La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

Dun dire à lautre: discours en contraste La théorie du centrage méta-informatif et le contraste entre les langues Hélène WŁODARCZYK & André WŁODARCZYK.

Présentations similaires


Présentation au sujet: "Dun dire à lautre: discours en contraste La théorie du centrage méta-informatif et le contraste entre les langues Hélène WŁODARCZYK & André WŁODARCZYK."— Transcription de la présentation:

1 Dun dire à lautre: discours en contraste La théorie du centrage méta-informatif et le contraste entre les langues Hélène WŁODARCZYK & André WŁODARCZYK Université Paris - Sorbonne (Paris 4) Centre de Linguistique Théorique et Appliquée CELTA

2 Information =contenu sémantique lInformation méta- information En accord avec ce qui se fait aujourdhui dans les sciences cognitives, lInformation est ici définie comme le contenu sémantique de lénoncé et nous la distinguons de la méta- information. Information = connaissances sur la situation sémantique, ses cadres, ses rôles et ses ancrages spatio-temporels. Important ! Important ! Ce que, depuis lEcole de Prague, les linguistes appellent information nous lappelons méta-information.

3 Méta-information Linformation contenue dans les énoncés est enrichie par des pointeurs méta-informatifs qui y distinguent les centres dattention du locuteur. La méta-information appartient à la pragmatique mais occupe une place centrale dans la grammaire de chaque langue puisquelle concerne la présentation linéaire du contenu sémantique dans lénoncé. On ne peut donc analyser lénoncé sans tenir compte de sa structure méta-informative qui nest pas une simple mise en ordre ou présentation sajoutant à la structure syntaxique.

4 De la représentation mentale (information) à lénoncé (méta-information) Exemple dune représentation mentale (ce que le locuteur veut dire): Situation sémantique: procès, se promener Participants: un homme, un chien Ancrage spatial : un parc, Ancrage temporel : présent de lacte de parole, Pour produire un énoncé linguistique à partir dune représentation, deux impératifs simposent au locuteur avec une certaine marge de choix ou liberté de sexprimer suivant le point de vue quil choisit et souhaite proposer ou imposer à lallocutaire. (1) Choisir un verbe représentant la situation. Ce verbe lui imposera sa valence. (2) Le locuteur doit (a) choisir parmi les participants de la situation ou même les ancrages un centre dattention (CA) lui permettant de présenter la représentation sous forme dénoncé linéaire; (b) attribuer à lénoncé tout entier (ou à un centre dattention distingué) un statut méta-informatif ancien ou nouveau.

5 Paraphrases méta-informatives dune même information Paraphrases méta-informatives dune même information Choix du verbe: se promener (sujet: qui, compléments: avec qui, où). se promener (sujet: qui, compléments: avec qui, où). promener (sujet: qui, compléments: qui, où) promener (sujet: qui, compléments: qui, où) 1.Enoncé de base Choix dun énoncé entièrement nouveau puis choix du CA (1)CA global : homme, CA local : chien #1 Un homme se promène dans un parc avec son chien. (2) CA global: chien, CA local : homme #2 Un (joli petit) chien se promène dans un parc avec son maître. 2. Enoncés étendus Choix dun énoncé divisé en Ancien et Nouveau a)Topique: homme #3 Quant à lhomme, il se promène dans le parc avec son chien. b) Topique: chien #4 Le joli petit chien, il se promène dans le parc avec son maître. Et beaucoup dautres énoncés qui sont tous des paraphrases méta- informatives de la même information.

6 Choix du verbe et valence Choix du verbe et valence Choix du verbe: se promener (sujet: qui, compléments: avec qui, où). se promener (sujet: qui, compléments: avec qui, où). promener (sujet: qui, compléments: qui, où) promener (sujet: qui, compléments: qui, où) Ce choix implique déjà une manière de concevoir la relation entre les deux participants animés, lanimé humain étant traité dans la plupart des langues comme supérieur et ayant donc des chances de devenir le centre dattention principal du locuteur. Certains verbes appelés converses lexicales (Apresjan 1974) permettent de choisir le centre dattention principal dune situation: acheter/vendre, donner/recevoir. Les moyens grammaticaux sont la diathèse: voix active, passive, impersonnelle.

