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Jaime à me rappeler ces heures de mon enfance Où pour moi lOcéan était tout lunivers Jaccourais sur ses bords, tout vibrant despérance, Pour voir.

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4 Jaime à me rappeler ces heures de mon enfance Où pour moi lOcéan était tout lunivers Jaccourais sur ses bords, tout vibrant despérance, Pour voir naître le jour sur ses mouvants déserts; Jaime à me rappeler ces heures de lenfance Où pour moi lOcéan était tout lunivers. Jaccourais sur ses bords, tout vibrant despérance, Pour voir naître le jour sur ses mouvants déserts;

5 Jaimais me retirer dans cette paix profonde Où le vent me grisait de son souffle salin, Où, rêveur, jécoutais les murmures de londe Dans le silence du matin.

6 Quand laube se levait, pâlissant les étoiles, Ils consultaient les flots de leur regard marin Et joyeux, ils hissaient leurs ondoyantes voiles À lâpre brise du matin. Je les revois encor, ces hommes intrépides, Ces pêcheurs du faubourg appâtant lhameçon; Il nexistait pour eux que leurs voiliers rapides, La mer et les filets, le large et lhorizon.

7 Je les revois encor, ces hommes intrépides, Ces pêcheurs du faubourg appâtant lhameçon; Il nexistait pour eux que leurs voiliers rapides, La mer et les filets, le large et lhorizon. Quand laube se levait, pâlissant les étoiles, Ils consultaient les flots de leur regard marin Et, joyeux, ils hissaient leurs ondoyantes voiles À lâpre brise du matin.

8 Ils sillonnaient les eaux, avides daventure, Bercés par ce roulis qui berça leurs aïeux, Alors quaux doux soupirs du vent dans la mâture Les mouettes mêlaient un chant harmonieux;

9 Et moi, de mes regards, je suivais de la grève Leurs voiles qui bientôt se perdaient au lointain, Dans ce lointain brumeux où dans lazur se lève La pâle étoile du matin.

10 Mais la flotte parfois sarrêtait, inquiète; Lazur devenait sombre et les flots moutonneux; Un vague roulement annonçait la tempête Et rendait menaçant le gouffre poissonneux;

11 Un sourd mugissement saisissait léquipage Qui scrutait un zénith de moins en moins serein; Léclair fendait la nue et déchaînait lorage Dont sobscurcissait le matin.

12 De la côte, éplorés, des yeux fixaient le large, Conjurant lhorizon et la vague en courroux, Mais on gardait lespoir dapercevoir la barge Qui portait à son bord les fils ou les époux;

13 A genoux tout autour de la flamme dun cierge, Ces femmes en émoi suppliaient le destin: « Sauve-les du péril, disait-on à la Vierge, Brillante Étoile du Matin! »

14 Mais la mère de Dieu, sans cesse vigilante, Veillait sur ces marins luttant contre la mort; Et bientôt lon voyait, battus par la tourmente, Leurs voiliers courageux louvoyer vers le port;

15 Alors que louragan hurlait dans la misaine, Sur les ponts que jonchait leur limoneux butin, Du ciel ils bénissaient lauguste souveraine, Leur douce Étoile du Matin.

16 Ô Toi qui, si souvent, quand sirritait la lame, Vins arracher jadis ces pêcheurs au trépas, Sur les flots de la vie où navigue mon âme Conduis-moi vers ce port doù lon ne revient pas;

17 De tes yeux suis toujours ma fragile nacelle, Et si, dans le brouillard, Tu me vois incertain, Luis de tout ton éclat sur la rive éternelle, Ô sainte Étoile du Matin!

18 Texte : Regard sur Linvisible (poésie) de Georges Aspirot Musique : Sérénade de Schubert Présentation : Le Ber


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