La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

Emmanuel Bonnet – Université de Caen – GO 553 - 2009.

Présentations similaires


Présentation au sujet: "Emmanuel Bonnet – Université de Caen – GO 553 - 2009."— Transcription de la présentation:

1 Emmanuel Bonnet – Université de Caen – GO

2 De quelles villes parle-t-on ? Entre lAfrique du Nord, lAfrique Australe et lAfrique subsaharienne, la ville prend des formes différentes Partout la transformation depuis les années 50 est spectaculaire : elle bouleverse lespace et les mentalités Les villes dAfrique subsaharienne et du nord présentent des traits communs : vigueur du phénomène urbain, ségrégation spatiale, problème de gestion de la ville, problème demploi de la population active Si lécart entre les tailles de villes diminuent, il existe des déséquilibre internationaux et internes aux Etats (poids disproportionné de la capitale) Continent rural et agraire, LAfrique noire subit aujourdhui les effets de lurbanisation et se transforme en continent urbain où prédominent des métropoles surpeuplées et débordées par lexode rural. Mais lAfrique noire urbaine est-elle « mal partie » comme le dirait René Dumont ?

3 Les migrations, les replis identitaires, la pauvreté, la gestion des déchets, léconomie urbaine sont autant de domaines présents dans toutes les villes… Le premier enseignement est que la ville africaine dans sa gestion, sa planification, son quotidien exacerbe les problèmes et les rend visibles Abidjan vit cette situation depuis bientôt 30 ans ! les habitants ont trouvé des « arrangements pour réagir face aux manques, aux pénuries et autres paupérisations des sociétés. La gestion urbaine nest donc pas uniquement basée sur du développement économique Le deuxième enseignement de la ville africaine est quelle nest pas cette entité auto-construite et autorégulée comme décrite régulièrement - ou fantasmée - mais quelle est « planifiée ». Elle fait lobjet dune tentative de contrôle de la production de lespace de la ville. Les villes dAfrique de lOuest ont été conçues et planifiées et gérées de la même manière depuis leur fondation. Il ny a pas eu de changement de paradigme, ni aux lIndépendances, ni dans les années 80, lors des grandes crises urbaines. Les colonies ont imposé un modèle de forme urbaine basé sur la séparation des populations, et aujourdhui encore, les villes se développent et se planifient de cette manière.

4 Donc, la planification existe, les modèles existent, les aspirations des élites à se projeter dans un type despace - urbain – existent. Il nest dans ce cas plus possible de dire que la ville nest pas planifiée, rêvée ou dessinée. Malgré cela, la ville africaine semble chaotique, sans gestion Impossibilité pour les élites de prendre au sérieux les dynamiques urbaines. A force de rêver la ville, les dynamiques en présence, la population vivant dans les rues, le fait que les populations se déplacent, dorment, mangent dans ces villes est oublié. La réalité de la ville et de son fonctionnement semble exclue des analyses au profit dune ville rêvée La planification doit se centrer maintenant sur les individus, sortir de luniformisation des villes. Intégrer lenvironnement comme une variable principale

5 Ville et géographie française : un « objet » ville « au Sud » Villes africaines : croissance, organisation et développement La crise urbaine Td : exemple dune gestion urbaine mal contrôlée : les déchets dans la ville

6 Dans les années 60s et 70s, au sein de la recherche française dans les pays du Sud, les recherches ruralistes dominent. La ville nest appréhendée que dans ses relations avec la campagne Il faut attendre les années 80s et jusquen 1995 pour voir se développer une recherche urbaine dans les pays du Sud. Deux séries de thématiques sont alors privilégiées : * Les unes ont des implications plus théoriques – savoir définir le secteur informel, lhabitat des pauvres, production foncière et immobilière * Les autres sont plus en lien avec laction – gestion urbaine, services urbains, et se penchent notamment sur les questions dassainissement, de transports, de finances et de construction. De ces recherches, il ressort une série de processus qui sembleraient identifier la ville du Sud : Croissance explosive, explosion urbaine Exode rural et insertion urbaine Système « informel » : transports, logement Pauvreté et manque déquipement (accès à léducation, aux soins, à leau) Endettement On distingue les approches développementalistes et culturalistes

