La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

A 41 km au Nord Est d'Oran, se trouve l'une des plus belles baies de la côte algérienne, la Baie d'Arzew, très bien protégée des dangereux vents du nord-est.

Présentations similaires


Présentation au sujet: "A 41 km au Nord Est d'Oran, se trouve l'une des plus belles baies de la côte algérienne, la Baie d'Arzew, très bien protégée des dangereux vents du nord-est."— Transcription de la présentation:

1

2 A 41 km au Nord Est d'Oran, se trouve l'une des plus belles baies de la côte algérienne, la Baie d'Arzew, très bien protégée des dangereux vents du nord-est par la pointe du Djebel Sicloun, dernier contrefort du Djebel OPOUSSE, au-dessus de la Méditerranée. Lhistoire

3 Entre Arzew et Saint-Ieu, le plateau de Bettioua, domine les plages et jouit d'un climat plus sain. C'est pourquoi, ce site privilégié a vu, très tôt, l'installation de l'homme, avec les Atériens de la Préhistoire, entre et ans avant notre ère, puis avec les Berbères arrivés là, il y a environ dix mille ans. Dans l'Antiquité, plus de mille ans avant notre ère arrivent du Liban, les navigateurs commerçants Phéniciens qui installent des comptoirs tout au long de la côte africaine et abordent l'Espagne.

4 C'est ainsi, que les Phéniciens fondent un grand comptoir dont le nom n'a malheureusement pas été retrouvé, sur le site actuel de PORT-AUX-POULES. Leurs bateaux devaient aborder sur la plage entre les sites actuels d'Arzew et de Saint- Leu, puis devaient, par mauvais temps, s'abriter dans le port creusé dans la corne rocheuse de Port-aux-Poules. Après avoir détruit l'Empire punique de Carthage, les Romains s'installent pour sept siècles en Afrique du Nord.

5 C'est probablement au cours du premier siècle de notre ère qu'ils redonnent vie au port punique sous le nom de PORTUS MAGNUS, le Grand Port. Blason communiqué par Moïse Benhamou

6 Le port marchand est alors abrité par la corne rocheuse de Port-aux-Poules, mais la ville s'étend sur le plateau de Bettioua, sur l'emplacement actuel de Saint-Leu et jusqu'à celui d'Arzew. Arzew est donc, à cette époque, un quartier de Portus Magnus. Il semble bien que Portus Magnus ait été détruit lors de l'invasion des Vandales vers 429/430. Et il faudra attendre la conquète Arabe (à partir de 647) pour voir réapparaître ce port dans l'histoire du Maghreb.

7 C'est le grand géographe de Cordoue, EL BEKRI, qui, dans sa description de l'Afrique Septentrionale (1068), mentionne ARZAO, le vieil Arzew, ville construite par les Romains et maintenant abandonnée. Le port va véritablement renaître avec la dynastie des ALMOHADES, intégristes musulmans du Maroc, qui vont bâtir un empire en Espagne qui s'étendra aussi à toute l'Afrique du Nord (116~1230) Dès 1162, ARZAO, devient un des grands ports de l'Empire et cette fois-ci il est aménénagé sur l'emplacement actuel d'Arzew.

8 Aprés la disparition de l'Empire Almoade, ARZA0 restera l'un des grands ports du Royaume Abdelouadide de Tlemcen et on l'appelle d'ailleurs MARSA BENI ZIAN, le port des Béni Zian, les princes qui règnent sur cet Etat qui s'étend jusqu à Ténés. Ce port commerce avec l'Espagne musulmane et les états chrétiens de la Méditerranée. Avec la Reconquista de l'Espagne par les Rois Chrétiens puis la chute du dernier royaume musulman de Grenade (3 Janvier 1492) les Musulmans d'Espagne, chassés par les persécutions, gagnent le Maghreb et c'est ainsi que des Morisques venus d'Espagne vont faire d'ARZAO, un repaire de pirates "barbaresques".

9 Les Espagnols débarquent et s'installent à Mers-El-Kébir puis à Oran en 1505 et Ils exercent une sorte de protectorat dans la région et ainsi Arzew, Mazagran et Mostaganem concluent des conventions en ce sens avec les Espagnols en Cela ne va pas durer longtemps car les Turcs, partis d'Alger et lancés à la conquète de Tlemcen vont faire du port de Mostaganem la base miltaire de leurs expéditions contre les Espagnols. Lors des assauts malheureux des Espagnols contre Mostaganem (1543, 1547 et 1558) Arzew servira de base de repli aux troupes espagnoles vaincues qui essaieront de regagner Oran par la mer.

10 Après le départ définitif des Espagnols d'Oran (1792), le port d'Arzew, verra sa prospérité assurée par les exportations de blé, venant de la plaine de St-Denis-du Sig. Le 10 Juillet 1833, les Français de la garnison d'Oran sont appelés par le Caïd d'Arzew. Ils débarquent à Arzew le 3 ou 4 juillet, qui à cette époque s'appelle simplement MARSA (le port, en arabe) Le 26 Février 1834,est signé un traité entre le Général Desmichels qui commande la division d'Oran et l'Emir Abdelkader. Arzew y est mentionné en arabe ARZIOU et en français ARZOWE.

