La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

Moncef Ben Slama Juin 2011 Centre Tunisien des Etudes Economiques.

Présentations similaires


Présentation au sujet: "Moncef Ben Slama Juin 2011 Centre Tunisien des Etudes Economiques."— Transcription de la présentation:

1 Moncef Ben Slama Juin 2011 Centre Tunisien des Etudes Economiques

2 Introduction Déficiences régionales Stratégie de rattrapage Préconisations en termes dentrepreneuriat régional Table de matières: 2

3 INTRODUCTION: La dynamisation des régions défavorisées, confrontées à un problème lancinant de sous-emploi du facteur travail, sagissant notamment des diplômés de lenseignement supérieur, est justiciable, à certains égards, dune dynamisation des structures et des comportements dentrepreneuriat dans ces territoires 3

4 I- DEFICIENCES REGIONALES ET DEFICIT DENTREPRENEURIAT (i) Lacuité du problème de lemploi est devenue la principale préoccupation dans les régions défavorisées Pour les jeunes de 15 à 29 ans, le taux de chômage atteint 40% dans le gouvernorat du Kef et dépasse sensiblement ce seuil dans le gouvernorat de Gafsa, contre 30% à léchelle nationale. Sur lensemble des chômeurs de ces régions, deux tiers sont des jeunes de 15 à 29 ans, et si on ajoute les inactifs de la tranche dâge ans, on atteint les trois quarts des chômeurs. Plus spécifiquement, le taux de chômage des diplômés de lES est élevé: de 48% dans le gouvernorat de Sidi Bou Zid à 40% dans le gouvernorat du Kef (mai 2011). 4

5 On doit noter, en outre, que : Le taux durbanisation de ces régions est assez faible : 40% pour le gouvernorat de Kasserine, 32% pour Kairouan et 25% pour Sidi Bou Zid. Il sagit donc de régions à dominante rurale, et dhabitat dispersé. Le chômage des jeunes augmente certes avec le niveau éducation, mais il reste assez élevé pour les jeunes des régions défavorisées qui ont quitté le système scolaire en cours de cycle, sachant, par ailleurs, que ceux, parmi ces derniers, qui échappent au chômage, sont souvent employés dans le secteur informel, où leurs conditions de travail sont bien déplorables. Sur lensemble des chômeurs de tout âge, les diplômés du supérieur ne constituent quune petite minorité. Aussi est-il nécessaire de se préoccuper de la situation inquiétante de la masse des chômeurs «faiblement éduqués», dont létat de précarité/détresse, constitue un stimulant irrésistible pour lémigration clandestine. 5

6 Les femmes actives, quelque soit leur âge, ont généralement moins de chance dêtre employées que les hommes. On doit signaler, en particulier, que l'accroissement de la part relative des femmes de plus de 30 ans dans l'Agriculture - de 50% en 1980 à près des 2/3 aujourdhui- traduit une évolution dans le sens de l'accroissement de l'âge moyen de ces femmes actives et rend compte d'un phénomène de "vieillissement"/ précarité du facteur travail féminin dans ce secteur. De fait, la tendance à la prorogation de la vie active des F dans le secteur agricole pour les plus de 60 ans, dont le poids relatif est passé de 5% en 1980 à près de 15% actuellement, confinées le plus souvent dans des travaux difficiles et faiblement valorisants pour les femmes rurales, est de nature à réduire leurs aptitudes physiques au travail, et donc à altérer leurs normes de productivité. 6

7 (ii) Les conditions économiques de ces régions contribuent à perpétuer cet état de déficit de croissance et demploi. *Ces régions justifient certes de quelques « atouts », inégalement répartis entre les gouvernorats. - Lagriculture occupe une large place dans léconomie de ces régions, notamment à SBZ où lextension de lirrigation a permis de développer divers produits, principalement les cultures maraîchères (tomates), viandes rouges et lait. Kasserine, dont 1/3 de la population active est occupée dans le secteur agricole, se caractérise par une superficie importante de sols riches et sadaptant à différentes cultures, ainsi que des ressources hydrauliques appréciables. Larboriculture (pommes) et les cultures maraîchères constituent les principales spécialisations de ce gouvernorat. - Outre l'industrie traditionnelle de ces régions qui repose sur l'exploitation de MP telles que l'alfa (pâte à papier), le marbre et le calcaire blanc, il faut mentionner la présence de certaines unités industrielles de sous-traitance (textiles). Notons que de nouveaux projets de services TIC commencent à se profiler (centres dappel). 7

