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Partie 1 : Les débats sur la nature et les formes du capitalisme (12h)

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1 Partie 1 : Les débats sur la nature et les formes du capitalisme (12h)

2 Chapitre 1 : Les débats entre capitalisme et socialisme

3 Introduction Un débat qui fut pendant longtemps central dans lanalyse économique Aujourdhui totalement oublié ou presque depuis la chute de lURSS Il permet une première appréhension du rôle des institutions …et de relativiser certaines préconceptions sur les deux systèmes

4 Introduction I. Le marxisme et lanalyse du capitalisme et du socialisme II. Les débats historiques sur la concurrence entre capitalisme et socialisme III. La nature du « socialisme réel »

5 I. Le marxisme et lanalyse du capitalisme et du socialisme A. Matérialisme historique et systémique Lapproche de Marx, à savoir le matérialisme historique, vise à analyser lhistoire (totale) des hommes et des sociétés Elle articule social, politique et économie Elle se centre sur lanalyse du fonctionnement des Modes De Production (MDP) et des rapports sociaux (=institutions) Il sagit déjà dune analyse des systèmes et plus précisément du système capitaliste… Même si la grille marxienne est en grande partie dépassée, elle est intéressante à étudier, car elle donne un certain nombre de pistes pour une analyse des systèmes

6 La dialectique : Marx hérite de la conception de la dialectique de Hegel Chez Hegel, désigne le mouvement de la pensée, qui surmontant le jeu des contradictions (thèse, antithèse, synthèse), se réalise. Ainsi, lHistoire est lHistoire des idées, et lEtat la fin de lHistoire. Ici, le Réel (et la matière) sont le produit de la pensée Marx remet « la dialectique sur ses pieds »: matérialisme. Il sagit de révéler les lois générales du mouvement de la Nature et de la société, en analysant comment la Réalité matérielle, travaillée par des contradictions, les dépasse en se transformant

7 Il y a une similitude avec la systémique : – Les contradictions et la dialectique font référence à des boucles de rétroactions ou des interactions – Il sagit détudier des processus dorganisation (transformation ; téléologie) et de régulation (dépassement temporaire des contradictions) – On étudie le monde (ou lHistoire) comme unité complexe, inséparable – Étude de processus/mouvements dynamiques et non dun état

8 Le « modèle » de Marx, le matérialisme historique : une explication économique et sociale du changement des MDP –Lobjet de Marx = le changement des sociétés –Les sociétés sorganisent en classes; une classe est déterminée par sa position dans les rapports de production –Dans chaque MDP, une classe est obligée de travailler pour le compte dune autre au-delà du temps nécessaire à sa propre reproduction (sociale). La classe dominante exploite la classe dominée. Le contrôle des moyens de production et la forme de la propriété caractérisent les rapports de production et la position de classe –La combinaison des rapports de production et des forces productives est ce quon appelle les « infrastructures », la base matérielle et économique de la société –Un MDP est la combinaison des rapports de production, des forces productives, des classes et superstructures ; –Les « superstructures » (droit, famille, Etat, idéologies, religion, valeurs etc…) sont « déterminées en dernière instance » par les infrastructures et participent à la reproduction du mode de production. Les superstructures découlent des infrastructures, mais il y a une rétroaction des superstructures vers les infrastructures

9 Dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui correspondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives matérielles. Lensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, la base concrète sur laquelle sélève une superstructure juridique et politique et à laquelle correspondent des formes de conscience sociales déterminées. Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en général. Ce nest pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; cest inversement leur être social qui détermine leur conscience. À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui nen est que lexpression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles sétaient mues jusqualors. De formes de développement des forces productives quils étaient ces rapports en deviennent des entraves. Alors souvre une époque de révolution sociale. Le changement dans la base économique bouleverse plus ou moins rapidement toute lénorme superstructure. Marx (Préface à la Critique de léconomie politique)