11 Une ordonnance du Roi Louis-Philippe du 12 août 1845 porte création d'un centre de colonisation à ARZEW LE PORT. Ci-dessous une vue du port datant de 1960

12 La ville deviendra commune de plein exercice avec le décret du 31 décembre 1856 sous le nom d'ARZEW, et ce nom ne changera pas après l'indépendance de l'Algérie. ARZEW est toujours ARZEW dans nos coeurs

13 Photos souvenirs du vieil ARZEW Notre église et ses palmiers encore bien petits

14 Le Kiosque

15 La célèbre et principale rue d'Arzew, la rue d'Isly.

16 La rue d'Isly, encore plus ancienne Le jardin public La Mairie

17 ARZEW aujourdhui …. Le retour de la chasse, avec au fond, le monument aux morts.

18 La vue générale d'Arzew

19 La plagette et le port avec le premier quai

20 Espalnade construite sur les anciens remparts d'Arzew Et bien sûr le Phare que nul ne peut oublier !

21 Autres photos anciennes ou plus récentes

22

23

24

25

26

27

28 la plagette le long de la promenade des palmiers la plagette continuation

29 Très belle vue de la Fontaine des Gazelles et le phare et continuation vers le Cap Carbon

30 Ils ont bien poussé les palmiers de la place

31 Dautres photos de Salim Bettahar cette fois Arzew Centre, sans l'église difficile de se repérer...

32 Arzew Sud, devenu une ville de habitants...

33 Petite crique vers le Cap Carbon Une vraie carte postale

34 Fontaine des Gazelles

35 Quelques anciens Arzewiens retrouvés … Nom et Prénom Année de naissanc e Adresse à Arzew Adresse actuelle s RAMOGNINO Pierre rue Jean Jaurès -- RAMOGNINO Jean-Pierre rue Jean Jaurès 21 rue des Docteurs Charcot Saint- Etienne BENHAMOU Moïse 1925 Rue d'Isly Pharmacie Benhamou,38,rue Salvador Allende Grande Synthe f.fr RAMOGNINO Monique 1940 Ecole Maternelle 63 rue de la Fontaine ANGERS

36 MONTOYA Rolande 1962 HBM Rue des Jardins - e.fr VIRGONA Catherine 1931 Rue Clobel Montoya Catherine Bat A2La Florido MANOSQUE e.fr THUBERT Jean 1948 Ecole Maternelle Résidant dans le PUJOL Alain rue Denfert Région de BARCELO Jean- Baptiste Fils de Miqualet rue Voltaire Maison Minouto Résidant à om GARCIA Didier 1934 Village Chevrier 1 impasse de la Colinette PEYPIN FAMIN Jules 1937 H.B.M d'Arzew 17 Clos du prieuré ROZEIEULLES

37 Mme Monique BERTIER- VICEDO -- Le Gerfaut Apt 355 Rue Cdt Houot TOULON - DUBOIS Daniel 1944 Ferme Ricard.Quar tier des Jardins 2 Allée du Ventoux ST FONS fr HERIN Geneviève née VINTEZOUT Qui a connu sa maman née PARDO ? fille de PEQUICO pêcheur rue JJ Rousseau Les Camelias B, 100 Avenue du Loup PAU. HERISSY Agnès née CHARLES Qui a connu ses parents ou sa grand mère Mme PUJO 1955 Les Castors - ALEMAN Michel, fils de Luisico Pêcheur 3 mars rue de Lodi Ancienne Douane - mn.aleman

38 BLASCO Francis 1944 Rue Jean David 16 Chemin St Henri AVIGNON BLASCO Geneviève 1946 Épicerie,Ru e d'Isly 16 Chemin St Henri AVIGNON CANICIO François D'autres CANICIO: Nicole, et Emile 18/07/19 57 Rue Voltaire Cabries ALCARAZ Alain 01/12/46 Cité des jardins 3 rue Commandant Osmin Durand - MOYA Serge 15 Août 1948 Retour de la Chasse 20, rue des favorites Paris m GRAU Manuel Chauffeur chez Benyaoun et Vidal et Faz et Marchado 17 décembre 1926

39 La famille RAMOGNINO, une famille de pêcheurs La famille RAMOGNINO est originaire de VARAZZE (République de Gènes), petit port de pêche de la Riviera Ligure, qui jouxte Gènes aujourd'hui. La famille est arrivée à Arzew en 1852 et se compose du père Giuseppe, de la mère Maddalena Guastavino et de leur fils Giuseppe âgé de 13 ans. Ce dernier sera naturalisé français d'office le 22 octobre 1889 comme tous les ressortissants de la Péninsule italienne, présents en Algérie à cette époque et à l'occasion du premier centenaire de la Révolution française.

40 Giuseppe Ramognino est l'importateur du premier bolitche, engin venu tout droit de la Riviera italienne et plus précisément du golfe de Gênes et du petit port de Varazze, le second Giuseppe, ses fils et petits-fils, Pierre, Benoît, Emmanuel, puis ses arrière-petits fils Pépet, Pierre, Jeannot continueront la tradition mais cette 4 ème génération abandonnera la pêche pour exercer les métiers de cheminot, instituteur ou de douanier... La famille maternelle, les Ferrer-Boronad, est originaire de Calpe, Province de Valence Espagne. Cette famille est arrivée en Algérie avant 1850 puisque l'arrière grand père et le grand-père maternels aidèrent le génie militaire français à bâtir les fortifications d'Arzew: murailles d'enceinte avec meurtrières, le Fort du Nord, le Fort du Sud et le Fort avancé.

41 De Gauche à Droite: Pierre RAMOGNINO dit Péyé, Patron Pêcheur et sa femme Blanchette, un marin algérien, Joseph, fils aîné et petits enfants.

42 Au centre Pierre Ramognino Patron Pêcheur, derrière la jeune fille, à sa droite son fils Pierrot, en chemise blanche. A droite son frère Jeannot en maillot noir de l'époque. La poche du bolitche sur la plage d'Arzew-St-Leu.

