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Dubuffet et lart brut. Objectif : - Mise en évidence des caractéristiques de lArt brut révélé par Dubuffet - Non pas étudier des œuvres dArt brut mais.

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1 Dubuffet et lart brut

2 Objectif : - Mise en évidence des caractéristiques de lArt brut révélé par Dubuffet - Non pas étudier des œuvres dArt brut mais étudier une œuvre qui se réclame de lArt brut. Méthode : - analyse de ce quon dit Dubuffet (à travers ses écrits) - analyse dœuvres de Dubuffet (œuvres visibles au Centre G. Pompidou) Thèse : - Art brut comme une catégorie de lArt - Art brut comme modèle de la pratique de Dubuffet, artiste - Art brut, moins un modèle formel quun modèle de comportement. (Modèle qui sinscrit dans le champ et les processus dinvestigation de lart du XXe siècle.)

3 Sommaire Introduction : l'invention de l'Art brut : Dubuffet ( ) 1. Quest-ce que lArt brut ? 2. LArt brut contre "lart culturel". 3. LArt brut et lart moderne (Lannexion de nouveaux territoires, de nouvelles méthodes de travail, la transgression des valeurs, limpulsion de création.) 4. LArt brut comme "art culturel" : Dubuffet. Conclusion : La leçon de lArt brut.

4 Introduction : l'invention de l'Art brut : Dubuffet ( ) Dubuffet révèle au public lart brut en Paris 1943, Jean Dubuffet rue Lhomond

5 Foyer de l'art brut, février 1948, Jean Dubuffet organise en novembre 1947 une exposition du Foyer de lart brut, au sous-sol de la galerie Drouin, Place Vendôme.

6 Je suis tout à fait convaincu que nimporte qui, sans aucune connaissance ni habileté spéciale, sans surtout quil y ait à regarder à je ne sais quelles prétendues dispositions natives, peut sadonner à lart avec toutes chances de réussite. Il faudra seulement quil découvre les moyens de sexprimer qui lui conviennent, qui lui permettent dextérioriser ses humeurs sans en rien fausser; cest cela qui est difficile!. (Dubuffet, p. 41, cat. Arts Décoratifs, 1960).

7 1. Quest-ce que lArt brut ? Formuler ce quil est cet art brut, sûr que ce nest pas mon affaire. définir une chose - or cest déjà lisoler - cest labîmer beaucoup. Cest la tuer presque. Il y a dans les choses une continuité. (p.84, Gallimard, 1973).

8 Dubuffet est contre les définitions : elles tuent les choses, elles les achèvent. lennemi au fond cest le mot, le mot si bien nommé le terme, ce qui définit en finissant. (G. Picon, p.226). Lart brut est du côté de lindéterminé, de linforme, du fluide.

9 Quelques indication cependant …... ces petits ouvrages que généralement on dédaigne. On les trouve rudimentaires, grossiers. Bien ! mais aussi traduisent-ils de ce fait plus immédiatement les mouvements de lesprit et livrent-ils les mécanismes de la pensée (pas seulement de la pensée) plus chauds, plus crus. Ils mettent en œuvre des moyens qui paraissent saugrenus, irrecevables. (p.84-85, Gallimard).

10 Trois aspects : que généralement on dédaigne Cet art nest pas reconnu : simples ouvrages, de petits ouvrages même. (lart sinscrit dans le contexte dune société. Il ny a dart que ratifié par la société conformément à ses propres valeurs...) 2 - … les mécanismes de la pensée... Cet art est au plus près des processus fondamentaux, plus crus. Il plonge plus profondément dans ce qui est à lorigine même de la création rudimentaires, grossiers. Les moyens mis en œuvre sont saugrenus, irrecevables. Les moyens nobéissent pas à des caractéristiques préétablies, convenues … Ils sont hors normes, non conventionnels.

11 Sur ces trois plans : social, expressif, technique, lart brut soppose. Il est : hors institution, hors normes (spontané), hors moyens académiques.

12 2. L'Art brut contre l'art culturel LArt brut ne « soppose » pas délibérément à lart culturel : il ne lui appartient pas. Il est hors la culture établie et reconnue.