8 Toutefois, les opportunités potentielles de ces régions sont faiblement exploitées en raison des difficultés structurelles auxquelles sont confrontées ces régions. - Dans le secteur agricole, le vieillissement de la population active qui y est employé, lémiettement de la propriété, et la persistance de certaines techniques traditionnelles, voire désuètes, entretiennent une tendance à lessoufflement. De plus, certains facteurs limitatifs exercent un effet de freinage perceptible : Faiblesse de lencadrement et pénurie relative d'ouvriers spécialisés pour des travaux sensibles comme la taille des arbres fruitiers, les labours ou les diverses opérations mécanisées. Conditions de travail et de rémunération de la main dœuvre « peu attractives », pour ne pas dire répulsives. Sous investissement patent en moyens déquipement. Défauts dorganisation des circuits de commercialisation des produits et dapprovisionnement en intrants. 8

9 - Pour sa part, le tissu industriel est encore modeste, à faible densité technologique, et donc à faible voire très faible taux de valeur ajoutée. On relève, en outre, la présence de projets répétitifs, dans des branches saturées. Par ailleurs, il a été constaté quune bonne partie des jeunes promoteurs ne parviennent pas à assurer la pérennité de leur projet à cause de linsuffisance des moyens financiers (voir étude PNUD, 2010). Le taux de survie des projets BTS déjà lancés serait encore faible (PNUD, op.cit.). On peut ainsi considérer que les déficiences dentrepreneuriat se trouvent à la base de la faible mobilisation du potentiel de croissance et demploi dans ces régions. 9

10 (iii) Une enquête de lIACE fait ressortir les principaux facteurs explicatifs du déficit dentrepreneuriat régional : Laltération du climat de confiance du fait de labsence/déficit de gouvernance, de la corruption et du risque sécuritaire. Les diverses incitations nont pratiquement pas eu deffet sur les régions et nont pas répondu aux objectifs de création demploi et de décentralisation. Pour certains, linsuffisance des incitations dans ces régions est la principale cause, alors que dautres entrepreneurs évoquent le défaut dadaptation régulière des incitations par rapport aux exigences régionales et aux disponibilités de chaque région, et plaident pour des mises à jour récurrentes des incitations. « Médiocrité » des infrastructures. On ne peut investir que sil y a un minimum dinfrastructures (routières, réseau électrique, réseau de gaz,..) et un minimum de qualité de vie (espaces commerciaux, culturels,....). 10

11 Les coûts de recrutement et de formation des ressources humaines de qualité sont pénalisants. Labsence de cadres et de main dœuvre hautement qualifiée aurait freiné plusieurs investisseurs à prendre le risque de simplanter dans ces régions. Les banques sont perçues par certains chefs dentreprises comme « un obstacle de premier ordre », surtout pour les PME. Il serait nécessaire dimpliquer davantage les institutions financières, de les amener à mieux soutenir les investisseurs, voire les « pénaliser » en cas de refus doctroi des crédits, acomptes et facilités de caisse. Par ailleurs, les entreprises sondées sur un nouveau cadre plus incitatif à lentrepreneuriat privé dans les régions estiment : Pour près des 2/3 absolument prioritaire de faciliter les conditions de création dune entreprise et rendre plus flexible le code du travail. Pour près de la moitié assez prioritaire de faciliter lobtention dautorisation de construction, dassurer lexécution des contrats selon des délais raisonnables et daméliorer les conditions denregistrement de la propriété. 11