43 Après leffort ! Un moment de détente ! Le bateau sur la plage de St-Leu

44 Une belle prise ! Pierre Ramognino dit Pierrot au Centre

45 Les associations Les anciens du Cours Complémentaire d'Arzew ont édité une magnifique assiette souvenir

46 Les fêtes Arzew, comme d'autres villages de l'Oranie, Rio Salado, Lourmel,… était célèbre pour ses fêtes paroissiales du 15 août Le kiosque illuminé pour les fêtes du 15 aôut

47 Les feux d'artifices sur la plagette Georges Campos

48 Souvenirs de Roger Navarro Je me souviens bien de ces fêtes et pourtant j'étais petit. C'était heureux, riant, plein d'ambiance bon-enfant, du moins c'est le souvenir que j'en garde. Je me souviens que je finissais par m'endormir sur une chaise pendant que la fête battait son plein. Mes soeurs, plus grandes se baladaient sur "les boulevards", synonyme pour les jeunes-gens de "drague" ou plutôt de "fréquentation". Elles commençaient à avoir des prétendants, des "béguins". Curieux que ça me revienne! Je me souviens de ces allées et retours des "Palmiers" et la surveillance serrée des parents, non loin de là

49 C'est là aussi que les militaires, défilaient le 14 juillet. Le pas lent des légionnaires dans les défilés. Et le murmure d'admiration qui montait de la foule à leur passage. Je crois que dans ce murmure qui montait comme une vague pouvait se lire l'envie de croire qu'on n'était pas tout seuls. L'image des légionnaires est attachée à Arzew, sorte de derniers remparts contre l'ignominie. […]

50 Les écoles Voici une photo de l'Ecole maternelle en face du Monument aux Morts de notre village. Photo transmise par Jean Thubert qui est né dans cette école où sa mère était institutrice.

51 Une photo de classe de cette école de Et là cest Mammie !!!

52 Classe de Melle Ortéga en élèves et le sourire !!!

53 Mais il y avait aussi l'Ecole de Garçons derrière l'église. Nous aurions préféré avoir la façade. Dommage !

54 Dans la rue du marché, la rue Jean Jaurès, anciennement la rue Philippe il y avait l'école des filles. N'oublions pas non plus l'école des Soeurs Trinitaires Voici une photo de 1947 fournie par Francine Ségura déguisée en hindou au premier rang et de gauche à droite. A sa gauche Lucette Baudet et en position N° 4 Evelyne Amat.

55 Voici aussi ci-dessous la photo de l'École de la Guetna. C'est l'école d'autrefois qui a été repeinte entièrement. Photo par J.Thubert prise en 2001

56 Livres et documents Mais aussi une thèse de Sophie Médrano, Arzew et Mémoires d'Arzew de Jean Soler …

57 Pourquoi Arzew avec un W ? Arzew, avant d'être notre Arzew, a vu passer nombre de peuples marins méditerranéens dont les Romains de l'empire qui l'appelaient Portus Magnus, le Grand Port; les Turcs, pirates, soldats ou commerçants et les Français, qui firent de l'ERZIOU arabe ARZEU. Pourquoi alors le W de l'orthographe que nous connaissons ? A R Z E W... Voici une explication: Arzew était le terminus de la ligne, de chemin de fer (CFA) Oran- Colomb-Béchar qui traverse les hauts Plateaux Algériens, terre d'élection de l'alfa, une graminée. Pierre Ramognino

58 L'alfa, matière première du papier de même nom, papier de luxe, uniquement fabriqué en Angleterre. ARZEW était le port de l'Alfa, venu en vrac par le train, et qui était pressé en bottes d'un quintal par des ouvriers espagnols spécialisés. Ces bottes d'abord rangées en blocs pyramidaux, sur les terre-pleins du port ou dans le creux de la carrière du cimetière, étaient chargées le moment venu, sur les bateaux charbonniers anglais dont ils constituaient le frêt de retour. Ces bateaux à l'aller avaient distribué le charbon des mines anglaises à Gibraltar, Oran, Alger, Bizerte, Tripoli, Le Caire et retour à vide ou presque jusqu'à ARZEW.

59 C'était le temps des moteurs à vapeur. Les Anglais avaient des représentants commerciaux à Arzew et c'est sans doute eux qui entendant les autochtones parler d'ERZIOU ont remplacé le "U" par le "W" qui se prononce IOU dans leur langue et comme cela ne dérangeait personne même pas l'administration française, Arzeu s'est écrit Arzew. Une petite singularité dans le nom de notre petite ville, ce n'est pas plus mal et cela est très sympathique. Nos compatriotes métropolitains ne savent pas lire ARZEW avec ce W...Nous oui !

60 La baie dArzew Nous étions petits et grands, de fervents amoureux de la Grande Bleue qui nous avait concédé, à nous Arzewiens, notre plagette, les grandes plages du Fort du Sud, de Damesne et de Saint-Leu et la belle côte rocheuse, au-delà de notre cimetière avec la "Fontaine des Gazelles et la "Cova Rodja" (la grotte rouge) De Port Say à la frontière marocaine jusqu'à Stora ou La Calle proches de la Tunisie, il n'est pas de baie aussi belle que la Baie d'Arzew, avec une ouverture sur le large de plus de 50 milles marins Pierre Ramognino

61 Lisons ce qu'en disait le Docteur en Pharmacie S. SANTA dans son mémoire de 1961 intitulé: "Les poissons et les mondes marins des côtes de l'Oranie" Avec le Cap Cap Carbon commence la grande baie d'Arzew qualifiée parfois de golfe. Ce dernier terme pratiquement inutilisé dans nos régions montre l'importance d'une région côtière qui mérite l'étude quelque peu détaillée à laquelle nous allons nous livrer. Entre le Cap Carbon et le Cap Ivi, la baie s'ouvre au Nord sur 72 Km et la flèche est de 30 km. Du Cap Carbon à Arzew le "Sahel" (le littoral et son relief) plonge dans l'eau et rend cette zone assez rude.

