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1 Biens culturels africains Projet de Sauvegarde et de Valorisation des Patrimoines documentaires, audiovisuels, iconographiques, sonores et textuels de.

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1 1 Biens culturels africains Projet de Sauvegarde et de Valorisation des Patrimoines documentaires, audiovisuels, iconographiques, sonores et textuels de lIFAN Ch. A. Diop Séminaire à mi-parcours du Projet, novembre 2007 Toulouse (France) Constitution des patrimoines documentaires de lIFAN Ch. A. Diop Présenté par M. Gora DIA Conservateur des Bibliothèques, IFAN Ch. A. Diop Chef de l É quipe de Numérisation des Documents textuels Novembre 2007

2 2 Sommaire Introduction Historique, missions et structuration de lIFAN Ch. A. Diop Constitution des patrimoines documentaires Modes dacquisitions des documents État actuel des collections dans le domaine des acquisitions –Tableau récapitulatif des patrimoines –Difficultés relatives à laccroissement des collections –Esquisses de solution pour la mise en place dune politique dacquisition cohérente Conclusion

3 3 Introduction

4 4 Selon Monsieur Amadou Makhtar MBow, le patrimoine, pris au sens large peut être défini comme « lensemble des legs du passé, enrichi de générations en génération, et que préservent et renouvellent les hommes et les femmes daujourdhui. Il définit une aire culturelle, un type de civilisation. Il est à la fois matériel et immatériel ». La notion de patrimoine sapplique généralement à lécrit, cette notion doit être élargie aux autres supports car lécrit nest pas la seule source de transmission des connaissances. Le patrimoine documentaire africain est riche et diversifié car composé décrits accumulés depuis le XVè siècle, de livres, de sources orales, darchives collectées de la période coloniale et après les indépendances, de documents en langue arabe tels que les manuscrits collectés depuis le Xe siècle. Ces documents sont relatifs aux aspects sociaux et naturels en Afrique notamment ses hommes, ses sociétés, ses mythes, ses légendes, son environnement, ses collections danimaux, dobjets ethnographiques et archéologiques, de documents audiovisuels, iconographies et sonores, etc.

5 5 Introduction Ces patrimoines sont conservés dans plusieurs centres de recherche et de documentation en Afrique : Arewa House (kaduna, Nigéria), Northern History Research Scheme (Université Ahmed Bello, Zaria, Nigéria), Centre de Recherche et de Documentation historique Ahmed Baba (Tombouctou, Mali), Institut des Hautes Études marocaines et Institut scientifique chérifien (Maroc), Académie malgache (Madagascar), Institut fondamental dAfrique noire Cheikh Anta Diop, Université de Dakar, Sénégal), etc. La gestion efficiente et rationnelle dun centre de recherche et de documentation réside en sa capacité à lélaboration et à lexécution dune bonne politique dacquisition. Cest conscient des enjeux que représentent le renouvellement constant des collections et la réponse aux besoins des utilisateurs internes et externes de ses services dinformation documentaire que lIFAN Ch. A. Diop a pu accumuler, durant des décennies, des patrimoines documentaires de valeur incommensurable relatifs aux Sciences humaines, sociales et naturelles et qui concernent les pays dAfrique en général et ceux de lAOF en particulier.

6 6 Introduction Si par le passé, lIFAN a pu collecter ses patrimoines, cest grâce à un budget conséquent, à la régularité des missions, aux versements des produits des études sur le terrain dans les services dinformation, à la diversité des axes de partenariats mais surtout à une intense activité de recherche, etc. Malgré les efforts conjugués des autorités et des professionnels, à lheure actuelle, à linstar des autres unités documentaires africaines, le volume documentaire et la diversité des documents ne manquent pas de poser des problèmes didentification, de communication, dinventaire et daccès pour les différents utilisateurs, de collecte et de renouvellement, etc. En Afrique, ce problème de renouvellement des documents a débuté dans les années 1970 et sest accentué dans les années 1980 en raison notamment de linflation des coûts de la documentation imprimée surtout ceux des abonnements aux périodiques. Ce présent article se propose détudier lhistorique, les missions et les structures de lIFAN, le processus de constitution de ses patrimoines, la situation actuelle des fonds documentaires avec un accent particulier mis sur les problèmes de renouvellement des collections et les esquisses de solution pour un accroissement régulier des collections.

7 7 Historique, missions et structuration de lIFAN Ch. A. Diop

8 8 I - Historique, missions et structuration de lIFAN Ch. A. Diop 1 – 1 Historique À linstar de lAlgérie, du Maroc, de lIndochine et de Madagascar, lidée de création en AOF dune institution scientifique a commencé à germer en Le rôle de cette institution était dassurer la coordination des travaux, les moyens de les entreprendre, lutilisation des résultats obtenus, la communication de toute la documentation tant imprimée que manuscrite des collections selon les termes du présentateur de lidée, lInspecteur général de lEnseignement, Albert Charlton. Le Maroc possédait déjà en 1931 lInstitut des Hautes Études marocaines et lInstitut scientifique chérifien. LIndochine avait son École dExtrême-Orient et Madagascar avait son Académie malgache. Cependant, latout de lAOF résidait en lexistence du Comité dÉtudes historiques et scientifiques de lAOF (CEHSAOF) crée le 10 décembre 1915 par le Gouverneur général Clozel. Le but recherché était de « coordonner les efforts de recherche, de publication sur lAOF, en assurer la continuité, en faire même connaître les résultats ».

