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LA DIVERSITÉ CULTURELLE ET LE DROIT INTERNATIONAL : ÉTUDE DE CAS SUR LE CINÉMA Marine Bourut, Marie-Josée Hamel, Stéphanie Ruest et Audrey Streel INT6050.

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1 LA DIVERSITÉ CULTURELLE ET LE DROIT INTERNATIONAL : ÉTUDE DE CAS SUR LE CINÉMA Marine Bourut, Marie-Josée Hamel, Stéphanie Ruest et Audrey Streel INT6050 – Aspects juridiques des relations internationales

2 PLAN DE LA PRÉSENTATION Petite histoire de la diversité culturelle La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles et son application au cinéma Les articles 20 et 21 La diversité culturelle et les États-Unis Le cinéma : une marchandise distincte Conclusion Quiz

3 PARCOURS DE LA DIVERSITÉ CULTURELLE Déclaration universelle sur la diversité culturelle, 2 novembre, UNESCO ère apparition du concept de diversité culturelle dans un texte multilatéral Jusque-là : -concept de lexception culturelle en Europe depuis l'Uruguay Round (1994) -concept de l'exemption culturelle au Canada depuis l'ALENA (1992)

4 LA DIVERSITÉ CULTURELLE : STRATÉGIE FRANCO-CANADIENNE Dès 1998 : - Création du Réseau international pour les politiques culturelles (RIPC) à l'initiative du Canada -Communiqué conjoint des premiers ministres français et canadien sur limportance de la diversité culturelle dans une économie mondiale

5 LA DIVERSITÉ CULTURELLE : STRATÉGIE FRANCO-CANADIENNE Sensibilisation et mobilisation des pays en développement concrétisées dans les Accords de Cotonou en 2001 (précédant Déclaration universelle sur la diversité ) grâce à la collaboration de l'Organisation Internationale de la Francophonie et le RIPC. Adoption de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle: point de départ du nouveau processus normatif. Dès 2002, lors du Sommet sur le développement durable de Johannesburg, le Président français proposait ainsi: l'adoption par la communauté internationale d'une convention mondiale (qui) donnerait force de loi aux principes de la Déclaration que vient d'adopter l'UNESCO

6 LA CONVENTION POUR LA PROTECTION ET LA PROMOTION DE LA DIVERSITÉ DES EXPRESSIONS CULTURELLES o Objet et Principes de la Convention Stratégies de mise en œuvre Stratégies de mise en œuvre - Protection et promotion - Protection et promotion - Société civile - Société civile - Coopération internationale - Coopération internationale

7 Art. 4: Définitions Art. 4: Définitions 4. Activités, biens et services culturels: (…)incarnent ou transmettent des expressions culturelles indépendamment de la valeur commerciale quils peuvent avoir. (…). 5. Industries culturelles: (…) industries produisant et distribuant des biens ou services culturels (…). LA CONVENTION APPLIQUÉE AU CINÉMA

8 Art. 6: Droits des Parties au niveau national Art. 6: Droits des Parties au niveau national(…) c) Les mesures qui visent à fournir aux industries culturelles nationales indépendantes et aux activités du secteur informel un accès véritable aux moyens de production, de diffusion et de distribution dactivités, de biens et de services culturels Au Québec, la loi C-18.1, « Loi sur le cinéma » Art. 4 : La politique (…) donne la priorités aux objectifs suivants: 3. Limplantation et le développement dentreprises québécoises indépendantes et financièrement autonomes dans le domaine du cinéma.

9 LA CONVENTION APPLIQUÉE AU CINÉMA Art. 6: Droits des Parties au niveau national Art. 6: Droits des Parties au niveau national(…) d) Le mesures visant à accorder des aides financières publiques. Au Québec, loi S « loi sur la Société de développement des entreprises culturelles (Sodec) Art. 17 : La Société a pour objet de promouvoir et soutenir (…) limplantation et le développement dentreprises culturelles (…) Art. 18 : La Sodec peut accorder (…) une aide financière au moyen: 4. dune subvention; 6. De toute autre forme daide autorisée par le gouvernement.

10 LA CONVENTION APPLIQUÉE AU CINÉMA Art. 12: Promotion de la coopération Art. 12: Promotion de la coopération(…) e) Encourager la conclusion daccords de coproduction et de codistribution. o Art. 14: Coopération pour le développement (…) Soutien du renforcement des industries culturelles des pays en développement : (vi) En encourageant une collaboration appropriée entre pays développés et en développement, notamment dans les domaines de la musique et du film.