62 Seule la plage du BOLITCHE est à retenir (plage de la Cova Rodja), plage neuve (pladja Nova), Pladja d'Arzeou veil). A partir d'Arzew nous voici sur sables. Ceux-ci vont s'étendre de façon continue sur 13 km. Une zone rocheuse occupe ensuite les 3,5 km qui nous séparent du petit port de Port aux Poules (Mers el Hadjaz). De Port-aux-Poules jusqu'au Marabout de Sidi Mansour, la plage de la Macta reprend ses droits dans une légère invagination côtière longue de 3 km. Ensuite la côte remonte petit à petit sur le Nord, va présenter des alternances littorales sablonneuses et rocheuses jusqu'à la pointe de la Salamandre qui précède le Port de Mostaganem. Citons sur ce parcours la petite plage de la Stidia, de son nom arabe, Georges Clemenceau, de son nom français.

63 Enfin entre la pointe de Karouba et le Cap Ivi, en passant par l'embouchure du Chéliff, la côte est jalonnée tantôt par des plages tantôt par des roches peu élevées. Mais avec La Salamandre, Mostaganem, Ouillis, Bosquet, Lapasset et le Cap Ivi nous ne sommes plus chez nous et il nous faudra, nous Arzewiens, revenir sur notre baie, pour comprendre pourquoi elle fut l'âme de notre vie et celle de notre beau village.

64 La richesse des fonds marins de la baie d'Arzew a permis aux gens de mer de pratiquer toutes sortes de pêches, avec filets traînants, filets flottants, palangres, lignes de fond, nasses etc... A chacun de ces engins correspondait une spécialité marine et des prises de poissons différents, avec des bateaux et des engins appropriés. On a ainsi connu les chalutiers et, juste avant, les "pareilles", naviguant à deux pour traîner l'engin de fond connu sous le nom de filet- bœuf, au prix de prouesses "voilières" inouïes. La pêche à Arzew (1) Pierre Ramognino

65 Ensuite pour la même pêche, un seul chalutier traînant le même filet-bœuf grâce à des panneaux de fond dont l'orientation particulière permettait au filet de rester ouvert pendant la traîne. Les derniers maîtres de ces bateaux ont été les frères Angelotti et les Ferrer-Boronad (El LLout). Cette pêche au chalut était très contestée par les petits pêcheurs et les écologistes de l'époque en raison de la destruction des fonds marins et la prise trop abondante de poissons immatures par suite d'un maillage trop serré des filets.

66 De la même famille que ces filets traînants, deux autres filets semi-traînants plus fragiles et moins destructeurs sont le TARTANON (petite SENNE) dont les ailes ne dépassent guère 12 ou 13 mètres (5 ou 6 brasses) un métier d'appoint et le BOLITCHE ou SENNE, RISSOLE en Italien. Pour les pêcheurs le "BOLITCHE" était "l'Arte Real " "l'art royal", l'ancêtre des filets puisque Saint Pierre, quand il n'était que Simon le pêcheur, s'en servait déjà dans le Lac Tibériade et la légende dit que cette pêche fut l'occasion pour Pierre-Simon de se montrer un jour très ingrat envers Jésus. Et pour les siècles des siècles, le poisson "Saint Pierre" restera le témoin de cette ingratitude.

67 Cet engin a été introduit en Oranie et à Arzew vers 1852, depuis Gênes, qui n'était pas encore italienne, par Giuseppe Ramognino, fondateur de la lignée du même nom et époux de Maddalena Guastavino. Le dernier BOLITCHE de cette famille a été vendu en 1961 à un pêcheur algérien par les arrière-petits fils de Giuseppe, Pierrot et Jeannot de la 4 ème génération des Ramognino d'Algérie. Il est d'autres filets, dits "filets flottants" parce qu'ils sont toujours maintenus par des flotteurs de liège au-dessus du fond. Les uns sont fixes et les autres dérivants.

68 Ce sont le SARDINAL, les bonitières, les filets à thons que l'on pêchait "à l'éclair" que lançaient les bancs de bonites, de bachorètes, de thons bleus ou de thons dans la nuit profonde. C'était la pêche 'AL LLAMP" (à la lumière). Les spécialistes arzewiens furent Juanico Lubrano de Lucien et les Fiorentino. Autres filets flottants : le LAMPARO et le RING-NET pour la pêche au feu, à la lumière et la MADRAGUE du Phare d'Arzew, filet fixe à grand rendement. Pêche déjà industrielle de la famille Lubrano-Rapentis apparentés à la famille Diacono. Les Lubrano San Tomas pêchaient eux au TR , déformation de "Trois mailles".

