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1 1 Les confins orientales de lItalie : une frontière mobile La frontière qui en 1797 divisait les territoires vénitiens et le territoires autrichiens.

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1 1 1 Les confins orientales de lItalie : une frontière mobile La frontière qui en 1797 divisait les territoires vénitiens et le territoires autrichiens remontait à la paix de Worms, signé en 1521 par l'empereur Charles de Habsbourg et le e il doge Leonardo Loredan : elle comprenait plusieurs enclaves, qui résistèrent a tout essai de rectification de la ligne de démarcation. Après la conclusion victorieuse de la première campagne dItalie et la signature du traitait de Campoformio (17 octobre) 1797 Napoléon Bonaparte céda le territoire de la République de Venise à lAutriche, qui avança ses confins jusquau fleuve Adige - Après le traité signé au palais primatial à Presbourg (en slovaque Bratislava) par Napoléon et l'empereur François Ier( 26 décembre 1805) les territoires de lancienne république de Venise passèrent au Règne dItalie, état satellite de la France BratislavaNapoléonFrançois Ier Le congrès de Vienne ( 1er novembre juin 1815 ) rend à lAutriche la Lombardie et la Vénétie qui y instaure le Royaume lombard-vénitien. Mais après la deuxième (1859) et la troisième guerre dindépendance le deux grandes Régions du Nord entrent à faire part du tout jeune Royaume dItalie ( 12 août 1866) : la frontière Orientale suit alors le cours du torrent Judrio, en séparant des territoires jusque là serrés par des liens économiques et culturels traditionnels. De lautre côté de la frontière, la Province ( Land) autrichienne du Littoral, est partagée en trois départements, gouvernés par une Diète élective : le district autonome de Trieste, le Comité de Gorizia et Gradisca, le Margraviat dIstrieVienne 1ernovembre18149juin1815Lombardie VénétieRoyaume lombard-vénitien

2 2 2 Des tranchées italiennes. La liste des lieux de bataille sur le Carso.La liste des lieux de bataille sur le Carso. Pendant la deuxième guerre mondiale les troupes italiennes en 1941 occupent la Slovénie : dans les territoires aussi annexés larmée doccupation, ciblée par les attaques et les embuscades de la Résistance, réagit par le recours à représailles aveugles, qui frappent lourdement la population civile. La répression provoque des milliers de morts,lincendie des plusieurs villages, la déportation de personnes. Les soldats italiens obligent des otages à se creuser la tombe, avant de les passer par les armes Le Département italien de Ljubljana A la conclusion de la guerre, pendant que lancienne province du Littoral Autrichien passait à lItalie, à sa frontière orientale un nouvel état se constitua, la Yougoslavie (dite alors officiellement Royaume des Serbes, Croates et Slovènes)- Entre Italiens et Slaves du sud des tensions, des frictions, des désaccord se manifestèrent déjà au cours de la conférence de Paris, lorsque les uns réclamèrent la possession de la Dalmatie et les autres ripostèrent en prétendant davancer les confins de leur royaume jusquaux berges du fleuve Isonzo. Cette hostilité entre deux nationalismes opposés, qui rejoignit une phase aiguë avec laffaire de Fiume, fut alimenté par le Fascisme, qui inaugura à la frontière orientale un violent programme de dénationalisation. Les quelques slovènes et croates qui habitent la Vénétie Julienne sont soumis à une politique violente de dénationalisation, fondée sur la limitation de lutilisation des langues slaves, sur laltération des noms et de la toponymie, sur le control militaire du territoire, sur la négation de lidentité nationale des allogènes, sur la répression de toute forme doppositionYougoslavieRoyaume des Serbes, Croates et Slovènes Slaves conférence de Paris

