Les droits des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde

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Transcription de la présentation:

Les droits des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde Sandrine ROLLOT Paris

Analyse globale d’une situation Situation personnelle : sexe, âge (+/- 60 ans) Etat de santé : sévérité de la maladie et conséquences en termes de handicap, de capacité de travail, de perte d’autonomie, … Situation familiale : conjoint, enfants à charge, âge des enfants… Situation professionnelle : exercice d’une activité professionnelle, régime d’appartenance (privé, fonction publique…), poste occupé, temps de travail, horaires,… Environnement, contexte économique… Les dispositifs d’accompagnements sont nombreux. Un dossier mal « engagé » entraine : refus, découragement, recours, perte des droits. Ne pas hésiter à orienter vers une assistante sociale et/ou le service entr’Aide de l’AFPric lorsque la situation sociale du patient est précaire ou difficile, en particulier : En cas d’absence de couverture complémentaire ou problème d’accès aux soins. En cas d’arrêt de travail d’une durée prévisible de plus de 3 mois. En cas de demande de reconnaissance de travailleur handicapé, mise en invalidité ou retraite anticipée. En cas de gêne prévisible durable pour effectuer les actes de la vie quotidienne. Détermine les aides et dispositifs d’accompagnement à mettre en œuvre : de nombreux parcours sont possibles

POLYARTHRITE RHUMATOÏDE & VIE PROFESSIONNELLE

Maintien au poste de travail et/ou dans l’emploi Possible ou non ? (1) Eléments à prendre en compte pour l’évaluation Les caractéristiques du poste/environnement du travail : la station debout permanente le travail soumis aux intempéries (froid et humidité) les activités de préhension le travail physique, violent, prolongé les gestes répétitifs, rapides et importants le port de charges lourdes des contraintes horaires importantes (horaires décalés, horaires trop matinaux) les déplacements Conserver une activité professionnelle est souvent un des souhaits les plus chers des personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde mais, c’est aussi un de leurs plus grands défis. On constate chez certaines personnes la volonté de dépasser les incapacités par un surinvestissement professionnel. Or, en cherchant à faire le maximum le mieux possible, et en refusant de voir leurs capacités diminuées par la maladie, ces personnes peuvent se trouver en difficulté et aggraver leurs symptômes.

Maintien au poste de travail et/ou dans l’emploi Possible ou non ? (2) Eléments à prendre en compte pour l’évaluation La situation du salarié l’âge la sévérité de la maladie la localisation prédominante des atteintes articulaires les déformations articulaires, le handicap les complications de la PR ou d’autre(s) pathologie(s) existante(s) Ne pas oublier la fatigue, la douleur, le dérouillage matinal Faire le point régulièrement avec son patient, permet de réagir tôt et de l’orienter vers les dispositifs adaptés (présentés dans les diapos suivantes) L’évaluation de la compatibilité de l’état de santé à l’emploi est essentielle. Dans la majorité des cas, elle doit se faire lorsque l’état de santé est stabilisé : ex, en début de maladie, on attend la mise en place d’un traitement de fond et, on lui laisse le temps de montrer s’il est efficace, avant d’envisager une réorientation professionnelle ou un arrêt total de l’activité professionnelle. Lorsqu’il y a de nombreux éléments défavorables dans l’évaluation, il faut orienter rapidement le patient vers une assistante sociale pour la mise en place des dispositifs adaptés à sa situation. Ils sont présentés dans les diapos suivantes. En effet, les démarches sont souvent longues et mieux vaut ne pas perdre de temps pour préserver ses droits.

Le statut de travailleur handicapé A quoi sert-il ? Pour les personnes en recherche d’emploi Soutien de services spécialisés Accéder aux contrats aidés de Pôle Emploi Pour maintenir un salarié dans l’emploi Financer des aménagements de poste Financer une formation Emploi mieux protégé Pour les employeurs du privé et la fonction publique Satisfaire à l’obligation emploi de travailleurs handicapés (effectif > 20) Aides à l’embauche et pour maintien dans l’emploi Le statut de travailleur handicapé s’obtient en déposant une demande auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). Le dossier est étudié par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées qui siège à la MDPH. Il s’obtient sans difficultés pour les polyarthrites, car pour la loi, «constitue un handicap, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subies dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant. » Il est possible de faire une demande sans en parler à son employeur, ni lui transmettre la décision. Les délais d’obtention étant de 6 mois à plus d’un an et demi, cela permet d’avoir cette décision en cas d’évolution de l’état de santé et de ne pas perdre de temps s’il faut financer par exemple, un aménagement du poste de travail. Le statut de travailleur handicapé ne protège pas d’un licenciement économique mais il protège d’un licenciement pour insuffisance professionnelle. Il n’apporte aucune prestation financière.

