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Daniel Villaperla vous présente les Poèmes dis lors des tournois de bridge des « ANGES » 3-12 au 16-12-2007 (N°24) Attendez que la musique de Mozart démarre.

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2 Daniel Villaperla vous présente les Poèmes dis lors des tournois de bridge des « ANGES » 3-12 au (N°24) Attendez que la musique de Mozart démarre et prenez le temps d’apprécier les textes poétiques que vous aimez dans cette sélection… Les diapositives changent au clic de la souris

3 Une fois encore je me retrouve à la recherche du temps perdu. Le temps des entre-temps, le temps du passé revenu, le temps d'écoute, le temps du temps intemporel. La Louisiane me possède toujours aussi pleinement et ses pouvoirs sont en proportion du vert vif qui pousse sur les arbres en feuilles nouvelles. L'épaisseur du vivre ici est écrasant et envoûtant, la mousse et les insectes grouillant dans ma mémoire. Je me suis réveillée décalée ce matin ; décalée de mes racines par un océan qui sépare ces années- là de ma vie de celles du temps d'avant. Donc, je me suis trouvée en retrouvant le tapis du gazon qui s'enfonce sous mes pieds, dans les sifflements bienvenus des êtres à plumes inconnus en France, dans ce calme qui vient quand on l'appelle, dans ce temps perdu entre les sillons des années. Comme cela fait du bien d'être ici ! même avec la douleur, même avec le regret, même avec ce temps qui m'échappe et qui m'échappera toujours aussi longtemps que je continue à le chercher dans le présent. Alice Lamy

4 Ombre mon amour Isabelle Servant Une douceur de courbes a coulé dans ma nuit Comme un midi lunaire en sa vallée d'alcools Rouge sang d'horizon déroule sa peau tendre Au soleil ; sa bruyère humide terre bleue Comme nord comme sud confondus en rayons Comme lacs forestiers comme barque chantant Sa teneur linéaire en concert blanc de fluide Et comme un argent gris de fourrure nomade Elle a coulé profond dans mon profond muet A séparé les grains partagé pains et orge Eparpillé les fruits d'encens les vins d'épice Et ses feux en brûlures ont répandu leur cire Et leurs mont joies fumants comme traces d'ailleurs

5 Que le bonheur arrive lentement ! Que le bonheur s'éloigne avec vitesse ! Durant le cours de ma triste jeunesse, Si j'ai vécu, ce ne fût qu'un moment. Je suis punie de ce moment d'ivresse. L'espoir qui trompe a toujours sa douceur, Et dans nos maux du moins il nous console; Mais loin de moi l'illusion s'envole, Et l'espérance est morte dans mon cœur. Ce cœur, hélas ! que le chagrin dévore, Ce coeur malade et surchargé d'ennui, Dans le passé veut ressaisir encore De son bonheur la fugitive aurore, Et dans tous les biens qu'il n'a plus aujourd'hui; Mais du présent l'image trop fidèle Me suit toujours dans ces rêves trompeurs, Et sans pitié la vérité cruelle Vient m'avertir de répandre des pleurs. J'ai tout perdu, délire; jeunesse, jouissance Transports brûlants, paisible volupté, Douces erreurs, consolante espérance, J'ai tout perdu : l'amour seul est resté. Projet de solitude Evariste Parny dieudragon

6 Mignonnette Albert Ferland Qu'elle est gentille et qu'on l'admire Cette blonde aux airs gracieux! Son oeil, où son âme se mire, Semble un tout petit coin des cieux. Elle n'a nul penser morose, Son cœur est gai comme un matin, Dans sa mignonne bouche rose Gazouille un doux ris argentin. Oh! quelle grâce brille en elle! Partout ses charmes sont vainqueurs, Et le seul feu de sa prunelle Pourrait lui gagner mille cœurs !

7 Quand tu es parti, les larmes m'ont envahie, mais même les larmes n'ont pas rompu le charme de cette rencontre venant d'un autre monde. Quand tu es parti, j'ai suivi ton regard, pour me voir, un peu, avec tes yeux. Il y a eu toutes ces heures, passées à cultiver mes peurs, mon souvent si noir passé que j'essaie de bien cacher, tous ces sentiments que j'ai ramassés et mis soigneusement à sécher entre les pages d'un livre d'images, pour les empêcher d'être libres et pouvoir me forcer à vivre. Et maintenant que tu es parti, je souris et je vis. Impressionnant ce coup de vent, car sur ton passage tu as fait voler les pages et j'aime cet espace où plus rien n'est à sa place. Nathalie Feld