12 Létude du PNUD corrobore les résultats IACE ; elle fait ressortir que la faiblesse des investissements dans les activités non agricoles des régions du Kef et de Gafsa sexplique par des facteurs spécifiques: faiblesse des fonds propres, absence de garanties hypothécaires, réticence des banques à accorder des crédits à cause du risque de non recouvrement, rareté des terrains industriels et difficultés de conversion des terres agricoles en terres industrielles, environnement des affaires défavorable par comparaison avec les régions côtières et climat social défavorable. A ce stade, il ressort clairement que la dynamique des régions est tributaire, à titre principal, des dynamiques entrepreneuriales. Des normes dactions devraient être dégagées pour articuler les deux dynamiques. Auparavant, il importe de préciser les contours dune stratégie de développement régional. 12

13 II- STRATEGIE DE REGULATION REGIONALE (i) Face à la multiplicité des réalités régionales, lexigence dactions spécifiques. Noter cet égard, quil risque dy avoir incompatibilité entre la poursuite de la plus grande croissance globale, qui se localiserait dans les régions déjà mises en valeur, et lexigence dune politique régionale «plus équilibrée». Sil est vrai quà C & M T, une politique de régionalisation équilibrée impose la contrainte dune « moindre croissance globale » au profit dune meilleure répartition spatiale de la croissance, à LT cette politique aboutira- au moyen notamment dune répartition «équitable» des investissements dinfrastructure- à réduire progressivement les écarts « daptitude à la croissance » entre les régions, préparant le terrain pour une croissance soutenue, car plus diffuse et entretenue. 13

14 Sur cette base, laction régionale doit répondre au souci déliminer les obstacles spécifiques à la région pour lexploitation optimale des potentialités/avantages propres. Dans cette perspective, la stratégie de régulation régionale devrait être organisée selon trois impératifs : Lamélioration des instruments de connaissance des données régionales, et notamment des flux interrégionaux (démographiques, échanges intersectoriels, balances commerciales régionales,..). Remédier au déficit de gouvernance locale, le défaut de décentralisation réelle étant générateur de déficiences de coordination, de lourdeur administrative, de retards dexécution et de coûts de transactions prohibitifs. 14

15 Une priorité aux actions de structuration qui recouvrent des investissements dinfrastructure économique et sociale (Education, Santé, Logement, Transports et TIC), daménagement urbain et de sauvegarde des ressources naturelles. Ces investissements structurants sont en eux-mêmes créateurs demplois de différentes qualifications ; ils contribuent, par ailleurs, à «égaliser les chances» à long terme des différentes régions, et permettraient, en particulier, de donner un soutien plus sensible à lAgriculture, et de préparer le terrain à un processus dindustrialisation crédible. Une focalisation particulière, en ce qui concerne les secteurs productifs, sur certaines activités motrices justifiant deffets dentraînement, en amont et en aval, bien sensibles. Car ce qui importe, au total, ce nest pas de créer « artificiellement » et à grands coûts, des conditions de croissance régionale fragile et instable, mais dengager un processus de croissance soutenue et durable. 15

16 Cette stratégie répond à lopportunité de mobilisation des avantages liés à la taille, i.e. la mobilisation déconomies déchelles et déconomies de juxtaposition spatiale (« économies » dadministration, économies de coûts de production directs et indirects,..). Il appartiendra aux opérateurs privés de focaliser sur le renforcement de la capacité didentification de projets, qui est la ressource rare dans les régions défavorisées, bien plus que la disponibilité des facteurs, capital ou travail qualifié. Si on admet que cette capacité didentification est le principal facteur limitatif de nouvelles décisions dinvestissement, on est enclin à rechercher les conditions de maximisation des possibilités dinvestissement induit. Aussi est-il judicieux dinvestir en priorité dans les industries fortement intégrées, à titre intermédiaire, aux autres secteurs, et qui sont à même, de ce fait, dintensifier les investissements induits dans des activités situées en amont et en aval de celles-ci 16

17 (ii) De ce point de vue, on doit conforter les processus didentification collective des opportunités daffaires. Différents acteurs pourraient, en effet, joindre leurs forces pour identifier collectivement des occasions daffaires, sachant en particulier que linformation préalable à lidentification dun projet relève de trois dimensions : les marchés, les produits et les orientations/propensions des consommateurs. Lorsque que plusieurs opérateurs sont en interaction, par exemple dans le cadre de cellules permettant le passage des idées entre les porteurs de projets dans les régions, les hommes daffaires et les organismes de financement, les sources dinformation sont diverses et plus variées, et les synergies qui se développent sont souvent complémentaires, ce qui ouvre plus de perspectives daffaires. 17