69 De nombreux pêcheurs utilisaient des PALANGRES ou des NASSES et des générations entières de pêcheurs d'Arzew ont ainsi vécu de la mer qui jamais ne les abandonna. L'un d'entre eux, Jaime Sau, dont le surnom était "Caoutchouc" tellement il était grand, souple, élancé, était le spécialiste jalousé, des prises de langoustes. Personne d'autre que lui, ne connaissait le "coin" aux langoustes dans la mer profonde et Caoutchouc est parti dans l'autre monde sans avoir révélé son secret à qui que ce soit. Et les langoustes arzewiennes attendent un autre pêcheur de la classe de...Caoutchouc

70 Arzew a vécu de la mer, par la mer et pour la mer. Sa population de base, la plus nombreuse étaient ces pêcheurs et marins, espagnols et italiens, quelques descendants de métropolitains dont Mr Lepée, le scaphandrier chargé de veiller au bon état des parties immergées de nos quais où s'amarraient les embarcations de pêcheurs: le 2 ème quai où le poisson pêché dans la journée était vendu à la criée par les mareyeurs: le 3 ème quai ou quai de l'alfa et de tout le frêt reçu de France ou expédié en France et enfin la jetée chargée de protéger le port et la plagette des vents dominants du Nord-Ouest.

71 Vue générale du port avec le DUQUESNE amarré à la jetée dite de l'ABATTOIR. Sur les pêcheurs, leur origine, leur organisation sociale on a beaucoup parlé et quelquefois écrit. Et pas toujours pour leur rendre justice, sans référence à la dureté de leur vie, aux dangers encourus et à leur vaillance, à leur esprit d'entraide au moment du danger et à leurs différences, quelquefois antagonistes, suivant le métier pratiqué.

72 Et nos pères, grands pères, et arrière grands pères ont eu à subir par exemple les " jugements" d'un certain Monsieur A. Gruel, Professeur au Muséum national d'Histoire naturelle et par ailleurs, conseiller technique au ministères des Colonies. Citons :" La diversité des races et d'origines des pêcheurs n'est pas faite pour développer la pêche et surtout la moderniser et l'industrialiser... Le malheur c'est que les parents ne tiennent pas suffisamment leurs enfants et ne semblent avoir sur eux aucune autorité, les laissant vagabonder et prendre de mauvais instincts dans la rue et ailleurs...

73 J'ai pu me convaincre, que sauf exceptions heureuses, où l'on trouve des hommes travailleurs, sobres, aimant leur métier, beaucoup trop de pêcheurs sont paresseux et noceurs. Dès qu'ils ont vendu un peu de poisson, ils ne font plus rien, courent de cabarets en cabarets et dans certains établissements que la police tolère mais que la morale réprouve, sans souci du lendemain, vivant au jour le jour et cherchant à vendre leur marchandise le plus cher possible pour gagner davantage en travaillant moins...

74 Tandis que les colons, en grande partie français, représentant une élite instruite et énergique capable d'une adaptation rapide, ont créé de toutes pièces une agriculture plus scientifique que celle de la Métropole, les premiers colons maritimes, produits exclusifs de l'immigration étrangère venaient s'établir en Algérie en apportant leurs méthodes millénaires et sans avenir...Ces premiers colons maritimes proviennent de la partie la plus misérable, la plus arriérée, la plus illettrée, la moins perfectible et par conséquent la plèbe maritime de l'Espagne et de l'Italie...C'étaient de vrais déchets sociaux. La loi de 1885 qui fit de ces sortes de parias, des citoyens français, n'a malheureusement pas changé grand chose à leur mentalité."

75 Mais oui, cela a été écrit et pensé. La France heureusement a envoyé en Algérie, d'autres de ses fils, instituteurs, prêtres, ingénieurs, fonctionnaires, paysans, qui firent de l'Algérie la perle de l'Empire, sans doute aucun, mais surtout une terre fraternelle et féconde. La petite ville d'Arzew, véritable pays du "matin calme" est l'exemple-type, de ce que la France Républicaine a pu construire de beau et de grand dans le monde: une société de paix, de liberté, d'égalité et de fraternité, comme on le voit sur la photo qui va suivre.

76

77 La pêche à Arzew (2) Pierre Ramognino La pêche est l'activité essentielle parce que vitale. Nous avons évoqué ci-dessus, les embarcations et les engins utilisés. Le poisson pris dans la journée, dans la nuit, ou à l'aube (alba) était acheté par les mareyeurs à la "criée" suivant la bonne règle: acheter le meilleur marché possible et revendre le plus cher possible. Mais ne voyons ici que l'aspect pittoresque de cette criée.

78 Pêcheurs en tenue de travail, magnifiques de prestance, de dignité, mareyeurs et la foule des curieux, le cri monotone des prix du poisson mis aux enchères, c'était de 16 heures à 18 heures un spectacle d'une vie exceptionnelle qui attirait chaque jour un immense public. Quels étaient les poissons mis aux enchères à la criée d'Arzew ? Bien sûr le meilleur de toute la Méditerranée. Bien sûr, c'était aussi ce que disaient les pêcheurs d'Oran, de Beni-Saf, de Mostaganem...Oui..., mais nous nous ne mentions pas. C'était la vérité ! Poissons pêchés par les filets flottants: le poisson dit « bleu » :

79 sardines (sardinas), allaches (allaches), maquereaux (cavailles), melvas (melvas), bonites (bonitos), bacorètes, thons gris (tonines) Espadons (pèch d'Espa, poisson épée). Noms des spécialistes de ce type de pêche: Lubrano et alliés aux Toscanini, Diacono, Fiorentino... Poissons péchés par les bolitches et chalutiers : Tout le "poisson bon" autrement dit le poisson noble: rougets, vives-vipère et leur dard venimeux, rascasses et turbots, Saint Pierre et balistes et leur vilain nom (Khaputa)"fils de p...". Poissons plus courants :

80 Les djérets (nom français inconnu) mais le meilleur poisson à griller et le meilleur poisson pour la soupe de poisson; poulpes, calmars, seiches. Noms des spécialistes de ce type de pêche: Giuseppe Ramognino, initiateur du premier bolitche, engin venu tout droit de la Riviera italienne et plus précisément du golfe de Gênes et du petit port de Varazze, le second Giuseppe, ses fils et petits-fils, Pierre, Benoît, Emmanuel, puis ses arrière-petits fils Pépet, Pierrot, Jeannot continueront la tradition mais cette 4 ème génération abandonnera la pêche pour exercer les métiers de cheminot, instituteur, douanier...