7 1. Lapproche développementaliste Chez les géographes français de la seconde moitié du XX e siècle, il existe une forte tendance à assimiler la ville du Sud (dite encore du Tiers Monde) au modèle de ville ségrégée. On parle de ségrégation « brutale », « violente »… Ces études utilisent lanalyse de la ségrégation en tant que phénomène au sein de lespace urbain, pour insister sur la spécificité des villes du Sud. La ville est alors perçue comme excessive, démesurée et pathologique Entre les villes du sud et celles du monde développé, les caractéristiques peuvent être communes mais lécart quantitatif est tel quun fossé séparerait les deux mondes. La ville du Nord devient la ville de référence, « la bonne ville » alors que celle du sud représente les « dysfonctionnements » exacerbée par la le gigantisme démographique et spatial La ville du Sud va jusquà apparaître comme le négatif de la ville. Elle serait une non-ville.

8 Si il existe une bonne ville cest quil existe un modèle. Cest le début des hypothèses développementalistes avec lidée que la ville du sud peut évoluer vers une autre forme urbaine et une autre organisation Les dysfonctionnements seraient alors la traduction de crises dadaptations visant à lalignement sur le modèle occidental On évoque les modèles de ville du Nord : ville industrielle, ville nouvelle, ville globale…Mais au Sud, il nexiste même pas de modèle de ville spécifique. Expertises et recherche, tendent à faire correspondre la ville du Sud à un modèle, celui de la ville du Nord. Les représentations savèrent donc fortement eurocentrées : elles comparent la ville du Sud à la ville du Nord. Dans les 50s et 60s, en anthropologie et en géographie, les chercheurs insistent sur les différences : pas dindustrialisation à lorigine de lurbanisation ; fortes migrations et démographie explosive Dans les 70s les chercheurs vont tenter de les expliquer : ex : la « dépendance » développée principalement en Amérique latine

9 Chez les marxistes : lurbanisation (concentration spatiale de la force de travail) est liée aux besoins du capitalisme Lurbanisation est analysée non comme un processus autonome, mais comme un processus lié strictement à des facteurs externes : ex la dépendance de la périphérie au centre A force de présenter la ville du Sud comme une ville ségrégée, il devient moins question den chercher la cause et de mener des politiques de lutte contre la ségrégation. Le phénomène ségrégatif devient « normal », « naturel ».

10 2. Les approches culturalistes : la ville importée Lhistoire urbaine au Nord diffère de celle du Sud. La révolution industrielle fonde la ville au Nord. Ce nest pas le cas au Sud( P George, 1952). Les villes du Sud ont une autre origine. Il y aurait nettement une différence de nature… (La ville. Le fait urbain à travers le monde, Paris, PUF, p. 37) [On ny trouve] « rien de ce qui fait loriginalité de la ville italienne ou flamande de la fin du moyen-âge. Rien de lopposition ville-campagne caractéristique du mouvement urbain européen. » … avec un point de vue largement misérabiliste p. 39 « La ville devient lieu dattraction pour tous les paysans sans terre ; des cohues faméliques se pressent à ses portes, campent dans ces amas de huttes, de baraques improvisées avec des débris urbains que lon appelle le plus souvent les bidonvilles. » On trouve un discours descriptif, peu analytique et souvent manichéen (tradition/modernité) fondée sur lidée dune différence irréductible entre Nord et Sud