7 Choix du centre dattention principal Choix du centre dattention principal Le locuteur ayant choisi son centre dattention principal dans la situation quil se représente mentalement en fait le sujet de lénoncé quil construit pour transmettre linformation sur la situation à lallocutaire. Le sujet est ce dont on parle, ce quon en dit est le prédicat. Lobjet est, lui, le centre dattention secondaire. (1)CA global : homme, CA local : chien #1a Un homme se promène dans un parc avec son chien. #1b Un homme promène son chien dans un parc. (2) CA global: chien, CA local : homme #2a Un (joli petit) chien se promène dans un parc avec son maître. #2a Un (joli petit) chien est promené dans un parc par son maître. Dans la structure de constituants, le sujet est le centre dattention global (le SN qui domine tout larbre), lobjet est le centre dattention local (le SN enchâssé dans le SV).

8 Ordre canonique Ordre canonique Pour construire un énoncé à partir du schéma de valence et du choix des centres dattention, le locuteur doit encore se fonder sur lordre canonique propre à la langue dans laquelle il sexprime. Lordre canonique dune langue correspond à lordre linéaire des trois constituants principaux dune proposition indépendante déclarative (Sujet, Objet, Verbe) dans laquelle le sujet et lobjet sont des SN (non des pronoms ni des subordonnées). Cette proposition doit être neutre du point de vue pragmatique: aucun constituant ne doit être mis en valeur (distingué des autres) par lintonation ni la syntaxe. La neutralité pragmatique correspond à un type dintonation déclarative propre à chaque langue; en français, par exemple, une intonation descendante sur la dernière syllabe. En fr. (mais aussi en angl., pol., rus. et de nombreuses langues dEurope): SVO est lordre canonique. Voir nuances et précisions plus loin

9 Choix du statut méta-informatif de lénoncé Choix du statut méta-informatif de lénoncé Lordre canonique sapplique à un énoncé neutre pragmatiquement que nous appelons énoncé de base dans la théorie MIC. Pour le définir, il faut recourir au statut méta-informatif Ancien ou Nouveau, le statut de linformation présentée et traitée par le locuteur comme Ancienne ou Nouvelle (A/N). Dans un énoncé de base, le sujet et le prédicat ont le même statut MI. 1.En début de récit (ou dialogue) on peut trouver des énoncés entièrement nouveaux. CA global : homme, CA local : chien #1a Un homme se promène dans un parc avec son chien. (2) CA global: chien, CA local : homme #2a Un (joli petit) chien se promène dans un parc avec son maître. 2. On peut choisir un énoncé entièrement ancien avec valeur de vérités connues ou habituelles, etc.: #3 Les gens se promènent dans les parcs avec leurs chiens.

10 Choix dun énoncé divisé en Ancien et Nouveau Choix dun énoncé divisé en Ancien et Nouveau Enoncés étendus: Choix dun énoncé divisé en Ancien et Nouveau Le CA mis en valeur comme A ou N contraste avec le reste de lénoncé de statut opposé. Linformation Ancienne est présentée comme topique suivi dun commentaire qui apporte du nouveau. a)Topique: homme #3 Quant à lhomme [dont nous avons parlé], il se promène dans le parc avec son chien. b) Topique: chien #4 Le joli petit chien, il se promène dans le parc avec son maître. Linformation Nouvelle est présenté comme focus contrastant avec un fond ou arrière-plan de statut Ancien #5 Cest lhomme qui promène son chien dans le parc. … Et beaucoup dautres énoncés qui sont tous des paraphrases méta- informatives de la même information.

11 Variété des paraphrases méta-informatives Variété des paraphrases méta-informatives 1a Un homme se promène dans un parc avec son chien. #1b Un homme promène son chien dans un parc. #2a Un chien se promène dans un parc avec son maître. #2a Un chien est promené dans un parc par son maître. #3 Quant à lhomme, il se promène dans le parc avec son chien. #4a Le chien, il se promène dans le parc avec son maître. #4b Le chien, il est promené dans le parc par son maître. #5 Cest lhomme qui promène son chien dans le parc. #6 Cest dans le parc que lhomme promène son chien. … Et beaucoup dautres énoncés possibles pour référer à la même situation représentée et qui sont donc tous des paraphrases méta- informatives de la même information.