3 3 3 Lorsque Pietro Badoglio, succédé à la tête du gouvernement après la chute de Mussolini, annonce la signature de larmistice de Cassibile ( 8 septembre 1943) les Allemands semparent du pays. Les Régions du Frioul, de la Vénétie Julienne, de lIstrie de la Slovénie sont annexées directement au Drittes Reich. Les Nazis utilisent à Trieste la rizière de Saint Sabba, comme lieu de détention, triage et extermination de juifs et de partisans. IV Armée Yougoslave Entre avril et mai 1945 une vraie course sengage entre alliés et partisans de Tito pour la maîtrise des régions situées à la frontière orientale de lItalie Partisans VIII Armée Alliée La ligne Morgan établit enfin la division de la Vénétie Julienne et de lIstrie en deux zones dinfluence : la première, comprenant Trieste et Gorizia, placée sous lautorité des alliés, lautre confiée au gouvernement de Tito

4 La conférence de paix de Paris ou « conférence des Vingt-et-Une Nations » Alcide De Gasperi prit la parole au Palais du Luxembourg le 10 août 1946, dans une ambiance froide et hostile. Son discours fut ferme et digne : il demanda de séparer la responsabilité du peuple italien de celle du régime fasciste, et de lui assurer une paix juste et non punitive. Son appel ne fut pas entendu. Le traité de paix, signé le 10 février 1947, imposa à lItalie des obligations humiliantes: lIstrie et la Vénitie Julienne ne furent pas rendues à lItalie, mais converties dans un territoire libre, qui cachait une condition nayant rien à voir avec une effective indépendance. En effet, tandis que Trieste (la zone a) était confiée à ladministration anglo- américaine, lIstrie, la zone B, était confiée à ladministration de la Yougoslavie, létat fédéral d'inspiration socialiste qui le 29 novembre 1945 avait pris la place de lancienne monarchie. Cétait la confirmation officielle de la division sanctionnée par la ligne Morgan. Lexode des italiens des Régions occupées par les partisans de Tito suivit personnes abandonnèrent leurs maisons pour se réfugier en Italie, effrayées par les intimidations, les menaces, les brimades des Slaves, qui sétaient débarrassés de centaines dopposants en les jetant dans les foïbes Le Mémorandum de Londres (Memorandum of Understanding of London) signé le 5 octobre 1954 par les gouvernements d'Italie, du Royaume Uni, des états Unis et de la Republique fédérative populaire de Yougoslavie confirmait le statu quo, en assignant la zone A à lItalie et la zone B à la Yougoslavie. Cétait un aménagement provisoire, un passage dadministration et non de souveraineté, qui toutefois devint définitif en 1975, avec le traité dOsimo, qui établissait finalement la paix entre lItalie et la Yougoslavie.5 octobre1954ItalieRepublique fédérative populaire de Yougoslavie

5 L'ESODO DEI FIUMANI I ricordi di un ragazzo Claudio Schwarzenberg Da Fiume fuggirono persone su abitanti, da Pola su , da Zara su , da Rovigno su , da Capo d'Istria su Perché abbiamo lasciato la nostra terra? L'abbiamo lasciata per restare italiani e per sfuggire al terrore delle truppe partigiane slave, quelle che il mattino del 3 maggio 1945 occuparono la nostra amata città, gettandosi alla caccia di chiunque fosse, anche solo potenzialmente, contrario all'annessione alla Jugoslavia. Nella terribile notte, fra il tre e il quattro maggio, mentre le truppe regolari di Tito assaporavano forse il primo sonno dopo la vittoria, l'organizzazione poliziesca chiamata O.Z.N.A., senz'anima e senza Dio, comandata da un certo Piskulic, abbattè le porte delle case indifese ed ebbe dai potenti licenza di uccidere. L'abbiamo lasciata per restare italiani e per sfuggire al terrore delle truppe partigiane slave, quelle che il mattino del 3 maggio 1945 occuparono la