11 la ville du Sud va apparaître comme un produit dimportation, un héritage de la période coloniale Dans la littérature de la 2 nde moitié du 20 e siècle, chez les géographes, lhistoire des villes africaines commence à la colonisation, année zéro de la ville Toute urbanité est déniée à lAfrique précoloniale. Par extrapolation, les capitales créées à la colonisation résument lensemble des phénomènes urbains en Afrique et font table rase des traditions urbaines, modestes mais existantes. Ex DjennéDjenné On trouve donc dans la production scientifique (fondée sur lidée dune différence de nature) la succession de monographies. La ville du Sud donne lieu à de simples descriptions, de lexotisme au misérabilisme. Parfois, le vocabulaire danalyse du Nord est utilisé : ségrégation. Parfois, on forge de nouvelles notions : habitat spontané…

12 La ville du Sud est donc souvent présentée sur un mode binaire : avec par exemple en Afrique subsaharienne, lopposition de la ville coloniale aux villages africains. Les quartiers urbains abritent les Européens et les villages, les Africains. Pierre George, Précis de géographie urbaine, Paris, PUF, 1961, « De ces quartiers urbains que lon appelle dans les villes africaines "les villages" par opposition aux quartiers bâtis par les Européens, les seuls urbains » Ainsi, si certains auteurs ne nient pas le statut de ville à celles du Sud, ils la définissent comme irrémédiablement différentes des villes du Nord, dans une approche fortement culturaliste.

13 Quels sont les traits spécifiques de la dynamique urbaine en Afrique ? Un modèle d'organisation et de fonctionnement de l'espace urbain est-il spécifique à ce continent ? Frappées par la crise depuis les années 1980 et marginalisées par rapport aux centres d'impulsion de l'économie mondiale, les villes africaines peuvent-elles innover pour répondre aux multiples défis du développement ? 4 sous parties pour tenter de répondre à ces questions : 1/ La croissance des villes 2/ Lorganisation et diversité des villes africaine 3/ Lurbanisation est elle un vecteur de développement ? 4/ La crise des villes et sa gestion

14 1 – Croissance urbaine africaine : tardive mais la plus forte au Monde un continent encore peu urbanisé L' Afrique approche les 2-3/5 de citadins contre ½ pour l'ensemble du monde ; les habitants des villes représentent en Afrique environ 8 % des urbains du monde, alors que la population africaine totale comptabilise 13 % de la population du globe. Seulement 4 villes sont mentionnées parmi les 50 premières mondiales l'inégale urbanisation du continent africain - les contrastes entre Afrique noire (taux de 30 %) et Afrique blanche (taux de 50 %) - les contrastes aussi à l'intérieur de l'Afrique noire : faible urbanisation de la frange sahélienne < 30 % ; plus élevée dans les états côtiers que dans l'intérieur les plus urbanisés sont les Etats insérés dans les échanges mondiaux ; au contraire, les Etats enclavés sont faiblement urbanisés : Bamako et Ouagadougou

15 le semis des grandes villes Le semis urbain privilégie trois principaux espaces : * la frange septentrionale du continent, * la côte de l' Afrique occidentale et du golfe de Guinée, * la dorsale méridienne de l'Afrique orientale. Cette répartition différenciée se fonde sur des héritages successifs : semis urbain précolonial : Fès, Djenné, Tombouctou, Yoruba l'impact de la colonisation : naissance des villes capitales administratives (Bamako, Yaoundé) ou villes portuaires (Abidjan), ou interface océan – continent (Dakar). depuis les indépendances : explosion urbaine (Pikine indépendante) ; exode devant la désertification (Rosso) ; décision politique (Capitale transférée à Yamoussoukro Abuja)

