4ème Réunion semestrielle Mopti juillet 2008

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Transcription de la présentation:

4ème Réunion semestrielle Mopti 23-26 juillet 2008 ÉTUDE EXPLORATOIRE DE LA FRÉQUENTATION DES CENTRES JEUNES DE OUIDI ET DU SECTEUR 15 4ème Réunion semestrielle Mopti 23-26 juillet 2008

Introduction résultats d’une étude exploratoire menée dans les deux centres jeunes du secteur 15 et de Ouidi, (districts sanitaires de Bogodogo et Boulmiougou) ; collecte d’informations relatives à l’accès aux services des deux centres par les adolescents et jeunes de 10 à 24 ans.

Objectifs de l’étude Réaliser une étude exploratoire des contraintes liées à l’accès aux services des deux centres jeunes du secteur 15 et de Ouidi

Approche méthodologique (1) Sites : Le centre du secteur 15: centre, fonctionnel depuis juillet 2007; Le centre de Ouidi est fonctionnel depuis 1995; Outils de collecte de données : guide d’entretiens semi-structuré adressé aux usagers des centres; Guide d’entretiens semi-structuré adressé aux prestataires de soins (entretiens enregistrés et retranscrits); Lieu des entretiens: centres jeunes

Approche méthodologique (2) Tous les adolescents et jeunes (10-24 ans) venus en consultation étaient inclus dans l’étude; Aspects éthiques: un consentement verbal éclairé de l’enquêté était requis avant tout entretien; Traitement des données effectué manuellement suivi d’une analyse de contenu; Durée de la collecte des données: 15 jours ouvrables Période de l’enquête: décembre 2007

Difficultés / limites méthodologiques Plus d’enquêtées filles que de garçons; Collecte de données au sein des centres; Spécificité des deux centres; Réticence à accepter l’entretien.

Synthèse des résultats

Caractéristiques de l’échantillon étudié (1) 47 adolescents et jeunes interrogés: 35 de sexe féminin (75 %) et 12 de sexe masculin (25 %)*. 35 jeunes usagers de sexe féminin: 9 vivent en couple, 26 célibataires (« 14 disent n’avoir pas de copains sexuels et 12 en ont »). 12 jeunes usagers de sexe masculin: 1 vit en couple, 11 célibataires («7 disent n’avoir pas de copines sexuelles et 4 en ont » *A titre comparatif : étude quantitative de la fréquentation des centres jeunes (troisième trimestre de 2007) :filles:74,7 %); garçons:25,3 %).

Caractéristiques de l’échantillon étudié (2) Âge : 16 à 25 ans; Niveau d’instruction scolaire : Niveau secondaire et plus : 40/47 Niveau primaire: 7 (ne sont plus des élèves).

Connaissances des centres jeunes par les usagers Milieux scolaire et universitaire à travers des séances de sensibilisation animées par des prestataires de soins; Copains/amis; Personnel administratif (surveillants) des collèges et lycées, des personnels de santé, centres d’apprentissage, associations, radio, parents, panneaux indicatifs, télévision.  Inégalité dans l’accès à l’information des centres par le public cible non scolarisé.

Appréciations positives des centres par les usagers Prestations offertes: conseils en planification familiale, accès à l’information et à la prévention sur les IST, le VIH/SIDA, les grossesses non désirées, et aux consultations gynécologiques; Facilité à trouver des réponses à des préoccupations sans passer par les parents; «on peut venir au centre sans discuter de problèmes avec les parents », (jeune fille, 18 ans, élève). « C’est un lieu approprié pour les jeunes », (jeune garçon, 20 ans, élève).

Contraintes sociales liées à l’utilisation des centres (1) Facteur religieux et sexe du prestataire « Parce que c’est un homme ; si c’était une femme, je n’allais pas me sentir gênée », (jeune fille, 19 ans, musulmane). Perception relative au corps dans la relation thérapeutique « Mon sexe grattait depuis 5 mois et je pensais que ça allait passer, mais rien. C’est pour ça je suis venue ici. Après avoir posé des questions, elle m’a dit de se déshabiller et, j’ai dit ah; j’avais honte. Mais après, j’ai accepté. Si, c’était un homme, ça allait être un vrai problème. Mais, j’allais finir par céder parce que je veux ma santé », (fille, 21 ans, centre de formation).

Contraintes sociales liées à l’utilisation des centres (3) «J’avais reçu une jeune fille de 20 ans en consultation. Lorsque je lui ai demandé de se déshabiller pour l’examen clinique, elle a refusé. Je ne sais pourquoi, et elle est repartie », (prestataire homme, centre jeunes du 15). sentiments de gêne surtout lors de la première consultation  « Comme c’est la première fois, j’avais honte de lui parler de mon mal », (garçon, 20 ans, élève) ; « J’avais honte de lui dire ça, que mon sexe me grattait ; comme c’est la première fois », (fille, 20 ans, apprentissage).

