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Page 1 Démocratisation de lenseignement : bilan et perspectives Eric Maurin, EHESS, Ecole dEconomie de Paris Conférence CRAP, Lundi 3 novembre 2008.

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1 Page 1 Démocratisation de lenseignement : bilan et perspectives Eric Maurin, EHESS, Ecole dEconomie de Paris Conférence CRAP, Lundi 3 novembre 2008.

2 Page 2 Introduction La plupart des pays occidentaux ont mené dans la seconde moitié du 20ème siècle dambitieuses politiques de démocratisation de lenseignement (école « unique », création de nouveaux baccalauréats…). Aujourdhui, ces politiques sont sévèrement remises en question : - à droite, résurgence des critiques traditionnelles : étant donné la diversité des aptitudes innées, illusoire de vouloir imposer à tous le même enseignement secondaire. Contraint à une baisse dramatique du niveau général. Nuit également à la mobilité sociale, au sens où les plus doués des milieux populaires perdent la possibilité dêtre sélectionnés et daccéder aux institutions délite. - à gauche, popularité croissante dune vision malthusienne de léconomie: lécole produit un classement au sein de chaque génération, mais na aucun effet sur lévolution au fil des générations du nombre et de la nature des emplois créés dans léconomie. Dans ces conditions démocratisation = déclassement et frustration.

3 Page 3 Introduction (2) Les bases empiriques de ces critiques sont extrêmement fragiles. Il ne suffit pas de constater par exemple que les bacheliers daujourdhui nont pas accès aux mêmes statuts que les bacheliers dil y a quarante ans pour conclure à un échec de la démocratisation du bac. Cette comparaison ne dit rien sur lévolution de la valeur du bac. (on ne compare pas les mêmes personnes), encore moins sur limpact davoir élargi laccès au bac à de nouvelles populations sur le destin de ces populations. De fait, la question très rarement posée et pourtant prioritaire: quen serait- il aujourdhui de ces nouvelles générations si la démocratisation navait pas eu lieu, si une majorité avaient quitté lécole à 13 ou 14 ans comme dans laprès-guerre? Les situations à lentrée sur le marché du travail puis au cours de la vie serait-elle vraiment similaires à aujourdhui? Les inégalités selon lorigine sociale seraient-elles vraiment plus faibles?

4 Page 4 Introduction (3) Possible aujourdhui de proposer des éléments de réponse précis pour des sociétés aussi différentes que scandinave, anglaise, américaine, ou française. Conduit à une réhabilitation assez claire des réformes menées dans la deuxième moitié du XXème siècle dans pays occidentaux. Réformes ont clairement coïncidé avec une amélioration de la situation scolaire et salariale des générations nées au bon endroit au bon moment. Faut-il continuer aujourdhui ? Possible également déclairer cette question à partir des données retraçant les évolutions contemporaines des inégalités devant le chômage ou la précarité entre salariés de niveau de diplôme différent. Cette communication : mettre à disposition une série darguments empiriques, solides mais peu connus, consolidant un diagnostic nuancé sur lœuvre de démocratisation scolaire aujourdhui accomplie et indiquant les voies dune poursuite de cet effort.

5 Page 5 La réforme comme expérience sociale : les expériences scandinaves Après guerre, enseignement secondaire tout aussi sélectif dans pays scandinaves quen France ou ailleurs : énorme majorité des enfants quittent lécole à 13 ou 14 ans à la fin du primaire (6 + 1 ou 2). Seule une toute petite minorité, issue des classes aisées, suit enseignement secondaire. Idée dun collège unique nest pas moins contestée dans ces pays quen Europe continentale ou UK. Réforme par exemple plusieurs fois ajournée en Finlande. A lépoque, pas clair pour de nombreux observateurs scandinaves quil soit pertinent dobliger les enfants de pêcheurs et de paysans à rester plus longtemps à lécole plutôt que commencer le métier de leurs parents dès la fin du primaire.

6 Page 6 Les expériences scandinaves La vraie spécificité scandinave : les réformes scolaires y ont été conçues en même temps que le protocole permettant dévaluer leurs effets. En Suède, en Norvège ou en Finlande, lécole unique na pas été mise en place partout dans le pays en même temps, mais de manière volontairement décalée dans le temps dune région à lautre. Rend possible de comparer le destin de personnes nées au même moment, dans le même pays, ayant traversé la même histoire économique, mais scolarisés les unes dans lancien système, les autres dans le nouveau système. Les individus que le hasard a fait naître dans une région réformée de façon anticipée ont-ils eu de meilleurs destins que ceux nés au même moment, dans le même pays, mais dans une région non encore réformée.