9 9 I - Historique, missions et structuration de lIFAN Ch. A. Diop (2) 1 – 1 Historique (3) En 1918, le Bulletin du Comité dÉtudes historiques et scientifiques de lAOF remplaça le CEHSAOF. En 1931, Jules Brevié est nommé à la tête de la Fédération, il est acquis à lidée de création dun Institut dAfrique noire défendue par Albert Charlton. Le projet aboutit par arrêté n° 1945 du 19 août 1936, linstitut français dAfrique noire est crée. La Direction fut confiée à M. Charlton, un nouveau Secrétaire général est nommé en la personne de M. Théodore Monod en Il Prit fonction en juillet Les axes de son programme sont les suivants : Procéder à linventaire général de lAOF ; faire de lIFAN un centre local de recherches et de documentation, un relais entre le chercheur sur le terrain et les grands laboratoires spécialisés ; transformer le Bulletin du Comité dÉtudes historiques en Bulletin de lIFAN et créer les Notes africaines. Accroître les moyens.

10 10 I - Historique, missions et structuration de lIFAN Ch. A. Diop 1 – 1 Historique (4) La deuxième guerre mondiale na pas constitué une entrave au bon fonctionnement de lInstitut. Ainsi, les activités ont continué avec la mise en place des centres de Saint-Louis, de Guinée, du Soudan, du Dahomey, du Cameroun, etc. Laccroissement de lIFAN a continué après la guerre notamment le recrutement de nouveaux chercheurs, la création des Sections suivantes : Géographie, Zoologie, Biologie marine, Ciné- Son. LIFAN acquiert son autonomie avec larrêté n° 4638/IFAN du 16 octobre Les statuts des centres locaux, du personnel, des membres correspondants et de lÉcole française dAfrique sont précisés. La période allait constituer un tournant pour lIFAN qui compte les centres locaux suivants : Saint-Louis (Sénégal, Mauritanie), Abidjan, Konakry, Bamako, Niamey, Porto Novo, Ouagadougou, Douala et Lomé, la Réserve naturelle du Mont Nimba, le Palais des Rois dAbomey à Abomey, le Parc biologique de Bamako, le Laboratoire Base de Recherches sahariennes dAtar, les Musées historique et de la Mer à Gorée, etc.

11 11 I - Historique, missions et structuration de lIFAN Ch. A. Diop 1 – 1 Historique (5) Les Archives sont détachées en 1953 de lIFAN pour être rattachées au Gouvernement général et aménagées au sous-sol du Building administratif. Le rattachement de lIFAN à lUniversité de Dakar allait entraîner la territorialisation des centres locaux qui dépendent directement des gouvernements des nouveaux Etats. Ceci a pour conséquences le repliement du Centre de Dakar et lindépendance totale des filiales. LIFAN allait être un Institut de lUniversité de Dakar par le décret du 31 mars 1959 complété par larrêté n° 3138 du 31 mars En 1960, lIFAN a été intégré à lUniversité de Dakar. Dés lors, les centres locaux et associés sont devenus autonomes. Il est lun des onze (11) établissements de lUniversité Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) à être doté de la personnalité juridique et de lautonomie financière. Il est régi par la Loi n° du 30 avril 1973 et par le décret n° du 13 octobre 1984 portant organisation et fonctionnement de lIFAN, modifié par le Décret n° du 23 novembre 1992 complétant le chapitre 1. Cest un institut de recherche en Sciences sociales, humaines et naturelles. Depuis lindépendance, le cadre géographique des recherches sest réduit au Sénégal, avec des ramifications dans les autres pays de la sous région.

12 12 I - Historique, missions et structuration de lIFAN Ch. A. Diop 1 – 1 Historique (6) En 1966, lIFAN, tout en gardant son sigle, est devenu Institut fondamental dAfrique noire. En 1986, il a pris son nom actuel IFAN Cheikh Anta Diop, après le décès du professeur Cheikh Anta Diop, lun de ses plus éminents chercheurs. Ses principaux Directeurs ont été successivement : Théodore Monod ( ), naturaliste ; Vincent Monteil ( ), islamologue ; Pierre Fougeyrollas ( ), philosophe ; Amar Samb ( ), islamologue ; Abdoulaye Bara Diop ( ), sociologue ; Djibril Samb ( ), historien de la Philosophie ; Papa NDiaye (2005 à nos jours), naturaliste

13 13 I - Historique, missions et structuration de lIFAN Ch. A. Diop 1 – 2 Missions LInstitut fondamental dAfrique Noire Cheikh Anta Diop a pour missions qui lui sont assignées par larrêté n°1945 du 19 août 1936 « létude scientifique de lAfrique noire en général et de lAOF en particulier, du pays, de ses habitants, de son histoire, de son évolution, de ses ressources, de ses productions » (art. 2).

14 14 I - Historique, missions et structuration de lIFAN Ch. A. Diop 1 – 3 Structures et organisations Lorganisation et le fonctionnement de lIFAN Cheikh Anta Diop sont régis par le décret n° du 13 octobre 1984 modifié par le décret n° du 23 novembre Les structures actuelles prévues par ce décret sont : les structures de direction et dadministration : le Conseil dAdministration et le Directeur ; les structures scientifiques et techniques : le Comité scientifique, les Départements et le Comité de Lecture. Les Départements, Laboratoires, Services et Musées sont issus de la restructuration opérée par le Décret n° du 23 novembre Les nouveaux Départements qui sont au nombre de six (6) regroupent quinze (15) Laboratoires, (3) Services et trois (3) Musées.

15 15 I - Historique, missions et structuration de lIFAN Ch. A. Diop 1 – 3 Structures et organisations LIFAN Ch. A. Diop comprend également des services administratifs et financiers, lUnité de Micro-Informatique éditoriale (UMIE) et lUnité des Bases de Données (UBD). Ces deux dernières structures sont rattachées à la Direction. À ces structures, se sont ajoutés le Laboratoire du Genre, le Laboratoire des Eaux usées et le Service des Archives. Structure de concertation du personnel : lAssemblée de lIFAN Ch. A. Diop constitue la structure statutaire de concertation du personnel de lInstitut.