18 Cette démarche collective, quil importe dimpulser dans les instances patronales comme lIACE, est génératrice didées porteuses et de « créativité organisationnelle », qui seraient «mieux acceptées » si le «capital social», i.e. les consommateurs était sondé sur ses préférences. Dans ce cadre, il convient de favoriser les réseaux dentrepreneuriat (clubs dexportateurs, jeunes créateurs dentreprises, cellules dinvestigation sur les ressources et partenariats entreprises/ES..) qui procurent des avantages multiples: tutorat, amélioration des flux d'information, transfert du savoir, renforcement de compétences, amélioration de la gestion, partage des coûts et des risques,…. 18

19 Sagissant, par ailleurs, de lentrepreneuriat féminin, il faut considérer quil est tributaire de la participation active des femmes dans le cadre des sphères entrepreneuriales. De ce point de vue, il convient de faire référence au concept dempowerment, fondé sur le diptyque habilitation/responsabilisation, le développement régional nétant plus axé sur la « lutte contre la pauvreté » /poverty alleviation mais sur le développement des capacités/self sufficiency. A cet égard, on doit relever que linsertion des femmes dans les circuits dactivités économiques compétitives, requiert une initiative privée dynamique soucieuse de créations demplois «économiquement justifiés», selon une logique qui exclut celle des «emplois budgétaires». 19

20 (iii) Par ailleurs, la stratégie de régulation régionale devrait être attentive à lintensification des effets multiplicateurs demploi à contenu éducatif élevé. Lanalyse en termes de multiplicateurs demploi (étude B S et Boumediène), confirme le statut de secteurs moteurs, en matière de création demplois directs et indirects, des activités manufacturières dexportation, et fait ressortir, en outre, que lamélioration de lintensité éducative pour le secteur exportateur dans son ensemble, soutient le mouvement de la croissance extravertie. Ce qui rend compte des exigences de formation de capital humain requises pour entretenir laccès aux marchés extérieurs. 20

21 On doit remarquer, de ce point de vue, que dans le contexte de sous emploi flagrant des diplômés de lenseignement supérieur prévalant dans les régions défavorisées, les employeurs peuvent facilement embaucher, sur des emplois « hiérarchiquement mal classés », des travailleurs qui sont plus qualifiés que ne l'exige l'emploi offert, ce qui leur permet de disposer à moindre coût d'une réserve de main-dœuvre potentiellement qualifiée. A terme, ces choix sont bénéfiques pour les entreprises dans la mesure où ces dernières pourraient opérer, plus facilement, les restructurations techniques et organisationnelles requises grâce à la capacité de ces travailleurs à s'adapter aux mutations technologiques. Sur la base de ce qui précède, il convient de focaliser sur lélaboration des normes daction pour créer une région entrepreneuriale, i.e. une région dont la population acquiert une culture entrepreneuriale. Avec lavènement de léconomie de la connaissance, de nouveaux facteurs de dynamisme apparaissent, liés à la formation, aux interactions entre les acteurs économiques et à la propension de sa population à innover. 21

22 III- NORMES DENTREPRENEURIAT REGIONAL Par delà les mesures de CT du Programme du Gouvernement, lactivation de lentrepreneuriat régional reste linstrument décisif du développement régional auto- entretenu. Pour ce faire, il importe de déployer des leviers daction : 1- Instaurer un environnement des affaires propice à lesprit dentreprise 2- Assouplissement des procédures dappels doffres publics 3- Esprit dentreprise et capacité dinnovation 4- Renforcer les compétences entrepreneuriales 5- La disponibilité de capitaux 6- Accumulation technologique 7- Faciliter l'internationalisation des entreprises 8- Orientations de choix sectoriels 9- Promouvoir une « croissance verte 22

