits, il veut paraître ne suivre que les mouvements de son cœur, il voudrait ne se montrer que dans les occasions difficiles et périlleuses, et laisser les soins ordinaires aux âmes faibles et serviles.»

85 FERGUSON «Dans tout état commerçant, malgré toute prétention à légalité des droits, lélévation du petit nombre doit nécessairement produire labaissement du plus grand nombre. Alors nous en venons à supposer que lextrême avilissement de certaines conditions vient principalement de la mauvaise éducation et du défaut dinstruction. Nous nous figurons que cest là une image de ce qua dû être notre espèce dans sa simplicité originelle. Mais cest doublier combien de circonstances concourent, particulièrement dans les…»

86 FERGUSON «…villes peuplées, à corrompre le bas peuple. […] Dans létat de simplicité, lespèce humaine présente une grande uniformité de mœurs. Mais dans létat de civilisation, elle sengage dans la poursuite de buts très différents, ses activités occupent un champ plus large et elles sont, les unes des autres, séparées par de plus grandes distances. Si, cependant, les hommes étaient toujours guidés par des dispositions analogues, ils devraient probablement, à la fin comme au début de leur développement, se retrouver en des points communs.»

87 MARX Le travail aliéné

88 MARX «Nous sommes partis des prémisses de léconomie politique. Nous avons accepté son langage et ses lois. Nous avons supposé la propriété privée, la séparation du travail, du capital et de la terre, ainsi que celle du salaire, du profit capitaliste et de la rente foncière, tout comme la division du travail, la concurrence, la notion de valeur déchange, etc. En partant de léconomie politique elle-même, en utilisant ses propres termes, nous avons montré que louvrier est ravalé au rang de marchandise, et de la marchandise la plus misérable…»

89 MARX «…, que la misère de louvrier est en raison inverse de la puissance et de la grandeur de sa production, que le résultat nécessaire de la concurrence est laccumulation du capital en un petit nombre de mains, donc la restauration encore plus redoutable du monopole; quenfin la distinction entre capitaliste et propriétaire foncier, comme celle entre paysan et ouvrier de manufacture, disparaît et que toute société doit se diviser en deux classes, celle des propriétaires et celle des ouvriers non propriétaires.»

90 MARX «Léconomie politique part du fait de la propriété privée. Elle ne nous lexplique pas. Elle exprime le processus matériel que décrit en réalité la propriété privée, en formules générales et abstraites, qui ont ensuite pour elle valeur de lois. Elle ne comprend pas ces lois, cest-à-dire quelle ne montre pas comment elles résultent de lessence de la propriété privée. Léconomie politique ne nous fournit aucune explication sur la raison de la séparation du travail et du capital, du capital et de la terre. […] ce qui est pour elle la raison dernière, cest lintérêt des capitalistes.»

91 MARX «[…] Dans quelle mesure ces circonstances extérieures, apparemment contingentes, ne sont que lexpression dun développement nécessaire, léconomie politique ne nous lapprend pas. Nous avons vu comment léchange lui-même lui apparaît comme un fait du hasard. Les seuls mobiles quelle mette en mouvement sont la soif des richesses et la guerre entre convoitises, la concurrence. […] Nous avons donc maintenant à comprendre lenchaînement essentiel qui lie la propriété privée, la soif de richesse, la séparation du travail, …»

92 MARX «…, du capital et de la propriété, celle de léchange et de la concurrence, de la valeur et de la dépréciation de lhomme, du monopole et de la concurrence, etc., bref le lien de toute cette aliénation avec le système de largent. Ne faisons pas comme léconomiste qui, lorsquil veut expliquer quelque chose, se place dans un état originel fabriqué de toute pièces. Ce genre détat originel nexplique rien […] {comme} le théologien explique lorigine du mal par le péché originel, cest-à-dire suppose comme un fait, sous la forme historique…»

93 MARX «…, ce quil doit lui-même expliquer. Nous partons dun fait économique actuel. Louvrier devient dautant plus pauvre quil produit plus de richesse, que sa production croît en puissance et en volume. Louvrier devient une marchandise dautant plus vile quil crée plus de marchandise. La dépréciation du monde des hommes augmente en raison directe de la mise en valeur du monde des choses. Le travail ne produit pas que des marchandises; il se produit lui-même et produit louvrier en tant que marchandise […]»

94 MARX «[…] Ce fait nexprime rien dautre que ceci: lobjet que le travail produit, son produit, laffronte comme un être étranger, comme une puissance indépendante du producteur. […] La réalisation du travail se révèle être à tel point une perte de réalité que louvrier perd sa réalité jusquà en mourir de faim. […] louvrier est à légard du produit de son travail dans le même rapport quà légard dun objet étranger. Car ceci est évident par hypothèse: plus louvrier sextériorise dans son travail, plus le monde étranger, objectif, quil crée en face de lui…»

95 MARX «…, devient puissant, plus il sappauvrit lui-même et plus son monde intérieur devient pauvre, moins il possède en propre. […] laliénation de louvrier dans son produit signifie non seulement que son travail devient un objet, une existence extérieure, mais que son travail existe en dehors de lui, indépendamment de lui, étranger à lui […] louvrier devient donc un esclave de son objet […] plus louvrier produit, moins il a à consommer; plus il crée de valeurs, plus il se déprécie et voit diminuer sa dignité […] plus le travail est puissant, plus louvrier est impuissant.»

96 MARX «Or, en quoi consiste laliénation du travail? Dabord, dans le fait que le travail est extérieur à louvrier, cest-à-dire quil nappartient pas à son essence, que donc, dans son travail, celui-ci ne saffirme pas mais se nie, ne se sent pas à laise, mais malheureux, ne déploie pas une libre activité physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit. En conséquence, louvrier na le sentiment dêtre auprès de lui- même quen dehors du travail et, dans le travail, il se sent en dehors de soi […] son travail nest donc pas volontaire, mais contraint, cest du travail forcé.»


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