Indemnisation arrêt de travail (1) Variable selon le régime d’appartenance : régime général ou fonction publique (cas les + fréquents), artisans, commerçants, professions libérales, régime agricole... Régime général Indemnités journalières 3 ans pour un arrêt lié à une ALD* Mi-temps thérapeutique Durée fixée par la CPAM Maxi 3 ans Fonction publique Congé de maladie ordinaire si < 3 mois CLM : congé longue maladie (lié à la PR) : 3 ans Mi-temps thérapeutique Durée : 1 an par ALD dans toute la carrière Dans le régime général, il existe des conditions administratives pour bénéficier des indemnités journalières (IJ) : durée de travail ou montant du salaire. Les IJ correspondent à environ 50 % du salaire journalier de base, majoré dans certains cas. Certains salariés bénéficient d’un maintien du salaire par l’employeur ou une caisse de prévoyance. Il faut savoir que les chômeurs percevant une allocation chômage ou ayant bénéficié d’une indemnisation datant de moins d’1 an, ont encore les mêmes droits que lorsqu’ils étaient salariés. Dans la fonction publique, les agents arrêtés pour une PR peuvent bénéficier d’un congé de longue maladie, par périodes de 3 à 6 mois renouvelables. Ils percevront pendant 1 an leur traitement puis pendant 2 ans un demi-traitement. Certains agents peuvent bénéficier d’un complément à leur demi-traitement par une mutuelle ou le service des œuvres sociales de leur établissement, s’il y en a un. Attention, ne sont traités ici que les agents titulaires de la fonction publique. *Affection de Longue Durée

Indemnisation arrêt de travail (2) Régime général Pension d’invalidité : 1ére catégorie : invalides capables d'exercer une activité rémunérée 2éme catégorie : invalides absolument incapables d'exercer une profession quelconque 3éme catégorie = 2éme catégorie + recours à une tierce personne pour tous les actes ordinaires de la vie (toilette, habillage, alimentation…) Fonction publique CLM fractionné Allocation d’invalidité temporaire (après épuisement du CLM si reprise du travail envisageable à + long terme) Retraite pour invalidité/ou inaptitude Dans le régime général, pour qu’un polyarthritique bénéficie d’une pension d’invalidité, il faut que la maladie réduise d'au moins deux tiers sa capacité de travail ou de gain. Il devra également remplir des conditions d’immatriculation et de cotisation à la sécurité sociale. La pension d’invalidité peut être à l’initiative de la sécurité sociale : exemple au bout de 3 ans d’arrêt maladie (fin des indemnités journalières) ou à la demande du salarié, sous certaines conditions, notamment si son état de santé est stabilisé. Il est donc prématuré de faire une telle demande si un nouveau traitement de fond vient d’être instauré. Il faut attendre d’avoir le « meilleur traitement possible » pour évaluer la capacité de travail du salarié. Il existe plusieurs catégories d’invalidité qui sont décidées par le médecin conseil de la sécurité sociale et qui vont déterminer le montant de la pension. Dans la Fonction publique, le Congé de Longue Maladie (CLM) peut être utilisé de manière fractionnée, c’est-à-dire qu’au lieu d’être totalement arrêté, le fonctionnaire peut n’être en arrêt qu’1 ou 2 journées par semaine, ce qui lui permet de concilier ses soins avec sa vie professionnelle. Le fonctionnaire définitivement inapte à l'exercice de ses fonctions, suite à sa PR, peut être mis, d'office ou à sa demande, en retraite anticipée pour invalidité. Il a droit à une pension de retraite et, éventuellement, à une majoration de sa pension si son handicap est tel qu'il doit recourir à l'assistance d'une tierce personne pour accomplir les actes ordinaires de la vie. Un agent qui a épuisé ses droits à rémunération dans le cadre des congés maladie statutaires (CLM) et qui ne peut reprendre immédiatement sa fonction, ni être admis à la retraite, peut demander à être reconnu en état d’invalidité temporaire. Attention, dans la fonction publique, ne sont données que les informations liées à un arrêt de travail pour la polyarthrite. Pour d’autres pathologies (ex cancer) les dispositifs peuvent être différents.