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11 Autrement dit, cest une lecture économique et sociale de lHistoire Les hommes agissent dans le cadre de rapports de production, qui contraignent leur comportement. Cest la structure sociale qui détermine les comportements individuels…mais cette même structure est le produit de comportements collectifs Ex : le prolétaire est obligé de vendre sa force de travail pour vivre ; le capitaliste est contraint dexploiter la force de travail, daméliorer la technologie etc sil ne veut pas faire faillite dans la concurrence. Mais en sorganisant face à lexploitation, les exploités peuvent transformer les rapports de production Un MDP entre crise lorsque les rapports de production entrent en contradiction avec le développement des forces productives. Les rapports de production sont travaillés par des contradictions internes : lHistoire est dialectique Ces contradictions impriment la dynamique au MDP et son propre dépassement : Ex : à chaque crise, il y a éclatement des contradictions => le capitalisme se transforme et dépasse temporairement ses contradictions … jusquà la crise finale du MDP et son remplacement par un autre qui dépasse les limites intrinsèques du précédent Le changement de MDP est la conséquence de la lutte des classes et des transformations des infrastructures (progrès technique, nouveaux modes dorganisation du travail, montée des inégalités et des conflits du travail, …) Dans lHistoire, plusieurs MDP se sont succédés

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13 B. Lanalyse marxiste du mode de production capitaliste (MPC) Caractéristiques : – Propriété privée des moyens de production – Large développement du marché – Le travailleur est libre mais na que sa force de travail à vendre: La force de travail est une marchandise – La recherche du profit est le motif principal de la production – LEtat – La concurrence sert de régulateur ; mode de production « anarchique » (coordination décentralisée).

14 « La concurrence impose les lois immanentes de la production capitaliste comme lois coercitives à chaque capitaliste individuel » (Marx, 1867, p.1096) => cest le fonctionnement du capitalisme qui pousse le capitaliste à recherche le profit maximum, à augmenter les cadences, à développer les machines etc… Le capitaliste est tout aussi aliéné que le salarié

15 Le MPC (comme tout MDP) est travaillé par un certain nombre de contradictions : –Entre production collective et appropriation privée (séparation producteurs/moyens de production) –Entre « lanarchie » du marché & la socialisation de la production (firme, coopération, division du travail, « despotisme » dusine, développement des SA, du crédit etc) –Entre travail et capital Ces contradictions sont à la source des crises et des transformations du capitalisme

16 Les crises : –La loi de la baisse tendancielle du taux de profit et les crises de surproduction : la concurrence pousse au progrès technique et à la substitution du capital variable par du capital constant, amenant la hausse de la composition organique du capital et la baisse du taux de profit –Le MPC sajuste via les crises qui entraînent centralisation/socialisation/dévalorisation du capital, ce qui lamène à être de plus en plus socialisé –…mais ce dépassement du capitalisme par lui- même butera toujours (selon Marx) sur sa contradiction fondamentale (la propriété privée) qui lamènera à sa chute

17 Il existe chez Marx des « contre-tendances » à la baisse tendancielle du taux de profit Ces contre-tendances sont ce quon appelle aujourdhui des régulations Les « contre-tendances » : – Hausse du taux dexploitation (baisse des salaires, gains de productivité, augmentation de la durée du travail…) – Linternationalisation (baisse des salaires, développement de nouveaux marchés…) – Développement des sociétés anonymes – Baisse de la valeur du capital constant

18 Marx souligne déjà que le capitalisme est marqué par différents processus de socialisation : crédit, grandes entreprises etc On ne peut pas le réduire à une pure économie de marché : –Lentreprise est marquée par un rapport « despotique » (hiérarchique) et cest une forme de planification privée –La monnaie et le crédit ne sont pas des rapports purement marchands –Les sociétés anonymes sont une forme de socialisation capitaliste, qui amène la séparation entre propriété et gestion –Le marché capitaliste ne peut exister sans lEtat

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20 Mais Marx ne décrit en rien ou presque comment fonctionnerait le socialisme/communisme. Marx se refuse à proposer toute recette. Il se contente de montrer que les sociétés changent par la lutte des classes et encourage seulement le prolétariat à prendre conscience de sa condition pour s'émanciper. Il préfère laisser le prolétariat construire sa propre société (le communisme) qui devra être sans classe et sans Etat « Ce sont les hommes qui font l'Histoire, mais ils ne savent pas quelle histoire ils font » Marx prédit que la Révolution se traduira probablement pendant la période révolutionnaire par une dictature du prolétariat, par la prise du pouvoir d'Etat par les prolétaires pour imposer l'abolition des classes et la suppression de la propriété et assurer le retour à l'ordre