nostra amata città, gettandosi alla caccia di chiunque fosse, anche solo potenzialmente, contrario all'annessione alla Jugoslavia. Nella terribile notte, fra il tre e il quattro maggio, mentre le truppe regolari di Tito assaporavano forse il primo sonno dopo la vittoria, l'organizzazione poliziesca chiamata O.Z.N.A., senz'anima e senza Dio, comandata da un certo Piskulic, abbattè le porte delle case indifese ed ebbe dai potenti licenza di uccidere. Accanto a Oscar Piskulic, vero e proprio macellaio, operarono con odio e con furore antifascisti di vecchia data, parte slavi e parte italiani, e perfino qualche fascista traditore che si era convertito al verbo del maresciallo Tito. I loro uomini allora facevano paura: Cucera, Klausberger, Surina, Scrobogna, Franchi, Manià, Faraguna e Vlach. Accanto a Oscar Piskulic, vero e proprio macellaio, operarono con odio e con furore antifascisti di vecchia data, parte slavi e parte italiani, e perfino qualche fascista traditore che si era convertito al verbo del maresciallo Tito. I loro uomini allora facevano paura: Cucera, Klausberger, Surina, Scrobogna, Franchi, Manià, Faraguna e Vlach. Oggi suscitano solo disprezzo. Oggi suscitano solo disprezzo. Per tre giorni e per tre notti continuò la «mattanza». A Campo di Marte, a Cosala, a Tersatto, lungo le banchine del porto, in Piazza Oberdan, in Viale Italia, i cadaveri sammucchiarono e non ebbero sepoltura Gli avversari da mettere subito a tacere vennero individuati negli autonomisti, cioè coloro che sognavano uno Stato libero Assieme agli autonomisti, negli stessi giorni e poi ancora, nei mesi che verranno, trovano la morte a Fiume anche alcuni esponenti del CLN ed altri membri della resistenza italiana, fra cui il noto antifascista Angelo Adam, ebreo, mazziniano, reduce dal confino fascista di Ventotene e dal lager nazista di Dachau, secondo una linea di condotta che trova riscontro anche a Trieste ed a Gorizia, dove a venir presi di mira dalla Polizia Politica jugoslava sono in particolare gli uomini del "Comitato di liberazione nazionale". Per tre giorni e per tre notti continuò la «mattanza». A Campo di Marte, a Cosala, a Tersatto, lungo le banchine del porto, in Piazza Oberdan, in Viale Italia, i cadaveri sammucchiarono e non ebbero sepoltura Gli avversari da mettere subito a tacere vennero individuati negli autonomisti, cioè coloro che sognavano uno Stato libero Assieme agli autonomisti, negli stessi giorni e poi ancora, nei mesi che verranno, trovano la morte a Fiume anche alcuni esponenti del CLN ed altri membri della resistenza italiana, fra cui il noto antifascista Angelo Adam, ebreo, mazziniano, reduce dal confino fascista di Ventotene e dal lager nazista di Dachau, secondo una linea di condotta che trova riscontro anche a Trieste ed a Gorizia, dove a venir presi di mira dalla Polizia Politica jugoslava sono in particolare gli uomini del "Comitato di liberazione nazionale". Oltre 500 fiumani furono impiccati, fucilati, strangolati, affogati. Altri incarcerati. Dei deportati non si seppe più nulla.. Per molti di noi si presentò il dilemma: dittatura o esilio? Conservare la casa o finire in Italia nella baracca di un campo? Restare e imporre a sé e ai propri figli la maschera dello slavo comunista, col pericolo di non saper mentire e di finire in una foiba o fuggire in una Italia sconfitta e mutilata? 