11 LA CONVENTION APPLIQUÉE AU CINÉMA Au Québec (loi S ): Art. 24 : La Sodec peut notamment (…) 1. Conclure, conformément à la loi, une entente avec un gouvernement autre que celui du Québec, lun de ses ministères, une organisation internationale ou un organisme de ce gouvernement ou de cette organisation. Partenaires de la Sodec à létranger dans le domaine du cinéma Suède, Pologne, Tunisie, Allemagne, Danemark, France, Belgique, Venezuela

12 ARTICLE Les Parties reconnaissent quelles doivent remplir de bonne foi leurs obligations en vertu de la présente Convention et de tous les autres traités auxquels elles sont parties. Ainsi, sans subordonner cette Convention aux autres traités, 1. Les Parties reconnaissent quelles doivent remplir de bonne foi leurs obligations en vertu de la présente Convention et de tous les autres traités auxquels elles sont parties. Ainsi, sans subordonner cette Convention aux autres traités, (a) elles encouragent le soutien mutuel entre cette Convention et les autres traités auxquels elles sont parties ; et (a) elles encouragent le soutien mutuel entre cette Convention et les autres traités auxquels elles sont parties ; et (b) lorsquelles interprètent et appliquent les autres traités auxquels elles sont parties ou lorsquelles souscrivent à dautres obligations internationales, les Parties prennent en compte les dispositions pertinentes de la présente Convention. (b) lorsquelles interprètent et appliquent les autres traités auxquels elles sont parties ou lorsquelles souscrivent à dautres obligations internationales, les Parties prennent en compte les dispositions pertinentes de la présente Convention. 2. Rien dans la présente Convention ne peut être interprété comme modifiant les droits et obligations des Parties au titre dautres traités auxquels elles sont parties. 2. Rien dans la présente Convention ne peut être interprété comme modifiant les droits et obligations des Parties au titre dautres traités auxquels elles sont parties.

13 « GOD BLESS AMERICA! » Ou la vision américaine de la diversité culturelle

14 LA CULTURE CEST… Un capital, un patrimoine matériel Un bien de consommation, sans aucune spécificité, donc aucune raison de lui accorder un statut spécial. Les produits culturels sont fait dans un contexte de libre-échange avec des buts lucratifs. Sinsère dans une économie de marché. Une force productive, un investissement en capital Une nature économique, vision marchande de la culture valorisée par la mondialisation Son développement passe par des échanges. Pas de diversité sans échanges. Au point de vue cinématographique, ils imposent aux spectateurs leurs blockbusters à coups de massue publicitaire. Le cinéma est un produit dintérêt stratégique, comme autres biens culturels Empire Hollywoodien mène loffensive. Son hégémonie est due non à une saine concurrence, mais par de constantes pressions sur les autres États pour les empêcher de protéger leur cinéma.

15 LES ÉTATS-UNIS ET LUNESCO Ont réintégré lUNESCO en 2003 Sont intervenus vigoureusement lorsque la France et le Canada voulait déplacer les questions culturelles de lOMC à lUNESCO. Ont exercé de grandes pressions pour que la Convention ne soit pas adoptée. Se sont assurés que la Convention était à la hauteur des règles de droit international de lOMC

16 LES ÉTATS-UNIS ET LE GATT Exception des quotas à lécran a été la solution pour régler la tension entre les États-Unis et les autres États qui avaient implanté des contingents à limportation États-Unis tout de même victorieux: les quotas ont graduellement disparu Ont proposés détendre les règles du GATT aux services et produits audiovisuels, dont le cinéma. GATT prévoit tout de même des exceptions dans le domaine du cinéma.

17 GATS Cycle de lUruguay en : création du GATS Soumis à la logique de lOMC: libéralisation du marché. Article 9 du GATS lindustrie cinématographique américaine contrôle les facteurs de distribution et les facteurs de production et de consommation.

18 LES ÉTATS-UNIS ET LOMC Position commune Vise à réduire la capacité des États dintervenir dans certains domaines, comme le domaine culturel Le cinéma est un bien au point de vue du droit du commerce international Veulent que les engagements en matière de commerce (OMC) lemportent en toutes circonstances sur les engagements en matière de culture.

19 « Rien dans le présent traité (Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles) ne peut être interprété comme modifiant les droits et obligations des Parties au titre dautres Traités auxquelles elles font partie ». « Rien dans le présent traité (Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles) ne peut être interprété comme modifiant les droits et obligations des Parties au titre dautres Traités auxquelles elles font partie ». DONC Victoire des États-Unis, car ce traité ne peut sopposer à des traités signés précédemment. ET LE PLUS IMPORTANT….

20 SOLUTIONS DES ÉTATS-UNIS Signent de nouveaux accords bilatéraux dans le domaine de léconomie qui limitent les politiques culturelles des pays Dans leurs accords, ils demandent aux autres États de ne pas appliquer de protections aux activités culturelles. Ils tentent de combattre par tous les moyens, économiques ou politiques, toutes mesures étatiques qui limiteraient leur volonté dhégémonie.