8 Désirs Angèle Lux Robe pourprée de l'astre qui hurle Midi lourd, silence chaud Qui s'abat sur la ville Brûle mes doigts, brûle mon cœur Alangui déjà par l'enfer de ta flamme Mes sens aigus, tendus Grincent, exaspérés par la folle tiédeur L'eau du désir ruisselle par tous mes pores Noyant mes pensées pour ne conserver Que le relent de la bête les sens aux abois

9 Souvent le cœur Cécile Sauvage Souvent le cœur qu'on croyait mort N'est qu'un animal endormi ; Un air qui souffle un peu plus fort Va le réveiller à demi ; Un rameau tombant de sa branche Le fait bondir sur ses jarrets Et, brillante, il voit sur les prés Lui sourire la lune blanche. pesare

10 Partir Mireille Baudry Partir, le bleu pour toute barque Avec, en ligne de mire, cet accroc planétaire Que la mer ravaude de sa pogne liquide Au loin, là-bas, déchirure sans fin Et j'aurai dans mes cales quelques moissons d'enfance Les fruits juteux de l'aube et la pulpe du vent Dévidant ses comètes aux draps blancs des voilures Houle dans les cheveux, et broussailles du sang J'aurai le vent nomade cahotant la blessure Et des festins de mots jalonnant le silence J'aurai l'incandescence et poussières d'épure Avec toujours au corps, la longe un peu trop courte RaStAdEvIl

11 Caprice blanc Emile Nelligan L'hiver, de son pinceau givré, barbouille aux vitres Des pastels de jardins de roses en glaçons. Le froid pique de vif et relègue aux maisons Milady, canaris et les jokos bélîtres. Mais la petite Miss en berline s'en va, Dans son vitchoura blanc, une ombre de fourrures, Bravant l'intempérie et les âcres froidures, Et plus d'un, à la voir cheminer, la rêva. Ses deux chevaux sont blancs et sa voiture aussi, Menés de front par un cockney, flegme sur siège. Leurs sabots font des trous ronds et creux dans la neige; Tout le ciel s'enfarine en un soir obscurci. Elle a passé, tournant sa prunelle câline Vers moi. Pour compléter alors l'immaculé De ce décor en blanc, bouquet dissimulé, Je lui jetai mon cœur au fond de sa berline.

12 Sais-tu qu’aimer, c’est la quintessence Du beau, du réel ou s’amorce L’aube de la vie. Sais-tu qu’aimer, c’est vivre d’espérance En ouvrant ses mains aux caresses Moi ton esclave affranchi. Sais–tu qu’aimer, c’est d’être libre Libre comme la poussière du temps Faisant fi des convenances. Sais-tu qu’aimer, en admirant le jour Dans sa splendeur arc en ciel, Cascades de mélodies. Sais-tu qu’aimer, aux matins de nos origines Humanité avec ses différences Ou se croisent nos cris incompris. Sais-tu qu’aimer, toi la chrysalide Que naissent des étoiles Dans mon cœur meurtri. Sais-tu qu’aimer, toi mon âme vagabonde Que sur les sentiers de mes envies Je ferais de toi mes habitudes. Sais-tu aimer ? Mohamed El-Ouahed

13 Sables mouvants Jacques Prévert Démons et merveilles Vents et marées Au loin déjà la mer s'est retirée Démons et merveilles Vents et marées Et toi Comme une algue doucement caressée par le vent Dans les sables du lit tu remues en rêvant Démons et merveilles Vents et marées Au loin déjà la mer s'est retirée Mais dans tes yeux entrouverts Deux petites vagues sont restées Démons et merveilles Vents et marées Deux petites vagues pour me noyer.

14 Ils s'en vont se chercher ailleurs... Mireille Baudry Ils s'en vont se chercher ailleurs Là où ils en ont l'habitude Trimbalant leur doublure en proue de solitude Au comptoir de midi et au zinc du soir Ils s'attendent de l'autre côté Sur des manèges inversés Des fois que passerait un signe Dans la plaie ouverte du temps Ils se tiennent au hasard sur l'ébréché du vide Cap au dru des banquises vers l'étoile perdue Sables mouvants de givre à leurs lèvres rouillées Et le feu d'en-dedans déborde leurs yeux nus Leurs mains échouées s'agrippent à l'entame du jour Dans le roulis poisseux qui débâcle leurs mots La limaille de vivre aux éboulis du cœur Titubant la noyade sur des reflets de vase Et tangue la brûlure d'un soleil de métal Dans un chahut d'entailles et de ravines crues L'aventure vertige et spirale à l'abrupt Ressasser le ressac d'un rêve de partance

