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Réflexion sur le rôle de loral dans les stratégies dapprentissage en classe de seconde. Lycée Fernand Darchicourt, Hénin-Beaumont.

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1 Réflexion sur le rôle de loral dans les stratégies dapprentissage en classe de seconde. Lycée Fernand Darchicourt, Hénin-Beaumont.

2 M. Barnavon, Allemand M. Bord, Sciences économiques et sociales M. Casiez, Français Mlle Duthoit, Mathématiques Mme Georges, Anglais M. Leterme, Histoire-Géographie M. Rémon, Russe Professeurs ayant contribué à cette réflexion

3 Le problème : passivité des élèves en situation orale. difficultés dappropriation des notions. disciplinaires. discrimination des élèves opérée par la qualité des prises de parole. relation pédagogique biaisée entre les enseignants et leurs élèves…

4 I Le temps de lobservation de loral. lintégration au groupe lintégration à la vie de classe la participation orale forcée la prise de parole volontaire la participation à un dialogue interactif 5 critères pour observer le comportement des élèves à loral.

5 La confrontation de nos observations I Le temps de lobservation de loral. Une attitude des élèves variable selon les disciplines enseignées. Huit élèves identifiés par lensemble des enseignants comme étant en difficulté à loral Début de marginalisation de ces élèves au sein de la classe.

6 II. Le temps des premières remédiations et des premiers questionnements. remédier au plus vite à la situation dexclusion que commençaient à subir ces huit élèves. comprendre les variations dattitude selon les disciplines.

7 1. La tentative de remédiation 1.Lélève rencontre au sein de la classe trop dobstacles à surmonter simultanément pour accéder à la prise de parole (difficultés dexpression ; crainte de lévaluation, réelle ou supposée, du professeur, de la classe ; timidité ; difficultés disciplinaires…) 2.Lélève a intégré lidée que sa parole navait pas dimportance pour la progression du travail du groupe 3.Lélève considère que ne prennent la parole que « ceux qui savent ». Hypothèses dexplication du silence des élèves :

8 Une situation de travail pour accéder à la parole en dépassant les trois obstacles identifiés. construire un exposé sur limplication des divers corps de métier au sein de létablissement scolaire. Des entretiens individuels préparés de manière rassurante en A.I. Un seul interlocuteur dépourvu de tout a priori sur eux. Sinscrire au sein dun groupe de travail en tant que détenteur exclusif dune connaissance (groupe A.I. / classe complète) Être libéré des contraintes disciplinaires.

9 LEVALUATION DES ENTRETIENS Attitude de lélève. Positive (sérieux, respectueux, impliqué…) Négative (peu respectueux, peu impliqué…) Qualité de la communication. Parvient à expliquer le but de son travail. Se limite à la lecture des questions. Sexprime sans lire. Est perturbée par le stress, la timidité… Parvient à établir un dialogue. Qualité de lexpression orale. Claire et audible. Soignée et développée. Confuse, minimaliste. Durée approximative de lentretien.

10 prise de rendez-vous satisfaisante présentation du projet claire lecture des questions préparées. prise de notes satisfaisante communication et expression orale lors des entretiens puis des exposés en classe : timides et minimalistes Un bilan satisfaisant Une aptitude au dialogue correcte :

11 2. Lanalyse des variations dattitude : le point de vue des professeurs. 1.Dans le cadre dune séance ou dune séquence je parle pour (questionner, donner des consignes, donner des réponses…) 2.Dans le cadre dune séance ou dune séquence je parle dans lobjectif de (description des objectifs pédagogiques et didactiques du professeur) 3.Dans le cadre dune séance ou dune séquence les élèves ont la parole pour (répondre, réciter, questionner, résumer…) 4.Comment puis-je expliquer que certains élèves prennent souvent la parole en classe ? 5.Comment puis-je expliquer que certains élèves la prennent très rarement ? Cinq questions posées aux professeurs :

