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« Un des champions de la morale aristocratique au XVIIe siècle. »

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1 « Un des champions de la morale aristocratique au XVIIe siècle. »

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3 À vaincre sans péril,on triomphe sans gloire.-Le Cid. Ta vertu met ta gloire au-dessus de ton crime.-Horace.

4 Les contradictions de la critique au cours des générations passées s'expliquent en grande partie par une ambiguïté qui est dans Corneille même. Le héros est à la fois exalté et tendu, expansif et contraint. Mais il faut justement, pour saisir Corneille, accepter cette ambiguïté dans ses deux termes et essayer d'atteindre, derrière l'apparente duplicité, l'inspiration unique de l'héroïsme. Les héros le disent assez: leur mobile est la gloire. C'est elle qui les transporte et les enthousiasme, elle aussi qui les durcit contre eux-mêmes quand elle se voit menacée par les mouvements naturels de l'instinct.

5 La gloire, placée au centre du théâtre cornélien, en éclaire tous les aspects et niveaux divers. La gloire la plus élémentaire est celle qui accompagne la force, le pouvoir, la certitude de ne pas avoir à craindre; à ce degré, puissance et valeur sont tout un. À un degré plus haut, qui est celui de la constance, la gloire peut s'allier à l'infortune: ainsi, quand un vaincu, par la vertu de son mépris, écrase et humilie son vainqueur, et, de façon générale, quand l'inflexibilité purifie le malheur et le change en victoire. Enfin, au plus haut de la générosité (c'est-à-dire, au sens de l'époque, de la noblesse morale), brille la gloire magnanime du pardon, de la clémence, de la modération dans une position de force.

6 Mais, en même temps, la gloire implique un empire de lopinion publique, donc une suprématie du groupe, qui peut froisser durement les intérêts de lindividu. Il ne peut sagir de lintérêt dargent, que la tragédie ignore; ni de lintérêt que chacun attache à sa conservation, et qui est toujours supposé, chez le héros, moins puissant que le désir de gloire; ni des intérêts dambition, que la gloire ne combat guère et enseigne seulement à bien entendre. Il sagit, essentiellement, de lamour.

7 Les héros cornéliens parlent volontiers de leur gloire : êtres « bien nés » ont une haute idée deux-mêmes et de ce quils se doivent. Ils respectent tous les germes de grandeur quils sentent en eux et sappliquent à les développer.

8 Les cornéliens sont des âmes fières. le héros veut réaliser la plus haute image de lui-même et doit pour cela « se faire un effort », cest-à- dire un effort sur soi.

9 Le fondement même de l'héroïsme cornélien est l'orgueil, c'est-à-dire l'amour-propre, qui ne va pas sans le souci de sa propre réputation. Bien davantage que par l'idée du devoir, le héros de Corneille est dominé par son besoin absolu de liberté, aussi se laisse-t-il volontiers conduire par la passion. Cependant, loin d'être déchiré par celle-ci, il parvient toujours à l'accorder aux nécessités de sa gloire et, quels que soient les événements auxquels il se trouve confronté, il est toujours victorieux. C'est le cas dans le Cid, où Rodrigue choisit l'honneur avant l'amour, et obtient finalement les deux. C'est encore le cas dans Cinna, où Auguste, qui a préféré la clémence à la vengeance, gagne à la fois la gloire et la paix.

10 De manière générale, l'orgueil du héros cornélien, fondé sur le sentiment de sa supériorité aristocratique, le conduit à exhiber sa propre valeur, à donner sa grandeur en spectacle aux autres personnages. Corneille construit un théâtre dans le théâtre. Cependant, l'héroïsme cornélien n'est pas exclusivement spectaculaire.

11 Il symbolise aussi un idéal personnel de défi et de noblesse, destiné à conjurer la menace de l'échec, de l'anéantissement et de la mort. La morale cornélienne consiste en définitive à faire coïncider les désirs, les passions et les instincts de ses personnages avec la conception qu'ils ont de leur propre supériorité, ce qui les entraîne inéluctablement à dépasser le statut de simple personnage pour accéder au rang de héros.

12 Toujours admirables par l'exemple qu'ils offrent du pouvoir de la volonté humaine contre la force des choses, les héros de Corneille ne sont donc pas ceux de la véritable tragédie: loin d'être anéantis par une fatalité qui les dépasse, ils sortent victorieux des épreuves. En outre, une fois leurs grandes actions achevées et après qu'ils ont assuré leur salut et leur gloire vient pour eux le temps de l'amour, de la clémence et de la sérénité, temps béni qui est interdit définitivement aux héros tragiques.

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