23 1- Instaurer un environnement des affaires propice à lesprit dentreprise Pour donner une impulsion significative à lI privé, il est recommandé dinstaurer un environnement des affaires équitable, ce qui requiert la résorption de toutes les situations de rentes, et linstauration de normes de participation des opérateurs privés, y compris les bénéficiaires potentiels, à lapplication et à lévaluation récurrente de toutes les actions de lutte contre les pratiques anticoncurrentielles (ententes, abus de position dominante,..). Pour ce faire, il est requis de renforcer les mécanismes de détection et de sanction des entraves à la concurrence, et délargir, à cet effet, les prérogatives du Conseil de la Concurrence, sagissant notamment de ses compétences juridictionnelles. Les garanties de transparence et de libre concurrence- souci de bonne gouvernance- constituent en effet un catalyseur dactivité et le principal levier dattractivité des IDE pour des segments productifs à haute valeur ajoutée, impliquant des créations demplois mobilisatrices de profils qualifiés issus des formations universitaires et techniques. 23

24 A cet égard, il faudrait observer que : - Des projets de réformes concernant la liberté dassociation, laccès à linformation et la transparence des marchés publics sont initiés par des organismes internationaux, à linstar du prêt de 500 millions de dollars, récemment accordé par la Banque Mondiale à la Tunisie, qui sera consacré aux actions pré -citées. Il est recommandé, à cet égard, dassocier les entrepris impliquées dans ce processus de gouvernance à lélaboration/affinement des projets de transparence requis. - Lorientation dans le sens de la réalisation de prospections régionalisées périodiques sur le climat des affaires est rendue nécessaire dans une optique de « rééquilibrage » interrégional. 24

25 - La simplification effective des contraintes administratives et réglementaires concernant la création dentreprise, notamment les PME, est une condition sine qua non de dynamisme économique. La suppression des autorisations préalables dans le monde des affaires est aujourdhui une exigence première. - Outre lallègement des charges liées aux obligations fiscales et de sécurité sociale, il est recommandé dinstaurer pour les PME et les nouvelles entreprises des mécanismes simplifiés de respect des dispositions obligatoires dans ces deux matières. Et de consolider la transparence au niveau des démarches administratives fiscales et dœuvrer à enrayer tous les abus dans le domaine fiscal. 25

26 2- Assouplissement des procédures dappels doffres publics. La lourdeur des procédures de passation des marchés publics en vigueur (prolifération des contrôles a priori, bureaucratisme,..) est décriée par les opérateurs tunisiens et les bailleurs de fonds étrangers. Le problème de la compression de la durée du processus de décision en la matière se pose avec acuité. Dans lattente dune réforme structurelle du système des marchés publics, il est recommandé dadopter, à fin 2012, des dispositions réglementaires transitoires dassouplissement de ces procédures, pour conforter les mesures de relance et leur conférer la célérité requise sans quoi leur portée serait faible. Par ailleurs, il convient dallouer une part «valorisante» de lexécution des projets publics aux entreprises privées opérant dans les régions défavorisées, souvent pénalisées par leffet de taille et de surface. Pour maximiser les effets de multiplication dactivité et demploi inhérents à ces projets, il importe déliminer les barrières limitant laccès des PME aux marchés publics, et pour ce faire il convient dadopter, lors de laménagement des appels doffre, une approche qui sinspire du Small Business Act. 26

27 3- Esprit dentreprise et capacité dinnovation La dynamique dune région se mesure au taux net de création dentreprises à potentiel significatif de croissance et dinnovation (introduire sur le marché de nouveaux produits, services ou procédés, sans nécessairement opérer dans le secteur de la haute technologie). la compétitivité des entreprises de taille moyenne ne sera renforcée que si celles-ci sont capables d'innover de façon récurrente, pour prévenir les risques dobsolescence. A cet égard, il faut observer que, pour certains créneaux particuliers, la question de la taille des entreprises est le principal facteur limitatif pour faire face aux obligations de mise en place de systèmes probants de veille et dadaptation, notamment technologique (PME et TPE ne sont pas en mesure de se doter des moyens nécessaires en la matière), doù lopportunité de privilégier les entités justifiant « dun potentiel dagrandissement » ou présentant une propension sensible aux fusions-acquisitions. Cette dynamique est requise pour introduire des changements significatifs dans les systèmes dinformation, et par suite dans les modes de production et dapprovisionnement (supply chain). 27