Les conséquences de l’inaptitude Le reclassement professionnel L’employeur doit, en priorité, rechercher une solution de reclassement Possibilité de reclasser dans un poste moins qualifié et/ou moins rémunéré si pas d’autres possibilités Le licenciement pour inaptitude Si pas de possibilité de reclassement ou refus du salarié du poste proposé  Encadré par la loi L’ AFPric dispose d’un service de protection juridique, avec un avocat gratuit qui peut défendre les malades dans les litiges ayant pour origine la polyarthrite, notamment les litiges avec les employeurs lorsque le droit du travail n’a pas été respecté.

L’allocation aux adultes handicapés (AAH) Pour quels polyarthritiques ? Conditions médicales Taux d'incapacité permanente d'au moins 80 % ou Compris entre 50 et 79 % et avoir une restriction substantielle et durable d'accès à un emploi Taux apprécié par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées en fonction d'un guide-barème Conditions administratives Âge (< âge légal de retraite) Résidence stable en France Conditions de ressources (variables selon la composition du foyer) Attention, il faut d’abord examiner les droits à l’invalidité avant de demander l’AAH L'allocation aux adultes handicapés (AAH) est une allocation destinée à assurer aux personnes handicapées un minimum de ressources. Elles doivent remplir certaines conditions. Une personne polyarthritique qui ne peut plus travailler à cause de sa PR doit d’abord faire valoir les droits qu’elle a acquis en travaillant (ex : pension d’invalidité ou retraite pour invalidité) avant de demander l’AAH. Le montant de l’AAH est de 800,45 € par mois (janvier 2015) Lorsque la personne handicapée a déjà d’autres prestations (ex pension d’invalidité), l’allocation sera réduite pour que le total des ressources soit égal à 800,45 €. Lorsque la personne handicapée perçoit un revenu d'activité (cas + rares) l'AAH est calculée en fonction d'une partie de ces revenus.

Les acteurs de la vie professionnelle (1) Le médecin du travail Interlocuteur privilégié du salarié et de l’employeur Seul habilité à apprécier l’aptitude d’un salarié à un poste de travail donné  En cas d’inaptitude médicale partielle ou temporaire au poste de travail, il peut proposer : des aménagement de poste des aménagements d’horaires un reclassement professionnel Il peut aussi décider d’une inaptitude définitive Reclassement Si le reclassement est impossible  licenciement L’employeur doit prendre en compte les propositions du médecin du travail Le médecin du travail est un acteur principal à l’embauche mais aussi tout au long de la vie professionnelle : il voit le salarié à l’embauche, lors de visites médicales périodiques ou lors des visites de reprise après un arrêt de travail prolongé. Il peut aussi recevoir le salarié à sa demande. Il intervient dans le maintien dans l’emploi par l’adaptation du poste de travail et communique avec les différents acteurs : Maison départementale des personnes handicapées et sa commission des droits et de l’autonomie, les médecins conseils de la Sécurité Sociale, Services sociaux, AGEFIPH, FIPHFP… Les informations sur l’état de santé d’une personne polyarthrique et son évolution prévisible, à plus ou moins long terme, transmises par l’intermédiaire du salarié, lui sont précieuses pour l’adaptation du poste et la mise en place des aménagements nécessaires. L’échange d’information entre médecin traitant et médecin du travail n’est possible qu’avec l’accord du salarié. Le médecin du travail a l’obligation de respecter le secret professionnel et de prendre des décisions indépendantes de l’employeur.

Les acteurs de la vie professionnelle (2) Le médecin conseil de la sécurité sociale (privé) Apprécie la capacité d’une personne à travailler Vérifie qu’un arrêt de travail est justifié et donne droit aux indemnités journalières Convoque les personnes en ALD* dont l’arrêt de travail est supérieur à 6 mois Peut saisir le médecin du travail pour avoir son avis sur la capacité de travail d’un salarié Statue sur les demandes de pension d’invalidité Dans la fonction publique, c’est le comité médical et la commission de réforme qui donnent des avis sur les questions médicales des agents Pour le régime général : le médecin conseil apprécie le droit d'un bénéficiaire à une prise en charge par l'Assurance Maladie (exonération du ticket modérateur, invalidité, accident du travail, arrêt de travail...). De l'avis donné par le service du contrôle médical découle ou non le paiement de prestations à l'assuré par sa caisse primaire. Dans la fonction publique, 2 instances sont chargées de donner des avis sur les questions médicales concernant les fonctionnaires : le comité médical et la commission de réforme. Le comité médical donne notamment son avis pour l'attribution et le renouvellement des congés de longue maladie. *Affection de Longue Durée