15 Rappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là Et tu marchais souriante Épanouie ravie ruisselante Sous la pluie Rappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest Et je t'ai croisée rue de Siam Tu souriais Et moi je souriais de même Rappelle-toi Barbara Toi que je ne connaissais pas Toi qui ne me connaissais pas Rappelle-toi Rappelle-toi quand même ce jour-là N'oublie pas Un homme sous un porche s'abritait Et il a crié ton nom Barbara Et tu as couru vers lui sous la pluie Ruisselante ravie épanouie Et tu t'es jetée dans ses bras Rappelle-toi cela Barbara Et ne m'en veux pas si je te tutoie Je dis tu a tous ceux que j'aime Même si je ne les ai vus qu'une seule fois Je dis tu a tous ceux qui s'aiment Même si je ne les connais pas Rappelle-toi Barbara N'oublie pas Cette pluie sage et heureuse Sur ton visage heureux Sur cette ville heureuse Cette pluie sur la mer Sur l'arsenal Sur le bateau d'Ouessant Oh Barbara Quelle connerie la guerre Qu'es-tu devenue maintenant Sous cette pluie de fer De feu d'acier de sang Et celui qui te serrait dans ses bras Amoureusement Est-il mort disparu ou bien encore vivant Oh Barbara Il pleut sans cesse sur Brest Comme il pleuvait avant Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé C'est une pluie de deuil terrible et désolée Ce n'est même plus l'orage De fer d'acier de sang Tout simplement des nuages Qui crèvent comme des chiens Des chiens qui disparaissent Au fil de l'eau sur Brest Et vont pourrir au loin Au loin très loin de Brest Dont il ne reste rien. Catherine SUCHOCKA Barbara Jacques Prévert

16 J'ai appris à t'aimer Natacha Peneau J'ai appris à t'aimer, ma jeunesse frivole Est passée au tourbillon des jours… J'ai appris à t'aimer en rêvant sous le saule Jetant aux orties tous mes autres amours. J'ai appris à t'aimer, sourire ou amertume Dans la tristesse de tes yeux amoureux, J'y trouvais l'or d'une immense fortune Les joyaux d'un cœur et d'un amour heureux. J'ai appris à t'aimer à travers la tendresse Dont j'entoure chaque jour les souvenirs enfouis. Je t'aime encore plus fort dans la sombre détresse Où désormais tes yeux s'enfoncent dans l'oubli. Vive_Le_Rock

17 Le rêve Pier de Lune Doucement en silence les bras tendus vers toi je vole au-delà des mers, dans l'univers te voilà qui approches tu m'enveloppes de tes bras ton souffle me caresse telle une brise légère je frémis je tressaille le bonheur m'envahit ton étreinte se resserre c'est la fusion je m'éveille te cherche en vain ma couche est vide j'enfouis dans mon coeur caresses, amour et tendresse la nuit lentement tire à sa fin...

18 A un moment, je te regarde de nouveau A un moment, je te regarde de nouveau et là, tout d'un coup, je réalise que ton regard s'est modifié. Il est devenu las, ennuyé, quasiment agacé, un mélange d'impatience et de dégoût. Et enfin, tu détournes les yeux. Bizarrement, à cet instant précis, je comprends et j'accepte. J'accepte ce regard qui fuit. A ce moment, je ressens tout d'un coup la fatigue. En tout cas une forme de fatigue, pas forcément physique. Je baisse la garde presque avec soulagement. Je sais que je n'ai plus aucune raison de me défendre ou de me battre. C'est un mélange de résignation et de paix. Le premier coup de couteau qui vient, je le reçois sans même vraiment le sentir. Je ne sens pas de douleur quand la lame pénètre la chair. Un moment parfait. Oneiros BlackButterflyLMK

19 Encore un souvenir Halina Poswiatowska encore un souvenir je viens d'écrire un mot je suis plus vieille d'un mot de deux de trois d'un poème plus vieille - qu'est-ce que ça veut dire dans l'abstraction qu'on appela histoire m'a été assigné un espace étroit d'ici - jusque-là je grandis dans l'abstraction qu'on appela économie il m'a été ordonné de vivre dans l'abstraction qu'on appela temps - j'avance je me perds et poursuis mon errance decorposee