21 LA CULTURE NEST PAS UNE MARCHANDISE COMME LES AUTRES !

22 QUELLE EST LA NATURE DU CINÉMA ? Peut-on considérer laudiovisuel comme une simple marchandise comme le présentent les États- Unis ? Un simple bien de consommation ? Ou alors…. Peut-on admettre lhypothèse que laudiovisuel possède une certaine spécificité qui nous empêcherait de le soumettre aux règles régissant le libre-échange ? On doit trouver un équilibre entre le commerce et la culture

23 CONCEPTION POLITIQUE DES PRODUITS CULTURELS Le produit culturel a une valeur spécifique, il est porteur de valeurs, de sens, de culture et didentité propre à chaque nation (peuple) Les produits culturels devraient avoir une protection spéciale puisquils sont nécessaires au maintien de lidentité nationale et de la culture nationale Le cinéma nest pas un simple produit de divertissement

24 CITATION DIVAN BERNIER « […] les biens culturels sont à la fois des objets de commerce et des biens qui véhiculent des valeurs, des idées, du sens, et cest pour cela quon peut parler dune spécificité des biens culturels. Certes, lon pourrait dire quun bien culturel, ce nest pas dabord une marchandise, mais avant tout une œuvre, une création, avec ce que cela suppose daudace, de prise de risque ».

25 QUELQUES STATISTIQUES… En ce qui concerne le cinéma, 13 pays assurent 80% de la production et des échanges Les États-Unis sont le premier ou le deuxième partenaire de la plupart des pays en ce qui concerne limportation de films Les films et émissions de télévision proviennent des États-Unis à la hauteur de 85%. La plupart des pays importent plus de films quils nen exportent. Exception : Inde (Bollywood), Chine, Philippines, Mexique.

26 PART DES RECETTES DES FILMS ÉTATS-UNIENS

27 PALMARÈS DES FILMS PRÉSENTÉS AU QUÉBEC EN 2010

28 LE CINÉMA QUÉBÉCOIS SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE EN 2010 Incendies de Denis Villeneuve : entrées au Québec, nomination pour loscar du meilleur film étranger Les amours imaginaires de Xavier Dolan : entrées au Québec et près du double en France, nomination pour le César du meilleur film étranger

29 LE CINÉMA : UN PUISSANT OUTIL POLITIQUE Presumpto culpable est un documentaire mexicain dirigé et produit par deux avocats mexicains, dont Roberto Hernández

30 PRESUMED GUILTY / PRESUMPTO CULPABLE

31 ACTUALITÉ SUR LE FILM PRESUMPTO CULPABLE 3 mars Une juge fédérale du Mexique a suspendu provisoirement la projection de Presumpto Culpable, un documentaire qui dénonce les graves déficiences de la justice mexicaine, à la suite du recours de l'un des protagonistes du film, a annoncé le ministère de l'Intérieur. 14 mars 2011 – Deux juges ont rejeté la suspension définitive du film demandée par les recours de justice. La justice mexicaine est visiblement affectée par lexposition de ses failles dans ce documentaire Entre le 18 février et la suspension provisoire, le film avait déjà attiré spectateurs, un record absolu pour un documentaire au Mexique.

32 Convention jeune : pas beaucoup de cas pratiques Rôle de la société civile?

33 ET…ACTION!! Petit jeu à venir

34 QUESTIONS Laudiovisuel, comme le cinéma, est-il une simple marchandise, un divertissement, comme laffirment les États- Unis, ou possède-t-il une spécificité, culturelle, qui empêcherait de le soumettre aux règles régissant communément le libre échange? Laudiovisuel, comme le cinéma, est-il une simple marchandise, un divertissement, comme laffirment les États- Unis, ou possède-t-il une spécificité, culturelle, qui empêcherait de le soumettre aux règles régissant communément le libre échange? Croyez-vous que dans la pratique, les États ayant des petites économies auront tendance à céder aux pressions bilatérales des États-Unis, ou ya-t-il un potentiel pour quils invoquent les dispositions de la Convention dans leurs futurs traités de libre-échange? Croyez-vous que dans la pratique, les États ayant des petites économies auront tendance à céder aux pressions bilatérales des États-Unis, ou ya-t-il un potentiel pour quils invoquent les dispositions de la Convention dans leurs futurs traités de libre-échange? La société civile a joué un rôle considérable dans lélaboration de la Convention, croyez-vous quelle sera capable den faire autant pour son application? La société civile a joué un rôle considérable dans lélaboration de la Convention, croyez-vous quelle sera capable den faire autant pour son application?


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