16 16 Processus de constitution des collections

17 17 II - Processus de constitution des collections La constitution des patrimoines de lIFAN a été rendue possible grâce à une intense activité de recherche et à louverture de lInstitut à différentes organisations et à des particuliers. La gestion efficiente des acquisitions avait nécessité la mise en place du Service des Acquisitions et du Service des Échanges. Ces structures ont été complétées par la Commission des Périodiques et par la Commission des Achats. Elles sont remplacées, à lheure actuelle, par la Commission de la Documentation Ainsi, serait-il utile détudier le processus dacquisition des patrimoines textuels, iconographiques et audiovisuels.

18 18 2 – 1 Les Archives du Gouvernement général de lAOF Le chartiste André Villard était chargé de réorganiser les archives et la bibliothèque de lAOF en Les archives furent rattachées à lIFAN en Lorganisation de la Section Archives a suivi les grandes lignes du programme exposé par M. CHARPY en mai En 1953, la Section dispose des collections de journaux officiels suivants : J.O.R.F. de 1872 au 31 décembre 1953 Bulletin officiel du Sénégal de 1819 à 1894 Annuaire du Sénégal de 1859 à 1886 Moniteur du Sénégal de 1856 à 1887 J.O. du Sénégal de 1888 au 31 décembre 1953 Les journaux officiels du Togo, du Cameroun, de lAEF, les publications officielles du Maroc, de lAlgérie, de Madagascar et dIndochine, les Bulletins du Ministère des Colonies, les recueils de droit et de législation, le Juris-Classeur de la France dOUTRE-MER. Un arrêté n° 5063 IFAN du 9 juillet 1953 a donc séparé la Section des Archives de lIFAN pour en faire le Service des Archives du Gouvernement général et avec laffectation, à ce nouveau service, dun local dans le Building administratif de lAvenue Roume.

19 19 2 – 2 Les Publications périodiques et non périodiques 2 – 2 – 1 Publications périodiques 19Les publications périodiques sont composées du Bulletin de lIFAN, Séries A et B et des Notes africaines. Bulletin de lIFAN Le BIFAN est une publication trimestrielle dont lapparition date du 1 er novembre Lobjectif visé était la publication et la diffusion détudes originales relatives à lAfrique noire. Il est scindé à partir de 1954 en deux séries : Série A (Sciences naturelles) et Série B (Sciences humaines et sociales). Cette division était liée à la croissance exponentielle du Bulletin et du nombre de chercheurs.

20 20 2 – 2 – 1 Publications périodiques La décennie a vu la parution de 11 tomes à raison de 3 à 4 numéros annuellement. La décennie a vu la parution de 4 tomes. Les langues dexpression des auteurs ont été langlais, lallemand, lespagnol, litalien, le portugais. Notes africaines Document dinformation et de vulgarisation ouvert au grand public (ISSN ), les Notes africaines sont destinées à un plus large public et aux nombreux correspondants disséminés à travers le monde. Ce bulletin trimestriel dinformation et de correspondance de lIFAN est né en 1939 sous forme de feuilles ronéotypées et il a pris sa forme actuelle en janvier 1946 avec le numéro 29.

21 21 2 – 2 – 1 Publications périodiques De 1939 à 1960, parution de documents avec une répartition en 3 rubriques : 1430 articles originaux ; 50 titres comptes rendus bibliographiques ; 102 divers documents (commentaires sur quelques ouvrages, congrès, conférences, expositions, etc.). Les Publications ont connu un tournant durant lannée universitaire avec, dune part, la rédaction des tables des « Notes africaines », et dautre part, le changement de lintitulé des « Initiations » qui sont devenues « Initiations et Études africaines » et du titre des « Catalogues » qui devint « Catalogues et Documents ». 2 – 2 – 2 Publications non périodiques Les publications non périodiques concernent les mémoires, les Initiations et Études africaines, les Catalogues et Documents, les publications paraissant sous forme de subvention et les publications de vulgarisation dans les langues nationales.

22 22 2 – 2 – 2 Publications non périodiques Mémoires Les mémoires de lIFAN (ISSN ) ont succédé à partir de 1939 aux mémoires du CEHS de lAOF. En général, cette série est alimentée par des travaux de thèses déjà soutenues par les chercheurs et par les enseignants et qui sont repris sous forme de publications. Les études étaient relatives à la faune et à la flore de lAOF notamment celles relatives au Mont Nimba et au Parc Niokolo Koba. Elles étaient au nombre de 61 numéros parus entre 1939 et Il existait des études en Sciences humaines et sociologiques notamment lethnologie, la linguistique, lhistoire. La prédominance des sciences de la nature au détriment des Sciences humaines et sociales était nette.

23 23 2 – 2 – 2 Publications non périodiques Initiations africaines Nées en 1947, Initiations (ISSN ) était une revue dont le rôle était dintéresser le public à lactivité scientifique de lInstitut. Les études étaient relatives à la faune et aux aspects sociaux en AOF. En 1960, 16 numéros relatifs à lAOF avaient été publiés, 10 numéros sont consacrés aux Sciences naturelles et 6 aux Sciences humaines et sociales.

24 24 2 – 2 – 2 Publications non périodiques Catalogues et Documents Les Catalogues et Documents (ISSN ) sont des études axées sur les différentes collections abritées par les Laboratoires, les Services et les Musées de lIFAN. Autres publications Il existait des publications qui paraissent avec laide de subventions et des publications de vulgarisation dans les langues nationales et étrangères.

