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LORALITÉ ARABE : ENTRE COMPOSITION ET TRANSMISSION DE LA POÉSIE CLASSIQUE Exemple : Dīwān al-amāsa dAbū Tammām MOTS-CLEF : Oralité, Poétique, Poésie arabe.

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1 LORALITÉ ARABE : ENTRE COMPOSITION ET TRANSMISSION DE LA POÉSIE CLASSIQUE Exemple : Dīwān al-amāsa dAbū Tammām MOTS-CLEF : Oralité, Poétique, Poésie arabe classique.

2 PROBLÉMATIQUE Les recherches consacrées aux littératures orales en général, ont eu limmense mérite didentifier un certain nombre de caractéristiques générales et/ou universelles des littératures orales et, ce faisant état, de définir un cadre danalyse adéquat. La poésie arabe ancienne composée et transmise en situation doralité primaire, sans aucun recours à lécrit a été à plusieurs reprises un objet détude de la linguistique. Loralité primaire suppose des influences « textuelles » (phonétiques, lexicales, syntaxiques) sur le texte poétique, c'est-à-dire recenser les genres des variantes. Lanthologie poétique intitulée Dīwān al-amāsa rééditée par le poète abasside abīb Ibn Aws al-āī surnommé Abū Tammām a été commentée par plusieurs auteurs médiévaux. Nous avons sélectionné trois ouvrages qui vont être lobjet de notre analyse. Le premier commentaire est lœuvre dal-Marzūqī (Abū Alī A mad Ibn Mu ammad, m. 1030). Le deuxième a pour auteur Abū al-Alā al-Maarrī (A mad Ibn Mu ammad Ibn Abd Allāh, m.1057). Le dernier est réalisé par al-Tibrīzī (Abū Zakariyyā Yay a Ibn Alī m.1109). Ces trois auteurs ont commenté al-Hamāsa, et les versions quils nous donnent des vers et poèmes retenus par Abū Tammām présentent un certain nombre de variantes. Nous visons, à travers ce séminaire, à déterminer principalement les conditions orales dans lesquelles les poèmes classées dans lanthologie subissent certains changements importants et à établir ensuite des règles techniques et linguistiques de la transmission orale chez les Arabes.

3 INDICATIONS BIBLIOGRAPHIQUES ADONIS, al-šiʽriyya al-ʽarabiyya, 2 ème éd, Beyrouth, Dār al-Ādāb, Voir la version traduite : « Introduction à la poétique arabe, traduit de larabe par Bassam Tahhan & Anne Wade Minkowski, Paris, Sindbad, FAHD, T., La divination arabe ; études religieuses, sociologiques et folkloriques sur le milieu natif de lIslam, Paris, Sindbad, FÓNAGY, I., La voix vive, Essais de psycho-phonétique, Payot, ONG, Walter J., Orality and Literacy, The technologizing of the Word, Routledge, Landon and New York, ĀĪ (al-),., Dīwān al-amāsa, réed par Amad asan Basaj, 1 ère éd, Beyrouth, Dār al-kutub al-ʽilmiyya, ZUMTHOR, P., Introduction à la poésie orale, Paris, Seuil, 1983.

4 Ouvrage

5 TABLE DES MATIÈRES O RALITÉ & COMPOSITION DE LA POÉSIE – 1. Dire la poésie – 2. La performance poétique : chant ou récitation ? – 3. Rajaz et tarannum – 4. Le hut f, ou voix des djinns – 5. Miroir des voix – 6. Poésie et chant – ORALITÉ & TRANSMISSION DE LA POÉSIE – 1. Primauté de loral dans lenseignement – 2. Poésie et adī : importance de lisn d et valeur des transmetteurs – 3. Récitation et compréhension – 4. Transmission documentaire et transmission pédagogique – 5. La récitation et son influence sur la transmission des poèmes (étude des variantes formelles affectant un texte récité pendant la transmission, Exemple Diwan al-Hamasa)