Les acteurs de la vie professionnelle (3) Différents services peuvent intervenir pour orienter et/ou accompagner une personne malade dans sa vie professionnelle Le service social du personnel Les missions handicap (grandes entreprises ou administrations) Le Sameth (service d’appui au maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés) L’Agefiph / la Fiphfp (association pour la gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées et son équivalent dans la fonction publique) L’assistante sociale s’emploie à la recherche de solutions adaptées qui prennent en compte, à la fois les besoins et les ressources de la personne, mais aussi, les exigences et les contraintes de l’environnement professionnel. Toutes les entreprises ne disposent pas d’un service social du personnel. Certains services de santé au travail (= médecine du travail) ont également des assistantes sociales à disposition du personnel des entreprises adhérentes à leur service). Les conseillers Sameth apportent aides et conseils aux employeurs et aux personnes handicapées dans une démarche de maintien dans l'emploi : informations et conseils sur le cadre juridique, analyse de la situation et accompagnement dans la recherche et la construction de solutions adaptées, mobilisation des aides et prestations techniques, humaines et financières pour la mise en œuvre de la solution de maintien dans l’emploi.

Les conseils que peut donner le rhumatologue à son patient Prendre RDV avec un(e) assistant(e) de service social pour une évaluation : en cas d’arrêt de travail d’une durée prévisible de plus de 3 mois avant toute demande de reconnaissance du statut de travailleur handicapé, mise en invalidité ou retraite anticipée en cas de problèmes avec l’employeur ou les collègues, liés à la maladie Il faut essayer d’anticiper d’éventuelles difficultés L’Association Française des Polyarthritiques et des rhumatismes inflammatoires chroniques (AFPric) a mis en place un service Entr’aide avec une assistante sociale spécialisée qui peut évaluer les situations, informer les polyarthritiques de leurs droits et les orienter vers les dispositifs adaptés.

POLYARTHRITE RHUMATOÏDE & VIE QUOTIDIENNE

Aménager son domicile Evaluer les besoins Déterminer des solutions en fonction : du handicap des caractéristiques du logement l’aide d’un ergothérapeute peut être utile (centre d’information sur les aides techniques, MDPH, caisses retraite…) Financer les aménagements : prestation de compensation du handicap allocation personnalisée d’autonomie aides des caisses de retraites, des mutuelles crédit d’impôts subventions de l’Agence nationale pour l’amélioration du logement Vivre avec une polyarthrite rhumatoïde ou un autre rhumatisme inflammatoire n'a pas les mêmes conséquences pour tous les malades. Il est donc essentiel de bien évaluer les besoins et les solutions et il ne faut pas hésiter à orienter le patient vers un ergothérapeute. Il pourra aller au domicile de la personne pour évaluer les besoins, définir les solutions qui prennent en compte les besoins du malade et les caractéristiques du logement et pourra conseiller sur les aides financières possibles. Ces aides vont dépendre de la situation de la personne (âge, degré de handicap, ressources, types d’aménagements à financer). Une assistante sociale saura orienter vers les aides possibles, en fonction de la situation et accompagner la personne polyarthrique pour constituer les demandes. L’Association Française des Polyarthritiques (AFPric) vient de rééditer POLYDECO, un magazine consacré à l’aménagement de toutes les pièces de la maison, donnant des conseils pratiques pour tous les polyarthritiques, qu’ils souffrent d’une « simple » gêne fonctionnelle dans la vie quotidienne ou d’un handicap très important. Il est disponible auprès de l’association.