25 25 2 – 3 Manuscrits en langue arabe La Bibliothèque a dabord conservé les manuscrits de lIFAN avant la création du Département de lIslam le 1 er janvier 1965 par M. Vincent Monteil alors Directeur de lIFAN. Ainsi, six (6) fonds ont été inventoriés et classés. Il sagit des fonds : Vieillard, Gaden, Brevié, Figaret, Crémer et Moussa Kamara.

26 26 2 – 3 Manuscrits en langue arabe Fonds Vieillard Il a été constitué entre 1927 et 1939 par Gilbert Vieillard. Ce fonds est entré à lIFAN suite à des échanges de lettres entre le Professeur Monod et M me Gilbert Vieillard du 07 août 1942 au 23 juillet Il étudie les Peuls. Les pays concernés sont : Niger, Macina, Fouta-Djalon. Fonds Figaret Il a été constitué à Paris dès 1928 par le Colonel J. Figaret et envoyé à lIFAN de Ségou par M. Ousmane Cissé, le 15 novembre Il étudie la langue peule du Macina. Fonds Crémer Il est relatif aux populations voltaïques. Il se compose de documents littéraires et ethno- sociologiques recueillis dans les différentes langues du pays avec ou sans traduction française. Fonds Gaden Il a été légué à lIFAN après la mort du Gouverneur Henri Gaden en Il est relatif au Fouta Toro. Il est composé de proverbes, de maximes en langue peul. Un dictionnaire pular-français a été élaboré.

27 27 2 – 3 Manuscrits en langue arabe Fonds Moussa Kamara Il a été constitué entre 1930 et 1944 et légué par M. Mamadou Djibi Kane, petit fils du Cheikh. Les fonds Brévié et Moussa Kamara sont des documents historiques en langue arabe. Le premier catalogue des manuscrits a été élaboré en 1965 sous la direction de Thierno Diallo avec la collaboration de Mame Bara MBacké, Mirajana Trifkovic et Boubacar Barry. Les manuscrits ont été répartis en documents historiques, littéraires, ethnologiques et religieux pour chacun des pays considérés.

28 28 2 – 4 La Bibliothèque La Bibliothèque fut héritée du Gouvernement général de lAOF en le fonds initial a été constamment enrichi. Elle était destinée à fournir aux chercheurs et aux intellectuels la documentation nécessaire dans les domaines détudes scientifiques et historiques portant généralement sur lAfrique noire, elle était composée de la Bibliothèque, de la cartothèque et de la Photothèque. De 1950 à 1960, grâce à une intense activité de recherche, la collection dimprimés sest accrue.

29 29 2 – 4 La Bibliothèque Les livres et les brochures Les livres étaient reçus par achats, par échanges et par dépôt légal. Le collection se trouva doublée dans lintervalle dune décennie, allant de volumes en 1949 à en Les périodiques Ils constituent une part importante de la collection et au milieu des années cinquante, la Bibliothèque comptait 2500 titres de périodiques. Pendant cette période, 1000 titres vivants étaient régulièrement reçus avec un accroissement annuel de 100 à 200 nouveaux titres. Les périodiques étaient reçus par abonnement, par échanges et par dépôt légal. Périodiques dAfrique noire francophone La Bibliothèque possède une collection très importante de publications officielles publiques ou privées publiées en Afrique francophone. Certaines de ces publications ne sont pas des périodiques au sens strict du terme. Ces publications datent de 1958 et proviennent en partie de la Bibliothèque du Gouvernement général de lAOF, transmise à lIFAN en 1938, en partie du dépôt légal institué en AOF en Un catalogue de ces publications a été établi par Marguerite Thomassery. Il est intitulé : « Catalogue des périodiques dAfrique noire francophone ( ) conservés à lIFAN ». Il est classé par ordre alphabétique de titre.

30 30 2 – 4 La Bibliothèque Cahiers de lÉcole William Ponty Larrêté du 24 novembre 1903 créait une école normale dinstituteurs à Saint-Louis. Rattachée au Gouvernement général en 1907, elle fut transférée à Gorée le 1 er mars 1913 et réorganisée par larrêté du 7 mai. Elle fut baptisée École William Ponty par Clozel après la mort du Gouverneur William Ponty. En 1920, lÉcole fut fusionnée avec lÉcole dApprentissage Faidherbe. Ainsi, elle acquiert sa triple vocation : former des instituteurs ; des agents dadministration et de commerce et des candidats à l École de Médecine. Larrêté du 1 er mai 1924 supprimait la Section administrative et celui du 8 avril la réorganisait selon le modèle des écoles normales françaises Cependant, le 29 avril 1933, lÉcole retrouvait sa triple vocation et cest à cette époque que datent ces études rédigées en troisième année pendant les vacances, dans leurs régions dorigine par les élèves. Elles étaient présentées au brouillon à la rentrée et remises au propre avant le 1 er février de lannée suivante. Ces cahiers sont des devoirs de vacances des Pontins, les sujets traités sont relatifs aux aspects socioethonologiques des populations de lAOF notamment : alimentation, jeux et jouets, rites funéraires, sciences, éducation, instruments de musique, vêtements, rêves, pharmacopée africaine, art africain, religions africaines, mariage, famille, coutumes, etc.

31 31 2 – 4 La Bibliothèque Les pays concernés sont : Centre Afrique, Cameroun, Côte dIvoire, Dahomey, Gabon, Guinée, Mauritanie, Niger, Sénégal, Mali, Togo, etc. Le 1 er janvier 1938, lÉcole quitte Gorée pour Sébikotane, à une quarantaine de kilomètres de Dakar. En 1958, un catalogue des Cahiers avait été établi par François Afanou et Raymond Tofbe Pierre. À lheure actuelle, une base de données des cahiers est conçue et un nouveau répertoire est disponible.