54 mila fiumani, su 60 mila, scelsero l'esodo che ebbe così il significato di uno schiacciante plebiscito. Coloro che abbandonano la città vengono definiti, in blocco, fascisti fuggiti all'epurazione, personaggi ambigui da raffigurare, in una significativa vignetta, come ladri di galline. E' un esodo di massa che dopo la firma del Trattato di pace avrebbe completato la definitiva trasformazione del volto della città. Il comunismo slavo non si presentò come liberatore, ma con le mani e il cuore avidi di sangue. E' un esodo di massa che dopo la firma del Trattato di pace avrebbe completato la definitiva trasformazione del volto della città. Il comunismo slavo non si presentò come liberatore, ma con le mani e il cuore avidi di sangue. Perfino i partigiani che avevano combattuto nella bande slave cercarono, di li a poco, rifugio in Italia. Ecco perché abbiamo dovuto lasciare la nostra terra Perfino i partigiani che avevano combattuto nella bande slave cercarono, di li a poco, rifugio in Italia. Ecco perché abbiamo dovuto lasciare la nostra terra Cadaveri di italiani recuperati nelle foibe

6 L'exode des gens de Fiume, dans le souvenir dun enfant de Claudio Schwarzenberg De Fiume personnes sur habitants fuirent, de Pola sur , de Zara sur , de Rovigno sur , de Cap d'Istrie sur Pourquoi nous avons quitté notre terre? Nous lavons quitté pour rester italiens et pour échapper à la terreur des troupes partisanes slaves, qui le matin du 3 mai 1945 occupèrent notre ville bien aimée, en donnant la chasse à tous les gens qui étaient contraires à lannexion à la Yougoslavie. Dans la nuit terrible du 3 au 4 mai, pendant que les soldats de larmée régulière de Tito savouraient peut-être le premier sommeil après la victoire, l'organisation policière dénommée O.Z.N.A., formée dhommes sans âme et sans Dieu, commandée par un certain Piskulic, abattit les portes des maisons sans défense et eut la licence de tuer. A côté de Oscar Piskulic, un véritable boucher, des antifascistes de vielle date, en partie des italiens, en partie des slaves, opérèrent,remplis de haine et de fureur: et il y avaient même quelques traîtres fascistes, convertis à la parole du maréchal Tito. Cucera, Klausberger, Surina, Scrobogna, Franchi, Manià, Faraguna e Vlach: ces hommes, en ces temps-là, faisaient peur. Pendant trois jours et pendant trois nuits dura la «mattanza». Au champ de mars,à Cosala, à Tersatto, tout le long des quais du port, en place Oberdan, dans les allées d Italie, les cadavres sentassèrent, sans que personne leurs donnât la sépulture. Les adversaires à réduire au silence étaient les autonomistes, ceux qui rêvaient à un état libre ; et avec les autonomistes les représentants du CLN et de la Résistance italienne furent envoyés à la mort: parmi eux Angelo Adam, un antifasciste bien connu, juif, partisan de Mazzini, assigné par le fascistes à résidence forcée à Ventotene, rescapé du camp de concentration nazie de Dachau, selon une ligne de conduite qui correspond à celle tenue à Trieste et à Gorizia par la police politique Yougoslave, qui là-bas cibla justement les hommes du Comité de Libération Nationale. Plus de 500 citoyens de Fiume furent pendus, fusillés,étranglés, noyés. Dautres furent incarcérés. Les déportés ne revinrent plus. Nous fûmes placés devant à un grave dilemme : la dictature ou lexile? Garder notre maison ou finir en Italie dans la baraque dun camp? Rester, se déguiser en communistes, et risquer quand même d être démasqués et jetés dans les foïbes ? Ou fuir dans une Italie vaincue et mutilée? citoyens sur choisirent lexode, qui ainsi prît la valeur dun plébiscite écrasant. Ceux qui quittèrent la ville furent traités de fascistes qui fuyaient lépuration. Mais en réalité ce fût un exode de masse, qui continua jusquà la signature du Traité de paix et transforma le visage de la ville. Les communistes slaves ne se manifestèrent pas à nos yeux comme des libérateurs, mais comme des voyous, le cœur plein de haine, les mains sales de sang. Même les partisans italiens qui avaient combattu dans les bandes slaves quelque temps après cherchèrent un abri en Italie. Voilà pourquoi nous avons été obligés de quitter notre pays.