28 Des services adaptés aux créateurs potentiels dentreprise devront être proposés ( formations à la gestion, tutorat, intermédiation avec les détenteurs dexpériences ou dexpertises,..), seront complétés par une offre satisfaisante et variée de capitaux d'amorçage, de garanties et de crédits à des conditions acceptables pour de nouvelles PME, outre les ainsi que pépinières ou incubateurs. Dans le cadre dune politique régionale adaptée à léconomie de la connaissance, les investissements publics devraient être de plus en plus orientés vers les services communs qui peuvent être de nature généraliste - accès aux capitaux à risque, à linnovation, à la formation professionnelle, aux technologies de linformation, aux infrastructures de proximité- ou de nature sectorielle, p.e. accès à des centres technologiques spécialisés, à des systèmes de veille, à des centres de contrôle de qualité, de labellisation et de design. 28

29 4- Renforcer les compétences entrepreneuriales Mettre laccent davantage sur les compétences stratégiques, outre les compétences de gestion des entreprises stricto sensu, et instaurer des méthodes interactives denseignement (mobilité des facteurs entre luniversité et lindustrie). Linvestissement dans les ressources humaines, assumé à titre principal par les pouvoirs publics régionaux, devrait donc rechercher des solutions afin de garantir des formations en phase avec les besoins futurs des secteurs jugés prioritaires. A cette fin, il est préconisé en particulier de : Faciliter lessaimage universitaire, i.e. proposer des financements damorçage, un appui et des conseils, ainsi que des formations à la création dentreprises par des universitaires. Intégrer aux cursus scolaires secondaires lenseignement de lesprit dentreprise, ce qui exige une formation appropriée/spécifique des enseignants et des supports pédagogiques sur lentrepreneuriat. Stimuler les activités menées en commun par les universités, les organismes de recherche et les entreprises. Avec comme objectif stratégique de renforcer les capacités régionales dabsorption des innovations par les PME. 29

30 Dans ce cadre, on relève la création récente d'un bureau de transfert technologique qui vise à faciliter la création d'entreprises innovantes à portée technologique et à permettre aux promoteurs d'accéder aux informations nécessaires sur les brevets d'invention pour la création et le développement de leurs projets. Cette instance pourrait jouer un rôle de soutien déterminant pour la dynamisation, à long terme, des régions défavorisées. En outre, il faudrait améliorer la gestion des actifs intellectuels des entreprises, ce qui requiert des actions de sensibilisation de ces dernières à la palette des possibilités de protection de la propriété intellectuelle : brevets, marques, dessins ou modèles industriels, secrets de fabrique, droits dauteur, variétés végétales et bases de données. A cet effet, on devrait envisager un programme spécifique de formation des équipes de direction des entreprises aux atouts et aux mécanismes de la gestion de ces actifs. 30

31 5- La disponibilité de capitaux Laccès des PME aux financements reste toujours problématique. Lenjeu majeur est de proposer des formes dappui afin déquilibrer le partage des risques, particulièrement pour les entreprises innovantes. De fait, il est nécessaire de promouvoir, dans les contextes régionaux défavorisés, toutes formes de capitaux à risque et toutes formes de garanties permettant aux entrepreneurs davoir un accès effectif et fluide aux capitaux. Il y aura lieu de se montrer attentif à la disponibilité de capitaux damorçage et de garanties pour les jeunes entreprises. Le problème de la garantie bancaire demeure assez sensible, étant considéré comme le principal obstacle devant laccès au crédit bancaire, par delà la lenteur et la complexité des procédures. De plus, loffre de financement devra saccompagner dun service adéquat de conseils et de suivi des objectifs de croissance. 31