16 2) une croissance spectaculaire en voie de ralentissement la plus forte croissance urbaine au monde : Conakry, capitale de la Guinée, a vu sa population multipliée par 60 entre 1950 et De 1950 à 1990, la population urbaine a été multipliée par 10 en Afrique sub-saharienne, tandis que la population totale triplait taux moyen de 5 % l'an - soit un doublement de la population urbaine en 14 ans- l'Afrique vit sur un temps court un processus que l'Europe a réalisé sur 2 à 3 siècles. Avec les plans d'ajustement structurel qui frappe particulièrement les villes, la croissance se ralentirait... mais en chiffres absolus, elle reste considérable (le Caire s'accroît de habitants par an) La croissance urbaine aura été particulièrement explosive au lendemain des indépendances avoisinant les 10 % par an et profitant aux grandes métropoles Scan carte p 103

17 les facteurs de l' explosion urbaine : la dynamique naturelle est devenue aujourd'hui le facteur principal. Même si lurbanisation accélère le processus de transition démographique par rapport au monde rural (contraception mieux diffusée, plus scolarité, plus de salariés...) car la natalité reste en raison de la jeunesse de la population, et d'autre part, la baisse de la mortalité est également plus forte que dans les campagnes Les mouvements migratoires, facteur principal dans la phase de forte croissance de la période , ne sont plus aussi déterminants ; la crise économique conduit les mouvements dans les deux sens ; les migrants ruraux sont attirés par l'espoir de trouver l'emploi, d'être mieux scolarisés et soignés, de s'approprier les biens de la modernité proposés par la ville en contact avec les flux mondiaux. D'autre part on assiste à des retours à la campagne, notamment dans les Etats fortement touchés par la crise depuis les années 1980, suite à la chute des cours des matières premières, au développement de l'insécurité urbaine et à la montée de la corruption : Kinshasa pour la croissance trop rapide ou Dakar pour le sous emploi

18 Une croissance consommatrice despace l'horizontalité de la ville avec parfois un caractère semi-rural. Cet étalement est une reproduction de la trame de l'habitat des campagnes, mais il est aussi provoqué par la précarité de l'habitat et à une occupation du sol mal maîtrisée La croissance peut se réaliser aussi par densification du tissu urbain pré-existant, par extension verticale ou par formation de villes satellites en périphérie de l'agglomération ; les trois processus peuvent se réaliser simultanément dans le cas de la métropole du Caire.

19 2 – Lorganisation et diversité des villes Africaines Des villes –capitales, des villes dominantes, des villes importantes ! Les villes primatiales, voire macrocéphales regroupent en moyenne 30 à 60 % de la population urbaine et sont de 3 à 5 fois plus peuplées que la seconde ville du pays ; on pourrait les classer en trois types : - systèmes macrocéphales : Sénégal, Tunisie, Côte d' Ivoire, Mali, Guinée, Madagascar... La capitale concentre > 1/5 de la population totale du pays et > 60% de la population urbaine (55 % pour Dakar et 80 % pour Conakry) - systèmes bipolaires : au Cameroun, Yaoundé est la métropole administrative et Douala, la métropole économique. - systèmes multipolaires hiérarchisés fréquents :Afrique du nord (Algérie, Maroc) et en Afrique australe, mais aussi Nigeria, la République démocratique du Congo. Quel urbanisme ? Lhéritage précolonial et colonial transparaît dans les paysages actuels des villes africaines.

20 Afrique arabo-musulmane : la médina souvent édifiée sur un site défensif (Casbah d' Alger) est le cœur ancien de la cité ; elle s' organise autour de la mosquée avec son dédale de rues étroites et ses impasses ou venelles. Malgré des programmes de réhabilitation, les quartiers de la médina sont gagnés par la paupérisation et la surdensification. S'y juxtaposent la ville européenne et les extensions urbaines.Casbah d' Algera ville européenne l'Afrique de la ségrégation raciale : l'exemple de Harare, capitale du Zimbabwe, l'ancienne Rhodésie du sud devenue indépendante au début des années. Le compartimentage de la ville montre les effets toujours visibles de l'application de la loi d'apartheid ayant conduit à une ségrégation raciale et sociale. - l'exemple de la ville du Cap (Cape Town) ou de Durban en Afrique du sud : La législation de l'apartheid avec notamment le "group areas Act" de 1950 sectionne la ville en quartiers racialement homogènes : quartiers blancs, indiens, townships de la population africaine. La ville de l'apartheid est donc éclatée, fragmentée avec des zones de vide qui introduisent une discontinuité dans le tissu urbain.quartiers blancstownships la ville coloniale : la différenciation entre les quartiers européens et la ville indigène : Lexemple de Dakar