20 Seulette suis et seulette veux être, Seulette m’a mon doux ami laissée, Seulette suis, sans compagnon ni maître, Seulette suis, dolente et courroucée, Seulette suis en langueur mésaisée, Seulette suis plus que nulle égarée, Seulette suis sans ami demeurée. Seulette suis à huis ou à fenêtre, Seulette suis en un anglet muchée, Seulette suis pour moi de pleurs repaître, Seulette suis, dolente ou apaisée, Seulette suis, rien n’est qui tant me siée, Seulette suis en ma chambre enserrée, Seulette suis sans ami demeurée. Seulette suis partout et en tout être, Seulette suis, où je vais où je siée, Seulette suis plus qu’autre rien terrestre, Seulette suis, de chacun délaissée, Seulette suis, durement abaissée, Seulette suis souvent toute épleurée, Seulette suis sans ami demeurée. Princes, or est ma douleur commencée : Seulette suis de tout deuil menacée, Seulette suis plus tainte que morée, Seulette suis sans ami demeurée. Christine de Pisan kayceeus

21 La vague s'élève, Etend la brillance lisse de son immobilité, Instant magique de temps arrêté, Mon corps soudain se jette Pénètre le bouillonnement sous-marin, Je sais... La vague s'affaissera brutale et violente, Lame de fond dévorante Je sais... mais... L'espace de solitude L'enveloppe de silence Caressent la paix de mon souffle dilué, Les yeux fermés Je voyage enfin à l'intérieur Dans l'infini du cosmos aveuglant Fulgurance illuminée, Dans l'océan de la quiétude primitive... Ils disent que j'ai vécu une expérience de mort imminente... Moi, je connais la vérité.. J'étais Ailleurs... Pascale Dahmani

22 Désormais Chantal Cudel Echouée sur la grève, Je t'attends. Infiniment. Longtemps. Je t'attends Le cœur à l'océan. Sans temps, Entre lune et soleil. Là-bas, Au large, Ailleurs, Je t'attends. Immense, Emouvante, Echouée, Béante, La tête aux étoiles, L'âme en Mer. darkview

23 Féerie Quelque part ailleurs il existe des jardins suspendus parmi les monts de longs parfums s'étirent s'enroulent en volutes aux cadences des cimes De ma nacelle je les respire. Quelque part ailleurs un océan déferle sur des rocs de cristal et des grèves de nacre chaque vague palpite en son trésor de vies De ma barque je les caresse du regard. Quelque part ailleurs il existe un vrai ciel un vrai soleil qui tombe en gouttes de joie sur la terre Je suis un sentier de velours vers l'escale où pleut la lumière Quelquefois j'y songe Quelque fois j'y crois Quelque part existe aussi peut- être une autre moi.

24 Écrire son saoul de rêves Et visiter la pluie. Rire dans les échos, S'imaginer un corps Habillé de lumière, Se souvenir d'un chant Et sourire d'une larme. Le présent s'oublie dans la nuit, Le futur s'illumine dans le jour... Et allumer des cendres Qui s'appellent présent. Bref mourir quelques fois Mais vivre tout le temps... Rêver ! François

25 L'aile d'un ange Edith Ubaniak L'aile d'un ange m'a effleuré Puis doucement s'en est allée J'ai effacé toutes les images Qui n'étaient juste que des mirages Puis j'ai soudain ouvert les yeux Et regardé le bleu des cieux La tête pleine de délires Sur mes lèvres un beau sourire J'ai secoué mon grand manteau Se sont échappés tous mes maux Le coeur léger comme une plume Talons qui claquent sur le bitume Le coeur emplie d'une mélodie Qui tantôt pleure qui tantôt rie Emportée par un flot de joies M'en suis allée droit devant moi Sillonnant toutes les provinces A la recherche de mon prince

26 Immense et rouge Au-dessus du Grand Palais Le solei d’hiver apparaît Et disparaît Comme lui mon coeur va disparaître Et tout mon sang va s’en aller S’en aller à ta recherche Mon amour Ma beauté Et te trouver Là où tu es. Jacques Prevert