12 Application au contraste entre les langues Pour enseigner une langue 2, pour traduire dune langue à lautre, il faut tenir compte des dimensions informative et méta-informative. Pour faire des phrases correctes qui soient aussi des énoncés réussis, il faut des compétences multiples: valence verbale, ordre canonique, choix et mise en valeur des centres dattention, stratégie de présenter linformation comme ancienne ou nouvelle. La compétence pragmatique ne concerne pas que la politesse, elle décide de la forme élémentaire des énoncés.

13 Métainformation Pivots du discours Niveaux pragmatiques Centres dattention dans la syntaxe GlobalLocal dans la parataxe PrincipalDépendant Niveau 1 : Niveau 1 : (Énoncé simple) SujetObjet Niveau 2 : Niveau 2 : (Énoncé étendu) TopiqueFocus Niveau 3 : Niveau 3 : (Dialogue/Texte) Thème général Thème particulier

14 Le statut méta-informatif ancien (A) ou nouveau (N) dun énoncé dans le discours La La validation de linformation nécessite une méta-information Linformation est « donnée » ou « nouvelle » par la validation du discours, non par sa nature. Le locuteur est libre de présenter une information telle quil la conçoit; même en dépit de lopinion de linterlocuteur. La validation métainformative consiste donc à présenter une information comme donnée ou nouvelle, non à exprimer une vérité. Notamment, le locuteur peut même contredire des vérités généralement admises. Par exemple, la proposition de Copernic à son époque: « La Terre tourne autour du Soleil. »

15 Motivation du statut méta-informatif

16 L a valeur de vérité (V/F) et l e statut méta-informatif donné (A) ou nouveau (N) Un énoncé peut très bien ne pas être validé en tant que jugement vrai (V) ou faux (F), peut être un mensonge volontaire ou involontaire et pourtant être bien formé grammaticalement. Au contraire,aucun énoncé ne peut être (bien) formé sans être validé comme ancien ou nouveau (en partie ou entièrement Au contraire, aucun énoncé ne peut être (bien) formé sans être validé comme ancien ou nouveau (en partie ou entièrement) cf. The Pragmatic Validation of Utterances Studia Kognitywne Nr 8

17 Information et méta-information (analyse hiérarchique de lénoncé niveau 1) Énoncé : Énoncé : Marie soigne Pierre. SIT : soigner (Rôle actif :) (Rôle actif :Marie ) (Rôle passif :) (Rôle passif : Pierre) Niveausémantique information Niveaupragmatique métainformation Sujet Prédicat Objet

18 Définition pragmatique du Sujet et de lObjet comme centres dattention Constituance LE SUJET EST GLOBAL et LOBJET EST LOCAL (Sujet,(Prédicat(Verbe,Objet))Dépendance Le Sujet est le centre dattention principal et lObjet secondaire [le Sujet implique lObjet]

19 Sujet de lénoncé de base ou étendu Fond Sujet Prédicat SujetPrédicat Topique Commentaire Focus fond Centre dattention Commentaire A Centre dattention

20 Validation méta-informative homogène et hétérogène Sujet A & Prédicat A Les satellites tournent autour de la Terre. Sujet N & Prédicat N Un satellite vient d'être lancé. Sujet A & Prédicat N (Topique - Commentaire global) Quant au satellite X03, il a été détruit. Sujet N & Prédicat N (Focus + Commentaire local) C'est le satellite X03 qui a été détruit.