6 O RALITÉ & COMPOSITION DE LA POÉSIE Ce séminaire a pour but desquisser une histoire de la voix et de la récitation poétique dans la culture arabe. Nous verrons dans la première partie que la parole du poète antéislamique, en tant que masse sonore, est chargée, comme dans toute culture orale, de volonté, de dynamisme, de magie et de création. Les anciennes œuvres magiques sont souvent précédées par des sons et des mots chez les peuples primitifs. Dans les prières et les discours religieux, la voix prend également la même force. Cette force est aussi magique que celle qui faisait bouger la pierre de la grande grotte dAli Baba : « Sésame, ouvre-toi ! ». Cette force est aussi associée à la voix quand elle fait partie des rituels de la récolte chez les paysans, ou quand elle accompagne les ouvriers dans leurs constructions collectives. Même le monde fut crée par le verbe, selon les textes monothéistes : « Au commencement était le verbe », selon la Bible ; « Kun » (Sois), selon le Coran. De fait, nous ne pourrions jamais parler dune existence sans parler de la voix et par la voix. La poésie en tant que telle essaye de trouver des réponses, dexprimer, de chanter, de dire. Elle naît dans la voix, faisant donc partie intégrante du monde. Jean-Michel Moulpoix disait : « Le poète est cet homme qui se remet sans cesse au monde par le langage et qui, tout aussi bien, met le langage au monde et renouvelle le monde dans le langage. Il est si intimement langage que chaque fois quil parle poétiquement, il se dit, même sil ne parle pas de lui. » Les Arabes, eux aussi, croyaient aux effets magiques du mot. Cest une vieille croyance qui précède effectivement les débuts de la littérature arabe. Ils pensaient quun seul mot dun poète mineur pouvait apporter la bénédiction comme la malédiction. Selon la pensée tribale, la puissance magique du mot, dans la poésie, était suffisante pour mettre à mal les tribus ennemies, au point, parfois, de les détruire. Le dénigrement dans la poésie était aussi important comme procédé de guerre. Dans cette même partie, nous tenterons de montrer que la récitation chez les Arabes à lépoque antéislamique avait des liens avec le surnaturel, les croyances et les mythes. Nous considérons ce lien comme premier, entre la voix poétique et le surnaturel, entre le son et la magie. Nous étudierons en particulier le rapport qui existe, depuis la naissance de la poésie, entre le saj, en tant que première forme poétique, et la magie. Il nest pas possible de dire quand est née la poésie arabe, ni par quel procédé elle a pu trouver sa forme définitive. Les études littéraires ont cherché les origines de la poésie arabe dans différentes cultures : sémitique, persane, indienne ou même grecque. Mais la source métaphysique na que rarement fait lobjet de ces recherches scientifiques, pour la simple raison que le champ métaphysique est généralement exclu de la recherche scientifique. Il nest pourtant pas sans intérêt dexaminer les aspects magiques de la voix poétique et du rôle joué par les djinns, dont nous avons à plusieurs reprises loccasion de constater limportance dans les trois genres de récitation que nous examinerons en détail dans ce chapitre, lilq, lirtij z et le hut f.

7 ORALITÉ & TRANSMISSION DE LA POÉSIE Cette partie sera consacrée au rôle de loralité et de la récitation dans lapprentissage et la transmission. Faire une recherche sur la récitation ayant pour objectif la transmission peut de prime abord paraître étrange. En effet, selon toute apparence, elle na de rapport ni avec le sujet de la récitation ni avec ce qui pourrait nous intéresser dune manière générale en matière détude de la récitation poétique. Or la récitation était, en réalité, le moyen le plus efficace pour conserver en mémoire les textes poétiques, en permettant leur diffusion dans lespace et leur transmission de génération en génération. Le sujet de la transmission est si complexe quil exige une réflexion approfondie, car les textes historiques et les documents littéraires dont nous disposons ny font pas allusion dune manière précise. Toutefois, certains faits cités dans plusieurs ouvrages peuvent nous renseigner sur quelques procédés ayant permis à la récitation de remplir ce rôle. Autrement dit, nous nous attacherons à comprendre le rôle scientifique et littéraire de la récitation. Nous examinerons en particulier le rôle de la récitation dans lapprentissage scolaire, dune part, et son rapport avec la transmission et la diffusion de la poésie, dautre part, notamment en prenant pour exemple les différentes versions de la transmission du diwan al-Hamasa.

8 INTRODUCTION Loralité représenta longtemps, chez les Arabes, la base dapprentissage, de formation et de production intellectuelle. La transmission de la connaissance, celle des sciences religieuses et de la littérature en particulier, était fondamentalement orale, le manuscrit restant surtout, dans les disciplines traditionnelles au moins, un aide-mémoire visant à pallier aux éventuels oublis ou trous de mémoire. Lapprentissage, lui aussi, reposait sur la mémorisation et la répétition. Et ceci est encore vrai de nos jours dans le domaine des études coraniques (dont lobjet premier est dapprendre par cœur le Coran) et des études littéraires. Autrement dit, si lécrit a pris, dans le monde arabe comme ailleurs, une place très importante, certaines disciplines fonctionnent toujours dans un système doralité mixte, et non pas secondaire ou différée. Note : Nous traduisons le terme oralité en arabe par le terme شفهي. Ceci est tiré du mot chafa ( شفة ) qui signifie les lèvres.