21 C. Critiques du matérialisme historique Lexplication « purement » économique de lHistoire possède des limites Le matérialisme strict na pas de sens : les idées et les institutions influencent aussi les comportements (ce que reconnaît Marx dailleurs) Les MDP et les classes sont décrits parfois de façon beaucoup trop simplifiées. Ex : les travaux archéologiques et historique sur lAntiquité montrent le multiplicité des statuts de lesclavage qui nen font pas une classe très homogène etc… Vision trop déterministe mais surtout téléologique Marx a sous-estimé les capacités de régulation et transformations du capitalisme et surestimé les possibilités pratiques du socialisme et du communisme La Révolution eut lieu dabord en Russie, dans une économie « arriérée » où le servage était encore pratiqué dans certains endroits LURSS et tous les régimes dits « socialistes » ont donné lieu à une nouvelle forme dexploitation

22 Ce quil faut retenir du matérialisme historique Ce quil faut retenir du matérialisme historique: – Il est intéressant et nécessaire de caractériser les sociétés par leurs institutions, les conflits qui les traversent et leur MDP – Les dynamiques / la dialectique, à condition dabandonner la téléologie stricte de lHistoire – Il est important de lire les changements par léconomie et les conflits – il ne faut pas défendre bec et ongle la taxonomie de Marx. Lui-même avait remarqué les limites de sa propre analyse (ex: MDP « asiatique »). Ce quil faut, cest étudier et comprendre les systèmes économiques et leur dynamique réelle, sans chercher à forcer les catégories – Les lois économiques sont toujours à contextualiser

23 A. Les débats de lentre-deux guerres : marché contre planification centralisée Analyse néoclassique du problème du calcul économique : Ensemble des critères et méthodes de choix entre différentes utilisations alternatives de ressources rares pour parvenir au résultat optimum La question : quel est le système le plus apte à la coordination des actions et au calcul économique ? II. Les débats historiques sur la concurrence entre capitalisme et socialisme

24 Pour les marxistes, le prix représente mal la valeur dun bien, qui devrait converger vers la quantité de travail socialement nécessaire à sa production. Dès lors, si on connaît les quantités de travail nécessaires, il suffirait dallouer les ressources aux différentes branches de façon centralisée, sans avoir recours au marché et à la monnaie Von Mises A lorigine du débat : La monnaie et le marché permettent le calcul économique rationnel par lévaluation (valeur déchange, problème de la commensurabilité) et le contrôle (sélection, efficacité des techniques) (von Mises 1920). Sans marché, impossible de déterminer selon lui la valeur des biens capitaux. Or selon von Mises : -Pas de calcul sans mécanisme de prix -Pas de mécanisme de prix sans marché -Pas de marché sans propriété privée Donc le système de propriété et le système de coordination sont indissociables : le calcul économique est impossible dans un système planifié, car sans connaître la valeur relative des biens, lautorité fera des choix irrationnels

25 Début des années 30, Taylor et Dickinson montrent la possibilité théorique de calcul de léquilibre en économie planifiée (Bureau de planification et commissaire priseur) Réplique de Hayek : calcul théoriquement possible mais pas en pratique, problème de linformation O. Lange : il suffit dintroduire dans lEG walrassien un processus de décentralisation des décisions: démonstration de la possibilité du socialisme « par le point de vue de lennemi » Léquilibre suppose : -Des règles de calcul économique qui peuvent être imposées par le bureau de planification (min coût moyen, règle du coût marginal…) -Un système de prix déterminé par la loi de loffre et de la demande (le bureau ajuste par tâtonnement) = « the market socialism »…différent de la planification soviétique

26 Réponse de Hayek : le problème de linformation nest pas celui du tâtonnement pour un équilibre statique, mais celui de sa transformation et de lexploration de léquilibre dans une perspective dynamique -Évolution des conditions économiques, rôle actif des entreprises dans la recherche dinformation et lexploitation des informations asymétriques -Production permanente dinformations nouvelles -Supériorité du système de prix, sélection et décision Incapacité de la planification à faire face au changement : lentrepreneur innovateur, problèmes du profit pur et des incitations => Retour au problème de von Mises : incitations et propriété privée Des interprétations divergentes du débat : incitations comme problème sociologique (Lange) ou il ne peut y avoir dinformation pertinente en dehors du marché (et donc de la propriété privée – Hayek). Les « autrichiens » critiquent lEGC comme étant « constructiviste et planificateur »…vision plus proche de la cybernétique et de lévolutionnisme