21 Les situations sémantiques, lunivers du discours et lénonciation inf(r) = em-inf(c) = r m-inf Rôle c discours Centre dattention univers e mental Participant inf Situation r sémantique

22 Combinatoire des centres dattention et rôles sémantiques Topique SujetAgent actif FocusObjet Agent passif

23 Combinaison des centres dattention et des rôles sémantiques 1a. Marie soigne Pierre. (Actif + [Sujet || R actif] + [Objet || R passif]) (Actif + [Sujet || R actif] + [Objet || R passif]) 1b. Pierre est soigné par Marie. (Passif + [Sujet || R passif] + [Objet || R actif] ) 2a. Quant à Marie, elle soigne Pierre. (Actif + [Topique || Sujet || R actif] + [Objet || R passif]) 2b. Quant à Pierre, il est soigné par Marie. (Passif + [Topique || Sujet || R passif] + [Objet || R actif] ) 3a. Quant à Marie, cest Pierre quelle soigne. (Actif + [Topique || Sujet || R actif] + [Focus || Objet || R passif]) (Actif + [Topique || Sujet || R actif] + [Focus || Objet || R passif]) 3b. Quant à Pierre, cest Marie qui le soigne. (Actif + [Topique || Objet || R passif] + [Focus || Sujet || R actif]) 4a. Quant à Pierre, cest par Marie quil est soigné. (Passif + [Topique || Sujet || R passif] + [Focus || Objet || R actif]) 4b. ?? Quant à Marie, cest par elle que Pierre est soigné. (Passif + [Topique || Objet || R actif] + [Focus || Sujet || R passif]) ……….

24 Le sujet et lobjet sont indépendants des rôles sémantiques #1a Das Kind ass den Apfel. the child (Nom. or Acc.) ate the Apple (Acc.) The child ate the apple. #1b Den Apfel ass das Kind. the Apple (Acc.)Topic ate the child (Nom. or Acc.). (As regards) the apple, the child ate it. #2a Das Kind ass das Eis. The child (Nom. or Acc.) ate the ice cream (Nom. or Acc.) #2b Das Eis ass das Kind. the ice cream (Nom. Or Acc.) Topic ate the child (Nom. or Acc.). Les connaissances du monde décident de linterprétation sémantique en cas dambiguïté. En polonais et en russe, les substantifs neutres ou masculins non animés présentent la même ambiguïté Nom./Acc. Que les substantifs neutres en allemand.

25 Relation par défaut entre sujet et rôle actif, objet et rôle passif en langues actives Dans les langues actives (non ergatives) il y a une relation par defaut entre le sujet et le rôle actif quand le verbe est à la voix active … Et une relation par defaut entre le sujet et le rôle passifquand le verbe est à la voix passive. X did Y. I have tipped waiters, Y was done by X. and I have been tipped by waiters. George Orwell, Down and Out in Paris and London, (Cité par Michel Viel) N.B. In ergative languages (at least one type of them) there is a default relation between the constituent in the absolutive case and the passive role

26 Analyse hiérarchique 2° niveau méta-informatif SIT : soigner (Rôle actif:) (Rôle actif:Marie ) (Rôle passif:) (Rôle passif: Pierre) Sémantique information méta-information Pragmatique Sujet Prédicat Objet Prédication Topique Commentaire Fond Focus Extension Énoncé : Quant à Marie, cest Pierre quelle soigne

27 Ordre des mots (langues dites à ordre fixe et langues dites à ordre libre) Lordre des mots est dans les deux types de langues un marqueur essentiellement méta-informatif. Dans les langues à ordre fixe, il marque dabord le premier niveau méta-informatif, les CA de lénoncé de base: sujet et objet. Dans les langues à déclinaison (ordre dit libre) il indique principalement les CA de lénoncé étendu: topique et focus.

28 Le sujet dans un énoncé entièrement nouveau ou ancien En polonais le sujet dun énoncé entièrement noveau est le plus souvent placé derrière le verbe (#1), tandis que le sujet dun énoncé entièrement donné précède le verbe (#2). En français, cest larticle qui permet de donner le statut A ou N. #1 Odwiedził mnie wczoraj niespodziewanie a rendu visite à moi hier par surprise dawny kolega mojego brata. ancien ami de mon frère Un ancien collègue (ami) de mon frère ma rendu visite hier par surprise. #2 Francuzi jadają żaby. Français mangent grenouilles. les Français mangent des grenouilles.