21 un promontoire à l'extrémité de la presqu'île du cap vert la ville européenne dénommé "le plateau" avec une division fonctionnelle du territoire, des lotissements standardisés la ville indigène délimitée après 1914 (la "médina" dakaroise), est aménagée après la guerre en lotissements destinés aux "évolués".

22 Des villes "légales" et des villes "illégales" - la ville légale est celle qui relève des normes occidentales, avec l' héritage de la période coloniale ; elle comprend : * le centre politique, administratif et les quartiers des services marchands de la finance et de l'import-export ( Dakar et le quartier du "Plateau"); le paysage urbain est caractérisé par de grandes avenues bordées d'immeubles à étage, de carrefours et parcs ayant conservé des monuments rappelant le passé colonial * les quartiers des classes aisées à Dakar s'étirent le long de la corniche maritime entre Fan et Ouakam, et se prolongent jusqu' à la pointe des Almadies. * les quartiers de logements sociaux, détournés au profit des classes moyennes et des fonctionnaires de l'Etat, mais souvent dégradés (le "Grand Dakar" ) : on y trouvent des lotissements de maisons d'un seul niveau et des immeubles de type HLM

23 la ville illégale est constituée de quartiers d'habitat populaire avec une propension à s'étaler considérablement et anarchiquement sur les terrains non parcellisés. Elle reçoit la grande majorité des citadins rejetés de la ville moderne : ex Dakar-Pikine : cet habitat autoproduit permet de résoudre partiellement la crise du logement non maîtrisée par les pouvoirs publics et montre la capacité des africains à gérer la précarité ; l'espace "irrégulier" pourra ultérieurement bénéficier de projets d'amélioration dans le cadre de lots viabilisés des habitats précaires auto-construits sont restructurés avec l'aide de la Banque mondiale (desserte en eau et électricité, voirie hiérarchisée, assainissement, légalisation foncière) DAKAR-PIKINE : est une banlieue située à 13 km au nord-est de Dakar, aménagée à partir de 1952 sur les terres de deux villages de pêcheurs lébou (Thiaroye et Yembeul) afin de décongestionner les quartiers populaires de la capitale. A partir de lots "assainis" et ordonnés par la voirie qui dessine une trame géométrique, des villages ethniques se reconstituent avec leurs associations de solidarité, la mosquée, le poste de santé, l'école : la ville est africanisée sans une copie servile du modèle occidental, mais en tenant compte des traditions des villages d'origine. Finalement, aux portes de Dakar, s'est développé une ville qui compte autant d' habitants que la capitale. Aujourd'hui, majoritairement la croissance spatiale des villes africaines se fait selon un processus illégal : l' espace ainsi occupé représenterait plus de 40 % de la surface urbaine et logerait 70 % des citadins

24 La diversité des grandes villes africaines - la grande ville arabo-musulmane : Le Caire, Alger, Tunis, Casablanca.

25 -le grand port maritime de l' Afrique occidentale et du golfe de Guinée : Dakar, Abidjan, Lagos, Douala.

26 - le grand port fluvial d'Afrique centrale: Brazzaville, Kinshasa.

27 - la capitale macrocéphale de l'état sahélien au caractère semi-rural : Bamako

28 - la grande métropole d'Afrique australe post-apartheid : Johannesburg, Le Cap, Durban.