27 Ce sentiment ailé Qui lentement prend son essor, Ce sentiment plein et entier, Qui lentement s'élève sans faiblir, Ce sentiment ailé Si largement partagé, Ce sentiment ne connaissant Ni partage ni limites, Ouvre la voie Vers un territoire aux infinis Possibles, aux immenses Chemins... Ce sentiment donne Une force, un espoir à nul autre pareil. Un mystère cependant demeure : Comment la lourdeur succède-t-elle A l'aérienne plénitude de l'envol, Comment le sentiment ailé Devient-il un jour, parfois, plus pesant Qu'une enclume, qu'un fardeau, Que toute la noirceur du monde ? Comment peut-on voler ainsi Plus haut et plus loin Que ne le peut pourtant l'humain, Comment peut-on voler, s'aimer, Et s'écraser ? Comment choisit-on pourtant de retomber encor, Avec plaisir, de rechuter, de s'envoler, de repartir ? Valérie Doussaud

28 Longs sont les jours lorsque tu es absent, Longues les nuits brûlantes de désir, Longs sont les soirs qui échauffent mon sang, Longs sont les jours lorsque tu es absent. Longs les matins où me réveille sans Toucher ton corps, entendre tes soupirs... Longs sont les jours lorsque tu es absent, Longues les nuits brûlantes de désir. Long est le temps Olga Bluteau

29 Demain Natacha Péneau Dans un silence profond j'attends un signe, D'un oiseau égaré ou l'aboiement d'un chien ? Non… à l'angoissant silence je me résigne, J'écoute le temps passer, pour rien… Demain sera un jour nouveau Les cloches sonneront peut-être ? Et les pépiements des oiseaux, Beauté, environnement, bien-être… Demain ! Pensez toujours : "Demain" Quand la nuit tombe et vous angoisse "Demain sera un jour serein" Murmure pour vous le vent qui passe.

30 Douce comme un matin d'avril Quand le soleil s'ébroue au coeur de la rosée, Un duvet de poussin, une source irisée, Une larme-bonheur sur la courbe d'un cil, Ton subtil tremblement quand mon baiser musarde Dans le chaud de ton cou, tes battements de coeur Lorsque au creux de tes reins ma caresse s'attarde, Ta peau-douceur. Tel un été, telle une flamme, Chaude comme une plage aux moiteurs de midi, Un geste qui s'égare, un frôlement hardi, Chaude comme ta bouche où ma lèvre s'affame : Je sais tous ses frissons, je sais tous ses chemins, J'aime la caresser, houleuse et pantelante Lorsque ton désir s'offre à l'appel de mes mains, Ta peau brûlante. Calme ainsi qu'un étang qui dort, Limpide après l'enfer déchaîné de l'orage, Pareille au champ quand à l'aube la brise sage Parsème de soupirs l'horizon des blés d'or, Lorsque le corps s'apaise et que le feu décline, Tout contre moi, tu t'assoupis au petit jour. Dans le lit dévasté, mon rêve la dessine, Ta peau-amour ! Ta peau Michèle Lavalette

31 Au plus profond du sombre impérieusement seul il s'élève immense escalier lumineux. Où mène-t-il ? A chaque marche mon pas éveille un chant léger musique à peine audible envoûtement... Et je monte... monte encore il n'y a pas de palier aucune marche n'est la dernière. Des milliers de diamants m'éblouissent clignotent en cadence le ciel reste impassible nuit noire qui ne se laisse pénétrer par personne. L'escalier sans doute s'écroulera de lui-même avant l'aube pour s'élever encore... et encore... et encore à chaque nouvel appel de l'Ailleurs. L'escalier Renée Laurentine

32 Ta colère Pascale Elle m’aspire m’envahit me dissous, Elle m’explose m’émiette m’éparpille, Elle me dévore, se nourrit de mon silence et, repue, se tait lorsque, immobile, je n’est plus. Esteraz

33 Comme une eau de rosée d’un ruisseau ou d’un pleur Elle coule légère étrange et mystérieuse Pareille à une vague aux changeantes couleurs Qui roule sur la mer débordante et joyeuse C’est un doux instrument aux formes invisibles Habité par des sons secrets et impalpables Elle a toute la gamme au-delà du dicible Et peut tout exprimer même l’inexprimable Par ses envoûtements et par ses sortilèges Elle éteint mes douleurs soigne mes déchirures Chaque mot à lui seul est tout un florilège Et de sa belle bouche une exquise parure Des notes par milliers marchent dessus ses cordes Dérobées çà et là par ses lèvres magiques A des pianos perdus que sa main nue accorde Sa voix est plus jolie que toutes les musiques Toutes les musiques Alain Bentolina