7 7 7 GORIZIA, UNE VILLE-FRONTIERE Les villes frontières sont places disputées en tant que sujettes à des revendications inconciliables et croisées (Jérusalem, Belfast, Hébron, Berlin, Nicosie…) A Gorizia, pendant plus de huit siècles les communautés Frioulane, Slovène et Allemand cohabitèrent pacifiquement. Mais lentrée en guerre de lItalie à côté de lEntente (le 24 mai 1915) contre lAutriche-Hongrie transforme soudainement la ville dans un camp de bataille : les attaques et les bombardements italiens sèment la destruction et la mort, en contraignant la plupart des habitants à prendre la fuite. Enfin les italiens, à la suite de la sixième offensive de lIsonzo, après un combat sanglant, arrivent à plier la résistance des défenseurs, mais les cavaliers qui entrent les premiers à Gorizia trouvent une ville déserte et réduite à un tas de décombres- Le succès italien se révèle pourtant éphémère : la ville doit être évacuée le 28 octobre 1917, à la suite de la défaire de Caporetto « Per i triestini Gorizia è Venezia Giulia, per i friulani è Friuli, per gli sloveni semplicemente roba loro. Gorizia, di chi sia nessun lo sa. » Pour les triestins Gorizia appartient à la Vénétie Julienne, pour les Frioulans au Frioul, pour les Slovènes est tout simplement à eux. Mais à qui appartienne vraiment Gorizia, personne le sait » ( Paolo Rumiz, La leggenda dei monti naviganti / la legende des monts navigants) La porte de Brandebourg (Brandenburger Tor en allemand) se situe à l'entrée ouest de l'ancien Berlin et est un symbole de la ville, mais fut pendant presque trois décennies le symbole de la division de la ville : le monument faisait partie intégrante du mur de Berlin.allemandBerlinmur de Berlin La cavalerie italienne entre à Gorizia (:8 août 1916 ) Lentrée des italiens à Gorizia dans la reconstruction imaginaire de la presse populaire Les maisons et le château de Gorizia bombardés

8 8 8 Quand les troupes italiennes y reviennent définitivement, le 7 novembre 1918, il est tout de suite clair que la guerre na pas seulement provoqué des dégâts matériels et des deuils douloureux, mais a mis pour toujours fin à la coexistence pacifique entre les différents groupes nationaux. Les Slovènes sont devenus des ennemis, et comme tels les italiens le traitent, repoussant avec la force un régiment yougoslave qui avait tenté doccuper la ville ; les autrichiens sont expulsés et les autorités civiles et religieuses qui pendant la précédente occupation italienne sétaient réfugiés à Vienne, ne sont plus réadmis en ville, y compris larchevêque monseigneur Faidutti. Le fascisme mettra puis en œuvre un politique dassimilation forcée : toutes les organisations slovènes furent dissoutes et l'usage public de la langue slovène fut interdit. En même temps, par réaction, les patriotes slovènes se donnèrent à la lutte clandestine et à laction terroriste, conduite par une organisation secrète,la TIGR (acronyme de Trst/Triest, Istra/Istriae, Gorica/Gorizia e Reka/Rijeka/Fiume) qui en opposition à la politique de italianisation pratiqua des embuscades, des sabotages, des attentats et commirent même des meurtresGoriziaFiume A la fin du second conflit mondial, après avoir subi les violences des nazis et de leurs alliés en fuite, les Cosaques et les cetnici, des féroces collaborationnistes serbes, la ville fut disputé entre les partisans de Tito et les alliés. Ce sont enfin les troupes de Tito qui devancent les alliés de 48 H et occupent dès le premier mai pendant 40 jours la ville, avant den être délogés en vertu des accords survenus entre le Maréchal Tito et le général Alexander. Loccupation slave est vécue comme une blessure et un traumatisme irréparable par la population italienne, et le sillon qui déjà divisait les deux groupes ethniques sapprofondit encore plus. De 10 juin 1945 (départ des partisans du IX Corpus ) à 10 février 1947( signature du traité de Paris) italiens et slovènes descendent dans la rue pour réclamer lannexion de la ville à lItalie ou à la Yougoslavie. La nouvelle ligne de frontière, quon trace en 1947, prend acte de la situation désormais inconciliable, en séparant les quartiers du centre, habité par les italiens, des bourg périphériques, habités par les slovènes. Et pourtant lincision chirurgicale opérée dans la chair vive dune ville et dune communauté est brutale. La nouvelle frontière divise des groupes familiers entiers, et même des maisons ( « le salon en Italie et la chambre à coucher en Yougoslavie » !). Plusieurs points de repère importantes de la ville comme le monastère de Kostanjevica, le Mont Saint, lieu de pèlerinage, le Château de Kromberg, le vieux cimetière hébraïque et la gare ferroviaire du nord restèrent de l'autre côté de la frontière. La ville perd une grande partie des ressources productives et des infrastructures connexes, qui allèrent à la Yougoslavie.10 février La ligne de la frontière devant la gare Transalpine … à côté du vieux cimetière hébraïque

9 9 9 Mais le mur de Gorizia nest pas le mur de Berlin, comme dailleurs la Yougoslavie de Tito nest pas lAllemagne de Honecker Le bout méridional du rideau de fer est tout à fait perméable, et pendant toutes les années de la guerre froide un lien profond persiste entre la ville et la campagne des ses alentours. Le mémorandum de Londres ( 5 octobre 1954 ) et puis le traité signé à Udine le 31 octobre 1962 permettent la libre circulation des habitants les régions frontalières, qui, munis dun laissez- passer spécial, la célèbre propusnica, ont le droit de passer la frontière, en utilisant des passages réservés, et de se déplacer librement à lintérieur du pays étranger mais seulement dans un rayon denviron 10 Km. De cette façon le petit trafic local, les relations entre proches et amis, les travaux agricoles dans les champs restés au de là de la frontière ne sarrêtent jamais. frontalières, qui, munis dun laissez- passer spécial, la célèbre propusnica, ont le droit de passer la frontière, en utilisant des passages réservés, et de se déplacer librement à lintérieur du pays étranger mais seulement dans un rayon denviron 10 Km. De cette façon le petit trafic local, les relations entre proches et amis, les travaux agricoles dans les champs restés au de là de la frontière ne sarrêtent jamais. La propusnica, symbole dune frontière perméable Ce mouvement, continu et fébrile,comme celui qui parcourt une fourmilière, est mu certainement par la pulsion affective, mais surtout par les raisons et les intérêts dune économie domestique qui de lautre côté de la frontière trouve loccasion de faire des affaires avantageux, dacheter à bon marché ou de repérer des marchandises dont les commerces locales sont dépourvus Les italiens sapprovisionnent dans les magasins doutre frontière de viande, de charcuterie,de lincontournable Slivovitz, la typique eau de vie de prunes, de cigarettes, font le plein dessence aux stations de service INA, vont bouffer dans les accueillantes Gostilne ; les slovènes viennent en Italie acheter toute sorte darticles et biens de grande consommation, à partir du café, qui manque dans les rayons de leur boutiques. Et après les achats, avant de rentrer, il fallait passer sous Fourches Caudines de la Douane : « Rien à déclarer ? » Et là il fallait faire preuve de beaucoup de sang froid,mentir effrontément, ne pas trahir aucune émotion qui pouvait réveiller la méfiance des douaniers et provoquer la catastrophe (« ouvrez le coffre SVP » !). Petit à petit donc, sur le fond des oppositions nationalistes et idéologiques, saffirma une pratique de contacts et déchanges alimenté par des intérêts concrets, qui renouait les traditionnelles