32 Pour consolider cette démarche, on pourrait recourir au mécanisme de médiation du crédit: les PME dont le dossier a été rejeté par les banques peuvent faire appel de cette décision auprès dun comité de médiation qui représente lÉtat, les associations professionnelles et les banques. Dun autre côté, il importe de procéder à une évaluation poussée de lefficacité des Organismes de micro- crédits (en particulier la BTS) pour établir le taux de survie des activités entreprises, et apprécier leurs performances, y compris leur aptitude à générer des emplois additionnels indirects, selon une approche sexo spécifique. 32

33 6- Accumulation technologique Nouvelles politiques de croissance économique: Le rôle du capital et du travail standardisé diminue au profit des compétences -intrants humains - qui conditionnent lefficacité productive de ces deux facteurs traditionnels. En effet, lacte de production est conditionné par la mise en œuvre de ressources productives telles que le capital matériel (bâtiments, machines, matières premières, pièces de rechange, etc...), le capital financier, les titres de propriété intellectuelle (licences, brevets,..) et le travail selon les différentes qualifications requises. Mais cela ne suffit pas ; il faudrait, de plus, disposer de laptitude technologique à combiner ces ressources productives, cad de laptitude à mobiliser, mettre en place, utiliser et entretenir les facteurs. La compétitivité à lexportation étant dépendante de la capacité de maîtrise technologique, les contraintes limitatives à cet égard résident certes dans les difficultés «commerciales» du transfert de technologie, mais plus sensiblement dans la faible capacité dassimilation et dadaptation technologiques. 33

34 En fait, les capacités technologiques requises au niveau des firmes peuvent être différenciées selon deux phases: - lors de la phase dinvestissement, il est requis des aptitudes pour identifier et mobiliser les technologies relatives à la construction, au design des équipements, aux services auxiliaires, et aux programmes de formation des qualifications, - lors de la phase de fonctionnement (production), il importe de justifier daptitudes allant du «simple», comme le contrôle de qualité ou lentretien, jusquau «complexe », i.e. les fonctions de coordination, dadaptation, de contrôle de p, dinnovation,..... Dans ces deux phases, les capacités déchange dinformations - émission et réception- sur les qualifications et la technologie avec les différents opérateurs-fournisseurs, sous contractants, consultants, entreprises de services,..- affectent, en dynamique, les performances de productivité. 34

35 7-Faciliter linternationalisation des entreprises Les soutiens à linternalisation ont pour finalité délargir le champ des opportunités de croissance et demploi qualifié. Pour ce faire, il convient de : - Segmenter les soutiens existants en fonction du type dentreprise visé, par exemple en matière de garanties des crédits à lexportation, cela en faisant la distinction entre les entreprises novices à linternational, les entreprises internationales plus expérimentées, et celles qui cherchent à développer des activités internationales déjà florissantes. - Soutenir la participation des entreprises aux chaînes de valeur mondiales dinnovation et de promotion des exportations, par exemple en surmontant les difficultés dinformation/coordination et en facilitant létablissement entre les opérateurs étrangers et les fournisseurs locaux de liens permettant à ces derniers de moderniser leurs entreprises. - Traiter le problème de lidentification des débouchés commerciaux à lextérieur, en fournissant des services de courtage/information pour aider les entreprises à localiser les débouchés, et à prendre contact avec des clients et des partenaires potentiels à létranger. 35

36 8- Orientations de choix sectoriels Les normes dimpulsion de lentrepreneuriat régional ne sauraient être confinées aux activités industrielles; elles sétendent, par nature, à dautres créneaux, sagissant en particulier de lagriculture bio ou des nouvelles opportunités de services. Par suite, il est requis une refonte du code des investissements. De ce point de vue, il faut considérer que : -De grandes opportunités sont disponibles dans le secteur agricole, au regard des ressources potentielles en eau et en sol dans certaines régions, comme le Kef, ce qui autorise une extension importante des superficies irriguées, jumelée avec l'amélioration du taux d'irrigation et d'intensification dans les périmètres irrigués déjà aménagés, au moyen dune modernisation accélérée du secteur et dune mobilisation sensible du facteur travail très qualifié, notamment dans le cadre de lagriculture bio. Il faut aussi considérer que le potentiel demploi dans lagriculture irriguée serait accru sil était couplé avec un élevage intensif, ce qui favoriserait une répartition du travail sur lensemble de lannée. Lintensification des systèmes de production agricole devrait par ailleurs avoir des effets d'entraînement (produit et emploi), à l'amont et à l'aval du secteur, et notamment dans les services connexes aux activités agricoles- commercialisation, entretien du matériel, conseil, entreprises de CES,..- et dans les activités de transformation des produits agricoles, demballage et de conditionnement. 36

