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Traces migratoires Petite phénoménologie dun exil Sylvie Morais Doctorante en sciences de léducation à lUniversité Paris 13/Nord - Laboratoire EXPERICE.

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1 Traces migratoires Petite phénoménologie dun exil Sylvie Morais Doctorante en sciences de léducation à lUniversité Paris 13/Nord - Laboratoire EXPERICE axe A

2 Lexil est parfois, pour les caractères sensibles, un supplice beaucoup plus cruel que la mort. Nicolas de Staël 2

3 C'est probablement parce que je mintéresse dabord à la philosophie de l'éducation, avant d'enseigner et de pratiquer lartistique, que je réfléchis sur le rapport que lartiste entretien avec son œuvre. Car il sagit bien de conscience réflexive, de réfléchir à ce que nous faisons en tant quartiste dans le champ de lart comme expérience sensible. Se pose ici la question de la temporalité, revisitée à travers une série de peintures dexil. Et si lanalyse thématise les œuvres autour dun principe de formativité, cest parce que créer, cest aussi se 3 S. Morais

4 … et puis vient un jour où lautre cest vous Frontières Frontières pierre noire et techniques mixtes sur papier marouflé, 1m x 65cm 4

5 Je suis dailleurs Et puis très vite vient la rupture. Jétais envahie, de bord en bord, submergée. Dehors, je ne reconnaissais rien et dedans je ne me reconnaissais pas davantage. Seule avec moi, seule avec les autres, seule avec ce que je suis dans le regard des autres, dedans dehors autour je ne reconnaissais plus rien. Je disparaissais. Ce qui me vient le plus souvent est que je manquais dexistence. Au commencement, il y a eu lexil, peu importe les raisons. Et puis très vite un sentiment durgence : il fallait absolument faire quelque chose. Au commencement 5

6 vous vous sentez éloigné… Lattente, loubli Lattente, loubli pierre noire et techniques mixtes sur papier marouflé, 1m x 65cm 6

7 En atelier, je ne pense pas à exprimer, je dessine, je dessine seulement. Je ne mattache plus à lidée de lexil, je tâte son sentiment. Je laisse lexil sexprimer. Lexil demeure comme une idée floue qui disparait au fur et à mesure que je dessine. Je laisse venir. Je laisse glisser le crayon. Dans le dessin je suis concentrée, entière à ce qui se détache de moi. Cela voulait dire aussi attendre. Se mettre dans lattente, dans une attente qui ne sait pas ce quelle attend. faire 7

8 vous ne vous reconnais- sez plus… La disparition La disparition pierre noire et techniques mixtes sur papier marouflé, 1m x 65cm 8

9 Et puis soudain, ils me montaient aux yeux. Ces grands corps isolés debout dénudés, parfois repliés, fermés. Sur chaque toile un corps et un autre et parfois le même, les mêmes, les tracés dune figure qui se répète. Des corps, moins que des corps, des ombres. Des traces. Je laissais venir. Des silhouettes qui vont seules, parfois en retrait parfois devant, des corps viennent, à moi. Elles se voyaient en moi, et je commençais à voir à partir delles. Peindre me tenait lieu dhistoire. Faire 9

10 … vous avez beau en appeler à votre enfance Comme un arbre pierre noire et techniques mixtes sur papier marouflé, 1m x 65cm 10

11 regarder Ces corps deviennent le support de mon discours plastique. Discours? Des traces posées sur un support, des traces en tant que matière, des traces en tant quexil. Des formes attachées à une matrice, et qui disparaissent au fur et à mesure. Des disparitions qui laissent des traces. Sur mon corps dexilé. Moi, elles ? Ce nest pas le résultat qui mimportait. Mais lopération en elle-même. Mettre ces œuvres en forme. Tenir compte des contraintes du support. Sintéresser à la couleur, chaude à sa diffusion, diluée avec de leau et à sa densité comme matière, à son intensité lumineuse. Et expérimenter des modulations. Jouer sur la transparence et lopacité, étudier les rapports, les contrastes. Et puis essayer de répéter ces opérations. 11

12 … et remonter une à une vos racines Sang mêlé Sang mêlé pierre noire et techniques mixtes sur papier marouflé, 1m x 65cm 12

13 regarder Je narrivais plus à mimaginer réelle, dans un temps réel. Le temps sétait arrêté, et mon histoire avec lui et il était épouvantable ce calme. Javoue quà un moment jai eu peur. Et ma peinture ne savait ni bercer, ni soigner, ni guérir. Elle savait encore moins me garantir une identité. Plutôt que de justifier mes raisons dêtre là, ma peinture se saisissait et se dessaisissait de tout ce que je vivais. A travers ma peinture mon exil sacharnait, insistait persistait; autrement. La peinture mentraînait, plus loin encore dans la mort de celle que jétais. Je peignais en étrangère, sur le territoire immense que lexil avait laissé sur mon corps. Peindre ne garantit pas lidentité. 13

14 …vous songez avec nostalgie à un autre monde La demeurance La demeurance pierre noire et techniques mixtes sur papier marouflé, 1m x 65cm 14

15 Mes tableaux témoignent de ma difficulté dappréhender le temps sur un territoire dexil. Car si la question était pour moi de vivre le temps dici tout en étant là-bas, mon temps sest trouvé menacé. Mes références internes éclataient au profit de temporalités différenciées : présent, passé et futur se sont disloqués et chacune des dimensions temporelles était traitée indifféremment. Confrontée à la difficulté de me représenter dans cette multiplicité de temps, javais du mal à éprouver mon existence. « Une expérience du temps vécu comme une impossibilité du temps » (Rossi). raconter 15

16 parce quexister vous requiert … Venu dailleurs Venu dailleurs pierre noire et techniques mixtes sur papier marouflé, 1m x 65cm 16

17 Lorsque je peins je fais de nouveau lexpérience du temps. Avec mon écriture visuelle, je suis « dans » le temps, entraînée dans une existence temporelle. Et puis, peu à peu je retrouve ce temps qui est le mien. Peu à peu je me retrouve en mon temps avec cette peinture qui se trace avec moi, et moi qui se rassemble en elle. Je formule une écriture en cohérence avec ce qui ne peut être dit autrement : toutes ces choses impensables dun temps éclaté, mais qui, se faisant, mentraîne sur le fil de mon temps. Mon temps propre (Rilke) raconter 17

18 cela voulait peut-être dire, enfin, dailleurs, je suis… Le secret de Jane Le secret de Jane pierre noire et techniques mixtes sur papier marouflé, 1m x 65cm 18


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