32 32 2 – 4 La Bibliothèque Dossiers documentaires Les dossiers documentaires sont constitués de publications, de manuscrits des chercheurs notamment ceux de lIFAN et de coupures de presse. Ils ont trait aux Sciences humaines, sociales et naturelles. Ces documents constituent les seules traces laissées par le travail de recherche, lhistorique de la recherche à lIFAN peut être constituée à travers ces documents. Cartes En 1960, 1428 cartes étaient réalisées ou assemblées par les Sections de la Cartothèque ou de la Section de Géographie. Microfilms Ils furent achetés et catalogués pour constituer en 1960 une collection de 613 titres.

33 33 2 – 5 Documents audiovisuels Ces documents sont composés notamment de photographies, de films et de disques, etc. Photothèque Les origines de la Photothèque remontent à la collection mise en place par le CEHS de lAOF en Elle a été créée en 1950 par arrêté n°4448/IFAN. Elle prend le relais de la Section Ciné-Son créée en La collection sest accrue par les photographies produites par le personnel de lIFAN, par des chercheurs et par des particuliers ou reçus dorganismes gouvernementaux. Les fonds étaient de négatifs en 1952 et de en Laccroissement annuel était de 2000 à 3000 négatifs. Les photos étaient très consultées entre 4000 à 5000 photos dans les années cinquante. Deux épreuves étaient tirées de chaque négatif et rangées à la Bibliothèque en deux classements, un premier classement géographique et un classement thématique

34 34 2 – 5 Documents audiovisuels Films La Section Ciné-Son a été créée en 1949 sous la direction de M Paul Potentier. Un programme de collectes de films fut mis en place et exécuté sous la direction de Paul Potentier. Pendant la décennie , des films relatifs à la vie sociale et humaine en AOF furent réalisés. Beaucoup de films sur lAfrique provenaient du Musée de lHomme de Paris, ou ils avaient été achetés à des firmes commerciales par lintermédiaire de cette institution. Disques La discothèque qui constituait un secteur de la Section Ciné-Son fut mise en place. Ainsi, 114 enregistrements de musique africaine et des enquêtes ethnographiques furent achetés en La majorité était produite par le Musée de lHomme de Paris qui éditait des disques à partir de quelques enregistrements de lIFAN. Des enregistrements étaient faits par lIFAN sur le terrain par la Section Ciné-Son en collaboration avec les départements de recherche tels que lEthnographie, la Linguistique ou lHistoire. Les disques étaient acquis de producteurs français, américains ou suisse et du Musée de lHomme à Paris. La création des Sections a également contribué à laccroissement des patrimoines.

35 35 2 – 6 La création des Sections La Création des Sections : Archéologie-Préhistoire, Préhistoire, Ethnologie, Géographie, Botanique, Biologie marine, Entomologie et Zoologie entre 1941 et 1946 a grandement contribué à laccroissement des patrimoines de lIFAN. Section Archéologie-Préhistoire Elle a été créée en 1944 par H. Bessac. Des fouilles et des prospections ont été menées dans les huit (8) territoires de lAOF. Les principaux auteurs sont : R. Mauny, B. Holas, Szumowsky. La collection était évaluée en 1960 à environ 2100 objets. Section Ethnologie Elle a été créée en 1941 par G. Duchemin. En 1960, la Section comptait 9724 pièces.

36 36 2 – 6 La création des Sections Section Géographie Elle a été créée par J. R. Molard Section Botanique Créée en 1942 par J Jaegler, elle avait pour principale mission dinventorier la flore de lAOF. En 1960, la Section disposait de numéros de lherbier dAfrique occidentale. Les régions qui ont fait lobjet détudes sont : la Mauritanie, le Parc national de Niokolo Koba, la Région de Banfora (Haute Volta), le Libéria. Un catalogue de lherbier dAfrique occidentale avait été élaboré par J. G. Adam, Il se présentait sous forme de cahiers dactylographiés. De 1958 à 1959, la continuation des inventaires faunistiques de la réserve naturelle intégrale du Mont Nimba et du Parc national du Niokolo Koba a été la préoccupation dominante. Section marine Créée par J. Cadenat en 1945 et installée à Gorée, elle avait pour mission linventaire de la faune et de la flore dans le milieu océanographique. Lapport du Musée de la Mer a été considérable dans le domaine de la collecte de poissons et de mollusques. Le nombre de poissons conservés en 1960 sélevait à

37 37 2 – 6 Les Sections Section Enthomologie Créée en 1946, elle comptait spécimen en Les collections ont surtout été effectuées dans le Niokolo Koba et au Mont Nimba. Elle a concentré ses activités sur des recherches systématiques et biogéographiques. Section Zoologie Créée en 1942 par A. Villiers, elle avait pour rôle linventaire de la faune. Elle comportait deux sous sections : lune destinée aux vertébrés et lautre aux invertébrés. Les captures se déroulaient dans le Niokolo Koba et au Mont Nimba. En 1954, la Section comptait 2400 mammifères, 3200 oiseaux, 800 serpents, etc.

38 38 2 – 7 Collections des musées Alors que des musées tels que le Musée de lHomme à Paris, le British Museum, le Musée de Berlin, le Musée du Congo à Tervuren possédaient déjà de riches collections africaines. LAOF, jusquen 1936, ne possédait pas de musée malgré des tentatives de Faidherbe en 1865 et dHenri Hubert à mettre en place un musée. LAfrique anglaise comptait déjà plus de vingt (20) musées dans les années Au niveau de lIFAN allaient naître trois (3) musées : le Musée ethnographique, le Musée historique et le Musée de la Mer à Gorée.