7 Page 7 Expérience suédoise (1) Réforme en question: mélange dallongement des études et dintégration. Nombre dannées de scolarité obligatoire passe à 9 ans pour tout le monde (soit jusquà 16 ans). Abolition de la sélection à 11 ans sur la base des résultats scolaires. Tout le monde dans les mêmes établissements secondaires. Aide spécifique pour familles ayant à compenser une entrée plus tardive de leurs enfants dans la vie active. Protocole : un quart des municipalités passent à ce système de façon anticipée (ex. : cohorte née en 1948). Une agence nationale créée pour loccasion sélectionne les municipalités passant de façon anticipée en sorte quelles soient représentatives de lensemble des municipalités. Autre spécificité scandinave : la qualité des registres administratifs (et la qualité de laccès à ces registres!). Permet de comparer de façon extrêmement précise les carrières salariales des différentes générations selon la municipalité de naissance et donc selon le type de système éducatif fréquenté.

8 Page 8 Expérience suédoise (2) Méthode : analyser lévolution au fil des générations des différences de scolarité et de salaire entre municipalités réformées de façon anticipée et municipalités réformées plus tardivement (Meghir et Palme, AER, 2002). Exemple de ce que lon peut faire : Génération 1948 : une partie de cette génération (A) grandit dans réforme anticipée et va à lécole unique, lautre (B) partie non. Génération 1953 : tout le monde va à lécole unique, municipalités A comme municipalités B. Question : observe-t-on un décrochage ou un rattrapage (scolaire et/ou salarial) de la partie A par rapport à B entre les générations 1948 et 1953.

9 Page 9 Expérience suédoise (3) Impact sur les destins scolaires: comme prévu, la réforme a un effet très net sur le nombre dannées détude de la population, particulièrement sur les enfants dorigine modeste. Impact sur les carrières salariales : la réforme a également un effet positif sur les salaires moyens reçus au cours de la vie active. En moyenne +1 année détude = +11% de salaire à chaque âge de la vie. Résultat moins attendu : effets salariaux très différents selon la catégorie de la population. Effet positif très fort sur la moitié des enfants des catégories modestes qui réussissent le mieux dans le primaire (les « doués » des milieux modestes), effet positif faible sur la moitié des enfants des catégories modestes qui réussissent mal dans le primaire, effet nettement négatif pour la minorité denfants issus des milieux aisés. Effet moyen masque ainsi une combinaison deffets très différents. La mise en concurrence avec les « doués » des milieux modestes a fait reculer les positions salariales des enfants dorigine aisée.

10 Page 10 Expérience Finlandaise (1) Jusquau début des années 1970, vaste majorité des enfants fFinlandais passent (4+2 ou 3) années de primaire et sortent à 13 ou 14 ans de lécole. Après débats houleux et ajournements, école unique : même enseignement primaire et secondaire, dans mêmes établissements, jusquà 16 ans. Comme en Suède, la réforme mise en oeuvre en sorte de rendre évaluation rigoureuse possible: le pays est divisé en 6 régions et une région seulement est réformée chaque année entre 1972 (génération 1961) et 1977 (génération 1966), du Nord au Sud, dEst en Ouest. On commence en 72 dans la région du Grand Nord, on finit en 77 dans la région dHelsinki. Protocole permet de tester si le passage à « lécole unique» dans une région saccompagne dune montée ou dune baisse des inégalités scolaires et sociales entre enfants nés dans des milieux sociaux différents, par rapport aux régions voisines.

11 Page 11 Expérience Finlandaise (2) Résultats qualitativement similaires à ce que lon observe en Suède : le passage à lécole unique favorise spécifiquement les enfants issus des milieux les plus pauvres. Les chercheurs ayant eu accès aux données administratives finlandaises montrent que le passage à lécole unique saccompagne dune baisse dun quart environ du lien entre revenu des parents et revenu des enfants. (dans lancien système, +10% de revenu parental implique +2,9% de revenu enfant, dans le nouveau +10% parental implique +2,2% enfant seulement). Expérience norvégienne, même type de protocole, même diagnostic : effet positif sur les salaires, effet plus net dans les familles les plus pauvres.