13 En 1949, Dubuffet précise : Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquelles donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons décritures, etc.) de leur propre fond et non pas des poncifs de lart classique ou de lart à la mode. Nous y assistons à lopération artistique toute pure, brute, réinventée dans lentier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions. De lart donc où se manifeste la seule fonction de linvention, et non celles constantes dans lart culturel, du caméléon et du singe (pp.91-92, gallimard)

14 - Contre la standardisation de la pensée : (Effet de la reprise de modèles existants : reproduction). - Contre les intellectuels de lart : (réduction à des catégories préétablies) - Contre un art artificiel : (Expression coupé de la source du vécu : Désamorcé. Désaimanté. En perte de voyance. (p.88, id) - Pour un art qui fait surgir limprévisible de la vie (en contrepied de la pensée, déjà formée) : le vrai art est toujours là où on ne lattend pas (p.91, id).

15 Qui sont ces personnes indemnes de culture artistiques ? la folie allège son homme, et lui donne des ailes et aide à la voyance, à ce quil semble, et nombre des objets, (près de la moitié) que contient notre exposition sont louvrage de clients dhôpitaux psychiatriques. (p.92, id.). Est-ce à dire que lart brut est un art psychopathologique? Tous les rapports que nous avons eu (nombreux) avec nos camarades plus ou moins coiffés de grelots nous ont convaincus que les mécanismes de la création artistiques sont entre leurs mains très exactement les mêmes que chez toute personne réputée normale. (p.92, id.).

16 Quelle serait la caractéristique essentielle de lart brut ? - laffranchissement des conventions, - la non-contrainte de la raison, - le libre cours du désir, - un certain état dinnocence et dauthenticité.Lart brut réveille en nous des facultés anesthésiées par léducation (M. Thévoz, Lart brut, Skira, 1981 p. 98, ). Libération des investissements pulsionnels refoulés. Levée des inhibitions libidinales, somatiques et fantasmatiques. Extériorisation, réinvestissement dans des activités corporelles, gestuelles et matérielles.

17 ...les images produites par la matière, quand elle se façonne elle-même de lintérieur et par tous ses pores, sont plus passionnantes que ce que peut produire lintellect humain, et quelles sont porteuses de secrets à découvrir, non pas seulement dans le monde des formes mais dans celui de la pensée. (p.13, Bâtons rompus.)

18 3. Lart brut et lart moderne Quest-ce que lart pur suivant la conception moderne? Cest créer une magie suggestive contenant à la fois lobjet et le sujet, le monde extérieur à lartiste et lartiste lui-même Baudelaire, Ecrits esthétiques, 1868.).

19 Que cherche lartiste moderne ? - un nouveau langage, une « magie suggestive » - La subversion des codes préétablis, - la mise en œuvres de nouveaux moyens Le beau intérieur est celui vers lequel nous pousse une nécessité intérieure lorsquon a renoncé aux formes conventionnelles du Beau. (Kandinsky, Du spirituel dans lart, 1910, Médiations, Denoël, 1969, p.66), La force créatrice échappe à toute dénomination, elle reste en dernière analyse un mystère indicible (Klee, p.57, De lart moderne, Médiations, Denoël, 1969., p. 57).

20 Lannexion de nouveaux territoires Depuis le XIXe siècle, les artistes portent leur regard sur dautres cultures : - le Japon (Impressionnistes), - lOcéanie (Gauguin), - lAfrique (Cubisme). - Ils redécouvrent dautres époques récentes ou anciennes (préraphaélites, art cycladique) - Ils découvrent lart populaire rural (Courbet, les Nabis, le Blaue Reiter) ou urbain (Dada)… Cette recherche sur lart et ses formes saccompagne dune recherche sur le processus de création, sur le déclenchement de cette nécessité intérieure, sur le mystère indicible de la force créatrice.