34 UNE FEMME À SAINT-PÉTERSBOURG Mathias Vincenot Un enfant à Saint-Pétersbourg Et une femme jeune et belle Il la voyait dans tous ses rêves Et souvent il la dessinait Les yeux aussi bleus que le ciel De la banquise un jour d’été Elle était au bas de l’hôtel Et peut-être bien qu’il l’aimait Mais bien sûr qu’il n’avait pas l’âge Pourtant il aurait bien aimé Elle était belle et élégante Elle disparaissait parfois Il ne comprenait pas pourquoi Lui si petit, elle trop grande Elle partait peut-être à la plage Elle devait aimer voyager Seule elle était Saint-Pétersbourg C’est elle qui l’illuminait Il n’a compris que bien plus tard Ce qu’était sa réalité Elle fut son premier amour Son premier rêve inavoué Il n’a compris que bien plus tard... Mais il continue d’en douter

35 J'avais laissé des framboises Sur les framboisiers Des fraises sur les fraisiers Des figues sur le figuier Et arrosé les rosiers Mais tu t'es décommandé. Sèchement Les lavandes bleues Ont blanchi Le vieux poirier Est tombé Les mésanges sont parties Et j'ai pleuré. Longtemps Les coquelicots m'ont consolée, Plus sauvages que jamais. Puis le chat a souri La vigne a ri Tout a refleuri Car tu es revenu. A temps Cher toi Bernadette Bodson-Mary

36 Il y a des moments où notre vie s'arrête : On fait le point. Même si cela se passe dans notre tête, On serre les poings. Certains jours, on s'oblige à continuer la route Malgré l'ennui, S' efforçant de garder espoir dans la déroute, Quand tout nous fuit. La solitude, c'est lorsque l'on baisse les bras Devant les autres Sans rien faire pour tenter de rencontrer ceux-là Qui sont des nôtres ; Se laisser submerger par la monotonie De l'existence, Enfin, s'abandonner à la mélancolie, A la souffrance. Il faut prendre sur soi, ne pas désespérer, Se ressaisir ; Ne pas se contenter d'attendre, mais aller Vers ses désirs ; Pouvoir trouver sa voie en se tournant résolument Vers l'avenir ; Et si l'amitié fait défaut, chercher alors D'autres amis ; Ne pas en arriver à dire : mon coeur est mort, Et moi, je vis. Nadeige Bajzik

37 Prends ta barque Sous la lune Prends ta barque. Accompagne la mienne Vers son dernier voyage Sur les vagues de brume. Doucement, doucement. Que l'étole d'Eole En un dernier hymen Nous emmène Au large. Puis Laisse-moi partir Assise à la hune Lentement Vers là-bas Où naissent et meurent Les éléments. Rentre au port Au petit jour Dans la lumière incendiée D'un matin d'été. Dans chaque soleil Je te serai. Chantal Cudel

38 TOUT EST EN TOI A la toute extrémité de tes doigts sens tu la tiédeur d'une autre main qui te frôle invisible Là à ta gauche A ta droite maintenant aussi. Oui là juste un peu trop légère ? Une effluve te caresse respire ! Goûte au souffle dansant d'une ronde voisine, infinie si proche Sur la terre chaque parcelle est couverte de toi et de tous ces autres toi ceux d'hier d'aujourd'hui de demain. RYHRHR Entends-tu leur murmure éternel le frôlement de leur présence ? Ils ont tissé cette toile de chair de sang soulevée de soupirs d'amour Leurs rires leurs pleurs leurs chants leurs gémissements se sont multipliés pour entrer dans le vent rythmer sa musique. Tu portes en toi l'éternité la trame tout comme eux La seule véritable mort n'existe que par volonté de précipice. Elle ne surgit que de toi l'humain Toi qui parfois lui creuse un berceau de tes dents

39 Elle Kevisa Avec Elle, j'ai connu l'Enfer et le Paradis. Je l'ai aimée, puis détestée, Sans jamais cesser de l'aimer. Elle était ma source vitale empoisonnée. J'avais pris mon glaive à l'acier le mieux trempé, J'étais son chevalier et son esclave. J'avais tous les courages. Dans les yeux, l'âme et le cœur, j'avais son image. Je savais pourtant le combat sans issue, Parce qu'il n'y avait pas d'autre ennemi Que le temps, l'indifférence et l'ennui Que déjà elle avait de notre vie. Sentinelle à l'affût de tous les dangers, Je ne l'ai pas vue me poignarder de son mieux, Sans rien faire, juste en détournant les yeux, S'enfuyant vers d'autres lieux sous d'autres cieux. Mes remords et regrets se confondent aujourd'hui. Je hais mon amour et j'aime ma détresse. Par son absence, Elle reste encore la maîtresse De chacun des instants que je vis par faiblesse.