29 Marqueurs du Topique et Focus (dans les langues positionnelles et les langues à déclinaison) Dans une langue slave, il suffit de déplacer un groupe nominal en tête dénoncé avec intonation montante pour en faire un topique, en français, la reprise anaphorique est nécessaire #1fr Et cependant, ces deux changements, nous les regardons l'un et l'autre comme des déplacements. (Poincaré) #1pl A jednak obie te zmiany rozpatrujemy jako przemieszczenia.... Dans une langue slave, il suffit de déplacer un groupe nominal objet en tête dénoncé (ou un groupe nominal sujet en fin dénoncé) avec intonation descendante pour en faire un focus, en français, la structure clivée est nécessaire #2pl [...] na razie znana jest tylko wersja 'nieoficjalna' (Donosy 1996) #2fr Pour le moment ce qui est connu c'est seulement la version non officielle. En espagnol ou en italien, on peut focaliser le sujet en le mettant en fin dénoncé.

30 ISOMORPHISME des centres dintérêt des niveaux pragmatiques I et II Sujet ObjetVerbe Prédicat Enoncé simple Topique Comm. local Focus Comm. global Enoncé étendu Préd. global Préd. local Dépendance (parataxique) Dépendance Constituance (syntaxique)

31 Affinité et différence entre topique et sujet Le topique et le sujet étant tous deux entre dattention global, il y a une grande ressemblance entre eux. La différence est due au jeu de contraste entre les statuts méta-informatifs dans le cas du topique qui relève de lénoncé étendu. Le sujet, lui, est de même valeur informative que le prédicat. Dans lexpression, les marques de la topicalisation sont en général très discrètes (intonation) mais elles sont parfois plus nettes (particule wa en japonais, to postposé en polonais et russe, reprise anaphorique en français parlé: Le père de Marc, il est médecin. Ojciec Marka to jest lekarzem. Taro no otosan wa isha desu.

32 TOPIQUE et style Contrairement à ce que répètent les grammaires, le topique nest pas réservé au style familier. # Un dico électronique, ça doit être très pratique, nest-ce pas ? # les acteurs à mon avis ils doivent changer pas mal le texte de départ (exemple de Morel et Danon-Boileau 1998) # Et cependant, ces deux changements, nous les regardons l'un et l'autre comme des déplacements... (Henri Poincaré, La Science et lhypothèse) # La machine elle-même, plus elle se perfectionne, plus elle s'efface derrière son rôle. (Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes)

33 Focus avec Topique explicite (1) Non, la cuisine, cest moi qui la fais. (2)... cest le DEA qui vous prépare à la recherche, un DESS, cest un diplôme professionnel... (exemple de Morel et Danon-Boileau) (3)... il fallait une explication ; on l'a trouvée; on en trouve toujours ; les hypothèses, c'est le fonds qui manque le moins. (H. Poincaré: « La Science et lHypothèse ») (4) Ce qui reste de cette tendance, c'est la croyance à la continuité. (H. Poincaré: « La Science et lHypothèse »)

34 Marqueurs de CA dans différentes langues Les langues slaves emploient lordre des mots là où le français emploie les structures clivées et les syntagmes détachés. Po krótkim i treściwym namyśle ciotka wydała dyrektywy. Natalię (topik) trzeba oddać do półinternatu. Pulpecję umieścić w przedszkolu. Odprowadzanie dziewczynek powierzyć należy Gabryieli, przyprowadzanie – Idusi. Obiady (topik) gotować będzie Gabrysia (fokus) wieczorem. Zakupy będą domeną Ignasia. Małgorzata Musierowicz, Kwiat kalafiora, str. 52 Après une reflexion courte et concise, la tante donna les instructions. Natalie, il faut la placer à linternat et Pulpecja à lécole maternelle. Gabriela sera chargée daccompagner les filles, Idusia de les ramener. Le soir, ce sera à Gabrysia de préparer le dîner. Les courses seront le domaine dIgnaś.