27 Par la suite, Hayek développera une conception de léconomie fondée sur le rôle du droit et de linformation. Hayek considère que la limitation de linformation et des connaissances est le cadre de référence des actions humaines Distinction entre « ordre spontané » (kosmos) et « ordre construit » (taxis) et entre règles de juste conduite (nomos) et règles du législateur (thesis) : Les ordres spontanés/kosmos sont le produit de laction dagents aux intentions différentes (ex : marché) Les ordres construits/planifiés/taxis sont des ordres finalisés et hiérarchiques qui visent à réaliser une action particulière. Ce sont des organisations (ex : entreprises et Etat) Tout système économique mélange des ordres construits et des ordres spontanés, mais le système économique est un ordre spontané, complexe Les règles qui gouvernent un ordre spontané sont des règles issues de la tradition, que les agents suivent plus ou moins consciemment ; elles sont sélectionnées progressivement par les habitudes, les traditions et le marché car ce sont celles qui sont le plus efficaces Au contraire, le législateur crée des lois (thesis), qui ne peuvent tenir compte de lensemble des situations possibles, et sont donc nécessairement imparfaites

28 –Aucun cerveau humain na la capacité de traiter lensemble des connaissances et certaines informations sont cachées : un ordre construit est forcément dédié à des objectifs très simples, lordre spontané permet lui dassurer des objectifs multiples alors que chaque agent ne recherche que son seul objectif –Le marché est le seul à pouvoir assurer cette synthèse de linformation et donc il sautorégule et sauto-organise –Le prix est un signal, qui indique un degré relatif de rareté, et qui incite/coordonne les actions des agents de manière dynamique –Le droit de la propriété et le régime juridique de common law sont fondamentaux car ils permettent dadapter par apprentissage et incorporation des traditions. Dans ce régime, le juge est un élément de lordre spontanée, qui intervient pour faire appliquer le nomos –Toute intervention « planificatrice » de lEtat (keynésienne…) est le premier pas vers le totalitarisme, car elle oblige lensemble de la société à suivre la même direction

29 B. Léquilibre général…économie de marché ou centralisée? Le modèle dEG permet de montrer lexistence dun optimum et dun équilibre concurrentiel… …mais quel type de système économique est décrit dans ce modèle? Il est souvent présenté comme la « démonstration » de la main invisible…est-ce vrai?

30 Le cadre institutionnel du modèle : –Informations parfaites et hypo de nomenclature –système complet (et parfait) de marché –Rendements décroissants : une multitude de petites firmes, qui au final finissent par avoir la taille des ménages –« secrétaire de marché » bénévole qui centralise les O et D et « crie » les prix –Interdiction déchanges hors équilibre, donc suppose quune entité contrôle cela –Il ny a pas de monnaie (la chambre des compensations de Walras) –Hypo de « survie du consommateur » => est-on plus près du Gosplan ou du marché capitaliste?

31 Les « résultats » du modèle : –Théorèmes de léco. du bien être –Mais aussi théorème de Sonnenschein-Mantel- Debreu : « les fonctions de demandes nettes du modèle Arrow-Debreu peuvent avoir nimporte quelle forme » => convergence et unicité de léquilibre ne sont pas garanties Information et efficience dans une économie concurrentielle –Transparence nécessaire pour un optimum –Théorème de Grossman et Stiglitz : impossibilité logique de lefficience informationnelle du marché => questionne la thèse hayekienne et remet en cause lhypothèse de Fama

32 Les enseignements du débat : -Quels liens entre mécanismes de coordination et formes de propriété ? -Convergence historique vers un système de propriété privée ? -Rôle central de linformation et des institutions dans le système économique -Le plan, le marché et la bureaucratie existent (ou peuvent exister) aussi bien dans le capitalisme que dans le socialisme…la question est plutôt de savoir quelles relations existent entre les « ordres construits » et les « ordres spontanés » : une variété de cas possibles et en évolution -La sous-optimalité et le déséquilibre sont la règle, dans tout système économique : il faut sintéresser au processus autant quaux états déquilibre