12 2. Lanalyse des variations dattitude : le point de vue des élèves. 1.A quelles occasions vous exprimez-vous en classe ? 2.A quelles occasions le professeur prend-il la parole en classe ? 3.Pour quelles raisons prenez-vous la parole en classe ? 4.Pour quelles raisons ne prenez-vous pas la parole en classe ? 5.A quoi sert selon vous de prendre la parole en classe ? Cinq questions posées aux élèves :

13 Les réponses des professeurs 1. Des enseignants détenteurs de savoirs : à transmettre (ils dictent, expliquent, corrigent) à évaluer (ils questionnent sur le cours précédent, sur un document…). 2. Une volonté de déclencher une communication interactive conçue comme un outil de compréhension. 3. Des élèves en situation de « montrer » quils ont appris et compris de demander des explications. 4. Trois nouvelles interprétations du silence des élèves : mauvaise maîtrise du cours manque dintérêt pour la discipline timidité voire par paresse.

14 1. Les élèves prennent la parole pour : répondre aux questions du professeur « montrer » quils savent poser des questions. « faire plaisir » à lenseignant « faire avancer le cours plus rapidement ». 2. Une autre interprétation du silence : volonté de ne pas ralentir le cours du professeur à cause de difficultés individuelles ne pas gêner la progression de ceux qui savent en révélant leurs propres lacunes. ne pas sinscrire dans la compétition puérile de démonstration de connaissances face aux professeurs. Les réponses des élèves

15 Le professeur parle pour … Le professeur parle dans lobjectif pédagogique de… Donner des consignes.Guider les élèves. Poser des questions de contrôle de connaissances. Poser des questions danalyse, de commentaire dun document. Susciter limplication et la participation active des élèves en tant quoutils de construction de savoirs et de savoir-faire. Expliquer une notion, répondre aux questions des élèves. Corriger des erreurs commises par les élèves. Lélève parle pour…Lélève reste silencieux parce quil Montrer quil a appris et compris. Na pas appris. Aider à la progression du cours. Na pas compris. Demander des explications. Craint de se tromper. Être bien évalué.Laisse la parole à ceux qui savent. Ne veut pas participer à la « compétition » orale inutile et puérile. Nen voit pas lutilité. Rencontre au sein de la classe trop de difficultés. Bilan de lenquête :

16 3. Lanalyse des dysfonctionnements des stratégies denseignement et dapprentissage. Les situations de communication au sein de la classe positionnent le professeur en tant que détenteur dun savoir, un savoir-faire à transmettre aux élèves. Le rôle du professeur : bien faire cours, transmettre clairement ses connaissances. Le rôle de lélève : être un bon récepteur. Il suffirait donc de bien écouter et dapprendre le cours pour comprendre.

17 Pour quelles raisons un élève parlerait-il en classe quand la parole nest que le vecteur de transmission de savoirs réservés aux professeurs voire à une élite constituée de bons élèves ? Premier dysfonctionnement

18 Les élèves perçoivent la différence entre les « bonnes » et « mauvaises » réponses. Discrimination qui exclut certains élèves de la communication orale. Autocensure : sinterdire de parler pour ne pas dire de bêtises et échapper à la double évaluation de ses camarades de classe et du professeur. Conséquence du jeu « questions/réponses »

19 Deuxième dysfonctionnement La situation de communication inaugurée par lenseignant dans lobjectif dimpliquer les élèves se mue en véritable stratégie involontaire de discrimination et dexclusion de certains de la participation orale par crainte de lévaluation.

20 La parole des élèves a une résonance très affective : parler pour être valorisé (ce qui exclut ceux dentre eux persuadés que leur parole sera dévalorisante, nous lavons rappelé ci-dessus) parler pour faire plaisir au professeur en faisant avancer le cours plus rapidement. Deux conséquences : lenseignant dépendant du bon vouloir « adjuvant » des élèves. volonté de certains de sextraire de la «compétition » puérile trop révélatrice dun besoin affectif. Conséquence du jeu « questions/réponses »

21 Troisième dysfonctionnement : Alors quil souhaite aider ses élèves à « progresser » dans leurs apprentissages, lenseignant devient parfois dépendant de la parole de ses élèves pour « progresser » dans son cours.

