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CONTACT DE LANGUES EN MILIEU SCOLAIRE Lalternance codique en situation de classe : quelles stratégies ?

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1 CONTACT DE LANGUES EN MILIEU SCOLAIRE Lalternance codique en situation de classe : quelles stratégies ?

2 La Réunion connaît, de par son histoire, une situation sociolinguistique bien particulière. Deux langues rythment la vie des locuteurs au quotidien : le français, langue officielle et langue de promotion sociale, et le créole réunionnais. Ce dernier a fait lobjet de nombreuses recherches dans divers domaines : de la linguistique appliquée en passant par, la sociolinguistique, la psycholinguistique, la didactique des langues et bien dautres champs. Avec linstauration du CAPES de créole, la langue créole peut être officiellement enseignée, depuis la rentré scolaire 2002, dans des établissements scolaires, comme une langue vivante au même titre que l'anglais, l'espagnol, ou lAllemand.

3 Un travail de recherche a rassemblé les questionnements, les réflexions et les suggestions issus dune enquête réalisée en classe, dans le cycle secondaire ; où lenseignement du créole ne se réduit pas pour les enseignants créolophones à la transmission dun énoncé de leurs propres savoirs "car, quoi qu'on enseigne, on enseigne toujours pour que lélève lapprenne. Cela se produit dans une relation bien plus complexe que le simple énoncé de son propre savoir. La langue créole est marquée par tout un cortège de valeurs négatives. Elle est considérée comme un obstacle à lapprentissage du français, elle aurait des effets néfastes sur les jeunes réunionnais francophones. Il est très difficile de gommer les connotations péjoratives qui découlent de la langue créole car il y a tout un contexte socio-historique que véhicule la langue et que beaucoup narrivent pas à relativiser. Les notions de "conflits linguistiques", "interférences", "interlangue«,"continuum-discontinuum", "mélange codique" sont souvent utilisées pour décrire les pratiques et représentations de ces langues (créole et français) et les rapports étroits entre ces codes linguistiques.

4 Hamers souligne que le contact des langues inclut "toute situation dans laquelle une présence simultanée de deux langues affecte le comportement langagier dun individu". Le concept de contact des langues se réfère au fonctionnement psycholinguistique de lindividu qui maîtrise plus dun code linguistique, donc dun sujet bilingue. Mais que signifie connaître particulièrement une langue quand tellement de monolingues nont pas la maîtrise parfaite de leur propre langue ? La notion de « bilinguisme » et par extension la notion de « bilingualité, biculturalisme ou de plurilinguisme, etc. » ont été lobjet de nombreuses recherches (Hamers ; Marcellesi ; Deshays ; Mackey. Quest-ce que savoir deux ou plusieurs langues ? Un bilingue est un locuteur qui possède avant tout une compétence orale. La connaissance du bilingue implique la connaissance des deux systèmes et la capacité à passer dun code à lautre. On évoque la notion de "parler bilingue" lorsqu'un locuteur fait usage de deux langues soit en les alternant, soit en les mélangeant. Etre bilingue cest, dune part, la capacité à user régulièrement dune ou deux langue(s) sans les avoir apprises institutionnellement ; et, dautre part, la capacité à user régulièrement et sans donner limpression deffort dune ou de deux langues quil na pas le sentiment davoir apprise(s). Ces critères fondamentaux pour déterminer le rapport du bilingue à ses compétences linguistiques, ne sont pas les seules que nous pouvons répertorier. Il existe bien d'autres définitions du bilinguisme, mais nous adopterons ici, celle de Deshays qui désigne la capacité dun individu à utiliser deux langues avec une correction phonétique suffisante pour éliminer tout obstacle à la bonne compréhension de ce quil dit, ainsi quune maîtrise du vocabulaire et des structures grammaticales comparables à celle dun autochtone du même milieu social et culturel.

5 Les premiers résultats dobservation de classe ont montré que les modes dutilisation du créole et du français ne sont pas analogues. Le créole étant exclusivement utilisé par certains enseignants, à la Réunion, pour organiser le travail en classe et pour gérer la discipline. Les élèves, eux, alternent le créole et le français à nimporte quel moment : pour le travail en groupe, les explications de textes, la prise de parole, et bien sûr pour « bavarder » entre pairs. Il semble intéressant détudier lune des conséquences du contact des langues : le cas de lalternance codique. Mais envisager létude de ce contact linguistique peut nous contraindre, comme le souligne Prudent, à nous interroger sur les frontières des pans dénoncés, et par inférence sur les limites du français et du créole. Demblée, il est à souligner que nous considérons la langue créole non pas en terme de sous système du français, mais bien comme une langue à part entière, avec sa grammaire, son lexique et ses règles syntaxiques. Il faut postuler de prime abord que les élèves sont des bilingues (créole - français). Une réflexion sur le phénomène de lalternance codique en classe ne veut pas exclure lhypothèse selon laquelle les élèves seraient parfois en situation de conflit linguistique ou dinsécurité linguistique, ce qui expliquerait le passage du créole au français et vice versa.