33 C. La thèse de la convergence des deux systèmes Schumpeter (1942): –Le capitalisme est dominé par de grandes entreprises, où linnovation devient routinière et organisée par une technostructure (cadres, managers, bureaucrates etc…). Ce nest plus lentrepreneur-innovateur qui domine ; il y a un risque pour le capitalisme de se scléroser –Le niveau de vie augmentant, le niveau déducation augmente, amenant une surproduction « dintellectuels » –Ces derniers gagnent mal leur vie (trop nombreux), ce qui les amènent à se liguer avec les prolétaires contre le capitalisme –Cela amène une hostilité générale des masses face aux grandes firmes, et au capital –Cela pousse lEtat à intervenir de plus en plus, via lEtat-Providence et la planification

34 Galbraith (1967 ): –Ce sont des technostructures (managers) qui dominent les grandes entreprise, pas des capitalistes –Domination des grands oligopoles –Filière inversée : ce sont les firmes qui organisent les goûts des consommateurs, en créant de nouveaux besoins par la publicité, le marketing… Les grands oligopoles contrôlent/planifient les marchés et la demande –LEtat est amené à intervenir pour garantir le plein emploi, et parce que les entreprises bénéficient des commandes publiques

35 Lautogestion vs la firme capitaliste –Lentreprise autogérée désigne un type dentreprises où les salariés sont propriétaires de lentreprise et élisent démocratiquement le dirigeant (de manière révocable) : un homme, une voix –On souligne que cela facilite linnovation, lincitation à travailler et limite les problèmes dagence, donc permet des gains de productivité –…mais problème de risques de sous-investissement (préférence pour le salaire plutôt que de réinvestir dans lentreprise) => il faudrait obliger les firmes autogérées à introduire des règles dinvestissement minimum –Difficultés liées au licenciement et à la croissance de lentreprise La firme capitaliste : –Ne pas confondre petite production marchande (artisanat, professions libérales) et production capitaliste –Mais capacité à centraliser le capital, notamment pour les sociétés anonymes, via crédit et Bourse –Recherche du profit incite à investir, innover et à faire travailler plus efficacement la force de travail –Mais problèmes dagences et dincitations au travail (conflits, hiérarchie etc…)

36 III. La nature du « socialisme réel » Très tôt, certains marxistes ont interrogé la nature réelle du système qui se mettait en place en URSS Le débat : –Est-ce un socialisme, un capitalisme d'Etat ou autre chose? –Une société sans classe et sans exploitation ou une classe bureaucratique (cadres, nomenklatura etc) qui exploite les travailleurs?

37 A. Les analyses marxistes du système soviétique Il y eut dès le départ en Russie un débat sur la nature que devait prendre le régime entre mencheviks et bolchéviks, les premiers préférant d'abord avoir la démocratie puis ensuite le socialisme Marx prévoyait la révolution dans un pays avancé, pas arriéré De plus les soviets, véritables organisations autogérées, furent dépouillées de leur pouvoir par le régime bolchévique et Lénine très tôt (1917), amenant à mettre en place « un communisme de guerre » : nationalisation, organisation militaire de l'économie Réquisition agricoles Monopole de lEtat sur les marchés intérieurs et extérieurs

38 Ensuite fut mis en place un « capitalisme d'Etat » avec la NEP entre 1921 et 1928 et en autorisant le marché libre pour l'agriculture et une industrialisation par l'Etat et acceptation de certaines entreprises privées. Cette politique fut initialement promue par Trotsky puis Lénine Pour les marxistes sociaux-démocrates comme Otto Bauer, c'est la preuve qu'il est nécessaire d'avoir une phase transitoire. Ce dernier pensait que la révolution russe ne pouvait qu'amener à un Etat bourgeois et un capitalisme d'Etat. Débats autour d'une « capitulation » La planification centralisée est rétablie à la mort de Lénine par Staline