12 Page 12 Expérience anglaise : abolition des grammar schools Ce qui vaut dans les sociétés scandinaves, égalitaires et centralisés, vaut- il ailleurs en Europe et notamment au Royaume-Uni ? Expérience anglaise : après guerre, système ultra-élitiste du Eleven-test et des Grammar Schools, abandonné sous linitiative des travaillistes à partir du milieu des années Débat toujours extrêmement vif. Système éducatif très décentralisé (LEAs). Labandon sest fait dans un grand désordre (par rapport aux scandinaves), selon des modalités et un agenda différent dans chaque LEA. Deux panels extrêmement intéressants : NCDS (génération 1958) et BCS (génération 1970). Permettent de tester si lévolution des résultats scolaires à 16 ans a été similaire selon que le LEA avait mis ou non la réforme en place entre les deux générations (et le degré auquel mis en œuvre).

13 Page 13 Evolution des scores à 16 ans selon le degré de « comprehensivisation »

14 Page 14 Evolution des scores à 11 ans selon le degré de « comprehensivisation »

15 Page 15 Abolition des grammar schools et mobilité sociale Système des grammar schools : être bon élève plutôt que moyen dans le primaire a peu deffets sur la scolarité et la carrière des élèves issus de milieux modestes (quel que soit leur niveau, très peu vont en grammar); en revanche, très importants effets sur les élèves issus de milieux favorisés (dès quils ont le niveau, ils vont en grammar). Après labolition : être bon élève plutôt que moyen a le même effet quel que soit le milieu social dorigine, sur la scolarité, mais également sur les performances ultérieures. Abolition du système des grammar schools a ainsi contribué à réduire les inégalités entre enfants dorigines sociales différentes, notamment au moment de ladolescence. Toute une partie de lopinion britannique reste pourtant aujourdhui convaincue que labolition de la sélection a été contre-productive.

16 Page 16 Abolition des grammar schools et mobilité sociale Derrière cette conviction : les décennies de réforme du grammar school system sont une période où la mobilité sociale a baissé en Angleterre. Examen attentif des données (Blanden, Machin) : lessentiel de la montée des inégalités est tout entier perceptible à 11 ans, avant le collège. La baisse de la mobilité sociale coïncide en fait avec la montée de la pauvreté enfantine dans les années 70 et 80 en Angleterre (multipliée par deux entre NCDS et BCS par exemple). Baisse de la mobilité sociale = effet de la montée de la pauvreté des enfants, mitigé de leffet contraire de la réforme. Leçon de portée très générale : montée ou baisse des inégalités sociales selon lorigine sociale tendent à être interprétées de façon mécanique selon « lécole devient plus ou moins injuste ». En fait, évolution du système éducatif nest quun élément parmi dautre déterminant lévolution des inégalités selon lorigine sociale. Exemple RU très frappant.

17 Page 17 France : les grandes étapes de la démocratisation scolaire Réforme française encore plus compliquée à évaluer (pas de NCDS et BCS). Lente et progressive mise en place dun enseignement primaire et secondaire unifié (« collège unique ») à partir des années 1950 jusquau début des années % de sans diplôme au sein de la génération 1946 et moins de 30% au sein de la génération Démocratisation du bac et de laccès à luniversité à la fin des années % de bacheliers au sein de la génération 1965 et plus de 60% au sein de la génération 1975.

18 Page 18 Débat Ces politiques de démocratisation ont-elles réellement eu un effet sur la qualité des emplois des générations qui en ont bénéficié? Ou bien nont-elles contribué quà une inflation de parchemins au sein des générations successives? La formation initiale a de forts rendements privés, mais a-t-elle un quelconque rendement social? Chacun a intérêt à investir dans sa formation initiale, mais que gagne-t-on, collectivement, à cette compétition?

19 Page 19 Débat Ce qui est bien connu : les personnes diplômées sont mieux payées, ont accès à de meilleures situations que les non diplômées (7% à 10% de bonus salarial par année détude). Ce qui fait débat : linterprétation à donner à cet avantage des diplômés sur le marché du travail et partant, la pertinence de diffuser la formation initiale dans la population. En caricaturant, deux modèles dinterprétation : celui selon lequel formation initiale produit bien un surcroît de capacités valorisées par le marché du travail (école émancipatrice, grand rendement social) et celui selon lequel cela ne produit quune information sur les capacités préexistantes des personnes (école classificatrice, pur rendement privé). Dans ce second cas : rendement social a priori faible.