21 James Abbott Mac Neill Whistler, Nocturne : Blue and Gold, Old Battersea Bridge, 1872, Hiroshige Ando ( ) Le pont Kyo et la berge de bambous de la rivière Sumida (Cent vues fameuses dEdo) 1857, gravure sur bois, (One 22.5 x 36 cm

22 Paul Gauguin, Arearea (Joyeusetés I), huile sur toile, 75 x 94 cm, 1892, Paris, Musée d'Orsay Sculpture anthropomorphe "ti'i" pierre sculptée, 34 x 140 x 14, 5 cm. Archipel des Marquises Paris, Musée du quai Branly

23 Pablo Picasso, dessin, Sculpture africaine

24 C. Brancusi ( ), Danaïde, bronze et pierre, 27,9 x 17,1 x 21 cm, 1918 Figure de femme, marbre, 49 cm, Grèce, Cyclades, vers , British Museum

25 Henri Rousseau, ( ), Surpris !, Huile sur toile, 129,8 x 161,9 cm, 1891, The National Gallery, Londres Le Petit Journal, « Attaqué par un tigre », 4 avril 1909 Carte postale Années 1900

26 Kurt Schwitters, image avec anneau de panier, assemblage, papier, bois, métal sur bois, 38.1 x 29.8 cm, 1938, Museum of Modern Art, NY.

27 De nouvelles méthodes de travail - Attitude critique plus intense impliquant plus de réceptivité des sens, plus douverture intellectuelle. - Attitude critique qui remet en cause les formes préétablies et leur cadre institutionnel. Effet : - Mise en œuvre de méthodes valorisant le geste, laccident, limprévisible, linachèvement, « lautomatisme psychique »*, le bricolage, etc. (*cf. p.37, A. Breton, Manifeste du surréalisme, idées, Gallimard,1972).

28 Francis Bacon, Self-Portrait, huile sur toile, 35.5 x 30.5 cm 1971 Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris

29 La transgression des valeurs Le regard porté par Dubuffet sur lArt brut paraît bien sinscrire dans cette histoire. LArt brut devient « culturel » parce quil transgresse des valeurs quil appartient à la modernité de transgresser. Il valorise les qualités de spontanéité, dinnocence retrouvée, de voyance que lon attend de lartiste. Il valorise la force du désir, la puissance imaginative originelle, lacte qui crée sans entrave...

30 Limpulsion de création Le vécu du sujet (sa dynamique personnelle) est placé au centre. Il est le moteur ; lorigine et le terme du processus créateur. Processus qui saccomplit dans lacte et non point dans le résultat. Il est plus un appel à agir, à faire plutôt quà regarder ce qui est fait.

31 Conséquences de ces observations : Lart brut est moins une collection de pseudo-œuvres ou de pseudo-artistes quun exemple de ce que chacun peut accomplir sil se libère de son carcan culturel qui lempêche de « se mettre à louvrage » (i.e. : de se mettre au travail, et de faire de son travail véritablement un loisir). Lart brut devient Art brut par le regard de Dubuffet (relayé par dautres).

32 Nous y voyons en effet, concrétisés devant nos yeux, des faits psychiques que nous possédons en nous-mêmes comme ils existent chez lartiste, sous jacents, obscurs, profondément enfouis sous nos écorces successives; et cest justement ce face à face avec nos plus profonds mécanismes qui nous apparaît comme une révélation passionnante, et qui jette une lumière sur notre propre être et sur le monde, qui nous procure de voir les choses qui nous entourent avec dautres yeux que nos yeux habituels. (p.97, Honneurs aux valeurs sauvages, Gallimard, 1973).

33 Cest la raison dêtre de lart dêtre la voie dexpression des couches sous- jacentes, des plans de la profondeur. Ce que nous attendons dune œuvre dart, cest que son auteur y ait découvert, y ait inventé des moyens de faire éclater ses couches de surface, et de livrer passage aux voies de ces couches sous-jacentes. (pp.97-98, id.).

34 Un art « pour soi » Un art qui se fait pas du tout dans lidée de le montrer à qui que ce soit (p.96, id.). Jai entrepris de faire de la peinture sans espoir de gagner de largent avec elle ni dy trouver aucune sorte de gloire, simplement pour ma délectation personnelle sans prétendre à rien (...) Je me sentais délié de tout souci de carrière, de toute obligation. Je me voulais libre, dans une position damateur, doutsider; la question de rémunération ne mintéressais pas (...) A ce moment là, je ne voulais pas vendre mes trucs; je voulais les donner. Je ne voulais pas faire de commerce. (cité par R. Moulin, p.59, lARC, 1968)

35 4. Lart brut comme art culturel : Dubuffet.

