Chap. 3. L’optimisation de l’apprentissage 3.1 La répétition 3.2 La difficulté des tâches 3.3 La démonstration 3.4 La variabilité de la pratique 3.5 Pratique massée vs. distribuée 3.6 Les feedbacks 3.7 La motivation
3.3 La démonstration 3.3.1. Les théories de référence L’ASCO La théorie de l’auto-efficacité L’approche dynamique de l’apprentissage par observation 3.3.2 Les déterminants de l’efficacité de la démonstration Caractéristiques du couple modèle-observateur Moment de la démonstration Fréquence des démonstrations Type d’habileté à apprendre
Qu’est-ce que l’apprentissage par observation ? Revues de littérature McCullagh, Weiss & Ross, 1989 McCullagh, 1993 Weiss,Ebbeck & Weise-Bjornstal, 1993 McCullagh & Weiss, 2000, 2001
Une image vaut-elle un millier de mots ? L’apprentissage par observation est l’un des moyens les plus puissants pour transmettre valeurs, attitudes, patrons de pensées et de comportements (Bandura, 1986)
3.3.1.1 Théorie de l’apprentissage socio-cognitif par observation (ASCO) – Bandura (1969,1986) – 1 - Attention Rétention Motivation Reproduction Réponse Stimuli modelants (Bandura, 1969)
ASCO (2) Processus attentionnels : Parallèle entre théorie de Schmidt et ASCO. ASCO (2) Processus attentionnels : Indices pertinents du comportement modèle Caractéristiques des stimuli Caractéristiques de l’observateur
ASCO (3) Processus de rétention Stockage en mémoire des comportements observés Représentations de nature imagée ou verbale Stratégies d’auto-répétition verbales ou mentales
ASCO (4) Processus de reproduction Parallèle au stade de reproduction moteur. ASCO (4) Processus de reproduction Traduction des représentations symboliques en actions Comparaison de l’action produite à la représentation stockée en mémoire Ajustement par essais/erreurs
ASCO (5) Processus motivationnels N’existe pas chez théorie de Schmidt. ASCO (5) Processus motivationnels Evaluation positive par autrui (renforcement direct) Auto-renforcement Motivation du modèle (valorisé) : renforcement vicariant
Théorie de l’auto-efficacité Performances antérieures Expériences vicariantes Expectations d’efficacité personnelle Comportement Persuasion verbale Etats physiologiques (Bandura, 1977) (Bandura, 1977)
Effets potentiels de l’apprentissage par observation Habiletés motrices Quelle influence l’observation des autres a-t-elle sur notre performance ? Variables psychologiques Quelle influence l’observation des autres a-t-elle sur certains indicateurs psychologiques tels l’anxiété, la motivation ou l’auto-efficacité ?
Limites de l’ASCO Les processus décrits se réfèrent plus à un apprentissage social qu’à un apprentissage moteur Nature des informations prélevées ??