20 Page 20 Débat difficile à trancher empiriquement Au sein dune cohorte, quel que soit le bon modèle: bonus salarial des diplômés = rendement social+ effet de sélection scolaire. Si expérience contrôlée (ou quasi expérience) dans laquelle on accorde surplus de formation initiale à un petit groupe tiré au sort au sein dune cohorte : bonus salarial des diplômés = rendement social, si et seulement si modèle est « capital humain ». Si bon modèle est « signal », alors les tirés au sort bénéficient toujours de leffet de sélection scolaire. Le débat reste alors ouvert, même dans ce cas de figure idéal.

21 Page 21 Débat difficile à trancher empiriquement Une solution : comparer des groupes également «sélectionnés » du point de vue scolaire, mais clairement identifiables par les employeurs et ayant reçu des niveaux de formation initiale différents (ex: des cohortes successives). Problème des comparaisons de cohortes : il faut pouvoir supposer que la politique scolaire est le principal déterminant de lévolution des situations professionnelles moyennes au fil des cohortes. Une sophistication possible : analyse des inégalités au sein des cohortes entre sous-groupes définis non pas par leur niveau de formation, mais par leur degré de sélection scolaire.

22 Page 22 Les enseignements de la réforme du collège unique La réforme : processus à lissue duquel lensemble dune génération bénéficie de droit dun même enseignement primaire et secondaire gratuit jusquà 16 ans. Processus extrêmement long : des « ordres » scolaires daprès guerre jusquà la fin de la pré-orientation en 5e au milieu des années Résistance idéologique très forte. Principales étapes: loi Berthoin (1959), loi Capelle-Fouchet ( ), réforme Haby (1975), quasi abolition de lorientation en 5e au milieu des années 1980 (Chevènement). Point clef pour notre analyse: le système de sélection des élites scolaires (grandes écoles et plus généralement le supérieur long) reste largement à lécart de ce mouvement.

23 Page 23 Premier âge : évolution des diplômes entre générations

24 Page 24 Les enseignements de la réforme du collège unique Entre les cohortes 1946 et 1964, système des grandes écoles et proportion de la population sélectionnée dans ce système très stable (1% si définition stricte et 4,5% si lâche). Lorigine sociale des élèves de grandes écoles : très stable également sur cette plage de générations. En revanche, pour tous les GE=0, cest une période de fort allongement des études et de diffusion de qualifications professionnelles secondaires courtes (CAP, BEP). Question : lécart salarial observé dans les années 1990, entre les GE=1 et les GE=0 est-il plus faible pour les cohortes dont les GE=0 ont reçu davantage de formation intiale?

25 Page 25 Différentiel salarial très grandes écoles-reste du monde, générations

26 Page 26 Evolution du différentiel GE – non GE ( )

27 Page 27 Résultats Ecart salarial GE-nonGE se réduit régulièrement denviron +6,5% entre génération 1946 et La sélectivité des GE na pourtant pas décru, mais en revanche la proportion de diplômés sest accrue régulièrement (denviron 13 points en 18 générations) au sein de la population non-GE. Si on interprète le +6,5% comme leffet du +13 points, cela suggère un impact denviron +50% des diplômes qui se sont diffusés sur les salaires. En terme dannées études, le rendement social dune année détude supplémentaire est évalué entre 5% et 9%.

28 Page 28 Remarque de conclusion sur collège unique Argument fréquemment avancé : peut-être ne faut-il pas revenir à système dantan (que ferait-on denfants de 14 ans sur le marché du travail?), mais sans doute à une école davantage différenciée, avec des filières mieux marquées dès le début du collège. Comparaison internationale de lévolution des performances moyennes et des inégalités de performance entre 11 et 16 ans (Hanushek, Wossman): les inégalités selon le milieu dorigine augmentent clairement dautant plus entre 11 et 16 ans que le système est sélectif stratifié. Les performances moyennes augmentent en revanche dautant plus que le système est intégré (compréhensif) même si leffet est moindre que sur les inégalités.