81 Autres familles "bolitchères" les Perrello (Frasquito), les " Motril", le père puis ses enfants Pepico et Manolo et enfin Eduardo, tous marins très rudes, droits, courageux, très susceptibles et rigoureusement attachés aux règles élaborées pour éviter les "néfras", ou violentes bagarres pour les tours de pêche. Pour les chalutiers, citons les noms des Boronad, d'El Mellat (le sans dent), les Angelotti.. C'était les riches de la pêche, très durs dans le combat social. Mais c'est que leur vie était très dure aussi, compliquée et difficile. Mais ils étaient aussi du clan des "Blancs" et leur équipage du clan des "Rouges" et les chocs étaient inévitables.

82 Ainsi allait la vie !! Leurs prises ? souvent merveilleuses, les rougets, les soles, noires ou blondes, les turbots, les saint-Pierre et par casiers entiers, 40, 50, 70 casiers de 10 ou 12 kilos chacun. Ceci entraînait l'interdiction de pêcher au bolitche et au chalut du 1er Juillet au 15 septembre. Mais les poissons très beaux, mérous, abadèches, liches, golfars, langoustes et homards étaient le lot des méticuleux du palangre, de la ligne de fond, de la nasse, les Lubrano (Balandro), les Caldero, dont Jean François Sanchez (Juanico), champion de France du 400 mètres nage libre, les Barcelo, les García "Botifara".

83 Cette dernière famille vit une épouse accompagner son mari en mer et en "pantalon" pour naviguer. Il fallait un certain courage pour affronter les interdits. Ils l'eurent. La population des pécheurs était une population turbulente, aux oppositions violentes dans le même métier ou dans des métiers différents mais toujours unies dans les circonstances graves de la vie ou les conflits sociaux ou face à l'administration. Ceux des nôtres qui descendent de ces familles de pêcheurs, n'est- ce pas Pierre, Matthieu, Norbert, Elisabeth sont particulièrement fiers de leurs ascendants et c'est pour eux que nous avons tenu à rappeler leur vie. Ils revivent ainsi.

84 Le port Pierre Ramognino

85 Nous avons déjà dit le rôle du 2 ème quai, lieu de la vente de poisson à la criée. Le 3 ème môle plus étendu était le quai des marchandises permettant à 3 ou 4 cargos de s'amarrer. Les terre-pleins de stockage des marchandises étaient vastes pour le vrac, l'alfa, le sel, le ciment et les colis venant de la métropole ou y partant ou bien pour l'Angleterre, l'Espagne ou l'Italie. L'alfa: En tonnage la marchandise la plus importante du port c'était l'alfa exporté qui provenait des Hauts Plateaux algériens. Il arrivait par wagons entiers sous forme de bottes d'une centaine de kilos.

86 Les dockers d'Arzew pouvaient, avec un seul crochet pour manipuler ces bottes, et en deux jours et demi ou trois jours, charger les cargos anglais de 8, 9 ou Tonnes. Ces dockers tous arabes n'ont perçu qu'en 1936 les avantages de leurs camarades métropolitains. Le sel: La deuxième marchandise en tonnage, le sel, récolté dans les salines d'Arzew Saint-Leu à une dizaine de Km du Centre-Ville. Les marocains, employés pour cette récolte étaient considérés comme des agriculteurs puisqu'il y avait récolte et payés comme tels. Ce sel stocké sur le quai était chargé d'abord à la pelle et les équipes étaient nombreuses puis fut utilisé un tapis roulant qui déversait directement dans les cales des bateaux à destination des usines chimiques des Bouches du Rhône…

87 Marchandises diverses: Tuiles de Marseille, ciment, et tout-venant. Les tuiles de Marseille nécessitaient pour leur débarquement un personnel nombreux. Les dockers ne suffisant pas, des jeunes et nombre d'étudiants désargentés à la veille des fêtes d'Arzew, se faisaient embaucher pour la durée du déchargement. Ils terminaient la journée, rouges de la poussière des tuiles et pour s'en débarrasser, l'eau manquant dans la plupart des appartements, ils plongeaient dans les eaux du port pour des jeux de détente. Nous sortions de l'eau, beaux comme des milords, ayant gagné pour la journée...45 sous. Le petit cargo à tuiles portait le joli nom de S/S Georges Henri.

88 Le ciment était réservé aux professionnels. Les sacs déchargés pesaient lourd et blessaient cruellement les épaules des dockers qui avaient tout de même droit à des soins et à un demi- salaire pendant une dizaine de jours. Cela s'appelait avec les autres blessures toujours possibles "taper le macadam". Pour ordonner ces travaux de quai, il y avait des spécialistes hautement qualifiés : Les acconniers d'abord pour le compte desquels les dockers travaillaient dans des conditions souvent conflictuelles. C'étaient MM Jules et Edmond Tournut et Solvès.

89 Puis ce fut toujours Mr Solvès et l'héritier des Tournut, Marc Tournut, qui devint un moment maire d'Arzew, mairie conquise sur la gauche conduite par Pierre Ramognino, instituteur, secrétaire de l'Union locale des Syndicats CGT. Les pilotes du Port, MM André Pisibon et Samani qui aidés par leur vedette faisaient entrer et sortir dans et du port et manœuvrer dans le port tous les cargos qui faisaient ainsi la vie de la cité. Les "Shipchlanders" dont les Dubus. fournisseurs d'avitaillement pour les navires marchands.