36 Dubuffet expose pour la première fois en octobre-novembre 1944 à la galerie René Drouin. Il a 43 ans. Entre 1918, où il suit des cours de peinture à lAcadémie Julian, et 1942 où il se consacre définitivement à la peinture (à 41 ans), il alterne la peinture et le négoce en vins.

37 1901, naît le 31 juillet au Havre de parents négociants en vin. 1918, obtient son bac, vient à Paris, suit les cours de l'académie Julian qu'il quitte au bout de six mois pour travailler seul. 1924, Cesse de peindre (pendant huit ans) , fonde à Bercy un négoce de vins en gros , loue un atelier rue du Val-de-Grâce pour travailler quelques heures chaque après- midi , reprend le chemin de Bercy pour sauver la firme de la faillite et abandonne une nouvelle fois la peinture. Mobilisé. Exode. Retour à Paris où il reprend ses affaires. 1942, décide de se consacrer exclusivement à la peinture. Jean Dubuffet rue de Vaugirard, 1946 – Photo © Pierre Matisse

38 1944, première exposition à la Galerie René Drouin à Paris. 1947, première exposition à New York à la Galerie Pierre Matisse. Fondation du Foyer de l'Art brut au sous-sol de la Galerie Drouin. Publication de son premier texte en jargon Ler dla canpane 1949, publie Lart brut préféré aux arts culturels Jean Dubuffet à New-York, Photo © Kay Bell

39 1962, première rétrospective à New York au Museum of Modern Art, début du cycle de Lhourloupe. 1985, Jean Dubuffet décède à Paris le 12 mai. Jean Dubuffet dans son atelier à Vence devant "l'Agenouillement de l'évêque" (daté 26 octobre - 7 novembre 1963) Photo © Luc Joubert, Paris

40 ...la manière du dessin est dans ces peintures exposées tout à fait exempte daucun savoir- faire convenu comme on est habitué à le trouver aux tableaux faits par des peintres professionnels et telle quil nest nullement besoin daucunes études spéciales ni daucuns dons congénitaux pour en exécuter de semblables. (Dubuffet, p.34, A. D., 1960) Jean Dubuffet, Campagne heureuse Huile sur toile 130,5 x 89 cm 1944

41 Ce qui a présidé à lexécution de ces tableaux (...) était quun portrait na pas besoin daccuser tellement les traits personnels distinctifs de la personne figurée. (...). Il me semblait quen dépersonnalisant mes modèles, en les transposant sur un plan très général délémentaire figure humaine, jaidais à déclencher, pour lusager de la peinture, je ne sais quel mécanisme dimagination ou de suscitation augmentant de beaucoup le pouvoir de leffigie. (...). (Dubuffet, pp , Arts Décoratifs, 1960.) Dhôtel nuancé dabricot, (juillet-août 1947). huile sur toile, 116 x 89cm, (MNAM). Issu de la série de portraits peints entre août 1946 et septembre 1947 : Plus beaux quils croient.

42 « (…) Je suis toujours poursuivi par ce sentiment que le peintre a beaucoup à gagner à saider des forces qui tendent à contrarier son action, quil obtiendra ainsi que son objet surgisse dans le tableau plus fortement par le moyen dy multiplier les empêchements à ce que cet objet surgisse ». (Dubuffet, pp , Arts Décoratifs, 1960.) Michel Tapié, Soleil, graviers, sable, filasse sur isorel, 110,2 x 87,8 cm, août 1946 Dhôtel nuancé dabricot, (juillet-août 1947). huile sur toile, 116 x 89cm, (MNAM). Issu de la série de portraits peints entre août 1946 et septembre 1947 : Plus beaux quils croient.

43 Il y a lieu de ne pas prendre à la lettre le dessin, toujours outrageusement grossier et négligé, dans lequel est enfermé la figure de femme nue (...). Il me plaisait de juxtaposer brutalement, dans ces corps féminins, du très général et du très particulier, du très subjectif et du très objectif, du métaphysique et du trivial grotesque. (p.43, A.D., 1960) Le métafisyx, 1950, huile sur toile, 116 x 89,5, (MNAM) Issu de la série: Corps de Dame.

44 ... jai aimé pour ces paysages, à brouiller léchelle, de manière quil soit incertain si le tableau représenta une vaste étendue de montagnes ou une minuscule parcelle de terrain. (p.44, id.) Le voyageur sans boussole, 8 juillet 1952, huile sur isorel, 118,5 x155cm, (MNAM). Issu de la série Paysage mentaux.