22 Contradiction fondamentale : « Il faut participer et sexprimer pour progresser » la parole des élèves en difficulté ressentie comme un frein à la progression de la séance. Quatrième dysfonctionnement Le vide laissé à la place que devrait tenir la verbalisation comme stratégie dapprentissage pour tous les élèves.

23 III Le temps de linnovation dans nos pratiques denseignement 1. Un contrat de travail. TRAVAILLER A LORAL : QUEST-CE QUE CELA VEUT DIRE ? TRAVAILLER A LORAL : POURQUOI ? Je ne lai pas fait. Jai fait quelque s efforts Jai fait beaucoup defforts. Écouter les autres (élèves/professeurs) avec un esprit critique (Ai-je compris ? Suis-je daccord ?). Pour être capable de reformuler les idées entendues. Poser mes questions. ð Pour réfléchir à mes difficultés. ð Pour essayer de les dépasser. Pour entrer dans un débat, un dialogue. Proposer mes idées au professeur / à un groupe de travail. Pour apprendre à préciser ma pensée. Pour apprendre à formuler ma pensée. Pour apprendre à construire ma pensée. Pour apprendre à utiliser des méthodes de travail. Pour repérer mes erreurs, mes bonnes remarques. Lire à haute voix Pour entrer dans le travail activement. Pour apprendre à lire devant un public. Réciter. Pour apprendre à accepter une évaluation sans perdre mes moyens.

24 2. Les piliers du « socle commun de connaissances et de compétences » ils peuvent donner lieu à des situations de travail variées. ils clarifient, explicitent les diverses situations doral dans les classes. ils présentent un travail objectivement utile à la progression des élèves. Trois intérêts majeurs dans notre démarche :

25 Lire Dégager, par écrit ou oralement, lessentiel dun texte lu Dire Formuler clairement un propos simple Développer de façon suivie un propos en public sur un sujet déterminé Adapter sa prise de parole à la situation de communication Participer à un débat, à un échange verbal Compétence 1 : La maîtrise de la langue française

26 Réagir et dialoguer Parler en continu Compétence 2 : La pratique dune langue vivante étrangère

27 Raisonner, argumenter, pratiquer une démarche expérimentale ou technologique, démontrer Présenter la démarche suivie, les résultats obtenus, communiquer à laide dun langage adapté Compétence 3 : Les principaux éléments de mathématiques et la culture scientifique et technologique

28 Être capable de mobiliser ses ressources intellectuelles et physiques dans diverses situations Faire preuve dinitiative Sengager dans un projet individuel Sintégrer et coopérer dans un projet collectif Manifester curiosité, créativité, motivation à travers des activités conduites ou reconnues par létablissement Assumer des rôles, prendre des initiatives et des décisions Compétence 7 : Lautonomie et linitiative

29 Des compétences similaires : l « autonomie de lélève » doit le rendre «capable de lire, comprendre et danalyser des œuvres (…) et de rendre compte de cette lecture à lécrit comme à loral ». la « capacité dinitiative dans les démarches » doit lui permettre de « faire des hypothèses de lecture, proposer des interprétations » ou encore de « formuler une appréciation personnelle et de savoir la justifier ». développer l« attitude réflexive ». Les nouveaux programmes de seconde.

30 Conclusions 1. « Apprendre » ne signifie pas exclusivement « écouter ». 2. Il nous faut sortir du schéma simpliste : parole = exposé de connaissances 3. La prise de parole correspond à un véritable cheminement sur le parcours délaboration de compétences où lerreur, limprécision, linexactitude seront des étapes nécessaires et formatives. 4. Nous devons donc apprendre à nous taire, à demander des explications, des justifications pour encourager ce cheminement des élèves et laccompagner aussi dans ses erreurs.


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