9 Lécriture (al- a wa l-kitāba) Ibn aldūn, dans deux chapitres de sa célèbre Muqaddima, évoque longuement les rapports et les différences entre langage parlé et langage écrit. Il y affirme clairement le caractère premier de la parole : «Lécriture (al- a wa l-kitāba), dit-il, consiste à dessiner et à former les lettres correspondant aux mots perçus par l'oreille, qui eux même expriment des idées. C'est donc le moyen de communication qui vient aussitôt après le langage. » Tout en soulignant lapport essentiel que constitue le recours à lécriture, il considère à juste titre que l'acquisition linguistique se construit grâce à l'audition, affirmant dans certains passages de son livre que l'écoute est le moteur de tous les acquis linguistiques. Le langage, selon lui, est une habitude et ne sacquiert donc que par la répétition. « L'écriture, dit-il, est un des arts les plus utiles, car il concerne des questions d'ordre théorique et scientifique. En effet, il permet ainsi de passer, des formes des lettres, aux expressions verbales de l'imagination et, de celles-ci, aux idées qui se trouvent dans l'âme. Celui qui écrit va donc, sans arrêt, d'un symbole (dalīl) à un autre, tant qu'il s'occupe de ce qu'il fait. Son esprit, entraîné à ce processus, passe du contenant au contenu : c'est là la spéculation intellectuelle (al-na ar al-aqlī), qui permet d'accroître ses connaissances. L'habitude d'aller sans cesse du signifiant au signifié finit par donner celle du discernement (taaqqul) ; c'est là un gain pour l'intelligence, pour la perspicacité (fi na) et la subtilité (kays) », Ibn aldūn, idem, p " والكتابة من بين الصنائع أكثر إفادة لذلك لأنها تشتمل على العلوم والأنظار بخلاف الصنائع، وبيانه أن في الكتابة انتقالاً من الحروف الخطية إلى الكلمات اللفظية في الخيال ومن الكلمات اللفظية في الخيال إلى المعاني التي في النفس فهو ينتقل أبداً من دليل إلى دليل، ما دام ملتبساً بالكتابة وتتعود النفس ذلك دائماً، فيحصل لها ملكة الانتقال من الأدلة إلى المدلولات وهو معنى النظر العقلي الذي يكسب العلوم المجهولة فيكسب بذلك ملكة من التعقل تكون زيادة عقل ويحصل به قوة فطنة وكيس في الأمور لما تعودوه من ذلك الانتقال.«

10 Poétique et histoire de la littérature orale La poétique moderne, depuis les recherches fondatrices des Formalistes russes jusquà nos jours, a essentiellement pris pour objet détude des documents écrits, analysant le poème comme un texte, comme sil était, pour ainsi dire, dépourvu de dimensions sonore et temporelle. Les recherches sur la poésie orale ne font pas exception à la règle : on sy intéresse plus aux caractéristiques textuelles et intertextuelles des documents quà la performance elle-même. Cela na rien détonnant lorsquil sagit de littératures appartenant à un passé lointain, comme lIliade et lOdyssée ou comme la poésie arabe préislamique. Ces poèmes, grecs, arabes ou autres, ne nous sont plus accessibles que sous leur forme écrite, hors contexte ou hors performance. En ce qui concerne la poésie arabe ancienne, nous navons aucune information digne de ce nom qui nous permettrait de savoir comment elle était dite, déclamée ou chantée à lépoque. Il est pourtant presque certain quelle était composée et transmise en situation doralité primaire, sans aucun recours à lécrit.

11 Les études homériques en particulier, et les recherches consacrées aux littératures orales en général, ont eu limmense mérite didentifier un certain nombre de caractéristiques générales et/ou universelles des littératures orales et, ce faisant, de définir un cadre danalyse adéquat. Mais, dans le même temps, lacte de performance lui-même a été profondément négligé. Quant à la poésie qui nest pas considérée comme spécifiquement orale, la poésie française classique et moderne, par exemple, autant dire que la seule possibilité quelle soit faite pour être dite nest même jamais envisagée. Nous verrons pourtant que, dans certains cas, et notamment celui de la poésie arabe, qui fait lobjet de notre séminaire, il peut être utile de se poser la question de savoir si lacte de performance poétique nest pas aussi porteur dune réelle charge signifiante, contribuant de manière significative à la compréhension et à linterprétation du poème et si, au bout du compte, il nest pas nécessaire, ou au moins utile, de lui donner sa place dans lanalyse de la poésie. Cest à la lecture dHomère que Parry a élaboré sa théorie du style formulaire (voir M. Parry, The Making of Homeric Verse : The Collected Papers of Milman Parry, Clarendon Press, 1971, qui réunit les articles publiés par Parry dans les années vingt et trente). Voir aussi A. B. Lord, The Singer of Tales, Cambridge University Press, Sur le style formulaire de la poésie arabe ancienne, voir J. Monroe, « Oral Composition in Preislamic Arabic Poetry », Journal of Arabic Literature, n° 3 (1972), p ; M. Zwettler, The Oral Tradition of Classical Arabic Poetry, Colombus, Ohio State University Press, 1978 ; et B. Paoli, « Metres and Formulas : the Case of Ancient Arabic Poetry », Belgian Journal of Linguistics, n° 15 (2001), p


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