29 Page 29 Deuxième âge : démocratisation du bac et accès à luniversité Fin des années 1980 : achèvement du collège unique (réduction des redoublements, suppression effective pré-orientation 5e, 95% dune génération en 3e vs 70% au début années 80). Création du bac pro (1987), nouveaux bac pro entre 87 et 93. La dépense par élève dans le secondaire croît 3 fois plus vite entre 1987 et 1993 que dans les années précédentes et ultérieures. Multiplication des places en universitaire technologique court et notamment STS : entre 87 et 93.

30 Page 30 Evaluation de la démocratisation du lycée Autre évaluation possible de cette seconde phase (i.e., autre que celle sappuyant sur le différentiel GE-nonGE) : tirer parti du fait quelle sest déroulée sur une plage de temps plus courte et a inscrit des inflexions nettes dans lévolution des niveaux déducation en France que le passage au collège unique. Cohortes : % bac croît de 0,8 point par cohorte. Cohortes : % bac croît de 2,5 points par cohorte. Cohortes : % bac croît de 1,95 point par cohorte.

31 Page 31 Proportion de bacheliers cohortes

32 Page 32 Evaluation de la démocratisation du lycée Question: ces inflexions ont-elles modifié le rythme de création demplois de cadres et professions intermédiaires offerts par les entreprises aux salariés en début de vie active (emplois cadre et PI = mesure de revenu permanent, peu sensible au smic). Proportion de cadres et professions intermédiaires 4 à 5 ans après la sortie de lécole : Cohortes : % cadre et PI croit de 0,2 point/cohorte. Cohortes : % cadre et PI croit de 0,9 point/cohorte. Cohortes : % cadre et PI croit de 0,6 point/cohorte.

33 Page 33 Proportion de cols blancs 4-5 ans après la sortie de lécole

34 Page 34 Rapports entre surcroît de (bac. et +) et surcroît de cols blancs

35 Page 35 Réforme française : synthèse Dans la mesure où les inflexions à la hausse, puis à la baisse de la proportion de cadres et professions intermédiaires à lentrée sur le marché du travail sont bien le reflet des inflexions de la politique éducative, on obtient une évaluation très similaire pour chacune des deux inflexions : un surcroît de 10 points de bacheliers au sein dune cohorte génère un surcroît denviron 3,9 points de cadres ou professions intermédiaires au sein de cette cohorte 4-5 ans après la sortie de lécole. Explication profonde : léconomie se renouvelle sans cesse, vision malthusienne, statique, complètement dépassée. Il se crée et se détruit chaque année un volume considérable demplois, bien plus considérable que ne le laissent supposer évolutions nettes (quand 0% en net, cest léquilibre entre +8% de nouveaux créés et –8% danciens détruits). Les formes que prennent ces renouvellements, la nature des emplois nouveaux qui se créent dépendent crucialement du niveau de qualification des personnes présentes sur le marché du travail et particulièrement des nouveaux venus.

36 Page 36 Quelques remarques de méthode La comparaison de générations entières successives (par opposition à des comparaisons within générations) mesure bien un effet social (par opposition à effet privé). Il sagit dune analyse des rendements sociaux moyens sur la période de la réforme, pas de leur évolution (confusion extrêmement fréquente entre débat sur le niveau des rendements et sur leur évolution) Evolution du rendement social: concept plus délicat encore à définir (la population « formée » change) et à mesurer (il faut deux expériences et non plus une seule) que le rendement moyen sur une période. En tous cas, pas appréhendable à travers lévolution des bonus salariaux et statutaires dont bénéficient les diplômés ou à travers lévolution de la situation professionnelle des « jeunes » (les ans par exemple) : en période dexpansion scolaire, ces méthodes captent mécaniquement leffet de lévolution de la sélection scolaire. Interprétation donc très difficile.

37 Page 37 Quelques remarques de méthode Pour les générations du début des années 1960, les bacheliers=le meilleur tiers des élèves; Pour les générations du milieu des années 1970, les bacheliers=tout le monde sauf le tiers le plus faible. En 15 générations, la sélection dont la population de bacheliers est le résultat sest ainsi considérablement relâchée. Dans ces conditions, le fait que la proportion de cadres et professions intermédiaires parmi les bacheliers 4 ou 5 ans après la sortie de lécole soit passée de 55% à 50% sinterprète très difficilement. Ne dit rien sur ce que nous mesurons = effet pour les nouveaux bacheliers davoir bénéficié du nouveau système plutôt que de lancien. Même type de problème quand on raisonne sur les actifs de ans. En période dallongement des temps de formation initiale, cette population représente une fraction bien plus faible scolairement en fin de période quen début de période.