Se faire aider au quotidien Utiliser les services d’aide à la personne Les services aux personnes dépendantes : garde-malade, auxiliaire de vie, … les services de la vie quotidienne : ménage/repassage à domicile, préparation de repas, jardinage, bricolage… les services à la famille : garde d’enfants à domicile, accompagnement d’enfants… (pour parents PR) Différents financements selon les situations Ex : prestation compensation du handicap, allocation personnalisée d’autonomie, CAF, réductions d’impôts, etc. Avec une polyarthrite rhumatoïde, les activités quotidiennes peuvent se révéler douloureuses voire impossibles à effectuer. Le recours à l’aide d’une tierce personne pour aider à diverses tâches de la vie quotidienne peut s’avérer indispensable. Il existe différents types de services qui peuvent apporter de l’aide au quotidien : les services aux personnes dépendantes : garde-malade, auxiliaire de vie, … les services de la vie quotidienne : ménage/repassage à domicile, préparation de repas, jardinage, bricolage… les services à la famille : garde d’enfants à domicile, accompagnement d’enfants… (pour parents PR). Les possibilités d’aides pour financer ces services vont dépendre de l’âge du demandeur, de sa situation familiale et/ou professionnelle, de son handicap et des services sollicités. Une assistante sociale pourra informer la personne polyarthritique des aides qu’elle peut obtenir.

Faciliter ses déplacements Carte de priorité : taux d’incapacité < 80 %  pour file d’attente et priorité dans les transports Carte d’invalidité : taux d’incapacité de 80 %  pour file d’attente et priorité dans les transports + réductions et avantages fiscaux Carte européenne de stationnement : mobilité pédestre réduite et une perte d’autonomie dans le déplacement (périmètre de marche < 200m ou utilisation d’une canne, fauteuil pour tout déplacement ou prothèse d’un membre inférieur) Demandes à faire à la Maison départementale des personnes handicapées Etre "mobile" et ne pas rester isolé est un enjeu majeur pour chaque polyarthritique. Une carte reconnaissant son handicap peut simplifier ses déplacements au quotidien. Il existe différentes cartes qui sont attribuées en fonction de l'état de santé et des conséquences de la maladie en terme d'incapacité. Les conditions d'attribution répondent à des critères précis qu’il vaut mieux connaître avant de déposer une demande afin d'éviter un refus. Les demandes de carte s’effectuent auprès de la MDPH Maison Départementale des Personnes Handicapées. (MDPH). Pour une juste appréciation du taux d’incapacité, il faut que le certificat médical qui accompagne chaque demande soit très détaillé : Il est recommandé d’y préciser les conséquences de la maladie dans la vie quotidienne : fatigue, temps de dérouillage matinal, nombre d’articulations douloureuses, fréquence des poussées inflammatoires, effets secondaires des traitements… Il faut également joindre les copies des résultats d’examens : analyses biologiques, compte-rendus radiologiques, d’hospitalisations, d’interventions chirurgicales, les courriers des spécialistes qui suivent la personne atteinte de PR : ophtalmologiste, dermatologue, gastro-entérologue…

Aménager son véhicule Différents aménagements possibles en fonction des difficultés Aides à l’installation dans le véhicule : poignée d’appui, coussin rotatif, siège à hauteur variable, support lombaire… Aides à la conduite : adaptation de la clé de contact, frein à main électrique, boîte automatique, gants de conduite… Financements possibles en fonction des situations Les aides possibles vont dépendre de la situation de la personne (âge, degré de handicap, ressources, types d’aménagements à financer). Exemples : la prestation de compensation du handicap (auprès de la MDPH), ou l’aide de l’AGEFIPH (si l’aménagement du véhicule est une condition au maintien de l’activité professionnelle).

Assurer un prêt bancaire (1) L’assurance emprunteur couvre les risques : décès invalidité/incapacité de travail perte d’emploi Obligatoire/ou facultative selon l’emprunt Polyarthrite = risque de santé aggravé  Difficultés pour assurer un prêt  Difficultés à accéder à l’emprunt  Exclusion de garanties / surprime  Refus Dans la majorité des cas, l’emprunteur devra souscrire une assurance pour garantir le prêt, en particulier s'il s'agit d’un crédit immobilier ou d’un crédit professionnel. Pour garantir le plus grand nombre d’emprunteurs, les assureurs mettent au point des contrats standards (contrat groupe ou individuel). Le tarif et les conditions d’assurance de ces contrats sont déterminés en fonction de critères correspondant à un risque de santé moyen. Lorsqu’une personne est atteinte d'une affection de longue durée telle que la polyarthrite rhumatoïde, elle ne parvient pas à être assurée aux conditions standards. Elle est exclue de certaines garanties et doit payer une surprime. Elle est considérée comme présentant un risque aggravé de santé et donc plus difficilement assurable. Néanmoins, il est déconseillé de ne pas déclarer sa PR dans le questionnaire médical de l’assurance : Une fausse déclaration entraine la nullité du contrat et le polyarthritique ne pourra jamais être indemnisé, même dans le cas d’un problème autre que la PR. De plus, le remboursement du capital restant dû demeurerait alors à sa charge ou - en cas de décès - à celle de ses héritiers. Il est fréquent que des malades croient qu’en refusant d’être en ALD, ils pourront être assurés. Les questionnaires des assurances sont très « pointus » et comportent des questions sur un éventuel suivi médical, la prise de médicament, les examens réalisées, arrêts maladie etc. qui permettent au médecin conseil de l’assurance de comprendre qu’il y a un problème de santé et d’adresser au malade un questionnaire plus détaillé.