35 Exemples de FOCUS (1a) Même Pierre est venu. / (1b) Seul Pierre est venu. (2) On pourrait être tenté de conclure que c'est l'expérience qui nous a appris combien l'espace a de dimensions. (H. Poincaré: « La Science et lHypothèse ») (3) Fifty six hundred dollars we raised yesterday. (exemple de Lambrecht) (4) Pago io. (ital.: cest moi qui paie) (5) Ja płacę. (pol.: cest moi qui paie)

36 Marqueurs du Topique et Focus (italien et français) En italien, il suffit de déplacer un groupe nominal en tête dénoncé avec intonation montante pour en faire un topique, le sujet rejeté à la fin de lénoncé devient focus. # La storia siamo noi. # Lhistoire, cest nous.

37 Marqueurs du Topique et Focus (italien et français) En italien, il suffit de déplacer un groupe nominal en tête dénoncé avec accent fort pour en faire un focus #1 A: Carlo ha visto qualcosa ? Carlo a vu quelque chose ? B: Carlo ha visto il cane (focus faible) Carlo N.M.SUJJ avoirPST 3SG voirPPM.SG leDETM.SG chien N.M.SG Carlo a vu le chien. #2 A: Piero ha visto il cane? B: No Carlo (focus fort) ha visto il cane. Non, cest Charles qui a vu le chien.

38 Contraste allemand/français Focalisation par simple déplacement (et intonation) #1d Wahrlich, mit andern Augen, meine Brüder, werde ich mir dann meine Verlorenen suchen, mit einer andern Liebe werde ich euch dann lieben. Focalisation par structure clivée #1fr En vérité, cest avec dautres yeux que je chercherai alors mes amis perdus, cest dun autre amour que je vous aimerai. (Nietzsche, Also sprach Zarathustra, Bilingue Aubier Flammarion 1969, trad. G. Blanquis, p )

39 Interprétation dun énoncé allemand comme de base ou étendu Topicalisation par simple déplacement du sujet et de lobjet (et intonation) Die Regierung betrachtet das Volk le gouvernment (Nom. or Acc.) considère le peuple (Nom. or Acc.) als korrupt. comme corrompu (Thèse de Sabine Mohr p.69) Comment traduire ? Enoncé de base: ? Le gouvernement considère le peuple corrompu. Enoncé étendu : Le gouvernement, le peuple le considère corrompu Lintonation permet de distinguer deux énoncé différents: de base ou étendu (avec détachement du premier groupe nominal). A lécrit, le choix entre les deux se fondent sur les connaissances du monde (la sémantique).

40 Diathèse et centres dattention La Théorie MIC propose une définition pragmatique de la diathèse comme procédé de présentation de linformation. La diathèse fait correspondre les centres dattention de lénoncé non étendu (sujet et objet) avec les participants de la situation (jouant des rôles actifs ou passifs). Définition classique de la diathèse: mise en rapport des positions syntaxiques sujet et objet avec les rôles sémantiques

41 Diathèse et traduction En traduisant, il faut conserver non seulement les rôles sémantiques mais leur présentation comme centres dattention global ou local de manière à conserver la cohérence.

42 Centre dattention dun énoncé au passif (langues européennes) Le passif permet de mettre dans la position de centre dintérêt global dun énoncé non étendu celui des participants qui ne joue pas le rôle sémantique actif Le livre a été offert à Jean pour son anniversaire Książka została podarowana Jankowi na urodziny. Le participant choisi comme CA global du passif peut varier selon les langues. Langlais peut au passif faire un sujet (CA global) aussi bien du bénéficiaire humain que de lobjet inanimé: The book was given to John. Le livre a été offert à Jean John was given a book. Jean a reçu un livre.

43 Objet topicalisé et Sujet du passif La diathèse passive et la topicalisation de lobjet ont en commun centre dintérêt global de traiter comme centre dintérêt global un participant qui joue un rôle passif. Différence: Lobjet topicalisé dans lénoncé étendu a une portée plus globale que le sujet du passif, centre dintérêt de lénoncé non étendu. C'est pourquoi, lorsque lobjet en question est un thème (général) de lensemble du discours la version avec topique est préférée à la phrase passive. Comparons Leffort pour coordonner les données tactiles et visuelle, reste lun des plus prodigieux de ma vie […]. Cet effort, chaque enfant en bas âge laccomplit. (cité par Gaatone p. 239) et Cet effort est accompli par chaque enfant en bas âge.