40 Je t'aimais bien Lydia Pavot Je t'ai aimé Bien plus que la montagne qui embrasse les cieux Mais toi tu n'as rien vu. Je t'ai souhaité Au-delà de mon âme, à la face des dieux Or tu n'en as rien su. Tellement sincère pourtant Que j'en ai eu le coeur noyé dans le néant, Les yeux au bord du vide Et cette peine avide Qui me voulait pour elle a eu raison de tout. Mon dédain peu à peu poursuit sa longue course Mon chagrin s'évapore, se dilue en sa source. Les maillons de mes chaînes à présent se dénouent Le fil des jours estompe l'attrait que j'ai pour nous. Tu ne risquais rien cependant Ma raison était noble, ma cause tout autant Juste l'amour était fou !

41 Séparation Evelyne Pannier J'ai perdu ton image J'ai perdu ton visage Aux brumes du rivage De ce lointain voyage. Et ta voix si peu sage Se perd dans les nuages. Je n'ai plus de courage Je ne crois plus aux mirages Que promettent les mages. Et je tourne la page Je repars en voyage Retrouver ton image Retrouver ton visage Oublier ce rivage Et me perdre dans les nuages.

42 Invite Evelyne Pannier Reste avec moi cette nuit Mais pas pour toujours. Reste comme un ami, Tendresse, câlins, douceur. Reste encore jusqu'au jour Nous referons l'amour. Reste… Écoute mes frayeurs Et chasse ma douleur. Reste… Et sèche mes pleurs, Apprends-moi le bonheur. Reste… Et cueille cette fleur Faite de miel que te destine mon cœur. Reste avec moi cette nuit, Mais pas pour toujours. Repars au petit jour, Et lors de ton retour Nous ne parlerons pas d'amour. GreenBambi

43 Le retour a un goût d'amertume et la lourdeur d'une nuit d'insomnie. Des fragments de quotidien se mêlent - logique, dialectique, Da-sein, Lichtung - et mon bras se met à bouger, ma main à écrire machinalement. Il plane une odeur typique de train dans un compartiment de première et derrière la vitre se profilent les montagnes azurées. Le retour a un goût d'amertume et ce n'est pas tant le dernier verre que la saveur de la nostalgie des courses dans les prés de l'eau cristalline du torrent de l'odeur du champ labouré et du bois brûlé qui crépite dans la cheminée alors que sous le lustre brille une nappe blanche et que mon regard affamé te cherche Liza

44 Terres du sud Les muses endormies, battent doucement des ailes, dans leur sommeil de poivre et de musc. Les canaux assagis portent leur filet d'eau pâle, vers une destination infinie, des noces abyssales. Sur la terre blanche les tamaris et les cyprès frissonnent de plaisir, sous le vent mutin chuchotant des effluves de lavande odorante, des senteurs de serpolet. Les fleurs répandent leur volupté sucrée sur la terre sèche. Une terre de poudre d'os qui donne aux arbres des troncs petits et tordus, si bien que jeunes ils paraissent déjà de vieux sages. Une terre au sang vert et fruité, une onction lumineuse au parfum d'olive. Une terre aux fruits rouges et charnus qui éclatent sous le soleil, une terre pour les chèvres capricieuses et les moutons paisibles. Une terre pour les chats maigres et les poteries bleues comme le ciel. Une terre pour les chiens qui aiment courir après le vent, pour les lapins qui dansent au clair de lune. Une terre pour les vagabonds, les bergers et les prophètes, une terre qui murmure des poèmes aux étoiles, qui berce l'homme comme l'enfant et qui partage ses connaissances avec ceux qui renoncent à l’inutile. Une terre qui en secret, rêve à la mer, la grande bleue là-bas, de l'autre côté des montagnes nues. Une terre qui danse et qui pleure, qui bat à la mesure du cœur ! Une terre qui meurt et qui se relève en chantant! Une terre pour les silences et les mystères, les replis d'ombre, les murs épais. Une terre de soleil où la magie est indissociable de la vie, où l'amour s'apprend avec la patience et où la mort accompagne chacun des pas accompli. Cathy Garcia DavinArfel

45 Le jour viendra Le jour viendra de l'Italie, D'une nuit affaiblie et pâle Il cheminera à l'oriental En carminat brique ou opale. Le jour tranquille s'élèvera Aux gouttes perlées de la voile. Il donnera sa note claire Et le pont fuselé d'étoiles S'incendiera de sa lumière. Le phare s'est éteint à bâbord Le soleil enflamme l'aurore. Pour le marin qui dort encore Entre chien et loup, le filet A ramené en mailles serrées Des poissons de lune par milliers. Le jour se lève sur un cri D'amour à mort D'infini. Chantal Cudel