37 - Une focalisation marquée sur le secteur des BTP, qui justifie de liaisons intersectorielles très fortes, devrait être entreprise, au moyen dun allègement du poids des charges financières liées aux engagements par signature (retenue par garantie, caution définitive), qui limitent la capacité des « moyens » entrepreneurs à participer aux appels doffres. - Allouer des subventions significatives pour lincitation à la délocalisation régionale de certaines activités tertiaires, telles que conseils, études et informatique, gestion, ingénierie, audit et transport, qui conditionnent de façon décisive la compétitivité des exportations manufacturières, et qui jouent le rôle de catalyseurs pour les autres activités productives, contribuant ainsi de façon essentielle au renforcement de la capacité didentification de projets. - La diversification sectorielle recherchée, sur la base de la promotion des secteurs à contenu de savoir élevé, est tributaire, dans une large mesure du relèvement de la compétitivité des télécommunications, sagissant en particulier des services exportables. 37

38 9- Promouvoir une « croissance verte » (i) Les perspectives de croissance verte ouvrent de nouvelles possibilités de projets régionaux porteurs de croissance durable et demploi. Léconomie verte, qui évite lémission de gaz à effet de serre et sattache à utiliser au mieux les ressources non renouvelables, recouvre en effet un large spectre dactivités - Eco-construction(BTP), Eco-agriculture, Recyclage des matières premières, Dépollution,…- qui exigent une gestion des compétences et qualifications variées et mobilisent des emplois directs et indirects intensifs. La transition vers une économie plus verte est désormais « inéluctable ». Pour exploiter les opportunités de marché que cette transition offrira, il faudrait développer les réseaux de savoir et de formation qui faciliteront ladaptation des entreprises, au niveau des fonctions de production à ces nouvelles exigences. Pour tirer un maximum davantages du potentiel déco-innovation et contribuer à transformer les qualifications et à la formation des nouvelles générations aux compétences requises par une demande changeante, il importe dencourager de nouveaux partenariats parmi les entreprises dynamiques, les collectivités locales, les universités, les organisations de recherche et les opérateurs extérieurs. 38

39 Dans ce cadre, il est recommandé de : - Fournir des informations et des connaissances sur les besoins futurs, ce qui - revient à sensibiliser les entrepreneurs – fabricants, usagers, intégrateurs de compétences et de technologies, innovateurs ou formateurs – et les relier aux réseaux de savoir pour favoriser ladaptation aux changements induits. - Favoriser laccès à des modalités/possibilités de financement adéquates. Le renforcement des marchés du capital-risque est essentiel pour lentrée de nouvelles entreprises, notamment à forte croissance, sur les marchés verts émergents. -Améliorer laccès aux marchés, au moyen de réformes portant sur la réglementation et la conformité des normes par rapport aux standards internationaux. A quoi sajoutent les mesures visant la demande, sagissant des campagnes dinformation et de léco-labellisation. 39

40 (ii) Par ailleurs, eu égard aux besoins pressants en matière de dépollution, notamment pour certaines régions défavorisées (Gabès, Kasserine, cimenteries, huileries, tanneries,…), la mobilisation des synergies euro-méditerranéennes est recommandée. Relancer les offres dactions conjointes formulées par plusieurs partenaires, dont la France en particulier. De tels projets écologiques, qui bénéficient, par ailleurs, de disponibilités de financements extérieurs, multilatérales et bilatérales, larges et «favorables», permettraient daccélérer loffre demplois dans des activités utilisatrices de facteur travail qualifié. 40

41 Merci pour votre Attention 41


Télécharger ppt "Moncef Ben Slama Juin 2011 Centre Tunisien des Etudes Economiques."

Présentations similaires


Annonces Google