Assurer un prêt bancaire (2) Convention AERAS : s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé Améliore l’accès à l’assurance des personnes présentant un risque aggravé de santé Anticiper la question de l’assurance avant le prêt Se renseigner sur la convention AERAS auprès de sa banque ou d’une association de malades Demander plusieurs propositions d’assurance Ne pas déclarer sa PR est déconseillé ! La convention AERAS concerne les personnes dont l'état de santé ne permet pas d’obtenir une couverture d’assurance aux conditions standards du contrat. Elle a été signée par l’Etat, les banques, les organismes d’assurances et des associations de malades dont l’AFPric Dans le cadre de la convention AERAS, le dossier d’assurance peut être examiné à 3 niveaux : 1er niveau : contrat aux conditions standards : les polyarthritiques sont refusés à ce niveau 2ème niveau : le dossier fait ici automatiquement l’objet d’un examen plus personnalisé notamment sur la base d’un questionnaire de santé détaillé. 3ème niveau : examen des dossiers refusés au 2ème niveau, par un « pool des risques très aggravés » c’est-à-dire un groupe de réassureurs, si les conditions d’âge (70 ans au plus à la fin du prêt) et de montant (320 000 €, hors opérations de crédit relais pour l’acquisition d’une résidence principale) fixées par la convention sont respectées. Il existe un dispositif qui permet de diminuer les surprimes à la charge des emprunteurs disposant de revenus modestes. Il concerne les prêts immobiliers liés à l’acquisition d’une résidence principale et les prêts professionnels d’un montant maximum de 320 000 €. Il existe des conditions pour en bénéficier, notamment des conditions de ressources. Certains polyarthritiques restent inassurables.

Le rhumatologue dans la prise en charge sociale De nombreux droits sont déterminés par l’état de santé du malade et des conséquences de la PR dans sa vie quotidienne, familiale, professionnelle, sociale Un certificat médical détaillé, avec les compte-rendus d’examens, d’hospitalisation, etc… permet : aux différents organismes (MDPH, Assurance maladie...), une appréciation plus fidèle de la situation du malade au malade, d’accéder aux dispositifs et prestations adaptés à sa situation De nombreux refus de prestations sont liés à un manque d’éléments dans le certificat médical Recours et perte de temps Nous savons tous que la sévérité de la PR et les conséquences de la maladie ne sont pas les mêmes chez tous les patients. Par ailleurs, les médecins des différents organismes amenés à évaluer une situation (MDPH, assurance maladie, etc.) ne sont pas des spécialistes de la polyarthrite. Ils ont besoin d’informations détaillées sur l’état de santé du malade dont ils examinent le dossier et ne vont statuer sur la demande du patient, qu’à partir des éléments indiqués dans le certificat qui leur est transmis. Le service Entr’Aide de l’Association Française des Polyarthritiques et des rhumatismes inflammatoires chroniques (AFPric) est constamment contacté par des malades, suite à un refus d’un droit ou d’une prestation et, dans de nombreux cas, il s’avère que le certificat médical n’était pas suffisamment étayé. Des informations importantes comme : les articulations atteintes, la fréquence des poussées, la fatigue, la douleur, le dérouillage matinal, les effets indésirables des traitements, les complications de la maladie… ne sont parfois pas indiquées.

Vers qui orienter les malades pour une évaluation de ses droits ? Le service social du personnel le service social de l’assurance maladie Le service social hospitalier Le centre local d’information et de coordination (à la mairie pour les + 60 ans) Le service entr’Aide de l’Association Française des Polyarthritiques et des rhumatismes inflammatoires chroniques : 01 400 30 200 www.polyarthrite.org