46 Délires éveillés J'ai envie de fraises à l'eau De ta bouche De menthe diabolo Comme tes yeux Sur du papier J'ai envie de revenir en arrière De briser en un éclair Les frontières de nos songes Les rêves fous qui nous rongent Bon à jeter L'univers entier dans ma main Des travaux herculéens Des mégalopoles dans une escarmouche Un tapis volant frôlant les cieux Délires éveillés Sur du papier Bon à jeter Sans regret ! Amélie Averlan

47 Cri Valérie Vidal Voici un cri dans le vide Une souffrance qui doit fuir après avoir vécu. Pourquoi la retenir ? Parce que sans elle je n'existe pas... Elle est ma seule compagne... de cet instant. Cruelle je l'oublierai, elle qui malgré tout est là. Finalement y'a du bon à souffrir. C'est le cri de la souffrance qui fuit, qui part, nous lâche et qui a peur pour moi. J'ai pitié d'elle, alors je la garde tant que je peux. Au moins j'existe pour quelque chose.

48 Nuit d'orient Anaka Me glisser dans un salon tapissé de nattes persanes et de soieries imprimées d'or et d'argent. Un silence moiré s'époumone tout autour à ne pas se dire, Des odalisques alanguies abandonnent leur regard au néant, l'affolante luxuriance des couleurs et des lignes entrelacées semble avoir absorbé jusqu'à la dernière étincelle de leur éveil. Sont-elles mortes, ces beautés épanouies, ou seulement endormies ? Peut-être que leurs songes eux-même se sont affranchis de leurs esclaves trop soumises, et qu'ils voguent vers d'ailleurs sans entrave. Je caresse l'étoffe soyeuse du rideau déployé, et j'enfouis mon visage dans les plis abondants. C'est doux, une langueur m'insinue et ploie mes genoux. Je me sens ondoyante et légère, mes pas frôlent les fibres moelleuses et je suis fibre moelleuse, je suis rideau soyeux, je suis entrelacs de traits fins et courbés, arabesque d'émotions emmêlées...

49 Tu es mon cri Angèle Lux Tu es le feu allumé dans mon ventre Dans le vertige de mes profondeurs. Tu es ce puits où se noient mes sortilèges Où s'enfoncent mes peurs. Tu es l'éternité debout sur le pas de mon silence. Tu es mon cri.

50 Tu es de tous les temps Et tu nais en tous lieux ; Hôte de ma mémoire, Tu hantes mon sommeil Et diriges mes rêves ; Partout je te retrouve, Sous les pierres d'un chemin, Dans le chant d'un oiseau, Sur les lèvres d'une femme ; Tu es présent partout, Ici et à mille lieues, Vers ces terres inconnues Où nul ne s'aventure Et où vont s'échouer Les songes des vivants ; Je ne peux te nommer Car tu n'as pas de nom; Tu es l'air et le souffle Du vent qui nous affole, Tu es l'onde où mon cœur A noyé l'espérance ; Tu te métamorphoses Et tu pars en fumée Comme une cigarette Qui retombe en poussière, Point rouge dans les ténèbres. Je ne peux te nommer Bernard Lanza

51 Vivre Chantal Cudel S'abreuver au sourire d'un étang qui se cache Et marcher dans la tourbe aux odeurs de safran. Aérer ses cheveux d'une pensée volage Et marcher, le bonheur poussé par le vent. Marcher infiniment, marcher goulûment, Marcher à pleines jambes, Marcher à pleines dents. Le corps émoustillé par mille feuilles craquantes Le pas dévoreur et l'esprit tant ouvert ! S'élever du regard sur la hampe des arbres Et rimer pleins poumons, le nez en l'air... Inspirer doucement, inspirer simplement, Inspirer narines en corolles, S'abreuver, s'exalter.. Reconnaître le chêne, la girolle, la fougère, Entre mille parfums, tous prompts à s'affoler. Cligner des yeux pour mouiller les couleurs Et peindre son tableau, tout à l'intérieur. kayceeus

52 Musique de Mozart : Romance du Concerto pour piano et orchestre N°20 K.466 Daniel Décembre 2007 Ce diaporama poèmes n°24 est strictement privé. Il est à usage non commercial.


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