44 Centres dattention dun énoncé passif et dun énoncé actif Le passif permet de mettre dans la position de centre dintérêt global dun énoncé non étendu celui des participants qui ne joue pas le rôle sémantique actif. On peut traduire un objet topicalisé mis en tête de lénoncé par le sujet dun verbe passif. Np Szklana kolekcja reż. Magdalena Łazarkiewicz. Sztuka o rodzinie i panujących w niej emocjach i frustracjach na podstawie Szklanej menażerii amerykańskiego dramatopisarza Tennessee Williamsa. Główną rolę w tej sztuce gra warszawski aktor Ryszard Marczak. Metro 7-9/01/2005, str. 8. Une collection de verre du metteur en scène Magdalena Łazarkiewicz. Cest une pièce qui parle dune famille et des émotions et frustrations qui y règnent daprès la Ménagerie de verre de lauteur dramatique américain Tennessee William. Le rôle principal dans cette pièce est joué par lacteur de Varsovie Ryszard Marczak.

45 Langues à sujet obligatoire Les langues indo-européennes possédant la catégorie de la personne du verbe ont un sujet obligatoire - non seulement sur le plan syntaxique - non seulement sur le plan syntaxique en tant que SN du niveau le plus haut dans larbre de constituances (Peter (likes (French fries))) - mais aussi sur le plan morphologique où il est marqué soit par la désinence verbale personnelle seule, soit par le pronom personnel, soit par les deux en même temps. I come, you come, he comes.

46 Les pronoms personnels atones et accentués dans les langues européennes Les pronoms personnels atones apparaissent dans lénoncé de base comme sujet (souvent de forme zéro) ou objet, les pronoms accentués apparaissent dans lénoncé étendu comme topique ou focus. Pronom zéro en italien, en polonais, je en français #1it Pago. « Je paie. » #2pl Słucham, co mówisz ? « Jécoute que dis-tu ? » Pronom accentué en italien, en polonais, structure clivée et pronom accentué en français #3 it Oggi pago io. « Aujourdhui, cest moi qui paie. » #4pl Ależ...niech nie mnie pan dziękuje tylko sobie. « Ce nest pas à moi que vous devez dire merci mais à vous-même. »

47 Sujet anonyme et objets topicalisés Les constructions à sujet anonyme « effacent » le CI global de lénoncé non étendu, cest pourquoi elles apparaissent souvent dans des énoncés étendus dont le CI global est un objet focalisé. Du fait de son statut de CI global, cet objet est très souvent décrit comme « le sujet réel ou sémantique de la construction impersonnelle » Śnieg zasypał drogi. La neige au nominatif est sujet Śniegiem zasypało drogi. La neige à linstrumental nest pas sujet mais topique du fait de sa position. Piotr dobrze pracuje. Piotr au nominatif est sujet Piotrowi dobrze się pracuje. Piotrowi au datif est topique

48 Sujet anonyme dans les langues à sujet obligatoire Les langues qui, du fait de la catégorie de la personne du verbe, ont un sujet obligatoire peuvent aussi avoir une réalisation très générale du sujet non comme une entité individualisée mais comme un participant abstrait repéré seulement comme sujet anonyme humain ou non humain. Dans ces langues, la place du sujet reste toujours ouverte même quand la position du SN au nominatif reste vide. Les SN aux cas obliques ne peuvent être interprétés comme sujets, ils demeurent des objets impliquant le sujet. Kazimierz Polański 2003 Na marginesie diskusji o podmiocie « traktowanie form Janka [mdli], Jankowi [smutno][…] jako podmioty nie wydaje się uzasadnione »

49 « Forme » du sujet anonyme Dans les langues à sujet obligatoire, le sujet anonyme est un signe linguistique à part entière ayant à la fois une forme et un contenu. Sujet anonyme à morphème zéro dans les langues à désinences personnelles distinctives: Langues slaves: Ø wieje (il vente) latin: Ø pluit (il pleut) Sujet anonyme sous forme de pronom napparaissant quau nominatif ou dans la position du sujet dans les langues à flexion personnelle réduite (français, anglais): Il pleut. On pense. Es regnet. Man denkt.