6 Peut-on parler de conflit linguistique ? Kremnitz rappelle que même lindividu qui a un potentiel bilingue, qui maîtrise à la fois deux langues, en fait un usage diglossique dans presque tous les cas. Il souligne que le conflit linguistique est le phénomène le plus complexe qui englobe entre autres celui de la diglossie. Il y a conflit linguistique quand deux langues clairement différenciées s'affrontent, l'une comme politiquement dominante (emploi officiel, emploi public) et lautre comme politiquement dominée. Létude du phénomène de lalternance codique en situation de classe ne sinterprète pas en termes de situation diglossique. Dans la mesure où aucune des langues concernées (créole / français) nest définie comme "haute" ou "basse" ; il sagit plutôt dune manifestation des compétences bilingues des sujets. Si ces derniers choisissent de sexprimer dans des codes linguistiques différents, il faut poser la question de savoir quelles sont les motivations et fonctions de telles opérations mentales. Comment expliquer les situations de bilinguisme et d'alternances codiques ? Quelles sont les pratiques et représentations de lalternance codique (code- switching ou CS, en anglais) en classe ? Quels sont les paramètres de description du CS ? Pour tenter dapporter des réponses à ces interrogations, il serait intéressant de mener une enquête de terrain et des observations de classes ; à cela sajouteront des enquêtes par questionnaire menées auprès des élèves, et des entretiens semi-directifs avec lenseignant et ses élèves.

7 Le contact des langues a deux conséquences et se manifeste sous deux formes : dune part, le mélange codique qui se caractérise principalement à travers deux aspects fondamentaux (les interférences et les emprunts) ; et dautre part, lalternance codique. Lalternance codique est la deuxième conséquence du contact de langues que nous avons souhaité présenter. Cest le terme utilisé pour identifier les alternances de variétés linguistiques dans la conversation. Les variétés linguistiques qui participent à lalternance codique peuvent être des langues différentes, des dialectes ou des styles dune même langue. Selon Lüdi & Py, il existe "une véritable grammaire du code-switching " qui permet à ce jour de situer les alternances dans la conversation. Ils ont ainsi proposé "de distinguer les types suivants, selon que lalternance a lieu entre ou à lintérieur dun tour de parole, entre ou à lextérieur dune phrase, voire dune proposition, entre ou à lintérieur dun syntagme«. Les locuteurs ne sont pas toujours conscients de la langue quils utilisent à un moment donné de la conversation.

8 Les motivations de lalternance codique (Nous distinguons cinq motivations essentielles en situation de classe)

9 Lalternance codique doit être considérée comme une stratégie à part, parmi les stratégies denseignement. Daprès Ehrhart, lenseignant encourage parfois lapparition des alternances codiques à des fins dapprentissage afin de mieux expliquer une consigne ou une leçon, pour structurer le déroulement dun cours ou pour chercher la proximité et la chaleur humaine dans le contact avec les élèves. De plus, les formes dalternances codiques varient selon le rapport que lenseignant tient à entretenir avec ses élèves. La prise en compte par lenseignant du répertoire linguistique de lélève, dans un contexte bilingue, est une stratégie pédagogique très significative. Cest une façon de promouvoir et de valoriser la richesse dune diversité linguistique et culturelle.

10 Les élèves privilégieront le passage dun code à lautre surtout quand ils ont envie de sexprimer sur un sujet quelconque et quand ils ne trouvent pas les mots exacts pour exprimer leur pensée. Il y a donc une forte composante communicative, surtout dans des situations à forte affectivité. Daprès Coadou, le changement de code servirait de soupape de sécurité pour canaliser langoisse et la surmonter. En dautres termes, lalternance codique a une fonction très expressive et émotionnelle. A ce sujet, une étude microsociolinguistique de type qualitatif pourrait être menée au niveau psycholinguistique, ce qui permettrait peut être de déceler des blocages psychologiques des élèves et les raisons éventuelles dun échec scolaire.

11 Lhypothèse de départ qui était dexpliquer le passage dune langue à lautre par une non maîtrise des deux codes (créole / français) se voit nuancer par le fait quil faut prendre en considération les stratégies discursives qui peuvent être à lorigine de lalternance codique. Cela sous-entend, que "le passage dune langue à lautre est considéré comme reflétant une compétence polylectale, et analysé dans ses rapports avec lintégration sociale des individus". Lalternance codique apparaît alors comme une stratégie qui influe sur les relations interpersonnelles. Cest aussi un rappel à lauditoire que le locuteur a des identités multiples associées à chacune des variétés linguistiques.