90 Autres activités industrielles: Pétrole et essence apportés par mer depuis Fos étaient conditionnés en bidons de 5 litres pour le pétrole dans 5 usines pétro-chimiques. Le soufre, venu brut depuis Naples (Le Vésuve) était transformé en fleur de soufre dans l'usine du Fort du Sud et revendue ensuite aux propriétaires terriens pour la désinfection des pieds de vigne. La fleur de soufre, produit pur, était mélangée aussi au miel pour soigner les maux de gorge des enfants. Voilà rapidement évoquées les activités d'un petit village, d'une petite ville, Arzew, pleine de vie, de vitalité et de dynamisme dont chaque Arzewien peut être fier et nous le sommes.

91 Les personnalités Pierre Ramognino Les Politiques: Le premier maire civil, après les administrateurs militaires fut Mr Grégoire, élu en 1898 et aïeul de la famille du pharmacien du village, Roland Villot.Parlant le français, sa langue maternelle et le valencien, Mr Grégoire passa beaucoup de temps à essayer de convaincre ses concitoyens étrangers de faire leur demande de naturalisation. En effet, nombre d'Européens, les espagnols surtout, ne souhaitaient pas toujours se naturaliser.

92 Les natifs de la Péninsule italienne, Génois, Vénitiens, Napolitains de Naples ou des Iles Ischia ou Procida, les Florentins, les Parmesans et ceux d'après, furent naturalisés en bloc pour le jour anniversaire du premier centenaire de la Révolution française en 1889, sous peine d'interdiction de pèche sur les côtes françaises d'Algérie.. Les demandes de naturalisation des espagnols demeurèrent individuelles. Les fils de ces naturalisés furent automatiquement français.

93 L'un des plus difficiles à convaincre et qui finalement ne se laissa pas convaincre fut Djouan Ferrer qui né à Calpe (Levant espagnol) vint à Arzew dans les bras de sa mère y vécut une vie entière et y fut enterré.Sa réponse à Mr Grégoire qui lui disait "Djouanet (Petit Jean) "fété francès" (Fais toi français) fut toujours "No vuiq feme francès" (Je ne veux pas me faire français). Le père de ce Juan Ferrer vint à Arzew (entre ) avec une manade d'ânes d'Espagne, plus grands que nos baudets, ânes superbement harnachés à la manière arabo- andalouse et travailla pour le compte du Génie militaire français à l'édification du Pavillon des Officiers, du mur d'enceinte de la ville, du Fort du Sud et du Fort du Nord.

94 Son fils lui succéda. Jean Ferrer est l'aïeul maternel des Ramognino d'Arzew. Après Mr Grégoire il y eut d'autres maires civils Ce furent: en 1919, Jules Tournut, père en 1925, Maitre Henri Jeamot, notaire en 1941, Maire par délégation spéciale de Vichy, Edmond Tournut puis le Doicteur Jean Miquel Maillé en 1943, Maitre Paul Denis, Notaire par délégation du général Giraud fut récusé par "la France combattante" d'Arzew, animée par P. Ramognino et remplacé par Victor Chabert,par délégation du Général de Gaulle.

95 en 1945, Felix Rudel, acconnier, après élections normales. en 1950 Marc Tournut fils d'Edmond Les premiers maires, Grégoire,Olivier, Testud, Chasseloup-Laubat, Valois et Suzzarini... avaient été désignés ou élus en leur qualité de notables, sachant lire et écrire et surtout venant de France. Le dernier maire, Me Henri Jammot, radical socialiste, fut le dernier notable élu. Il exerça son mandat pendant plus de 20 ou 25 ans.

96 Il fut aidé dans sa tâche par son premier adjoint, Mr Edmond Tournut et par le Docteur Miquel Maillé, un grand et honnête homme, qui décéda pauvre après avoir soigné tout Arzew et avoir mis au monde, aidé en cela par Madame Guigne, sage femme, la presque totalité des petits hommes et petites femmes de notre ville. Autres adjoints de Me Jammot: Archange Favorito et Mr.Guigne. A partir des années 30 et après la guerre , la politique ne sera plus exercée par les seuls notables mais par des citoyens engagés politiquement PC, PS, PPF de Jacques Doriot, transfuge communiste, le PSF du Colonel de la Roque etc...

97 Après la deuxième guerre mondiale, les joutes politiques se déroulèrent entre les forces de gauche et celle d'une droite "civilisée" c'est à dire non fasciste ni nazie. La gauche reste au pouvoir une dizaine d'années, son leader étant Pierre Ramognino, instituteur, socialiste et syndicaliste. Marc Tournut, acconnier, représenta le courant conservateur et il exercera le dernier mandat électif comme maire jusqu'en Les luttes politiques d'Arzew furent très dures mais cependant sympathiques et pleines de générosité.