39 39 2 – 7 Collections des musées Musée ethnographique Il est né en 1936, lobjectif visé était dinventorier, de classer et de présenter les collections ethnographiques relatives à lAOF. Les travaux dorganisation des collections ont débuté en 1941 par G. Duchemin. En 1960, le Musée est installé au Palais Tascher. Musée historique de Gorée Inauguré le 04 janvier 1954 par le Haut Commissaire Cornut-Gentille, louverture du musée au public fut rendue possible le 10 juin Les six salles aménagées autant au rez de chaussée et à létage fournissent une présentation générale sur lhistoire de lAOF. Musée de la Mer à Gorée Après plusieurs contacts entre lIFAN et divers organismes de muséologie, le musée fut aménagé à Gorée dans lancienne « Maison de la Compagnies des Indes » en Les études et les collections portaient sur la flore, sur la faune marine et sur les relations entre lhomme et la mer. Le Musée a été installé par G. Bracher qui était muséographe à la Base IFAN dAttar (Mauritanie).

40 40 2 – 8 Les centrifans Les centrifans abritaient des centres de documentation, des services darchives, des photothèques et des musées. Ses structures ont donné naissance, pour la plupart, à de véritables services dinformation documentaire après les indépendances. En somme, les patrimoines de lIFAN Ch. A. Diop ont été acquis suivant différents modes.

41 41 Les modes dacquisitions des documents

42 42 III - Les modes dacquisitions des documents Les principaux modes dacquisition et daccroissement des documents sont le dépôt légal, les achats, les dons, les échanges, les droits dusage, les missions, les conférences, les causeries radiophoniques, lapport de la Société des Amis de lIFAN, la protection des sites historiques et naturels, les legs, etc. Le dépôt légal Il a permis laccroissement des ouvrages, des périodiques, des cartes, des affiches et des tracts, etc. Les exemplaires étaient répartis entre la Bibliothèque de lIFAN, la Bibliothèque nationale de France, le CRDS de Saint-Louis. Ces documents servaient de monnaie déchange dans la coopération de lIFAN avec dautres bibliothèques et avec dautres organismes de recherche. La Bibliothèque de lIFAN a joué le rôle de bibliothèque nationale avec en charge la régie du dépôt légal qui, lui a été attribué par le décret n° du 17 juillet 1946 complété par larrêté n° 4160 A.P. du Haut Commissaire de la République, Gouverneur général de lAOF en date du 28 septembre 1946.

43 43 III - Les modes dacquisitions des documents Ainsi, huit (8) exemplaires : deux de limprimeur ou du producteur et six (6) exemplaires de léditeur des imprimés de toute nature, sont soumis à la formation du dépôt légal. Le décret n° du 17 juillet 1946 fut actualisé en 1976 par le décret du 09 août 1976 portant institution du dépôt légal national de la République du Sénégal, complété par un autre décret du 05 mai 1976 portant création et organisation de la Bibliothèque nationale. En 1960, 4903 documents provenaient du dépôt légal. Les achats Euro périodiques servait dintermédiaire pour lacquisition des périodiques dintérêt africain édités en Europe et aux USA. À partir de 1965, une nouvelle politique des commandes intégrait les librairies africaines notamment pour les achats douvrages. Pour éviter les doubles acquisitions entre lIFAN et la Bibliothèque de lUniversité de Dakar (BUD), une politique des achats fut mise en place. Ainsi, lIFAN devait acheter les documents intéressant lAfrique noire comme les périodiques, les cartes, les bandes magnétiques, les films et les microformes tandis que la BUD se contentait dacquérir les ouvrages scientifiques généraux. Les dons Les dons constituent une partie importante des patrimoines de lIFAN. Ils proviennent : dAfricanistes décédés grâce à leurs familles ; une partie de la bibliothèque personnelle de Théodore Monod et dAndré de Worm (fonds diapositives Benoît de Worm) ; dinstitutions nationales et internationales ; dambassades, etc.

44 44 III - Les modes dacquisitions des documents Les échanges Les échanges ont connu un développement fulgurant grâce à la coopération avec des ambassades étrangères basées à Dakar et à lenvoi de produits documentaires dans les structures intervenant dans les mêmes domaines. Les publications servaient de monnaie déchanges. Les principaux partenaires étaient : la BUD, les institutions de recherche, les éditeurs, les imprimeurs, les libraires, le Centre régional de Formation des Bibliothécaires (devenu EBAD), le CNRS, lORSTOM, le Muséum national dHistoire naturelle, le Musée de lHomme, lInstitut dEthnologie, lInstitut français dAnthropologie, etc. Ils permettaient dacquérir des périodiques étrangers relatifs à lAfrique noire. Les legs Une partie des patrimoines de lIFAN est acquise de legs. Il sagit notamment du Fonds Monod conservé à la Bibliothèque et de manuscrits en langue arabe du Laboratoire dIslamologie tels que le Fonds Gaden. Les droits dusage Lapplication des textes de droit dusage des photographies a constitué une autre source dacquisition. Il est exigé un dépôt de tout document ayant été illustré par les clichés de lIFAN au Service audiovisuel.

45 45 III - Les modes dacquisitions des documents Les missions Les missions ont permis la collecte de documents et dobjets en Sciences humaines, sociales et naturelles en Afrique noire. Ces travaux de terrain ont permis une maîtrise des données relatives à la faune, à la flore, aux sociétés, Aux mythes, aux légendes, aux contes, à lhistoire, aux hommes en Afrique en général et à lAfrique de lOuest en particulier. De 1949 à 1960, trois cent dix huit (318) missions ont été effectuées.