45 Le manteau de terre, 1958 Le geste essentiel du peintre est denduire. Non pas étendre avec une petite plume, ou une mèche de poils, des eaux teintées, mais de plonger ses mains dans de pleins seaux ou cuvettes et de ses paumes et de ses doigts mastiquer avec ses terres et pâtes le mur qui lui est offert, le pétrir corps à corps, y imprimer les traces les plus immédiates quil se peut de sa pensée et des rythmes et impulsions qui battent ses artères et courent au long de ses innervations, à mains nues ou en saidant sil se rencontre dinstruments sommaires bon conducteurs - quelque lame de hasard ou court bâton ou éclat de pierre - qui ne coupent ni affaiblissent les courants dondes. (p.45, Lhomme du commun...)

46 « Enduire » Le tableau comme mur, maçonnerie. Matériaux de construction : sable, gravier, goudron, plâtre, poussière de charbon, cailloux, asphalte quil fait cuire dans des marmites, ficelle dalfa ou de chanvre, petits morceaux de miroirs ou de verres de couleur, Ripolin, Duco, torchis, etc. « instruments sommaires » : truelle, cuillère à soupe, grattoir, couteau, brosse métallique, bâtons, doigts…

47 Dans les travaux picturaux populaires, ou faits par les peintres en bâtiment ou en décor, il y a cette qualité qui est si précieuse en tout geste humain: un laisser-aller, une aisance relâchée. La chair est peinte le plus simplement du monde avec une couleur rose qui est faite de blanc teinté de rouge et de noir. Veut-on faire plus clair, on met du blanc; plus sombre, on met plus de noir. Et cest cerné avec des traits noirs, cest tout simple. (p.64, Lhomme du commun...). Rue passagère, juillet 1961, huile sur toile, 129,5 x 161,5, (MNAM)

48 « En 1962, répondant au téléphone, Jean Dubuffet laisse courir sur le papier son stylo-bille rouge: doù des dessins semi automatiques quil barde de rayures rouges et bleues. Découpant ces figures, il les pose ensuite sur fond noir. Il en tire un petit livre: vingt-six pages de texte jargonnant, chaque page étant ornée dun dessin au stylo bille rouge et bleu découpé et collé sur fond noir. Titre: lHourloupe. » (G. Picon, p.128) Texte historie III (H 114) Marqueur sur papier 27 x 21 cm, 1964

49 Dans le cycle de lHourloupe, ce fut une voie tout autre, puisquil ny entre plus du tout de ces triturations, mais au contraire des jeux de tracés dun caractère dématérialisé, algébrique avec un parti à figurer les choses en telle façon que ne sy discerne pas clairement où sont les pleins et où les vides. Doù un sentiment dincertitude sur le bien fondé de nos notions habituelles de plein et de vide, dêtre ou de non-être, dappartenance aux données réelles ou à des projections de limaginaire. (p.8, Bâtons rompus.) Rue de lentourloupe 1963

50 On ne trouvera plus dans ces peintures aucun objet ni figure - rien qui se puisse nommer. Elles ne sont pourtant pas du tout non figuratives. Elles prétendent figurer (ou disons plutôt évoquer), dans une forme abrégée, synthétique, le monde qui nous environne et dont nous faisons partie. Mais ce monde y est regardé dans une optique inaccoutumée. Une optique dans laquelle napparaissent plus des choses (celles qui ont un nom) mais seulement des faits ou, pour mieux dire, des mouvements, des tumultueux transits au sein dun continuum qui ne comporte pas de vides. (pp.89-90, Bâtons rompus) Mire (Boléro), (G 204) Acrylique sur 2 feuillets de papier joints et marouflés sur toile 100,3 x 134,5 cm, 1984

51 « Jeux de tracés ». Dubuffet nutilise plus les « matières ». Il Opte pour des couleurs « franches », « lisses », « industrielles » : bleu, noir, rouge, blanc. Il se sert du vinyle, du stylo bille et du marker qui sont des instruments précis, rapides, fonctionnels et impersonnels employés par les bureaux détudes dans le dessin industriel. Les tracés méthodiques (rayures) deviendront plus rapides, plus gestuels (ratures) ; sy ajoutera le crayon de couleur… Activation XLVII, 1985

52 Que nous apprend la trajectoire de lœuvre sommairement présenté ? - La représentation se fait contre les codes de la culture savante unitaire et rationnelle. - Le tracé est privilégié au détriment de la « ressemblance ». - La pensée nest plus posée comme première mais seconde au profit du geste, de lactivité motrice (du faire).

