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Un jour deux pèlerins sur le sable rencontrent Une huître que le flot y venait dapporter. Ils lavalent des yeux, du doigt ils se la montrent : A légard.

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3 Un jour deux pèlerins sur le sable rencontrent Une huître que le flot y venait dapporter. Ils lavalent des yeux, du doigt ils se la montrent : A légard de la dent il fallut contester. Lun se baissait déjà pour ramasser la proie ;

4 Lautre le pousse et dit : « Il est bon de savoir Qui de nous en aura la joie. Celui qui le premier a pu lapercevoir En sera le gobeur ; lautre le verra faire. - Si par là on juge laffaire, Reprit son compagnon, jai lœil bon, Dieu merci ! - Je ne lai pas mauvais aussi, Dit lautre, et lai vue avant vous, sur ma vie. - Eh bien ! vous lavez vue, et moi je lai sentie. » Pendant tout ce bel incident, Perrin Dandin arrive: ils le prennent pour juge. Perrin, fort gravement, ouvre lhuître et la gruge, Nos deux Messieurs le regardant. Ce repas fait, il dit, dun ton de président :

5 «Tenez ! la cour vous donne à chacun une écaille Sans dépens, et quen paix chacun chez soi sen aille. » Mettez ce quil en coûte à plaider aujourdhui ; Comptez ce quil en reste à beaucoup de familles ; Vous verrez que Perrin tire largent à lui, et ne laisse aux plaideurs que largent et les quilles.

6 Un mal qui répand la terreur, Mal que le ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre, La peste (puisquil faut lappeler par son nom) Capable denrichir en un jour lAchéron, Faisait aux animaux la guerre. Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. On nen voyait point doccupés A chercher le soutien dune mourante vie ; Nul mets nexcitait leur envie ; Ni loups ni renards népiaient la douce et innocente proie; Les tourterelles se fuyaient : plus damour, partant, plus de joie.

7 Le lion tint conseil et dit : « Mes chers amis, Je crois que le ciel a permis pour nos péchés cette infortune ; Que le plus coupable de nous Se sacrifie aux traits du céleste courroux, Peut-être il obtiendra la guérison commune. Lhistoire nous apprend quen de tels accidents On fait de pareils dévouements ; Ne nous flattons donc point. Voyons sans indulgence Létat de notre conscience. Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons, Jai dévoré force moutons. Que mavaient-ils fait ? Nulle offense. Même, il mest arrivé quelquefois de manger le berger. Je me dévouerai donc, sil le faut ; mais je pense Quil est bon que chacun saccuse ainsi que moi : Car on doit souhaiter, selon toute justice, Que le plus coupable périsse.

8 - Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi. Vos scrupules font voir trop de délicatesse. Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce, Est-ce un péché ? Non, non ! Vous leur fîtes, Seigneur, En les croquant, beaucoup dhonneur; Et quant au berger, on peut dire quil était digne de tous maux, Étant de ces gens-là qui sur les animaux Se font un chimérique empire. » Ainsi dit le renard, et flatteurs dapplaudir.

9 On nosa trop approfondir Du tigre, ni du loup, ni des autres puissances Les moins pardonnables offenses. Tous les gens querelleurs, jusquaux simples mâtins, Au dire de chacun, étaient des petits saints. Lâne vint à son tour et dit : « Jai souvenance Quen un pré de moines passant, La faim, loccasion, lherbe tendre, et je pense Quelque diable aussi me poussant, Je tondis de ce pré la largeur de ma langue. Je nen avais nul droit, puisquil faut parler net. » A ces mots, on cria haro sur le baudet.

10 Un loup quelque peu clerc prouva par sa harangue Quil fallait immoler ce maudit animal, Ce pelé, ce galeux, doù venait tout le mal. Sa peccadille fut jugée un cas pendable. Manger lherbe dautrui ! Quel crime abominable ! Rien que la mort nétait capable Dexpier son forfait : on le lui fit bien voir … Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

11 Autrefois, le rat de ville Invita le rat des champs, Dune façon fort civile, A des reliefs dortolans. Sur un tapis de Turquie Le couvert se trouva mis. Je laisse à penser la vie Que firent ces deux amis.

12 Le régal fut fort honnête, Rien ne manquait au festin. Mais quelquun troubla la fête Pendant quils étaient en train. A la porte de la salle Ils entendirent du bruit. Le rat de ville détale ; Son camarade le suit.

13 Le bruit cesse, on se retire. Rats en campagne aussitôt ; Et le citadin de dire. « Achevons tout notre rôt. » - Cest assez ! Dit le rustique. Demain, vous viendrez chez moi. Ce nest pas que je me pique De tous vos festins de roi.