relations ville - campagne, tout à coup entrecoupées par la nouvelle frontière. On dirait bien que dans le contexte de cette véritable guerre de Religion qui était la guerre froide, entre Gorizia et sa jumelle, Nova Gorica, simposait une tendance agnostique, qui seulement regardait à la réalité matérielle et à la dimension concrète de lexistence. Un drôle dépisode, le dimanche des balais, lexplique bien. Le 13 août de 1950 au poste de frontière de la maison Rouge, du côté yougoslave une foule énorme de quelques personnes se rassemble. Une sédition anticommuniste, un essai de passer en masse en occident ? Pas du tout. Une rumeur avait couru et avait attiré tous ces gens : on disait que cétait le jour des frontières ouvertes. Et donc les convenus nétaient pas mus par lespoir de regagner la liberté, mais par lintention de profiter de loccasion pour sacheter en Italie des gendres de consommation introuvable, comme par exemple les balais de crin et les pots de chambre( c'est-à-dire, en patois, « scove « et « bucai « )

10 1010 LA CHUTE DU MUR Il faut attendre la désagrégation de la Yougoslavie, lindépendance de la Slovénie ( 1991) et puis son entrée dans lEurope pour voir tomber, bien après celui de Berlin, le dernier mur qui encore divise en deux une ville Européenne, la barrière qui depuis un demi-siècle sépare Gorizia da Nova Gorica, la banlieue a la quelle Tito voulut donner un statut de ville,mais qui reste, en dépit dun développement déréglé et sauvage, un quartier-dortoir. depuis un demi-siècle Lévénement est célébré le 1er mai 2004 à la présence dune foule joyeuse par les maires des deux ville jumelles, Vittorio Brancati e Mirko Brulc En réalité, comme on vient de le dire, le mur de Gorizia na jamais rassemblé au mur de Berlin, même pas dans sa forme. On aurait pu sattendre à une œuvre en béton, munie de barbelés et tourelles.Au contraire le « mur » de Gorizia était plus modestement représenté par une simple grille, une clôture comme celles qui séparent les cours et les jardines des immeubles particuliers de la rue : et parfois il se réduisait à une basse haie de buis. Mais paradoxalement la ville, qui avait prospéré pendant la guerre froide, grâce au petit cabotage Est-Ouest et aux allègements fiscaux accordés par le gouvernement, qui y avait créé une zone franche, avec louverture des frontières a connu un déclin très rapide, et a vu diminuer le nombre de ses habitants, qui actuellement sont passés de à , et vieillir sa population. Tandis que la ville jumelle de Nova Gorica, de lautre côté de la frontière, vient datteindre une taille considérable, presque pareille à celle de la vieille ville, et prospère grâce à ses casinos et à ses boîtes de nuit très louches, qui attirent toute une faune daffairistes, de joueurs enragés, daventuriers…. Donc la tache, le défi, le pari qui attendent les maires de Gorizia,Vittorio Brancati, et de Nova Gorica, Mirko Brulc, ce ne sont pas banales : il sagit de recomposer un vase brisé, dont les morceaux ne se joignent plus ; de reconstituer lunité fonctionnelle, de favoriser lintégration dune agglomération polycentrique et binaire,dont les parties ne sont pas complémentaires. Ils ont commencé en inaugurant une ligne de bus qui relie les centres de deux villes jumelles, séparées par une distance de 7 Km. et en entamant une coopération entre les Hôpitaux, qui prévoit lachat déquipement sanitaire à utiliser en commun. Plus en général on a lancé un « Projet de réconciliation » entre le deux villes, finalisé à réaliser une coexistence pacifique et à oublier les anciennes rancunes : parce que, comme l'a dit le maire Brancati, " la démolition du mur est seulement le symbole de ce qui se doit passer enfin dans la tête des gens » Les décombres du mur


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