53 Conclusion : la leçon de l'art brut

54 Reprenons les 3 aspects évoqués au début :... ces petits ouvrages que généralement on dédaigne. On les trouve rudimentaires, grossiers. Bien ! mais aussi traduisent-ils de ce fait plus immédiatement les mouvements de lesprit et livrent-ils les mécanismes de la pensée (pas seulement de la pensée) plus chauds, plus crus. Ils mettent en œuvre des moyens qui paraissent saugrenus, irrecevables que généralement on dédaigne. (société) 2 - … les mécanismes de la pensée... (désir) saugrenus, irrecevables. (moyens)

55 1 – « Un art reconnu, élitiste ! ». Contre un art fait par quelques uns, un art fait par tous. Le but : révéler et développer les potentialités naturellement présentes en chacun. Activité qui ne vise pas la reconnaissance mais laccomplissement de soi pour soi. Des productions dart doivent être des champignons poussée dans la solitude. Ce sont des faux champignons sils ont été faits en vue den faire parade. Je suis assurément le seul destinataire de mon ouvrage au moment que je le fais ; je suis même enclin à le faire tel que jen aie seul les clefs. (p.88, Bâtons rompus).

56 - La différence entre lart brut, qui le reste, et lart culturel tel que le pratique Dubuffet et quil se montre : Je me fais ce reproche de navoir ce pouvoir que plus faiblement queux. (p.89, ibid.) - Dubuffet franchit la limite où cet art bascule et redevient élitiste. - En même temps, cet art élitiste tente de retrouver ces valeurs de lart brut

57 2 – Lart comme expression de soi, de son désir ! Art qui plonge ses racines au plus profond de soi. Il ne doit pas être entravé par un savoir qui ferait écran. Il doit retrouver une certaine innocence, une dynamique non ressaisie par la raison. Obéit au « principe de plaisir » avec ce quil emporte de prolifération, de chaos, dimprévisibilité.

58 Mon dispositif fonctionne comme une machine à abolir les noms des choses, à faire tomber les cloisons que lesprit dresse entre les divers objets, entre les divers systèmes dobjets, entre les différents registres de faits et de choses et les différents plans de la pensée, une machine à brouiller tout lordre institué par lesprit dans le mur des phénomènes et effacer dun coup tous les chemins quil y a tracés, une machine à mettre en échec toute raison et à replacer toutes les choses dans léquivoque et la confusion. (cité p.171, Picon)

59 3 – Lart comme mise en œuvre ! Cette activité ne se confronte quaux outils (aux matériaux) comme « principe de réalité ». Lart se construit dans le mouvement même de cette activité. Les formes ne sont pas données, elles sinstaurent sans a priori, dans le geste, le faire, en train de saccomplir. Lart doit naître du matériau et de loutil et doit garder la trace de loutil et de la lutte de loutil avec le matériau. Lhomme doit parler mais loutil aussi et le matériau aussi. (p.25, Lhomme du commun...)

60 En bref. Lart brut rappelle à lart : - quil est hors codes préétablis, - quil doit répondre à une nécessité intérieure, - quil est mise en forme de moyens matériels.

61 Bibliographie indicative :. Jean Dubuffet, Lhomme du commun à louvrage, idées, Gallimard, Jean Dubuffet, Bâtons rompus, Minuit, Jean Dubuffet , catalogue Musée des Arts Décoratifs, Arc n°35, "Dubuffet, culture et subversion", Laurent Danchin, Art Brut, L'Instinct créateur, coll. Découvertes n°500, Gallimard, Paris, John Maizels, Lart brut, lart outsider et au-delà, Phaidon, Gaëtan Picon, Le travail de Jean Dubuffet, Skira, Michel Thévoz, Lart brut, Skira, Michel Thévoz, Dubuffet, Skira,


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