12 Le passage dune langue à lautre nimplique pas forcément des stratégies dordre divers. Cela procure un plaisir quil ne faut pas oublier de souligner. Selon Caubet, le mélange peut être très drôle et la créativité en matière de mélange très plaisante. La dimension ludique de lalternance codique permet aux "vrais bilingues, lorsquils sont entre pairs, déprouver souvent un grand plaisir à mélanger les langues ; il y a des jeux de mots translinguistiques. Lalternance codique permet également de renforcer le sentiment de complicité.

13 Dans la plupart des cas, pour quil y ait alternance codique, il faut une relation de confiance entre les locuteurs. Pour se sentir en sécurité, souligne Caubet, il faut "sassurer que lon se trouve entre pairs, cest-à-dire entre bilingues". Lalternance codique peut être interrompue par quelquun qui ne fait pas partie du cercle damis. Cela peut entraîner un sentiment dinsécurité tel "quil suffit de faire remarquer au locuteur quil est en train de mélanger (cest souvent inconscient), pour quil cesse immédiatement".

14 1. La gestion du bilinguisme en classe. - les moments dutilisation du créole. Enseignant - Elèves a. des moments exclusivement réservés à lutilisation du créole; b. à tous moments une alternance créole-français. La gestion du bilinguisme en classe occupe une place centrale, en ce sens que les objectifs pédagogiques et les objectifs dapprentissages ne sont exploitables efficacement, quà travers une approche didactique qui prend en compte cette dynamique linguistique (même si nous savons clairement que le phénomène de lalternance codique se situe principalement dans le discours des élèves.). Si lenseignant inclut lalternance codique comme un outil pédagogique, elle permet alors à lélève de prendre parfois la parole dans la langue de son choix, pourvu quil sexprime.

15 2. La conscience langagière des élèves Le changement de code linguistique au cours de la conversation est la trace dune activité réflexive. Lajustement de son discours par le biais de la réitération est le marqueur dune activité réflexive. Sil existe une conscience langagière de la part des élèves, cela signifie quil y a une mise à distance entre le sujet et ses mots ; entre le sujet et ses langues.

16 Il ne sagit pas ici de conclure en disant simplement quil y a effectivement des alternances codiques en classe, mais bien de rendre compte des motivations, des fonctions et des stratégies quimplique ce phénomène. Des analyses montrent que les élèves ainsi que leur enseignant ont recours à la langue créole pour des raisons bien particulières. Etant donné "linterdépendance de la pensée et du langage, une personne bilingue ne dit pas la même chose dans deux langues – ce qui est, au demeurant, impossible. Il appréhende le monde, le comprend et réagit selon deux systèmes linguistiques (et donc mentaux) différents, souligne Deshays. Les motivations des alternances ne sont pas les mêmes chez lenseignant et ses élèves. Mackey souligne quau point de vue du lexique, "il y a également de grandes différences entre le bilinguisme dun enfant et celui dun adulte. Etant donné que les besoins de lenfant sont plus restreints et moins complexes que ceux de ladulte, un système lexical limité peut lui suffire". La structure des alternances ne sont donc pas organisée de la même manière ; mais quimporte le locuteur (élève / enseignant), lalternance codique reste une structure cohérente. Le passage du créole au français, et vice versa, dans la conversation des locuteurs bilingues, ne sexplique pas simplement par une non-maîtrise des codes en présence. Il y a, de la part du sujet parlant, tout un mécanisme mental qui sopère. Les préjugés et les a priori concernant les effets néfastes du créole sur le français sont à exclure. Mackey ajoute que "pour lindividu que le milieu rend bilingue, chacune de ses langues est à la fois un instrument et un véhicule de sa pensée et également un moyen de se représenter lunivers".

17 Lalternance codique sert donc en même temps à "marquer le changement momentané de destinataire et lappartenance ethnique de ce nouveau destinataire" (Lüdi & Py,). Lalternance codique implique, dune part, quil existe une forme de répertoire culturel, social et linguistique partagée entre les locuteurs bilingues qui ont recours à ce phénomène, et dautre part, quil existe une relation de confiance et de complicité entre ces derniers. Une réflexion sur le contact de langues en milieu scolaire ne saurait être close. Létude de lalternance codique permettrait dobserver lexistence dune forme dinterlangue qui caractériserait la situation linguistique de lîle de La Réunion. Si constat il y a, quelles seraient les mesures à prendre en compte au niveau du système éducatif et de la pédagogie en générale dans ce contexte bilingue ?


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