Contraintes sociales liées à l’utilisation des centres (4) La relation est parfois ponctuée de gêne, même quand les deux acteurs sont de même sexe «Ça m’a gênée un peu et j’ai eu peur de lui poser certaines questions », (fille, 19 ans, élève) ; « j’ai mis assez de temps avant de pouvoir parler. J’ai dit que j’avais commencé la consultation ailleurs. Celle qui me consultait a été affectée dans un autre service. C’est, ce que j’ai expliqué avant de parler de la piqûre », (fille, 21 ans, marié, 1 enfant).

Contraintes sociales liées à l’utilisation des centres (5) Pour certains usagers, le sexe du prestataire n’est pas une contrainte majeure à la relation thérapeutique, « C’est un infirmier comme les autres, même s’il était de sexe féminin, je n’aurai aucune difficulté à dire mon mal », (garçon, 20 ans, élève)

Relation thérapeutique : une relation d’écoute et de confiance (1) La relation d’écoute et de confiance est très importante (indépendamment du sexe du prestataire) dans la prise en charge des besoins de santé des jeunes, «…elle s’est entretenue avec moi sur ma vie et, elle m’a donné des conseils en me disant qu’elle est une mère, une sœur qui est entrain de me conseiller. C’était bien et cela m’a motivé à amener deux de mes amis pour les mêmes raisons. L’accueil est très important. », (jeune garçon, 21 ans, étudiant). «il faut toujours creuser pour comprendre davantage leur besoin. Il faut prendre le temps d’écouter les jeunes, car ils ne disent pas immédiatement le motif réel de la consultation. Il faut une relation de confiance et d’écoute », (prestataire). 

Relation thérapeutique: une relation d’écoute et de confiance (2) La relation thérapeutique engendre une peur, comment expliquer le mal, se faire comprendre sans être jugé négativement, « au début, j’avais peur de lui parler de certaines choses sur les règles douloureuses. Mais, j’ai pu lui dire, parce qu’elle était gentille », (jeune fille, 19 ans, élève). « au début, j’ai eu peur, parce qu’elle est plus âgée que moi, mais elle s’est montrée très gentille avec moi par la suite ; je me suis exprimée à l’aise », (adolescente, 17 ans, élève).

Relation thérapeutique: une relation d’écoute et de confiance (3) Une relation rassurante sans propos moralisants, « Elle m’a posée des questions et a pris tout son temps pour m’écouter. Elle ne m’a pas grondée, ni insultée, ni réprimandée. Le fait qu’elle soit une femme, la relation a été facile. Quand je venais, je priais Dieu pour que ça soit la femme » (jeune fille, 21 ans, couturière).

De la gestion de la confidentialité La présence d’autres prestataires dans la salle et autres gestes non accomplis (fermeture de portes) ne garantissent pas toujours la confidentialité, «J’ai été reçue toute seule dans la salle. Elle m’a offerte une place pour m’asseoir et on a commencé à discuter. Elle m’a donnée un médicament que j’ai avalé et un autre à prendre à domicile. Elle a pris tout son temps pour m’écouter. Elle a été attentive et patiente à mon égard » (jeune femme, marié 23 ans, 1 grossesse). «Quand je suis entrée, elle m’a donnée une place pour m’asseoir et elle a fermé la porte », (fille, 21 ans, couturière).  

Centres jeunes: vers une réponse aux préoccupations des jeunes «le centre est proche de mon domicile. Il n’ y a pas de rang à faire pour bénéficier de la consultation. La consultation est rapide. L’accueil est bien. On ne méprise pas quelqu’un ; donc je préfère mille fois me faire consulter ici que d’aller dans un CSPS. J’économise en temps. La prise en charge est rapide, le personnel respecte beaucoup les gens et c’est ce qui motive à utiliser le centre. J’arrive à m’exprimer facilement avec le personnel de santé qui gère beaucoup ses humeurs. Ils sont aimables et sincères. Ils prennent leur temps pour t’écouter sans te juger », (jeune fille, 24 ans secrétaire).

Suggestions des enquêtés pour améliorer les centres (1) Sensibilisation des jeunes sur les IST, le VIH, PF et surtout l’utilisation du préservatif ; Sensibilisation des jeunes sur l’existence des centres jeunes ; Renforcement de la sensibilisation en milieu scolaire ; Panneaux indicatifs à partir des grandes voies ; Possibilité d’ouverture les samedis dans l’après-midi

Suggestions des enquêtés pour améliorer les centres (2) Renforcement du nombre de prestataires ; Sensibilisation des jeunes non instruits qui n’ont pas d’information sur le centre ; Présence d’un psychologue dans les centres pour renforcer la prise en charge ; Sensibilisation du personnel sur le retard dans les centres ; Création d’autres centres jeunes ; Services totalement gratuits, en l’occurrence la consultation.