3.3.1.2 Approche dynamique de l’apprentissage par observation (1) Scully et Newell (1985) : approche basée sur la théorie écologique de la perception visuelle de Gibson (1979)
Approche dynamique de l’apprentissage par observation (2) Gibson (1979) : la perception n’est pas un ensemble de réponses centrales à l’activité de récepteurs périphériques, mais un processus d’interaction entre un observateur et certains aspects pertinents de l’environnement La perception est indissociable de l’action
Approche dynamique de l’apprentissage par observation (3) Prouve qu’il n’est pas nécessaire de coder toute une image car on observe des morceaux de l’image et des invariants spatiaux. Approche dynamique de l’apprentissage par observation (3) Technique du marquage lumineux des articulations Johansson (1973, 1975) : reconnaissance d’actions, de genre d’une personne => prélèvement d’invariants spatiaux (position des segments des membres) et temporels (vitesse de mouvement des segments)
Approche dynamique de l’apprentissage par observation (4) Scully & Newell (1985) – l’observation visuelle d’une action motrice permet : De percevoir l’information perçue sous forme d’invariants De transmettre des informations sur les patrons de coordination d’actions à réaliser Contestation du principe de codage symbolique et de représentation intermédiaire
Comparaison des méthodes des points lumineux et de la vidéo Scully & Carnégie (1998) Points > vidéo pour séquence de ballet (réceptions) Horn et al. (2002) pas de différences pour l’acquisition d’une tâche en football => résultats contradictoires + nature de l’habileté à considérer
3.3.2 Les déterminants de l’efficacité de la démonstration Caractéristiques du couple modèle-observateur Moment de la démonstration Fréquence des démonstrations Type d’habileté à apprendre
1. Type de modèle Correct vs. en cours d’apprentissage Maîtrise vs. faire-face
Quel est le plus efficace ? Correct En cours d’apprentissage
McCullagh & Caird (1990) Pratique physique avec connaissance du résultat (CR) (feedback verbal) Modèle correct (performance experte) Modèle en cours d’apprentissage avec CR de la performance du modèle Modèle en cours d’apprentissage sans CR de la performance du modèle
Erreurs au cours des essais Acquisition Rétention Délai Transfert
Conclusions Observer un modèle en cours d’apprentissage avec feedback est aussi efficace que la pratique physique et est plus efficace que l’observation d’un modèle expert. (Voir aussi McCullagh & Meyer, 1997 pour une étude similaire dans une tâche de lever de poids)
Modèles correct vs. apprenant Ce qu’il faut retenir L’utilisation de modèles en cours d’apprentissage plutôt que de modèles experts pourrait être particulièrement intéressante pour des novices
maîtrise versus faire-face Modèles maîtrise versus faire-face
Quel est le plus efficace ? Maîtrise Faire-face
Modèle “maîtrise” Démontre une performance sans erreur Exprime de la confiance Qualifie la tâche de peu difficile Démontre une attitude positive (Similaire à modèle expert ou correct)
Coping-Modèles (modèles faire-face) Démontre de moins en moins d’inquiétude au fur et à mesure qu’il fait face aux difficultés Démontre des stratégies de faire-face aux différentes situations Exprime progressivement des expectations d’efficacité positives Réussit la tâche ou s’en approche (similaire à modèle en cours d’apprentissage) (Bandura, 1997)
Littérature en psychologie de l’éducation Schunk, Hanson & Cox (1987) Hypothèse : L’observation d’un “coping-modèle” devrait conduire à une meilleure perception de similarité, à un sentiment d’auto-efficacité plus élevé et à une meilleure performance que l’observation d’un modèle correct.
100 80 Correct Coping S c o r e s 60 40 20 Auto-efficacité Perception de similarité Performance (Schunk, Hanson, & Cox, 1987)
L’apprentissage par observation pour les enfants craignant l’eau Répliquer et approfondir l’étude de Lewis (1974) Améliorer le dispositif de l’étude antérieure Comparer l’effet de modèles coping ou correct sur l’acquisition d’habiletés aquatiques et sur certaines variables psychologiques (Weiss, McCullagh, Smith, & Berlant, 1998)
Conditions expérimentales Groupe contrôle Modèle correct Coping-modèle
Hypothèses Les groupes bénéficiant d’une démonstration par un pair devraient obtenir des scores plus élevés que le groupe contrôle Comparé au modèle correct, le coping-modèle devrait générer des scores plus élevés sur les variables cognitives et comportementales
Participants Ayant peur de l’eau N=24 (18 garçons, 6 filles) Age : 5 à 8 ans Assignés au hasard à chaque condition Intervention de 3 jours
Performance en natation (toutes les habiletés) Correct 6 . C o p i n g 5 . 5 C o n t r ô le 5 . 4 . 5 4 . 3 . 5 3 . P r e P o s t F o l l o w - U p
Auto-efficacité (toutes les habiletés)
Discussion Pairs modèles > groupe contrôle Habiletés aquatiques Peur de nager du pré- au post-tests Coping-modèle tend à être > modèle correct Auto-efficacité Coping = correct Peur de nager
Modèles maîtrise vs. faire-face Ce qu’il faut retenir Les coping-modèles (faire-face) présentent un intérêt lors de l’enseignement des habiletés motrices Particulièrement lorsque les apprenants sont anxieux
L’auto-modélisation
Bases théoriques Auto-scopie feedback de la bande vidéo Auto-modélisation (Dowrick, 1983, 1991,1999) “seulement les comportements adaptés” Beaucoup de travaux ont été réalisés dans le domaine clinique Quelques études dans le domaine du sport (Franks & Maile, 1991)
Papa, il faudra que tu effaces toutes les erreurs sur cette bande..!