38 Page 38 Proportion de diplômés du supérieur long

39 Page 39 Proportion de Cadres (4 à 6 ans après sortie de lécole)

40 Page 40 Faut-il poursuivre louverture? Ce qui valait dans les années 1980 ne vaut pas nécessairement aujourdhui. De fait, une nouvelle étape dans la démocratisation concernerait de nouvelles franges de la population, pour lesquelles les effets à attendre sont peut-être plus faibles (mais peut-être plus forts aussi…). Que nous enseignent les tensions actuelles du marché du travail? Avec le renouvellement des générations, la part des diplômés (bac et plus) dans la population active (dans loffre de travail) continue mécaniquement daugmenter, chez les H comme chez les F. Environ +5 points de bac+2 entre début des années 1990 et début des années En parallèle, pour les employeurs le coût de lemploi dun (bac et plus) par rapport au coût de lemploi dun non bachelier est très stable dans le temps (cf baisse de charges ciblées sur non qualifié). Rapport de 1 à 2.

41 Page 41 Faut-il poursuivre louverture? (2) Si la demande des entreprises restait inchangée, on devrait donc assister à une hausse relative du chômage et de la précarité des (bac et plus) par rapport aux non bacheliers (ils restent aussi « chers » quavant mais sont de plus en plus nombreux à se disputer les places offertes par les entreprises: leur situation relative devrait séroder). Or cest exactement le contraire que lon constate : la situation des (bac et plus) dans lemploi tend à saméliorer par rapport à celle des non bacheliers. Ils sont de plus en plus nombreux en compétition, mais en comparaison avec les non bacheliers, de moins en moins exposés au chômage et aux emplois instables (entre 1990 et 2002, la proba. de contrat instable a cru de +60% pour les non bacheliers par rapport aux bac et plus) Très cohérent avec ce que lon observe dans la plupart des autres pays développés : la demande de travail des entreprises tend à se déformer au profit des personnes les mieux diplômées et au détriment des personnes les moins diplômézs. Evolution récente : polarisation, décrochage des diplômes intermédiaires.

42 Page 42 Autres formes deffets purement sociaux de léducation Aux Etats-Unis (travaux dE. Moretti), recherches démontrent que lorsquune loi élève lâge minimum de fin de scolarité dans un état par rapport aux états voisins, non seulement le niveau déducation de la population de cet état sélève par rapport à celle des états voisins (ce qui est attendu, effet direct de la réforme), mais les taux globaux dincarcération et de criminalité tendent simultanément à diminuer très sensiblement dans cet état par rapport aux voisins. Coïncidence suggérant effet très positif de léducation sur le niveau de violence et de criminalités dans une société. Aux Etats-Unis toujours, recherches démontrent quun même type dentreprises (au sens : même niveau de diplôme et dexpérience des salariés employés) tendent à être plus productives quand elles sont implantées dans une ville où la population est par ailleurs mieux formée. La productivité et les revenus générés par une entreprise dépendent non seulement du niveau de formation des salariés quelle emploie, mais également de celui des personnes de la localité dans laquelle elle interagit.

43 Page 43 Eléments de conclusion : débats en cours …tout ne va pourtant pas très bien… Maternelle : bilan « social » positif, bilan « scolaire » plus mitigé. Remédiation : Politiques zones prioritaires vs politiques individualisées (redoublement, SEN). Solution à la hollandaise ? Collège : pilotage par résultats (socle commun) plus que moyens? Carte scolaire, concurrence, libéralisation. Expériences étrangères ne laissent rien espérer de très bon. Problème de civilisation. Pour autant comment permettre aux bonnes pratiques de se définir localement et de se généraliser? Transition lycée/université : politique de soutien en première année? Dualisme de lenseignement supérieur : sans doute lun de nos problèmes de fond. Surdétermine les comportements de nombreux acteurs, parents et professeurs. Politiques sociales et performances scolaires : seule véritable voie vers une plus grande justice scolaire?


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