98 Autres personnalités: Directeurs ou Directrices d'école: MM Ros, Chabert, Fermier, Mesdames Cantraud, Marfaing, les instituteurs, MM Gély, Nègre, Victoria, Mr et Mme Gouragne, Roca Georges, Alex Guenoun, Patoureaux etc... Entrepreneurs et Commerçants: Mr Ribaga et ses enfants, Charles et Camille (Maçonnerie). Mr Bordes (Tuiles et briques), Micalet Diaz (fournitures marines). Un des maîtres en sciences des pèches, Pierre Soler, Perret el Rodj (Pierre le Rouquin)pour ses amis, Pierre Albentosa (électricité), Gaby Perretti (Libraire), Marchado et Angellotti (Autobus), Amsallem, Laurent, Scotto, Rivero, Roquet, propriétaires de café-bars,

99 ainsi que Mme Ripoll avec ses filles Germaine et Yvette. Une mention spéciale pour notre facteur, Mr Hamri, toujours si serviable. Syndicalistes: Pierre Ramognino, secrétaire fondateur de l'Union locale des Syndicats CGT, la CGT unitaire de Léon Jouhaud, avant la scission communiste. Michel Angelini, François Ramirez, Pépico Rodriguez, Les frères Lubrano, Josep et Michel, Micho Diaconno pour le Syndicat des gens de mer, les vaillants des vaillants et d'autres, Albert Travet, Kachar, Nahas, Traïda pour les dockers, un magnifique syndicat de lutteurs exemplaires.

100 Parmi les leaders politiques du Deuxième collège, Mr Boukri, 1er adjoint, le plus mesuré des hommes dans les revendications et le plus dévoué des édiles au service de tous ses concitoyens, européens et musulmans. La communauté juive, très réduite à Arzew, ne comprenait que des amis de toute la population, toutes tendances réunies. Ils avaient nom: Benyamine, Benayoun, Vidal, Khalifa, Choukroun, Bettan, et parmi les meilleurs d'entre eux qui étaient si bons, les Benhamou, dont l'un des fils mourut pour l'Espagne républicaine et les Benichou, Gaston et Zouzou, méritent la mention des meilleurs d'entre eux et d'entre nous. Arzew fut toujours la "Cité de la Fraternité".

101 Parmi les autres personnalités de la collectivité rendons hommage à MM Bonnet et Danjean, fonctionnaires des finances, Delpy Huissier, Games, Juge, les épiciers Loisel et Joseph Beltra qui auraient pu devenir riches et restèrent pauvres. Les Arzewiens peuvent être fiers de tous les leurs, de toutes les familles qui choisirent Arzew pour vivre dans la dignité, le dévouement et l'honnêteté. Pardon à tous ceux qui ne sont pas cités mais qui vivent dans nos cœurs.

102 Les habitants Pierre Ramognino A propos des diverses populations de notre village, il convient de noter que la communauté musulmane n'était pas majoritairement en nombre à Arzew. Il y aurait même eu une assez importante majorité européenne chez nous. Les deux fractions de la populations, trois si l'on compte la communauté juive, connurent donc des situations peu ou moins conflictuelles qu'ailleurs dans notre beau pays.

103 Les langues communes étaient le français bien sûr, un peu difficile pourtant pour certains et le valencien, cette langue du Levant espagnol. Pratiquement toutes les communautés parlaient cette langue, d'où une communication facilitée entre tous. Personne n'était complètement isolé de son voisin par une langue incompréhensible. Il convient aussi de rappeler la communauté de métier, la majorité de la population vivant de la mer et par la mer. Dans nombre de maisons aussi, le "patio" réunissait les membres de toutes les communautés et les échanges en étaient facilités.

104 Les plus isolés en fait étaient les membres de la communauté juive mais non les Benhamou ou les Bénichou qui étaient "nous". Si les liens de travail et la cohabitation dans les cours étaient réels, cela n'empêchait pas les membres de la communauté musulmane de se retirer après la vie commune de travail, partagée en ville ou sur le port, de se retirer dans son douar de la Guetna, pour une vie séparée et particulière. Les femmes musulmanes dans leur éloignement et le mystère de leurs voile qui ne laissaient apparaître qu'un seul oeil, restèrent jusqu'à la fin, dans un monde inaccessible.

105 Un dernier signe de l'esprit fraternel qui régnait à Arzew, c'est la direction de l'école de la Guetna assurée par MM Thubert et Lili Benyamine. Elie Benyamine répandit chez ses élèves, tous musulmans, les idées de tolérance, de respect mutuel, d'amitié souvent et le sens de la communauté arzewienne. Avant d'être musulmans, juifs, français, espagnols, italiens nous étions Arzewiens, amoureux et fiers de notre village.

106 C'est ce qui explique sans doute que la tragédie que l'Algérie a vécue et dans les derniers jours de l'histoire française, que seuls payèrent de leur vie, l'employé musulman de chez Mr Baudet, le marchand de liqueur Driss, et notre ami François Perlès qui tenait un petit café entre la Pharmacie de Roland Villot et le vieux couvent de nos petites sœurs "Trinitaires". Même ainsi cela fut trop ! Ainsi Arzew put être cité, à la fin de 7 ans de guerre comme le "pays du matin calme", cité qui n'est plus nôtre, nous qui vivons notre diaspora mais de tout notre cœur et de toute notre âme nous avons ressenti l'immense douleur de notre séparation, la perte de notre belle Algérie et de notre village.

107 Citons pour finir quelques uns des membres de la communauté musulmane qui furent longtemps des amis: l'adjoint municipal Boukri, Abdelkader Saharaoui, les Fodil, les Traïda, les Kachars...Ils font partie de notre peine puisqu'ils ont aimé la France et notre petite ville qui était aussi la leur. Et puis on ne peut parler dArzew sans évoquer toute la famille Zaragosa, et leurs magnifiques enfants … Cest fini … en attendant la suite …. Merci au site


Télécharger ppt "A 41 km au Nord Est d'Oran, se trouve l'une des plus belles baies de la côte algérienne, la Baie d'Arzew, très bien protégée des dangereux vents du nord-est."

Présentations similaires


Annonces Google