14 Mais rien ne vient minterrompre. Je mange tout à loisir. Adieu donc. ! Fi du plaisir Que la crainte vient corrompre.

15 Un souriceau tout jeune, et qui navait rien vu, Fut presque pris au dépourvu. Voici comme il conta laventure à sa mère. « Javais franchi les monts qui bordent cet État, Et trottais comme un jeune rat Qui cherche à se donner carrière, Lorsque deux animaux mont arrêté les yeux : Lun doux, bénin et gracieux, Et lautre turbulent et plein dinquiétude. Il a la voix perçante et rude, Sur la tête un morceau de chair, Une sorte de bras dont il sélève en lair comme pour prendre sa volée, la queue en panache étalée. »

16 Or, cétait un cochet dont notre souriceau Fit à sa mère le tableau, Comme dun animal venu de lAmérique. « Il se battait, dit-il, les flancs avec ses bras, faisant tel bruit et tel fracas Que moi, qui, grâce aux dieux, de courage me pique, En ai pris la fuite de peur, Le maudissant de très bon cœur. Sans lui, jaurais fait connaissance Avec cet animal qui ma semblé si doux.

17 Il est velouté comme nous, Marqueté, longue queue, une humble contenance ; Un modeste regard, et pourtant lœil luisant ; Je le crois fort sympathisant avec Messieurs les rats ; car il a les oreilles En figure aux nôtres pareilles. Je lallais aborder, quand, dun son plein déclat, Lautre ma fait prendre la fuite.

18 - Mon fils, dit la souris, ce doucet est un chat Qui, sous son minois hypocrite Contre toute ta parenté Dun malin vouloir est porté. Lautre animal, tout au contraire, Bien éloigné de nous mal faire, Servira quelque jour peut-être à nos repas. Quant au chat, cest sur nous quil fonde sa cuisine. Garde-toi, tant que tu vivras, De juger les gens sur la mine.

19 Le chêne un jour dit au roseau : « Vous avez bien sujet daccuser la nature ! Un roitelet pour vous est un pesant fardeau. Le moindre vent, qui daventure Fait rider la face de leau Vous oblige à baisser la tête. Cependant que mon front, au Caucase pareil, Non content darrêter les rayons du soleil, Brave leffort de la tempête. Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr. Encor si vous naissiez à labri du feuillage Dont je couvre le voisinage, Vous nauriez pas tant à souffrir :

20 Je vous défendrais de lorage Mais vous naissez le plus souvent Sur les humides bords des royaumes du vent. La nature envers vous me semble bien injuste. - Votre compassion, lui répondit larbuste, Part dun bon naturel. Mais quittez ce souci, Les vents me sont moins quà vous redoutables. Je plie et ne romps pas. Vous avez jusquici Contre leurs coups épouvantables Résisté sans courber le dos ;

21 Mais attendons la fin. » Comme il disait ces mots Du bout de lhorizon accourt avec furie le plus terrible des enfants Que le Nord eût porté jusqu-là dans ses flancs. Larbre tient bon ; le roseau plie. Le vent redouble ses efforts Et fait si bien, quil déracine Celui de qui la tête au ciel était voisine, Et dont les pieds touchaient à lempire des morts.

22 Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé, Et de tous les côtés au soleil exposé, Six forts chevaux tiraient un coche. Femmes, moine, vieillards, tout était descendu. Lattelage suait, soufflait, était rendu. une mouche survient, et des chevaux dapproche ; Prétend les animer par son bourdonnement ; Pique lun, pique lautre, et pense à tout moment Quelle fait aller la machine ; Sassied sur le timon, sur le nez du cocher ; Aussitôt que le char chemine, Et quelle voit les gens marcher, Elle sen attribue uniquement la gloire ;

23 Va, vient, fait lempressée ; il semble que ce soit Un sergent de bataille allant en chaque endroit Fait avancer ses gens, et hâter la victoire. La mouche, en ce commun besoin, Se plaint quelle agit seule, et quelle a tout le soin ; Quaucun naide aux chevaux à se tirer daffaire. Le moine disait son bréviaire : Il prenait bien son temps ! Une femme chantait ; Cétait bien de chansons qualors il sagissait !

24 Dame mouche sen va chanter à leurs oreilles et fait cent sottises pareilles. Après bien du travail, le coche arrive en haut. « Respirons, maintenant ! dit la mouche aussitôt ; Jai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine. Ça, Messieurs les chevaux, payez-moi de ma peine. » Ainsi certaines gens, faisant les empressés, Sintroduisent dans les affaires : Ils font partout les nécessaires et, partout importuns, devraient être chassés.

25 Illustrations : Jean-Noël Rochut Musique : chanteurs russes - Kalinka Diaporama de Jacky Questel, ambassadrice de la Paix gmail.com Site :


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