50 « Contenu » du sujet anonyme Propriétés sémantiques Dans les langues slaves, le français, langlais … les sujets anonymes se répartissent en deux grandes classes: SA humains Zatrzymano go na drodze. (On la arrêté sur la route) et SA non humains Zabilo go na drodze. (lit. « ça la tué sur la route ». Il a été tué sur la route.) Propriétés pragmatiques On peut distinguer notamment les SA incluant le locuteur ou lexcluant. Zatrzymali go na drodze. (lit. « Ils lont arrêté sur la route.» W Polsce pracuje sie duzo. (En Pologne on travaille beaucoup.) Hélène Wlodarczyk(1994) « Les phrases à sujet anonyme et verbe réfléchi en polonais et en russe »,

51 Objets ou sujets topicalisés dans les énoncés à sujet implicite Notre cadre théorique nous interdit dinterpréter les énoncés « impersonnels » des langues européennes comme ayant un sujet à un autre cas que le nominatif. En japonais également, labsence de sujet dans le cas dun énoncé à sujet implicite ne nous autorise pas à traiter un SN avec une particule non nominative comme sujet. Dans les énoncés avec topique ci-après, seul le topique de 1) peut être considéré comme topicalisation du sujet implicite et ayant le même référent que le pronom watakushi (moi) non celui de 2) puisque celui-ci est accompagné de la particule de datif ni. Ce type 2) peut etre rapproché du SN au datif dans les énoncés à SA en langues slaves. 1) Watakushi wa wakaranai. «Moi, [ je] ne comprends pas. » 2) Watakushi ni wa wakaranai. « Pour moi, cest incompréhensible. »

52 Topique ou sujet non exprimés (enseignement et traduction) Lorsque le topique ne change pas, les langues ne le répètent pas. Pour les vacances, #1 Pour les vacances, quest-ce quon fait ? #2 (pour les vacances) On ira à la mer. Lorsque le sujet est donné (connu par le contexte ou la situation de parole), les langues à flexion personnelle distinctive ne lexprime pas. #3 pol. Idziemy ? (aller 1 e pers du pluriel) On #4 On y va ?

53 LAspect et lArticle par rapport au statut méta-informatif Dans les langues à articles un marqueur important de la méta-information est larticle: # fr Soudain la voiture a freiné # fr Soudain une voiture a freiné. En langue slave, lordre des mots peut exprimer cette distinction entre SN de statut A ou N # pl Nagle samochód zahamował. soudain voiture freina soudain voiture freina # pl Nagle zahamował samochód. soudain freina voiture soudain freina voiture En langue slave, laspect peut exprimer la motivation référentielle (limperfectif) ou (le perfectif) de la distinction entre le statut A ou N. Le choix entre la forme progressive ou non en anglais peut avoir le même effet

54 Langues à Aspect et langues à articles Contraste français ou anglais par rapport aux langues slaves Lallemand entre les langues slaves et le français: Système de larticle et système de laspect (préfixes verbaux) Thèse typologique dElisabeth Leiss, 2000, Artikel und Aspekt

55 Conclusion I. Même quand les langues possèdent des moyens morphosyntaxiques homologues, elles en font un usage différent qui dépend : (a) des niveaux de style (langue écrite formelle ou parlée informelle) (b) du style de chaque langue dans sa spécificité culturelle fondée sur ses propriétés morphologiques (ex. le complément dobjet topicalisé en tête dénoncé en polonais et en russe). II. Les méthodes denseignement et de traduction doivent spécifier les différents moyens propres à chaque langue pour marquer le statut méta-informatif et les centres dattention.

56 Bibliographie Sur le site du CELTA

57 © Hélène et André WLODARCZYK


Télécharger ppt "Dun dire à lautre: discours en contraste La théorie du centrage méta-informatif et le contraste entre les langues Hélène WŁODARCZYK & André WŁODARCZYK."

Présentations similaires


Annonces Google