39 Dans ce système, l'Etat est propriétaire de l'ensemble des moyens de production et planifie l'ensemble de l'économie. La planification est quantitative (quantités physiques), donc par coordination ex ante via le Gosplan et les plans quinquennaux Objectif : industrialisation Une banque unique est maintenue et la monnaie était conservée avec des prix administrés Maintien de coopératives (kolkhoze) Est-ce un système socialiste et la bureaucratie est-elle une classe? Trotsky considérait que la bureaucratie n'était pas une classe mais simplement une strate... Mais son avis évolua

40 A la fin de la NEP, l'URSS était encore une économie largement agraire (presque 75% de la population active!) et rurale (82%!) La structure de classe de l'URSS : –Une classe dirigeante (Nomenklatura), avec en haut le secrétaire général, le Politburo et les chefs du Parti, contrôlant une classe de petits chefs d'entre 2 à 4 millions de personnes –En dessous, la classe des ouvriers, employés et paysans Il s'agissait donc bien d'une économie structurée en classes

41 Les cadres constituaient donc une classe à part entière mais ce n'était pas le capitalisme dans la mesure où la classe n'était pas capitaliste, que l'objectif n'était pas le profit G.Duménil a proposé alors de parler de cadrisme autoritaire pour caractériser l'URSS (d'autres ont parlé « d'absolutisme bureaucratique »). Qu'est-ce que le cadrisme? C'est un rapport de production entre un cadre et un employé, dont la domination du premier est liée à une compétence technique (capital culturel). Le capitalisme moderne est lui-même traversé par le cadrisme, à cause de la séparation de la propriété et de la gestion (sociétés par actions) et de la révolution managériale. Le néolibéralisme est alors un « capito-cadrisme », car la classe dominante sont des cadres travaillant pour le capital et rémunérés sur la plus-value (ex : PDG, DRH, administrateurs, traders, analystes financiers, consultants etc) Dans l'URSS, les rapports capitalistes avaient disparu et seuls les rapports cadristes subsistaient, organisés à partir de l'Etat

42 B. Points communs et différences entre capitalisme et « socialisme réel » : monnaie, salariat et cadrisme Si le socialisme réel n'était pas capitaliste, il possédait des points communs avec le capitalisme Tout d'abord, comme nous l'avons déjà vu, le capitalisme et « socialisme réel » sont des cadrismes et possédaient des degrés très différents de la coordination hiérarchique (dans la firme pour le capitalisme+Etat ; coordination centralement hiérarchique pour le socialisme) Mais les deux systèmes étaient aussi marqués par le salariat et la monnaie

43 Dans les deux systèmes : séparation entre travailleurs et moyens de production (les salariés ne sont pas propriétaires des moyens de production) Des marchés et des processus de marchandage existaient dans l'URSS (mais à très petite échelle) : marché noir, « marchandage du plan » Est-ce à dire que l'URSS était une forme de capitalisme? Non, les firmes étaient non marchandes (pas de profit ; sanctions hiérarchiques) et il y avait une planification centralisée (Gosplan)

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46 Janos Kornaï introduisit la notion de « contrainte budgétaire lâche » pour comprendre le fonctionnement de l'économie soviétique Chaque firme avait des objectifs à atteindre. La coordination était centralisée, mais pas totalement. Les objectifs du Plan étaient négociés, les dirigeants possédaient des incitations en cas de non atteinte des objectifs de productivité La contrainte budgétaire était lâche, au sens qu'en cas de besoin, les entreprises pouvaient demander à la banque centrale ou à l'Etat de lui fournir des crédits/ressources supplémentaires. De plus, les entreprises avaient une garantie de vente, puisque l'Etat achetait la production. Les entreprises ne faisaient pas faillite De ce fait, les entreprises n'étaient pas soumises à l'objectif de profit Enfin, les prix n'avaient qu'un rôle faible de coordination (voire aucun)

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48 Il en a résulté une course à la quantité physique, plutôt qu'à la qualité et des manipulations de l'information Il en résultait une économie pénurique, notamment à cause de pénuries de main d'oeuvre (substitution travail/capital du fait des problèmes d'approvisionnement) Si l'économie soviétique a été beaucoup moins efficace (voire très inefficace) que les économies capitalistes pour les biens d consommation, elle a eu cependant certaines réussites : armement, recherche fondamentale, industrie lourde Globalement, léchec de lURSS et lanalyse de ses maux soulignent que la question de linformation et de lincitation (point de vue autrichien) a de la pertinence

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