29 L'URBANISATION EST- ELLE UN FACTEUR DE DEVELOPPEMENT ? La dualité entre le secteur formel et informel est à la base de la réponse ! Le secteur formel concentre : les activités du tertiaire l'activité manufacturière légale les activités de lartisanat place croissante de l'agriculture Limportance du secteur informel… un ensemble d'activités non officiellement déclarées, difficilement répertoriées, ce qui fait dire aux critiques qu' il détourne une partie des recettes fiscales de l 'Etat ; au contraire d'autres y voient le régulateur économique et social face à la crise.

30 l'économie informelle fait vivre ou survivre un grand nombre d'actifs (90 % à Cotonou ; 51 % à Douala ; 37 % à Bamako...) l'importance des métiers de la récupération ou "économie de la débrouille« : des petits services de la reprographie à Yaoundé ou dans le secteur des transports assuré par des minibus privés à Dakar -l'informel peut-il continuer à jouer un rôle régulateur face à la crise urbaine ? - l' économie populaire du secteur de l'informel répond aux urgences de la société fournissant des produits à faible prix, créant des emplois et développant l'apprentissage ; Mais avec la pression démographique et les politiques d'austérité, on peut s'interroger sur les capacités de l'informel à répondre aux nouvelles nécessités Si le secteur est inventif, il ne gagne pas en productivité ; le secteur informel peut même être destructeur des écosystèmes dans le cas du négoce du bois de feu pour la consommation domestique

31 La ville est un lieu d'échanges et de socialisation La ville est l'espace privilégié du changement social par le contact avec le monde extérieur et la diffusion de la connaissance. Des liens de solidarité communautaires se maintiennent entre le jeune migrant et le village d'origine. Ces rapports sont définis par un système coutumier de droits et d'obligations au présent et au futur. la crise urbaine dissocie les solidarités et rend les liens plus lâches. Les liens existent mais jusquà quand ? la ville africaine est un foyer de création, d'innovation l'identité citadine et l' image positive de la ville sont défendus par les promoteurs de la musique moderne africaine et urbaine : les chanteurs et compositeurs Youssou N'DOUR, Wasis DIOP, Oumou Sangare... puisent leur inspiration dans la tradition du griot africain et dans les apports du monde occidental. La ville est un lieu d'échanges et de diffusion culturelle, à l'exemple de Bamako et ses rencontres littéraires, ses ateliers de sculpteurs

32 Si la ville est l' espace de la vie et de la survie, il apparaît qu'elle apporte plus de bien-être que le monde des campagnes, qu'elle contribue à la création, à la modernité pour le futur. Mais les défis à gérer sont à la démesure de sa croissance

33 1- les dysfonctionnements de la ville africaine Le problème du foncier et la crise du logement l' étalement spatial et la fragmentation du tissu urbain manifestent limpossibilité des autorités à canaliser lavancée anarchique du front durbanisation ou la surdensification des centres. On rappellera que 40 à 70 % des citadins vivent dans des constructions illégales. Les afflux importants de population en périphérie rendent dérisoires les programmes dhabitat insuffisants ou financièrement inaccessibles aux couches les plus pauvres de la population ; sans compter les méfaits de la corruption et du clientélisme qui détournent les programmes de leurs destinataires initiaux Les flux intra-urbains et le problème des transports Aux flux de migrants des campagnes vers la ville, sajoutent donc les migrations intra-urbaines que les autorités ne peuvent accompagner, compte-tenu de lindigence des services publics

34 Les problèmes d'environnement l'alimentation en eau : à Dakar, le taux de branchement à l'eau potable est de 30 %, sans pouvoir préciser sil sagit de desserte à domicile ou aux bornes-fontaines publiques plus facilement sujettes à des formes de pollution l'évacuation des eaux pluviales, des eaux usées et des ordures ménagères : leur traitement dépasse les capacités financières des villes la consommation de bois de feu utilisé pour les besoins domestiques ; Linsécurité est une autre donnée de la vie urbaine : linsécurité sanitaire plane sur les quartiers dhabitat spontané et se double de linsécurité foncière menaçant les familles récemment installées.