46 46 III - Les modes dacquisitions des documents Les conférences et les causeries radiophoniques Elles ont constitué des sources de diffusion du travail scientifique et à laccroissement des collections. Ainsi, les activités publiques de lIFAN concernent les conférences à partir de 1940, des causeries de vulgarisation scientifique à Radio Dakar en 1941 notamment par le professeur Théodore Monod. Des expositions permanentes et temporaires ont été organisées entre 1954 et De 1948 à 1955, cent trois (103) conférences ont été organisées et cent treize (113) causeries radiophoniques ont été faites. La Société des Amis de lIFAN La Société des Amis de lIFAN a été créée en Elle a contribué à lenrichissement des collections et à la vulgarisation du travail scientifique de lIFAN. Sa dissolution est intervenue le 31 décembre 1961 suite à une Assemblée tenue le 21 avril Les raisons évoquées sont relatives à la baisse des effectifs consécutive au retour massif à la métropole, à la difficulté du Secrétaire général dassumer seul la charge du fonctionnement de la structure et enfin au changement des structures politiques des pays caractérisé par une responsabilisation plus accrue des Africains.

47 47 III - Les modes dacquisitions des documents Protection des sites historiques et naturels Pendant du Muséum national dHistoire naturelle en AOF, lIFAN était membre de plusieurs institutions œuvrant dans le domaine de la protection de la nature dans cette zone. Ainsi, il a participé à la réhabilitation et à la sauvegarde de sites historiques classés tels que Gorée, la Pointe des Almadies, le Palais des Rois dAbomey, etc. Le taux daccroissement des patrimoines était très élevé entre 1936 et Une analyse de la politique dacquisition de 1966 à nos jours est utile pour mieux apprécier le travail effectué durant les trente premières années à lIFAN Ch. A. Diop.

48 48 État actuel des collections dans le domaine des acquisitions

49 49 IV - État actuel des collections dans le domaine des acquisitions En janvier 1965, après vingt six années à la Direction de lIFAN, Théodore Monod, retraçant le progrès fait par lIFAN depuis 1938 disait : « loutil induscutablement existe…Au stade quil a désormais atteint, lIFAN est donc devenu, je puis le dire sans fausse modestie, un incomparable instrument de documentation et de recherche ». Ce Commentaire traduisait lattachement de ce chercheur à la documentation qui sest matérialisé par la constitution dune des plus riches et des plus variées collections détudes africaines. Cependant, en dépit de cette fierté, davoir légué un tel patrimoine, Monod avait la certitude que cest par un redoublement des efforts que lIFAN pouvait maintenir sa réputation et faire avancer ses recherches et il exhortait ses collègues à continuer le travail par « un accroissement du potentiel global de travail est indispensable et exige un dévouement sans cesse…ceci comme dans tout autre domaine qui navance pas recule ». Cependant, la question qui se pose est de savoir si ces collections ont connu un réel accroissement en comparaison aux taux qui étaient en vigueur de 1936 à La réponse sera donnée à partir de lanalyse du tableau récapitulatif des patrimoines actuels, des difficultés relatives à laccroissement des collections et des esquisses de solutions pour la mise en place dune politique dacquisition cohérente.

50 50 IV - État actuel des collections dans le domaine des acquisitions 4 – 1 tableau récapitulatif des patrimoines Ce tableau ci-dessous montre la richesse, la diversité et le volume des patrimoines de lIFAN Ch. A. Diop. Il montre un net recul du taux daccroissement des collections de lIFAN. Ce phénomène qui est inhérent aux structures documentaires publiques africaines est lié à plusieurs facteurs notamment des raisons budgétaires.

51 51 IV - État actuel des collections dans le domaine des acquisitions 4 – 2 Difficultés relatives à laccroissement des collections À partir de 1967, il ya eu de sérieuses restrictions budgétaires avec une baisse des acquisitions annuelles en 1968 caractérisées par une suspension de cent quatre (104) périodiques. Le budget qui était de F. CFA en 1966 passe à F CFA en La crise économique qui frappe le Sénégal en 1973 a affecté le budget qui passe entre 1973 et 1974 à F CFA entraînant une baisse des achats de monographies et des abonnements aux périodiques. Ces restrictions budgétaires ont constitué un véritable frein à laccroissement des collections. Cependant, dautres facteurs ont empêché le renouvellement des patrimoines, ils ont pour noms : léthargie de la Commission Documentation ; absence de versement des documents des missions dans les services dinformation

52 52 4 – 2 Difficultés relatives à laccroissement des collections rareté et diminution très sensible des missions sur le terrain, des manifestations dordre scientifique et culturel ; abandon des abonnements aux périodiques du à la cherté des documents avec les prix exorbitants pratiqués par les éditeurs scientifiques ; vie en autarcie de lIFAN et cloisonnement excessif entre structure ; léthargie des publications pendant une décennie ( ) ; absence, avant la mise en place du Service commun de la Documentation, dune structure de coordination des acquisitions entre les unités documentaires de lUCAD pouvant permettre une rationalisation des budgets dacquisition ; absence de budget dacquisition dans les services dinformation et au niveau des musées. La Bibliothèque est lunique structure qui dispose dun budget de F. CFA difficilement mobilisable. Ce budget évalué à F CFA de 1993 à 2003 servait à lachat douvrages rares et de matériel de reliure ; environnement international difficile à maîtriser avec les coûts exorbitants de la documentation imprimée pratiqués par les éditeurs externes notamment ceux des abonnements aux périodiques et lintroduction des licences. Ces deux politiques constituent des entraves à la démocratisation de laccès à linformation. La bonne réputation dun centre de recherche se mesure à sa capacité à produire des articles de qualité scientifique. Cependant, latteinte de cet objectif passe nécessairement par la mise en place de structures documentaires fonctionnelles qui procèdent à un constant renouvellement de leurs collections.