Performances antérieures versus expériences vicariantes Si la performance antérieure est une source plus puissante de développement de l’auto-efficacité que l’expérience vicariante, alors s’observer soi-même réaliser une bonne performance (auto-modélisation) devrait être plus favorable qu’observer un tiers (modélisation).
AUTO-MODELISATION MODELISATION Performance antérieures Expériences vicariantes Auto-efficacité Comportement Affects Cognitions Persuasion verbale Etats physiologiques (Bandura, 1997)
Objet d’étude Hypothèses Les apprenants s’ayant observé eux-mêmes devraient manifester un sentiment d’auto-efficacité plus élevé, une moindre anxiété et de meilleures performances que ceux ayant observé un tiers. (Starek & McCullagh, 1999)
Méthode Participants : 10 adultes non nageurs (aucun ne pouvait nager 50 m) assignés au hasard aux conditions d’auto-modélisation ou de modélisation Mesures : Performance en natation sur plusieurs tâches Auto-efficacité / habiletés aquatiques Anxiété
Scores de performance Auto- modélisation Modélisation d’autrui o 70 60 50 40 30 20 o Modélisation d’autrui x o x x 2 3 4 Sessions
Applications pratiques Auto-modélisation Applications pratiques Projet avec l’équipe nationale-olympique de tir à l’arc - Vidéos avec auto-modélisation - Entraîneurs et enseignants pourraient souhaiter introduire l’auto-modélisation dans leurs séances. USOC
Applications pour l’équipe nationale de tir à l’arc Mise en place de séquences d’auto-modélisation individualisées afin de réduire l’anxiété, d’augmenter la confiance et d’améliorer la performance (McCullagh & Landers) 44
Développement de procédures d’auto-modélisation à partir de vidéos Questionnaire Evaluez l’efficacité générale de la vidéo en tant qu’outil d’entraînement ? -5 -4 -3 -2 -1 0 +1 +2 +3 +4 +5 Quel est votre degré de motivation quand vous regardez la vidéo ? Continueriez-vous à utiliser l’auto- modélisation comme outil d’entraînement ? 39
Autres caractéristiques du modèle Statut du modèle Age Sexe
3.3.2 Les déterminants de l’efficacité de la démonstration Caractéristiques du couple modèle-observateur Moment de la démonstration Fréquence des démonstrations Type d’habileté à apprendre
Moment de la démonstration Phase initiale de l’apprentissage : « donner l’idée du geste » + Démonstration en milieu de pratique Dépend de l’âge : > 8 ans La manière dont l’information est perçue ou extraite ou utilisée au cours de la pratique n’est pas uniforme
Fréquence des démonstrations Sidaway & Hand (1993) Frappes de golf 3 jours de pratique – 150 essais G1 : observ modèle expert avt chq essai G2 : observ tous les 5 essais G3 : observ tous les 10 essais G4 : aucun modèle Plus les sujets sont exposés au modèle, meilleur est l’apprentissage
Types d’habiletés à apprendre La démonstration serait particulièrement efficace lors : de l’acquisition de morphocinèses (Lafont, 1990) De l’acquisition d’une nouvelle coordination Pour des coordinations déjà apprises et requérant des changements au niveau des variables de contrôle (vitesse/distance), démonstration = explication verbale.
Ce qu’il faut retenir La démonstration renvoie à l’apprentissage par observation 2 grandes approches théoriques (ASCO et perception directe) expliquent l’apprentissage par observation Le niveau d’expertise du modèle est une caractéristique essentielle L’enseignant doit proposer un « challenge optimal de modélisation » La démonstration est utile à tous les stades de l’apprentissage en fonction des buts recherchés La démonstration est une modalité d’apprentissage parmi d’autres et ne remplace pas la PP