35 Quelles réponses aux défis de la crise urbaine ? Des ambitions internationales … La Conférence Habitat d'Istanbul en 1996 a insisté sur la nécessité de mener des actions intégrées et participatives en vue de rendre les villes plus sûres, saines et justes : le droit au logement est reconnu comme une des priorités dans les droits de l'homme, de même que l'accès aux services de base comme l'eau potable et l'assainissement les nouvelles stratégies recommandées par la banque mondiale privilégient les programmes de parcelles assainies (les trames d'accueil) et des logements sociaux. Il s'agit d'africaniser la ville sans une copie servile du modèle occidental. En partant de lexistant, les quartiers se voient octroyer progressivement la distribution de l'eau et de lélectricité Les tentatives de planification urbaine et de recomposition spatiale dans les ville du Maghreb : Tentative d'aménagement métropolitain : l'exemple de la ville du Caire. Intégrer les villes satellites ; dvp les infrastructure de transport en commun ; imposer les normes de pollution aux industries

36 dans les villes d'Afrique noire : les politiques de freinage de la croissance des grandes villes qui vise à renforcer les niveaux inférieurs de la hiérarchie urbaine ou en procédant à des opérations de transfert de compétences administratives (création de nouvelles villes capitales : Côte dIvoire, Nigeria) ou en dotant les extensions urbaines périphériques d'une véritable autonomie administrative avec les effets induits pour leur équipement (exemple de la ville de Pikine au nord-est de Dakar dans les villes de l'apartheid rompre le cloisonnement géographique hérité de la période de la politique de l'apartheid. Recréation dun espace public en y faisant vivre collectivement des groupes sociaux qui s'ignorent ou qui exercent un effet de repoussoir.

37 Quelle croissance future pour les grandes villes d'Afrique ? Le ralentissement qui paraît s'être amorcé depuis une vingtaine d'années va -t-il durer ? Peut-on interpréter ce ralentissement comme s'inscrivant dans une phase de transition urbaine avancée ? Le ralentissement s'explique par la crise économique et sociale qui frappe l'Afrique sous-industrialisée et marginalisée dans les échanges mondiaux. Une industrialisation de l'Afrique redonnerait à la ville sa fonction attractive pour l'emploi et contribuerait à l'accélération de l'urbanisation… ?... Pour l'ONU, le taux d'urbanisation restera le plus fort du monde et une croissance annuelle de 4 % jusque 2015 est possible Restent les problèmes qui donnent dans la démesure, compte-tenu de la soudaineté et la force du processus d'urbanisation Les villes africaines montrent des niveaux de pauvreté, mais pas systématiquement de la misère... les populations innovent et vivent dignement. Formidable capacité à se solidariser. Ils inventent des solutions avec un sens de la débrouille remarquable…

38 La grande ville en soi nest ni un facteur de non développement, ni un facteur de développement. Elle est facteur de développement si les acteurs sociaux, les Etats investissent dans les infrastructures et assument leur rôle. (Dubresson)

39 Ce cours est inspiré de : Marie Morelle (cours politiques de développement, Paris) Michel Lesourd (cours de géographie de lAfrique, Rouen)

40

41

42

43

44

45 Le Caire : 17.5 millions dhabitants Lagos: 11.3 millions dhabitants Johannesburg : 7.6 millions dhabitants Kinshasa : 10 millions dhabitants

46 Habité depuis 250 av. J.-C., le site de Djenné s'est développé pour devenir un marché et une ville importante pour le commerce transsaharien de l'or. Aux XV e et XVI e siècles, la ville a été un foyer de diffusion de l'islam.. Ses maisons traditionnelles, dont près de ont été préservées, sont bâties sur des petites collines toguere et adaptées aux inondations saisonnières


Télécharger ppt "Emmanuel Bonnet – Université de Caen – GO 553 - 2009."

Présentations similaires


Annonces Google