53 53 4 – 3 Esquisses de solution pour la mise en place dune politique dacquisition cohérente Une large concertation devra être menée au sein de lInstitut pour lélaboration dune politique dacquisition cohérente. Elle pourrait passer par les axes suivants : Mise en place dune politique de développement des collections ; Mise en place dune Commission chargée des Acquisitions et des Échanges. Elle pourrait travailler de concert avec la Commission de la Documentation. Elle pourrait regrouper le Directeur de lInstitut ou son représentant, les Chefs de Départements, de Laboratoires, de Services et des Musées. Sa coordination pourrait être assurée par le Chef du Département de lInformation scientifique ; Mise en place de budgets dacquisitions pour chaque structure du Département de lInformation scientifique notamment des caisses davance spéciales ; Instauration dun « dépôt légal interne » avec le versement systématique des documents de toute nature collectés lors des missions des chercheurs financées par lIFAN Ch. A. Diop dans les Services dinformation ; Développement dune politique des échanges avec des organisations nationales et internationales ;

54 54 4 – 3 Esquisses de solution pour la mise en place dune politique dacquisition cohérente Organisation de missions de collectes de documents notamment les documents audiovisuels (photos) et les manuscrits jalousement gardés par des familles. Il est dune impérieuse nécessité de mener des campagnes de sauvegarde et de conservation de ces manuscrits ; Mise en place de partenariat entre les centres qui conservent les manuscrits : Centre Ahmed Baba de Tombouctou, Fondation Hamma Haidara et kati de Tombouctou, IFAN Ch. A. Diop, institutions se trouvant au Niger, en Gambie, au Ghana, en Mauritanie, etc. ; Modalités didentification puis de reproduction au profit des archives, des bibliothèques, des laboratoires et des musées des sources documentaires les plus importantes qui se trouvent hors du continent africain ; Inventaire des documents issus de manifestations dordre scientifique et culturel notamment les colloques, les congrès, les séminaires, les expositions, les conférences, etc. Participation active de lIFAN Ch. A. Diop au Consortium des Bibliothèques de lEnseignement supérieur du Sénégal (COBESS), au Service commun de la Documentation de lUCAD et aux réseaux nationaux et internationaux intervenant dans les domaines similaires. Le rôle du COBESS et du Service commun de la Documentation sera délaborer, de coordonner et dexécuter une politique documentaire commune afin de rationnaliser la gestion des fonds et dutiliser judicieusement les ressources disponibles.

55 55 4 – 3 Esquisses de solution pour la mise en place dune politique dacquisition cohérente Participation plus active des unités documentaires au Mouvement OPEN ACCESS et OPEN ARCHIVES pour faire face aux prix exorbitants pratiqués par les éditeurs commerciaux et à linstauration de licences. Cette voie constitue une alternative pour le développement de bibliothèques électroniques intégrant à la fois des ressources libres et payantes ; Mise en place dune veille informationnelle ; Dotation à lIFAN Ch. A. Diop dun agent comptable autonome. Ce système avait permis, par le passé, à lIFAN de mobiliser et dexécuter avec souplesse son budget et daccomplir normalement ses missions. La réflexion devra être menée sur ce point.

56 56 Conclusion

57 57 Conclusion En management, nombre dorganisations passent par les étapes suivantes : naissance, croissance, maturité, déclin ou retournement. LIFAN Ch. A. Diop na pas échappé à cette règle. Ainsi, si les années 1936 à 1965 ont été des périodes fastes pour lIFAN avec le développement dintenses activités de recherche et laccroissement de son potentiel documentaire, à lheure actuelle, lIFAN Ch. A. Diop est à la croisée des chemins comme le disait le professeur Djibril Samb dans son rapport de 2000 au Conseil dAdministration de lInstitut. Ce constat traduit les actions entreprises pour la redynamisation de lInstitut mais également le chemin qui reste à parcourir pour un fonctionnement efficient de lIFAN. Cette gestion rationnelle requiert lélaboration de produits nouveaux, diversifiés et attractifs qui répondent aux besoins des utilisateurs internes et externes. Cette vision avait été déjà dégagée en En effet, un rapport de synthèse des activités menées depuis 1938 déclinait les orientations pour le développement de lInstitut, notamment en ce qui concerne les documents et les collections : « lIFAN se doit de se dégager de la véritable période daccumulation primitive des matériaux quil vient de traverser pour sengager résolument dans les voies nouvelles du progrès africain et de la connaissance scientifique, […]. Il sagit de faire une couverture stratégique des richesses du milieu tropical que de grouper ces richesses en vue de leur insertion dans le monde en construction… ».

58 58 Conclusion La mise en place dune politique dacquisition ne peut pas être un acte isolé mais elle doit sintégrer dans une politique stratégique et opérationnelle dont la définition et la mise en œuvre requièrent de larges concertations sous forme de journées détudes impliquant des acteurs internes à lInstitut, nationaux et internationaux, la prise en compte de la politique documentaire en vigueur à lUCAD et au COBESS et des tendances en cours au niveau mondial avec les nouvelles pratiques et les nouveaux comportements introduits par les nouveaux supports dinformation virtuels et numériques. Loptimisme doit être de rigueur avec, depuis quelques années, limplication plus active des chercheurs aux activités scientifiques, administratives et culturelles de lInstitut, le travail en synergie entre les scientifiques et le personnel administratif, technique et de service, le fonctionnement effectif des Commissions, la régularité des missions et surtout la diversification des partenaires. La pérennisation des projets relatifs à linformation documentaire tels que le projet de numérisation « Biens culturels africains » passera nécessairement par lélaboration et par la mise en place dune politique dacquisition concertée et cohérente. Ces axes de coopération constituent de réelles opportunités daccroissement, de traitement automatisé, de sauvegarde, de diffusion et de visibilité des activités scientifiques et des collections. Elles devraient permettre à lIFAN Ch. A. Diop de retrouver sa place dans le concert des grandes institutions de recherche et de documentation en gardant lœil rivé sur lavenir et en sefforçant de fructifier son magnifique héritage.

59 59 Je vous remercie de votre attention


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